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Le Rouge et le Blanc

Toute notre civilisation tient dans la vie d'un arbre (Francis Hallé à Montréal)

16 Décembre 2013 , Rédigé par Béthune

La botanique, c'est la grammaire de la nature.

Ernst Jünger

 

Pour qu'un écologiste devienne Président de la République, il faudrait que les arbres votent.

Coluche, cité par Francis Hallé

 

Francis Hallé donnait une conférence le 13 juin 2013 au Jardin botanique de Montréal, "Plaidoyer pour l'arbre"*. Merveilleuse conférence, pétillante d'intelligence, d'esprit et de poésie. Visionnez-la ici:http://espacepourlavie.ca/francis-halle

* Titre de son livre paru chez Actes Sud en 2005

 

"Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous somme mortelles" a dit Paul Valéry. Combien de civilisations se sont en effet succédé partout sur la planète: en Europe, en Asie, en Amérique ? "Notre civilisation" n'est que l'une d'entre elles, sûrement pas la plus brillante ni la plus intéressante, loin de là.

C'est aussi le titre d'un brillant article de Stéphane Foucart dans Le Monde Culture et Idées du 7 février 2013 http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html. .

Les civilisations humaines se succèdent: elles naissent, elles meurent: quoi de plus normal? Francis Hallé nous apprend quelque chose de beucoup plus important: le temps de l'arbre n'est pas le temps de l'homme. Et c'est un autre écrivain naturaliste, Ernst Jünger, qui nous dit que peut-être, à cause de son comportement stupide et destructeur, la nature n'a plus besoin de l'homme aujourd'hui*. Ce n'est donc plus la fin d'une civilisation dont il s'agit, mais de la fin de l'homme. Pas de quoi s'affoler: la fin de l'homme, ce n'est pas la fin du monde ! D'ailleurs, quand un individu meurt, son esprit et son corps retournent à la nature et aux millions d'espèces qui la composent**. Il en a été et il sera de même pour l'espèce humaine et les civilisations: étant constituées d'êtes humains périssables, elles sont issues de la nature et retourneront à la nature.

"Si le grain ne meurt..." A bien réfléchir, quel est le plus important: la survie de l'homme ou la survie de la nature ? La survie de la nature, bien sûr. D'ailleurs, c'est évident qu'elle ne nous laissera pas le choix.

P.O.C.

 

*Je vois maintenant que nous assistons à une révolution de la terre elle-même. Et ce qu'on peut voir partout, ce sont les manifestations de cette révolution; les armes atomiques, la dévastation de la flore et de la faune. Peut-être que la terre n'a plus besoin de l'homme et qu'il ne lui est peut-être plus nécessaire. Ernst Jünger (Journal)

** Lire à ce sujet l'extraordinaire récit mort de Bobi, dans un roman de Giono ("Regain")? dans lequel on assiste à la transformation joyeuse du cadavre de cet homme au bord du chemin, succession de métamorphoses qui le conduisent en animaux, en terreau, en plantes, puis en autres animaux, etc. C'est l'esprit du Cantique des Créatures de St François d'Assise, lorsqu'il nous parle de Frère Soleil, de nos Soeurs la Lune et les Etoiles, etc., et pour finir de notre Soeur la Mort.

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