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Le Rouge et le Blanc

Jean Malaurie: Adieu à Eduardo Galeano

2 Décembre 2015 , Rédigé par POC

Au nom des persécutés, adieu à Eduardo Galeano

Je viens d’apprendre avec beaucoup de souffrance la mort de mon ami Eduardo Galeano.
Son livre est l’histoire implacable du pillage d’un continent, d’abord par les Espagnols, puis par les Anglais, et maintenant par les Américains.
Grâce au style personnel de l’auteur, nous prenons tragiquement conscience d’une humiliation concertée, siècle après siècle, et sans la moindre honte ; le but : déposséder les nations d’un des espaces les plus prometteurs de l’univers.
Lorsque le président Barack Obama a rencontré le président Hugo Chavez celui-ci lui a répondu:
« J’ai dans la main un grand livre, si vous voulez être mon ami, lisez-le ! »
Les Veines ouvertes de l’Amérique latine (1981) était totalement inconnu en France, et notamment des élites lorsqu’Eduardo Galeano est venu me demander pourquoi il faisait l’objet en France d’un ostracisme. Ayant pris connaissance de cet ouvrage, je l’ai aussitôt publié dans la collection Terre Humaine, aux Editions Plon, et je peux confesser qu’en lisant de nombreuses pages, j’ai pleuré.
Je viens d’apprendre qu’à la suite de la mort d’Eduardo Galeano, Amazon signale que la vente de son livre est au top de toutes les ventes.
Adieu à celui qui nous a donné de l’Amérique latine l’inoubliable icône de sa dramaturgie.
Paix à ce grand esprit, et qu’il repose dans l’éternité !
 
Jean Malaurie

 

Image 

Eduardo Galeano, Les Veines ouvertes de l’Amérique latine – L’histoire implacable du pillage d’un continent, traduit par Claude Couffon, coll. Terre Humaine Poche, Editions Pocket, Paris, 2001.

Source: http://www.jean-malaurie.fr/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=52&Itemid=135

Un compte-rendu de lecture du livre ici: http://www.borisandina.com/coups-de-coeur/veines-ouvertes-amerique-latine

On a du mal a comprendre comment ce pillage du continent par les puissances étrangères (États, multinationales) a pu se faire sans le concours et l'intérêt de l'oligarchie coloniale qui le domine et l'exploite sur place depuis 1492, aujourd'hui représentée par les politiciens indigénistes...

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