Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le Rouge et le Blanc

L'anneau d'or de Jeanne d'Arc donné par elle à Anne de Laval, veuve de du Guesclin

10 Avril 2016 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Jeanne d'Arc et Bertrand du Guesclin

22 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

richmond3_p.jpeg

 

L'histoire de Jeanne d'Arc, la plus grande sainte française et celle du connétable Bertrand du Guesclin, le plus grand soldat français, sont liées par un anneau d'or: celui qu'offrit la Pucelle à Jeanne de Laval, la veuve de du Guesclin.

 

"A Loches encore, Jeanne reçut une lettre de la veuve de Bertrand du Guesclin, remariée ansuite au sire de Laval. C'était sans doute pour recommander ses deux petits-fils, Guy et André de Laval, qui étaient en route pour rejoindre le corps expéditionnaire. Jeanne répondit à la noble dame et lui fit présent d'un anneau d'or... , anneau précieux qui unissait la pensée de la vierge guerrière au souvenir du grand connétable.

Le samedi, 4 juin [1429], la Pucelle abandonna la résidence de Loches afin de se rendre à Selles-en-Berry, où le roi venant de Chinon  ne devait pas tarder à la retrouver. Elle rencontra le jour même, dans cette ville, un héraut chargé par les Orléanais de la renseigner sur les mouvements des troupes anglaises. Le lendemain, Charles VII quittait Saint-Aignan et faisait mander à l'héroïne de s'avancer au devant de lui à quelque distance de Selles-en-Berry.

Une importante missive écrite de Selles par les seigneurs de Laval à leur mère et à leur aïeule nous dépeint parfaitement ce qui se passait autour du roi de France. En voici un passage:

 

Mes très redoutées Dames et Mères,

 

Le lundi, je quittai le roi pour venir à Selles-en-Berry, à quatre lieues de Saint-Aignan. La Pucelle y était déjà arrivée, et le roi la manda au-devant de lui. D'aucuns m'ont dit qu'elle avait fait cela en ma faveur et afin que je la visse.

La Pucelle fit très bon accueil à mon frère et à moi; elle était armée de toutes pièces, sauf la tête; elle tenait une lance en main.

A notre arrivée à Selles, j'allai la voir à son logis. Elle vit venir du vin: "Je vous en ferai bientôt boire à Paris", me dit-elle. Son fait, ses actions, la voir, l'entendre, sont choses toutes divines.  Cette merveilleuse jeune fille a quitté Selles, ce lundi (6 juin), à l'heure des Vêpres, pour aller à Romorantin, avançant de trois lieues ses avant-postes; elle était accompagnée du maréchal de Boussac, d'un grand nombre d'hommes d'armes et de personnes de la commune. Elle était armée tout en blanc, sauf la tête; elle avait en main une petite hache. Je la vis monter à cheval sur un grand coursier noir, qui se démenait très fort à la porte de son logis et ne la laissait pas se mettre en selle: "Menez-le, dit-elle alors, à la croix qui se trouve devant l'église, sur le chemin." Aussitôt elle arriva à le monter, et le cheval ne bougea pas plus que s'il avait été lié; puis elle se tourna vers la porte de l'église toute proche et dit avec une douce et claire voix de femme:"Vous, prêtres et gens d'église, faites des processions et des prières à Dieu." Elle se remit ensuite sur son chemin en faisant à ses hommes ce commandement: "Allez de l'avant, allez de l'avant !" Un gracieux page portait son étendard ployé, elle-même tenait en main sa petite hache. Un de ses frères, arrivé depuis huit jours, partit avec elle; il portait également une armure d'acier poli.

Aujourd'hui lundi, Monseigneur d'Alençon est arrivé à Selles avec une grande troupe; j'ai joué à la paume avec lui et j'ai gagné la partie.

On dit ici que Monseigneur le connétable vient avec six cents hommes d'armes et quatre cents hommes de trait, que Jean de la Roche vient aussi et que le roi n'a pas eu depuis longtemps autant de troupes que maintenant. Jamais on alla plus volontiers en guerre qu'en cette occasion. Mon cousin de Rais doit arriver ici aujourd'hui et augmenter ma compagnie. Quoi qu'il en soit, ce que nous avons amené est déjà bien présentable; le seigneur d'Argenton est un des principaux officiers que j'y ai mis. Je suis très content des rapports que j'ai avec lui, mais il y a si peu d'argent à la cour que je ne puis espérer aucun secours ni aucun appui pour le moment. Aussi, vous, Madame ma mère, qui avez mon sceau, ne craignez pas de vendre ma terre, de l'hypothéquer, ou bien trouvez un autre moyen plus convenable de nous secourir. le salut, la vie, l'honneur de nos personnes sont engagés: si nous ne procurons pas de ressources, n'ayant pas de solde à donner, nous demeurerons seuls..

Quand je rendis visite, en son logis, à la Pucelle, elle me dit que, trois jours avant mon arrivée, elle vous avait envoyé à vous, mon aïeule, un petit anneau d'or, mais que c'était bien peu de chose; si elle l'avait pu, elle vous eût fait plus riche présent à cause de l'honneur qu'elle vous porte.

    Vos humbles fils,

                                                                                        Guy et André de Laval

 

In: Histoire admirable de la bienheureuse Jeanne d'Arc, par Mgr. H. Debout, Paris, Maison de la Bonne Presse, 1909.

Repris de ma publication passée: http://pocombelles.over-blog.com/article-jeanne-d-arc-et-bertrand-du-guesclin-82167892.html

 

http://www.lefigaro.fr/culture/2016/04/08/03004-20160408ARTFIG00321-anneau-de-jeanne-d-arc-l-angleterre-declare-la-guerre-a-philippe-de-villiers.php

Partager cet article

Repost 0