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Le Rouge et le Blanc

Fukushima 2016 (Nakajima Takashi)

13 Octobre 2016 , Rédigé par POC

Source de cette image: http://www.fukushima-blog.com/2016/09/fukushima-conference-de-takashi-nakajima.html

Source de cette image: http://www.fukushima-blog.com/2016/09/fukushima-conference-de-takashi-nakajima.html

Conférence donnée par M. Nakajima

du département de Fukushima

11 septembre 2016

(...)

Lorsque le gouvernement impose un retour dans un lieu pollué à 20 millisieverts par an aux réfugiés, cela signifie que ceux-ci logeront dans un milieu quatre fois plus pollué que ces laboratoires de recherche et ces services de radiologie. Que le premier ministre aille lui-même habiter un endroit pollué à 100 millisieverts par an, mais je ne peux consentir, moi, à une telle contrainte illégale.

J'ai demandé un jour à des fonctionnaires gouvernementaux, s'ils avaient l'intention d'abroger cette loi et leur réponse a été “Non”. Le gouvernement, qui se doit de respecter la loi, agit lui-même illégalement. Cela signifie que pour lui l'économie compte davantage que la vie des habitants de Fukushima. Ces gens pensent que la progression économique est plus importante que la mort de cent mille  personnes. Cette attitude du pouvoir est comme un glaive pointé sur tous les habitants, et pas seulement sur ceux de Fukushima. Le pouvoir prétend qu'il protège les Japonais, mais en même temps il veut faire refonctionner tous les réacteurs. Si d'autres accidents se produisent, il négligera et abandonnera les victimes, comme il le fait à Fukushima. Pour l'heure, cela nous sert de leçon et nous devenons plus sages.

(...)

 

Il y a deux ans, j'ai été invité par une église protestante de la ville de Francfort, en Allemagne, à donner une conférence. Après mon exposé sur l'accident nucléaire devant cent cinquante élèves d'un collège, une enseignante qui présidait la séance a dit : “À présent débute le débat. Je l'ouvre en vous demandant pourquoi on a construit la centrale nucléaire dans Fukushima.” Ma réponse fut la suivante :

C'est parce que la région côtière est pauvre et peu peuplée. Même en cas d'accident grave, les victimes ou les morts seront au maximum cent mille. Si l'accident survenait à Tokyo, dix millions de personnes seraient atteintes ou tuées. Au regard du progrès économique, dix mille victimes ne comptent pas. La vie des habitants du département de Fukushima a moins de prix que celle des habitants du département de Tokyo. Dès l'origine donc, la construction de centrales nucléaires dans Fukushima portait atteinte au principe de l'égalité des hommes. Acceptez-vous cela?

Si des enseignants organisaient une telle séance au Japon, immédiatement viendraient des critiques de la part des parents d'élèves. Ces derniers penseraient que ces enseignants sont des “rouges” et certains téléphoneraient au comité d'éducation. J'ai interrogé des enseignants de ma connaissance sur la possibilité d'une telle séance dans leur école et tous ont répondu négativement. Dans les écoles japonaises, il est très difficile d'aborder des thèmes politiques.

Nous avons commencé ce combat afin de protéger nos vies et nos droits, mais il a évolué et son but est devenu l'arrêt et la suppression de toutes les centrales nucléaires. Et désormais nous visons le changement d'une politique antidémocratique. La bataille se poursuit, non seulement dans le département de Fukushima, mais aussi dans celui de Maebashi et dans tout le Japon, et nous devons donc, en y travaillant tous ensemble, pousser plus avant notre combat.

Merci de tout cœur pour votre attention.

Nakajima Takashi

Lisez l'article complet ici: http://www.fukushima-blog.com/2016/09/fukushima-conference-de-takashi-nakajima.html

Merci à Alain Sennepin http://europe-tigre.over-blog.com/  pour m'avoir communiqué la bonne nouvelle qui suit:

Observatoire du nucléaire - http://www.observatoire-du-nucleaire.org - 17 octobre 2016

Japon - Élection cruciale d'un gouverneur antinucléaire à la tête de la région de la plus grande centrale nucléaire du monde

L'autorisation du gouverneur est requise pour la remise en service des réacteurs arrêtés depuis Fukushima !

 


La centrale nucléaire de Kashiwasaki a frôlé le désastre lors du séisme du
16 juillet 2007, préfigurant la catastrophe de Fukushima 3 ans plus tard

Cette information de la plus haute importance ne fait hélas pas la Une des médias en France, et l'AFP elle-même ne l'évoque (cf extrait ci-dessous) que pour en signaler ses lourdes conséquences... sur le cours en bourse de Tepco, le maudit propriétaire de la centrale nucléaire de Fukushima et d'autres centrales comme, précisément, celle de Kashiwasaki.

Rappelons que cette centrale avait été sérieusement bousculée par un important séisme en juillet 2007 et que votre Observateur du nucléaire préféré, présent sur le plateau de "C dans l'air" (France 5), avait expliqué (curseur à 20 min 30s) qu'il fallait fermer d'urgence et définitivement au moins 20 réacteurs au Japon si l'on voulait éviter un nouveau Tchernobyl. Avertissement bien sûr non pris en compte, et, trois ans plus tard, c'était Fukushima.

Il est à noter que, suite au séisme de 2007, l'Agence internationale pour l'énergie atomique avait dépêché une mission dirigée par le français Philippe Jamet, haut dirigeant de l'Autorité de sûreté nucléaire française (ASN). Mais le rapport publié s'était contenté de quelques recommandations anodines, assurant que les centrales japonaises pouvaient résister à tout évènement sismique ou climatique : une nouvelle démonstration de la "compétence" de l'ASN...

Aujourd'hui, 3 seulement des 54 réacteurs nucléaires japonais sont en service mais le gouvernement de l'ultranationaliste (et ultra pronucléaire) Shinzo Abe use de toutes les pressions pour essayer d'obtenir la redémarrage d'autres réacteurs, malgré l'opposition de la population.

Mais ces réouvertures sont contrecarrées par des décisions de justice ou par le véto de certains gouverneurs régionaux. Voilà pourquoi l'élection de Ryuichi Yoneyama à la tête de la région de Niigata est un coup terrible porté aux projets fous des pronucléaires (et au cours en bourse de Tepco) : ce courageux nouveau gouverneur va refuser la remise en service des 7 réacteurs de Kashiwasaki. Bravo à lui et à ses électeurs.

Sous peu, les trois réacteurs japonais en service devront s'arrêter pour maintenance et, comme ce fut déjà le cas pendant près de deux ans en 2014 et 2015, le Japon fonctionnera à nouveau avec 0% de nucléaire. Or, si 130 millions de Japonais peuvent vivre sans nucléaire, comment prétendre encore que c'est "impossible" pour deux fois moins de Français ? CQFD.

Extrait de la dépêche AFP de ce jour :


- Tepco dévisse de 8% -

Sur le front des valeurs, la compagnie d'électricité Tepco a enregistré la plus forte chute du Nikkei (-7,89% à 385 yens) au lendemain de l'élection d'un gouverneur antinucléaire dans la préfecture de Niigata (nord-ouest du Japon). Ryuichi Yoneyama, 49 ans, a remporté dimanche la tête de cette région où se trouve la plus grande centrale atomique du Japon, Kashiwazaki-Kariwa, qui compte sept tranches. Or Tepco espérait sauver ses finances en relançant ces réacteurs, les seuls qui lui restent après l'arrêt des deux centrales de Fukushima à la suite de l'accident catastrophique de mars 2011.

http://www.romandie.com/news/Tokyo-le-Nikkei-finit-en-hausse-de-026-prudent-a-laube-de-la-saison-des/745125.rom

 

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