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Le Rouge et le Blanc

Erri De Luca: La Parole contraire

1 Novembre 2016 , Rédigé par POC

"Pour avoir déclaré que la ligne Turin-Lyon est une entreprise « inutile et nuisible », que le sabotage est la seule alternative, puisque toutes les négociations ont échouées, Erri De Luca est poursuivi par la justice italienne pour incitation au sabotage.

Dans La Parole contraire, l’auteur italien revient sur ses engagements, depuis la lecture d’« Hommage à la Catalogne », de Georges Orwell, qui éveilla sa conscience politique dans une Italie où les journaux de gauche lançaient une souscription pour fournir des armes à la résistance chilienne après le coup d’État du 11 septembre 1973. Autre époque !

Erri De Luca revendique la liberté de parole, le droit de mauvais augure, le droit de parole contraire.

La société privée Lyon Turin Ferroviaire [1], qui a porté plainte co ntre l’écrivain, bénéfice d’une aide exceptionnelle de l’État italien. Un département judiciaire composé de 4 magistrats a été spécialement créé pour inculper les militants les plus actifs.

Contre ce qu’il considère comme un abus de pouvoir, un acte de censure, Erri De Luca ne décolère pas. Face à une procédure injuste, il rappelle que Rouget de Lisle attend toujours sa convocation pour avoir écrit les paroles de La Marseillaise. Dans une langue remarquable, il affirme sa détermination à rester lui-même, dans ses engagements, prêt à en assumer les conséquences.

Bref, efficace et fort."

Compte-rendu de lecture initialement publié sur le blog Bibliothèque Farhenheit 451 et proposé à Reporterre par son auteur.

Lisez sur REPORTERRE l'entretien d'Erri De Luca avec Olivier Bonnel:

https://reporterre.net/Erri-De-Luca-Le-capitalisme-s-est-affranchi-du-souci-de-l-utilite

Extrait:

L’Italie, un pays féodal ?

Aujourd’hui, les décisions sont prises par une oligarchie, mais qui n’est pas éclairée ni intéressée par le bien commun. Elle s’intéresse seulement à gaspiller l’argent public au service d’intérêts privés. C’est encore pire qu’au Moyen-Âge, parce qu’à l’époque, on construisait des châteaux pour se défendre, maintenant, on les construit pour les laisser à l’abandon. En Italie, des centaines de chantiers sont inachevés et des centaines d’autres achevés, mais inutilisés. Le capitalisme s’est aujourd’hui affranchi du souci de l’utilité !


Quand avez-vous senti ce basculement en Italie ?

Dans les années 1990, le pays a connu une dérive « économiciste », un délire de l’enrichissement et c’est pour cela que les Italiens ont élu pour vingt ans l’homme le plus riche du pays, Silvio Berlusconi, à la tête du gouvernement. Dans le même temps, le principal opposant, Romano Prodi, était professeur d’économie, tandis que le président de la République, Ciampi, était ancien gouverneur de la Banque d’Italie. Les premières mesures de Berlusconi ont été de déréguler l’économie. C’est à ce moment-là que l’État est devenu une agence qui, au lieu d’appliquer le droit, dispense des services. La santé n’est plus un droit, c’est un service, et si vous ne pouvez pas payer, tant pis pour vous. De plus en plus d’Italiens ne vont pas voir de médecin, car ils n’ont pas les moyens.

 

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