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Le Rouge et le Blanc

Carl von Linné: Voyage en Laponie

27 Novembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Exploration

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"O ENS Entium miserere mei
 
Après avoir été, le 2 mai, choisi par la Société Royale des Sciences pour aller en Laponie et y décrire les trois Regna Naturae, je préparai mes affaires et m’habillai de la manière suivante. Les vêtements étaient donc un petit paletot en tissu de Västergötland, sans ourlets, à courts revers et col de velours ; des pantalons de cuir collants, une perruque à catogan, un bonnet à capuchon en fibre, des demi-bottes aux pieds. Dans un petit sac de cuir tanné long d’une demi-aune et un peu moins large, muni de boucles sur un côté pour le porter sur soi, il y avait une chemise, deux paires de manchettes, deux paletots de nuit, encrier, plumier, microscope, longue-vue, un chapeau avec voilette pour se protéger des moustiques ; ce procès verbal. Un tas de papier broché pour mettre des plantes, les deux in-folio, un peigne, mon Ornithologie, Flora Upplandica et Characteres generici. J’avais un couteau de chasse au côté et un petit fusil entre la cuisse et la selle ; une canne octogonale sur laquelle les mensurae étaient indiquées. Un portefeuille en poche avec le passeport de la chancellerie d’Uppsala et la recommandation de la Société.
Le 12. Avec ceci je quittai la ville d’Uppsala le 12 mai 1732."

Carl von Linné, Voyage en Laponie. Traduction de P.A. Gette. Café, Editions de la Différence, 1983. 
 

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Louis XIV: l'idée de vertu des princes

26 Novembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #France

 
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Le grand roi Louis XIV soumis au Christ
Marbre sculpté par Coysevox au soir de sa vie
Choeur de Notre-Dame de Paris
(extrait de: Pierre du Colombier: Notre-Dame de Paris, mémorial de la France. Plon, Paris, 1966)



" Les Princes, en qui l’éclat de leur naissance et l’honnêteté de leur éducation ne produit d’ordinaire que des sentiments nobles et généreux, ne peuvent laisser tellement altérer ces bons principes qu’il n’en demeure toujours quelque impression dans leur esprit. Cette idée de vertu, quelque effacée qu’elle puisse être par la corruption du temps, donne pourtant toujours aux plus mauvais une espèce de répugnance pour le vice. Leurs cœurs, formés de bonne heure aux lois de l’honneur, s’en font une si forte habitude qu’ils ont peine de la corrompre entièrement, et le désir de la gloire qui les anime les a fait passer en beaucoup de choses par-dessus le penchant de leur intérêt ".


Louis XIV, Mémoires 

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Choeur de Notre-Dame de Paris
A gauche, Louis XIV par Coysevox. A droite, on devine la statue de Louis XIII. 
Derrière le maître-autel, la Pieta de Nicolas Coustou, mise en place en 1714-1715.
Pierre du Colombier: Notre-Dame de Paris, mémorial de la France
Plon, Paris, 1966

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La vocation du naturaliste-explorateur, par Alexandre de Humboldt

25 Novembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Exploration

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"Le désir que nous avons de contempler certains objets ne dépend pas seulement de leur grandeur, de leur beauté et de leur importance: il se rattache, dans chacun de nous, aux émotions fortuites de notre jeunesse, à nos premières préférences pour telle ou telle occupation, à l’impatience qui nous fait tendre vers les choses lointaines et rechercher les accidents d’une vie agitée. Ces désirs prennet d’ailleurs d’autant plus de force qu’il y a moins de chances de les voir jamais s’accomplir. Le voyageur jouit par avance du moment où la Croix du Sud et les Nuées de Magellan qui tournent autour du pôle Antarctique, où les neiges du Chimborazo et les colonnes de fumée qui s’échappent des volcans de Quito s’offriront pour la première fois à ses regards sur l’océan Pacifique, Les jours qui réalisent de tels voeux marquent dans la vie des époques dont le souvenir est ineffaçable; ils excitent en nous des sentiments dont la raison n’a pas à exprimer la vivacité. Dans l’impatience où j’étais d’embrasser l’océan Pacifique du haut de la chaîne des Andes entrait pour quelque chose l’intérêt avec lequel j’avais écouté, étant encore enfant, le récit de l’expédition accomplie par Vasco Núñez de Balboa, l’heureux aventurier qui, devançant Francisco Pizarro, et Francisco Pizarro, et le premier des Européens, put contempler des hauteurs de Quaregua, dans l’isthme de Panama, la partie orientale de la mer du Sud. Les rives couvertes des roseaux de la mer Caspienne, à l’endroit où je la vis pour la première fois, ne sont assurément pas pittoresques; et cependant cet aspect me causa d’abord un vif plaisir, parce que je me souvenais que dans mon enfance, lorsque je parcourais des yeux une carte de géographie, la forme de cette mer intérieure m’avait particulièrement attiré. Les sentiments éveillés en nous par les premières impressions de l’enfance et par les hasards qui naissent des relations de la vie deviennent souvent, lorsqu’ils prennent dans la suite une direction plus sérieuse, l’occasion de travaux scientifiques et d’expéditions lointaines." 
Alexandre de Humboldt

Relation historique du Voyage aux régions équinoxiales du Nouveau Continent, fait en 1799, 1800, 1801, 1802, 1803 et 1804 par A. de Humboldt et A. Bonpland, réd. Par A. de Humboldt, 3 vol. Paris, 1825.
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Concino Concini, alias Polichinelle

25 Novembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #France

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Dialogue entre Concino Concini, Maréchal d’Ancre, et François de Capestan. La scène se passe à Paris, à l’hôtel du maréchal d’Ancre, durant la minorité de Louis XIII.
 
- Monsieur de Capestan, je ne sais que peu de choses sur vous, sinon que vous êtes courageux et que vous vous battez bien. Vous êtes de bonne mais de petite noblesse. Devenez mon ami et je ferai de vous l’un des plus grands seigneurs du royaume.
- Qu’attendez-vous de moi, Monsieur le maréchal ?
- Peu de choses, à vrai dire, peu de choses pour le moment. Promenez-vous dans Paris, dites du mal de moi et vous aurez bientôt de nombreux amis. Vous serez sans doute admis très vite au sein de la conjuration.
- Vous voulez que je conspire contre vous ?
- (rire) Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. C’est par vous que je serai renseigné sur mes ennemis ; c’est grâce à vous que je mettrai au pas cette noblesse orgueilleuse et chimérique. Vous voyez, c’est simple.
- C’est simple, en effet. Vous m’avez dit, Monsieur le maréchal, que j’étais de petite mais de bonne noblesse. Bonne : en effet. Car si humbles soient mes origines, je ne crois pas qu’un seul de mes ancêtres aurait accepté de devenir un espion ; et me faire une telle proposition, c’est insulter un Capestan.
- Capestan.. c’est " Capitan " qu’il faudrait dire, le Capitan de la comédie italienne dont le sabre est de bois et qui a besoin qu’on lui tire les oreilles ! je vous propose votre grâce et vous me répondez avec insolence ! Laissez-moi rire, monsieur le Capitan !
- Capitan ! Eh bien soit, je ramasse Capitan et ce nom dérisoire, je l’adopte, car il n’est pas de nom qu’on ne puisse porter sur le chemin de l’honneur ; mais sachez que la bassesse et la lâcheté ont toujours fait d’un nom, même très haut placé, le synonyme de Polichinelle.
- L’insolence est un luxe qui peut coûter très cher, Monsieur. Elle me divertit beaucoup. Mais tout le monde n’est pas comme moi (rire), méfiez-vous !
 
" Le Capitan ", un film d'André Hunebelle (1960) avec Jean Marais, d’après le roman de Michel Zévaco . Réédition en DVD: René Chateau.


CONCINI (Concino), aventurier italien (Florence ? - + Paris 1617). Fils d'un notaire florentin et petit-fils de de ministres du grand-duc de Toscane, il réussit à se glisser dans la suite de Marie de Médicis quand elle vint épouser Henri IV. Son mariage avec Léonora Galigaï, fille de la nourrice de la reine, lui assura les bonnes grâces de cette dernière et, après la mort du roi, tous les profits du pouvoir. Il eut successivement le gouvernement d'Amiens, la lieutenance générale de la Picardie, puis celle de la Normandie. Maréchal d'Ancre, il fut nommé premier gentilhomme de la Chambre du roi et, en 1613, créé maréchal de France sans avoir jamais combattu. Pendant trois ans, il fut réellement Premier ministre du royaume. En 1616, il évaluait sa fortune à 7 millions. Par le traité de Loudun (1616), dû à l'habileté de sa femme, il désarma momentanément ses ennemis, Condé et les grands seigneurs. Mais il restait impopulaire du fait de son origine étrangère, de son élévation trop rapide et, surtout, de son avidité notoire. L'influence prise sur Louis XIII par Charles d'Albert de Luynes lui fut fatale. Le jeune roi ordonna son arrestation. Vitry, capitaine des gardes du roi, chargé de l'arrestation, lui fracassa la tête d'un coup de pistolet (Grand Larousse encyclopédique, Paris, 1960).

GALIGAI (Eleanora Dori, dite), femme de Concini, maréchal d'Ancre (Florence v. 1576-Paris 1617). Sans doute fille naturelle d'un gentilhomme florentin, compagne d'enfance de Marie de Médicis, elle la suivit en France lorsque Marie y vint épouser Henri IV; elle épousa Concini (1601) et fut nommée dame d'atours de la reine (1602). Elle était hystérique et avait un pouvoir incroyable sur Marie de Médicis. Après la mort de son mari, elle fut arrêtée, poursuivie pour lèse-majesté et sorcellerie, et décapitée (Grand Larousse encyclopédique, Paris, 1960).

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La famille, cellule naturelle de toute population

24 Novembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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La famille est la cellule naturelle de toute population humaine ou animale. Tout peuple est une association de familles. La famille est hiérarchique. Celui ou ceux qui gouvernent (le père, la mère) n'ont pas été choisis ni élus par leurs enfants. De même, le gouvernement du peuple est hiérarchique. Celui qui gouverne ne peut être élu que par ses semblables (la noblesse). Pas par les sujets. La famille est donc la forme naturelle du pouvoir politique. C'est pour cette raison qu'à  la tête de l'Etat, il doit y avoir une famille, primus inter pares d’autres familles, et non un individu. Encore moins un(e) célibataire ou un(e) divorcé(e), car la fonction et la justification de celui qui gouverne est la conservation du groupe: famille ou peuple

Toute famille, en effet est régie dans la forme monarchique par le mâle le plus âgé, de sorte qu’il en est de même pour les extensions de la famille en raison de la parenté de leurs membres (Aristote, Politique, I, 2. Traduction J. Tricot, Vrin, Paris, 2005.)

 

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