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Le Rouge et le Blanc

Justice et peine de mort (R.L. Bruckberger)

31 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Les homme n’auraient pas connu le nom de justice, si ces choses n’étaient pas. 

 

Héraclite d'Ephèse, Fragment 23

 

Extrait de l'article d'Itinéraires N°43 par Yves Daoudal: "La peine de mort", sur de l'essai de R.L. Bruckberger: "Oui à la peine de mort" (Plon, 1985)

 

Fondamentalement, comme toujours, il faut rendre leur sens aux mots. D’abord à celui de justice. Face à la « rêverie de justice » d’un Badinter, « une justice sans coercition, une justice sans châtiment », le père Bruckberger donne « la conception de saint Louis ». L’exercice de la justice fait par­tie intégrante de la souveraineté : « endommager la justice, c’est corrompre la souveraineté ». « La justice c’est rendre à chacun son dû. » Elle comprend la munificence (récompen­ser le mérite) et la vengeance (châtier le crime).

Et c’est à une véritable réhabilitation du juste concept de vengeance que se livre le père Bruckberger. « La vengeance s’exerce en infligeant une peine et un châtiment proportionnés au détriment. Et voici le point capital : dans l’exercice de la vengeance, ce qui importe le plus, ce n’est pas la peine infligée, c’est l’état d’âme de celui qui exerce la vengeance. » Si son intention est de faire mal au criminel, elle est évidemment illé­gitime, car elle relève de la haine. « Le vengeur ne doit avoir en vue que le bien général de la société dont il a la charge. (…) Comme la guerre, la vengeance n’est légitime que pour un plus grand bien. » Abolir la peine de mort, c’est affaiblir considéra­blement le bras vengeur de la justice, et donc l’État, et « encore les assises mêmes de la civilisation ».

Le père Bruckberger n’hésite pas à prendre en considéra­tion ce qu’on peut considérer comme le plus élevé des arguments abolitionnistes, tel qu’il a été formulé par Ca­mus : « Sans innocence absolue, il n’est pas de juge su­prême. » Bruck répond simplement que si ce juge suprême existait nous serions tous condamnés à mort, et que, préci­sément, nous sommes tous condamnés à mourir… Ce n’est pas là le problème. La personne humaine est au-dessus de l’État. L’État n’a justement pas à être juge suprême, juge des consciences. La peine de mort ne se justifie que par des raisons relatives, « tenant beaucoup aux circonstances, mais à des circonstances malheureusement impérieuses ». La jus­tice absolue est impossible. L’imaginer, c’est vouloir se met­tre à la place de Dieu. Et là l’utopie devient criminelle. Quand l’homme se met à la place de Dieu ça finit mal : « Les régimes communistes sont les régimes les plus meur­triers de l’histoire, précisément parce qu’ils se prétendent innocents, porteurs de la justice absolue. A cause de la même prétention, ils sont aussi les plus menteurs. »

La « justice absolue » sur la terre des hommes est donc une fausse piste. Et le père Bruckberger nous indique, ma­gnifiquement, la voie royale de la sagesse traditionnelle cou­ronnée par le christianisme. A partir du mythe d’Œdipe, il montre comment les Grecs anciens avaient une conception cosmique de la justice, opposée à notre conception individua­liste étriquée. Oedipe, parricide et incestueux sans le savoir, serait aujourd’hui acquitté. Mais il a conscience d’avoir gra­vement perturbé l’ordre de l’univers, et il se châtie lui-même pour ses crimes. Car le châtiment est purificateur, il rétablit l’ordre cosmique et réintègre le criminel dans cet ordre.

Les Hébreux, poursuit le père Bruckberger, avaient plus que les Grecs encore « le sentiment que chacun d’entre nous est responsable de l’ordre cosmique ». Chacun d’entre nous perturbe cet ordre par son péché.

Chacun d’entre nous est responsable « de l’ordre cosmique tout entier, aussi bien spi­rituel que matériel, aussi bien invisible que visible », et c’est cela qui fonde sa dignité, une dignité « unique, incompara­ble, proprement divine ».  

 

Commentaire: La peine de mort est la clef de voûte qui, dans la justice, assure l'ordre de la vengeance dont parle le P. Bruckberger. Clef de voûte, parce que de toutes les peines, c'est elle qui est incompressible, irréversible, définitive, absolue. Contrairement à toutes les autres qui peuvent faire l'objet de remises, de diminutions, etc. La peine de mort est une peine absolue, les autres sont relatives. Supprimée, c'est la justice dans son ensemble qui tombe dans le relativisme.

B.

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Aux armes, citoyens suisses !

27 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Guillaume Tell Huile sur tempera (255,5x195,5cm) peint par

Guillaume (Wilhelm) Tell

Tableau du peintre suisse Ferdinand Hodler (1853-1918)

 


The strongest reason for the people to retain the right to keep and bear arms is, as a last resort, to protect themselves against tyranny in government..... When the people fear their government there is tyranny, when the government fears the people, there is liberty.

Thomas Jefferson

 

 

Le 13 février 2011, une votation fédérale décidera si les Suisses doivent garder ou non leurs armes d'ordonnance chez eux.

Cette initiative du PS et des Verts, directement inspirée par la législation de l'UE et de l'ONU*, "désire réduire le nombre des suicides et d'actes de violence armée à l'aide de trois instruments: un registre national des armes, le dépôt obligatoire des armes d'ordonnance à l'arsenal et une demande d'autorisation pour tout achat d'armes à feu. Celle-ci doit justifier la possession d'une arme et prouver l'existence de l'aptitude nécessaire" (Ignazio Cassis, conseiller national tessinois)

Elle fait partie d'une campagne orchestrée pour réformer, notamment par une diminution importante des effectifs, le service militaire obligatoire, institution fondamentale des Suisses, rempart et symbole de leur liberté.

Un tel thème ne devrait jamais pouvoir faire l'objet d'une votation, car il fait partie des droits imprescriptibles et des principes sacrés de la constitution suisse. On peut donc se demander légitimement si ce projet de réforme ne constitue pas un crime de haute trahison passible des plus hautes peines pour ceux qui l'ont présenté.

Sur ce thème capital, la revue helvétique Horizons et Débats consacre un dossier spécial et très vigoureux dans ses numéros du 24 janvier 2011, 11e année, N°3: link et du 31 janvier 2011:link

Rappelons que par définition, ce sont les vaincus et les esclaves qui n'ont pas le droit de détenir des armes.

Désarmer un peuple indépendant pour le faire rentrer de force dans un système supranational (UE), bafouer la volonté populaire et les intérêts de la nation, corrompre les moeurs pour faire baisser la natalité, faire entrer une immigration massive, gouverner par la démagogie et selon les intérêts extérieurs, laisser se développer la délinquance, faire intervenir l'OTAN en cas de révolte des patriotes indigènes qualifiés d'"ultranationalistes": voilà le programme qui menace nos amis suisses, descendants des Helvètes, peuple paysan et guerrier, de même race gauloise que nous les Français.

Amis citoyens suisses, allez-vous finir sous le joug de l'UE et de la ploutocratie mondialiste ou vaincre les ennemis de votre patrie comme le firent vos ancêtres?

Béthune

Armoiries-des-comtes-de-B-thune-Pitunilla-janv-fev-06.jpg

 

Armes à feu - Le protocole de l'ONU dans la réglementation européenne par Ilhan Berkol. Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix et la Sécurité (Bruxelles) : link

 

Les Romains passant sous le joug de Charles Gleyre, 1858. T

"Les Romains passant sous le joug". Tableau de Charles Gleyre (1858)

Triomphe des Helvètes sur les Romains à la bataille d'Agen (-107 av. J.-C).

À gauche, armé de l'épée, le fameux chef helvète Divico.



Sommaire du dernier numéro d' Horizons & Débats N°4, 31 janvier 2011


- L’initiative sur les armes ne créera pas plus de sécurité pour les femmes et les familles. Par Corina Eichenberger-Walther, conseillère nationale PLR/AG

- L’initiative sur les armes n’empêche pas les actes de violence donc pas non plus ceux perpétrés contre les femmes. Par Ida Glanzmann-Hunkeler, conseillère nationale PDC/LU

- Cette initiative inutile donne une fausse impression de sécurité et ne permet pas de réduire les cas de suicides. Par Andrea Geissbühler, conseillère nationale UDC/BE

- Non à l’initiative «Pour la protection contre la violence des armes». Par Monica Duca Widmer, députée au Grand Conseil tessinois

- Votation sur l’initiative sur les armes:Non à l’abus de la relation médecin-patient

- Tant que les pays voisins réarmeront et feront la guerre, la Suisse ne devra pas se laisser désarmer. Interview d’Alfred de Zayas, professeur de droit international à la Geneva School of Diplomacy

- L’initiative «Pour la protection contre la violence des armes» affaiblit notre armée

- Non à l’initiative sur les armes

- Un pas de plus vers «l’Etat d’interdiction»

- Initiative sur les armes, tireurs, chasseurs, médecins

- Prise de pouvoir en douceur. Par Thomas Schuler

- Sur les traces d’Elinor Ostrom. Visite à Törbel | par Werner Wüthrich

- Une expérience de randonnée et de culture merveilleuse et inoubliable dans le pays d’Appenzell. Par Gabrielle Ege et Edith Frey

- «Cela ne va pas!»

- «Nous sommes ici pour combattre avec les mots, pas avec les poings»

 

sig 550

Fusil d'assaut SIG 550, arme d'ordonnance des Suisses: link


 

Tant que les pays voisins réarmeront et feront la guerre, la Suisse ne devra pas se laisser désarmer

Interview d’Alfred de Zayas, professeur de droit international à la Geneva School of Diplomacy*

Extraits de Horizons et Débats N°4 du 31 janvier 2011

Horizons et débats: Monsieur de Zayas vous vous qualifiez de militant pacifiste. Vous avez pris part en tant qu’expert à un atelier de l’ONU sur le «droit de l’homme à la paix» et vous avez fait, en août 2010 et en janvier 2011, au sein du Comité consultatif du Conseil des droits de l’homme, un exposé sur la codification dudit droit, notamment sur la «Déclaration de Santiago» à la rédaction de laquelle vous avez participé. Pendant des décennies, vous avez été secrétaire de la Commission des droits de l’homme de l’ONU et chef de la section des pétitions du Bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Si tout va bien, ce droit à la paix devrait être intégré en 2012 au canon des droits de l’homme qui sera ainsi enrichi d’un droit fondamental. Vous refusez vigoureusement la violence comme moyen de lutte et c’est pourquoi vous êtes très critique envers la politique de votre pays natal les Etats-Unis. Dans ce contexte, je souhaiterais savoir ce que vous pensez de l’«initiative sur les armes» sur laquelle les Suisses vont se prononcer en février. L’approuvez-vous?

Alfred de Zayas: C’est une question essentielle pour la Suisse. Avant de répondre directement, je vais procéder à un bref rappel concernant l’histoire suisse. Il permettra de comprendre qu’il s’agit d’une question très importante. Dans l’histoire de la Confédération, la capacité de défense, c’est-à-dire le droit de posséder une arme, a toujours été une liberté. Celui qui était armé pouvait se défendre contre des attaques étrangères et il signalait ainsi à un agresseur potentiel qu’il devrait s’attendre à une résistance considérable s’il désirait conquérir un pays étranger. Cela donnait aux régions de la Suisse, surtout aux communes et aux groupements de communes qui possédaient ce droit une protection spéciale et garantissait par là même leur liberté. Cette liberté a finalement permis à ces communes et cantons de construire un Etat démocratique, – on peut le dire, unique au monde – indépendant de l’Empire allemand, dont il faisait partie jusqu’à la Paix de Westphalie en 1648. Le droit de posséder une arme était un droit fondamental pour l’Etat fédéral qui se développa au XIXe siècle et garantit la démocratie.

Ainsi vous confirmez ce que beaucoup de Suisses ressentent et qui les amène à s’opposer à cette «initiative de désarmement».

Encore une chose me paraît importante ici. La Suisse a fourni la preuve historique qu’elle est un des pays les plus pacifiques de notre planète malgré sa «neutralité armée perpétuelle». Elle n’a pas mené de politique impérialiste d’expansion comme d’autres pays du continent européen comme la France, l’Allemagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Belgique, etc. et, en dehors de l’Europe, les Etats-Unis. La Suisse n’a jamais participé à des pillages et se différencie positivement des Etats européens.

Les promoteurs de l’initiative visent depuis 20 ans le désarmement de la Suisse. Il y a à l’arrière-plan le Groupe pour une Suisse sans armée (GSsA), appuyé par les partis de gauche qui n’ont pas pour but d’empêcher les suicides, comme ils le prétendent, mais d’abolir l’Armée. Qu’en pensez-vous? 

La Suisse est un petit Etat neutre au milieu de l’Europe, encerclé par l’UE. Si elle veut préserver son identité, sa culture, son âme, elle ne devrait pas intégrer l’Union européenne. Cette Europe feint de défendre les droits de l’homme, mais dans bien des situations, elle les réinterprète très curieusement afin d’imposer certains buts politiques. Beaucoup de politiques et d’organisations européennes ont trahi d’importants droits et libertés de l’homme ainsi que le droit à la paix. La Suisse ferait mieux de ne pas s’y associer. La Suisse devrait rester neutre. Le monde a besoin de ce pays qui offre un refuge sûr aux personnes persécutées et privées de leurs droits. Il faut un pays, qui, grâce à sa neutralité, puisse mettre à la disposition des Etats en conflit un endroit pour négocier et apporter ainsi une contribution active à la paix, comme quasiment aucun autre Etat sur cette planète. Si la Suisse n’existait plus, le monde serait plus pauvre. C’est pourquoi l’Etat doit pouvoir se défendre, et tant que de nombreux pays (aussi des voisins de la Suisse) réarmeront et feront la guerre, la Suisse ne devra pas se laisser désarmer, ce serait regrettable.    •

*    Alfred de Zayas, professeur de droit international à la Geneva School of Diplomacy, ancien professeur invité à l’Institut universitaire des Hautes études internationales de Genève, aux universités de British Columbia (Canada), de Chicago, d’Alcala de Henares (Madrid), etc. Il vit depuis 30 ans en Suisse et est l’auteur du livre «United Nations Human Rights Committee Case Law: A Handbook» rédigé en collaboration avec le juge islandais Jakob Th. Möller (N.P. Engel, Kehl am Rhein, 2009). 

thk. L’argumentation des promoteurs de l’initiative sur les armes prend des formes de plus en plus grotesques. Outre des statistiques faussées ou faussement interprétées et une propagande manipulante, on ne trouve guère un argument objectif. C’est dans cette situation que le président de la Fédération des médecins helvétiques (FMH) demande instamment à ses membres (médecins pratiquants) de faire de la publicité pour l’initiative dans leurs cabinets pour convaincre les patients à déposer un Oui dans l’urne. C’est une violation flagrante de la libre formation de l’opinion et un abus de la relation de confiance entre le médecin et son patient. Il faut mettre un terme à cette pratique et infliger un blâme au président de la FMH de la part de ses membres.

Pour rendre le débat concernant l’initiative sur les armes plus objectif, Horizons et débats a demandé à diverses personnalités de la vie publique de donner leur point de vue. 

Alfred de Zayas est spécialiste américain du droit public international et philologue. Il vit à Genève depuis 30 ans et par son engagement au sein de l’ONU, il a appris à estimer à sa juste valeur, le rôle d’une Suisse neutre et armée.

Divers conseillères et conseillers nationaux s’expriment de manière réaliste sur la question de l’armement de nos soldats de milice. 

Si l’on veut rendre un peuple incapable de se défendre, il faut lui ôter les armes. Empêchons que cela se fasse en Suisse.

 

 

sig 550

 

 

Texte officiel de la Chancellerie fédérale (link):


Initiative populaire «Pour la protection face à la violence des armes»


L’initiative veut remplacer le régime actuel d’autorisation et de contrôle des armes par un nouveau système.Toutes les armes militaires devraient dorénavant être déposées à l’arsenal, et un registre fédéral central des armes à feu remplacerait les registres cantonaux. L’initiative exige en outre que la preuve du besoin et de l’existence des capacités requises

soit apportée pour l’utilisation d’armes à feu ou de munitions.

La question à laquelle vous devez répondre:

Acceptez-vous l’initiative populaire «Pour la protection face à la violence des armes»?

Position et recommandation du Conseil fédéral et du Parlement

Le Conseil fédéral et le Parlement vous recommandent de rejeter l’initiative.

Le Conseil national a rejeté l’initiative par 119 voix contre 69 et 4 abstentions, le Conseil des États par 30 voix contre 11 et 1 abstention.

Votation fédérale du 13 février 2011 (MP3, 2884 Kb)

Déclaration du Conseil fédéral:

Initiative populaire «Pour la protection face à la violence des armes»

Conseiller fédéral Didier Burkhalter


600px-Flag of Switzerland.svg

 

Législation de l'UE sur la détention des armes par les particuliers


Article de Union Armes Online (Belgique) : link

 

 

"Les états-membres doivent réserver l'acquisition et la déténtion d'armes en catégorie B aux titulaires d'une autorisation de détention à délivrer à des personnes répondant au minimum aux conditions suivantes (art. 5 de la directive):

 

spécifier un motif légitime

être majeur, avec une exception pour les chasseurs et les tireurs sportifs (le décret de la Communauté française autorise le tir sportif pour des mineurs à partir de 14 ans s'ils pratiquent une discipline olympique)

ne sont pas susceptibles de présenter un danger pour eux-mêmes, l'ordre public ou la sécurité publique

La détention et l'acquisition d'armes de catégorie C est soumise à enregistrement après l'acquisition de l'arme. En Belgique, cette exception existe pour les chasseurs et les tireurs sportif (voir article 12 loi sur les armes)

Les armes de catégorie D sont en vente libre (sauf si les états membres ont des règles de droit internes plus strictes).

 

Sur notre site, vous pouvez consulter les documents les plus rélévants:

 

Directive 91/477/CEE du Conseil, du 18 juin 1991, relative au contrôle de l'acquisition et de la détention d'armes

Directive 2008/51/CE du Parlement européen et du Conseil du 21 mai 2008 modifiant la directive 91/477/CEE du Conseil relative au contrôle de l'acquisition et de la détention d'armes

Version coordonnée da la directive 91/477/UE en matière d'armes à feu (accesible uniquement pour les utilisateurs enregistré)"


 

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Abbé Anthony Cekada: Puis-je assister à une messe (una cum) où Benoît XVI est nommé au canon ?

27 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Article complet en PDF: link

Site de Traditional Mass.org (Mgr Dolan, Abbé Cekada, U.S.A.) : link

Ce texte, résumé de l'étude de l'Abbé Cekada: Le Grain d'encens: Les sédévacantistes et les messes una cum devrait être connu de tous les catholiques, ce qui leur permettrait de ne pas gaspiller leur temps et leurs forces dans d'inutiles voire destructrices discussions avec la FSSPX.

Le Grain d'encens: Les sédévacantistes et les messes una cum par l'Abbé Anthony Cekada. Article complet en PDF: link

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Un grattoir mésolithique

25 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Racloir mésolithique

           Grattoir mésolithique. Ile de France (?-2011)

5cm x 4 cm. Le côté aménagé est à droite

 

Il y a une quinzaine d'années, j'ai découvert les vestiges d'un camp mésolithique dans un champ d'Ile de France. L'ayant signalé aux Antiquités nationales, une archéologue m'y accompagna un jour pour l'inspecter et l'inventorier. Mais je crois qu'il n'a jamais été fouillé depuis.

J'y suis retourné par une après-midi d'hiver, froide et pluvieuse. Le champ n'avait pas changé; traversé par le même chemin herbu et creusé d'ornières, encadré par les mêmes bois touffus. En marchant sur la terre argileuse, détrempée, couverte de mares d'eau et sillonnée d'empreintes de cerfs, de chevreuils et de sangliers, j'ai retrouvé plusieurs outils de pierre, tous du même silex brun-rouge, inconnu dans les environs. Ce sont en général des grattoirs, faits à partir d'éclats et retouchés de très fines dentelures du côté arrondi, qui servaient sans doute à préparer les peaux pour faire des vêtements.

En ramassant ces objets, je pensais à ceux qui les avaient fabriqués et s'en étaient servi, il y a plus de 12000 ans.

Le camp se trouvait peut-être dans une clairière au milieu de la forêt (ils ne pratiquaient pas encore l'agriculture) peuplée sans doute de chênes, de frênes, de charmes et de hêtres séculaires, énormes, de bouleaux et de noisetiers. Ces hommes vivaient de la chasse, de la pêche et de la cueillette.

En ce temps-là:

pas de maisons chaudes et confortables

pas d'autos ni d'avions

pas de routes, de villes ni même de villages

pas de champs cultivés ni de pâturages remplis d'animaux; vaches, chevaux, cochons, moutons

pas de journaux, pas de télévision, pas d'ordinateurs

pas d'écriture: la parole, la musique, la peinture, la sculpture y suppléaient avec la mémoire prodigieuse des peuples de culture orale

pas de montres ni d'horloges: ils vivaient à l'heure du soleil

pas d'eau incolore au robinet ou dans la bouteille de plastique pour boire: l'eau vive et ambrée des sources et des cours d'eau

pas de magasins ni de supermarchés où acheter la nourriture venant de régions ou de pays lointains: la chasse, la pêche, la cueillette

pas de bruits de moteurs, de radios, de musiques diffusées par hauts-parleurs: le silence et les bruits de la nature

pas d'électricité, pas de lumières artificielles pour cacher, la nuit, le ciel noir rempli d'étoiles...

C'est comme cela que vivaient les hommes depuis toujours, depuis la création du monde.

Les livres des préhistoriens, André Leroi-Gourhan par exemple, essaient d'expliquer le mode de vie, la culture et la pensée des hommes de la Préhistoire, mais ils sont décevants.

C'est comme si un homme aveugle et ignorant essayait de nous décrire le Louvre.

Si lointains et si proches, si mystérieux, les chasseurs mésolithiques, mes ancêtres par le sang.

 

Un silex taillé dans ma main, je m'interrogeais donc:

 

Comment étaient ces hommes: grands ou petits, bruns ou blonds, aux yeux bleus ou marrons ? 

Comment s'appelait leur peuple ?

Quels étaient leurs noms ?

Quelle langue parlaient-ils?

Quel était leur caractère et quels étaient leurs vertus et leurs vices ?

Comment étaient-ils vêtus ?

Comment étaient leurs habitations ?

Comment préparaient-ils leurs aliments ?

Quelles étaient leurs moeurs, leurs coutumes, leur histoire ?

Quelles étaient leurs danses, leurs chants ?

Quelle était leur organisation sociale, politique?

Qui étaient leurs ennemis ?

Quelle était leur religion?

Comment expliquaient-ils la terre, le ciel, le soleil, la lune, les étoiles ?

Voyageaient-ils ? Jusqu'où ? Comment ?

 

Mieux vaut reconnaître que nous ne le savons pas et que nous ne le saurons jamais. Sagesse qui n'est guère compatible avec le souci d'écrire un livre, de soutenir une thèse ou de mener une carrière scientifique ou administrative, qui se nourrissent d'affirmations. Restent le rêve et la poésie, comme ce texte qu'écrivit un jour Thoreau sur la pointe de flèche indienne, qui, intacte, poursuit sa course immuable dans le temps. Ou comme celui de Tacite sur les Fennes, un peuple nomade de l'antique Germanie...

Pierre-Olivier Combelles

 

Automne.jpg

La forêt d'Ile-de-France en automne

 

Les Fennes

 

"...Quant aux Fennes, ils étonnent par leur état sauvage et leur affreuse pauvreté. Chez eux, point d'armes, ni de chevaux, ni de foyer domestique. Ils ont pour nourriture de l'herbe, des peaux pour vêtement, la terre pour lit. Toute leur ressource est dans leurs flèches, qu'ils arment, n'ayant pas de fer, avec des os pointus. La même chasse nourrit également les hommes et les femmes: car celles-ci accompagnent partout leurs maris, et réclament la moitié de la proie. Les enfants n'ont d'autre abri contre la pluie et les bêtes féroces que les branches entrelacées de quelque arbre, où leurs mères les cachent. C'est là que les jeunes gens se rallient, que se retirent les vieillards. Ils trouvent cette condition plus heureuse que de peiner à cultiver les champs, d'élever laborieusement des maisons, d'être occupés sans cesse à trembler pour leur forteresse et à convoiter celle d'autrui. Ne redoutant rien de celle des hommes, ne redoutant rien des dieux, ils sont arrivés à ce point si difficile de n'avoir pas même besoin de former un voeu..."

Tacite, Moeurs des Germains, XLVI, trad. Burnouf.

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Ezra Pound : Par Usura (Canto XLV)

25 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

ep

      Ezra Pound (1885-1972)

 

Canto XLV

 

Par Usura

 

 

Par usura n'ont le hommes maison de pierre saine

blocs lisses finement taillés scellés pour que

la frise couvre leur surface

par usura

n'ont les hommes paradis peint au mur de leurs églises

*harpes et luz*

où la vierge fait accueil au message

où le halo rayonne en entailles

par usura

n'aura Gonzague d'héritier concubine

n'aura de portrait peint pour durer orner la vie

mais le tableau fait pour vendre vendre vite

par usura péché contre nature

sera ton pain de chiffes encore plus rance

sera ton pain aussi sec que papier

sans blé de la montagne farine pure

par usura la ligne s'épaissit

par usura n'est plus de claire démarcation

les hommes n'ont plus de site pour leurs demeures;

Et le tailleur est privé de sa pierre

le tisserand de son métier

PAR USURA

la laine déserte les marchés

le troupeau perte pure par usura.

Usura est murène, usura

use l'aiguille aux doigts de la couseuse

suspend l'adressede la fileuse. Pietro Lombardo

n'est pas le fils d'usura

n'est pas le fils d'usura Duccio

ni Pier della Francesca; ni Zuan Bellin'

ni le tableau "La Calunnia".

N'est pas oeuvre d'usura Angelico; ni Ambrogio Praedis

ni l'église de pierre signature d'Adamo me fecit

Ni par usura St Trophime

Ni par usura St Hilaire,

Usura rouille le ciseau

Rouille l'art de l'artiste

Rogne fil sur le métier

Nul n'entrecroise l'or sur son modèle;

L'azur se chancre par usura; le cramoisi s'éraille

L'émeraude cherche son Memling

Usura assassine l'enfant au sein

Entrave la cour du jouvenceau

Paralyse la couche, oppose

le jeune époux son épousée

CONTRA NATURAM

Ils ont mené les putains à Eleusis

Les cadavres banquettent

au signal d'usura.

 

 

NB. Usure: Loyer sur le pouvoir d'achat, imposé sans égard à la production; souvent même sans égard aux possibilités de production (D'où la faillite de la banque Médicis.)


Ezra Pound. Les Cantos. Nouvelle édition sous la direction d'Yves di Manno. Traductions de Jacques Darras, Yves di Manno, Philippe Mikriammos, Denis Roche et Françoise Sauzey. Flammarion, 2002.

 

 

 

"Mais, comme nous l'avons dit, l'art d'acquérir la richesse est de deux espèces : l'une est sa forme mercantile, et l'autre une dépendance de l'économie domestique ; cette dernière forme est nécessaire et louable, tandis que l'autre repose sur l'échange et donne prise à de justes critiques (car elle n'a rien de naturel, elle est le résultat d'échanges réciproques) : dans ces conditions, ce qu'on déteste avec le plus de raison, c'est la pratique du prêt à intérêt parce que le gain qu'on en retire provient de la monnaie elle-même et ne répond plus à la fin qui a présidé la création. Car la monnaie a été inventée en vue de l'échange, tandis que l'intérêt multiplie la quantité de monnaie elle-même. C'est même là l'origine du mot intérêt (1) : car les êtres engendrés ressemblent à leurs parents, et l'intérêt est une monnaie née d'une monnaie. Par conséquent, cette dernière façon de gagner de l'argent est de toutes la plus contraire à la nature."
 
(1) τόχος, signifiant à la fois enfant, petit (partus), et revenu de l'argent (foenus, usura).
 
 Aristote, Politique, Livre I, 10. Traduction par J. Tricot. Bibliothèque des textes philosophiques. Vrin, Paris, 2005.


Ezra Pound vous parle: link
Une excellente présentation d'Ezra Pound: link


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Les cosaques zaporogues

22 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Cosaques zaporogues

Les Cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie Mahmoud IV. Peinture d' Ilya Repine (1880-1891). Le Tsar Alexandre III l'acheta pour 35 000 roubles. Elle se trouve aujourd'hui au Musée russe, à St-Petersbourg.

 

True cossacks are fearless christians,as you can see from the reply of Otaman Ivan Sirko, with the whole Zaporozhian Host to the Turks:

 

« À Toi Satan turc, frère et compagnon du Diable maudit, serviteur de Lucifer lui-même, salut!

 

"Quelle sorte de noble chevalier au diable es-tu, si tu ne sais pas tuer un hérisson avec ton cul nu ? Vomis du Diable avec ton armée dévorée. Tu n’auras jamais, toi fils de putain, les fils du Christ sous tes ordres : ton armée nous n’en avons pas peur et par la terre ou par la mer on continuera à se battre contre toi, baise ta mère.

 

Toi, scullion de Babylone, charretier de Macédoine, brasseur de bière de Jérusalem, fouetteur de chèvre d’Alexandrie, troupeau de pourceaux de petite et de grande Égypte, truie d’Arménie, giton tartare, bourreau de Kamenetz, être infâme de Podolie, petit-fils du Diable lui-même, Toi, le plus grand imbécile malotru du monde et des enfers et devant notre Dieu, crétin, groin de porc, cul d’une jument, sabot de boucher, front pas baptisé, va baiser ta mère!

 

C’est ce que les Cosaques ont à te dire, à toi sous-produit d’avorton ! Tordu es-tu de donner des ordres à de vrais chrétiens !! Nous n’écrivons pas la date car nous n’avons pas de calendrier, la lune est dans le ciel, l’année est dans un livre ainsi que le jour, et nous sommes chez nous ici comme toi là-bas et pour cela tu peux embrasser notre cul ! »

 

Signé le Koshovyj Otaman Ivan Sirko et toute l’Armée Zaporogue


 


 

 

 


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21 janvier 2011, Christo regnante

21 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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"En coupant la tête au roi, la Révolution a fait de la France un cadavre"

 Rivarol

 

Depuis, Les loups et les vautours se sont emparés du cadavre de la France.

Mais la France est comme le phénix et elle va revivre un jour, sous le soleil levant de son Dieu et sous le joug vengeur de son roi, miroir de justice.


 

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philippe le bel

 

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Attentat à l'église copte Al-Qiddissin d'Alexandrie

21 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

A l'aube du 1er janvier 2011 l'explosion d'une bombe a tué 21 personnes à l'église copte al-Qiddissin (Tous les Saints) d'Alexandrie, en Egypte: link. Loin de provoquer le haine entre musulmans et chrétiens, cet attentat terroriste a suscité au contraire la compassion et la solidarité du peuple égyptien, car il est évident que l'organisation extrémiste internationale des  Frères Musulmans n'a pas pour origine le peuple musulman.

"The terror attack that struck the country on New Year’s eve is in many ways a final straw – a breaking point, not just for the Coptic community, but for Muslims as well, who too feel marginalized, persecuted, and overlooked, by a government that fails to address their needs. On this Coptic Christmas eve, the solidarity was not just one of religion, but of a desperate and collective plea for a better life and a government with accountability."

link

 

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A walk in Dublin today...

21 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

C'est la même tyrannie monstrueuse qui chasse par la corruption et la misère ces immigrés de leurs patries et qui impose à un peuple indigène la présence massive d'étrangers qu'il doit "intégrer" par la force des lois anti-racisme.


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La vérité

18 Janvier 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Notre intelligence est ouverte sur l'être : et la vérité, c'est l'adéquation de notre esprit à "ce qui est" (adéquatio intellectus ad rem)."

Un philosophe-théologien français anonyme

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