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Le Rouge et le Blanc

"Aucun individu ni aucune Nation ne peuvent renoncer à leur personnalité" (Eamon de Valera)

26 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

 

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Après avoir quitté la Présidence de la République française, le général de Gaulle fit un voyage en Irlande, terre de ses ancêtres maternels. Il y rencontra le 17 juin 1969 le président Eamon de Valera, âgé de 85 ans, fondateur de la République d'Irlande:

- E. de Valera: "Quand je suis allé aux Etats-Unis d'Amérique il y a un certain temps, j'ai dit qu'on devait souhaiter la réalisation des Etats-Unis d'Europe; puis je suis retourné dans mon pays. J'ai réfléchi et je me suis rendu compte de mon erreur. Aucun individu ne peut renoncer à sa pesonnalité. Cela s'applique à une famille et à une nation."

- C. de Gaulle: "C'est exactement ce que je pense."

 

In: A. Peyrefitte: C'était de Gaulle.

 

Archives INA: le voyage de de Gaulle en Irlande: link

 

 


 

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L'idée de vertu des Princes (Louis XIV)

23 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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"Les Princes, en qui l'éclat de leur naissance et l'honnêteté de leur éducation ne produit d'ordinaire que des sentiments nobles et généreux, ne peuvent laisser tellement altérer ces bons principes qu'il n'en demeure toujours quelque impression dans leur esprit. Cette idée de vertu, quelque effacée qu'elle puisse être par la corruption du temps, donne pourtant aux plus mauvais une espèce de répugnance pour le vice. Leurs coeurs, formés de bonne heure aux lois de l'honneur, s'en font une si forte habitude qu'ils ont peine de la corrompre entièrement, et le désir de la gloire qui les anime les a fait passer en beaucoup de choses par-dessus le penchant de leur intérêt.

Mais il n'en est pas ainsi de ces gens de condition médiocre, par qui les Etats aristocratiques sont gouvernés..."

 

Louis XIV, Mémoires

 


 

Armoiries royales France

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L'évolution laïciste de l'Etat péruvien

22 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Deux semaines avant l'investiture (28 juillet 2011) du président élu du Pérou Ollanta Humala Tasso, le président sortant Alan Garcia, fidèle à la politique anti-catholique de l'APRA*, a fait approuver par l'Assemblée un projet de loi qui modifie la norme en vigueur sur la liberté religieuse et déclare facultatif le cours de religion dans les collèges publics et privés laïques.

Une mesure sans précédent dans le système éducatif du Pérou, pays dans lequel 85% de la population se déclare catholique, et qui profitera de facto aux sectes évangéliques qui pullulent.

Le projet présenté par le Pouvoir exécutif et approuvé par la Commision Permanente de l'Assemblée devant la suspension de la Chambre unique, prévoit que l'éxonération satisfait aux demandes des parents pour raisons de liberté de conscience ou de choix religieux dans le cas où ils pratiquent une foi distincte de la catholique.

Le projet approuvé par la Commission Permanente et retourné à l'Exécutif pour que le président Alan Garcia le promulgue dans un délai de 15 jours ouvrables. (Source: AFP: link)

La nouvelle Constitution de 1993 (article 10) garantit la liberté de culte, mais souligne : « au sein du régime d'indépendance et d'autonomie, l'État reconnaît l'Église catholique comme un élément important dans la formation historique, culturelle et morale du Pérou".

Cet article sera-t-il supprimé sous la présidence d'Ollanta Humala Tasso comme cela a été le cas en Bolivie avec Evo Morales ? C'est en tous les cas l'un des objectifs certains de l'écrivain et Prix Nobel de Littérature Mario Vargas Llosa** qui a soutenu la candidature d'Ollanta Humala Tasso à la fin des dernières élections et pour lequel la séparation de l'Eglise (catholique bien sûr) et de l'Etat ("sécularisation") est une condition essentielle de la "démocratie"***. 

En jurant fidélité aux principes de la Constitution de 1979 et non sur la Constitution délictuelle de Fujimori de 1993 lors de la cérémonie d'investiture  link , le Président Humala Tasso a-t-il changé la donne ? 

Samedi (jour du Sabbat) 30 juillet, le Président Ollanta Humala-Tasso, qui affirme appartenir à une famille "conservatrice et catholique" (vidéo ci-dessous) n'a pas assisté à la cérémonie annuelle d'Action de Grâces des Evangélistes comme son prédécesseur Alan Garcia en avait institué la coutume ( link). Il était justement prévu ce jour-là d'offrir une Bible au nouveau Président. Mais comme chacun sait, la Bible n'est pas le livre des catholiques. Ce sont les Evangiles.

  

Béthune 


* Enfin un dernier ennemi [NDLR: du catholicisme], et actuellement le plus à craindre, c'est le communisme. Un parti politique, l'Aprisme (1), dont le programme est un socialisme très avancé, fait une active propagande parmi les Indiens qui, par ignorance et aussi à cause de leur haine invétérée contre les Blancs et les grands propriétaires, se laissent facilement enrôler dans le nouveau parti.. Les propagandistes affichent un grand respect pour la religion, mais par ailleurs, maintes déclarations des chefs du parti laissent prévoir, en cas de triomphe, une violente persécution religieuse. Du reste, le vil assassinat d'un prêtre zélé, survenu récemment, lors d'une révolution fomentée par ce parti politique, est la preuve évidente des visées antireligieuses de l'Aprisme.

(1) De l'A.P.R.A., c'est-à-dire Alliance populaire révolutionnaire américaine, qui a des ramifications dans toute l'Amérique Latine, et son siège central à Mexico.

 

In: Th. Roth, C.SS.R.: Au Pérou - Le Père J.-M. Chouvenc - Apôtre des Indiens. Emmanuel Vitte Editeur, Lyon-Paris, 1936.  Chapitre :Les Rédemptoristes français au Pérou.

 

Citation:  Introduction, pp. XIII-XIV.

 

**  Sur le laïcisme de Vargas Llosa, lire son article dans El Pais du 9 février 1992 (cinq-centième anniversaire de la découverte de l'Amérique par les Européens): Dios o la espada ?

 

*** Régime politique qui signifie en réalité la tyrannie du Petit Peuple sur le Grand Peuple. Au nom de la "démocratie", la majorité des Péruviens sont ainsi dépossédés de l'enseignement de leur religion par une loi arbitraire au profit de "minorités" qui n'ont rien réclamé.

 

 

investiture Ollanta Humala Tasso Président du Pérou 28 ju

Le nouveau Président  du Pérou Ollanta Humala Tasso signe le parchemin officiel lors de la cérémonie d'investiture (28 juillet 2011), en présence de la Bible ornée de la Croix de N.-S. Jésus-Christ, Rey de los Reyes.

 

"La presidenta o el presidente de la República jura solo, ante Dios -si es creyente-, y ante la patria, prometiendo cumplir la Constitución y las leyes del Perú; luego firma un pergamino oficial y recibe la banda presidencial, para, finalmente, pasar al atril dispuesto de manera especial para que dé su mensaje al Congreso y a la Nación".

Finalmente, cuando el presidente de la República abandona el Congreso, el titular del Parlamento tomará juramento a la primera vicepresidenta, Marisol Espinoza, y al segundo vicepresidente, Omar Chahade.

PERGAMINOS [parchemins]. Desde el siglo XIX, la frase de juramentación es la misma: "Yo (nombre del presidente) juro por Dios y la Patria que ejerceré fielmente el cargo de presidente de la República que me ha confiado la Nación...". Pero en seguida el Mandatario puede personalizar su juramento con alguna idea que caracterizará su gestión.

En 1894, Andrés A. Cáceres agregó: "Protegeré la religión del Estado, conservaré la integridad (...) y unidad de la Nación (...)".

El texto del juramento se perenniza en un pergamino de fino cuero que se guarda entre los tesoros del Congreso de la República para la posteridad.

 

 

 


 
 

 

 

BVM Inca Garcilaso de la Vega

Frontispice des Commentaires Royaux sur le Pérou des Incas de Inca Garcilaso de la Vega, édition du XVIe siècle. Ecrivain, soldat, métis, catholique, fidèle à ses deux patries: le Pérou et l'Espagne (il était né d'un capitaine espagnol et d'une princesse impériale inca). Les Commentaires Royaux ont été le "livre fondateur" de la famille Humala Tasso.

 

 

 

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La condition des femmes, des enfants et des vieillards amérindiens au Canada du paganisme au catholicisme (R.P. Duchaussois O.M.I.)

21 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Montagnaise Kakekiku

Femme montagnaise de la réserve indienne de La Romaine (Ulamen Shiput), sur la Basse Côte-Nord du Québec, dans le Golfe du Saint-Laurent. Photo extraite du film de Pierre Perreault Kakekiku (1960) 

 

 

"La pierre de touche de la valeur morale des sociétés humaines a été, de tous temps, l'attitude de la force devant la faiblesse. La faiblesse c'est la femme, c'est l'enfant, c'est le vieillard.

Que furent la femme, l'enfant et le vieillard, chez les Dénés* ?

Contraste étrange ! Ces sauvages pacifiques, timides jusqu'à la lâcheté en présence de l'étranger, ne connaissaient que la dureté, et souvent la cruauté vis-à-vis des êtres sans défense dans leurs foyers.

La femme dénée gisait, il y a soixante ans (NDLR: vers 1860), dans l'avilissement complet. Aucune joie ne venait jamais toucher son coeur, dans sa longue carrière de souffre-douleur. Esclave de l'homme, il la prenait comme épouse, la prêtait, l'échangeait, la rejetait, la vendait, selon son plaisir. Les coups pleuvaient constamment, avec les injures, sur ses épaules. Une flèche, une balle, pouvaient la frapper, au gré de son tyran. Si la vie lui était accordée, aucun droit ne lui était reconnu. L'homme allait à la chasse, tuait la bête, et son rôle était fini. Tous les travaux, depuis le dépeçage du gibier jusqu'à l'apprêt du campement, restaient le lot de la femme. Avant que les Blancs eussent appris aux sauvages à se servir des chiens, la femme était attelée au traîneau, pendant que l'homme vagabondait à côté. Quand les chiens viennent à mourir, on l'attelle encore. La pauvre créature ne se croyait pas même une âme, et son humiliation lui était devenue si naturelle qu'elle ne pouvait croire que Dieu s'occupât d'elle, ni que la religion prêchée par le missionnaire fût pour elle, aussi bien que pour les hommes.

En 1856, le Père Grandin consolait une Montagnaise, baptisée, qui se désolait d'avoir perdu son fils:

- Pour rendre ton coeur plus fort, je te préparerai tous les jours pour faire ta première communion, lors du passage du grand prêtre (Mgr Taché).

Comme la sauvagesse le regardait tout ébahie, le Père Grandin répéta sa promesse.

- Me comprends-tu ?

- Non.

- Je te dis que je vais t'instruire sur la sainte Eucharistie, pour que tu puisses communier, lors de la visite de Mgr Taché, le grand chef de la prière.

- Je ne comprends pas, je ne comprends pas!

Déconcerté, le missionnaire appela une femme métisse parlant français et montagnais:

- Viens donc à mon secours. Ma grand'mère me comprend pour tout, excepté pour une chose: Je lui dis que je la préparerai pour sa première communion, et elle me dit toujours qu'elle ne me comprend pas.

Après les explications de l'interprète, la grand-mère reprit:

- Ah! oui, je comprenais ! Mais je supposais que mon petit-fils, l'homme de la prière, se trompait, en me disant ce qu'il ne voulait pas dire. Qui aurait pu supposer qu'une pauvre vieille sauvagesse pût être admise à la sainte communion ?

Un sauvage du lac Athabaska vint un jour trouver le même missionnaire, après une instruction qui l'avait touché:

- Père, je comprends maintenant que les femmes ont une âme comme nous.

- Mais je n'en ai pas parlé.

O ! Père, lorsque tu nous as dit que le Fils de Dieu avait pris une mère parmi les femmes de la terre, j'ai bien compris que les femmes ont une âme et un ciel, comme les hommes!

La Très Sainte Vierge Marie, prêchée par la religion catholique fut donc la divine main qui refit à la femme, méprisée du paganisme, cette auréole de vénération et d'affection, que nous ne trouvons jamais trop belle au front de nos mères chrétiennes. La sauvagesse, enfon réhabilitée, bénit, dans la forêt, Notre-Seigneur Jésus-Christ, comme Le bénissent les femmes de notre civilisation, qui n'ont point oublié quelles tristes choses elles seraient encore, s'Il n'était venu lever l'anathème originel: "Je multiplierai tes douleurs", et les replacer, par la prédication de ses apôtres, sur le trône de la dignité humaine.

L'enfant, chez les Dénés païens, partagea le sort de sa mère.

Louis Veuillot écrivait, en 1866:

Le genre humain est doué d'une sorte de goût à tuer les enfants.... Il n'y a guère que le christianisme qui combatte efficacement cette singulière coutume; et là où le christianisme baisse, la coutume, vaincue par lui, reprend son meurtrier empire... Quand il n'y aura plus de christianisme, comment le progrès fera-t-il pour conserver les hommes ?

Les Dénés respectèrent, à tout le moins, les lois de la nature, et ne mirent pas à "tuer les enfants" les raffinements que l'on connaît ailleurs. Ils les laissèrent naître.

Les garçons étaient ordinairement les bienvenus, sauf les infirmes, en qualité de futurs chasseurs. Dès que le petit avait tué son premier oiseau, son premier lièvre, on lui faisait des fêtes. Au premier renne, ou au premier orignal, l'autorité paternelle n'avait plus qu'à décliner. Le fils, meilleur chasseur que son père, devenait le maître de la loge, et réglait tout à sa volonté.

Mais malheur aux petites filles! Aujourd'hui encore, les mères se diront fières de leurs garçons, et les présenteront à tout venant: "C'est un dénéyou, celui-ci ! un petit homme ! " Quant à leurs filles, elles n'en parlent que le moins possible.

Aux temps païens, la mort attendait les petites filles naissant au-delà du nombre requis pour les besoins de la race et des travaux.. Condamnées d'avance, elles étaient exécutées sur-le-champ. La mère elle-même se chargeait de les étouffer, car l'homme se fût trop avili, à si vulgaire besogne. Si l'enfant était épargnée, son martyre commençait avec sa vie. Elle grandissait et se préparait à son rôle d'épouse et de mère, en partageant avec les chiens, la nourriture et les coups. Durant les famines, lorsque les parents se déciodaient à manger leurs enfants, c'est par les petites filles qu'ils commençaient. L'homme désignait à la femme la victime du jour, en lui remettant le couteau.

Pour l'orphelin, quel que fût son sexe, il était abandoné aux loups, dans les bois; ou bien, si quelque parent le laissait suivre le campement, sa condition était si misérable qu'il eût préféré la mort.

Un spectacle qui n'a point fini de s'offrir péniblement à nous, lorsque nous visitons les sauvages christianisés, nous révèle, par la résistance des abus à tant d'efforts du missionnaire, quelle dût être, autrefois, l'infortune des vieillards.

Qu'ils sont loin encore, nos convertis, de savoir la chaude tendresse qui enveloppe, au meilleur coin du foyer familial, les derniers jours de nos grands-pères à l'indulgent sourire et de nos grand-mères au long chapelet !

Leur place, aux patriarches des tribus dénés, c'est la dernière, à l'entrée de la loge, sur le passage des gens, des chiens et de la bise. Si on les écoute avec une apparente attention, c'est parce que ce qu'ils vont dire sera peut-être leur parole suprême, et que, selon l'ancienne croyance, les volontés d'un mourant sont sacrées. Mais, en dehors de cet égard, la dérison accueille souvent les réflexions des vieillards. Un missionnaire du Grand Lac des Esclaves prêtait dernièrement l'oreille à une conversation tenue par des jeunes gens, au sujet de la chasse. Le père de l'un d'eux, qui avait été le plus nadroit chasseur de la région, voulut intervenir en faveur de son fils. Mais celui-ci le rabroua:

-Toi, ferme ta...bouche (le mot était plus grossier). Tu es trop vieux, pour être capable de discuter avec des jeunes gens !

Une famille sera à table - c'est-à-dire à terre - mains et bouches pleines, le grand-père surviendra:

-Berullé, pas de viande pour toi!

Ils lui donneront cependant les restes du repas; et le vieux, qui se souvient d'avoir traité son propre père plus durement encore, s'en trouvera heureux. Que de fois n'entendra-t-il pas aussi un souhait de cette nature :

-Tu ferais bien mieux de mourir, que de nous embarrasser ! Que peut-on faire de toi ?

L'Evangile a dû créer, pour ainsi dire, dans ces coeurs sauvages, l'amour conjugal, l'amour maternel, l'amour filial.

La mort, non par meurtre brutal, mais par abandon, était jadis la destinée du vieillard. Il le savait, et, le jour arrivé, il se soumettait sans récriminer.

Peut-être serait-il injuste toutefois d'accuiser toujours les Dénés nomades de cruauté voulue, à l'endroit des vieillards impotents. Pour juger ces actes, il faut avoir vu les Indiens du Nord dans la réalité de leur misère. Le renne et l'orignal fuient toujours. La faim torture le camp. Il est nécessaire de partir afin de rejoindre le gibier errant. Que faire alors du pauvre perclus, que l'on ne peut porter ? Toute la famille va-t-elle se condamner à mourir avec lui, ou bien l'abandonnera-t-elle à son sort fatal ? Seul, le christianisme pouvait trancher, en faveur des faibles et des petits, ce poignant problème, en envoyant au vieillard, au malade, à l'orphelin, le missionnaire et la soeur de charité.

Le jour où il ne pouvait plus suivre la caravane, le vieillard était prévenu. On lui faisait un petit feu; on lui laissait les dernières provisions; et chacun de lui toucher la main, en lui recommandant de se glisser sous un tas de bois, préparé à cet effet, quand il se sentirait mourir, afin que ses restes ne fussent pas dévorés par les bêtes de la forêt :

- Lorsque nous repasserons, dans les lunes de l'été, nous ensevelirons tes os, et ton esprit sera en paix.

C'était l'adieu.

Bien peu, sans doute, survécurent à cette épreuve. Nous ne savons qu'un fait, arrivé vers l'année 1900, pour nous dire quelque chose de la longue lutte que devaient soutenir ces abandonnés, contre la mort.

Deux jeunes gens, d'une tribu des montagnes Rocheuses, qui avaient refusé le baptême, vivaient avec leur mère chrétienne. Un automne, ils lui annoncèrent que sa fin était venue. Ils lui préparèrent du feu ; ils lui laissèrent un peu de viande desséchée, ainsi qu'un grelot de collier de chien et un tambourin, qu'elle avait demandés comme dernière faveur ; et, s'éloignant, lui promirent qu'ils reviendraient lorsque les neiges seraient fondues, pour lui ren,dre ses derniers devoirs.

Sept mois après, ils revinrent en effet.

Leur canot amarré, ils s'avancent dans la forêt, avec les prostrations et les lamentations d'usage, dans le rite païen des funérailles. Comme ils abordent le "tas de bois", quelle n'est pas leur stupeur d'entendre s'en échapper un gémissement, tout faible, presque imperceptible. Un squelette, à peine respirant, se dégage peu à peu... Leur mère ! Ils veulent fuir. Mais, de ses mains décharnées, elle les supplie de l'écouter. Haletante, elle leur raconte comment il se fait qu'elle vive encore ... Elle avait ménagé, et ménagé, sa petite provision. Ensuite, elle avait mangé des racines, puis des écorces, puis ses mocassins, enfin sa robe. Longtemps elle avait réussi à conserver le feu, pour éloigner les loups, qui hurlaient tout autour. Afin de ne dépenser ses forces que le moins possible, elle allait, marchant doucement sur ses mains et ses genoux, chercher des branches mortes. Avec les lanières de ses mocassins, elle s'attelait un petit fagot et le traînait, dans la neige, jusqu'au foyer... Un jour, il n'y eut plus de branches mortes, et le feu d'éteignit. les loups accoururent. Elle les empêcha encore quelque temps de la mordre, en agitant sa clochette et en frappant son tambourin... A la fin, n'ayant plus rien à manger, elle s'était mise sous les troncs d'arbre, pour mourir...

les jeunes gens ne purent se défendre d'un mouvement de pitié. Ils firent un brancard, portèrent leur mère au canot, et la conduisirent, à 300 kilomètres de là, chez de braves chrétiens, Boniface et Madeleine Laferté, qui nous ont eux-mêmes raconté ce trait.

La vieille Indienne vécut encore deux ans dans leur maisonnette, revit le missionnaire, reçut le saint Viatique, et mourut tout heureuse.

Tel était le peuple sauvage que la Croix vint aborder, en 1844, et sur lequel elle rayonne aujourd'hui."

 

R.P. Duchaussois O.M.I.: Aux glaces polaires - Indiens et Esquimaux. Oeuvres des Missions - P. Téqui Libraire-Editeur, Paris, 1822.

Extrait cité: pp. 55-61.

 

 

* Nom donné aux Amérindiens du vicariat d'Athabaska (centre et est du Canada) et de Mackenzie (actuellement les Territoires du Nord-Ouest). Les Dénés se partagent en huit grandes tribus: les Montagnais, les Mangeurs de Caribous, les Couteaux-Jaunes, les Plats-de-Côtés-de-Chiens, les Esclaves, les Peaux-de-Lièvres, les Loucheux. les trois premières occupent principalement l'Athabaska et les cinq autres le Mackenzie.


 

Toutes les informations données par le R.P. Duchaussois dans cet ouvrage sont vérifiables dans les récits et les ouvrages des explorateurs et des missionnaires de l'Arctique et du Subarctique: Rasmussen, Helge Ingstad, etc. Evidemment elles contredisent le mythe du Bon Sauvage propagé par Montaigne, Rousseau jusqu'à Walt Disney, toujours répandu, exploité de nos jours par l'indigénisme. Car ce sont toujours les mêmes qui, après les avoir détruits, idéalisent les Amérindiens. Ceux qui les aimaient, qui les ont protégés et qui ont vécu parmi eux, les ont vus tels qu'ils étaient, avec leurs vices et leurs vertus.

P.-O.C.


      Fichier:Le P. Alexis Joveneau et l'enfant montagnais à La Romaine années 1950.jpg

Le P. Alexis Joveneau O.M.I., curé des Montagnais de La Romaine, sur la Basse Côte-Nord du Québec, vers1950. Archives Deschâtelets (Oblats de Marie-Immaculée du Québec) link

 

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Heidegger: "Simplement dire ce qui est..."

20 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

 

 

"La science ne pense pas"

Martin Heidegger

 

 

Ce qui tend à disparaître est le rapport simple, réfléchi et méditatif, aux choses, et que l'absence de pensée, "ce plus inquiétant des hôtes", se trouve dans notre monde d'aujourd'hui de plus en plus partout chez lui.

Heidegger, celui qui apprend aux hommes sur le point de se soumettre non seulement la terre entière mais l'humanité, à reconnaître que malgré leur volonté de puissance et de domination, ils peuvent arriver à n'être plus capables de simplement dire "ce qui est."

 

 

 

 

"L'un des plus grands périls que court notre pensée aujourd'hui, c'est que celle-ci, en tant que pensée philosophique, n'a plus de rapport original véritable à la tradition.

Nul ne sait quel sera le destin de la pensée."

 

Martin Heidegger

 

"Je m'efface devant quelqu'un qui n'est pas encore là, et m'incline, un millénaire à l'avance, devant son esprit."

Heinrich von Kleist

 

"Je sais par l'expérience et l'histoire des hommes que tout ce qui est essentiel et grand a pu apparaître seulement quand l'homme avait une patrie et était enraciné dans une tradition."

Martin Heidegger - Interview posthume à Der Spiegel (publication posthume le 28 mars 1967): link


 

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Norman Bethune (1890-1939) : "Se dépenser sans compter"

17 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Issu d'une vieille famille canadienne d'origine écossaise et huguenote française (sans nul doute la Maison de Béthune), né le 4 mars 1890 à Gravenhurst (Ontario), le Dr. Norman Bethune fut un grand chirurgien, spécialiste de la chirurgie thoracique et de la tuberculose, qui mit sans compter son art au service de ses prochains, d'abord dans son Amérique du nord natale, puis en Espagne et en Chine où il mourut accidentellement, le 12 novembre 1939.

"Apprenant sa mort, le président Mao rédige un texte intitulé "A la mémoire de Norman Bethune ". C'est aujourd'hui un de ses écrits les plus célèbres, et les mieux connus des Chinois. L'image de Bethune, qui personnifie l'accomplissement désintéressé du devoir, apparaît partout, sur des affiches, dans des livres et sur des timbres-poste. Parfois quelques mots seulement d'une phrase de l'ouvrage de Mao suffisent à l'identifier : " Se dépenser sans compter " (notice de Parcs Canada)


Texte de Mao Zedong: link

Biographie sur le site de la Maison Commémorative Bethune (Parcs Canada): link

 

Examen d'un patient

" Se dépenser sans compter "

Norman Bethune soignant malades et blessés en Chine, vers 1938.

(Photo: Parcs Canada)

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Le Québec: 1633-1713-1763-1922

17 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

 

drapeau-quebec

 

      Je me souviens


Le drapeau du Québec a été adopté le 21 janvier 1948, jour anniversaire de la décapitation du roi Louis XVI.

 

 

"C'est dans les cent trente ans qui allèrent de l'implantation de la colonie par Champlain au malheureux traité de Paris (1633-1713) que se place l'histoire épique du Canada: époque où les quelques milliers de Français de la Nouvelle-France, mollement soutenus par la mère-patrie, eurent à faire face, en même temps qu'aux difficultés de leur établissement, à la jalousie envahissante de l'Angleterre et aux incursions dévastatrices des Iroquois, ses sauvages alliés.

Le traité d'Utrecht, en 1713, avait cédé à l'Angleterre l'Acadie, Terre-Neuve, et le territoire de la Baie d'Hudson. Le traité de Paris, 10 février 1763, abandonna le reste du Canada.

Cette amputation, que la France ressent de plus en plus douloureuse, à mesure qu'elle voit se développer le Canada, ne devint-elle pas le salut de la colonie elle-même ? Le tendre rameau ne se fût-il pas brisé, sous la tempête qui secouait déjà, jusque dans ses racines, le vieux tronc robuste de la France? Comment le jeune Canada eût-il résisté à la grande révolution de 1789 ?

Les Canadiens Français trouvèrent cependant, dans leur nouvelle métropole, une marâtre acharnée à étouffer, d'un même geste brutal, et leur langue française et leur foi catholique. Mais à cette révolution, ils étaient préparés. Pris de front, corps à corps, sur le terrain national et religieux, les Canadiens Français sont indomptables. ils l'ont toujours prouvé. Ils le montrèrent si bien à l'Angleterre que, de concession en concession, elle fut obligée de décréter le régime de 1867, régime de la Confédération, qui gouverne le Canada sur le principe fondamental "de l'égalité civile et politique des deux races, anglaise et française, des deux langues et des deux religions". Depuis lors, la libéralité de l'Angleterre ne s'est point démentie, et les Canadiens Français peuvent grandir, sous son drapeau impérial, en conservant, sur leur blason, qui est celui du Dominion lui-même, la vieille devise normande: Dieu est mon droit, mariée à celle de l'Ordre de la Jarretière: Honni soit qui mal y pense.

Et ils grandissent.

Ils n'étaient que 60.000, à l'époque de la séparation d'avec la France. Les voilà multipliés, sans mélange, à plus de 3.000.000. La pratique des vertus chrétiennes et familiales a fait merveille. Ils peuplent la magnifique province de Québec, une grande partie des provinces maritimes et de l'Ontario, et ils se comptent à près de 400.000 dans les villes et campagnes de l'Ouest canadien. des 8.500.000 habitants de toutes puissances et de toutes langues, qui composent la Puissance du Canada, le groupe français est devenu le plus nombreux et le plus homogène.

Par les robustes travailleurs de ses champs et de ses forêts, par les lauréats de ses brillantes universités catholiques, françaises et bilingues, ce groupe sera bientôt placé à la barre de l'avenir commercial, intellectuel et social du Canada entier. Toutefois, dans le mouvement de haute et pure vitalité qui l'emporte, il met sa fierté à se souvenir de la France sans oublier ses devoirs de loyauté au drapeau britannique*.

L'obstacle actuel à la paisible prospérité des Canadiens Français s'incarne en une meute d'Orangistes, parqués dans l'Ontario, d'où ils se répandent par leurs journaux, leurs agences, leur valetaille, afin de salir, blesser et tuer quiconque parle français et professe le catholicisme."


* Des Canadiens Français vous diront avec un sourire: "Nous aimons la France et l'Angleterre: la première comme notre mère, l'autre comme notre belle-mère.."

 

R.P. Duchaussois, Oblat de Marie Immaculée: Aux glaces polaires - Indiens et Esquimaux. Paris, Oeuvres des Missions - P. Téqui, Libraire-Editeur, 1922.

Il existe un réédition aux Editions St Rémi: link

 

drapeau-quebec

 

L'Église notre Mère, seule vraie civilisatrice par Père Pierre Duchaussois, O.M.I.(article de Luc Gauthier, du Québec): link

 

Fleurdelysé-Sacré Coeur: link

Sainte Marguerite-Marie Alacoque : link


 

Armoiries royales France

 

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Villes-fantômes

14 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Un reportage saisissant sur les villes-fantômes que la spéculation a fait naître en Irlande, en Chine et ailleurs: link (Blog Economie et société, Vincen Paes, 14 juillet 2011).

Contrairement à ce qu'écrit l'auteur de ce blog, ces villes ne sont pas le "reflet de la crise" ni de la "folie des hommes " mais la conséquence du mondialisme et du règne universel de l'Argent qui ont perverti la politique et l'économie.

On peut en dire autant des villes et des mégapoles vivantes, qui sont régies par les mêmes idées et les mêmes intérêts. 

 

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Fukushima: bien pire que Tchernobyl

12 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Pour l'experte en nucléaire Helen Caldicott,  la catastrophe de Fukushima est pire que celle de Tchernobyl.

La physicienne australienne, qui étudie depuis plus de trente ans les effets des armes nucléaires, ne mâche pas ses mots: "Ce qui est arrivé au Japon est bien pire que Tchernobyl qui a contaminé 40% de l'Europe.

Dans son dernier rapport, Helen Caldicott revient sur Tchernobyl et indique que près d'un million de personnes sont mortes suite à cette catastrophe nucléaire et dénonce le silence des autorités sur le sujet." 

Suite de l'article: link

 

Le Progrès est un nom inventé par les fous et les menteurs. Il nous conduit à la misère et à la catastrophe. Le "développement durable" que les mêmes veulent nous vendre à la place est son synonyme: Progrès qui dure. "Progrès" est un terme maçonnique et socialiste." Développement" et un terme capitaliste. CONTRA NATURAM.

 

« Le Progrès se réduit finalement à voler à l'homme ce qui l'ennoblit, pour pouvoir lui vendre au rabais ce qui l'avilit. »


Nicolas Gomez Davila.

 

babel

 

 

 

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Les Gondi, protecteurs de Saint Vincent de Paul

12 Juillet 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

  

 

Philippe-Emmanuel de Gondi (1580-1662) et sa femme Françoise Marguerite de Silly (?-1625) link  link, fondatrice de la Congrégation de la Mission, furent les protecteurs de Saint Vincent de Paul.

Une belle vidéo en anglais évoque leur souvenir: link

 

Fichier:Françoise Marguerite de Silly.jpg


 

 

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