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Le Rouge et le Blanc

L'esprit infantile et l'esprit mûr (Ortega y Gasset)

30 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Ce qui différencie peut-être le plus l'esprit infantile de l'esprit mûr, écrit justement Ortega y Gasset, c'est que le premier n'admet pas les lois de la réalité et substitue aux choses l'image que s'en forme son désir. Pour lui, la réalité est comme une substance molle et magique, docile aux calculs de notre ambition. La maturité commence pour nous au moment où nous découvrons que le monde est solide, que la marge offerte à notre désir y est faible, et que, alors que nous nous mettons à dédaigner le pur idéal et à estimer l'archétype, c'est-à-dire à considérer comme idéal la réalité elle-même en ce qu'elle a de profond et d'essentiel. Ces idéals nouveaux, c'est la Nature qui nous les fournit et non plus notre tête. Ils sont beaucoup plus riches de contenu et de fantaisie que tous nos désirs."

 

Cité par Marcel de Corte: L'intelligence en péril de mort.

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Portrait de Jeanne d'Arc par Perceval de Boulainvilliers

30 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Portrait tracé par un chambellan de Charles VII, Perceval de Boulainvilliers, dans la lettre datée du 21 juin 1429*, qu'il adressa au duc de Milan, Philippe-Marie de Visconti, oncle du duc d'Orléans, prisonnier.

 

"Cette pucelle est d'une élégance bienséante, elle rivalise d'activité avec les hommes, parle peu, manifeste une admirable prudence en ses paroles et en ses avis. Elle a une gracieuse voix de femme, elle mange peu, boit encore moins. Elle aime les beaux chevaux et les belles armes, les gens de guerre et les gentilshommes, fuit les fréquentations et les conversations oiseuses, verse parfois abondance de larmes, montre habituellement un visage gai, et tant de force et de travaux et dans le port des armes qu'elle peut demeurer armée de toutes pièces pendant six jours et six nuits."

 

 

* "L'an mil quatre cent vingt et neuf

    Reprint à luire li soleil."

 

    Christine de Pisan

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La forêt hercynienne (Pline)

25 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Tu trouveras bien plus dans les forêts que dans les livres. Les arbres et les pierres t'enseigneront ce qu'aucun maître ne te dira.

 

Saint Bernard de Clairvaux

 

 

 

"Les forêts couvrent tout le reste de la Germanie et ajoutent leur ombre au froid; les plus hautes sont cependant proches des Chauques sus-nommés, autour de deux lacs surtout*. Le littoral lui-même est ocupé  par des chênes fort impatients de croître; minés par les flots ou poussés par les vents, ils entraînent avec eux de vastes îles qu'ils embrassent de leurs racines, et naviguent ainsi debout en équilibre. Les branches immenses comme des agrès, ont souvent terrifié nos flottes, quand les vagues les poussaient comme à dessein sur les proues des vaisseaux à l'ancre la nuit et que ceux-ci, ne sachant à quoi recourir, engageaient un combat naval contre des arbres. Dans les mêmes régions septentrionales, l'énormité des chênes de la forêt hercynienne**, respectés par le temps et contemporains de l'origine du monde, dépasse toute merveille par leur condition presque immortelle. Sans parler d'autres incroyables particularités, c'est un fait que les racines, se rencontrant et se repoussant, soulèvent de véritables collines, ou bien, si la terre ne les suit pas, s'arc-boutent comme des lutteurs pour former des arcs jusqu'à la hauteur des branches mêmes, ainsi que des portes béantes où peuvent passer des escadrons de cavalerie."

 

Pline, Histoire naturelle, XVI,II. Cité par Jacques Brosse, Mythologie des arbres (1989) 1993, Payot.

 

* Les Chauques, peuple riverain de la Baltique en Germanie occidentale, habitaient entre l'Amisia (l'Ems) et l'Albis (l'Elbe). Pline, qui avait fait partie de l'expédition dirigée contre ce peuple par Corbulon en 47, parle ici en témoin oculaire.

** Hercynia sylva désignait l'immense étendue de monts boisés de la Germanie occidentale. Hercynia dérive du nom indo-européen du chêne perk.

 

 

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25 juin Fête de Saint Louis Roi de France

25 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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De la chasse à l'ours

22 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

ours noir La Romaine 1993

 

Cadavre d'ours noir (couché sur le flanc gauche, la tête à droite, gueule ouverte montrant les crocs blancs, les cuisses et pattes arrière sont à gauche. La tache grise au milieu entre les pattes avant et arrière est une masse grouillante de vers. La Romaine, Basse Côte-Nord du Québec, août 1993. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

 

 

En août 1993, en arrière du village de La Romaine, sur la Basse Côte-Nord du Québec, au bord du chemin qui mène aux chutes de la rivière Olomane, j'ai trouvé deux ours noirs qui avaient été tués au fusil par un Blanc du village (le village se partage en deux secteurs: celui des Blancs et celui des Indiens Montagnais) sur la décharge. Ils avaient été laissés là et leurs cadavres gisaient sur la toundra, déjà envahis par les vers.

Je me suis demandé comment on pouvait abandonner ainsi un animal aussi considérable, après l'avoir tué. Sa chair est très bonne à manger, certaines parties de son corps sont médicinales et sa fourrure est précieuse et fait une couverture très chaude en hiver.

Mais surtout, l'ours est l'animal le plus respectable de la forêt. Son nom en montagnais est "mask" mais les Indiens l'appellent encore "grand-père". Il sait tout du monde de la forêt, il entend tout, il comprend tout ce que disent les hommes et les autres animaux l'informent de ce qui se passe: le castor, la martre, l'écureuil, le porc-épic, la bernache, etc.

C'est pour cette raison qu'il ne faut jamais parler mal de l'ours ni se moquer de lui. Il le saura et le moment venu, il viendra par derrière pour écraser l'homme entre ses pattes.

Les Indiens ne le chassent pas ou très rarement et quand ils le faisaient, ils plaçaient son crâne sur une plate-forme surélevée en troncs d'abres (sheshepitan), lui mettaient une pipe avec du tabac dans la gueule et peignaient son crâne avec des ronds d'ocre rouge.

Les Indiens Montagnais du Québec partagaient ce culte de l'ours avec tous les peuples du Subarctique, depuis les Lapons jusqu'aux Aïnous en passant par tous ceux de la Russie et de la Sibérie.

Dans son ouvrage: Les rites de chasse chez les peuples sibériens (NRF Gallimard, collection L'espèce humaine N°9, Paris, 1953), Eveline Lot-Falck, après avoir énuméré les multiples surnoms de l'ours chez ces peuples, cite le Kalevala, recueil des traditions orales de la Finlande par Elias Lönnrot au XIXe siècle, rédigé sous la forme d'une épopée:

"Il suffit d'ouvrir le Kalevala, au chapitre du meurtre par Wäinämöinen de l'ours, déchaïné contre lui par la vieille de Pohjola, et des cérémonies qui s'ensuivent, pour rencontrer une richesse d'épithètes inouïe, dont voici quelques exemples: Otso (le front, à cause du large front de l'ours), le beau des bois, la pomme des bois, le rond pied de miel, l'orgueil des bois, l'oiseau ou le coucou d'or de la forêt, le pied léger, le célèbre, le manteau de fourrure, la longue toison, l'homme antique, l'illustre, le bel enroulé kääröseni (parce qu'il se met en boule dans sa tanière), le bas noir, le héros, l'homme superbe, etc."

Aujourd'hui, comme on peut le constater en regardant les stupides et révoltantes vidéos de chasse sur internet, n'importe quel chasseur armé d'une carabine ou d'un arc peut abattre un ours, même une femme*. Les règlements n'imposent aucun rite, aucune prière, aucune cérémonie. Le chasseur est libre de faire ce qui lui plaît de la dépouille. La chasse de l'ours est un sport, en général dépourvu de tout risque. On pourrait mieux parler de meurtre. Et sur le plan symbolique et religieux, un meurtre parricide. Mort, l'ours devient une chose, un objet. Il en va de même de tous les autres animaux.

En enlevant à la chasse et à l'animal chassé leur valeur religieuse, en la "sécularisant", l'homme moderne s'est rabaissé à n'être plus qu'un vil ignorant, un fou dangereux et irresponsable, mettant en péril l'ordre du monde.

 

Pierre-Olivier Combelles

 

 

* Chez les peuples chasseurs, le monde de la chasse est prohibé à la femme, qui est considérée comme un être impur et dont le domaine est la maison ou la tente. Chez les Samoyèdes de Sibérie, elle ne peut pas manger de la viande d'ours, l'animal sacré. Sa présence même en certaines occasions peut créer une infortune, qui doit être conjurée par une fumigation de graisse d'ours (Arthur Montefiore: Notes on the Samoyeds of the Great Tundra, collected from the journals of F.G. Jackson, F.R.G.S. The Anthropological Institute of Great Britain and Ireland, 1895).

Dans son ouvrage Les Lapons, peuple du renne (Armand Colin [1978] 1985), Arthur Spencer  écrit (chapitre La chasse, p. 95): "Il existait de nombreux tabous chez les pêcheurs et les chasseurs lapons, dont certains persistent encore secrètement, comme dans beaucoup de pays. Il y avait des jours de chance et des jours de malchance. Les femmes ne devaient pas croiser les hommes quand ils partaient, ce qui explique qu'ils sortaient par "la porte arrière sacrée" de la tente, systématiquement interdite aux femmes". Et plus loin, p. 117: "Le sanctuaire familial était un espace à l'arrière de la tente, interdit aux femmes. On y entrait par une entrée particulière, "la porte arrière sacrée". Le chef de famille y gardait ses pénates, son tambour magique et ses armes et il y offrait les prières et les sacrifices de la famille. Sous ce sanctuaire, se trouvait la demeure d'une déesse secondaire de la chasse." 

La chasse à l'ours moderne pratiquée par les femmes, à la carabine ou à l'arc, est donc un double sacrilège (exemples: link, link)

 

 

 

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  P.O. Combelles. Photo: Alain Rastoin/Club des Explorateurs

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Jeanne d'Arc et Bertrand du Guesclin

22 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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L'histoire de Jeanne d'Arc, la plus grande sainte française et celle du connétable Bertrand du Guesclin, le plus grand soldat français, sont liées par un anneau d'or: celui qu'offrit la Pucelle à Jeanne de Laval, la veuve de du Guesclin.

 

 

"A Loches encore, Jeanne reçut une lettre de la veuve de Bertrand du Guesclin, remariée ansuite au sire de Laval. C'était sans doute pour recommander ses deux petits-fils, Guy et André de Laval, qui étaient en route pour rejoindre le corps expéditionnaire. Jeanne répondit à la noble dame et lui fit présent d'un anneau d'or... , anneau précieux qui unissait la pensée de la vierge guerrière au souvenir du grand connétable.

Le samedi, 4 juin [1429], la Pucelle abandonna la résidence de Loches afin de se rendre à Selles-en-Berry, où le roi venant de Chinon  ne devait pas tarder à la retrouver. Elle rencontra le jour même, dans cette ville, un héraut chargé par les Orléanais de la renseigner sur les mouvements des troupes anglaises. Le lendemain, Charles VII quittait Saint-Aignan et faisait mander à l'héroïne de s'avancer au devant de lui à quelque distance de Selles-en-Berry.

Une importante missive écrite de Selles par les seigneurs de Laval à leur mère et à leur aïeule nous dépeint parfaitement ce qui se passait autour du roi de France. En voici un passage:

 

Mes très redoutées Dames et Mères,

 

Le lundi, je quittai le roi pour venir à Selles-en-Berry, à quatre lieues de Saint-Aignan. La Pucelle y était déjà arrivée, et le roi la manda au-devant de lui. D'aucuns m'ont dit qu'elle avait fait cela en ma faveur et afin que je la visse.

La Pucelle fit très bon accueil à mon frère et à moi; elle était armée de toutes pièces, sauf la tête; elle tenait une lance en main.

A notre arrivée à Selles, j'allai la voir à son logis. Elle vit venir du vin: "Je vous en ferai bientôt boire à Paris", me dit-elle. Son fait, ses actions, la voir, l'entendre, sont choses toutes divines.  Cette merveilleuse jeune fille a quitté Selles, ce lundi (6 juin), à l'heure des Vêpres, pour aller à Romorantin, avançant de trois lieues ses avant-postes; elle était accompagnée du maréchal de Boussac, d'un grand nombre d'hommes d'armes et de personnes de la commune. Elle était armée tout en blanc, sauf la tête; elle avait en main une petite hache. Je la vis monter à cheval sur un grand coursier noir, qui se démenait très fort à la porte de son logis et ne la laissait pas se mettre en selle: "Menez-le, dit-elle alors, à la croix qui se trouve devant l'église, sur le chemin." Aussitôt elle arriva à le monter, et le cheval ne bougea pas plus que s'il avait été lié; puis elle se tourna vers la porte de l'église toute proche et dit avec une douce et claire voix de femme:"Vous, prêtres et gens d'église, faites des processions et des prières à Dieu." Elle se remit ensuite sur son chemin en faisant à ses hommes ce commandement: "Allez de l'avant, allez de l'avant !" Un gracieux page portait son étendard ployé, elle-même tenait en main sa petite hache. Un de ses frères, arrivé depuis huit jours, partit avec elle; il portait également une armure d'acier poli.

Aujourd'hui lundi, Monseigneur d'Alençon est arrivé à Selles avec une grande troupe; j'ai joué à la paume avec lui et j'ai gagné la partie.

On dit ici que Monseigneur le connétable vient avec six cents hommes d'armes et quatre cents hommes de trait, que Jean de la Roche vient aussi et que le roi n'a pas eu depuis longtemps autant de troupes que maintenant. Jamais on alla plus volontiers en guerre qu'en cette occasion. Mon cousin de Rais doit arriver ici aujourd'hui et augmenter ma compagnie. Quoi qu'il en soit, ce que nous avons amené est déjà bien présentable; le seigneur d'Argenton est un des principaux officiers que j'y ai mis. Je suis très content des rapports que j'ai avec lui, mais il y a si peu d'argent à la cour que je ne puis espérer aucun secours ni aucun appui pour le moment. Aussi, vous, Madame ma mère, qui avez mon sceau, ne craignez pas de vendre ma terre, de l'hypothéquer, ou bien trouvez un autre moyen plus convenable de nous secourir. le salut, la vie, l'honneur de nos personnes sont engagés: si nous ne procurons pas de ressources, n'ayant pas de solde à donner, nous demeurerons seuls..

Quand je rendis visite, en son logis, à la Pucelle, elle me dit que, trois jours avant mon arrivée, elle vous avait envoyé à vous, mon aïeule, un petit anneau d'or, mais que c'était bien peu de chose; si elle l'avait pu, elle vous eût fait plus riche présent à cause de l'honneur qu'elle vous porte.

    Vos humbles fils,

 

                                                                                        Guy et André de Laval

 

 

In: Histoire admirable de la bienheureuse Jeanne d'Arc, par Mgr. H. Debout, Paris, Maison de la Bonne Presse, 1909.

 

 

 

Bertrand du Guesclin, connétable de France et de Castille, capitaine  de Pontorson et du Mont Saint-Michel, duc de Longueville, en Normandie, en 1364 par le roi de France, fait roi de Grenade et duc de Molina, par le roi de Castille et seigneur de Pontorson en Normandie, en 1376 par le roi de France.

Gisant, Basilique Saint-Denis.

 

 

 

La Marche de Bannockburn fut jouée en 1429 par le régiment écossais de l'armée de Jeanne d'Arc

 

 

 

 

Sur Bertrand du Guesclin:

 

Histoire de Bertrand du Guesclin, comte de Longueville, Connétable de France, par M. Guyard de Berville. A Paris, chez De Hansy, Libraire, 1789. 2 tomes.

 

Cet ouvrage, résumé et amputé, a servi  de base à l'édition populaire maintes fois rééditée par Mame (Tours) au XIXe siècle, sous le titre: Histoire de Bertrand du Guesclin, comte de Longueville, Connétable de France, d'après Guyard de Berville.

 

Téléchargeable en PDF sur internet:

 

Tome 1:

http://books.google.com/books/download/Histoire_de_Bertrand_Du_Guesclin_comte_d.pdf?id=bTQ2AAAAMAAJ&hl=fr&capid=AFLRE731kYlOVJ23ITwNuKhsE8b5wyyLHGN-W7UcOVLNQcGCKi8PCEJkxtMNVn9mjnVewd-OzHQdvLcz0zDelGwC0fr3YL4moQ&continue=http://books.google.com/books/download/Histoire_de_Bertrand_Du_Guesclin_comte_d.pdf%3Fid%3DbTQ2AAAAMAAJ%26hl%3Dfr%26output%3Dpdf

 

Tome 2:

http://books.google.fr/books/download/Histoire_de_Bertrand_Du_Guesclin_comte_d.pdf?id=DZNwCFCdy4AC&hl=fr&capid=AFLRE70gOeBEpm_XCxE3ftrYFc6SGprP8dCajkQKhrMdeg52-tdRYZ67GL16-LcmV5jW0tMT2-iGgg3SP9TNgyVJvzgbBJER4g&continue=http://books.google.fr/books/download/Histoire_de_Bertrand_Du_Guesclin_comte_d.pdf%3Fid%3DDZNwCFCdy4AC%26output%3Dpdf%26hl%3Dfr

 

 

 

 

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Contre quoi se battait Le Chameau

20 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Le Chameau" ou "Le Turc" étaient les surnoms affectueux donnés au colonel argentin Mohamed Ali Seineldin (1933-2009), d'origine libanaise druze, catholique et patriote, qui passa treize années de la vie en prison: link

 

En 2011, un lecteur d'un blog argentin catholique link qui publiait un hommage à sa mémoire, écrivait ce commentaire que je traduis en français:

 

"Réflexions en 2011, après la saisie d'une tonne de cocaïne. Une tonne de drogue représente un million de doses de un gramme. En ARGENTINE, on ne descend pas en dessous de 2 tonnes de consommation quotidienne, c'est-à-dire: PRESQUE 800 TONNES DE COCAINE CONSOMMEES ANNUELLEMENT, et on ne capture RIEN.

Parce que tous les démocrates vivent d'elle.

IIls veulent nous montrer CE QUI ARRIVE LORSQU'ON A DU SUCCES DANS LA POLITIQUE ECONOMIQUE, mais ce que nous voyons sont les 4x4 des NARCOS qui passent devant ceux qui meurent de faim.

C'est contre cela que Le Chameau se battait."

 

 

 

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La politique de régionalisation de l'UE (Horizons et Débats 15/08/2011)

20 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

rmh. «L’Europe représente davantage que la somme de ses Etats nationaux; les Etats nationaux ne sont pas capables de garantir l’avenir de l’Europe», telle est l’annonce d’un colloque de la Bayerischen Landeszentrale für politische Bildungsarbeit.1
Cette affirmation n’est pas prouvée. Cela vaut aussi pour l’affirmation d’après 1945 qui voulait faire croire que l’existence des Etats nationaux était la cause des fréquentes guerres en Europe.

(...)

La régionalisation fait sauter les Etats nationaux par l’intérieur et l’extérieur. Elle est, contrairement à la prétendue «proximité avec le citoyen», une réduction supplémentaire des droits démocratiques des peuples. Les cartes montrées par Pierre Hillard mettent en lumière «le Flickenteppich» (le tapis rapiécé). Chaque petite pièce sera seule en face du gouffre de Bruxelles. Sans droits, sans pouvoir de décision. Ayant seulement le droit de compétition économique. C’est le seul principe qui compte.
C’est dans l’intérêt de qui, la mondialisation? A qui profite l’économisme à outrance de tous les domaines de la vie?    •

 

Les membres de l’Assemblée des Régions d’Europe


•    270 régions membres de 33 pays

 

•    16 organisations membres internationales

  
•    12 organisations géographiques interrégionales:

 


–    Association de régions frontalières européennes ARFE
–    Communauté de travail des Alpes Adriatiques
–    Communauté de travail des Alpes Occidentales (COTRAO)
–    Communauté de travail des pays du Danube
–    Communauté de travail des Pyrénées
–    Communauté de travail des régions alpines
–    Conférence Transjurassienne (CTJ)
–    Communauté de Travail Galice-Nord Portugal
–    Communauté de Travail de la Basse et Moyenne Adriatique
–    Coopération Subrégionale des Etats de la Mer Baltique (BSSSC)
–    L’Arc de la Manche
–    Association des Populations des Montagnes du Monde

 


•    4 organisations interrégionales sectorielles:


–    Assemblée des Régions Européennes Viticoles (AREV)

–    Assemblée des régions européennes fruitières, légumières et horticoles (AREFLH)

–    Association des Agences pour la Démocratie Locale (AADL)

–    Union des Dirigeants Territoriaux de l‘Europe (UDITE)
 

 

Lisez l'article complet sur le site de la revue suisse Horizons et Débats: link

Sommaire de ce numéro: link

 

 

 

 

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De la forge à la maison de rondins traditionnelle: l'aventure d'une hache de charpentier en Suède, suivie de quelques réflexions

18 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

 

 

Ce forgeron ("smide") suédois s'appelle Lars Enander. Il collabore avec la célèbre forge Gransfors Bruks, qui fabrique, entre autres, des haches parmi les meilleures du monde link 

Son adresse:

 

Lars Enander Smide

Tärnvägen 3, 824 33 Hudiksvall  (Suède)
0650-757 37

 

Dans cette vidéo, on voit le forgeron fendre le morceau de métal incandescent pour insérer le taillant fait dans un acier à haute teneur de carbone, très tranchant une fois la hache terminée, mais cassant. Le reste de la hache est fait dans un acier moins dur, plus souple et plus résistant aux chocs. C'est la technique du "sandwich", très utilisée par les forgerons traditionnels en Scandinavie (et au Japon) pour fabriquer des outils de grande qualité, les couteaux par exemple.

Les troncs employés pour la maison de rondins (log cabin) sont en pin sylvestre, l'essence la plus utilisée en Suède.

Il faut être fou pour ne pas comprendre qu'un outil, une arme, un objet usuel, un vêtement, une maison, sont l'expression de la culture d'un peuple, son âme, et sont adaptées à son mode de vie et à son habitat naturel. Les peuples doivent les  fabriquer eux-mêmes, avec les matériaux dont ils disposent, selon leurs coutumes et leurs traditions et pour leur usage particulier. Ainsi l'homme vit en harmonie, en intelligence avec la société et avec le monde qui l'entoure, et il manifeste sa puissance sur les choses, et en même temps sa soumission aux lois de la nature.

Que ces objets soient fabriqués artisanalement, à la main, ou industriellement, n'a qu'une importance secondaire.

La diversité des peuples doit se manifester dans leurs créations et dans leur mode de vie. Toute volonté d' uniformisation générale des peuples, que ce soit dans la race,  la langue, la pensée, la culture, le mode de vie, le gouvernement (ce qui n'a rien à voir avec les échanges et les influences nés des guerres, du commerce et des voyages au cours de l'histoire) est un crime contre ce qu'il y a de plus sacré. L'unification du monde, c'est la mort du monde.

Regardons la nature autour de nous: un cerf est-il semblable à un chevreuil, un loup à un renard, un écureuil à une martre, un merle à un pinson, un brochet à un goujon, une couleuvre à collier à une vipère aspic, un bouleau à un chêne, un lis martagon à une ancolie ? Chaque espèce est reconnaissable à son aspect, à sa voix, à son parfum, à son habitat, à ses moeurs, et perpétue ces caractères par sa descendance. 

Il doit en être ainsi des peuples et de leurs productions. De même qu'un Japonais n'est pas un Français et qu'un paysan suisse du Valais n'est pas un éleveur de moutons de Nouvelle-Zélande, une peinture de Fra Angelico n'est pas une peinture de Vermeer, une ligne de Madame de Sévigné n'est pas une ligne de Tolstoï, un haïku de Bashô n'est pas un poème de Charles d'Orléans, un kimono n'est pas un poncho aymara, une parole d'Agesilas n'est pas une parole de Platon, le Kalevala n'est pas l'Odyssée, une vieille chanson écossaise n'est pas un huayno d'Ayacucho, une maison basque n'est pas une ferme jurassienne, un drakkar viking n'est pas un boutre de la Mer Rouge, un kriss malais qui est vivant, qui a une âme et qui est une personne n'est pas un puukko finlandais ni un katana japonais ni une épée française du XVe siècle.

Voila pourquoi il faut défendre l'artisanat, l'industrie, l'économie nationales. Cette priorité n'a jamais empêché les échanges, qui ne doivent pas menacer l'existence et les intérêts de la nation.

Acheter dans un hypermarché de France, avec des euros, qui sont de la fausse-monnaie, et au son abrutissant de chansons industrielles en anglais, des vêtements stéréotypés fabriqués en Inde, de la vaisselle faite en Chine, et des fruits et légumes frais d'Espagne, du Maroc ou du Chili, c'est de l'auto-destruction. Pas seulement pour nous, mais aussi pour les Chinois, les Espagnols, les Marocains et les Chiliens qui sont employés, à bas prix,  mal nourris, mal vêtus et mal logés, pour les produire*. 

La production et la consommation doivent être d'abord nationales.

Ceux qui parlent au nom de l'Homme sont des menteurs, des voleurs et des criminels. Leurs armes ? La mondialisation, la démocratie, la "société ouverte", la dérégularisation des marchés, l'urbanisation comme seul mode de vie général, la tyrannie de l'argent et de l'usure, la grande distribution.

L'Homme n'existe pas et n'a jamais existé, sauf dans l'imagination des sophistes, des commerçants, des financiers et des politiciens pervertis.

Il n'existe que des personnes, des familles et des peuples.

Pierre-Olivier Combelles

 

*L'obsolescence programmée, moteur de la croissance. Un entretien lumineux avec le philosophe  Jean-Claude Michéa: https://www.youtube.com/watch?v=5r-tlZfGPW0

 

Kriss javanais


 

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Voyager

18 Août 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

 

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« Il n’y a d’homme complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie. Les habitudes étroites et uniformes que l’homme prend dans sa vie régulière et dans la monotonie de sa patrie sont des moules qui rapetissent tout. Pensée, philosophie, religion, caractère, tout est plus grand, tout est plus juste, tout est plus vrai chez celui qui a vu la nature et la société de plusieurs points de vue. Si mon esprit s’est agrandi, si mon coup d’œil s’est étendu, si j’ai appris à tout tolérer en comprenant tout, je le dois uniquement à ce que j’ai souvent changé de scène et de point de vue. Étudier les siècles dans l’Histoire, les hommes dans les voyages et Dieu dans la nature, c’est la grande école. Ouvrons le livre des livres ; vivons, voyons, voyageons. Le monde est un livre dont chaque pas nous tourne une page ; celui qui n’en a lu qu’une, que sait-il ? »

Alphonse de Lamartine , Voyage en Orient

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