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Le Rouge et le Blanc

Eka takushameshkui (P. Alexis Joveneau, O.M.I.)

30 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

mat 6

 

Au bord de la rivière Olomane avec mon guide et ami montagnais Mathieu Mark, de La Romaine.

Basse Côte-Nord du Québec, automne 1993. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

 

 

Eka takushameshkui: Ne mets pas tes raquettes sur les miennes, en montagnais.

 

Dans cet article écrit en 1984, le P. Alexis Joveneau (+ 1991), oblat de Marie-Immaculée, missionnaire catholique des Indiens montagnais de La Romaine, sur la Basse Côte-Nord du Québec, évoque l'adéquation entre la langue, le monde et la culture (la culture étant, comme disait le P. Joveneau, ce qui permet à un peuple de survivre, alors qu'on cherche aujourd'hui à faire survivre la culture des peuples qu'on veut voir disparaître, l'important, comme disait Lénine, étant de garder la coquille et de vider son contenu)

 

link

 

 

Joveneau et enfant

 

 

P.O. Combelles: l'amour missionnaire: link

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Kai Reinhold Donner (1889-1935) et le Maréchal Mannerheim

28 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"For the second time I had returned from the wilderness back to the civilization. I was probably even more glad to get home the second time. The world war may have had something to do with this. But in spite of everything I felt as I did the time before. A feeling of longing and depression was mixed with the joy. Only a short time ago I had lived on the large plains and the immesureable wilderness, and now I had returned to the market place of civilization. All the difficulties and strains were forgotten, and before my inner eye there stood the fresh life and the marvelous stay among savages whom I had learned to love and understand. He who only knows our side of existence cannot understand the other one. But he who has seen life in his more original form will never forget what he has seen, and once he has left the infinite plains the memory becomes a shining revelation to him from which he can never tear himself away again. He has become an individual with double life, something of him has remained in the wilderness. That is what happened to me."

 

Kai Donner, Among the Samoyeds in Siberia (1911-1913) 1926.

 

 

 

The most beautiful memories of my journey are related to those wonderful nights when I could take part in the pagan worship services in the dim taïga. I very recall one such occasion. There were some men sitting at a peninsula of the river. The evening was quiet, the fire almost finished, and the shades of the bodies of ancient Siberian leaf pine trees were seen against the bright skies. The ground was covered by snow and all of nature seemed to sleep the dream od wilderness. Men had for a long time told old tales about their heroes long passed away, and the sage had talked to the spirits of the skies and the earth. I had forgotten everything I had left behind as a civilized man. I did not think about Christian and other dogmas. With childish admiration I had fallen into what I saw and heard. I felt as being a child again and I imagined in the same way as in my childhood that all things had a soul and air and water and were populated by mystical, visible and invisible spirits leading the world and human fates in a unexplainable manner.

 

Kai Donner, Among the Samoyeds in Siberia.

 

 

 

Cette notice biographique, imprimée sur un feuillet de couleur jaune, était insérée dans l'édition de l'édition française de l'ouvrage de Kai Donner: "La Sibérie" (1946). Je la reproduis à l'intention de tous ceux qui s'intéressent à la Sibérie et à ce grand ethnographe et explorateur, qui sut être aussi un ardent défenseur de sa patrie, la Finlande.

Quand on aime vraiment la liberté, on la désire autant pour les autres que pour soi-même.

Pierre-Olivier Combelles

 

Kai Reinhold Donner est né le 1er avril 1889, en Finlande, d'un père illustre, Otto Donner, et d'une mère qui appartenait à l'aristocratie, la baronne Wilhemina-Sofia-Charlotta Munck.

La lignée des Donner est issue de commerçants allemands venus de Lübeck s'établir en Finlande au début  du XVIIIe siècle. Otto Donner fut le premier savant de la famille; il se distingua par des travaux remarquables sur les langues ouralo-altaïques, fut professeur à l'Université de Helsinki, contribua à fonder la "Société Finno-ougrienne" et participa même au gouvernement de son pays.

Otto Donner avait fait un choix décisif: il avait opté pour la langue finnoise, bien que sa langue maternelle fût la suédoise. Par cette décision, il s'était associé au mouvement qui avait emporté les masses profondes du pays vers la démocratie nationale. car l'avènement de la langue finnoise signifiait l'arrivée au pouvoir d'une couche nouvelle de la population: celle issue du terroir finnois. Ces nouveaux arrivés devaient, par la suite, exclure peu à peu de leurs positions à la tête des pouvoirs publics, les tenants de la bourgeoisie de langue suédoise, héritière de la vieille administration royale de Suède.

Kai Donner fut élevé dans un milieu où ses facultés ne pouvaient manquer de s'épanouir. Rien ne lui faisait défaut, ni les dons de la fortune ni ceux de la nature. Grand, robuste, intelligent, il avait appris de bonne heure plusieurs langues étrangères. Après avoir terminé ses études à Helsinki, il avait pu les compléter à Budapest et à Cambridge.

Très tôt, il se destina à l'exploration des peuples sibériens de langue ouralienne, en particulier des Samoyèdes. Il se prépara à sa tâche avec un soin méticuleux. Il alla s'informer auprès du professeur Konrad Nielsen link  link , d'Oslo, le grand connaisseur des Lapons, des conditions dans lesquelles il faut recueillir des matériaux linguistiques et folkloriques. En outre, il s'initia à la médecine et même à l'obstétrique afin de pouvoir assister au besoin les populations parmi lesquelles il serait appelé à vivre.

Ainsi, équipé des connaissances les plus variées, ayant appris le russe, il se rendit en 1911 en Sibérie où il se jeta dans l'étude des Samoyèdes, n'hésitant pas à partager leur existence souffreteuse, en plein hiver, dans la toundra.

Revenu dans sa patrie, il repartit en expédition dès 1914 et se dirigea cette fois sur les monts Sayan où il savait devoir trouver quelques vestiges du dialecte samoyède kamasse ou kamassique. Il réussit à repérer 7 personnes qui parlaient encore cette langue en voie d'extinction et sauva les derniers restes d'un idiome qui a dû disparaître depuis.

 

 

Tente samoiède peau de rennes in Kai Donner La SibérieTente samoyède en peaux de rennes. In: Kai Donner, La Sibérie (1946) 

 

 

La guerre le força à quitter la Russie. En rentrant, il participa au mouvement anti-russe qui soulevait à cette époque une partie de la jeunesse finlandaise. Il se réfugia en Suède, gagna ensuite l'Allemagne, s'engagea dans ce fameux bataillon de "chasseurs" finlandais qui combattit sur le front de l'est contre les Russes.

Les événements de 1917 le firent retourner en Finlande où il prit part, avec les autres "chasseurs", à la guerre dite d'indépendance.

Dans les années qui suivirent, il se mêla à la vie politique de sa patrie. Il était conservateur et nationaliste. Il lutta contra la gauche et l'extrême gauche avec une énergie farouche mais toujours avec une parfaite loyauté. Il fut à la tête du mouvement irrédentiste qui réclamait l'annexion des terres de langue finnoise que la frontière du traité de Dorpat (1920 avait laissées sous la souveraineté de l'U.R.S.S.

Parallèlement, il poursuivait sa carrière universitaire et ses recherches. Il fut nommé successivement "docent" de linguistique ouralienne (1924) et, dix ans plus tard, professeur de phonétique à l'université de Helsinki. Il publiait successivement une belle série de travaux sur la linguistique samoyède (notamment sa thèse "Sur les occlusives et spirantes labiale à l'initiale en samoyède et en ouralien" et sur les problèmes du peuplement en Sibérie. C'est ainsi qu'il apporta la démonstration que la langue ket ou ostiak de l'Iénisséï doit être considérée comme une langue sino-thibétaine égarée au fond de la Sibérie.

C'est en 1932 qu'il publiera l'ouvrage dont on trouvera ci-après la traduction. Son titre finnois est Siperia.

Cet ouvrage est le seul existant actuellement sur la Sibérie Occidentale. C'est la première étude d'ensemble où se trouvent examinées à la fois toutes les questions concernant les langues, les races, les peuples, les croyances, les us et coutumes de cette vaste région de notre continent eurasiatique. Il est écrit avec un enthousiasme, une conviction qui ne pourront pas ne pas frapper le lecteur. Kai Donner y expose des connaissances qu'il a acquises directement sur place et qu'il a vérifiées par des études prolongées où il n'a négligé ni les expériences de ses devanciers, ni les recherches de ses contemporains, en particulier celles de son compatriote et émule Lehtisalo.

Une pareille étude pose plus de problèmes qu'elle n'en résout. Mais le savant fait souvent avancer la science plus sûrement en posant les problèmes qu'en leur apportant des solutions prématurées.

Kai Donner était parti de cette hypothèse que les Samoyèdes, venus tardivement d'Europe dans leur habitat actuel, ne pouvaient rien avoir en commun avec les populations situées en Sibérie à date plus ancienne. Il était convaincu que les Tongous et les Turks ne parlaient pas des langues apparentées au groupe ouralien. A cet égard, il avait délibérément rompu avec les vues de son propre père et celles de son illustre prédécesseur, le grand explorateur finlandais Castrén, qui croyaient l'un et l'autre que les langues finno-ougriennes, samoyèdes, turkes, mongoles et toungouses doivent être rapprochées.

C'est peut-être sous l'influence de cette hypothèse que Kai Donner a cru que les territoires de Sibérie occidentale parcourus par les tribus samoyèdes étaient inhabités quand celles-ci avaient fait leur apparition à l'est de l'Oural, après s'être séparées des Finno-Ougriens. Mais les recherches poursuivies depuis lors ont fait apparaître des faits troublants qui contredisent pareille supposition. Dès 1926, le savant russe Bogosaz nous faisait connaître qu'il estimait que l'actuel habitat samoyède avait dû être fréquenté par les ancêtres des Youkaguirs que l'on retrouve présentement en Sibérie orientale. Les travaux du linguiste suédois Björn Collinder et du savant allemand Karl Bouda ont révélé, ces dernières années, que les langues samoyèdes et même les langues finno-ougriennes, ont dû avoir des contacts avec le youkaguir, sans qu'il soit possible de préciser pour l'instant la nature ni le lieu et encore moins la date de ces contacts.

De ces quelques indications, il résulte que l'image de l'ancienne Sibérie occidentale, que l'on trouvera esquissée dans le livre de notre auteur, ne répond plus tout à fait à ce que nous savons dans l'état actuel de la science. Et des observations analogues seraient à faire également sur d'autres points.

Mais ces retouches nécessaires n'enlèvent rien à la valeur de ce magnifique ouvrage où l'explorateur a mis la somme de son expérience humaine et scientifique de la Sibérie. Tous ceux qui s'intéressent au présent et au passé de cette région du globe dont l'importance ira croissant, devront le lire et le méditer.

Kai Donner est mort prématurément le 12 février 1935, des suites d'une douloureuse maladie des reins qu'il avait contractée au cours de sa dernière expédition en Sibérie. Il laisse une imposante quantité de documents inédits dont l'ampleur a été évaluée par lui-même à plus de 2500 pages in-8°. Trop de préoccupations étrangères à la science l'avaient distrait de ses travaux durant les années qui ont suivi son retour d'Asie. Qu'il soit permis d'exprimer ici le regret que cet admirable savant n'ait pas pu vivre plus longtemps ni consacré davantage sa vie précieuse à démêler pour la postérité tant de problèmes qu'il étéit probablement le seul à pouvoir résoudre de son temps.

Je manquerais à un devoir de reconnaissance si je ne disais tout ce que je lui dois personnellement. J'ai eu l'avantage de le rencontrer à plusieurs reprises et de profiter de sa conversation à la fois si gaie, si spirituelle et si instructive. Il savait dispenser son savoir sans compter et je ne puis songer sans émotion aux longues causeries au cours desquelles il me confiait ses vues et me faisait part de ce qu'il avait appris.

Aurélien Sauvageot

Professeur de langues finno-ougriennes à l'Ecole Nationale des Langues Orientales

 

Bibliographie

 

Kai Donner, La Sibérie. Les temps anciens. Traduit du finnois par Léon Froman. NRF-Gallimard, Paris, 1946.

 

Kai Donner, Among the Samoyed in Siberia. [Translated by Rinehart Kyler, edited by Genevieve A. Highland]. New Haven, Human Relations Area Files, 1954.  Collection : Behavior science translations. Ouvrage posthume, traduit de l'allemand, qui a été traduit lui-même du suédois, langue de la première édition.

 

Liens

 

Samojedien tutkija ja itsenäisyysmies Kai Donner: link

 

Kai Donner. Eloge du pin cembra (extrait de l'ouvrage: La Sibérie): link

 

Juha Pentikäinen, Northern Ethnography –  On the foundations of a new paradigm. Pohjoisen Etnografian Seura (Society for northern ethnography): link

 

Un site consacré à l'analyse des tambours lapons d'après l'ouvrage d'Ernst mauritz Manker: Die lappische Zaubertrommel. Eine ethnologische Monographie. Acta lapponica (1938-1950): link

 

Site internet de la Société Finno-Ougrienne: link

 

From Finland to Siberia - Explorers (site internet finlandais pour les jeunes, en anglais, russe et finnois) : link

 

 

 

A travers la neige épaisse. L'homme en raquettes, devant,  ouvre un chemin à  travers la neige avec son renne. Illustraion extraite de l'ouvrage "Among the Samoyeds".

 

Kai Donner 1911-1914. © National Board of Antiquities, Finland.

 

Hutte samoyède en cours d'installation ou de démontage. Kai Donner.

 

Kai Donner 1911-1914. © National Board of Antiquities, Finland.

 

Paysage de Sibérie en hiver. Illustration de Kai Donner.

 

 

  jousiukko.jpg

 Chasseurs à l'arc sibériens

Source: Jousi Keskusteula primitiiviaseista / Suomalais-ugrilaiset jouset

(arcs finno-ougriens)  link

Les chasseurs sont vêtus de fourrures de renne et portent le couteau traditionnel (puukko)

accroché à la ceinture.

 

Kai Donner, la guerre d'indépendance de la Finlande et le maréchal Mannerheim

   

En 1914-18, Kai Donner fut l'une des figures les plus importantes dans les préparatifs de la Finlande pour la guerre de libération contre l'Empire russe. Il passa la majeure partie de la première guerre mondiale comme membre de la délégation finlandaise à Stockholm et il négocia avec l'Etat-major de l'armée impériale germanique à Berlin et dans l'île de Rügen pour armer la future armée de libération finlandaise avec 100.000 fusils russes que l'armée germanique avait capturés dans diverses batailles.

En Finlande il devint l'une des personnalités politiques les plus influentes, une "éminence grise". Il était appointé comme capitaine (sans éducation militaire?) à la garde de la frontière finlandaise-russe, lorsque des graves accrochages eurent lieu entre les troupes finlandaises et russes à la frontière devant Petrograd (St-Pétersbourg - Léningrad), où eut lieu un duel de grosse artillerie entre les forteresses de Inö (Finlande) et de Kronsztadt (Russie).

Kai Donner fut un ami intime du général (et plus tard maréchal de Finlande et Président de la République - le peuple finlandais l'élit en 2005 avec une grande majorité "le Finlandais le plus important de l'histoire") Carl Gustaf Mannerheim. Celui-ci participa à la conspiration de 1919 pour l'attaque de Petrograd avec une armée finlandaise de 100.000 soldats, qui aurait probablement signifié la liquidation du bolchevisme. Le général Mannerheim négocia plusieurs fois à Helsinki avec le fameux général russe blanc Judenicz (qui correspondait à l'amiral Kolczack). Dans cette conspiration, le général Mannerheim portait le nom de guerre "Andersson" et Kai Donner celui de "Karlsson".

Mannerheim avait participé en 1906 à la mission scientifique Russie-Chine dirigée par le savant français Paul Pelliot, dont il s'était séparé pour former sa propre expédition (1906-1908): link

Plus tard, Kai Donner se consacra à la lutte contre le communisme. Il participa à un coup d'Etat pour la liquidation finale du communisme en Finlande. Celui-ci culmina avec la "révolte de Mäntsälä"  en Laponie en 1930. Le gouvernement finlandais réussit à soumettre la rébéllion pratiquement sans verser de sang.  (Traduction: P.O. Combelles).

 

"During World War I, Donner was active in the Finnish independence movement which was secretly sending young men to Germany to receive military training in preparation for an armed struggle for independence from Imperial Russia. Betrayed to the Okhrana in 1916, he fled to Sweden and lived there and in Germany as a refugee until 1918. During the Finnish Civil War, Kai Donner served as General Mannerheim's aide-de-camp.

In the 1920s and early 1930s he was one of the more influential leaders of the rightist Lapua Movement. Finland-Swedish by mother tongue, he expressed reservations about the persecution of Swedish speakers, which was commonly supported by conservative Finns in those decades." (Wikipedia, Kai Donner).

 

Kai Donner en uniforme de l'armée finlandaise

 

 Baron Carl Gustaf Emil Mannerheim

Maréchal de Finlande

 

 

Le géneral baron finlandais Carl Gustaf Emil Mannerheim

(Villnäs, près de Turku 1867- Lausanne 1951).

Kai Donner fut son aide-de-camp lors de la Guerre d'Indépendance de la Finlande

 

Devise: Candida pro causa ense candido

(Des armes propres pour une cause propre)

"With pure arms on behalf of pure goals".

http://www.mannerheim.fi/01_elama/f_tmerki.htm

 

Il servit dans l'armée impériale russe de 1887 à 1917, prenant part à la guerre russo-japonaise en qualité de lieutenant général et, à la première guerre mondiale en tant que général de corps d'armée. En 1906-1908, il fit à cheval une expédition de caractère militaire en Asie centrale et en Chine. Après la révolution de 1917, il retourna en Finlande, où il reçut le commandemant supérieur des troupes finlandaises de libération. Il écrasa les Rouges à Temperé et, en mai 1918, acheva la libération de sa patrie. Elu régent du nouvel Etat finlandais, il obtint des Alliés la reconnaissance de l'indépendance finlandaise en décembre 1918. Il se retira de la politique après l'élection de Stahlberg à la présidence, et présida le Conseil de Défense territorial de 1931 à 1939. Commandant en chef des armées finlandaises pendant la "Guerre d'hiver", il fut l'âme de l'héroïque résistance de la Finlande contre l'agression russe (1939-40) et fut élevé à la dignité de Maréchal en 1941. Il fut chargé de la direction des opérations pendant la seconde guerre russo-finlandaise (1941-1944), et quand la défaite de la Finlande fut inévitable, il fut élu Président de la République (1944). Il abandonna ses fonctions politiques pour raisons de santé en 1946 et se retira en Suisse où il mourut. Il a publié "Mes Mémoires " et "A travers l'Asie" (1940).

Grand Larousse encyclopédique (1963)

link

 

  « Seul un peuple fort peut envisager l'avenir avec confiance »

Maréchal Mannerheim, Mémoires (1882-1946), Hachette, 1952

 

link

 

Gustaf Mannerheim: Diary Performed during my trip to Central Asia and China 1906-07-08. Helsinki: Society of Swedish Literature in Finland & Atlantis, 2010. link

 

Musée Mannerheim

Kalliolinnantie 14
FI-00140 Helsinki

http://www.mannerheim-museo.fi/the-mannerheim-museum/exhibitions/

 

L'exposition "Mannerheim. Russian Officer. Marshal of Finland" a été présentée en 2005 au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, en Russie:

http://www.hs.fi/english/print/1101978425377.

http://artdaily.com/news/13294/Mannerheim--Russian-Officer--Marshal-of-Finland-

Article dans The Guardian: http://www.theguardian.com/books/2005/apr/09/1 . Conclusion de l'article: "Vivant, Mannerheim a défendu la Finlande contre l’Union Soviétique tant qu’il a été aux affaires en Finlande ; mort, sa figure jette une sorte de passerelle mentale entre Finlandais et Russes."

 

Lors de sa visite en Finlande, le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine déposa une gerbe de fleurs sur la tombe du maréchal Mannerheim, au cimetière de Hitianiemi, à Helsinki, le 3 septembre 2001:

 

Фото пресс-службы Президента России

 

File:Vladimir Putin in Finland 2-3 September 2001-13.jpg

Source: Archives du Kremlin: http://archive.kremlin.ru/events/photos/2001/09/130316.shtml

 

POC Carélie Finlande janvier 1996

 Pierre-Olivier Combelles

Finlande, Carélie, près de la frontière russe, janvier 1996.

  

Coat of arms of Finland.svg

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La femme mère est l’histoire, l’homme guerrier et politique fait l’histoire (Spengler)

27 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

 

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 Notre-Dame de la Belle Verrière (Chartres)

 

« C’est le sentiment primaire du souci qui domine la physionomie de l’histoire d’Occident, aussi  bien que  celle d’Egypte et de la Chine, et qui donne aussi sa forme à la symbolique de l’Eros, dans lequel est représenté le flux éternel de la vie apparaissant sans cesse dans la suite des générations d’individus. L’être ponctiforme euclidien de l’antiquité ne sentait là encore que le présent et le tangent des actes décisifs : de la génération et de la naissance. Il plaçait en en conséquence au centre des cultes de Déméter et les souffrances de la femme qui enfante ; dans l’univers antique en général, le symbole dyonisien du phallus, qui est l’emblème d’une sexualité absolument vouée au moment présent où elle oublie le passé et l’avenir. Il correspond à son tour, dans l’univers indou, à l’emblème du lingam et au culte de la déesse Parvati. Dans les deux cultures, l’homme se sent identifié à la nature, à la plante et sacrifié au sens du devenir sans volonté et sans souci. Le culte domestique du Romain concernait le genius, c’est-à-dire la force génératrice du père de famille. Le souci profond et réfléchi de l’âme occidentale y répond par le symbole de l’amour maternel, qui apparaît à peine à l’horizon du mythe antique, comme dans la plainte de Perséphone ou la statue assise, déjà hellénistique, de la Déméter de Cnide. La mère portant l’enfant – l’avenir- dans son sein : le culte de Marie en ce sens nouveau, faustien, n’a commencé de croître qu’aux siècles gothiques. Raphaël lui a donné son expression suprême dans la Madone sixtinienne. Elle n’est pas chrétienne en général car le christianisme magique avait déjà élevé Marie Theotokos, mère de Dieu, à un symbole tout à fait différent de sentiment. La mère apaisante est aussi étrangère à l’art christiano-byzantin qu’à l’hellénique, bien que pour des raisons différentes ; il est certain que Gretchen du Faust est, par la magie profonde de son inconsciente maternité, plus proche des madones gothiques que toutes les Maries des mosaïques de Byzance et de Ravenne. Pour l’intériorité de ces rapports, on est ému de la concordance absolue entre la madone portant l’enfant Jésus et Isis portant l’enfant Horus – toutes deux sont des mères soucieuses – ainsi que de la disparition de ce dernier symbole durant des millénaires et pendant toute la durée des cultures antique et arabe, qui n’y pouvaient trouver aucun sens, pour être réveillé enfin dans l’âme faustienne.

Du souci maternel, la route mène au souci des pères et par là au symbole temporel suprême manifesté dans les grandes cultures : l’Etat. Ce que la mère voit dans son enfant, avenir et continuité de sa propre vie, de telle sorte que l’amour maternel exclut pour ainsi dire la séparation des individus, les hommes le trouvent dans la communauté armée par laquelle ils assurent la maison et le foyer, la femme et l’enfant et avec eux le peuple entier, son avenir, son activité, l’Etat est la forme intérieure, l’  « être en forme », d’une nation, et l’histoire, au sens sublime, est la pensée que cet être n’est pas mobilité, mais mouvement. La femme mère est l’histoire, l’homme guerrier et politique fait l’histoire. »

Oswald Spengler, Le déclin de l'Occident. Esquisse d'une morphologie de l'histoire universelle. Volume I: Forme et réalité, chapitre II: Le problème de l'histoire universelle. NRF-Gallimard, Paris, (1923) 1948/1976.

 

Achille2 

Achille (vase grec)

 

En s'attaquant à la femme-mère, à l'homme-guerrier, à l'Etat national et à l'histoire, la ploutocratie mondialiste, ses intellectuels et ses collabos cherchent à régner sur une humanité d'esclaves et sur une Nature violée et souillée.

Béthune

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Le Patriarche, les catacombes et la « révolution » par Mère Agnès-Mariam de la Croix

27 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Après avoir contraint à la démission l’ancien patriarche maronite*, le Saint-Siège a favorisé l’élection de Mgr Boutros Béchara Raï, avec pour mission de défendre l’ensemble des chrétiens d’Orient aussi bien face à l’extrémisme musulman que face aux projets états-uniens qui l’alimentent. Lors de sa première visite officielle en France, le nouveau patriarche, rompant avec la langue de bois ecclésiastique, a clairement reproché au président Sarkozy de participer à une action de déstabilisation de la Syrie dont les chrétiens d’Orient seront les premiers à faire les frais. Sœur Agnès-Mariam de la Croix souligne l’espoir que ce revirement politique a fait naître dans sa communauté."

 

* Il existe sept Églises orientales reconnaissant l’autorité papale : le Patriarcat latin de Jérusalem, l’Église catholique syriaque, l’Église maronite, l’Église catholique chaldéenne, l’Église grecque-catholique melkite, l’Église catholique arménienne, l’Église catholique copte. Les maronites sont les plus nombreux avec 3 millions de fidèles.

 

Article sur Réseau Voltaire: link

 

La Mère Agnès-Mariam de la Croix est religieuse carmélite. En 1993, elle restaure les ruines du monastère de Saint Jacques le Mutilé à Qâra en Syrie, dont elle devient l’higoumène, et fonde « l’Ordre de l’Unité d’Antioche ».

 

 

 

Mgr Bechara Boutros Raï, patriarche maronite d'Antioche et de tout l'Orient depuis mars 2011 et vivant au Liban, était présent à Lourdes pour une journée de pèlerinage, le jeudi 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge Marie. Cette vidéo revient sur la messe présidée par Mgr Boutros Raï, le matin, en la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, dans le sanctuaire de Lourdes, en présence d'une foule de pèlerins et de plusieurs évêques, au premier rang desquels Mgr Jacques Perrier, évêque de Tarbes et Lourdes. Ce pèlerinage s'inscrivait dans le cadre de son premier voyage en France. Une vidéo de Laurent Jarneau pour le site http://www.lourdes-france.org et TV Lourdes http://fr.lourdes-france.org/tv-lourdes

 

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La loi Pompidou-Rothschild 1973 et la dette publique

18 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Source de cet article (auteur ?): link

 

 

"Extraits d’une biographie de Georges Pompidou :

 

Georges Pompidou fit parti du cercle restreint des proches du général de Gaulle, et cette proximité lui valut d’être nommé chef de son cabinet d’avril 1948 à 1953.

En 1953, il entra à la banque Rothschild, où il occupa rapidement les fonctions de directeur général et d’administrateur de nombreuses sociétés. Ce fut pour lui l’occasion de participer à la vie économique du pays, d’accroître le champs de ses compétences et d’établir un éventail plus large de relations.

Il rédigea néanmoins, durant cette période d’intense activité, trois présentations de classiques illustrés sur Racine, Taine et Malraux.

Le général de Gaulle élu à la présidence, Georges Pompidou retourna pendant quelques temps vers le monde de l’entreprise en réintégrant la banque Rothschild.

Membre du conseil constitutionnel en 1959, il profita également de cette période pour rédiger une anthologie de la poésie française.

Georges Pompidou s’installa à l’Élysée le 15 juin 1969. Son mandat fut écourté par son décès le 2 avril 1974 à Paris.

 

3 janvier 1973, réforme de la Banque de France

 

Dans la loi portant sur la réforme des statuts de la banque de France, nous trouvons en particulier cet article 25 très court, qui bloque toute possibilité d’avance au trésor :

« Le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l’escompte de la banque de France. »

Ce qui signifie que l’article 25 de la loi 73-7 du 3 janvier 1973 interdit à la Banque de France de faire crédit à l’État, condamnant la France à se tourner vers des banques privées et à payer des intérêts ; alors qu’avant cette loi, quand l’État empruntait de l’argent, il le faisait auprès de la banque de France qui, lui appartenant, lui prêtait sans intérêt.

Autrement dit : auparavant, l’État français avait le droit de battre monnaie, et avec cette nouvelle loi, il perd ce droit qui est du même coup légué aux banques privées, qui en profitent pour s’enrichir aux dépends de l’État en lui prêtant avec intérêt l’argent dont il a besoin.

Cette décision correspond à une privatisation de l’argent et ramène la nation au même rang que n’importe lequel de ses citoyens.

L’accroissement sans fond de la dette publique trouve son origine précisément là. Voici en effet un graphique représentant l’évolution de la dette, avec et sans intérêt. La courbe rouge représente bien sûr la dette constatée, calculée avec les intérêts.

 

Cliquer sur l’image pour l’agrandir.

La dette à fin 1979 était de 239 milliards d’euros (*), déjà injustifiables ; la dette à fin 2008 s’établit à 1327 milliards d’euros ! Ainsi, entre 1980 et 2008, la dette a augmenté de 1088 milliards d’euros et nous avons payé 1306 milliards d’euros d’intérêts.

1327 - 1306 = 21 Milliards d’Euros ! : Si nous avions pu créer notre monnaie — faire exactement ce qu’ont le droit de faire les banques privées —, la dette publique serait quasiment inexistante aujourd’hui.

Georges Pompidou a été le directeur général de la banque Rothschild ; il en était le valet, il n’est par conséquent pas étonnant qu’il ait fait cette loi du 3 janvier 1973 qui interdit à l’État français de battre monnaie et qui a endetté la France d’une façon structurelle et incommensurable auprès de banques privées comme la banque Rothschild.

C’est pourquoi, cette loi, je propose de l’appeler désormais la loi Rothschild.

 

NOTE (*) : La dette à la fin 1979 était en réalité de 82,8 milliards d’Euros, soit 21% du PIB ; mais en tenant compte de l’inflation, cela fait aujourd’hui 239 milliards d’Euros."

 

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Pour plus d'informations sur ce sujet, lire l'excellent petit livre d'André-Jacques Holbecq et Philippe Derudder: "La dette publique, une affaire rentable" (Ed. Yves Michel)

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De la FED à l'euro: la tyrannie des banques (Eberhard Hamer/Horizons et Débats)

17 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Mensonges et tromperies dans la partie de poker à propos de l’euro

 


par Eberhard Hamer, www.mittelstandsinstitut-niedersachsen.de

 

Christian Wulff, président de la République fédérale d’Allemagne:
 

Des banques sauvent des banques,
Des Etats sauvent des banques,
Des Etats sauvent des Etats,
Mais qui sauve les sauveteurs?

 


Source: Frankfurter Allgemeine Zeitung du 27/8/2011

 


Une des causes profondes de l’actuelle crise financière est le fait que la Réserve fédérale américaine (FED) détient la souveraineté en matière de monnaie tout en étant un établissement privé appartenant à 13 banques dont la plupart font partie des groupes de la haute finance les plus importants du monde. Grâce à la FED, ces banques ont la possibilité de créer de l’argent et elles ont, au cours des 35 dernières années, multiplié par 40 la masse de dollars bien que le volume des biens ait seulement quadruplé.


L’escroquerie monétaire mondiale des propriétaires de la FED

 


Avec cet argent, elles ont pu acheter les matières premières mondiales (pétrole, métaux, etc.), acquérir la plupart des participations majoritaires des grandes sociétés de capitaux, des monopoles dans des secteurs entiers de la production, des services et des médias et, grâce à leur argent et au pouvoir du gouvernement américain, régner sur – le cas échéant faire chanter – la plupart des banques centrales du monde occidental, orienter la politique des pays satellites et organiser des révoltes destinées à éliminer les gouvernements rétifs (Afrique du Sud, Ukraine, Géorgie et maintenant Afrique du Nord).
La FED peut ainsi spéculer sur les taux d’intérêt et accorder sans limites des crédits. Dans leur avidité, les banques propriétaires de la FED ont créé de plus en plus de produits douteux et criminels non couverts et les ont vendus, la plupart du temps au travers de fonds, dans le monde entier pour que le volume monétaire en augmentation ne provoque pas d’inflation aux Etats-Unis. Ainsi, la bulle financière en dollars s’est produite pour 80% à l’étranger et a entraîné dans le monde entier un boom apparent et un excès de liquidités.
Cela rappelle les traites de cavalerie. Ces traites sont de plus en plus nombreuses, de plus en plus importantes et de plus en plus répandues, mais jamais honorées. Les gagnants ont été ceux qui les ont émises, les groupes américains de la haute finance et leurs banques, telle Goldman-Sachs. (cf. notre ouvrage Der Welt-Geld-Betrug, Unna, 2010). (...)

 

 

Suite de l'article paru dans le dernier numéro de la revue suisse Horizons et Débats: link

 

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Plutarque: trois dicts des Lacédémoniens à propos des enfants et des jeunes gens

14 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Comme le mercure* corrompt les métaux avec lesquel il est en contact, et particulièrement l'or, notre époque vile avilit tout ce qu'elle touche, en commençant par les mots. Rétablir le sens des mots dans la langue parlée et écrite doit donc devenir la première tâche.

Il en est ainsi de l'amour, agapê, qui pouvait unir des jeunes hommes ou des hommes adultes à des jeunes gens. C'était exactement le contraire de l'homosexualité, présentée aujourd'hui comme naturelle et légitimée et défendue par la loi comme un droit, encouragée par les Etats "démocratiques", et qui permet en même temps d'organiser la répression contre tous ceux qui ne sont pas d'accord.

Dans l'Antiquité, on enseignait aussi aux enfants et aux jeunes gens à révérer les anciens. C'est le contraire aujourd'hui: l'Etat marchand flatte et pervertit les enfants lorsqu'elle ne les a pas tués dans le sein de leur mère.

 

* Mercure était le dieu du commerce chez les Romains.

 

 

p. 228 Il leur était permis d'aimer les enfants de bonne & gentille nature, mais abuser de leurs personnes était tenu pour chose très infâme, comme de gens qui en aimaient le corps & non pas l'âme : de sorte que qui en était accusé, en demeurait noté d'infâmie pour toute sa vie. La coutume était que les vieux demandaient aux jeunes quand ils les rencontraient, où ils allaient, & quoi faire, & les tançaient qu'ils faillaient à répondre, ou s'ils allaient bâtissant des excuses : & qui ne tançait celui qui commettait quelque faute en sa présence, était sujet à la même réprehension que celui qui avait failli, même celui qui se courrouçait ou montrait de prendre à mal quand on le reprenait, en était reproché et désestimé.

 

p. 228 Et fallait que les jeunes hommes révérassent non seulement leurs propres pères, & se rendissent sujets à eux, mais aussi qu'ils portassent révérence à tous autres vieilles gens, en leur cédant le dessus, & se détournant d'eux par les chemins, en se levant de leurs sièges au-devant d'eux, & s'arrêtant quand ils passaient : & pourtant un chacun commandait non seulement comme aux autres villes à ses propres enfants, à ses propres serviteurs, & disposait de ses propres biens, ains aussi à ceux de son voisin, ne plus ne moins que aux siens propres, & s'en servait comme de choses communes entre eux, afin qu'ils en eussent soin chacun comme de leurs propres. Et pourtant si un enfant ayant été châtié par un autre l'allai rapporter à son père, c'était honte au père s'il ne lui donnait encore d'autres coups : car par la commune discipline de leur pays, ils s'assuraient, que un autre n'avait rien commandé qui ne fût honnête à leurs enfants.

 

p. 228 Ils étudiaient aussi à composer de belles chansons, & non pas moins à les chanter, & y avait toujours en leurs compositions ne sait quel aiguillon qui excitait le courage, & inspirait aux cœurs des écoutants un propos délibéré & une ardente volonté de faire quelque belle chose. Le langage était simple, sans fard ni affèterie quelconque, qui ne contenait autre chose que les louanges de ceux qui avaient vécu vertueusement, & qui étaient morts en la guerre pour la défense de Sparte, comme étant bienheureux, & le blâme de ceux qui par lâcheté de cœur avaient résisté à mourir comme vivant une vie misérable & malheureuse : ou bien c'étaient promesses d'être à l'avenir, ou bien vanteries d'être présentement gens de bien, selon la diversité des âges de ceux qui les chantaient : car y ayant ès fêtes solennelles & publiques toujours trois danses, celle des vieillards commençant disait,

Nous avons été jadis

Jeunes, vaillants, & hardis.

 

Nous le sommes maintenant,

A l'épreuve à tout venant.

 

Et nous un jour le serons,

Qui bien vous surpasserons.

Les chants mêmes, à la cadence desquels ils ballaient, & marchaient en bataille au son des flûtes quand ils allaient choquer l'ennemi, étaient appropriés à inciter les cœurs à la vaillance, à l'assurance, & au mépris de la mort : car Lycurgus s'étudia à conjoindre l'exercice de la discipline militaire avec le plaisir de la musique : afin que cette véhémence beliqueuse mêlée avec la douceur de la musique, en fut tempérée de bon accord & harmonie, & pourtant ès batailles, avant le choc de la charge, le Roi avait accoutumé de sacrifier aux Muses, afin que les combattants eussent la grâce de faire des choses glorieuses & dignes de mémoire. Mais si quelqu'un voulait outrepasser un seul point de la musique ancienne, ils ne le supportaient pas : tellement que les Ephores condamnèrent à l'amende Terpander, assez grossier à l'antique, mais le meilleur joueur de cithre de son temps, & qui plus prenait de plaisir à louer les faits héroïques.

 

 

Les dicts des Lacédémoniens. In: Les Oeuvres morales et mêlées de Plutarque. Traduction d'Amyot. Imprimerie de François Estienne, 1582 (in-folio) : link

 

 

 

 

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Encore quelques scolies de Nicolas Gomez Davila

13 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles


Philippe Billé a été le premier Français à traduire et à publier sur internet* les écrits de Nicolas Gomez Davila**. Tous ceux qui ont eu la surprise de découvrir au début des années 2000 ce fin et intelligent écrivain moraliste colombien, frère moderne de Montaigne par la plume et le sang* (ce qui désigne le territoire et la tour-librairie d'où il parle), lui doivent reconnaissance.

  

Une remarque: Nicolas Gomez Davila excelle à décrire le monde contemporain dans lequel nous vivons, mais il ne cherche jamais  à expliquer les causes de ce qu'il critique. Nicolas Gomez Davila doit être lu aussi entre les lignes.

 

* "Nicolás Gómez Dávila, un moraliste marrane, comme son maître, l'humaniste catholique Michel de Montaigne ?" par Béthune link

 

 

 

«Pour le progressiste moderne, la nostalgie constitue l’hérésie suprême».

 

 

"En ce siècle de foules transhumantes qui profanent tout lieu illustre, le seul hommage qu’un pèlerin respectueux puisse rendre à un sanctuaire vénérable est de ne pas le visiter."

   

 

"Pour le lecteur des historiens antiques, la guerre moderne est chose familière.

La guerre totale est la guerre que l’humanité a toujours connue.

Parvenir à soumettre la guerre, pendant quelques siècles, à certaines exigences morales et esthétiques, fut une entreprise miraculeuse et fragile.

L’homme actuel frémit devant les mêmes horreurs que l’humanité millénaire a contemplées avec une résignation angoissée."

 

 

"Les mémoires et les maximes semblent être des genres nettement aristocratiques."

 

 

"La civilisation moderne : cette invention d’ingénieur blanc pour roi nègre. "

 

 

"La civilisation est tout ce que l’université ne peut pas enseigner."

 

 


"La résistance est inutile quand tout se conjure dans le monde pour détruire ce que nous admirons. 
Il nous reste toujours, cependant, une âme intègre pour contempler, pour juger, et pour mépriser."

 

 
"La messe peut être célébrée dans des palais, ou des chaumières, mais pas dans des quartiers résidentiels."

 


"L’ineptie et la niaiserie du verbiage épiscopal et pontifical nous troubleraient, nous vieux chrétiens, si nous n’avions heureusement appris, depuis tout petits, à dormir pendant le sermon."

 

 

"Dieu a inventé les outils, le diable les machines."

 

 

"La magnificence de la cathédrale gothique cherche à honorer Dieu, la pompe du baroque jésuitique à attirer le public."

 

  

 

* Studia davilana: link

 

** Escolios a un texto implícito (2 volumes, Bogotá, Instituto Colombiano de Cultura, 1977), Nuevos escolios a un texto implícito (2 volumes, Bogotá, Procultura, Presidencia de la República, Nueva Biblioteca Colombiana de Cultura, 1986), et enfin Sucesivos escolios a un texto implícito (Santafé de Bogotá, Instituto Caro y Cuervo, 1992; Barcelona, 2002).

 

 

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Comment Saint François maudissait l'argent

9 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Comment il maudissait l'argent et comment il punit un frère qui avait touché une pièce de monnaie.

(2 Celano 65)

 

En véritable ami et imitateur du Christ, François méprisait parfaitement toutes les vanités du monde, par dessus tout il exécrait l'argent: il amena par la parole et par l'exemple ses frères à le fuir comme le démon. Sur ce point il leur donna la sagesse de ne pas lui accorder plus de prix qu'au fumier.

Il arriva un jour qu'un séculier entra pour prier à Sainte-Marie de la Portioncule, il déposa une aumône en offrande au pied de la croix. Après son départ un frère la ramassa en toute simplicité et la jeta sur le rebord de la fenêtre. Quand on eût appris ceci à saint François, le frère se sentant coupable accourut aussitôt demander pardon, il se prosterna à terre prêt au châtiment. Le saint le réprimanda et lui reprocha vivement d'avoir touché l'argent. Il lui ordonna de l'ôter de la fenêtre avec ses lèvres, de l'emporter hors de l'enceinte du couvent et de la déposer, toujours avec ses lèvres, sur du crottin d'âne.

Quand le frère eût obéi, tous ceux qui avaient vu et entendu furent rempli d'une grande crainte et dès lors ils méprisèrent l'argent comparé au crottin d'âne. Chaque jour d'ailleurs de nouveaux exemples venaient les affermir dans ce mépris de l'argent.

 

Chapitre 14. Le Miroir de perfection. Traduction française du Speculum perfectionis. Introduction et notes de M.-Th. Laureilhe, Conservateur à la Bibliothèque Nationale. Les Editions franciscaines, 1966.

 

 

St-Fran-ois-d-Assise.jpg

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Derrière la « Refondation », le projet d'une dénaturation de l'armée de Terre

8 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

William Wallace

 

 

" Le 22 février 1996, le Président de la République, Jacques Chirac annonçait  le passage d'une armée majoritairement de conscription à une année entièrement professionnelle. Cette réforme, qui s'achève en ce moment s'est faite sans opposition politique notable : si la Droite l'approuvait très majoritairement, la Gauche ne pouvait s'opposer ouvertement à une mesure populaire auprès des jeunes gens. Derrière ce silence de la gauche se cachait toutefois une crainte rentrée : la peur irrationnelle que l'armée professionnelle ne profite de la première occasion pour mener un coup de force et lui barrer la route du pouvoir.


Nous allons montrer de quelle manière elle a utilisé son retour au pouvoir en 1997 pour détourner la réforme qui s'amorçait et profiter du bouleversement dans les Armées pour tenter de créer une armée qui ne lui fasse plus peur : une armée d'une part subvertie, c'est-à-dire démilitarisée et affaiblie dans son moral et dans sa cohésion : une armée d'autre part dénaturée, détournée de sa vocation et de ses valeurs, et idéologisée dans un sens « républicain ». Bien que le sujet dépasse la seule armée de Terre (la Marine nationale étant particulièrement mise en accusation par les idéologues socialistes), c'est cette institution qui sera ici presque exclusivement étudiée. "

 

Suite du texte: link

 

L'armée est l'épine dorsale de la nation et le premier exemple de vertu; la véritable élite, celle qui est capable de se sacrifier pour les autres. En s'attaquant à l'armée, on s'attaque à la nation: c'est à dire au peuple et à la patrie et aux moyens de défendre leur existence et leur liberté.

Le plan de réforme de l'armée française ("Plan Vert") lancé par les sphères dirigeantes en 1996 n'avait pas d'autre but.

Cette étude rédigée à l'époque par un groupe de militaires anonymes et publiée sur internet* restera actuelle tant que l'armée française ne reviendra pas au service exclusif de la France, compromise de nos jours dans les guerres iniques de l'OTAN, qui un jour peut-être, se dérouleront sur notre propre sol.

 

 

Béthune

 

 

* Et dans un tiré à part de la revue Faits & Documents publiée par Emmanuel Ratier .

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