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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Les forêts de l’hémisphère nord absorbent de plus en plus de CO2. (Usbek/climato-realistes.fr/ d'après Nature)

30 Juin 2019 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

N'importe quel naturaliste ou simple promeneur dans la nature un peu observateur a remarqué que depuis un certain nombre d'années, en France par exemple, la végétation est de plus en plus exubérante, et la floraison notamment. Que ce soit dans les forêts, dans les campagnes ou même dans les villes où par exemple les violettes, les fraisiers sauvages et les primevères se répandent partout sur les talus, au pied des murs ou dans les jardins.

POC


Les forêts de l’hémisphère nord absorbent de plus en plus de CO2 selon une récente étude publiée dans la revue Nature
18 avril 2019 / Usbek

Les forêts de l’hémisphère nord absorbent de plus en plus de CO2 produit par l’Homme, contribuant ainsi à ralentir le réchauffement climatique. C’est la bonne nouvelle annoncée par une équipe internationale de chercheurs menée par Philippe Ciais, directeur de recherche au laboratoire des Sciences du Climat et de l’Environnement (LSCE) à Gif sur Yvette. Leurs résultats publiés dans le journal Nature le 3 avril 2019 expliquent que ce phénomène est lié à la croissance des forêts ces dernières décennies.

Cette publication a fait l’objet d’un communiqué de presse du CEA, assorti d’une Video explicative.


Une intensification de l’absorption du carbone par la végétation de l’hémisphère nord

L’équipe a reconstruit l’évolution des puits de carbone des continents, à l’aide d’enregistrements de la teneur atmosphérique en CO2, entre 1958 et 2016. Ces enregistrements qui couvrent une période de plus de 50 ans proviennent des deux plus anciennes stations de mesure atmosphérique du CO2 : « Mauna Loa », situé à Hawaï pour l’hémisphère nord et « Pôle Sud » en Antarctique pour l’hémisphère sud.

On savait jusqu’à présent que la végétation terrestre et les océans capturent une quantité de CO2 égale à la moitié des émissions générées par les activités humaines (IPCC, 2013 Chapitre 6). Cette nouvelle étude montre que le puits de la végétation dans l’hémisphère nord a eu un rôle prédominant dans cette absorption globale depuis 50 ans. Loin d’être compromis par les sécheresses et les changements climatiques récents, ce puits de carbone a même considérablement augmenté au cours des vingt dernières années.

« De 1958 à nos jours, la végétation de l’hémisphère nord a continué d’absorber une quantité importante de CO2 avec deux augmentations significatives dans les années 1990, puis 2000 », explique Philippe Ciais.

L’ampleur de l’absorption du CO2 avait été sous-estimée par tous les modèles. Pour les scientifiques qui ont mené l’étude, il faudrait prendre en compte un plus grand nombre de paramètres, par exemple l’accroissement de la surface des forêts et les dépôts d’azote.


L’hémisphère nord absorbe plus de CO2

La concentration en dioxyde de carbone est en moyenne plus élevée au nord de l’équateur, où se trouvent la plupart des régions industrialisées. La quasi-totalité des émissions de CO2 fossile mondiales sont dans l’hémisphère Nord. Lors de la dernière décennie, les continents au nord de l’équateur en ont absorbé 25%, dont la moitié environ dans les forêts.

La différence de niveau entre les deux hémisphères n’est pas aussi importante que ne le laisse anticiper la différence entre bilans des émissions fossiles dans l’hémisphère nord et sud. Cela ne peut s’expliquer que par l’ajout d’un puits de CO2 considérable chaque année en partie dans les océans, mais principalement sur les continents du Nord.


La végétation de l’hémisphère nord, élément essentiel contre le réchauffement climatique

Plusieurs hypothèses sont avancées pour expliquer ce phénomène réel d’augmentation de l’absorption du carbone dans l’hémisphère Nord : la croissance de la superficie forestière mais aussi la fertilisation des écosystèmes en Asie qui ont été exposés à des quantités accrues d’azote provenant de l’atmosphère et à des modifications des pratiques de gestion des sols.


L’augmentation de la superficie forestière

L’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère et le changement climatique créent des conditions favorables à la croissance des forêts.

La superficie de la forêt est en augmentation dans de nombreuses régions. En France, elle représentait par exemple 8,5 millions d’hectares en 1850, contre plus de 17 millions d’hectares aujourd’hui, d’après l’ONF (Office National des Forêts). « Dans l’hémisphère nord, il y a une augmentation des surfaces forestières. Par exemple dans l’ancienne URSS, l’abandon de terres agricoles conduit à la repousse de forêts »  note Philippe Ciais, mais cet effet n’explique pas la totalité du puits de carbone déduit des mesures atmosphériques.


Un fort taux d’azote provoque une croissance des arbres

Un autre facteur explique la croissance de la végétation : l’augmentation des apports en azote, un élément essentiel pour les plantes. Les chercheurs expliquent :  « Cet azote est déposé à la suite de combustions de fuels et par les émissions des sols agricoles ». Ce phénomène de rejets azotés est particulièrement important en Asie, par rapport à l’Europe ou l’Amérique du Nord. S’il n’y a pas assez d’azote recyclé par la décomposition de la matière organique des sols, on peut avoir une limitation de la croissance des végétaux, qui réduit donc l’absorption du CO2. Donc le dépôt d’azote par la pollution permet sous certaines conditions d’augmenter la fixation du CO2. Une étude menée aux États-Unis publiée dans Nature en 2009 avait montré qu’un enrichissement du sol en azote était bénéfique pour tous les arbres dont les racines sont associées avec des champignons, une symbiose très répandue appelée mycorhize. Dans les forêts nord-américaines, cela aurait permis d’augmenter de 40% la quantité de carbone capturée par rapport à la période pré-industrielle.


Le phénomène va s’accentuer

Ce puits de carbone devrait encore évoluer les prochaines années. « Les modèles projettent une augmentation future mais estiment mal le risque de pertes liées aux feux de forêt et aux insectes qui attaquent les arbres, et peuvent les faire mourir  »  conclut Philippe Ciais.

Source: https://www.climato-realistes.fr/les-forets-de-lhemisphere-nord-absorbent-de-plus-en-plus-de-co2/

Five decades of northern land carbon uptake revealed by the interhemispheric CO2 gradient, by P. Ciais et al. https://www.nature.com/articles/s41586-019-1078-6

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Les Brigandes: Liberté

23 Juin 2019 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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Entretien avec Piotr O. Tolstoï, vice-président de la Douma de la Fédération de Russie (Horizons et Débats, Suisse)

15 Juin 2019 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

«Le plus important est d’éviter la guerre, les conflits militaires»

Des difficultés à surmonter les préjugés

Interview de Piotr O. Tolstoï,* vice-président de la Douma de la Fédération de Russie

hd. Dans notre édition no 9 du 15 avril 2019**, nous avons présenté un compte rendu de la Conférence intitulée «Ne jamais oublier: favoriser la paix et la prospérité au lieu de la guerre et la pauvreté» de Belgrade. Piotr O. Tolstoï était un des intervenants et membre de l’importante délégation russe. «Horizons et débats» s’est entretenu avec lui en marge de cette Conférence.

Horizons et débats: Quel était à l’époque votre situation personnelle lors du début de la guerre d’agression de l’OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie?

Piotr Olegovitch Tolstoï: Il y a vingt ans, je travaillais comme journaliste à la Télévision russe. Quand les bombardements ont commencé, j’étais tous les jours en contact direct avec Belgrade. Je me rappelle très bien, par exemple, que j’étais avec mon ami journaliste Evgueniy Baranov – également présent à ce congrès – lui à Belgrade et moi au studio de Moscou au moment où les bombes sont tombées sur le bâtiment de la Télévision serbe. Soudainement, nous avons perdu le son, la ligne était interrompue.
Pour moi, cela fut un sérieux défi professionnel, car à l’époque à la Télévision russe, on travaillait sans programme de réserve. J’avais donc trente minutes d’émission devant moi, j’avais perdu le son et le lien avec Belgrade et, en tant que présentateur de télé, il fallait remplir cette demi-heure, en direct. Pour finir, nous avons discuté de la situation et surtout des conséquences de cette attaque de l’OTAN pour la Russie et pour la politique internationale avec divers invités russes, qui sont également présents aujourd’hui au congrès. Ce fut une leçon très claire pour tout le pays et pour la plupart des citoyens russes. Cette attaque transforma fortement le point de vue qu’ils avaient de l’Occident, avant et après l’agression envers la Yougoslavie. Ce fut la première rupture de confiance entre la Russie et l’Occident. Puis, il y eut Evgueni Primakov qui fit demi-tour avec son avion1 – selon moi, à juste titre – ce qui a influencé négativement les relations entre l’Occident et la Russie. C’est bien dommage, mais malheureusement c’est comme cela. Et il semble impossible de changer cela à court terme.

Vous avez mentionné qu’il y a des leçons à tirer de cette guerre. A quoi pensez-vous?

En premier lieu, je suis convaincu qu’aucune raison humanitaire, aucune raison de protection des droits de l’homme, aucune raison de protection des conflits interethniques ne peut justifier une intervention militaire – pour éviter le mot agression – dans les affaires souveraines d’un pays. Dans notre politique internationale, nous partons de ce principe-là.
Je peux vous dire que la grande majorité des parlementaires – de nos collègues présents dans l’Union interparlementaire (UIP, organe rattaché à l’ONU) – ont voté une résolution proposée par la Russie, selon laquelle il doit être impossible de s’immiscer de cette façon dans les affaires intérieures d’un pays souverain. Si nous insistons sur ce point, ce n’est pas en raison du risque d’une intervention contre nous. En effet, grâce à l’héritage de l’URSS, la Russie n’est pas soumise à cette menace, car heureusement, elle possède l’arme nucléaire.
Mais nous avons tous pu observer les transformations ayant eu lieu dans plusieurs pays européens – mais également en Afghanistan, en Irak et en Libye – où la démocratie n’a finalement pas gagné. Lorsque de telles interventions sont lancées, on avance toujours de beaux principes que nous soutenons aussi: liberté, droits de l’homme, démocratie etc. Y a-t-il aujourd’hui la démocratie en Afghanistan, en Libye ou dans tous les autres pays attaqués?
A mon avis, c’est ce qui est à l’origine de la décision du président Vladimir Poutine d’accepter la demande de Bachar el-Assad de s’engager en Syrie. Ce n’est pas parce qu’un dictateur Poutine veut soutenir un dictateur Assad. Pas du tout. C’est parce que la Russie voulait soutenir la structure étatique sur le territoire de la Syrie. Car son éclatement aurait eu des conséquences bien pires qu’aujourd’hui en Libye. L’essentiel – indépendamment du sort d’Assad – était de préserver les structures étatiques, pour contrer le terrorisme international.
Et d’ailleurs, je crois qu’en Europe on ne se rend pas compte que, grâce à cela, aujourd’hui, on ne trouve plus de vidéos montrant comme on coupe la tête à des personnes en habits orange sur YouTube. Ces gens-là ont été éliminés du territoire syrien par les Russes, les Iraniens, le Hezbollah. Cela ne plaît pas à la coalition des soixante pays occidentaux ayant commencé à faire cela en Irak. Mais peu importe, je suis sûr et certain que c’était la bonne décision pour la Syrie et également pour le monde entier, parce que c’est la façon dont on peut sortir de pareilles crises.

La Syrie est le premier pays où on a réussi à stopper les terroristes …

… à repousser, on ne peut pas dire stopper, parce qu’ils sont partis en Afrique, ils sont un peu partout. Mais quand-même, on a réussi à limiter leurs activités. Je souligne, que les Russes se sont rendus en Syrie suite à la demande du gouvernement syrien. Peu importe ce qu’on pense d’Assad et de son gouvernement, c’est le gouvernement reconnu par la communauté internationale représentée à l’ONU qui a officiellement demandé à la Russie de le soutenir. Les forces russes ne sont pas venues à la manière des avions de l’OTAN, partis de leur base d’Aviano en Italie pour déverser des bombes au nom de la démocratie sur la Serbie.

Faut-il encore expliquer cela aujourd’hui?

Oui. Je souligne tout cela parce que, dans l’opinion publique et la presse occidentale, on véhicule des clichés irréalistes sur la situation en Syrie et en Ukraine en relation avec la Russie, sur le gaz, sur plusieurs sujets … Cette diffusion irresponsable de clichés un peu idiots déforme l’opinion publique de manière importante.
Suite à cela, il faut recommencer à expliquer les réalités aux gens en partant de zéro. Moi-même, je m’entretiens souvent avec les députés de plusieurs Parlements européens. Mes collègues néerlandais, par exemple, ne savaient pas que l’Ukraine faisait partie de la Russie. Ils croyaient qu’elle avait toujours été indépendante et que la Russie en avait annexé une partie. Ils ne savaient pas qu’il y a vingt millions de Russes sur le territoire de l’Ukraine. Ils ignoraient tout de l’histoire. Quand j’ai commencé à leur expliquer point par point, ils étaient très étonnés et ont dit: mais alors, cela change tout!

En tant que participants suisses, d’un pays non membre de l’OTAN, nous aimerions bien savoir quelles sont vos relations avec la Suisse?

Nous avons de très bonnes relations avec la Suisse. Lors d’un petit déjeuner, j’ai rencontré M. Yves Rossier, l’ambassadeur suisse à Moscou. La Suisse tente toujours de jouer le rôle d’intermédiaire entre l’Occident et la Russie.

Aussi concernant les sanctions?

Oui. Mais politiquement, je peux vous dire que malgré les visites réciproques auxquelles j’ai participé – de la présidence du Parlement suisse à Moscou et de la présidence du Parlement russe en Suisse –, nous n’avons pas, à l’heure actuelle, de travail interparlementaire entre les deux Parlements. La cause en est les sanctions contre la Russie et la prudence politique de nos collègues suisses. Mais nous les comprenons bien. Les tentatives des Suisses pour garder le statut de neutralité sont intéressantes. Historiquement, la Suisse est un pays ayant souvent été le lieu de négociations difficiles, où ont été signés des accords fondamentaux sur la sécurité internationale.

Actuellement, nous connaissons des soucis concernant le retrait des USA du Traité sur les missiles à portée intermédiaire.

En effet, depuis le retrait des Etats-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (INF), la sécurité en Europe s’est beaucoup dégradée. Et malheureusement, les bases militaires de l’OTAN se trouvent maintenant près de la frontière russe en Bulgarie, en Roumanie, en Pologne et bientôt dans les Pays baltes. Le temps de vol d’un missile envoyé depuis la Roumanie en direction de Moscou est de dix minutes. Avec cet élargissement de l’OTAN vers l’Est, nous nous sentons bien un peu entourloupés.

Que pensez-vous qu’on puisse faire pour améliorer cette situation?

C’est très difficile. Il faut arriver à corriger, à surmonter les clichés dans l’opinion publique, il faut tout remettre à zéro, il faut se mettre à la table des négociations. On dit parfois qu’il faut renouveler le Traité de Yalta. Mais avant Yalta, il y avait la guerre. On aimerait bien éviter la guerre, éviter les conflits militaires. C’est le plus important.

Le retour à la table des négociations est de loin la meilleure solution.

Nous sommes prêts! Nous sommes ouverts à cela. La Russie souligne cela, Poutine le dit à chaque occasion, le ministre des Affaires étrangères et moi-même, en tant que membre de la présidence du Parlement, le soulignons lors de toutes nos rencontres au niveau international. Nous sommes, par exemple, en dialogue au niveau parlementaire avec les Américains qui aiment bien rencontrer les délégations russes à l’OSCE à Vienne. Nous discutons de beaucoup de choses, mais le problème c’est justement de surmonter cette vague des stéréotypes qu’on rencontre aujourd’hui dans de nombreux médias, dans la politique internationale et également chez bon nombre de politiciens.
Nous espérons donc que, tôt ou tard, cela change, sinon, le conflit militaire est inévitable. Et nous ne voulons pas que cela arrive.

L’Allemagne joue un rôle prépondérant dans le conflit entre l’OTAN et la Russie. Comment voyez-vous les relations germano-russes?

Nous avons de très bonnes relations avec l’Allemagne. C’est notre partenaire économique numéro un en Europe. Nous sommes en train d’effectuer ensemble un projet très important pour toute l’Europe, le gazoduc Nord Stream 2, qui est d’ailleurs qualifié par certains comme une arme politique. On nous dit que c’est le pacte Molotov-Ribbentrop dans le domaine du gaz, ou d’autres bêtises similaires. A mon avis, ce gazoduc rend l’économie allemande plus concurrentielle, car notre gaz est 40% moins cher que le gaz liquéfié américain. Donc, pour l’instant, j’espère que le gaz russe va avoir un effet positif à long terme pour l’économie de tout l’Europe.

Quel rôle jouent les contacts directs entre citoyennes et citoyens de nos deux pays, par exemple sous la forme des jumelages de villes, face aux difficultés d’entente mentionnées précédemment?

Nous partons du principe que plus il y a de contacts, mieux c’est. Lors du championnat du monde de football de 2018, des centaines de milliers de personnes sont venues en Russie. Elles ont réalisé que ce n’est pas un pays dans lequel on ne trouve que des ours et des balalaïkas, stéréotypes souvent diffusés. Ce fut très efficace. Nous sommes donc ouverts à tous les échanges possibles et imaginables et, naturellement, à tous les échanges entre les villes aussi.
Nous sommes en train d’élaborer un projet de visas électroniques que l’on pourra commander par l’ordinateur de chez soi. La Russie est ouverte à tous les échanges. Le problème vient justement du fait qu’il y a quelques différences entre la réalité et les stéréotypes circulant dans l’opinion publique. Les gens pensent que notre pays est très lointain et quand on leur dit que Moscou est à trois heures de vol de Genève, ils ont de la peine à y croire.
Donc on verra bien. Nous invitons toujours tout le monde. Venez voir comment nous vivons. Nous avons de très nombreux problèmes à l’intérieur du pays, nous en sommes conscients. C’est un immense pays. Mais ne rajoutons pas, par dessus le marché, des tensions internationales au niveau de la politique internationale. J’espère que tôt ou tard la situation s’améliora – en faveur d’échanges sur un pied d’égalité.

Cher Monsieur, nous vous remercions de cet entretien.    •

* Piotr Olegovitch Tolstoï est journaliste. Il fut un ancien présentateur-vedette de la 1re chaîne de TV russe et depuis 2014, membre de la Chambre basse du Parlement russe (Douma). Depuis 2016, il est l’un des vice-présidents de la Douma. Il est membre du parti gouvernemental «Russie unie». Il est également membre de la Chambre sociétale de la Fédération de Russie, dont la mission est, entre autres, de faire connaître les intérêts des citoyens et des associations sociétales au sein des organisations étatiques. En 1999, lors des bombardements de l’OTAN en Serbie, il était présentateur à la télévision étatique russe et informait quotidiennement au sujet de la situation et des effets de la guerre. Par ailleurs, Piotr Tolstoï est l’arrière-arrière petit-fils de l’écrivain et philosophe Léon Tolstoï (1828–1910).

** https://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2019/n-9-15-avril-2019/arretez-la-confrontation-commencez-a-dialoguer.html

1    Evgueni Primakov, président du gouvernement de la Fédération de Russie, ordonne le 24 mars 1999 en plein vol au commandant de bord de son avion, devant se rendre aux Etats-Unis afin d’effectuer une visite officielle à Washington, de rentrer immédiatement à Moscou en signe de protestation, lorsque les premières bombes de l’OTAN s’abattent sur Belgrade (ndlr.)

Source: https://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2019/n-11-13-mai-2019/le-plus-important-est-deviter-la-guerre-les-conflits-militaires.html

Note: Cet entretien s'est tenu à Belgrade en français, langue que possède particulièrement bien Piotr O. Tolstoï, comme on le voit!

Piotr Olegovich Tolstoï, vice-Président de la Douma de la Fédération de Russie

Piotr Olegovich Tolstoï, vice-Président de la Douma de la Fédération de Russie

Petr Olegovich Tolstoy sur le site de la Duma:

http://duma.gov.ru/en/duma/persons/99112869/news/

Armes de la famille Tolstoï

Armes de la famille Tolstoï

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Nuccio Ordine: "La utilidad de lo inútil/L'utilité de l'inutile". Entrevista con/entretien avec Marta Peirano (eldiario.es)

15 Juin 2019 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Afirmo, señores, que las reducciones propuestas en el presupuesto especial de las ciencias, las letras y las artes son doblemente perversas –argumentaba Victor Hugo frente a una propuesta ministerial de recortar fondos para la cultura en 1848–. Son insignificantes desde el punto de vista financiero y nocivas desde todos los demás puntos de vista".

Es una de las muchas voces que invoca el pensador italiano Nuccio Ordine en La utilidad de lo inútil (Acantilado), un "manifiesto" sobre la necesidad de la literatura (y especialmente de los clásicos) en tiempos de crisis y contra la desintegración de los museos, universidades y laboratorios. Aprovechamos su visita a Madrid para hablar de su libro y de las consecuencias del utilitarismo cultural, que devora también nuestras instituciones.

Empecemos por el principio. ¿Qué es lo inútil?

En nuestra sociedad se considera útil sólo aquello que produce beneficios. Por esa lógica, la música, la literatura, el arte, las bibliotecas, los archivos de Estado, la arqueología, son todas cosas que se consideran inútiles porque no producen beneficios. Por eso no nos extraña que, cuando los gobiernos hacen recortes, comienzan por estas cosas inútiles sin darse cuenta de que, si eliminamos lo inútil, cortamos el futuro de la humanidad.

El drama que vivimos es ese: todos los ámbitos de nuestra vida están contaminados por la idea del beneficio y del lucro. Ya no educamos a las nuevas generaciones en el amor por el bien común, por el desinterés, por lo gratuito. Los educamos al revés, en el amor al dinero, a lo útil, al beneficio personal. Los profesores y rectores universitarios se han convertido en managers, y hablan un lenguaje contaminado por la lógica económica. Los estudiantes estudian para conseguir créditos y para pagar unas deudas. Este lenguaje no es neutro, demuestra que el lenguaje del lucro domina todas las capas de la vida.

Dice usted que la cultura sólo puede ser gratuita.

Kant lo explica muy bien: si yo voy a un concierto, ¿en qué me beneficia? Mi amor por la música es un amor desinteresado y sólo ese amor me hace mejor. En una sociedad corrompida por la dictadura del beneficio, el conocimiento es la única forma de resistencia. Porque con el dinero se puede comprar cualquier cosa; parlamentarios, políticos, jueces, el éxito, la vida erótica. Sólo hay una cosa que no se compra con dinero: el conocimiento. Si soy un gran magnate y quiero comprar el saber, ni un cheque en blanco me valdría. El precio del saber es el esfuerzo personal. El conocimento no se compra, se conquista.

Sin embargo, en su libro pone toda la responsabilidad sobre las instituciones. ¿No tenemos los individuos la obligación moral de ser inteligentes?

Las instituciones son los lugares donde esas cosas deberían ocurrir. Un joven tiene que comprender la importancia de la cultura y la misión de la escuela, de la educación, es esta: demostrarle que para entenderse a sí mismo y entender al mundo es necesario aprender. Y esto no ocurre porque los profesores están mal pagados, infravalorados y al mismo tiempo no hay recompensa para el que trabaja en la escuela. Es una paradoja que aún hoy en Italia hay profesores universitarios que tienen 50 años y siguen siendo interinos, no tienen un puesto de trabajo. La crítica de las instituciones es una crítica a cada uno de nosotros, pero las instituciones deben favorecer la excelencia. Cada vez que se reduce la financiación de las escuelas y universidades, acabamos con ella.

En su libro menciona que el poder tiene que destruir primero los artefactos y las instituciones culturales para poder establecer su régimen. ¿Los destruye porque los desprecia o porque les tiene miedo?

Los políticos matan la cultura porque desprecian la cultura, pero también porque le tienen miedo. Lo desprecian porque nuestra élite política es cada vez más ignorante, más inculta. Y por otra parte tienen miedo porque prefieren tener delante un público de personas que no estén capacitados para pensar con su propia cabeza y, por tanto, sean manipulables por los medios de masas, la televisión, las campañas electorales, toda una dimensión de engaños y mentiras que las personas reciben sin ser conscientes.

La ausencia de cultura es el abono necesario para que prospere la corrupción.

En Italia, el Tribunal de Cuentas que comprueba el presupuesto del Estado ha establecido que pagamos más o menos 150.000 millones al año de corrupción. Esto significa que, si un funcionario del Estado compra un vaso y el vaso compra un euro, nosotros pagamos un euro con 50 porque los 50 son el precio de la corrupción. Si pudiéramos eliminar la corrupción, ya no haría falta debilitar a la clase media y empobrecer cada vez más a los pobres. No haría falta eliminar los derechos fundamentales que hacen que el hombre sea digno de ser hombre.

Con la excusa de la crisis se está expropiando la dignidad humana. Si corto los fondos para financiar a los enfermos, para ayudar a los discapacitados, si despido a padres que ya no pueden mantener a los suyos con un mínimo de dignidad, cometo un crímen gravísimo. Los derechos en los que se fundamenta la dignidad humana jamás se deberían tocar. Sería suficiente luchar contra la corrupción y esos 150.000 millones que ahorraríamos podrían con creces solucionar la crisis y mucho más.

Los gobiernos mienten cuando dicen que la crisis la pagamos todos: esta crisis no la pagan los bancos, no la pagan los banqueros, no la pagan los financieros. Esos reciben millones de euros de sueldo al año y aún finalizan su mandato con 15 millones de euros de finiquito. Luego se descubre que la empresa está en números rojos y que el directivo había firmado acuerdos para "privatizar" el dinero de la gente y llevárselo a casa. ¿Cómo podemos salir de este círculo vicioso? Creando y formando a jóvenes que sean conscientes, que sean capaces de defender el bien común. Jóvenes que no sean educados en el culto del beneficio y del dinero. Gente que se haya educado en una visión ética del mundo y que profesen el culto a la solidaridad humana.

Pero la solidaridad no depende de sus beneficiarios, igual que la naturaleza de un crimen no se debe definir por sus víctimas. ¿Podemos aspirar a la solidaridad humana mientras aceptamos como sociedad la crueldad institucionalizada contra el resto de las especies?

Absolutamente correcto: infligir dolor no es una cosa que atañe únicamente al género humano. Hay un fragmento bellísimo de Demócrito que, hablando con Hipócrates, le explica al padre de la medicina por qué se ríe. Porque Hipócrates pensaba que Demócrito estaba loco y por eso se reía. En cambio Demócrito se ríe por otra cosa. "Mira debajo de los hombres –le dice– ¿Qué hacen todo el día? Persiguen el dinero. ¿Y qué hacen con el dinero? Buscar más dinero. El dinero ya no es un medio, se ha convertido en el fin en sí mismo". Y añade que, para conseguir el dinero, el hombre "le corta las venas a la tierra".

Es lo que estamos viendo hoy en todo el mundo. En Italia, la Camorra (la mafia napolitana) ha construido una serie de depósitos subterráneos de residuos tóxicos. Y en aquellas zonas hay una alta tasa de enfermedad, de niños enfermos porque sus habitantes comen productos agrícolas contaminados por esos residuos tóxicos. Con este sistema estamos creando una manera de aniquilar cualquier cosa que atañe no sólo a la vida humana sino a la vida de nuestro sistema en sí.

El Renacimiento y la Ilustración, con su desarrollo de conceptos ilustrados como el de los "derechos humanos" que definen nuestra sociedad actual, coinciden en el tiempo con las dos grandes olas de colonialismo europeo. Los monarcas e intelectuales ilustrados, junto con la Iglesia, disfrazaron la expropiación y el genocidio de misión civilizadora. ¿No está ocurriendo ahora lo mismo dentro de nuestras fronteras? ¿Son los pobres las nuevas colonias?

La comparación es muy buena. Si lees a algunos autores del Renacimiento, pocas voces han gritado contras las masacres llevadas a cabo en el Nuevo Mundo. Uno de estos es Bartolomé de las Casas. En Italia, Giordano Bruno describió a Colón y a sus marineros, no como marineros sedientos de saber sino como piratas sedientos de oro y de plata. Bruno dice: "Fueron a llevar una civilización, pero ellos ya tenían una civilización. Fueron a llevar una lengua, pero ellos ya tenían una lengua. Fueron a llevar una religión, pero ellos ya tenían una religión".

Estos filósofos del Renacimiento dejaban entrever que la multiplicidad de las lenguas, de las religiones, de las filosofías, de los pueblos, de los colores de la piel, no son una limitación de la humanidad sino una riqueza de la humanidad. Lo que vemos hoy es propio de ese modelo horrible de masificación de hacer que seamos todos iguales. ¿Cuál es la ley que nos guía? La ley del beneficio.

Del país más perdido de Asia hasta el país más rico de Europa o Estados Unidos, comemos las mismas hamburguesas de McDonald's, vestimos la misma ropa y vemos las mismas tonterías en televisión. Esta ideología del beneficio es cada vez más global de lo que pudo ser en el pasado y los primeros ejemplos de la colonización son los ejemplos de cómo una suspuesta civilización pudo destruir una civilización que no conocía el beneficio y que vivía en un estado natural.

Tocqueville dice "hoy en América la gente busca las bellezas fáciles". ¿Qué quiere decir? Que no tengo tiempo de dedicarme a la lectura o para ir a una exposición de cuadros. El tiempo es dinero. Prefiero el libro que no me pide esfuerzos y aquellas manifestaciones culturales superficiales, mundanas, donde yo no aprendo nada porque no tengo tiempo para las cosas que requieren un compromiso personal. El riesgo de hoy está justamente en cultivar las bellezas fáciles; el bestseller, las películas que sólo son efectos especiales, todo lo que usamos para distraernos porque no queremos pensar, en lugar de ser estimulados a la reflexión.

¿Qué pasará cuando se privatice totalmente la enseñanza?

La educación, como la sanidad, es un pilar fundamental de una sociedad que sólo el Estado puede gestionar. Y la educación privada es una trampa, una de las peores cosas hacia las que nos podemos dirigir. Porque no podemos conocer el nivel de laicidad de una escuela privada, de una escuela católica, musulmana, de partido. Digo laicismo en el sentido de pluralidad, de construir personas libres de la ortodoxia. La escuela pública garantiza en primer lugar igualdad de los estudiantes. Quizá no ahora en la práctica pero es el único lugar donde se puede aspirar a este modelo. Hay universidades privadas excelentes pero están restringidas a los que tienen dinero. Tenemos que crear unas escuelas e universidades igual de excelentes con dinero del Estado para dar a todos la misma oportunidad.

¿Se puede tener democracia sin escuela pública?

Absolutamente no. Como no se puede tener democracia sin cultura, sin el respeto del otro y sin amor por el bien común. La formación de los jóvenes es importante porque es el futuro de la democracia. Si seguimos creando personas que piensan sólo en su beneficio personal, perderemos lentamente la democracia.

¿Lentamente?

Bueno, en realidad ya la hemos perdido. El proceso está ocurriendo ante nuestras narices pero no tenemos capacidad de reacción.

¿Cuál es la cura de la infelicidad?

Adriano Olivetti [el singular empresario de las máquinas de escribir] decía: "Yo quiero una fábrica que no produzca sólo beneficios. Quiero una fábrica que produzca belleza y libertad. Porque serán la belleza y la libertad las que nos indiquen el camino para ser felices". Y una de las cosas que me ha llamado la atención leyendo a Montaigne es que Montaigne nos dice que no es poseer lo que nos hace felices, sino el gozar y el aprender a gozar. Si no apreciamos la belleza, si no sabemos apreciar el arte, la música, muy difícilmente aprenderemos a gozar.

¿Nos ayudan los clásicos a encontrar en el infierno lo que no es infierno?

Leí ese pasaje del que hablas en un colegio donde muchos chicos eran hijos de padres encarcelados y les impactó mucho. Mi libro quiere ser una de esas pequeñas llamas de las que habla Calvino que pueden ayudar a ver el camino y hacernos entender lo que no es infierno del infierno en que vivimos para poder defenderlo. Este es el camino difícil que necesitamos escoger.

La tarea de los clásicos es despertar nuestra atención, estimular la reflexión, alimentar nuestra pasión, y ayudarnos a entendernos a nosotros mismos y el mundo que nos rodea. Y para desmontar una de las mayores tonterías que hoy perviven en nuestra sociedad: que para entender el presente hay que estudiar el presente. Para entender el presente hace falta el pasado. Sin pasado, no se puede entender el presente.

Giordano Bruno nos enseña que si la filosofía no se transforma en una manera de vida, no nos sirve para nada. Y Bruno escribió la última página de su filosofía en la hoguera del Campo de Fiore donde fue quemado por hereje, demostrando que se pueden quemar los libros pero no las ideas. La palabra de Bruno, la palabra de Montaigne, la palabra de Victor Hugo, nos hacen entender tantas cosas de nuestro presente porque algunos de nuestros grandes autores que han sabido exponer de manera sencilla lo que llevamos dentro y que no somos capaces de expresar. Y la literatura, la música, el arte son los únicos capaces de decir lo indecible y enseñarnos lo invisible."

Source: https://www.eldiario.es/cultura/libros/entrevista_Nuccio_Ordine-conocimiento-resistencia_0_208229595.html

Nuccio Ordine: "La utilidad de lo inútil/L'utilité de l'inutile". Entrevista con/entretien avec Marta Peirano (eldiario.es)

"La furia destructiva se abate sobre las cosas consideradas inútiles: el saqueo de la biblioteca real de Louyang efectuado por los Xiongnu en China, la quema de manuscritos paganos en Alejandría, decretada por el obispo Teófilo, los libros heréticos consumidos por las llamas de la Inquisición, las obras subversivas destruídas en los autos de fe escenificados por los nazis en Berlín, los espléndidos budas de Bamiyán arrasados por los talibanes en Afganistán o también los manuscritos de Sahel y las estatuas de Alfaruk en Tombuctú amenazadas por los yihadistas. Cosas inútiles e inermes, silenciosas e inofensivas, pero percibidas como un peligro por el simple hecho de existir."

Lee la introducción completa del manifiesto de Nuccio Ordin

https://www.eldiario.es/cultura/libros/Nuccio_Ordine-utilidad_de_lo_inutil_0_208230016.html

Nuccio Ordine: "La utilidad de lo inútil/L'utilité de l'inutile". Entrevista con/entretien avec Marta Peirano (eldiario.es)

La utilidad de lo inútil a été traduit en français et publié par les Editions des Belles Lettres sous le titre: L'utilité de l'inutile: https://www.lesbelleslettres.com/livre/2776-l-utilite-de-l-inutile

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Les gardes forestiers ont manifesté contre la privatisation de l’ONF (Reporterre)

11 Juin 2019 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Vendredi 7 juin 2019, lors du Congrès national des communes forestières à Épinal (Vosges), des centaines de fonctionnaires de l’Office national des forêts (ONF) se sont mobilisés pour montrer leur opposition au démantèlement du service public forestier. Dans un article, Reporterre rappelait que de lourdes menaces planent actuellement sur cet établissement public.

Le nombre de ses salariés a fortement diminué, son déficit culmine à 360 millions d’euros et un projet décret, en ce moment en consultation, propose de supprimer la consultation de l’ONF en cas de défrichement.

Un rapport interministériel devrait être rendu public sous peu. Il pourrait remettre en cause l’existence même de l’établissement et livrer la gestion des forêts publiques à des prestataires privés. Vendredi 7 juin, l’intersyndicale souhaitait interpeller lors du congrès des communes forestières le ministre de l’Agriculture, Didier Guillaume, sur cette future réforme mais le ministre ne s’est finalement pas déplacé et a annulé son intervention. Les gardes forestiers restent donc dans l’attente."

Source: Reporterre: https://reporterre.net/Les-gardes-forestiers-ont-manifeste-contre-la-privatisation-de-l-ONF

Forêts publiques : l’État réfléchit au démantèlement de l’ONF:

https://reporterre.net/Forets-publiques-l-Etat-reflechit-au-demantelement-de-l-ONF

et

http://www.snupfen.org/article1191.html

Sur le même sujet et sur le même blog:

http://pocombelles.over-blog.com/article-la-foret-fran-aise-entre-privatisation-et-suicides-80952305.html

http://pocombelles.over-blog.com/2017/03/profit-saccage-le-triste-visage-de-la-foret-francaise.html

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Magie du Minashkûat

11 Juin 2019 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Magie du Minashkûat

Une labradorite parmi les feuilles sèches aromatiques de Thé du Labrador (Thé des bois, Ledum groenlandicum Retzius, ikuta en langue innue/montagnaise): c'est le pays magique du Minashkûat, la taïga du Québec-Labrador. Monts, vallées, lacs, rivières, forêt de conifères et toundra à perte de vue. Ses reflets sont les aurores boréales qui illuminent les nuits. On voit aussi un phoque sur un rocher, au milieu de la mer. Ou bien une martre (Martes americana) ou un pékan (Pekania pennanti) dévorant sa proie dans un paysage de glace et de neige? C'est la divination par la labradorite.

Pierre-Olivier Combelles

Thé du Labrador (Ledum groenlandicum Retzius, "ikuta" en langue innue/montagnaise) en fleur, en juillet, quelque part sur la Basse Côte-Nord du Québec. Photo: Pierre-Olivier Combelles, 1990.

Thé du Labrador (Ledum groenlandicum Retzius, "ikuta" en langue innue/montagnaise) en fleur, en juillet, quelque part sur la Basse Côte-Nord du Québec. Photo: Pierre-Olivier Combelles, 1990.

Le lac Kahakaukamahkaht, près de la chaîne des lacs Coacoachou (Kukutshu, le carcajou). Basse Côte-Nord du Québec. Photo: Pierre-Olivier Combelles (1992)

Le lac Kahakaukamahkaht, près de la chaîne des lacs Coacoachou (Kukutshu, le carcajou). Basse Côte-Nord du Québec. Photo: Pierre-Olivier Combelles (1992)

Magie du Minashkûat
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L'homme a besoin de la forêt, mais la forêt n'a pas besoin de l'homme.

2 Juin 2019 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

In: Le Courrier de la Nature, revue de la Société nationale de protection de la nature (S.N.P.N.).

In: Le Courrier de la Nature, revue de la Société nationale de protection de la nature (S.N.P.N.).

L'homme a besoin de la forêt, mais la forêt n'a pas besoin de l'homme.
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