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Le Rouge et le Blanc

Face à la crise alimentaire mondiale, faut-il exporter, importer...ou produire pour défendre sa sécurité alimentaire ?

6 Septembre 2012 , Rédigé par Béthune

Un article de La Republica (Lima, Pérou) du mercredi 5 septembre link annonce que13,8 millions de Péruviens seront affectés par la crise alimentaire mondiale. Il souligne que la FAO (ONU), le Programme Mondial des Aliments (PMA) et le Fonds International pour le Développement de l'Agriculture recommandent aux pays d'éviter d'imposer des restrictions à l'exportation d'aliments pour éviter une crise alimentaire mondiale.

On se demande pourquoi ils ne recommandent pas aux pays de produire pour assurer la sécurité alimentaire de leurs propres peuples.

Il est vrai que cela remettrait en question la politique économique globaliste qui consiste à privilégier systématiquement l'agriculture d'exportation sur l'agriculture vivrière grâce au libre-échange ("le renard libre dans le poulailler libre") dans un système croisé d'importations-exportations-grande distribution où toute la nourriture doit être achetée et vendue et où l'habitant, qu'il soit Péruvien, Canadien ou Français, n'est plus qu'un consommateur captif.

Au Pérou, 10 millions d'habitants sur les 30 millions que compte le pays sont concentrés dans la capitale, Lima, au milieu du désert côtier. Les campagnes des Andes sont à moitié abandonnées. 90% du blé est importé. Et pourtant, le pays dispose d'une variété infinie de plantes alimentaires et sa mer est l'une des plus riches du monde, sinon la plus riche, en produits marins. En raison du climat semi-tropical, on peut faire plusieurs récoltes par an et les Andes peuvent être cultivées jusqu'à plus de 4000 m d'altitude (4300 m pour la maca, Lepidium meyenii Walpers).

Autre chose: il y a un lien entre l'urbanisation forcenée, le dépeuplement des campagnes, la négligence de l'agriculture vivrière et la préférence donnée à agriculture d'exportation (principalement sur la Côte Pacifique) par les gouvernements de turno: c'est que l'agriculture vivrière et la présence des paysans indigènes dans les Andes sont les principaux  obstacles à l'exploitation des mines d'or (le Pérou est le 5e producteur d'or au monde) par les grandes compagnies transnationales comme Newmont-Buenaventura (Conga, Breapampa). Et cela à une époque de hausse de l'or et de menaces d'effondrement de l'euro et du dollar.

Produire selon les méthodes traditionnelles, défendre la sécurité alimentaire, défendre la culture nationale, interdire les OGM, chasser les chaînes de fast-food et les fabricants internationaux de boissons gazeuses comme les pays d'Amérique du Sud commencent à le faire, refuser l'endettement des Etats ("Dette odieuse") et des particuliers, c'est la meilleure et la seule façon d'éviter la crise alimentaire mondiale. Et le chômage.

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