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Le Rouge et le Blanc

Gouverner un pays, gagner l'Empire (Tao Tö King)

25 Septembre 2012 , Rédigé par Béthune

III

 

En n’exaltant pas les hommes de talent, on obtient que le peuple ne lutte pas.

En ne prisant pas les biens d’acquisition difficile, on obtient que le peuple ne soit pas voleur.

En ne lui montrant pas ce qu’il pourrait convoiter, on obtient que le coeur du peuple ne soit pas troublé.

Voilà pourquoi le Saint, dans son gouvernement, vide le coeur (des hommes) et remplit leur ventre, affaiblit leur volonté et fortifie leurs os, de manière à obtenir constamment que le peuple soit sans savoir et sans désirs, et que ceux qui savent n’osent pas agir. Il pratique le Non-agir, et alors il n’y a rien qui ne soit bien gouverné.

  


LVII

  

 

On gouverne un pays par la rectification, on conduit la guerre par des stratagèmes, — mais on gagne l’Empire par l’inaction.

On gagne l’Empire en restant constamment dans l’inaction. Dès qu’on devient actif, on n’est pas à même de gagner l’Empire.

Comment sais-je qu’il en est ainsi ? Par ceci : Plus il y a de défenses et de prohibitions dans l’Empire, plus  le peuple s’appauvrit. Plus le peuple  possède d’instruments utiles, plus le pays et la dynastie se troublent.

Plus il y a d’ouvriers ingénieux, plus il se produit d’objets bizarres. Plus on publie de lois et d’ordonnances, plus les voleurs et les brigands se multiplient.

C’est pourquoi un Saint a dit : « Si je pratique le Non-agir, le peuple se transforme de lui-même.

Si j’aime la quiétude, le peuple se rectifie de lui-même. Si je m’abstiens d’activité, le peuple s’enrichit de lui-même. Si je suis sans désirs, le peuple reviendra de lui-même à la simplicité. »

 

TAO TÖ KING, LE LIVRE DE LA VOIE ET DE LA VERTU

Texte chinois établi et traduit avec des notes critiques et une introduction par J. J.-L. DUYVENDAK (1889-1954). Librairie d’Amérique et d’Orient Adrien Maisonneuve, Paris, 1987.

 

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