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Le Rouge et le Blanc

L’UE avance selon un plan bien établi: D’une institution communautaire à une entité centralisée (Eberhard Hamer/Horizons et Débats)

25 Mars 2013 , Rédigé par Béthune

Horizons et Débats (Suisse)

Sommaire du N°11, 18 mars 2013

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L’importance de Friedrich Wilhelm Raiffeisen pour le mouvement des coopératives au XIXe siècle par René Roca, historien

Un premier pas pour protéger l’économie de marché contre un abus manifeste venant de l’intérieur par Hansrudolf Schmid

«Il vaut mieux s’en tenir aux actes qu’aux paroles»

Une visite dans la maison de Schulze-Delitzsch à Leipzig | par Klaudia et Tankred Schaer

Marché intérieur européen – erreur fondamentale de l’intégration

Contre la doctrine du libre-échange par Karl Albrecht Schachtschneider, professeur de droit public, Allemagne

L’UE avance selon un plan bien établi: D’une institution communautaire à une entité centralisée par Eberhard Hamer, juriste et professeur d’économie, Allemagne

Conseil de sécurité de l’ONU: pas un endroit pour la Suisse neutre par Marianne Wüthrich, juriste

La fermeture des ambassades n’est pas dans l’intérêt de la Suisse

La démocratie directe suppose un niveau élevé d’intégration

Au sujet de la révision totale de la Loi fédérale sur la nationalité suisse | par Marianne Wüthrich, juriste

Un ami des faibles - Les derniers adieux de l’ancien ambassadeur suisse Walter Suter au président vénézuélien Hugo Chávez Frías (1954–2013) | par Walter Suter

Comme une pieuvre, l’UE s’empare de plus en plus du pouvoir dans les différents Etats membres

Aide lors de «circonstances exceptionnelles» à l’intérieur

Labour avec des chevaux – au rythme de la nature par Michael Götz, Eggersriet, SG

 

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Le Premier ministre anglais, Cameron, en a assez: l’Union européenne évolue vers un centralisme excessif, accapare les compétences et devient trop chère. L’Angleterre, démocratie de longue date, risque de perdre son âme dans ce nouvel Etat centralisé.

Du coup, les commissaires politiques de l’UE et les chefs des gouvernements des pays subventionnés par Bruxelles s’en sont pris à Cameron et ont tenté d’isoler ses propos, afin de ne pas devoir les confirmer.

Mais fin janvier est tombée la réponse en souffrance du gouvernement allemand à la question du député Schäffler (FDP) concernant les salaires de l’UE, juste au moment des projets de cette dernière d’augmenter considérablement le budget:

4365 fonctionnaires eurocrates gagnent plus que la chancelière allemande, plus de 30 000 (sur 50 000) gagnent plus qu’un secrétaire d’Etat ou qu’un ministre fédéral et 26 292 simples traducteurs empochent au sein de l’UE davantage que les députés du Bundestag.

Les eurocrates veulent s’approprier la direction de l’UE

Finalement, cette «eurocratie» s’est non seulement développée comme une pieuvre, mais s’est placée à la tête des pyramides de salaires européens. Toutefois, le bureau politique de Bruxelles ne comprend pas l’indignation régnant à ce propos en Allemagne: En tant que gouvernement suprême, hiérarchiquement supérieur aux gouvernements nationaux, il peut se permettre de faire valoir de plus hautes exigences. Après tout, ses compétences s’étendent à toute l’Europe et pas à un seul Etat.

 

La question des salaires est un symptôme supplémentaire d’un déplacement de pouvoir délibéré en Europe: au lieu d’une «Europe des patries» on a, selon le traité de Bruxelles, mis en place une Europe unifiée, avec des citoyennes et citoyens «standard». On a éradiqué les nationalités et ainsi créé un Etat centralisé avec des provinces. Que cela se soit produit en violation de la Constitution allemande, et constitue la destruction de la démocratie à l’aide de la centralisation de l’Union européenne, a été soigneusement passé sous silence dans la presse.

C’est le porte-parole autoproclamé de l’UE, Juncker, qui a le mieux expliqué à quel point le comité central de Bruxelles avait délibérément centralisé le pouvoir en Europe: «Nous décidons quelque chose, le rendons public, et attendons quelque temps pour voir ce qui se passe. S’il n’y a pas de grand mouvement de contestation et pas de soulèvements, du fait que la majorité des gens ne comprennent pas ce qui a été décidé, nous continuons – un pas après l’autre jusqu’au point de non retour …». C’est ainsi que se passe la perte de démocratie en Europe et la prise du pouvoir par la Commission politique bruxelloise.

En arrière-plan se trouvent les objectifs de l’industrie financière mondiale

Derrière cette centralisation européenne se trouvent les objectifs de l’industrie financière mondiale. Déjà en 1991, David Rocke­feller avait adressé ses remerciements à la presse internationale pour la discrétion affichée envers les objectifs réels du groupe de Bilderberg: «Si nous avions été l’objet d’une observation publique, il nous aurait été impossible de développer nos projets de domination mondiale. Mais le monde a continué de se développer et est prêt à accepter l’idée d’un gouvernement mondial. Il est certainement préférable d’avoir une souveraineté supranationale dirigée par une élite intellectuelle et des banquiers mondiaux, qu’une souveraineté nationale datant du passé.»

 

Le MES est le résultat d’une deuxième loi d’exception

 La haute finance s’est rapprochée d’un bon bout de son but de gouvernance mondiale du fait de la crise de l’euro. Avec l’accord au Mécanisme européen de stabilité (MES) des pays membres, elle a en réalité édicté une deuxième loi sur les pleins pouvoirs selon laquelle on peut anéantir à l’aide des finances la souveraineté nationale, mettre sous tutelle  les parlements nationaux en matière de politique budgétaire, créer une union des dettes et des responsabilités, et concentrer la souveraineté fiscale des pays membres dans une autorité financière suprême européenne, agissant librement, sans avoir de comptes à rendre et sans aucun contrôle parlementaire.

 

Le MES peut, en toute occasion, exiger des pays membres n’importe quel montant et s’engager sans mesure dans des dettes ou en reprendre et les répartir non seulement aux pays, mais aussi aux banques. Le droit souverain parlementaire le plus important – le contrôle des dépenses et des revenus de l’Etat, pour le bien de la population – est ainsi indirectement annulé pour tous les pays membres et remis aux mains de l’autorité financière suprême.

Que vaut encore l’autodétermination démocratique lorsqu’on n’a plus le contrôle sur ses propres finances et que d’autres pays, voire des banques étrangères, peuvent, en s’endettant sans scrupules, décider dans toute l’Europe ce que des pays sérieux et les générations futures devront rembourser? L’union de transfert, de responsabilité et de budget sonne le glas de la souveraineté fiscale interne des pays membres, conséquence de la loi sur les pleins pouvoirs, entrée en vigueur par l’acceptation du MES.

La violation de l’«obligation démocratique perpétuelle» inscrite dans notre Loi fondamentale est un autre coup d’Etat. Trittin et Steinbrück veulent aller plus loin encore. Ils veulent, en introduisant des euro-obligations («Euro-bonds»), que l’Allemagne endosse la responsabilité de tous les accaparements bancaires, crédits douteux, produits financiers discutables et endettements sans scrupules des pays membres, c’est-à-dire de socialiser au niveau européen tous les risques des pays membres et de leurs banques, en les mettant sur le dos des quatre pays contributeurs, dont principalement l’Allemagne.

On mine les fondements de l’Etat national

Le fait qu’il n’y ait pas eu de soulèvement d’indignation contre le MES, ce monstre de l’endettement, contre la perte de la souveraineté fiscale et contre l’union de la dette – pour le moins parmi les 50% de la classe moyenne engagés dans les entreprises et qui financent actuellement déjà 80% des impôts et des charges sociales en Allemagne et plus tard probablement en Europe – est très probablement dû à notre presse allemande téléguidée. La majorité de la population n’a apparemment pas encore compris ce qui s’est passé en automne 2012 en terme d’anéantissement de la démocratie et de centralisation au niveau de l’UE.

 

Les générations futures nous adresseront des reproches avec raison (comme ce fut le cas pour nous envers nos parents): «Pourquoi n’avez-vous pas empêché cette deuxième loi sur les pleins pouvoirs?» La première loi sur les pleins pouvoirs a transformé la démocratie en dictature nationale, la deuxième loi sur les pleins pouvoirs nous amène la dictature financière européenne. Mais ceux qui ont protesté (comme le député Schäffler de la FDP) ont été diffamés politiquement et ont été réduits au silence. Le ministre des Finances, Schäuble, s’est au moins excusé en arguant que nous n’étions pas souverains, mais toujours un pays occupé. Il a affirmé avec raison que chez nous ce n’est pas ce que veulent les partis qui s’exécute, mais ce que dictent la haute finance internationale et ses représentants à Bruxelles. Ils veulent dominer le monde entier (pouvoir mondial unique) et sont prêts, pour imposer cette mondialisation et uniformisation capitalistes, à éliminer tous les obstacles. Parmi ces obstacles se trouvent surtout les Etats nationaux dont la souveraineté doit pas à pas être transférée aux organisations supranationales. Mais aussi, l’existence en tant que telle des peuples, est considérée comme un obstacle, ce qui amène un mélange des populations. C’est dans cette optique que fut créée une forme d’inquisition contre le «racisme» (= refus de l’immigration) et la «lutte contre la droite» (= pensées nationales), assorties de peines d’emprisonnement.

Le rôle du mouvement de Bilderberg

 L’ensemble de la classe politique est contraint de se soumettre à ce projet de mondialisation. L’acceptation l’année dernière pour la première fois de la présence des deux nouveaux aspirants au gouvernement, Steinbrück et Trittin, à la place de Merkel, à la rencontre de Bilderberg (les 130 représentants mondiaux les plus importants) en est un exemple. Depuis, les deux sont prêts à accepter les euro-obligations, c’est-à-dire l’endettement de l’Europe sur le dos des citoyens et électeurs allemands. On se demande comment il se fait que des politiciens soient capables de trahir les intérêts de leurs propres électeurs et électrices au profit de forces internationales, si ce n’est que le pouvoir d’en haut est devenu entre-temps bien plus puissant que la peur du corps électoral d’en bas.

 

Nous devons être reconnaissants au Premier ministre anglais Cameron de refuser de participer à cette tromperie de l’endettement et de ne pas vouloir accepter une loi sur les pleins pouvoirs obligeant à renoncer à la souveraineté fiscale au profit des autorités suprêmes européennes du MES, ainsi que de s’opposer à la centralisation de l’Europe aux dépens des démocraties nationales.

Il a ré-ouvert la discussion sur la fausse voie de centralisation et de socialisation de l’Europe. Voulons-nous vraiment que toute différenciation des peuples européens disparaisse, qu’ils perdent leur identité par l’immigration, qu’ils deviennent des Européens uniformisés? Et voulons-nous que les contribuables allemands paient pour toutes les fantaisies des banques et toutes les orgies de dettes des pays du Sud? Et nous imaginons-nous vraiment qu’il n’y a plus de retour possible à une indépendance démocratique face à la centralisation européenne, c’est-à-dire à la dictature?

Il s’agit maintenant de sauver la démocratie

Au cours de l’histoire, on a déjà assisté à de nombreux basculements de démocraties dans des pouvoirs centralisés, voire dans des dictatures, quand les populations nationales n’étaient pas en mesure de défendre leur démocratie. La légitimité démocratique ne peut être garantie par des élections que dans les communes, dans les régions ou dans un Etat. Des conglomérats internationaux englobant des populations diverses avec des conditions et des cultures diverses ne peuvent se faire que par la violence d’un pouvoir central – comme le prônent d’ailleurs les théoriciens du «gouvernement mondial».

 

Le centralisme du bureau politique de l’UE menace entre-temps notre démocratie, le droit à l’autodétermination de nos peuples, de nos nations, de notre solidité financière. Il est temps d’y mettre un terme, plutôt que de les soutenir. C’est pourquoi la campagne pour les élections législatives au Bundestag de cet automne ne devrait pas se contenter de propos mineurs, mais se concentrer sur les questions vitales pour notre peuple et notre démocratie! Et nous, les citoyens et électeurs, devrions élire les politiciens en fonction de leur volonté de réduire ou de renforcer la démocratie.    

(Traduction Horizons et débats) link

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