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Le Rouge et le Blanc

Méditation sur l'arbre (Marie-Victorin)

31 Octobre 2012 , Rédigé par Béthune

Chêne foudroyé du site mésolithique des Vindrins nov 201

Chêne (pédonculé) dans la Forêt de Rambouillet (France) à proximité d'un exceptionnel site mésolithique. La foudre a laissé une cicatrice qui va de la cime jusqu'au pied. Arbre sacré des Gaulois et des peuples européens, symbole de longévité et d'éternité, le chêne était dédié à Donar-Thor, dieu de la foudre et du tonnerre. Photo: P.O.C.

 

 

« Je suis entré dans la forêt pour étudier l’arbre. Assis sur la mousse, j’ai ouvert l’un de ces bons vieux traités de botanique qui savaient tout et parlaient doctement des plantes telles qu’on les voit. Et voici ce que me dit mon brave auteur au mot arbre : " L’arbre est une plante ligneuse, vivace, ayant une tige principale que l’on nomme tronc, habituellement dépourvue de branches à sa partie inférieure, mais portant une couronne de branches à son sommet. "

D’impatience, j’ai repoussé le bouquin, qui fut s’abattre, ouvert à plat ventre, sur les rosaces vertes des cornouillers. Non, ce n’est tout de même pas cela, l’arbre! Ce n’est pas seulement une colonne de bois, cette surrection d’une force mystérieuse, vivante et universelle qui défie la pesanteur, maîtresse du monde inorganique.

L’arbre est émouvant dans sa forme infiniment variée et cependant une : cette forme que l’on ne peut définir autrement qu’en l’appelant forme d’arbre. D’où lui vient-elle? La philosophie consultée n’a pas de réponse. L’observation des analogies laisse entendre que la forme de l’arbre est fonction de son mode de vie sédentaire. Les animaux marins, les coraux par exemple, fixés aux flancs des rochers, ne prennent-ils pas la forme arborescente?

Solidement ancré dans la terre, en un point déterminé par le capricieux voyage d’une graine, l’arbre soulève sa masse, la résout en branches pour multiplier les contacts, pour baigner mieux dans la portion de l’air nourricier qui lui est accessible.

Ainsi, chaque lignée d’arbre inscrit sur le tableau bleu du ciel, sans cesse nettoyé par les vents, une signature propre que la vieille Nature, depuis des millions d’années, a inscrite au registre de la vie, ce que connaissent aussi par héritage tous les êtres de la foret et de la plaine : insectes, oiseaux, petits mammifères, qui ont partie liée avec l’arbre. »

 

Extrait tiré d’une causerie par le Frère Marie-Victorin au programme de La Cité des Plantes, le 12 octobre 1943.

Pour l'écouter, cliquez ici: link sur le site du JARDIN BOTANIQUE DE MONTREAL

Nota: Il y a quelques jours, l'enregistrement était en panne sur le site du Jardin botanique de Montréal et il était impossible de l'écouter. Les services du JBM ont été avisés et vont remédier au problème. 

 

 

 

 

 

Gerda Muller: Mon arbre. Un merveilleux livre qu'on ne se lasse pas de relire et d'admirer

 

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