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Le Rouge et le Blanc

Jacques Sapir: Mythes et préjugés entourant la création et l'existence de la monnaie unique

16 Décembre 2012 , Rédigé par Béthune

Note de synthèse

 

14 septembre 2012

 

Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales

 

CEMI (Centre d'Etudes des Modes d'Industrialisation)

 

http://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/981/files/2012/09/Mythes-Euro.pdf

 

link

 

 

Un résumé de cet article est paru sur l'excellent site http://postjorion.wordpress.com/2012/10/01/257-sapir/ où intervient A.J. Holbecq, auteur, avec Philippe Derudder, d'un remarquable petit livre sur la Dette publique (préfacé par Etienne Chouard), indispensable pour comprendre le fonctionnement de l'économie actuelle.  Nous reproduisons cet article ci-dessous:

 

 

257 – Sapir: Mythes et préjugés sur la monnaie unique

Mythes et préjugés entourant la création et l’existence de la monnaie unique

Par Jacques Sapir

 

Le débat sur l’avenir de la zone Euro est encombré de mythes et de préjugés liés à l’existence même de la monnaie unique.
L’euro suscite en effet une série de fantasmes, dont certains sont repris dans des déclarations très officielles, et cette situation dure depuis maintenant plus de quinze ans. Dans cette note, on s’attachera à comparer les prédictions issues de ces mythes à la réalité économique de ces dernières années.
 

I.             L’euro, c’est la croissance

II.          L’euro a favorisé l’intégration des pays concernés

III.       L’euro nous protège du risque de spéculation…

IV.        Combattre l’euro, c’est faire le jeu du dollar…

 

L’article de Jacques Sapir est sur :
 
Et Jacques Sapir de conclure:
 
On voit donc que sur les quatre points qui sont les plus mentionnés dans la discussion autour de la survie de la Zone Euro, la réalité est très différente des discours que l’on entend à droite comme à gauche. Ce que l’on peut aujourd’hui affirmer est que :
 
(I)            L’euro n’a pas engendré de croissance et a même constitué un frein à cette dernière, faisant reculer l’Europe sur la scène économique mondiale. Depuis la mise en place de l’euro l’Europe est devenue « l’homme malade » de l’économie mondiale, et ce phénomène ira s’accélérant avec les mesures prises pour tenter de faire durer à tout prix l’existence de la Zone Euro.
 
(II)          L’euro est au minimum transparent du point de vue de l’intégration économique européenne, et semble même avoir eu des effets négatifs sur celle-ci depuis 2007. Les logiques industrielles ont un poids bien plus important que les logiques monétaires.
 
(III)        L’euro n’a nullement supprimé la spéculation ; il en a simplement changé le point d’application. Si des mesures sérieuses sont prises afin de contrôler cette dernière, elles porteront essentiellement sur les marchés de capitaux et sur la nature des opérations en leur sein. De telles mesures auraient aussi pu être appliquées dans le cadre du SME et elles auraient certainement permis à ce dernier de traverser sans dommage les crises spéculatives de 1992 et 1993.
 
(IV)        La construction de l’euro ne s’est nullement faite contre le dollar, ainsi qu’on le prétend souvent. L’euro a abouti en réalité à un renforcement du dollar et à la constitution d’un duopole asymétrique qui favorise les Etats-Unis. Une dissolution de la Zone Euro n’aurait aucune conséquence dramatique de ce point de vue, et permettrait au contraire l’émergence plus rapide de nouvelles monnaies de réserve. De ce point de vue, il est probable que l’existence de l’euro soit en réalité un obstacle à la mise en œuvre d’une véritable réforme du système monétaire international, telle qu’elle est désormais ouvertement souhaitée par les « BRICS » et en général nombre de pays dont les économies connaissent de fortes croissances.

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