Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Le Rouge et le Blanc

Un poème de Tu Fu

23 Février 2013 , Rédigé par Béthune

« À la huitième lune, le vent d’automne furieux hurle,

Arrache de ma cabane les couches de chaume mûr.

Les pailles volent sur le fleuve et jonchent le rivage,

S’accrochant aux branches hautes des arbres,

Ou flottant sur l’eau avant de s’engloutir aux tourbillons.

Me voyant vieux et impuissant, les gamins du village voisin

Se livrent sous mes yeux aux actes de pillage :

Emportent les chaumes et se cachent dans les bosquets de bambous.

Gosier desséché, lèvres en feu, en vain je leur lance des cris.

Il ne me reste qu’à rentrer, seul, soupirant, aidé de ma canne…

Cette nuit longue, humide, comment puis-je en venir à bout !

Ne peut-on trouver un palais immense avec mille, dix mille chambres,

Pour abriter les pauvres gens de la terre et dérider leur triste figure ?

Un palais solide comme un roc qui les protégera du vent, de la pluie »

 

Tu Fu (né en Chine en 712 ap. J.-C.). Traduction de M. Lo  link

 

Partager cet article

Repost 0