Saint Ignace de Loyola
EXERCICES SPIRITUELS
Méditation "des deux étendards"
Quatrième jour
Méditation sur deux étendards: l'un de Jésus Christ notre excellent chef, l'autre de Lucifer l'ennemi le plus dangereux des hommes
La prière préparatoire se fait comme de coutume.
137. Le premier prélude sera une sorte de considération historique du Christ d'une part, et de l'autre de Lucifer, qui tous deux appellent à tous les hommes pour les réunir sous leur étendard.
138. Le deuxième est, pour la construction du lieu, de nous représenter un très vaste espace près de Jérusalem, où se tient le Seigneur Jésus-Christ comme chef suprême de tous les hommes bons; et d'autre part un espace à Babylone, où Lucifer se manifeste comme le chef des méchants et des adversaires.
139. Le troisième prélude, la grâce à demander, sera de demander que nous soient découvertes les fraudes du mauvais chef en invoquant en même temps l'aide divine pour les éviter, et que nous reconnaissions les moeurs authentiques du Christ, le véritable et excellent chef, et que nous puissions par grâce l'imiter.
140. Le premier point est de m'imaginer, sur l'espace de Babylone, le chef des impies siégeant sur une chaire de feu et de fumée, horrible de visage et terrible d'aspect.
141. Le deuxième est de remarquer comment il répand par toute la terre pour nuire les innombrables démons qu'il a convoqués, aucune cité ou localité, aucune catégorie de personnes n'étant laissée indemne.
142. Le troisième, d'être attentif au genre de discours qu'il tient à ses ministres qu'il incite, en captivant les hommes dans leurs filets et leurs chaînes, à les attirer d'abord au désir des richesses (ce qui arrive d'ordinaire), d'où ensuite ils pourront plus facilement être embourbés dans la recherche de l'honneur mondain et finalement dans l'abîme de l'orgueil. Ainsi y a-t-il trois degrés principaux de tentations, fondés sur les richesses, les honneurs et l'orgueil, à partir desquels on est précipité dans tous les autres genres de vices.
De même, en sens inverse, faut-il considérer notre suprême et excellent chef et souverain, le Christ.
Le premier point sera de regarder le Christ dans un lieu aimable près de Jérusalem, établi sans doute en une humble position, mais tout à fait beau et très aimable d'aspect.
Le deuxième est d'observer de quelle façon lui-même, Seigneur du monde entier, envoie par toute la terre les apôtres, disciples et autres serviteurs qu'il a choisis, pour qu'ils fassent partager aux hommes de toute espèce, état et condition sa doctrine sacrée et salvifique.
Le troisième est d'écouter le discours par lequel le Christ exhorte tous des serviteurs et amis destinés à une telle tâche. Il leur commande de s'appliquer à aider tout le monde: et d'abord qu'ils aient le souci de les amener à un attrait spirituel pour la pauvreté et même, si le service divin et le choix céleste y conduit, à rechercher une effective et véritable pauvreté; ensuite, qu'ils les attirent au désir du deshonneur et du mépris, d'où prend naissance la vertu d'humilité. Ainsi apparaissent trois degrés de la perfection: la pauvreté, le rejet de soi-même et l'humilité, qui s'opposent diamétralement aux richesses, à l'honneur et à l'orgueil, et qui donnent aussitôt accès à toutes les vertus.
Après cela, il faudra faire un colloque à la Vierge bienheureuse et demander par elle à son Fils la grâce de pouvoir être reçu et demeurer sous son étendard, et cela d'abord par une pauvreté spirituelle seulement ou même consistant dans le dépouillement des biens (si toutefois il daigne m'appeler à cela et m'y admettre); ensuite par l'abjection ou l'ignominie, pour que je l'imite de plus près, cherchant cependant à éviter la faute d'autrui afin que le mépris de moi ne tourne ni au déptriment de quelqu'un ni à l'offense de Dieu. On terminera ce premier colloque par l'"Ave Maria".
Le deuxième colloque est dirigé au Christ homme pour qu'il demande cette même chose pour moi au Père; et on ajoutera à la fin la prière "Anima Christi".
Le troisième au Père, pour qu'il accède à ma demande, avec le "Notre Père".
On fera cet exercice une fois au milieu de la nuit et une autre fois vers l'aurore. Il y aura deux répétitions à en faire, aux alentours de la messe du matin et des vêpres, en y ajoutant à la fin les trois colloques. Quant à l'exercice qui suit, il se fera avnat le souper.
(Exercices spirituels, texte définitif (1548), traduit par Jean-Claude Guy. Editions du Seuil, collection Points Sagesse.)
Saint Ignace de Loyola EXERCICES SPIRITUELS Méditation à faire ce même quatrième jour sur trois types différents d'homme, pour que nous embrassions la meilleure part.
Prière préparatoire comme toujours jusqu'à présent.
Comme au premier prélude, à la place du récit, qu'on se propose trois types différents d'homme: chacun s'est acquis mille ducats dans une autre intention que le culte et l'amour divin, mais il souhaite maintenant se mettre en paix avec Dieu en supprimant tout attachement malsain à ses biens, car ils empêchent de se sauver.
Le deuxième est une sorte de construction imaginaire du lieu, dans laquelle je me vois moi-même me tenant en présence de Dieu et de tous ses saints, persévérant dans le désir de trouver de quelle façon je puis plaire davantage à Dieu.
Le troisième est la demande de ce qui est souhaité, à savoir la grâce de choisir ce qui sera le plus agréable à Dieu et pour moi le plus salutaire.
L'homme du premier type souhaite certes se dépouiller de l'attrait pour le bien acquis afin de pouvoir se réconcilier avec Dieu. Mais, durant tout le temps de sa vie, il ne met pas en oeuvre les moyens requis.
L'homme du deuxième type désire de même supprimer l'attachement mal ordonné, mais tout en tenant obstinément à ce bien; et il désire attirer Dieu à son souhait propre plutôt que de tendre à lui par une façon de vivre plus convenable, en abandonnant ce qui fait obstacle.
L'homme du troisième type, enfin, voulant écarter l'attrait trouble, est prêt aussi bien à supprimer qu'à conserver l'objet lui-même, selon ce qu'il aura remarqué devoir être plus adapté au culte divin, soit par l'inspiration divine soir par l'éclairage de la raison. En attendant, laissant tout intact, il s'occupe et ne recherche que cela, et il n'admet pas d'autre motif d'abandonner ou de conserver le bien acquis que la considération et le désir de la gloire divine, afin qu'elle soit la plus grande possible.
(...)
(Exercices spirituels. Texte définitif (1548) traduit par Jean-Claude Guy. Editions du Seuil, collection Points Sagesse.
Sainte Catherine de Sienne
Vierge, Docteur de l'Eglise
Sienne 1347 - Rome 1380
CREON
Et tu as l'audace de transgresser mes lois ?
ANTIGONE
C'est que Zeus ne les a point faites...
La Justice qui siège parmi les dieux souterrains
n'a pas établi de telles lois pour les mortels.
Et je ne pensais pas que ton décret
pût mettre la volonté d'un homme
au-dessus de l'ordre des dieux,
au-dessus de ces lois qui ne sont pas écrites
et que rien ne peut ébranler.
Car elles ne sont ni d'aujourd'hui ni d'hier.
Nul ne sait leur commencement.
Elles régissent l'éternité...
Devais-je, par crainte d'un homme,
mériter le châtiment des dieux ?
Prête à subir la mort, même sans tes édits,
si je meurs avant le temps,
je dis que la mort m'est un gain,
Toute vie chargée de misères sans nombre
appelle la paix de la mort.
Aussi, le sort que tu me réserves,
je ne le compte pas au nombre des maux.
Le malheur, c'était de souffrir que mon frère
mort fût privé de sépulture.
Je n'ai pu m'y résoudre.
Le reste me laisse indifférente.
Sophocle, Antigone, texte français d'André Bonnard, L'Arche éditeur, Paris, 1960.
Charles Ier d'Autriche (1887-1er avril 1922)
Le 30 décembre 1916, à Budapest, Charles de Habsbourg ceint la couronne que saint Etienne reçut du Pape Sylvestre II, en 1001.
Il confie:
"Etre roi, ce n'est pas satisfaire une ambition, mais se sacrifier pour le bien du peuple tout
entier".
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Entretien avec Otto de Habsbourg-Lorraine, aîné des huit enfants de Charles Ier d'Autriche et de la princesse Zita de Bourbon-Parme