Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le Rouge et le Blanc

Articles récents

Vivre comme on pense

8 Avril 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Il faut vivre comme on pense, sinon tôt ou tard on finit par penser comme on vit;"

Paul Bourget, cité par Arnaud-Aaron Upinsky ("Comment vous aurez tous la tête ou la parole coupée")
Lire la suite

De la distinction attachée aux emplois, par Joseph de Maistre

3 Avril 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"On peut voir dans les provinces qui obéissent à des républiques, que les emplois (si l'on excepte ceux qui sont réservés aux membres du souverain) élèvent très-peu les hommes aux yeux de leurs semblables, et ne signifient presque rien dans l'opinion; car la république, par sa nature, est le gouvernement qui donne le plus de droits au plus petit nombre d'hommes qu'on appelle le souverain, et qui en ôte le plus à tous les autres qu'on appelle les sujets.
Plus la république approchera de la démocratie pure, et plus l'observation sera frappante.
Qu'on se rappelle cette foule innombrable d'emplois (en faisant même abstraction de toutes les places abusives) que l'ancien gouvernement de France présentait à l'ambition universelle. Le clergé séculier et régulier, l'épée, la robe, les finances, l'administration, etc., que de portes ouvertes à tous les talents et à tous les genres d'ambition! Quelles gradations incalculables de distinctions personnelles! De ce nombre infini de places, aucune n'était mise par le droit au-dessus des prétentions du simple citoyen (1) : il y en avait même une quantité énorme qui étaient des propriétés précieuses, qui faisaient réellement du propriétaire un notable, et qui n'appartenaient exclusivement qu'au tiers-état.
Que les premières places fussent de plus difficile abord au simple citoyen, c'était une chose très-raisonnable. Il y a trop de mouvement dans l'état, et pas assez de subordination, lorsque tous peuvent prétendre à tout. L'ordre exige qu'en général les emplois soient gradués comme l'état des citoyens, et que les talents, et quelquefois même la simple protection, abaissent les barrières qui séparent les différentes classes. De cette manière, il y a émulation sans humiliation, et un mouvement sans destruction; la distinction attachée à un emploi n'est même produite, comme le mot dit, que par la difficulté plus ou moins grande d'y parvenir.
Si l'on objecte que ces distinctions sont mauvaises, on change l'état de la question; mais je dis: Si vos emplois n'élèvent point ceux qui les possèdent, ne vous vantez pas de les donner à tout le monde; car vous ne donnerez rien. Si, au contraire, les emplois sont et doivent être des distinctions, je répète ce qu'aucun homme de bonne foi ne pourra me nier, que la monarchie est le gouvernement qui, par les seules charges, et indépendamment de la noblesse, distingue un plus grand nombre d'hommes du reste de leurs concitoyens.
Il ne faut pas être la dupe, d'ailleurs, de cette égalité idéale qui n'est que dans les mots. Le soldat qui a le privilège de parler à son officier avec un ton grossièrement familier, n'est pas pour cela son égal. L'aristocratie des places, qu'on ne pouvait apercevoir d'abord dans le bouleversement général, commence à se former; la noblesse elle-même reprend son indestructible influence. Les troupes de terre et de mer sont déjà commandées en partie par des gentilshommes, ou par des élèves que l'ancien régime avaient ennoblis en les agrégeant à une profession noble. La république a même obtenu par eux ses plus grands succès. Si la délicatesse, peut-être malheureuse, de la noblesse française ne l'avait pas écartée de la France, elle commanderait déjà partout, et c'est une chose assez commune d'y entendre dire: Que si la noblesse avait voulu, on lui aurait donné tous les emplois.  Certes, au moment où j'écris (4 janvier 1797) la république voudrait bien avoir sur ses vaisseaux les nobles qu'elle a fait massacrer à Quiberon.
Le peuple, ou la masse des citoyens, n'a donc rien à perdre; et, au contraire, il a tout à gagner au rétablissement de la monarchie, qui ramènera une foule de distinctions réelles, lucratives et même héréditaires, à la place des emplois passagers et sans dignité que donne la république.
Je n'ai point insisté sur les émoluments attachés aux places, puisqu'il est notoire que la république ne paye point ou paye mal. Elle n'a produit que des fortunes scandaleuses: le vice seul s'est enrichi à son service."

(1) La fameuse loi qui excluait le tiers-état du service militaire, ne pouvait être exécutée; c'était simplement une gaucherie ministérielle, dont la passion a parlé comme d'une loi fondamentale.

Joseph de Maistre, Considérations sur la France


Lire la suite

Interview d'Alexandre Douguine

1 Avril 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Mon idée est simple: il faut combattre l'impérialisme américain, le monde unipolaire et l'universalisme des valeurs libérales, marchandes et technocrate. Comme Alternative cela devrait être l'organisation du monde multipolaire comme ensemble de grandes espaces - chacun avec ses systèmes des valeurs propres - sans aucun préjugés.

 

Pour réaliser ce projet il faut créer le projet eurasien - commun pour l'Europe et la Russie mais avec les alliances stratégiques avec d'autres forces et cultures qui rejettent le mondialisme américain et la dictature libérale planétaire. L'eurasisme que je défends c'est le pluralisme absolu des valeurs."

Alexandre Douguine

Interview complet sur VOXNR:

 

http://www.voxnr.com/cc/d_douguine/EkFlFuFluAdsBvkIpX.shtml


A lire: interview de Gilbert Durand ("Les structures anthropologiques de l'imaginaire"), inspirateur de Douguine:
http://www.nouvellescles.com/article.php3?id_article=514

Lire la suite

Peuple

30 Mars 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Lettres

Aimer le peuple est une vocation d'aristocrate. Le démocrate ne l'aime qu'en période électorale.

Une certaine façon dédaigneuse de parler du peuple dénonce le plébéien déguisé.

Nicolas Gomez Davila

Lire la suite

Etre noble, c'est servir

27 Mars 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles


"Ainsi, les nobles ou notables sont les serviteurs de l'Etat, et ne sont pas autre chose: ils n'exercent pas un droit, ils remplissent un devoir; ils ne jouissent pas d'une prérogative, ils s'acquittent d'un service. Le mot service, employé à désigner les fonctions publiques, a passé de l'Evangile dans toutes les langues des peuples chrétiens, où l'on dit le service, faire son service, servir, pour exprimer que l'on est occupé dans la magistrature ou dans l'armée. Quand Jésus-Christ dit à ses disciples: "Que le plus grand d'entre vous ne soit que le serviteur des autres"; -quel est le plus grand de celui qui sert ou de celui qui est servi?" Il ne fait que révéler le principe de toute société, ou plutôt de toute sociabilité, et nous apprendre que tout dans le gouvernement de l'Etat, pouvoir et ministère, se rapporte à l'utilité des sujets, comme tout dans la famille, se rapporte au soin des enfants: que les grands ne sont réellement que les serviteurs des petits, soit qu'ils les servent en jugeant leurs différends, en réprimant leurs passions, en défendant, les armes à la main, leurs propriétés, ou qu'ils les servent encore en instruisant leur ignorance, en redressant leurs erreurs, en aidant leur foiblesse: le pouvoir le plus éminent de la société chrétienne ne prend d'autre titre que serviteur des serviteurs; et si la vanité s'offense des distinctions, la raison ne sauroit méconnoître les services."

Louis-Auguste, vicomte de Bonald: Considérations sur la noblesse.

Lire la suite

The noble unicorn...

27 Mars 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Lettres



Tapisseries de la Licorne, Musée des Cloisters, New York


I stood in the Maytime meadows
by roses circled round
Where many a fragile blossom
Was bright upon the ground;
And as though the roses called them
And their wild hearts understood,
The little birds were singing
In the shadows of the wood.
The nightingale among them
Sang sweet and loud and long,
Until a greater voice than hers
Rang out above her song.
For suddenly between the crags,
Along a narrow vale
The echoes of a hunting horn
Came clear along the gale.
Ho blew that mighty horn,
I saw that he was hunting
The noble unicorn.
The unicorn is noble;
He keeps him safe and high
Upon a narrow path and steep
Climbing to the sky;
And there no man can take him;
He scorns the hunter's dart
And only a virgin's magic power
Shall tame his haughty heart.


From a medieval German folksong
Lire la suite

"De vostre beauté regarder..."

27 Mars 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Lettres



Tapisseries de la Licorne, Musée des Cloisters, New York




De vostre beauté regarder,
Ma tresbelle, gente maistresse,
Ce n'est certes tant de lyesse
Que ne le sauriès penser.

Je ne m'en pourroye lasser
Car j'oublie toute tristesse
De vostre beauté regarder
Ma resbelle, gente maistresse.

Mais, pour mesdisans destourber
De parler de vostre jeunesse,
Il faut que souvent m'en délaisse,
Combien que je m'en puis garder
De vostre beauté regarder.


Charles d'Orléans, Rondeau VI


Lire la suite

Marins

27 Mars 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Exploration

 

ll y a trois sortes d'hommes: les vivants, les morts et ceux qui vont sur la mer.

Proverbe de l'Antiquité


Quelque part sur la côte du Labrador

Dessin de Pierre-Olivier Combelles, carnet de voyage  (1992)

Lire la suite

Abandon

27 Mars 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Seul l'abandon conduit à la perte"

Hans Heinrich Rüdel
aviateur de chasse allemand, héros de la 2e guerre mondiale.

Lire la suite

De la magnanimité (Jacob Burckhardt)

25 Mars 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Lettres

"La vertu la plus rare chez un personnage historique est la magnanimité. Elle consiste à savoir renoncer à certains avantages au profit de la moralité, à se modérer volontairement non seulement par habileté, mais par bonté naturelle, alors que la grandeur politique est égoïste de nature et désire exploiter tous les privilèges. L'on ne saurait exiger a priori de l'homme supérieur de posséder cette grandeur d'âme parce que, nous l'avons déjà dit, celui-ci n'est pas un modèle, mais une exception. La grandeur historique considère  comme son premier devoir de s'affirmer et de s'exalter; or la puissance n'a jamais rendu les hommes meilleurs. "

Jacob Burckhardt, Considérations sur l'histoire universelle. Editions Allia, Paris, 2001

Lire la suite