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Le Rouge et le Blanc

Articles récents

La loi de Dieu est au-dessus de celle des hommes (Antigone)

14 Janvier 2008 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #religion

CREON

Et tu as l'audace de transgresser mes lois ?

ANTIGONE

C'est que Zeus ne les a point faites...
La Justice qui siège parmi les dieux souterrains
n'a pas établi de telles lois pour les mortels.
Et je ne pensais pas que ton décret
pût mettre la volonté d'un homme
au-dessus de l'ordre des dieux,
au-dessus de ces lois qui ne sont pas écrites
et que rien ne peut ébranler.
Car elles ne sont ni d'aujourd'hui ni d'hier.
Nul ne sait leur commencement.
Elles régissent l'éternité...

Devais-je, par crainte d'un homme,
mériter le châtiment des dieux ?
Prête à subir la mort, même sans tes édits,
si je meurs avant le temps,
je dis que la mort m'est un gain,
Toute vie chargée de misères sans nombre
appelle la paix de la mort.
Aussi, le sort que tu me réserves,
je ne le compte pas au nombre des maux.
Le malheur, c'était de souffrir que mon frère
mort fût privé de sépulture.
Je n'ai pu m'y résoudre.
Le reste me laisse indifférente.


Sophocle, Antigone, texte français d'André Bonnard, L'Arche éditeur, Paris, 1960.

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Origine de la croix de Lorraine

7 Janvier 2008 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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Le château  de Baugé

"On verra, surtout, à Baugé, précédé d’une immense place et occupé par la mairie, l’ancien château de Yolande d’Aragon, reine de Sicile et duchesse d’Anjou. C’est elle qui fit relever et " remparer ", vers 1420, le château que nous voyons et qu’elle habita souvent ainsi que son fils, le roi René. Il donnait, au nord, sur un étang qui a été transformé en jardins et il était entouré, sur les autres faces, par un rempart terrassé qu’on a transformé en promenade.
Il se compose, actuellement, d’un corps de logis à un étage coiffé d’un haut toit d’ardoises et percé de quatre lucarnes à meneaux et à gâbles aigus. Une tourelle d’escalier à pans coupés terminés par un toit polygonal renferme un escalier à vis dont le fût s’épanouit au sommet en nervures flamboyantes aux armes d’Anjou et de Sicile.
On peut voir encore la chapelle des Incurables, rue de la Girouardière, qui possède une précieuse relique rapportée de Constantinople au XIIIe siècle, par Jean d’Alluye, et gardée autrefois à l’abbaye de la Boissière. C’est une croix à double traverse, taillée dans la vraie croix, paraît-il, et enrichie au XIVe siècle de deux crucifix en or, de médaillons et de fleurons ornés de perles et de pierreries. Elle est à l’origine de l’emblème héraldique de la maison d’Anjou, adopté plus tard par les ducs de Lorraine et connu sous les noms de croix d’Anjou et, depuis le XVIe siècle, de croix de Lorraine."
Georges Pillement. La France inconnue. Vol. IV : Nord-Ouest. Grasset, Paris, 1962 (pp. : 56-57).
  

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La croix de Baugé
 
"A la fin du XIIIème siècle, la Croix fut placée dans un écrin digne d'elle, une chapelle votive, encore en bon état de nos jours et classée Monument historique.
La guerre de Cent Ans arriva. Prudents, les moines de la Boissière mirent la relique en sûreté dans le château du duc d'Anjou, Louis 1er à Angers.
Le duc, adorateur de la relique, érigea en son honneur une confrérie, " l'Ordre de la Croix " et fit broder une croix à double traverse sur les tapisseries de l'Apocalypse exécutées par Nicolas Bataille. C'est à cette époque, vers 1364, que la Croix fut somptueusement décorée par les orfèvres du roi Charles V.
Revenue à la Boissière en 1388, elle reprend le chemin du château d'Angers en 1399 sous le règne du duc Louis II qui la fait figurer à la clef de voûte de la chapelle du château. Puis elle revient à la Boissière. L'abbaye est détruite par les Anglais en 1428. Heureusement la Croix avait été mise à l'abri, à temps, à Angers. Retour définitif en 1456. Elle est alors connue et révérée sous le nom de CROIX DOUBLE D'ANJOU.
Le Bon roi René (1408-1480), second fils de Louis II, devint duc de Lorraine par son mariage avec Isabelle, héritière du duché, en 1431. Son petit-fils René II, chassé de ses états par Charles le Téméraire, pour déloger l'usurpateur, orne ses drapeaux de la croix à double traverse. Vainqueur de son adversaire à la bataille de Nancy le 5 janvier 1477, René II fixe la croix sur son blason. Ses sujets adoptent le nouvel emblème et Nancy en décore ses célèbres grilles. La Croix d'Anjou était devenue la CROIX DE LORRAINE.
A la Révolution, le curé d'Auverse dut déposer les reliques et les vases sacrés de la Boissière à l'église de Baugé pour un inventaire. Anne H. de la Girouardière, fondatrice de la communauté du Sacré Cour et de l'hospice des Incurables à Baugé fit de pressantes démarches pour sauver la Croix d'une possible destruction. Le département, le 17 octobre 1790, lui abandonna la relique qui n'a plus depuis quitté l'hospice des Incurables et où chacun d'entre vous peut aller la contempler."
(site internet : http://lecompte.chez-alice.fr/page10.html)
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En Chine, "ermite" signifie "homme-montagne"

4 Janvier 2008 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Lettres

"L'écriture chinoise du mot "Immortel", sien, accouple les caractères de l'homme et de la montagne; ainsi l'ermite, littéralement homme montagne, est-il la figure parfaite de l'être-paysage (...)


La montagne vide - Anthologie de la poésie chinoise IIIe-XIe siècle, traduite et présentée par P. Carré et Z. Bianu. Coll. Spiritualités vivantes, Albin Michel, 1987.
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Paul Bazirguian et Général Georges Zarapoff : deux membres de ma famille d'origine étrangère au service de la France

2 Janvier 2008 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Je n'ai pas honte d'honorer le sang des miens.

(Antigone à Créon)
Sophocle: Antigone

 
Paul Bazirguian
31 décembre 1887 (Nancy) - 1971 (Meudon)

Epoux de ma grand-tante Yvonne Renauld, fille de mon arrière grand-tante Lucie Renauld, née Steinmetz. 
Son père, le général-ministre Charles Bazirguian, né à Téhéran de mère française  et de père arménien d'origine caucasienne, était conseiller intime du Shah de Perse au temps de la dynastie des Khadjars. Il installa le télégraphe en Perse.
Sa mère, "Tante Palmyre" était champenoise. Orpheline, elle avait été envoyée à 15 ans chez un parent français résidant à Téhéran, où elle arriva au terme d'un voyage rocambolesque: en train jusqu'à Constantinople, puis à cheval jusqu'à Téhéran, une escorte militaire perse étant venue l'attendre à la frontière.
Paul Bazirguian était très respecté dans la communauté arménienne française. Croix de guerre 1914-18. Cultivé, patriote, royaliste, il possédait une belle bibliothèque. La devise qui figure sur son ex-libris est : Mihi dedit Armenia patrem matremque Gallia. Dubium montanus lucemque Socrates. Il avait commencé à apprendre le persan ancien.

 

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Général d'aviation Constantin Etienne Georges Zarapoff
1er janvier 1878 (Paris) - 1945 (Buchenwald, Allemagne)

Né d'une ancienne famille princière arménienne, mari de mon arrière grand-tante Marie-Paule née Merle (sa mère était la soeur de mon arrière grand-mère Lefebvre).
Chef de l'armée secrète "Libération"
Mort au camp de concentration  Buchenwald (Allemagne) en mars 1945

Plaque commémorative apposée sur sa maison, au 74 rue Raynouard, Paris XVIe.

Vidéo: les militaires de Libération-Nord: http://www.dailymotion.com/video/xtvsd1_les-militaires_webcam

Page qui lui est consacrée (avec un portrait) sur le site du Musée de la Résistance: http://www.museedelaresistanceenligne.org/media.php?media=2387


HONNEUR A l'ARMENIE  - HONNEUR A LA PERSE - HONNEUR A LA RUSSIE - HONNEUR A LA FRANCE

 

Général Charles Bazirguian, père de Paul Bazirguian. Collection et photo: Famille Bazirguian. En dessous: Général Georges Zarapoff (capture d'écran de la vidéo de la Mairie de Paris sur les militaires de Libération-Nord)
Général Charles Bazirguian, père de Paul Bazirguian. Collection et photo: Famille Bazirguian. En dessous: Général Georges Zarapoff (capture d'écran de la vidéo de la Mairie de Paris sur les militaires de Libération-Nord)

Général Charles Bazirguian, père de Paul Bazirguian. Collection et photo: Famille Bazirguian. En dessous: Général Georges Zarapoff (capture d'écran de la vidéo de la Mairie de Paris sur les militaires de Libération-Nord)

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Ce qui n'est pas clair n'est pas français

29 Décembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Lettres

Si tout le monde parlait français, les choses seraient évidemment beaucoup plus simples, et beaucoup plus claires aussi. En lisant ces auteurs américains qui semblent incapables de construire un plan et de mettre leurs idées en perspective, on ne peut effectivement que constater que la langue française et l'esprit français demeurent indispensables au monde des lettres et de la culture.

Hervé Ryssen
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La voie des fleurs: un art de samouraï

16 Décembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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"La voie des fleurs"

 

Autrefois, au Japon, l'art du bouquet était réservé aux samouraï.

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Japon

16 Décembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Exploration

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"En raison de sa situation dans une zone de mousson entourée par la mer et s’étendant tel un grand arc du nord au sud, les données naturelles et climatiques du Japon présentent quatre saisons distinctes. Je ne connais pas d’autre pays dont l’expression des formes ou de l’esprit de la nature soit aussi riche.
D’Okinawa à Hokkaido, le Japon s’étend du degré 26 de latitude nord au degré 45 et, bien qu’il se compose d’îlots, il a une longueur sensiblement égale à celle du continent chinois ou des Etats-Unis. De là la grande variété du paysage et une multitude d’arbres, de fleurs, d’insectes, d’oiseaux et de poissons.
Dans ce pays qui, en plus de son extension du nord au sud, compte des montagnes abruptes s’élevant jusqu’à 2100 mètres, la flore et la faune de la haute-montagne se distinguent de celles de la plaine. En effet, au Japon, les quatre saisons présentent un foisonnement d’impressions et de sensations qui demeurent inconnues aux pays qui ne connaissent que des périodes de sécheresse et des saisons des pluies.
Comme ils sont nés et ont grandi au milieu de ces richesses naturelles, les Japonais devraient montrer plus d’intérêt et d’amour pour leur nature, les arbres et les herbes. Retenons bien que la nature peut vivre sans l’homme et non pas l’homme sans la nature. Nous devons donc porter un regard plus compréhensif sur les montagnes, les rivières, les arbres et les herbes, les oiseaux et les animaux, les insectes et les poissons. Poète Haiku, je retrouve là les souhaits qui ont toujours été les miens et ma conception de ma vie." (Kenkichi Kusumoto, poète Haiku. Préface du livre  Arbres et brindilles , photographies de Shinzo Maeda. Benedikt Taschen Verlag, Cologne, 1987)

  
"L’archipel japonais comprend 1042 îles, orientées du S.-O. au N.-E., s’étendant sur une distance de 4000 km. Elles jalonnent des arcs tectoniques actifs, qui semblent se raccorder aux guirlandes insulaires des Philippines et d’Indonésie, et voisinent avec des fosses sous-marines très profondes de l'océan Pacifique (plus de 8000 m) : la montagne semble jaillir de la mer." (Grand Larousse encyclopédique. Paris, 1962 )
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Bashô Matsuo (1644-1694): Journaux de voyage

13 Décembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Lettres


Partant pour un voyage de mille lieues, sans m'embarrasser de provisions de route, "sous la lune de la troisième veille dans l'inquestionable suis entré", pouvait dire cet Ancien: sur sa canne m'appuyant, en l'ère Jôkyô, l'an de l'Aîné de l'Arbre et du Rat [1864], à la huitième lune d'automne, lorsque je quittai mon logis délabré près de la rivière, il soufflait un vent frisquet.


Dussent blanchir mes os
jusques en mon coeur le vent
pénètre mon corps

Après dix automnes
le nom de patrie désigne
Edo désormais


Le jour que je franchis la barrière, la pluis tombait et les montagnes disparaissaient toutes dans les nuages.


Brouillard et bruine
dissimulent le Fuji
charme de ce jour

(...)


Bashô - Journaux de voyage. Présentés et traduits du japonais par René Sieffert. Publications orientalistes de France, Paris, 1988.
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Jeanne d'Arc, choisie par Dieu comme Marie

13 Décembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #France

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"Quand j'avais treize ans, j'eus une voix venant de Dieu pour m'aider à me gouverner. La première fois, j'eus très peur. La voix vint à l'heure de midi, dans le jardin de mon père. La première fois, il y eut de la lumière. La voix m'a toujours bien gardée et moi je l'ai toujours bien comprise.
Saint Michel, quand il est venu à moi, m'a dit que sainte Catherine et sainte Marguerite viendraient à moi et que j'agisse par leur conseil."

Extrait du procès de Jeanne d'Arc

 

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Correspondance entre Alcide d'Orbigny et le Maréchal Andrés de Santa Cruz

12 Décembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Exploration

  
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Lettre du Président Santa Cruz à d’Orbigny



Señor: Alcides d’Orbigny 
 
Cochabamba, junio, 10 de 1830  
Muy señor mio, 
 
He tenido el gusto de recibir la apreciable carta de Ud. De 30 de mayo y las recomendaciones que Ud. me incluye de personas a quienes deseo complacer. Ya había sabido yo por mis amigos, que Ud. se dirigía a Bolivia, y lo deseaba ciertamente, porque teniendo una positiva estimación por los hombres de genio, me era agradable poder concurrir a que los viajes de que Ud. está encargado tengan un buen resultado, y hagan conocer las producciones de este país, que hasta ahora ha sido ignorado en el mundo.
La más grande recomendación con que Ud. se presenta cerca de mí, es la de estar encargado de objetos tan útiles al comercio y a las artes, por lo que yo estoy demasiado dispuesto a emplear todo el influjo del gobierno a favor de sus trabajos, y en este mismo correo hago mis prevenciones al Prefecto de ese Departamento, pero sería bien que se dirigiese Ud. formalmente al ministerio solicitando la concurrencia del gobierno. Entonces se podrán tomar algunas medidas en obsequio de su comodidad y se le hará acompañar con un oficial del ejército, y un par de jóvenes del país para que le hagan sociedad en las soledades adonde se dirige. Si a más de esto necesita Ud. algunos auxilios pecuniarios o de otro género para concluir su empresa, puede Ud. indicármelo seguro de que el gobierno de Bolivia tiene la mejor disposición para prestarse a tan útiles objetos.
Este país posee grandes riquezas, principalmente en los reinos mineral y vegetal, y los descubrimientos que se hagan pueden dar un impulso rápido a la industria. Por el viaje que Ud. acabo de hacer, y por los demás informes que he recibido, los puntos más a propósito son las provincias de Caupolicán y Yungas, y las de los Moxos en Santa Cruz, y en fín toda la montaña colocada al pie de los Andes. Allí encontrará Ud. la naturaleza salvaje en toda su fecundidad y un excelente teatro.
Por lo demás yo doy a Ud. las gracias por los cumplimientos que me dirige y quiero aprovechar esta ocasión para ofrecerle las particularidades consideraciones con que soy su afectísimo y atento servidor.  
Andrés de Santa Cruz
Presidente de Bolivia
  


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Lettre de d’Orbigny au Président Santa Cruz
 


Excmo. Señor Presidente de la República de Bolivia en Chuquisaca 
 
La Paz, junio 19 de 1830 
 
Excelentísimo Señor Presidente 
 
Acabo de tener el honor de recibir la carta de vuestra Excelencia, con fecha del 10 del corriente, y me apresuro de contestar a su contenido.
Mis intenciones son de andar por toda la República de Bolivia, siguiendo mis observaciones y sobre todo lo que pertenece a las ciencias naturales y a sus aplicaciones: también a la geografía, quedándome en el país el número de años necesarios, para llevar a cabo esta gran empresa. El interés no ha sido nunca mi guía y el amor solo de los descubrimientos y de las ciencias han sido el motivo que me ha determinado a dejar mi país y a mis amigos por ir a ultramar a ser útil a mi patria, ahora considero a la República Boliviana mi patria adoptiva y estoy dispuesto a hacer lo posible para ser útil a este país; al mismo tiempo por darle una mejor prueba de desinterés, no quiero ser gravoso, por eso, Señor Presidente. De mi parte no quiero ningún sueldo, quedando contento si por recompensa puedo merecer su aprecio y el de los bolivianos.
Como le he dicho al Cónsul general de Francia estoy dispuesto, apoyado por mi gobierno, a reunir una colección completa de Bolivia, clasificando todo según los sistemas más modernos, dando las notas necesarias de modo que los que quiesesen instruirse en las Ciencias Naturales tendrán todo lo posible para eso. Siguiendo mi viaje, tomo el empeño de hacer conocer al Gobierno todo lo que pueda servir al país sobre los diversos ramos.
La oferta que Vuestra Excelencia me hace de darme dos jóvenes para acompañarme, es muy necesaria para el país, porque tendré mucho gusto de instruirlos en todo, de modo que cuando tenga que irme de Bolivia, ellos puedan reemplazarme y acabar de completar las colecciones del país, y hacer observaciones. Además, los pondría más tarde en correspondencia con los sabios de la Europa y entonces la República de Bolivia se encontraría de toda la América del Sur, la más unida con Francia y así podría adelantar lo más pronto en los nuevos descubrimientos científicos.
Por el oficial que Vuestra Excelencia me propone, creo que sería demás el distraer un hombre útil a la República, no tengo necesidad de escolta, tengo conmigo dos franceses, un preparador y un dibujante, que con los jóvenes que el gobierno me diera, compondrán una escolta y una compañía agradable.
Por no despreciar a las ofertas amables de Vuestra Excelencia y para tener más facilidad de hacer mi viaje de un modo seguro, quisiera solamente que el gobierno tomase el cargo de franquearme los animales de montar y de carga para mis ayudantes y mi equipaje, como también los indios necesarios para conducir las cargas y que también el gobierno se haga cargo de pagar a mis empleados que van a ocuparse de formar la colección que debe quedarse en Bolivia; para mí lo repito, Señor Presidente, no quiero nada de sueldo, teniendo bastante con el pago a mis empleados (30 $ por mes).
Hágame el favor, Señor Presidente, de mirar esta carta como oficial, de presentarla a los señores Ministros y de considerar su contenido comp. Compromiso formal que tomo con la República de serle útil en todo lo que pudiera hacer y que desde este momento recibo sus órdenes como uno de sus ciudadanos.
El viaje que trato de hacer después de recibir repuesta a esta carta, es de los Yungas, a Cochabamba, y después seguir mis investigaciones en las provincias de Moxos y Chiquitos hasta la frontera de los brasileros y después dirigirme al lado de Apolobamba. Si Vuestra Excelencia quiere hacer el favor de dar su aprobación a este itinerario, saldré después de recibir sus órdenes, en caso contrario, me haga la gracia de indicarme lo que parezca más a propósito.
Si Vuestra Excelencia no ha escogido todavía los jóvenes que deben acompañarme, creo que he encontrado en uno de los recomendados de la Paz, Sr. Juan Sánchez, disposiciones extraordinarias para todo y un deseo grande de instruirse; eso lo hace muy proprio a una misión como esta, además que este joven habla perfectamente el aimara y el quechua y por este motivo puede serme muy útil.
Si Vuestra Excelencia encuentra bien las propuestas que hago en esta carta y si el viaje que trato de hacer le parece provechoso, Ud. me hará el favor de mandar una recomendación general para las autoridades o un título para no ser considerado, en el interior, como un aventurero. 
Tengo el honor de ser, con el mayor respeto,
 
Su más respetuoso servidor
 
Q.S.M.B.
 
 
Alcides d’Orbigny 
 
Source: Voyages de d’Orbigny, Ambassade de France en Bolivie, ed.
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