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Le Rouge et le Blanc

Articles récents

Jean Malaurie: Adieu à Eduardo Galeano

2 Décembre 2015 , Rédigé par POC

Au nom des persécutés, adieu à Eduardo Galeano

Je viens d’apprendre avec beaucoup de souffrance la mort de mon ami Eduardo Galeano.
Son livre est l’histoire implacable du pillage d’un continent, d’abord par les Espagnols, puis par les Anglais, et maintenant par les Américains.
Grâce au style personnel de l’auteur, nous prenons tragiquement conscience d’une humiliation concertée, siècle après siècle, et sans la moindre honte ; le but : déposséder les nations d’un des espaces les plus prometteurs de l’univers.
Lorsque le président Barack Obama a rencontré le président Hugo Chavez celui-ci lui a répondu:
« J’ai dans la main un grand livre, si vous voulez être mon ami, lisez-le ! »
Les Veines ouvertes de l’Amérique latine (1981) était totalement inconnu en France, et notamment des élites lorsqu’Eduardo Galeano est venu me demander pourquoi il faisait l’objet en France d’un ostracisme. Ayant pris connaissance de cet ouvrage, je l’ai aussitôt publié dans la collection Terre Humaine, aux Editions Plon, et je peux confesser qu’en lisant de nombreuses pages, j’ai pleuré.
Je viens d’apprendre qu’à la suite de la mort d’Eduardo Galeano, Amazon signale que la vente de son livre est au top de toutes les ventes.
Adieu à celui qui nous a donné de l’Amérique latine l’inoubliable icône de sa dramaturgie.
Paix à ce grand esprit, et qu’il repose dans l’éternité !
 
Jean Malaurie

 

Image 

Eduardo Galeano, Les Veines ouvertes de l’Amérique latine – L’histoire implacable du pillage d’un continent, traduit par Claude Couffon, coll. Terre Humaine Poche, Editions Pocket, Paris, 2001.

Source: http://www.jean-malaurie.fr/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=52&Itemid=135

Un compte-rendu de lecture du livre ici: http://www.borisandina.com/coups-de-coeur/veines-ouvertes-amerique-latine

On a du mal a comprendre comment ce pillage du continent par les puissances étrangères (États, multinationales) a pu se faire sans le concours et l'intérêt de l'oligarchie coloniale qui le domine et l'exploite sur place depuis 1492, aujourd'hui représentée par les politiciens indigénistes...

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Jean Malaurie: discours à l'UNESCO en faveur des peuples premiers (15 juin 2015)

2 Décembre 2015 , Rédigé par POC

Réunion annuelle des Ambassadeurs de bonne volonté à l’UNESCO le 15 juin 2015

Au siège de l’Unesco, à Paris le 15 juin 2015, lors de la réunion annuelle des Ambassadeurs de bonne volonté à l’UNESCO, Jean Malaurie prononce son discours en faveur des peuples premiers.

« Il n’est pas trop tard ! »

Les peuples premiers sont notre avenir

 

Ces peuples dont je veux parler ne sont pas seulement les sociétés arctiques sous-tutelles : de Oslo, de Stockholm : les Sames ; de Copenhague, de Moscou, de Ottawa et de Washington – les Inuit. Mais il est d’autres peuples autochtones dont les langues sont en grand danger, et qui sont eux-mêmes en voie d’extinction. C’est une des grandes causes de l’histoire de l’Homme à laquelle l’occident doit faire face et je me porte aussitôt au cœur du sujet.

S’est-on interrogé dans les instances internationales concernées par cette conférence de Paris en décembre prochain, la COP 21, sur l’opinion des peuples premiers – c’est-à-dire, des peuples racines, et qui ont bien évidemment en tant que « hommes naturés » une perception originale concernant les grands mouvements de l’air, la végétation et la vie de la faune. Certainement pas. Un racisme mental persiste à nous habiter. Ces hommes et femmes, selon les grandes instances gouvernementales, ont une pensée très élémentaire. C’est pourtant une des dernières grandes conquêtes des cinquante dernières années de découvrir que les peuples premiers ne sont pas seulement des primitifs, mais qu’ils pensent – qu’ils ont une sagesse. Leur « pensée sauvage » ne coïncide pas avec la nôtre et souvent, elle est prophétique. La préhistoire a été un très regrettable classement idéologique contraire à la réalité. Chacun sait aujourd’hui que c’est un contre-sens, l’homme ayant pris conscience de sa réalité sociale, de la mort et des pouvoirs de l’invisible avant que l’histoire des peuples ne soit écrite. Je suis très surpris, en tant que président de l’Académie polaire d’État de Saint-Pétersbourg, que l’on n’ait pas questionné les vingt-cinq peuples sibériens à ce sujet ; non plus le peuple groenlandais, et toutes les autres nations Inuit. Et les peuples de l’Amazonie, notamment les célèbres Yanomami, dont le grand chaman s’est exprimé magnifiquement tout récemment dans son témoignage  ? Ou les aborigènes australiens qui dessinent sur le sable les géométries de l’invisible  ? Je pourrais également parler des Batammariba du Togo ou des Masaïs en Tanzanie ou des admirables Guarani. J’ai récemment interrogé Survival International ; son consultant permanent à Paris, Jean-Patrick Razon, m’a confirmé que cette grande institution n’a pas été consultée. Tous les peuples racines, peuples en danger, ont leur rôle à jouer. Je crois que l’Unesco s’honorerait en les interrogeant un à un. C’est la vocation de cette grande institution onusienne. Ce n’est pas trop tard. Il nous faut avoir leurs réponses.

Je puis vous dire que pour les régions circumpolaires, il n’est pas certain que ces hommes et ces femmes considèrent le changement de climat comme négatif. Ils ont leur propre point de vue, et certains considèrent ce changement comme positif. La fonte des glaces ouvre des voies de navigation, et aussi à l’exploitation de ressources minérales considérables – dans la mesure où ces entreprises seraient conduites avec prudence. L’homme du Nord est avisé. Ils savent la terre régie par des lois d’équilibre et ils ont un discernement de grands voyants dans leurs interprétations. Au reste il serait difficile d’interdire à ces peuples d’exploiter leurs richesses alors que pour d’autres, dans les grands déserts tropicaux comme ceux de l’Arabie saoudite ou le Qatar, l’Occident n’a pas hésité à encourager une puissante industrie du pétrole. Ce qui est bon pour l’un pour l’un n’est peut-être pas mauvais pour l’autre. Mais la terre est fragile, particulièrement dans les hautes latitudes et il est essentiel que ces voix de sociétés héroïques, dites premières, soient magnifiées par l’Unesco ; sa vocation n’est-elle pas de faire vivre la diversité des peuples ? Nous sommes désormais convaincus que la biodiversité est une nécessité écologique. La mondialisation est un malheur absolu et il est de notre devoir de protéger toutes minorités. L’intelligence de l’homme à venir participe de l’apport de chacun. Il n’est jamais trop tard.

En ce qui me concerne, je souhaiterais – et telle est ma fonction en tant qu’Ambassadeur de bonne volonté – qu’avec l’aide de Madame la directrice générale, Irina Bokova, nous soyons invités aux travaux de cette commission internationale.

Il est essentiel, au cours de cette conférence, de mieux réfléchir sur la diversité des cultures et sur la multiplicité des réponses à attendre. Pour ma part, si avec tant d’autres, je me bats pour les minorités, c’est que je crois qu’elles sont notre avenir. Nous sommes en train de nous enfoncer dans le malheur. C’est excellent de dresser une ligne Maginot pour protéger la terre des drames climatiques à venir, mais il est surprenant qu’au même moment, les grandes nations détentrices de notre avenir préparent des armes nucléaires redoutables qui pourraient bien se traduire par la fin de notre espèce.

La terre est en grand danger. Nous ne savons plus dialoguer. Le mal est dans notre tête. En Occident, nous vivons une profonde crise intellectuelle et spirituelle. Et les peuples, oserais-je dire techniquement en arrière, sont peut-être le nouveau souffle, tant attendu, de l’humanité. Ils ont une pensée qui est très différente, une vision mythique de l’avenir. Je crois que ce serait l’honneur de l’Unesco, malgré le temps qui est court, d’organiser cette confrontation qui étonnerait beaucoup les glaciologues, les climatologues et les politologues. Ils découvriraient, que eux aussi, ont quelques pensées à ce sujet.

Il est grand temps, Madame la directrice générale, de nous mobiliser pour faire connaître ce que l’on juge être le passé de l’homme et qui est peut-être son avenir. Avec mes collègues russes et groenlandais, nous attendons ce mandat.


Professeur Jean Malaurie, Ambassadeur de bonne volonté à l’Unesco

Source: http://www.jean-malaurie.fr/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=52&Itemid=135

 

Sur son blog,

http://www.jean-malaurie.fr/index.php?option=com_content&task=blogcategory&id=52&Itemid=135

Jean Malaurie s'honore, ainsi que pour ses collaborateurs, d'avoir été "nommé à la haute dignité" de Grand Officier de la Légion d'Honneur...

Cela peut surprendre de la part d'un ancien Résistant gaulliste et russophile qui pense aujourd'hui que "la France est foutue".

Hector Berlioz, George Sand, Bernanos, Albert Camus, Georges Brassens, Coluche, Marcel Aymé, Pierre et Marie Curie, eux, l'avaient justement refusée, ces deux derniers avec le motif: "En sciences, nous devons nous intéresser aux choses, pas aux personnes".

Le Président Poutine a décoré l'année dernière Jean Malaurie de l'Ordre de l'Amitié des citoyens étrangers:

http://fr.sputniknews.com/french.ruvr.ru/news/2014_05_15/Poutine-decerne-lOrdre-de-lamitie-a-deux-Francais-2250/

Il est en effet le fondateur et le président de la prestigieuse Académie polaire l'État de Saint-Pétersbourg

http://transpolair.free.fr/sciences/cea/st_petersbourg.htm

Quand on est le Victor Hugo ou le Napoléon scientifique de l'Arctique, comment ne pas croire mériter et ensuite comment refuser de tels honneurs et un tel éloge ? Surtout quand on sait que la Légion d'Honneur  a été créée par Napoléon ?

C'est sans doute pour les mêmes raisons que Jean Malaurie déclare pragmatiquement dans son allocution:

(...) "La fonte des glaces ouvre des voies de navigation, et aussi à l’exploitation de ressources minérales considérables – dans la mesure où ces entreprises seraient conduites avec prudence. L’homme du Nord est avisé. Ils savent la terre régie par des lois d’équilibre et ils ont un discernement de grands voyants dans leurs interprétations. Au reste il serait difficile d’interdire à ces peuples d’exploiter leurs richesses alors que pour d’autres, dans les grands déserts tropicaux comme ceux de l’Arabie saoudite ou le Qatar, l’Occident n’a pas hésité à encourager une puissante industrie du pétrole. Ce qui est bon pour l’un pour l’un n’est peut-être pas mauvais pour l’autre." (...)

Les grands naturalistes et écologistes Théodore Monod et Jean Dorst ("Avant que nature meure", 1965, traduit en 17 langues), pour ne citer qu'eux, n'auraient certainement pas  parlé de cette manière ambivalente. S'il est en effet difficile d'"interdire" aux peuples-racines d'exploiter ou de laisser exploiter industriellement leurs richesses naturelles, au moins doit-on se convaincre et les convaincre, si besoin est, de les laisser sagement là où elles sont.

Quand on voit - ou quand on imagine- la répression contre le journalisme écologiste, notamment en Russie:

http://www.reporterre.net/La-repression-violente-contre-le-journalisme-environnemental-s-aggrave-dans-le

on comprend le sens et le but qu'ont les honneurs officiels.

P.O.C.

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Les Japonais reprennent la chasse à la baleine dans l'Antarctique

2 Décembre 2015 , Rédigé par POC

Torii d'Itsukushima

Torii d'Itsukushima

C'est dur d'être un dieu japonais de nos jours.

Hayao Miyazaki (cinéaste japonais, auteur de Princesse Mononoke, Mon voisin Totoro etc...)

 

Un article récent de Sputnik http://fr.sputniknews.com/international/20151201/1019942943/chasse-baleine-japon-onu.html nous l'avait appris: le Japon reprend la chasse à la baleine dans l'Antarctique pour les traditionnelles et fallacieuses raisons "scientifiques" auxquelles plus personne ne croit. 333 baleines de Minke seraient ainsi massacrées chaque année, alors que ces mammifères ont toutes les peines du monde à survivre dans les mers et les océans pollués par l'homme et sillonnés par toujours plus de navires à moteur*. Si 95% des Japonais n'ont pas consommé de viande de baleine au cours des dernières années et si 6000 tonnes de viande congelée dorment actuellement dans leurs entrepôts, pourquoi continuer cette chasse qui soulève l'indignation du monde entier ? Eh bien, c'est tout simplement parce qu'elle est un symbole pour le nationalisme japonais qui n'entend pas se faire dicter des lois venues de l'extérieur, fussent-elles celles du bon sens et du respect de la nature. C'est que précisément le nationalisme japonais est contre nature: contre celle du Japon mythique et historique d'abord, qui est le  Bushido et le shintoïsme (la religion des origines) et ensuite contre la Nature tout entière. Fukushima empoisonne, jour après jour, la déesse-mère des Japonais, Amaterasu-ōmikami 天照大神, divinité du Soleil,  de l'Univers et donc des baleines... et ancêtre de l'Empereur du Japon.**

P.O.C.

* "depuis les cent dernières années, le développement des activités humaines en mer a introduit des sources sonores artificielles, générant un niveau de bruit jamais atteint au cours des millénaires", décrit Michel André, directeur de l'Ecole polytechnique de Catalogne et spécialiste de la bioacoustique animale". In: Les mammifères marins menacés par la pollution sonore humaine: http://www.lemonde.fr/planete/article/2008/07/03/les-mammiferes-marins-menaces-par-la-pollution-sonore-humaine_1065901_3244.html

** "L'empereur actuel, Akihito, est le dernier d’une succession que la tradition présente comme ininterrompue et que la légende historique fait commencer en 660 av. J.C. avec l’empereur Jinmu, descendant de la déesse Amaterasu.

Pour les partisans du culte impérial, dont l'influence fut prédominante lors de l'expansion de l'ère Shōwa, l'empereur avait un statut divin, symbolisé par les insignes impériaux. Ce statut a fait l'objet d'une remise en question lors de l'occupation du pays par les forces américaines, ces dernières obligeant en conséquence Hirohito à renoncer officiellement, en janvier 1946, à sa nature de « divinité incarnée » (akitsumikami) sans toutefois renoncer à son ascendance divine." (Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Empereur_du_Japon

Pour plus de détails et d'explications: http://fr.sputniknews.com/opinion/20151201/1019962843/japon-baleines-chasse.html

Réécoutez aussi l'émission correspondante sur Radio Sputnik le mercredi 2 décembre 2015 à 18H30: http://aligrefm.org/programmes/les-emissions/radio-spoutnik/

A propos du nationalisme et de la Religion de l'Argent au Japon et sur ce même blog:

http://pocombelles.over-blog.com/article-a-propos-du-chant-des-grillons-de-masahiko-fujiwara-kokka-no-hinkaku-112219166.html

http://pocombelles.over-blog.com/2015/10/le-gouvernement-japonais-demande-la-fermeture-de-tous-les-departements-de-sciences-humaines-et-sociales-des-universites-horizons-et

http://pocombelles.over-blog.com/2015/05/comprendre-les-plantes.html

Source: http://www.neonnettle.com/features/448-officials-fukushima-has-now-contaminated-1-3-of-the-worlds-oceans

La déesse Amaterasu sortant d'une grotte. (Utagawa Toyokuni III,Kunisada) - Artiste inconnu.

La déesse Amaterasu sortant d'une grotte. (Utagawa Toyokuni III,Kunisada) - Artiste inconnu.

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Pour Théodore Monod, tout a commencé dans la mer

1 Décembre 2015 , Rédigé par POC

Sur le naturaliste protestant Théodore Monod (9 avril 1902 à Rouen - 22 novembre 2000 à Versailles) et sur ce même blog: http://pocombelles.over-blog.com/2015/01/les-nuages-de-magellan.html

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Le silence des oiseaux

1 Décembre 2015 , Rédigé par POC

"Imaginer un monde sans musique semble impossible, mais qu’en serait-il si nous n’entendions plus jamais le chant des oiseaux ? Les scientifiques sonnent la sonnette d’alarme sur un phénomène inquiétant : le déclin de la population de passereaux dans nos ciels. Le documentaire « Le silence des oiseaux » se propose d’étudier les causes qui mettent en péril les habitats et la vie de ces créatures singulières. Un appel urgent à l’action…

L’extinction des espèces n’est pas un mythe, en voici une bien triste nouvelle preuve. On le sait, les oiseaux jouent un rôle essentiel dans l’équilibre de la biodiversité. Depuis toujours, ils dispersent les graines et pollinisent les plantes dans la nature sans même le réaliser. Ces oiseaux, qui dépendent clairement des écosystèmes dans lesquels ils vivent, voient leur habitat gravement menacé par l’urbanisation, l’agro-industrie et la chasse au point d’être contraints de s’adapter (ou mourir) à un environnement hostile.

Si les passereaux représentent plus de la moitié des oiseaux de la planète, leur nombre est en chute libre depuis 50 ans. L’hirondelle noire a par exemple a connu un déclin de 78% depuis 1970, quant à la paruline du Canada, sa population a baissé de 66% depuis 1966… Seule la moitié des espèces d’oiseaux recensées dans les années 60 sont toujours en vie à l’heure actuelle et de nombreuses parmi elles sont gravement menacées de disparition. Cet écroulement de la biodiversité s’est pourtant déroulé devant nos yeux, dans l’ignorance de la majorité et continue de se produire en ce moment même.

Le documentaire en deux parties « Le silence des oiseaux » réalisé par Susan Rynard se propose d’étudier la vie des passereaux et l’évolution de leur habitat dans un contexte urbain sous la pression d’un développement économique croissant. En explorant l’immensité de territoires tels que la forêt boréale canadienne ou les marais de Turquie orientale, des scientifiques, des écologistes et des amateurs passionnés se penchent sur l’impact du bruit, des lumières artificielles, des pesticides et des changements climatiques sur les populations de passereaux.

En pratique, ces oiseaux représentent un baromètre de nos écosystèmes, nous informant sur la bonne santé de notre planète. Ils nous préviennent des changements de saisons, de l’arrivée d’une tempête ou du niveau de pollution présente dans la chaîne alimentaire. Ils sont aujourd’hui en grand danger de par nos actions collectives qui affectent directement l’environnement. Leur sort est-il irréversible ? Les scientifiques tentent actuellement de développer de nouvelles technologies dans l’espoir de sauver les passereaux de ce terrible destin. Des acteurs privés et associations tentent également d’apporter leur aide. En ce sens, on peut citer La Farine Mélodieuse, un projet belge de production de farine biologique, sans intrants chimiques, où 10% de la récolte de blé est laissée aux oiseaux pour l’hiver.

A l’approche de la 21ème conférence sur le climat qui aura lieu à Paris du 30 novembre au 11 décembre 2015, il est urgent que chacun ouvre les yeux sur les conséquences dramatiques qu’entraînent des besoins humains toujours plus croissants sur les espèces de la planète. Il est nécessaire que des mesures strictes soient prises et tenues avant que le chant des passereaux ne deviennent pour tous qu’un lointain souvenir.

« Le silence des oiseaux« , un documentaire à ne pas rater ce vendredi 18 septembre à 19h sur la chaîne Arte. Rediffusions prévues le vendredi 2 octobre à 18h15 et le vendredi 9 octobre à 11h40. Également disponible temporairement sur Youtube."

Source de cet article: https://mrmondialisation.org/le-silence-des-oiseaux/

Et pour en savoir plus sur les oiseaux de France, visitez le site de la vénérable Société d'Études Ornithologiques de France: http://seofalauda.wix.com/seof

La "France profonde" des beaufs en pavillons et clôtures de ciment grillagées, qui extermine les oiseaux protégés et envoie en même temps son armée massacrer les populations civiles en Afrique et au Moyen-Orient parce qu'elle n'a que du mépris pour ceux qu'elle nomme ignominieusement "bicots" ou "bougnouls"... le même mépris pour la nature sauvage et pour les peuples jugés "inférieurs".

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L'"avenir heureux" selon le nucléaire

1 Décembre 2015 , Rédigé par POC

L'"avenir heureux" selon le nucléaire

Découvrez les photos apocalyptiques de Fukushima par le photographe polonais Arkadiusz Podniesinski:

http://www.podniesinski.pl/portal/fukushima/

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Le pays dont le prince est un Enfant

30 Novembre 2015 , Rédigé par Béthune

La France sera demain à l'homme qui lui dira toute la vérité, qui la lui dira tout entière.

Georges Bernanos (Nous autres Français, IV, Gallimard, 1939)

 

Je ne dirai rien du jeune Prince dont la pensée, je peux écrire le visage, m'ont accompagné tout au long de ces pages qui me paraissaient longues hier, que je trouve aujourd'hui si courtes, trop courteseux être. Parler de lui l'engagerait trop, trop pour le trop peu que je suis, que je veux être. Je sais seulement qu'il a fait, dans le secret de son âme, un pacte avec l'enfance, avec l'enfance française, avec la jeunesse de mon pays. Je prie Dieu qu'il tienne ce pacte jusqu'au bout. Il ne faut plus décevoir les enfants de France, jamais. La seule tradition de ce peuple, qu'aucune secte, qu'aucun parti n'ose, n'est capable de revendiquer, la seule qu'aucun parti, aucune secte ne saurait assumer, parce qu'elle ferait plus que les écraser, elles les rendrait ridicules, c'est celle de la chevalerie chrétienne française, c'est celle de l'honneur de la Chrétienté. Elle va bien à  ce jeune Prince. Elle est faite pour lui. On ne la lui disputera pas. En face des demi-dieux de l'Europe, comme en face des politiques- oui, face aux politiques de gauche, de droite ou même d'Église- face à ces circonspects sans prudence, qu'il se demande avec un sourire - car il faut sourire aux grandes choses qu'on tente- : "Que penserait de tout cela Saint Louis ou Bayard ?" Alors, quoi qu'il dise, son peuple comprendra."

Georges Bernanos (Nous autres Français, IV, Gallimard, 1939) Pléiade, tome 1, pp. 680-681.

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Olivier de Serres: Les bois en général (Théâtre d'agriculture et mesnage des champs, 1600)

28 Novembre 2015 , Rédigé par Béthune

Olivier de Serres: Les bois en général (Théâtre d'agriculture et mesnage des champs, 1600)
Olivier de Serres: Les bois en général (Théâtre d'agriculture et mesnage des champs, 1600)
Olivier de Serres: Les bois en général (Théâtre d'agriculture et mesnage des champs, 1600)
Olivier de Serres: Les bois en général (Théâtre d'agriculture et mesnage des champs, 1600)
Livre VII, chapitre VII

Livre VII, chapitre VII

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Planter des forêts de châtaigniers en France à la place des monocultures de blé, de colza ou de maïs ?

28 Novembre 2015 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

"Durant des siècles, la châtaigne, rôtie ou bouillie, a été la nourriture hivernale de base des pays pauvres, principalement en Limousin, où l'on appelait le Châtaignier l'"arbre à pain". Dans les Cévennes, la "biroulade", qui consistait à manger des châtaignes rôties en les accompagnant de bons coups de vin, 'etait l'occasion d'une soirée passée entre voisins."

Jacques Brosse, Les arbres de France (Plon, 1987): Le châtaignier (p.55).

 

Les Gaulois étaient un peuple forestier. La culture et la consommation des céréales se développa avec la romanisation, au détriment des aliments provenant de la chasse et de la cueillette. Bien que l'aire naturelle du châtaignier soit méridionale et qu'il se soit répandu en France avec la vigne, on peut donc penser que les châtaignes étaient un aliment important des Gaulois avant et après la Conquête, là où on les trouvait.

Par leurs grandes qualités nutritives et gustatives, les châtaignes pourraient remplacer en partie ou même en grande partie la farine issue des céréales cultivées aujourd'hui dans les immenses monocultures industrielles et chimiques qui détruisent l'environnement et nuisent à notre santé.

Transformer ces monocultures nuisibles en forêts naturelles* de châtaigniers bénéfiques pour l'homme, pour le climat, les sols et la "biodiversité" présenterait d'infinis avantages. Pour notre agrément aussi: il vaut mieux se promener dans une forêt que dans un champ de blé de la Beauce! Et quant au bois de châtaignier, c'est comme chacun sait un excellent matériau de construction et combustible.

P.O.C.

* C'est à dire des forêts où domine le châtaignier, mais avec les autres espèces végétales (et animales) qui lui sont naturellement associées.

La conservation des châtaignes

"Les châtaignes peuvent être consommées fraîches, dès qu’elles sont tombées de l'arbre. Il est possible de les conserver 3 à 4 fois plus longtemps en les faisant tremper dans l'eau pendant 5 à 9 jours immédiatement après le ramassage, de façon à détruire les éventuels parasites et leurs œufs. Les fruits restés plusieurs jours au contact de la terre sont particulièrement susceptibles d’être infestés et impropres à la consommation4,5.

Aussitôt après le ramassage, on immerge totalement les châtaignes dans une cuve remplie d’eau, et, après brassage des châtaignes, on élimine tout ce qui flotte. Ce sont des fruits véreux ou déjà pourris, car les fruits sains, plus denses, ne flottent pas.

Ce trempage tue par asphyxie les larves parasites, comme celles du carpocapse et du balanin. Il induit également une modification chimique de la chair de l’amande qui lui confère une forte résistance à la pourriture. Par ailleurs, les châtaignes traitées par trempage restent longtemps bien hydratées et résistantes à la dessiccation.

Le trempage doit durer au moins 5 jours (idéalement, 9 jours6), et l’eau doit être renouvelée quotidiennement. Les châtaignes doivent être remuées chaque jour, et les fruits noirs ou mous, qui remontent à la surface, doivent être éliminés. Ils étaient déjà pourris avant le trempage.

Après le trempage, les châtaignes sont étalées sur un plancher pour le ressuyage pendant 8 à 10 jours dans un endroit bien ventilé. Le séchage est terminé quand les châtaignes restent sèches au début du jour, sans traces de condensation nocturne. On peut alors les stocker dans un local frais et aéré (pas dans une cave) puis les remuer de temps en temps pour les aérer."

Source: Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2taigne

Pour en savoir plus sur l'histoire et les usages du châtaignier: http://www.chataignes-alpes-provence.fr/

Jeune châtaignier en fleur, comme un feu d'artifice ou un bouquet d'étoiles parfumées. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Jeune châtaignier en fleur, comme un feu d'artifice ou un bouquet d'étoiles parfumées. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

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Georges Bernanos: les Bourbons

26 Novembre 2015 , Rédigé par Béthune

"Les Bourbons, comme tous les êtres destinés à périr, étaient de coeur avec les ennemis; ils servaient sur leur cassette une pension de six mille francs à la veuve du général Turreau qui avait massacré les Vendéens, et faisaient surveiller par la police la maison de ces La Rochejaquelein dont cinq étaient morts pour la cause royale."

Georges Bernanos, 1929-1931, in Pléiade, Essais et écrits de combat I, p. 1160.

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