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Le Rouge et le Blanc

Articles récents

Le nucléaire en Bolivie ?

17 Janvier 2014 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Le Président de la Bolivie Evo Morales a récemment déclaré que son pays, qui a amélioré ses relations avec la France, pourraît se doter bientôt de l'énergie nucléaire:

http://www.nuklearforum.ch/fr/actualites/e-bulletin/la-bolivie-prevoit-dentrer-dans-le-nucleaire

http://french.ruvr.ru/news/2014_01_07/La-Bolivie-va-bientot-se-doter-de-lenergie-nucleaire-president-6531/

http://www.liberation.fr/societe/2014/01/13/evo-morales-les-relations-avec-la-france-sont-bonnes-maintenant_972375

http://www.ibtimes.com/bolivia-wants-nuclear-energy-brazil-other-latin-american-countries-are-abandoning-it-1525442

Après Bolloré avec le lithium du Salar d'Uyuni, Eads avec les Airbus et les hélicoptères, sera-ce au tour d'Areva de s'intéresser à la Bolivie ?

Si oui, les Boliviens feraient bien de voir ce qui se passe au Niger: http://www.regards.fr/web/Areva-au-Niger-la-politique-du,7145

La Russie est, en tous cas, sur les rangs: http://www.sfen.org/La-Russie-souhaite-collaborer-avec

 

La Bolivie possède d'immenses réserves de gaz naturel ainsi que du pétrole, en grande partie exportés vers le Brésil et les pays voisins. Pourquoi, dans ce cas, se doter d'un outil aussi dangereux que le nucléaire civil ? La réponse n'est pas dans les besoins réels du pays, mais beaucoup plus, d'abord, dans la nécessité des pays et des multinationales qui possèdent cette technologie de la vendre à l'étranger. De la part du gouvernement bolivien et d'une partie de la population, il y a certainement aussi le rêve de transformer la Bolivie en un pays "comme les autres": moderne, développé, avec des métropoles éclairées à l'electricité, des routes où circulent des autos et des camions, de vastes cultures industrialisées comme il en existe déjà au Béni. Le piémont oriental des Andes, difficilement transformable et exploitable, restera consacré à la culture de la coca et à la production de cocaïne, véritable "or blanc" du pays*.

Mais beaucoup plus qu'un Etat, qu'un pays, qu'une nation, la Bolivie est un territoire sur lequel vivent une mosaïque de peuples partiellement dominés par les Incas puis par les Espagnols. C'est Bolivar qui voulut donner une existence politique, en réalité totalement abstraite et artificielle, à ce territoire qui se nomme aujourd'hui la Bolivie et qui est divisé en deux régions naturelles, deux mondes presque étrangers l'un à l'autre: les Andes et les plaines amazoniennes. Qu'y a-t-il en commun en effet entre une tribu amazonienne, des paysans aymaras de l'altiplano et des citadins de La Paz: rien. Que signifient les entités administratives: canton, province, département, gouvernement central, pour la plupart des habitants pour lesquels la seule structure sociale qui compte dans leur vie est leur communauté natale, avec laquelle ils sont liés par des droits et des devoirs ? Presque rien. C'est justement la liberté et l'autonomie de chacune de ces communautés qui leur permet encore d'exister et de survivre. La modernisation de la Bolivie entreprise au nom du "Droit au développement des pays du sud" signifie, à terme, la destruction de son incroyable diversité sociale, culturelle et naturelle. La présence, à côté, de ce monstre qu'est le Brésil est là pour donner l'exemple.

Pierre-Olivier Combelles

* http://french.ruvr.ru/2013_01_09/Le-Kremlin-veut-interdire-aux-Boliviens-de-macher-les-feuilles-de-coca/

 

Propos d'Evo Morales aux Nations Unies:

«Après avoir été séquestré, nous avons résolu les problèmes et les relations sont bonnes maintenant, a déclaré le président bolivien. J’ai eu une réunion avec le président français (François Hollande) en profitant d’une réunion aux Nations Unies».

«Nous avons de très bons accords avec la France avec des transferts de technologie, a-t-il ajouté. Les Français ont proposé de faire du conseil pour l’utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques».

 

Les dangers qui guettent la Bolivie: l'exemple de la Corée du sud: http://www.sortirdunucleaire.org/Corruption-nucleaire-generalisee-la-Coree-du-Sud?origine_sujet=LI201402

 

Sur la Bolivie et sur ce blog

Lettre ouverte du botaniste Stephan Beck à Evo Morales, Président de Bolivie:http://pocombelles.over-blog.com/2013/11/lettre-du-botaniste-stephan-beck-au-pr%C3%A9sident-de-bolivie-evo-morales.html

 

 

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"Le vent se lève, il faut tenter de vivre." (Hayao Miyazaki/Paul Valéry)

17 Janvier 2014 , Rédigé par Béthune

 

"Le vent se lève, il faut tenter de vivre". C'est par ces paroles de Paul Valéry que le grand cinéaste japonais Hayao Miyazaki termine son interview au sujet de son dernier et ultime film: Le vent se lève:

http://www.youtube.com/watch?v=aMKEpdaAdkc

Mais c'est sur le site de Libération http://next.liberation.fr/cinema/2014/01/10/j-aspire-toujours-a-une-societe-plus-juste_972054 qu'il faut lire cette très belle interview par Olivier Séguret, dont j'extrais ces paroles de Miyazaki:

 

"Pour Le vent se lève, une difficulté a consisté à recréer des gestes et traditions de la société nippone des années 20 et 30, qui sont en train de disparaître à grande vitesse… Cela s’est accéléré ces dernières années. Vous n’imaginez pas comme il est difficile aujourd’hui de trouver une femme qui sache réellement comment plier un kimono selon les codes de l’époque. Nous avons demandé à une femme qui possède encore cette culture de travailler spécifiquement pour nous et de nous apprendre comment plier le kimono traditionnel, le ranger, marcher avec. Moi, j’ai encore le souvenir de ma mère, mais pour les générations suivantes, c’est devenu un univers très lointain. Les Occidentaux imaginent souvent que le Japon a su préserver mieux que d’autres ses traditions culturelles, c’est sans doute vrai, mais ici aussi les choses changent très vite..."

Peut-on évoquer avec vous la catastrophe de Fukushima?

Bien sûr ! C’est tragique, c’est très important. (Miyazaki allume une troisième cigarette) Le sang continue à couler et la situation empire chaque jour. Je pense que nous avons perdu un morceau entier de notre terre dans cette région. Et que le gouvernement ne veut pas le dire… Je suis déjà assez âgé, mais je peux encore être utile et si les conditions me le permettent, j’aimerais aller m’installer dans la région de Fukushima et y vivre. En habitant ici, à Tokyo, je ressens un sentiment d’impuissance et de lâcheté. Je me suis rendu dans la région de Fukushima en voiture, il y a quelques jours, et j’ai ressenti ce besoin de partager le sort de ces gens qui vivent en zone radioactive. Les champs, les maisons sont détruits, mais la nature y reprend déjà ses droits et ses forces. L’herbe et les plantes repoussent, c’était très beau. Quand les hommes en sont absents, la nature redevient très vite superbe. Je pense que le Japon devrait concentrer tous ses efforts, toutes ses ressources, sur Fukushima plutôt que sur l’organisation des Jeux olympiques de 2020 !

Votre constat sur la société japonaise semble sévère.

Nous sommes arrivés à un moment de l’histoire où nous devons d’urgence redéfinir le sens de la civilisation. La société japonaise n’en prend pas le chemin. Elle redevient nationaliste. Je suis très dubitatif sur les «Abenomics» (1), j’ai surtout l’impression que le gouvernement imprime beaucoup de monnaie et attire les débats vers des choses stupides dont le Japon d’aujourd’hui n’a aucun besoin, qui nous détournent des questions urgentes. Chaque jour, je me demande ce que je pourrais faire, je réfléchis aux moyens d’être utile. La maison où je vis n’a pas de climatisation, c’est déjà ça. J’utilise chaque jour 1,8 litre d’essence pour venir au studio avec ma 2CV et c’est encore bien trop : je voudrais n’utiliser qu’un petit verre… Et je suis trop âgé pour la bicyclette. Il est devenu si difficile de vivre sans consommer dans la société moderne. J’ai aussi mis un autocollant à l’arrière de ma voiture pour protester contre le nucléaire. Avec ma 2CV, je voyage, je me promène beaucoup dans le pays. Je n’ai pas de GPS et je me perds en chemin de temps en temps… Je suis une sorte de conservateur, oui, de naissance peut-être. Ou plutôt, je suis resté classique.

(1) Mot-valise forgé à partir du patronyme du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, et qui désigne la stratégie économique de son gouvernement, notamment fondée sur une relance monétaire.

 

Le cimetière marin

 

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,
Entre les pins palpite, entre les tombes;
Midi le juste y compose de feux
La mer, la mer, toujours recommencée
O récompense après une pensée
Qu'un long regard sur le calme des dieux!

Quel pur travail de fins éclairs consume
Maint diamant d'imperceptible écume,
Et quelle paix semble se concevoir!
Quand sur l'abîme un soleil se repose,
Ouvrages purs d'une éternelle cause,
Le temps scintille et le songe est savoir.

Stable trésor, temple simple à Minerve,
Masse de calme, et visible réserve,
Eau sourcilleuse, Oeil qui gardes en toi
Tant de sommeil sous une voile de flamme,
O mon silence! . . . Édifice dans l'âme,
Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit!

Temple du Temps, qu'un seul soupir résume,
À ce point pur je monte et m'accoutume,
Tout entouré de mon regard marin;
Et comme aux dieux mon offrande suprême,
La scintillation sereine sème
Sur l'altitude un dédain souverain.

Comme le fruit se fond en jouissance,
Comme en délice il change son absence
Dans une bouche où sa forme se meurt,
Je hume ici ma future fumée,
Et le ciel chante à l'âme consumée
Le changement des rives en rumeur.

Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change!
Après tant d'orgueil, après tant d'étrange
Oisiveté, mais pleine de pouvoir,
Je m'abandonne à ce brillant espace,
Sur les maisons des morts mon ombre passe
Qui m'apprivoise à son frêle mouvoir.

L'âme exposée aux torches du solstice,
Je te soutiens, admirable justice
De la lumière aux armes sans pitié!
Je te tends pure à ta place première,
Regarde-toi! . . . Mais rendre la lumière
Suppose d'ombre une morne moitié.

O pour moi seul, à moi seul, en moi-même,
Auprès d'un coeur, aux sources du poème,
Entre le vide et l'événement pur,
J'attends l'écho de ma grandeur interne,
Amère, sombre, et sonore citerne,
Sonnant dans l'âme un creux toujours futur!

Sais-tu, fausse captive des feuillages,
Golfe mangeur de ces maigres grillages,
Sur mes yeux clos, secrets éblouissants,
Quel corps me traîne à sa fin paresseuse,
Quel front l'attire à cette terre osseuse?
Une étincelle y pense à mes absents.

Fermé, sacré, plein d'un feu sans matière,
Fragment terrestre offert à la lumière,
Ce lieu me plaît, dominé de flambeaux,
Composé d'or, de pierre et d'arbres sombres,
Où tant de marbre est tremblant sur tant d'ombres;
La mer fidèle y dort sur mes tombeaux!

Chienne splendide, écarte l'idolâtre!
Quand solitaire au sourire de pâtre,
Je pais longtemps, moutons mystérieux,
Le blanc troupeau de mes tranquilles tombes,
Éloignes-en les prudentes colombes,
Les songes vains, les anges curieux!

Ici venu, l'avenir est paresse.
L'insecte net gratte la sécheresse;
Tout est brûlé, défait, reçu dans l'air
A je ne sais quelle sévère essence . . .
La vie est vaste, étant ivre d'absence,
Et l'amertume est douce, et l'esprit clair.

Les morts cachés sont bien dans cette terre
Qui les réchauffe et sèche leur mystère.
Midi là-haut, Midi sans mouvement
En soi se pense et convient à soi-même
Tête complète et parfait diadème,
Je suis en toi le secret changement.

Tu n'as que moi pour contenir tes craintes!
Mes repentirs, mes doutes, mes contraintes
Sont le défaut de ton grand diamant! . . .
Mais dans leur nuit toute lourde de marbres,
Un peuple vague aux racines des arbres
A pris déjà ton parti lentement.

Ils ont fondu dans une absence épaisse,
L'argile rouge a bu la blanche espèce,
Le don de vivre a passé dans les fleurs!
Où sont des morts les phrases familières,
L'art personnel, les âmes singulières?
La larve file où se formaient les pleurs.

Les cris aigus des filles chatouillées,
Les yeux, les dents, les paupières mouillées,
Le sein charmant qui joue avec le feu,
Le sang qui brille aux lèvres qui se rendent,
Les derniers dons, les doigts qui les défendent,
Tout va sous terre et rentre dans le jeu!

Et vous, grande âme, espérez-vous un songe
Qui n'aura plus ces couleurs de mensonge
Qu'aux yeux de chair l'onde et l'or font ici?
Chanterez-vous quand serez vaporeuse?
Allez! Tout fuit! Ma présence est poreuse,
La sainte impatience meurt aussi!

Maigre immortalité noire et dorée,
Consolatrice affreusement laurée,
Qui de la mort fais un sein maternel,
Le beau mensonge et la pieuse ruse!
Qui ne connaît, et qui ne les refuse,
Ce crâne vide et ce rire éternel!

Pères profonds, têtes inhabitées,
Qui sous le poids de tant de pelletées,
Êtes la terre et confondez nos pas,
Le vrai rongeur, le ver irréfutable
N'est point pour vous qui dormez sous la table,
Il vit de vie, il ne me quitte pas!

Amour, peut-être, ou de moi-même haine?
Sa dent secrète est de moi si prochaine
Que tous les noms lui peuvent convenir!
Qu'importe! Il voit, il veut, il songe, il touche!
Ma chair lui plaît, et jusque sur ma couche,
À ce vivant je vis d'appartenir!

Zénon! Cruel Zénon! Zénon d'Êlée!
M'as-tu percé de cette flèche ailée
Qui vibre, vole, et qui ne vole pas!
Le son m'enfante et la flèche me tue!
Ah! le soleil . . . Quelle ombre de tortue
Pour l'âme, Achille immobile à grands pas!

Non, non! . . . Debout! Dans l'ère successive!
Brisez, mon corps, cette forme pensive!
Buvez, mon sein, la naissance du vent!
Une fraîcheur, de la mer exhalée,
Me rend mon âme . . . O puissance salée!
Courons à l'onde en rejaillir vivant.

Oui! grande mer de délires douée,
Peau de panthère et chlamyde trouée,
De mille et mille idoles du soleil,
Hydre absolue, ivre de ta chair bleue,
Qui te remords l'étincelante queue
Dans un tumulte au silence pareil

Le vent se lève! . . . il faut tenter de vivre!
L'air immense ouvre et referme mon livre,
La vague en poudre ose jaillir des rocs!
Envolez-vous, pages tout éblouies!
Rompez, vagues! Rompez d'eaux réjouies
Ce toit tranquille où picoraient des focs!

 

Paul Valery

 

nucléaire, non merci !

 

La Gueule Ouverte - page une

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L'Esprit de la Nature

17 Janvier 2014 , Rédigé par Béthune

Comme l'homme fait partie de la nature, l'esprit de l'homme fait partie de l'Esprit de la Nature.

 

Pierre-Olivier Combelles

 

Traduction chinoise:

 

由于人是性的一部分,人的精神是性之灵的一部分

Yóuyú rén shì Xìngzhì de yībùfèn, rén de jīngshén shì Xìngzhì zhī líng de yībùfèn

 

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La contamination radio-active de Fukushima arrive en Californie

13 Janvier 2014 , Rédigé par Béthune

Voir Fukushima (55)

 

Lisez l'article sur le très bon site fukushima-blog: http://www.fukushima-blog.com/2013/11/les-effets-de-fukushima-sur-les-b%C3%A9b%C3%A9s-californiens.html#anchorComment

Publication scientifique correspondante : http://data.over-blog-kiwi.com/0/54/77/39/201311/ob_57d50a41a6f509ci66aba2b7978da1cce_ojped-2013112811114610.pdf

Ici, un article de prorussiatv qui informe de le Ministère de la Défense russe a détecté deux explosions atomiques souterraines  dans la région de Fukushima en août dernier et que la radio-activité générée par l'accident de la centrale dépasserait largement celle  de Tchernobyl: http://www.prorussia.tv/Les-consequences-de-la-catastrophe-de-Fukushima-depassent-largement-les-frontieres-du-Japon-et-personne-n-en-parle_v712.html

Profitez-en pour visionner le film de Michaël Tchertkoff: Nuclear controversies (Tchernobyl/Fukushima) : http://www.youtube.com/watch?v=MZR_Fvp3RrQ

Pour savoir que la France approvisionne toujours (juin 2013) le Japon avec le combustible nucléaire MOX fabriqué par AREVA: http://www.vivre-apres-fukushima.fr/le-mox-fabrique-en-france-est-arrive-au-japon/

 

Le pacific Egret à quai

Faites connaissance avec l'agriculteur Naoto Matsumura, le dernier homme de Fukushima, qui a refusé de quitter sa terre pour continuer à soigner ses animaux: http://www.fukushima-blog.com/le-dernier-homme-de-fukushima

 

Naoto Matsumura viendra en visite en France, à Fessenheim, en mars 2014: http://www.ledernierhommedefukushimaafessenheim.com/

 

"Après Three Mile Island, Tchernobyl, Fukushima, le prochain désastre sera en France ou en Chine. Là aussi, il y aura une tentative pour faire le silence autour de la catastrophe en faisant taire, en premier, la souffrance des irradiés."


Naoto Matsumura

 

© Antonio Pagnotta

Photo: Antonio Pagnotta

 

 

J'appelle ce pays une nation criminelle

 

« Les gens ont reçu un choc avec l’accident.

Puis petit à petit, tout le monde a commencé à avoir peur.

Mais c’était une bonne chose, une bonne peur.

Ils ont compris que l’on ne pouvait plus faire confiance.

Malheureusement, l’homme est entouré chaque jour de milliers d’informations.

Cela lui fait oublier les plus terribles évènements.

On vit cette situation aujourd’hui.

 

En ce moment-même, sous Fukushima, de la matière radioactive est en train de s’échapper.

Elle va dans les sous-sols, dans la mer, puis elle ressort sans l’atmosphère.

Ce genre de chose n’apparaît pas dans les nouvelles.

Alors tout le monde l’oublie.

Si cela apparaissait tous les jours aux informations, les Japonais ne pourraient pas l’ignorer.

Mais on passe toute sorte d’autres choses.

Je pense que la plus grande faute revient aux médias.

Ils ont construit cette situation.

Rien n’a changé depuis l’accident.

Les accidents se produisent parce que les médias ne prennent pas le problème au sérieux.

Et même après l’accident, s’ils en parlaient un peu au début, maintenant ils n’en parlent qu’au compte-goutte.

 

Le problème de la contamination, c’est que l’on ne peut que la mesurer, dans les choses, dans la terre, dans le sol.

Beaucoup de monde aujourd’hui possède un compteur Geiger, mais cela ne mesure que ce qui circule dans l’air, cela ne mesure que les rayons gamma.

En fait, lorsqu’on recherche la composition de la radioactivité sortie des réacteurs et sa dispersion, on ne trouve pas tout.

L’intérieur des réacteurs faisait presque 5000 degrés.

C’était une température plus que monumentale.

Et l’uranium et le plutonium sont sortis sous forme de gaz.

Je peux trouver cela d’après mes calculs, mais cela ne ressort pas dans les compteurs Geiger, tout comme les rayons alpha ou bêta.

 

Personne ne mesure non plus le strontium.

Le strontium est le plus effrayant.

Il se fixe dans les os et provoque des leucémies.

C’est particulièrement dangereux pour les enfants en pleine croissance qui sont exposés aujourd’hui.

Pour les enfants qui habitent dans des lieux contaminés comme Fukushima, il faut organiser immédiatement une évacuation.

Mais quand on n’a pas d’argent, on ne peut pas fuir.

Même si les gens de Fukushima voulaient fuir, ils ne le pourraient pas pour des raisons économiques.

 

Maintenant nous devons agir pour que la société Tepco qui a provoqué l’accident donne des indemnités, de l’argent, pour que les gens puissent partir s’ils le veulent.

Le pays doit d’abord faire évacuer les enfants en groupe de la préfecture de Fukushima, plutôt que de les laisser fuir chacun de leur côté.

Les enfants veulent pouvoir rester avec leurs amis d’école.

On doit faire cela en groupe.

C’est possible.

Avant que le Japon ne perde la guerre, on avait organisé des évacuations de groupe.

On faisait fuir les enfants des zones dangereuses en les amenant dans les montagnes.

C’est quelque chose qui devrait être fait maintenant.

 

Mais le pays ne fait absolument rien.

Pour cette raison, j’appelle ce pays une nation criminelle.

Si on ne fait rien, il va arriver des choses terribles aux enfants.

Je suis inquiet. »


Takashi Hirose

 

Paroles de Takashi Hirose, journaliste et ancien ingénieur, dans le film documentaire AU-DELA DU NUAGE °Yonaoshi 3.11 霧の向こう de Keïko Courdy (2013).

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La future politique agricole de la France (Bruno Parmentier)

8 Janvier 2014 , Rédigé par Béthune

Consultant, conférencier, ancien directeur d'Agrocampus Ouest, Bruno Parmentier répondait ce matin aux journalistes de France Culture au sujet de la nouvelle politique de la France, en débat actuellement à l'Assemblée. Souveraineté alimentaire, respect de l'environnement et de la biodiversité, retour au système de l'agro-sylvo-pastoralisme, développement des forêts naturelles, critique de l'agriculture industrielle (monocultures, mécanisation lourde, labourage, usage massif de pesticides et de fertilisants) telle qu'elle a été pratiquée depuis les années 1950 sur le modèle américain, critique de l'alimentation moderne fondée en grande partie sur la consommation des animaux d'élevage à sang chaud, voilà les thèmes, d'une importance fondamentale, qui ont été débattus avec perspicacité et beaucoup de brillant par Bruno Parmentier. Nul doute qu'une nouvelle révolution* est en train de se faire, celle de l'agro-écologie, et que la France par ses idées, son exemple et sans doute par sa coopération peut faire beaucoup pour que les autres pays suivent la même voie. Une révolution où les adversaires de l'agriculture productiviste et industrielle devront se battre, car c'est aujourd'hui même que l'on cherche à implanter sur notre territoire des usines à vaches (sur le modèle des poulets en batterie) comme ici dans la Somme: http://www.reporterre.net/spip.php?article5267 et qu'à l'Assemblée, l'UMP attaque violemment  http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/le-passage-a-l-agro-ecologie-provoque-de-vifs-debats-a-l-assemblee-205-97174.html le projet de loi d'avenir agricole http://www.terre-net.fr/actualite-agricole/politique-syndicalisme/article/le-projet-en-1ere-lecture-a-l-assemblee-nationale-pendant-une-semaine-205-97075.html

Pierre-Olivier Combelles

 

* Une révolution, c'est par définition, un tour complet sur soi-même ou autour d'un point extérieur. La révolution agro-écologique française, c'est essentiellement une remise en question du "Progrès" et du "Développement" et un retour à des pratiques agricoles et à une harmonie avec la nature situées dans le passé.

 

Ecoutez ou réécoutez l'émission sur le site de France-Culture: http://www.franceculture.fr/emission-les-matins-la-future-politique-agricole-de-la-france-invite-bruno-parmentier-2014-01-08

 

Bruno PARMENTIER

Economiste

Ancien directeur de l'Ecole supérieure d'agriculture d'Angers : le plus grand groupe français d'enseignement supérieur en agriculture, alimentation et développement rural"

(source: France-Culture)

 

Manger, nourrir: le PASSIONNANT site internet de Bruno Parmentier: http://nourrir-manger.fr/

 

Bruno Parmentier est l'auteur des livres: "Manger tous et bien" (Seuil, 2011)

 

            

 

et "Nourrir l'humanité" (préface d'Edgar Pisani), aux Editions de La  Découverte:

 

Nourrir l'humanité

 

(Présentation de l'éditeur)

"Nourrir les Français ? La tâche est relativement facile depuis qu'a disparu la malédiction millénaire qui rendait chacun inquiet de sa subsistance quotidienne. Nourrir l'humanité ? Un défi bien plus complexe face au scandale des 850 millions de personnes qui ne peuvent manger à leur faim et aux trois milliards d'humains supplémentaires qu'il faudra nourrir en 2050. Cela frise l'impossible, alors que la planète va manquer d'eau, de terre et d'énergie et que nous devrons affronter les effets de nos inconséquences actuelles : réchauffement de la planète, pollution, érosion, perte de la biodiversité...
Dans ce livre sont présentés tous les aspects de ce gigantesque défi, sans doute le plus important du XXIe siècle et pour lequel l'agriculture sera à nouveau appelée à occuper le devant de la scène. Sont ainsi exposées très pédagogiquement les questions de l'avenir des subventions agricoles au sein d'un commerce « mondialisé », des rapports de l'agriculture avec l'agro-industrie et la grande distribution, du risque de crises sanitaires de grande ampleur, de l'extension de la production OGM, mais aussi de l'émergence de nouveaux pays exportateurs (Chine, Brésil), etc. Un ouvrage aussi complet qu'accessible, qui passionnera agriculteurs et urbains, citoyens et décideurs. "

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A propos de l'égalité des droits entre les hommes et les femmes en Tunisie

7 Janvier 2014 , Rédigé par Béthune

Après des débats houleux, le Parlement tunisien vient d'accorder l'égalité des droits entre les hommes et les femmes. Une première dans un Etat musulman. Auparavant, la femme était  considérée comme "complémentaire" de l'homme.

Cette décision du Parlement tunisien me paraît injuste.

En effet, et comme Aristote l'a expliqué avant moi (Politique), comment ce qui n'est pas semblable peut-il être égal ?

La femme ayant le pouvoir de donner la vie, elle n'est pas l'égale de l'homme; elle lui est supérieure, et donc devrait jouir de plus de droits. C'est bien ce qu'avait compris le général de Gaulle qui, pour cette raison, avait refusé la peine de mort pour les femmes.

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1% des sols cultivés de la planète est encore en bon état (Claude Bourguignon)

5 Janvier 2014 , Rédigé par Béthune

 (...) Les Bourguignon estiment que seulement 1 % des sols cultivés de la planète est encore " en bon état ". Pour le reste : disparition de la faune et mésofaune, pollution par métaux lourds, asphyxie, salinisation, dessèchement, érosion... " Depuis qu'ils cultivent la terre, souligne Claude, les hommes ont causé la désertification de deux milliards d'hectares, dont un milliard au seul xxe siècle. " Les causes de ce désastre accéléré ? " Les méthodes de l'agriculture intensive et l'utilisation à outrance des engrais et produits dits phytosanitaires. " Apolitiques (ils n'ont croisé José Bové qu'une fois lors d'une manifestation), Claude et Lydia Bourguignon sont depuis toujours en croisade contre les forces " sataniques " des multinationales, type Monsanto ou Cargill, qui dictent aujourd'hui les modes de développement de l'agriculture mondiale puisqu'elles " fabriquent à la fois les semences, les engrais, les pesticides, et les médicaments censés soigner les maladies provoquées par les pesticides ".

Comment sortir de cette spirale infernale ? Les Bourguignon conseillent une -réduction progressive de l'utilisation des produits chimiques, jusqu'au passage en agriculture biologique. Mais attention : " On ne peut pas changer du jour au lendemain. Faire du bio sur des sols malades, ce serait comme demander à un patient alité et sous perfusion d'aller courir un 100 mètres, il se casserait la gueule tout de suite ! " Pour restaurer les terres, ils préconisent avant tout l'abandon du labour (qui " viole ", expose et asphyxie les sols), l'instauration de rotations de cultures et l'implantation d'un " couvert végétal " entre deux cultures, qui étouffe les mauvaises herbes, protège de l'érosion et nourrit la terre (c'est ce qui s'appelle le " semis sous couvert "). Des méthodes qui, si elles diminuent le rendement (de 10 à 20 %), permettent à l'agriculteur de réduire ses coûts (en machines, main-d'oeuvre et produits), donc de dégager des bénéfices équivalents, voire supérieurs, à ceux d'une exploitation conventionnelle. Surtout, des méthodes qui redonnent vie à la terre, santé à celui qui la cultive, et goût aux produits cultivés...(...)

Claude et Lydia Bourguignon sont microbiologistes des sols. Après avoir quitté l'INRA il y a une vingtaine d'années, ils ont fondé le LAMS, un laboratoire d'analyses microbiologiques des sols http://www.lams-21.com/artc/1/fr/

Extrait de l'article de Camille Labro dans Le Monde Magazine : http://www.info-brf.com/forum/viewtopic.php?f=29&t=2802

A  regarder absolument, car l'essentiel y est dit de façon claire,dense et concise:

Vidéo de la conférence de Claude Bourguignon au colloque "Où va le monde ?", (table ronde "Ecologie et Monde") le vendredi 10 décembre 2010 à l'Assemblée Nationale: http://www.dailymotion.com/video/xgihf2_claude-bourguignon-colloque-ou-va-le-monde_news

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Les hommes ont oublié qu'ils font partie de la nature... (Akira Kurosawa)

3 Janvier 2014 , Rédigé par Béthune

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Vladimir Arseniev et le chasseur Gold Derzou Ouzala.

 

"Les hommes ont oublié qu'ils font partie de la nature. Ils la détruisent de la façon la plus barbare. Il faut le crier à tous les carrefours. Moi, je le fais avec mes films."

Akira Kurosawa (pendant le tournage de Derzou Ouzala)

 

Le cinéaste japonais Akira Kurosawa est l'auteur des chefs-d'oeuvre: Les Sept Samouraï, Rashomôn, Ran, le somptueux Kagemusha et Derzou Ouzala (Oscar du Meilleur film étranger, 1976) d'après le récit de Vladimir Arseniev: La taïga de l'Oussouri, Mes expéditions avec le chasseur gold Dersou.*

* Traduit du russe par le prince Pierre P. Wolkonsky, Payot, Paris, 1939.

 

Akira Kurosawa: Kagemusha (1980)

 

 

Comme l'homme fait partie de la nature,

l'esprit de l'homme fait partie de l'Esprit de la Nature.

 

由于人是性的一部分,人的精神是性之灵的一部分

Yóuyú rén shì Xìngzhì de yībùfèn, rén de jīngshén shì Xìngzhì zhī líng de yībùfèn

Pierre-Olivier Combelles

 

 

 

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15000 dauphins sont massacrés chaque année au Pérou pour la pêche aux requins

23 Décembre 2013 , Rédigé par Béthune

Comme le révèle l'ONG Mundo Azul, 15000 dauphins sont massacrés chaque année sur la côte du Pérou pour servir d'appâts pour la pêche aux requins:

 

"Aseguran que en Perú ocurre la "matanza ilegal de delfines más grande del mundo"
Especie marina tiene una sola cría cada tres años. Alertan que estaría camino a desaparecer si autoridades no hacen respetar ley que los protege.
El director de la ONG Mundo Azul, Stefan Austermühle, denunció que la caza ilegal de delfines en mar peruano es "la más grande del mundo", pues al año se capturan aproximadamente 15 mil.

En diálogo con el programa Cuarto Poder, aseguró que ni siquiera en países donde la pesca de esa especie marina es legal, se llega a matar a tanto como en Perú.

"En Japón la matanza es legal, pero las estadísticas dicen que en Japón se mata menos que acá. Es la matanza ilegal más grande del mundo de delfines", dijo.

"Esta especie se reproduce muy lento. Un delfín tiene una sola cría cada tres años. Si están eliminando 15 mil delfines cada año, y esto viene ocurriendo desde hace 10 o 15 años, me puedo imaginar que esta población está camino a desaparecer", alertó el activista y biólogo marino.

Durante la semana, la ONG Mundo Azul reveló que en el Perú existen más de 545 embarcaciones artesanales que matan entre dos a seis delfines cada vez que entran al mar.

La carne y la grasa de los delfines sirven como carnada para la captura de tiburones.

"La excusa (de los cazadores de delfines) es que gastan dinero comprando carnada, mientras que capturar delfines no les cuesta nada. Las flotas se mueven por todo el litoral", explicó Austermühle."

 

Reportage vidéo de la chaîne péruvienne Cuarto Poder: http://www.youtube.com/watch?v=Gp1qlQ6PBm8

 

Et pendant ce temps-là, dans le Pacifique nord...

 

A Hawaii, un dauphin blessé par une ligne de pêche enroulée autour de sa nageoire demande de l'aide à des plongeurs venus regarder le spectacle des raies manta: http://www.youtube.com/watch?v=_qMCAqa7sws

 

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Toute notre civilisation tient dans la vie d'un arbre (Francis Hallé à Montréal)

16 Décembre 2013 , Rédigé par Béthune

La botanique, c'est la grammaire de la nature.

Ernst Jünger

 

Pour qu'un écologiste devienne Président de la République, il faudrait que les arbres votent.

Coluche, cité par Francis Hallé

 

Francis Hallé donnait une conférence le 13 juin 2013 au Jardin botanique de Montréal, "Plaidoyer pour l'arbre"*. Merveilleuse conférence, pétillante d'intelligence, d'esprit et de poésie. Visionnez-la ici:http://espacepourlavie.ca/francis-halle

* Titre de son livre paru chez Actes Sud en 2005

 

"Nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous somme mortelles" a dit Paul Valéry. Combien de civilisations se sont en effet succédé partout sur la planète: en Europe, en Asie, en Amérique ? "Notre civilisation" n'est que l'une d'entre elles, sûrement pas la plus brillante ni la plus intéressante, loin de là.

C'est aussi le titre d'un brillant article de Stéphane Foucart dans Le Monde Culture et Idées du 7 février 2013 http://www.lemonde.fr/culture/article/2013/02/07/notre-civilisation-pourrait-elle-s-effondrer-personne-ne-veut-y-croire_1828673_3246.html. .

Les civilisations humaines se succèdent: elles naissent, elles meurent: quoi de plus normal? Francis Hallé nous apprend quelque chose de beucoup plus important: le temps de l'arbre n'est pas le temps de l'homme. Et c'est un autre écrivain naturaliste, Ernst Jünger, qui nous dit que peut-être, à cause de son comportement stupide et destructeur, la nature n'a plus besoin de l'homme aujourd'hui*. Ce n'est donc plus la fin d'une civilisation dont il s'agit, mais de la fin de l'homme. Pas de quoi s'affoler: la fin de l'homme, ce n'est pas la fin du monde ! D'ailleurs, quand un individu meurt, son esprit et son corps retournent à la nature et aux millions d'espèces qui la composent**. Il en a été et il sera de même pour l'espèce humaine et les civilisations: étant constituées d'êtes humains périssables, elles sont issues de la nature et retourneront à la nature.

"Si le grain ne meurt..." A bien réfléchir, quel est le plus important: la survie de l'homme ou la survie de la nature ? La survie de la nature, bien sûr. D'ailleurs, c'est évident qu'elle ne nous laissera pas le choix.

P.O.C.

 

*Je vois maintenant que nous assistons à une révolution de la terre elle-même. Et ce qu'on peut voir partout, ce sont les manifestations de cette révolution; les armes atomiques, la dévastation de la flore et de la faune. Peut-être que la terre n'a plus besoin de l'homme et qu'il ne lui est peut-être plus nécessaire. Ernst Jünger (Journal)

** Lire à ce sujet l'extraordinaire récit mort de Bobi, dans un roman de Giono ("Regain")? dans lequel on assiste à la transformation joyeuse du cadavre de cet homme au bord du chemin, succession de métamorphoses qui le conduisent en animaux, en terreau, en plantes, puis en autres animaux, etc. C'est l'esprit du Cantique des Créatures de St François d'Assise, lorsqu'il nous parle de Frère Soleil, de nos Soeurs la Lune et les Etoiles, etc., et pour finir de notre Soeur la Mort.

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