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Le Rouge et le Blanc

Articles récents

Le chant des lépreux (Eric de Bisschop: Kaimiloa)

29 Mars 2013 , Rédigé par Béthune

Eric de Bisschop  

 

La jonque Fou Po I

 

La jonque Fou Po II, en Chine, arborant fièrement le drapeau francais.    

 

Eric de Bisschop (1891-1958) fut un marin français, spécialiste de la navigation dans le Pacifique. Auteur de plusieurs livres, il a été injustement oublié au profit de Thor Heyerdahl. Dans Kaimiloa, il raconte comment, arrivé de Chine à Honolulu à bord de sa petite jonque Fou-Po II (construite après le naufrage de sa première grande jonque Fou-Po I) avec son équipier Tatibouët, dans un état de dénutrition total et soigné à l'hôpital des lépreux, il apprend la nouvelle de la disparition de Fou-Po II, jetée à la côte par la tempête qui a sévi au cours de la nuit.

 

 

Je l’ai senti cette nuit…; il se passait quelque chose : je n’ai pu fermer l’œil ; je me souviens fort bien de ce coup de vent qui, pendant quelques minutes, fit battre la fenêtre de ma chambre ; je pensai tout de suite au Fou Po sur rade ; nous l’y avions mouillé hier…, mais mal peut-être ? Je me souviens, j’avais demandé de mettre une deuxième ancre, l’a-t-on mise ?... Oui, sans doute.

Pourtant au moment de cette rafale, j’ai senti quelque chose de trouble en moi… quelque chose qui me blessait dans le cœur … Mon Fou Po ? Non, ce n’est pas possible… un Dieu qu’on dit Bon, ne s’amuserait pas à des facéties pareilles…

Et pourtant… !

 

Tout à l’heure, en me réveillant, je vois l’infirmière près de moi…

Elle m’aide à me lever ; me conduit à son bras dans le hall… me fait asseoir ; comme elle me paraît différente de la veille : ses traits sont fatigués ; elle semble lasse, veut parler, mais n’a que des paroles vides de sens…

Tout me paraît d’ailleurs étrange : au bout du hall, j’ai aperçu le grand Docteur, j’ai voulu lui sourire, mais il a détourné la tête comme pour éviter mon regard, et a disparu dans une chambre ! Tati devait venir me voir ce matin… il ne paraît pas !... Où est-il ?

L’infirmière se tient devant moi ; pourquoi me regarde-t-elle ainsi, avec des yeux fixes ?

Elle parle, et ce qu’elle me dit est si bizarre :

-Imaginez, fait-elle doucement, imaginez… qu’après avoir souffert… vous appreniez…vous appreniez une mauvaise nouvelle ?

Que veut-elle dire ? Je ne comprends pas !

-Imaginez que… après avoir échappé à la mort, sauvé quoi ! c’est cela surtout qui compte, n’est-ce-pas ?

Elle déménage ! mauvaise nuit, sans doute !

Je vois arriver Tatibouet… lentement, pâle ; comme il est pâle ! Pourquoi, lui aussi, me regarde-t-il avec ces yeux fixes ?...

Soudain, je comprends… : le coup de vent de cette nuit ? celui qui s’engouffra dans ma chambre… Le Fou Po ?

La gorge serrée, je questionne, n’osant croire.

-Quoi ? dites ? le bateau ?...

Tatibouet se jette dans mes bras…

-Oui, pauvre capitaine…notre bateau ! perdu !... Cette nuit, jeté à la côte… on l’a vu ce matin… sur les rochers… éventré !

J’ai une vision rapide du désastre… mes yeux se troublent… je me lève comme une mécanique… je veux courir « le » voir une dernière fois… mais tout se met à tourner dans ma chambre, et je tombe sur le sol… affalé… comme une loque !

***

On m’a retransporté dans mon lit… Seule l’infirmière reste auprès de moi : elle me dit, lentement, la totalité du désastre !

-Des indigènes, au petit jour, ont aperçu la jonque plantée sur les rochers, la coque éventrée… Toute la nuit, elle a talonné, les fonds de la coque ont été broyés… la mer s’y est engouffrée, noyant tout, emportant tout… En quelques heures, trois années d’efforts, de luttes, perdus ! Mes manuscrits, mes notes, mes dessins, mes photos, mes cahiers de calculs… tout repris par la mer !

Et je pleure, pleure comme un gosse battu… Et c’est vous ce bon Dieu qu’on qualifie de Bon… ?

***

 

La porte de la chambre s’entr’ouvre. Peut-on entrer ? Je tourne la tête : qui peut parler français ici ? Dans l’entre-baîllement, je vois une figure de vieillard à la barbe grise qui sourit…

Le missionnaire français !... Un prêtre de ce bon Dieu a tous, de cette branche dite catholique … Que me veut-il ? Il tombe bien mal !

-Que voulez-vous ? dis-je d’un ton bourru.

Il entre plus souriant, referme la porte, et se tenant devant mon lit :

-Je viens vous dire simplement … ceci :

« Cher capitaine, ne désespérez jamais ! les voies de Dieu sont impénétrables ! »

Je sens que je vais l’insulter… Vient-il se moquer de moi ? Est-il chargé par son Dieu de continuer un peu plus longtemps la sinistre comédie ?

Mais je m’arrête… une espèce de clarté me frappe qui illumine sa figure de prêtre…

Plus bas, il reprend :

-Oui, je viens simplement vous dire : ne désespérez pas !... les voies de Dieu sont impénétrables !...

Et il ajoute :

-Oui, je sais !... Je sais ! vous avez tout perdu !... ou du moins vous croyez avoir tout perdu !... L’avenir est sombre ? vous pleurez ? vous êtes abattu ? vous accusez le ciel ?... Et pourtant… vous êtes moins à plaindre, beaucoup moins… que ces centaines de malheureux au milieu desquels je vis… ces lépreux ! Savez-vous ce que c’est un lépreux ? rongé dans son corps, rongé dans son âme… fui, méprisé de tous… et pourtant, écoutez… ils ne pleurent pas, eux !

… Un chant lointain monte, clair, mi-religieux, mi-joyeux… le même que j’entendis hier…

-Ils chantent, eux !

Il semble y avoir plus de lumière encore autour de la tête du vieillard… ; je baisse le front…

-Et pourquoi chantent-ils, vos lépreux ?...

-Je vais vous le dire, enfant !

Et tandis que je souris à cette appellation donnée à mes cheveux grisonnants, le Père s’assied à mon chevet…

-Parce qu’il y a quelques années, un humble prêtre venu des Flandres…

-Le P. Damien ?

-Oui, le P. Damien est venu ici, est mort ici, lépreux parmi ses lépreux… Si vous saviez comme il a souffert !... moins du mal qui le rongeait, que de la jalousie de ses frères en Jésus-Christ. Mais il n’a jamais cessé d’être joyeux… On est toujours joyeux, n’est-ce pas, quand on sait qu’on adouçit les peines des autres ? Il est mort… ; on croit qu’il est mort… Que non ! son âme vit toujours ici parmi les lépreux, son âme joyeuse… Voilà pourquoi mes lépreux aujourd’hui chantent…

« Ils sont gais ! tenez, si vous pouvez vous tenir sur vos jambes, vous viendriez avec moi… ; vous verriez que la grande Amérique a fait beaucoup pour eux… : ils ont leurs cinémas, leurs autos, leurs dancings… tout cela c’est très bien, mais je vous conduirais aussi à la messe… vous resteriez au dernier rang, pour ne les voir que de dos… (de face, croyez-moi, c’est horrible… Quand à ma première messe, je me suis retourné vers eux pour l’Orate fratres… je vous le dis de face, c’est horrible !) et vous les entendriez chanter… et vous seriez ému… Pourquoi ? parce que c’est l’âme du P. Damien qui chante en eux…

Je baisse la tête… honteux de moi-même…

J’entends comme dans un rêve, la porte qui se referme ; comme dans un rêve aussi, la voix qui reprend :

-Oui, ne désespérez jamais !

La chambre est vide... elle paraît soudain plus claire, plus joyeuse... serait-ce l'âme du P. Damien... ?

 

***

Le « Père » parti, Tatibouet entre…

-Tati, lui dis-je, je ne sais pas encore comment je ferai, mais je vais repartir !

Il me regarde, étonné…

-Je vais repartir… Je construirai un nouveau bateau…

Tati, me prenant les mains, me dit :

-Je repartirai avec vous, cap’taine ; vous savez, je ne puis vous quitter… je sais : vous êtes ruiné… c’est un peu de ma faute… J’ai attendu que vous soyez au bout de votre rouleau… j’espérais que cette aventure finirait quand vous n’auriez plus le sou ; mais aujourd’hui, je vous le dis, c’est à moi maintenant, j’ai encore pas mal d’argent en Chine… Vous voulez construire un nouveau bateau ? on construira un nouveau bateau !... Alors on retourne en Chine faire une nouvelle jonque ?

Que se passe-t-il en ce moment dans mon esprit…je ne saurais le dire exactement ! nous allons construire… un double canoë polynésien…

Il me regarde, ahuri…

-Quelle espèce c’est là ?

-Je ne sais pas encore très bien, mais c’est un type de voilier que les Polynésiens employaient jadis pour traverser le Pacifique… Il y a je crois, de cela… un millier d’années… !


Eric de Bisschop, Kaimiloa - D'Honolulu à Cannes par l'Australie et le Cap à bord d'une double pirogue polynésienne. Plon, Paris, 1939.

 

A Honolulu, Eric de Bisschop construira, avec l'aide du fidèle Tatibouët, la double pirogue Kaimiloa, avec laquelle ils rejoindront le port de Cannes, en France (1938), au terme d'une extraordinaire navigation. Cet exploit, qui reliait Bisschop aux hardis marins polynésiens qui parcoururent autrefois le Pacifique, fit de lui le pionnier de la construction des multicoques de plaisance.

Des années plus tard, Eric de Bisschop construisit le radeau de bambous Tahiti Nui I pour prouver que le peuplement de l'Amérique du sud avait été fait par les Polynésiens à bord d'embarcations similaires (les doubles pirogues étant réservées à l'exploration). Parti de Tahiti en 1956 avec un équipage, il atteint presque les îles Juan Fernandez au large de la côte chilienne. Le radeau ayant subi de graves avaries, il fut remorqué par un bâtiment de la marine chilienne, puis abandonné. Un nouveau radeau, Tahiti Nui II, fut alors construit avec l'aide des pêcheurs du port chilien où il avait été accueilli et rejoignit le port du Callao, à Lima, au Pérou. De là, ils repartirent vers la Polynésie, où Tahiti Nui II s'échoua le 30 août 1958 sur l'atoll de Rakihanga, dans les îles Cook. Eric de Bisschop, mourut d'épuisement le même jour, sur la plage.

Pierre-Olivier Combelles

qui a retranscrit le texte de Bisschop d'après l'original.

 

Kaimiloa, la double pirogue polynésienne à voilure de jonque

 

Tahiti Nui I, le radeau en bambou et à dérives réglables, au départ de Tahiti 

 

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Francophobie = Russophobie

29 Mars 2013 , Rédigé par Béthune

A couvert du processus de démocratisation en Union Soviétique, un "Petit Peuple" d'intellectuels cosmopolites, funestes héritiers des Démons qui pensèrent le plus terrible génocide de l'Histoire (66 millions de morts), s'acharne contre les Russes qualifiés de "fils de chiens", d'"esclaves millénaires", et sommés d'adopter la culture marchande de l'Occident.

C'est dans le contexte d'un déchaînement de haine raciale à l'égard des Russes et d'apologie de l'"imitation barbare de l'Occident" (A. Soljénitsyne), que l'une des figures historiques de la résistance au Communisme et avec lui 73 des plus grands écrivains russes expriment leur refus absolu de la "mort tiède" que, sous le signe de la "Démocratie", de la Religion des Droits de l'Homme et d'une vision constructiviste du réel, les nouveaux calomniateurs de la Russie ont programmée.

Pour la première fois en Occident, la Grande Russie prend la parole pour dévoiler les motivations réelles des orphelins du bolchévisme travestis en démocrates et en partisans de l'économie de marché, qui se résumeraient en un commandement: PARACHEVER LE GENOCIDE DU PEUPLE RUSSE !


4e de couverture de "Russophobie", l'ouvrage de Igor Chafarevitch (Editions Chapitre Douze SER, Paris, 1993.

 


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Suisse : les socialistes et les Verts s’opposent à une initiative populaire contre la pédophilie (Léon Saint-Quay)

28 Mars 2013 , Rédigé par Béthune

Lire l'article sur le site Egalité et Réconciliation: link

Pour mémoire, ce sont les mêmes socialistes et Verts qui, en Suisse, veulent abroger l'institution sacro-sainte de la milice populaire, et donc détruire les fondements de la société. Consulter à ce sujet les archives de la revue helvétique Horizons et Débats (link

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L'Esprit de la Nature

26 Mars 2013 , Rédigé par Béthune

Pleiades hemisphere sud

 

 

Comme l'homme fait partie de la Nature,

l'esprit de l'homme fait partie de

 l'Esprit de la Nature.


 

人是自然的一部分

人的精神是精神性的


 

Pierre-Olivier Combelles

 

J'ai écrit ces mots en lettres multicolores pour montrer que la nature est diversité.


 

POC-BCN--1989-d-tail-POC.jpg


 

 

Couronne de shaman. Collection Kai Donner

Museovirasto (Finlande) : link

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France: les militaires ne sont plus payés, leurs épouses protestent

25 Mars 2013 , Rédigé par Béthune

les femmes de militaires en ont plein le dos

 

Un paquet de Gauloises, le site facebook des femmes de militaires excédées par le non-paiement des soldes à cause du dysfonctionnement (délibéré ?) du logiciel Louvois: link

Commentaires de militaires: link

 

 

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La "clause de solidarité" du Traité de Lisbonne (Vertraulicher Schweizer/Horizons et Débats)

25 Mars 2013 , Rédigé par Béthune

Horizons et Débats (Suisse)

25 mars 2013

link

 

Comme une pieuvre, l’UE s’empare de plus en plus du pouvoir dans les différents Etats membres

Aide lors de «circonstances exceptionnelles» à l’intérieur

 

Comme une pieuvre, l’UE s’empare de plus en plus du pouvoir au sein des Etats membres. La «clause de solidarité» du traité de Lisbonne, désormais explicitée, promet aux Etats membres de l’UE – de façon hypocrite – de l’aide en cas de «circonstances exceptionnelles» à l’intérieur(!). La Commission européenne et la Haute représentante pour les affaires étrangères et la politique de sécurité de l’Union ont présenté une proposition quant à la concrétisation de la soi-disant «clause de solidarité». Le document se réfère à l’article 222 controversé à l’époque de l’adoption du traité de Lisbonne. Les institutions de l’Union européenne et ses Etats membres sont tenus de se prêter mutuellement assistance en cas de sinistre. Cela inclut explicitement le recours à des moyens policiers et à ceux des services secrets et militaires (!). […]

La proposition actuelle prévoit l’obligation au soutien en cas de «circonstances exceptionnelles». Certes, les conflits politiques ne sont pas explicitement mentionnés dans les domaines d’application proposés de la «clause de solidarité». Pourtant, la définition fournie du terme «catastrophe» couvre également les émeutes, les blocus ou le sabotage: toute situation qui a ou peut avoir des effets néfastes sur l’homme, l’environnement ou les biens. La définition donnée d’une «crise» en tant que déclencheur couvre toutes les autres menaces possibles, y compris toutes sortes de «[...] situations graves, inattendues et souvent dangereuses nécessitant une intervention en temps voulu» et qui peuvent «concerner ou menacer d’importantes fonctions sociales». A cela s’ajoute le refus permanent d’effectuer le travail, par exemple par les dockers ou des grèves générales. Surtout lorsque des services de sécurité participent à des manifestations, la capacité légale d’un Etat serait sérieusement restreinte. Chez nous c’est encore inimaginable: mais en Grèce et au Portugal, ces dernières années, dans certains cas, la police et en partie même les militaires étaient en grève. […]

La Commission européenne et ses sous-comités ne font ni une ni deux dans cette affaire. Trois exercices de six semaines des autorités de police européennes ont déjà eu lieu sur les terrains d’exercices de la Force de gendarmerie européenne (FGE) près de Potsdam. Ces «European police force trainings (Eupft)» doivent illustrer et évaluer les compétences de combattre des insurrections de différents pays. Y ont participé les policiers et les gendarmes des unités qui pourraient être convoqués pour des missions à l’étranger. Pour les experts, il est clair qu’il faut comprendre ces exercices absolument comme préparation à la mise en pratique de l’article 222. Le 7 mars a lieu à Bruxelles la «première lecture» de la nouvelle «clause de solidarité» proposée. […]

Source: Vertraulicher Schweizer Brief n° 1349 du 12/02/13

(Traduction Horizons et débats)

 

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L’UE avance selon un plan bien établi: D’une institution communautaire à une entité centralisée (Eberhard Hamer/Horizons et Débats)

25 Mars 2013 , Rédigé par Béthune

Horizons et Débats (Suisse)

Sommaire du N°11, 18 mars 2013

link

 

 

L’importance de Friedrich Wilhelm Raiffeisen pour le mouvement des coopératives au XIXe siècle par René Roca, historien

Un premier pas pour protéger l’économie de marché contre un abus manifeste venant de l’intérieur par Hansrudolf Schmid

«Il vaut mieux s’en tenir aux actes qu’aux paroles»

Une visite dans la maison de Schulze-Delitzsch à Leipzig | par Klaudia et Tankred Schaer

Marché intérieur européen – erreur fondamentale de l’intégration

Contre la doctrine du libre-échange par Karl Albrecht Schachtschneider, professeur de droit public, Allemagne

L’UE avance selon un plan bien établi: D’une institution communautaire à une entité centralisée par Eberhard Hamer, juriste et professeur d’économie, Allemagne

Conseil de sécurité de l’ONU: pas un endroit pour la Suisse neutre par Marianne Wüthrich, juriste

La fermeture des ambassades n’est pas dans l’intérêt de la Suisse

La démocratie directe suppose un niveau élevé d’intégration

Au sujet de la révision totale de la Loi fédérale sur la nationalité suisse | par Marianne Wüthrich, juriste

Un ami des faibles - Les derniers adieux de l’ancien ambassadeur suisse Walter Suter au président vénézuélien Hugo Chávez Frías (1954–2013) | par Walter Suter

Comme une pieuvre, l’UE s’empare de plus en plus du pouvoir dans les différents Etats membres

Aide lors de «circonstances exceptionnelles» à l’intérieur

Labour avec des chevaux – au rythme de la nature par Michael Götz, Eggersriet, SG

 

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Le Premier ministre anglais, Cameron, en a assez: l’Union européenne évolue vers un centralisme excessif, accapare les compétences et devient trop chère. L’Angleterre, démocratie de longue date, risque de perdre son âme dans ce nouvel Etat centralisé.

Du coup, les commissaires politiques de l’UE et les chefs des gouvernements des pays subventionnés par Bruxelles s’en sont pris à Cameron et ont tenté d’isoler ses propos, afin de ne pas devoir les confirmer.

Mais fin janvier est tombée la réponse en souffrance du gouvernement allemand à la question du député Schäffler (FDP) concernant les salaires de l’UE, juste au moment des projets de cette dernière d’augmenter considérablement le budget:

4365 fonctionnaires eurocrates gagnent plus que la chancelière allemande, plus de 30 000 (sur 50 000) gagnent plus qu’un secrétaire d’Etat ou qu’un ministre fédéral et 26 292 simples traducteurs empochent au sein de l’UE davantage que les députés du Bundestag.

Les eurocrates veulent s’approprier la direction de l’UE

Finalement, cette «eurocratie» s’est non seulement développée comme une pieuvre, mais s’est placée à la tête des pyramides de salaires européens. Toutefois, le bureau politique de Bruxelles ne comprend pas l’indignation régnant à ce propos en Allemagne: En tant que gouvernement suprême, hiérarchiquement supérieur aux gouvernements nationaux, il peut se permettre de faire valoir de plus hautes exigences. Après tout, ses compétences s’étendent à toute l’Europe et pas à un seul Etat.

 

La question des salaires est un symptôme supplémentaire d’un déplacement de pouvoir délibéré en Europe: au lieu d’une «Europe des patries» on a, selon le traité de Bruxelles, mis en place une Europe unifiée, avec des citoyennes et citoyens «standard». On a éradiqué les nationalités et ainsi créé un Etat centralisé avec des provinces. Que cela se soit produit en violation de la Constitution allemande, et constitue la destruction de la démocratie à l’aide de la centralisation de l’Union européenne, a été soigneusement passé sous silence dans la presse.

C’est le porte-parole autoproclamé de l’UE, Juncker, qui a le mieux expliqué à quel point le comité central de Bruxelles avait délibérément centralisé le pouvoir en Europe: «Nous décidons quelque chose, le rendons public, et attendons quelque temps pour voir ce qui se passe. S’il n’y a pas de grand mouvement de contestation et pas de soulèvements, du fait que la majorité des gens ne comprennent pas ce qui a été décidé, nous continuons – un pas après l’autre jusqu’au point de non retour …». C’est ainsi que se passe la perte de démocratie en Europe et la prise du pouvoir par la Commission politique bruxelloise.

En arrière-plan se trouvent les objectifs de l’industrie financière mondiale

Derrière cette centralisation européenne se trouvent les objectifs de l’industrie financière mondiale. Déjà en 1991, David Rocke­feller avait adressé ses remerciements à la presse internationale pour la discrétion affichée envers les objectifs réels du groupe de Bilderberg: «Si nous avions été l’objet d’une observation publique, il nous aurait été impossible de développer nos projets de domination mondiale. Mais le monde a continué de se développer et est prêt à accepter l’idée d’un gouvernement mondial. Il est certainement préférable d’avoir une souveraineté supranationale dirigée par une élite intellectuelle et des banquiers mondiaux, qu’une souveraineté nationale datant du passé.»

 

Le MES est le résultat d’une deuxième loi d’exception

 La haute finance s’est rapprochée d’un bon bout de son but de gouvernance mondiale du fait de la crise de l’euro. Avec l’accord au Mécanisme européen de stabilité (MES) des pays membres, elle a en réalité édicté une deuxième loi sur les pleins pouvoirs selon laquelle on peut anéantir à l’aide des finances la souveraineté nationale, mettre sous tutelle  les parlements nationaux en matière de politique budgétaire, créer une union des dettes et des responsabilités, et concentrer la souveraineté fiscale des pays membres dans une autorité financière suprême européenne, agissant librement, sans avoir de comptes à rendre et sans aucun contrôle parlementaire.

 

Le MES peut, en toute occasion, exiger des pays membres n’importe quel montant et s’engager sans mesure dans des dettes ou en reprendre et les répartir non seulement aux pays, mais aussi aux banques. Le droit souverain parlementaire le plus important – le contrôle des dépenses et des revenus de l’Etat, pour le bien de la population – est ainsi indirectement annulé pour tous les pays membres et remis aux mains de l’autorité financière suprême.

Que vaut encore l’autodétermination démocratique lorsqu’on n’a plus le contrôle sur ses propres finances et que d’autres pays, voire des banques étrangères, peuvent, en s’endettant sans scrupules, décider dans toute l’Europe ce que des pays sérieux et les générations futures devront rembourser? L’union de transfert, de responsabilité et de budget sonne le glas de la souveraineté fiscale interne des pays membres, conséquence de la loi sur les pleins pouvoirs, entrée en vigueur par l’acceptation du MES.

La violation de l’«obligation démocratique perpétuelle» inscrite dans notre Loi fondamentale est un autre coup d’Etat. Trittin et Steinbrück veulent aller plus loin encore. Ils veulent, en introduisant des euro-obligations («Euro-bonds»), que l’Allemagne endosse la responsabilité de tous les accaparements bancaires, crédits douteux, produits financiers discutables et endettements sans scrupules des pays membres, c’est-à-dire de socialiser au niveau européen tous les risques des pays membres et de leurs banques, en les mettant sur le dos des quatre pays contributeurs, dont principalement l’Allemagne.

On mine les fondements de l’Etat national

Le fait qu’il n’y ait pas eu de soulèvement d’indignation contre le MES, ce monstre de l’endettement, contre la perte de la souveraineté fiscale et contre l’union de la dette – pour le moins parmi les 50% de la classe moyenne engagés dans les entreprises et qui financent actuellement déjà 80% des impôts et des charges sociales en Allemagne et plus tard probablement en Europe – est très probablement dû à notre presse allemande téléguidée. La majorité de la population n’a apparemment pas encore compris ce qui s’est passé en automne 2012 en terme d’anéantissement de la démocratie et de centralisation au niveau de l’UE.

 

Les générations futures nous adresseront des reproches avec raison (comme ce fut le cas pour nous envers nos parents): «Pourquoi n’avez-vous pas empêché cette deuxième loi sur les pleins pouvoirs?» La première loi sur les pleins pouvoirs a transformé la démocratie en dictature nationale, la deuxième loi sur les pleins pouvoirs nous amène la dictature financière européenne. Mais ceux qui ont protesté (comme le député Schäffler de la FDP) ont été diffamés politiquement et ont été réduits au silence. Le ministre des Finances, Schäuble, s’est au moins excusé en arguant que nous n’étions pas souverains, mais toujours un pays occupé. Il a affirmé avec raison que chez nous ce n’est pas ce que veulent les partis qui s’exécute, mais ce que dictent la haute finance internationale et ses représentants à Bruxelles. Ils veulent dominer le monde entier (pouvoir mondial unique) et sont prêts, pour imposer cette mondialisation et uniformisation capitalistes, à éliminer tous les obstacles. Parmi ces obstacles se trouvent surtout les Etats nationaux dont la souveraineté doit pas à pas être transférée aux organisations supranationales. Mais aussi, l’existence en tant que telle des peuples, est considérée comme un obstacle, ce qui amène un mélange des populations. C’est dans cette optique que fut créée une forme d’inquisition contre le «racisme» (= refus de l’immigration) et la «lutte contre la droite» (= pensées nationales), assorties de peines d’emprisonnement.

Le rôle du mouvement de Bilderberg

 L’ensemble de la classe politique est contraint de se soumettre à ce projet de mondialisation. L’acceptation l’année dernière pour la première fois de la présence des deux nouveaux aspirants au gouvernement, Steinbrück et Trittin, à la place de Merkel, à la rencontre de Bilderberg (les 130 représentants mondiaux les plus importants) en est un exemple. Depuis, les deux sont prêts à accepter les euro-obligations, c’est-à-dire l’endettement de l’Europe sur le dos des citoyens et électeurs allemands. On se demande comment il se fait que des politiciens soient capables de trahir les intérêts de leurs propres électeurs et électrices au profit de forces internationales, si ce n’est que le pouvoir d’en haut est devenu entre-temps bien plus puissant que la peur du corps électoral d’en bas.

 

Nous devons être reconnaissants au Premier ministre anglais Cameron de refuser de participer à cette tromperie de l’endettement et de ne pas vouloir accepter une loi sur les pleins pouvoirs obligeant à renoncer à la souveraineté fiscale au profit des autorités suprêmes européennes du MES, ainsi que de s’opposer à la centralisation de l’Europe aux dépens des démocraties nationales.

Il a ré-ouvert la discussion sur la fausse voie de centralisation et de socialisation de l’Europe. Voulons-nous vraiment que toute différenciation des peuples européens disparaisse, qu’ils perdent leur identité par l’immigration, qu’ils deviennent des Européens uniformisés? Et voulons-nous que les contribuables allemands paient pour toutes les fantaisies des banques et toutes les orgies de dettes des pays du Sud? Et nous imaginons-nous vraiment qu’il n’y a plus de retour possible à une indépendance démocratique face à la centralisation européenne, c’est-à-dire à la dictature?

Il s’agit maintenant de sauver la démocratie

Au cours de l’histoire, on a déjà assisté à de nombreux basculements de démocraties dans des pouvoirs centralisés, voire dans des dictatures, quand les populations nationales n’étaient pas en mesure de défendre leur démocratie. La légitimité démocratique ne peut être garantie par des élections que dans les communes, dans les régions ou dans un Etat. Des conglomérats internationaux englobant des populations diverses avec des conditions et des cultures diverses ne peuvent se faire que par la violence d’un pouvoir central – comme le prônent d’ailleurs les théoriciens du «gouvernement mondial».

 

Le centralisme du bureau politique de l’UE menace entre-temps notre démocratie, le droit à l’autodétermination de nos peuples, de nos nations, de notre solidité financière. Il est temps d’y mettre un terme, plutôt que de les soutenir. C’est pourquoi la campagne pour les élections législatives au Bundestag de cet automne ne devrait pas se contenter de propos mineurs, mais se concentrer sur les questions vitales pour notre peuple et notre démocratie! Et nous, les citoyens et électeurs, devrions élire les politiciens en fonction de leur volonté de réduire ou de renforcer la démocratie.    

(Traduction Horizons et débats) link

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La forêt de la Princesse Mononoke

24 Mars 2013 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Un samouraï n'a pas deux paroles, il n'a pas deux faces. Il ne sert pas deux maîtres. Son âme est transparente, simple et sans détours. Le samouraï satisfait au devoir, à l'honneur en répandant son sang comme le cerisier laisse tomber ses fleurs.

Bushidô

 

Il y a bien longtemps, ce pays était recouvert par d'épaisses forêts, habitées par de nombreux dieux, et cela, depuis la nuit des temps.

Introduction de Princesse Mononoké

 

もののけ姫 (Mononoke Hime)

Princesse des esprits vengeurs

"Le destin du Monde repose sur le courage d'un seul guerrier."

 

Au XVe siècle, durant l'ère Muromachi, la forêt japonaise, jadis protégée par des animaux géants, se dépeuple à cause de l'homme. Un sanglier transformé en démon dévastateur en sort et attaque le village d'Ashitaka, futur chef du clan Emishi. Touché par le sanglier qu'il a tué, celui-ci est forcé de partir à la recherche du dieu Cerf, l'Esprit de la Forêt, pour lever la malédiction qui lui gangrène le bras.

 

Joe Hisaishi dirige l'inoubliable hymne de la Légende du Prince Ashitaka, de Princesse Mononoke (live) : link

La suite symphonique Princesse Mononoke interprétée par l'orchestre symphonique tchèque: link

Princesse Mononoke, film japonais d'animation manga par Hayao Miyazaki (2000)

Pour voir sur internet la version française: link

Un dossier pédaogique sur Princesse Mononoke : Les cahiers de Cinélégende N°10 link et ici une analyse particulièrement intéressante: link

Hayao Miyazaki est l'auteur de nombreux chefs-d'oeuvre, comme "Mon voisin Totoro". Cette vidéo nous parle des Chinju-no-mori (bois sacrés) qui ont inspiré le sujet et le décor du film: http://www.youtube.com/watch?v=0AOCIJ-gUm8

 

File:Cryptomeria japonica Tsuga sieboldii Yakushima.jpg

L'antique forêt de Yakushima 屋久島 recouvre l'île Yaku, dans l’archipel Ōsumi, situé au sud de Kyūshū (préfecture de Kagoshima), au Japon. Les Cryptomeria japonica (sugi) dont le plus âgé a 2300 ans et les Tsuga sieboldii y dominent. Elle a inspiré les forêts du film Princesse Mononoke.

Video de l'UNESCO sur la forêt de Yakushima (classée Patrimoine mondial): link

 

File:Jhomonsugi in Yaku Island Japan 001.JPG

Un très vieux Sugi (Cryptomeria japonica) âgé de 2300 ans, dans la forêt de Yakushima. Il et nommé "Jomonsugi", car on le dit remonter à la dynastie des Jomon (Source des photos:Wikipedia link)

 

Merci à Alain Sennepin qui m'a fait découvrir Miyazaki et la Princesse Mononoke

http://europe-tigre.over-blog.com/

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Pollution éléctromagnétique : Appel du 23 mars 2009 au Sénat

22 Mars 2013 , Rédigé par Béthune

 

ROBIN DES TOITS.ORG: link

 

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Les cours de Jean-François Billeter à l'université de Genève

19 Mars 2013 , Rédigé par Béthune

 

Ce n'est pas un droit, c'est un devoir, étroite obligation de quiconque a une pensée, de la produire et mettre à jour pour le bien commun.

Paul-Louis Courier, cité par Jean-François Billeter


 

Jean-François Billeter, né à Bâle en 1939, sinologue et philosophe suisse, "spécialiste" (si l'on peut dire, car sa perspective est universelle) de Tchouang-tseu et du taoïsme, est l'un des esprits contemporains les plus intéressants qui soient. Ses cours au déparlement de langues et de littératures méditerranéennes, orientales et slaves de l'université de Genève peuvent être écoutés sur le site Mediaserver de l'université: link. Un trésor.

Chines qui changent, Chines qui ne changent pas. Cours 1 (1995): link

Remarquer dans ce cours, à la minute 44, à propos des "Chines qui ne changent pas" (et arès avoir parlé du Temple du Ciel où les empereurs sacrifiaient jusqu'en 1911 et dont les murs et portes d'enceinte ont été détruites) le passage extraordinaire où il parle d'un médecin, un sage taoïste, dans un parc du centre de Pékin, âgé de 83 ans, au crâne rasé et habillé de noir, chaussé de chaussures de toile à l'ancienne, qui guérissait gratuitement les malades après avoir fait avec eux des exercices physiques, et disparaissait ensuite le soir sans laisser de traces...

(suite du cours ici: link)

 


 

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