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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Articles avec #canada tag

Le Québec en colère contre la tyrannie du Covid

21 Août 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Canada, #Québec, #Opération Coronavirus

Le Québec en colère contre la tyrannie du Covid
La manifestation anti-masque à Montréal le 15 août 2020

La manifestation anti-masque à Montréal le 15 août 2020

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Mélanie Prochasson: Connaissez-vous l'illménite ?

9 Août 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Poésie, #Canada

Illménite: j'ai découvert ce minéral: des cristaux brun foncé à l'éclat métallique, en effectuant en canot une exploration en canot dans l'intérieur de la péninsule du Québec-Labrador, "sur la peau du monde",  pendant l'été 1992.

Et voici qu'en relisant mon journal de voyage et faisant une recherche sur ce curieux minéral, j'ai fait une autre découverte: ce poème qui m'est allé droit au coeur... et rappelé le spectacle terrifiant des grandes mines à ciel ouvert que j'ai vues plus tard en Amérique du sud. La destruction pour le profit n'a pas de patrie.

P.O.C.

 

"Le mot sonne un peu mouillé, même assez doux  ne trouvez-vous pas ?

En fait il désigne un minerai dont on utilise souvent les dérivés dans notre quotidien et sans le savoir
C’est normal me direz-vous, car on le déguise


Oui
Grâce à l’action philanthropique de quelques sociétés internationales devenues alchimistes des temps modernes
Maîtresses dans l’art de la transmutation  des métaux
On en extrait du dioxyde de titane qu’on utilise sous forme de  pigments utilisés dans la peinture
le plastique
le papier
les cosmétiques
les crèmes solaires
le dentifrice…

Une des grandes sociétés qui nous rend cet immense service se nomme
Rio Tinto

Ça sonne un peu rivière rouge ne trouvez-vous pas ?
Un peu comme la pierre rouge de Madagascar
Justement Rio Tinto qui aime beaucoup ce pays s’est installée à Fort Dauphin
Et figurez-vous qu’elle aime à ce point  le lieu et ses habitants
Qu’ elle a décidé de lui offrir tous les cadeaux de l’exploitation minière
Dans sa grande mansuétude  Rio Tinto n’oublie rien
la politique libérale du progrès
l’appauvrissement des populations
la corruption
le pillage de la terre
les bulldozers ravageurs
la pollution

Tout ça pourrait faire une chanson ne trouvez-vous pas ?"

Mélanie Prochasson

Source: "Sur la peau du monde" (quel beau nom !)

https://www.surlapeaudumonde.com/connaissez-vous-lillmenite/

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Une série de documentaires magiques sur les Eskimos Netsilik de l'Arctique canadien

27 Juillet 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Exploration, #Canada

Camp d'été. Capture d'écran.

Camp d'été. Capture d'écran.

En route pour la pêche au harpon. Capture d'écran.

En route pour la pêche au harpon. Capture d'écran.

Camp d'été. Capture d'écran.

Camp d'été. Capture d'écran.

Femme Netsilik. Capture d'écran (Winter camp)

Femme Netsilik. Capture d'écran (Winter camp)

Les services cinématographiques américains et canadiens ont réalisé avec Robert Young, Quentin Brown et Kevin Smith dans les années 1960 une merveilleuse série de documentaires filmés (version anglaise et version française) sur la vie des Eskimos/Inuit* Netsilik de l'Arctique canadien. On peut la voir en totalité sur le site de l'Office national du film du Canada et aussi sur Youtube.

Dans son immense territoire maritime et terrestre qu'il parcourait et connaissait pas coeur, héréditairement, l'homme eskimo, chasseur, pêcheur et constructeur, savait tout faire. Il fabriquait son kayak, l'oumiak de la famille, l'arc, les flèches, la lance, les harpons, le tambour magique, les outils, la tente, l'igloo, les écluses à poissons sur les rivières, les caches à nourriture, le traîneau et les harnais pour les chiens, les ustensiles de ménage: lampes et casseroles de stéatite (pierre tendre), etc. Poète, il était aussi prêtre et connaissait aussi par coeur (sa civilisation n'était pas écrite mais orale) l'histoire du monde et de son peuple, les rites, les prières et les chants qui unissent les hommes, et les esprits de la Nature.

La femme avait la lourde de tâche de s'occuper des enfants, de la confection et de l'entretien des vêtements à partir des peaux d'animaux et de la préparation de la nourriture.

L'Eskimo était dépositaire de traditions, de techniques et de savoir-faire immémoriaux, hérités du fond des âges, de ses ancêtres, -de nos ancêtres communs - du Paléolithique, il y a des dizaines et des centaines de milliers d'années.

Il a affronté la vie avec courage, intelligence, abnégation, créativité, humour et gaieté, au prix parfois de lourds sacrifices comme l'infanticide, le suicide des vieillards et plus encore.

Le grand explorateur et ethnographe danois Knud Rasmussen** raconte qu'en 1923, beaucoup d'Eskimos Netsilik n'avaient jamais vu un homme blanc. Ils ont été les derniers Eskimos à être sédentarisés. C'est à partir de cette époque qu'ils ont commencé à utiliser les armes à feu, qu'on ne voit pas dans le film. La réalisation de ces documentaires dans les années 1960 a donc été une sorte de reconstitution avec eux sur les chemins nomades du passé.

Pierre-Olivier Combelles

* Jusque dans les années 1980, on disait depuis des siècles en langue française "Esquimaux", un mot indien qui signifie "mangeurs de viande crue". Il s'est ensuite orthographié 'Eskimo", à l'anglaise. Puis à partir des années 1990, on lui a substitué au nom du politiquement correct le terme "Inuit", qui signifie "homme" en inuktitut, créant ainsi une faille entre la politique d'une part et l'histoire et la culture d'autre part. Knud Rasmussen qui était de père danois blanc et de mère eskimo du Groenland et parlait l'inuktitut, employait le terme eskimo dans ses publications.

** Sur Knud Rasmussen: https://anthrosource.onlinelibrary.wiley.com/doi/pdf/10.1525/aa.1934.36.4.02a00080

 

Visionnez les 22 documentaires sur les Netsilik, en version longue, sur le site de l'ONF/NFB:

https://www.nfb.ca/subjects/indigenous-peoples-in-canada-inuit/netsilik/

Sur le site de l'Office du film du Canada, en français, visionnez Tuktu et la chasse aux caribous:

https://www.onf.ca/film/tuktu_et_la_chasse_au_caribou/

Les Netsilik, notice Wikipedia: https://en.wikipedia.org/wiki/Netsilik_Inuit

Godfred Hansen et Roald Admundsen: Magito, une femme Netsilik.

Godfred Hansen et Roald Admundsen: Magito, une femme Netsilik.

Kabloka, une fille Netsilik en 1903-05. Photographie par Godfred Hansen (1876-1937). Bibliothèque nationale de Norvège.

Kabloka, une fille Netsilik en 1903-05. Photographie par Godfred Hansen (1876-1937). Bibliothèque nationale de Norvège.

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Un Indien de France

2 Avril 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Canada, #France, #Politique, #Société

Dans les années 1990, un ami Indien montagnais (on doit dire aujourd'hui, paraît-il, "Innu") d'une des dernières communautés à l'extrémité de la Basse Côte-Nord du Québec me raconta qu'il avait fait un jour un voyage en famille à Québec ou Montréal, à 1500 km au sud-ouest. Le soir, ils vont dans un restaurant. Ils sont attablés lorsqu'ils remarquent que les gens les regardent d'un mauvais oeil et commentent: "ces immigrants..."

Ils ont quitté alors le restaurant, vexés, peinés.

Lorsque ces Montagnais ont visité ensuite un appartement à louer, petit et hors de prix, ils ont trouvé des seringues dans un placard. Ils ont vu que dans les grandes villes, il y avait la violence, la drogue, la prostitution. Consternés, horrifiés,  ils se sont empressés de retourner chez eux sur la Basse Côte-Nord, vaste pays de toundra, de forêts, de lacs, de rivières et de mer.

A Montréal comme dans les grandes villes du Canada, on croise maintenant dans les rues une multitude de gens de toutes races.

Ces Québécois blancs, ignorants, avaient naturellement pris ces Indiens Montagnais, ces "autochtones" comme on dit, qui étaient là des milliers d'années avant l'arrivée des Européens au Canada, pour de nouveaux immigrants peut-être asiatiques, hindous ou dont on ne sait où.

Lorsque je me promène dans une ville française, environné de gens de toutes races et de tous pays, un spectacle qui était totalement inconnu et inimaginable il y a cinquante ans, moi dont les ancêtres sont issus de ce pays et ont contribué à le construire et à le défendre, en versant parfois leur sang à la guerre, que vont finir par penser de moi les passants que je croise ? Que je suis aussi un nouvel immigrant, mais différent des autres parce que je suis de race blanche...

Finalement, je ne vois plus de différence entre un Indien du Québec et moi. Je suis devenu un Indien de France.

Pierre-Olivier Combelles

Un Indien de France

Sur le même sujet:

En esa roja nación de sangre: Poesía indígena de Estados Unidos, par Janet Mc Adams 

https://www.jornada.com.mx/2013/03/09/oja-roja.html

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