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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Articles avec #environnement tag

L'imbécillité de la campagne contre la viande de chien au Vietnam

14 Octobre 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Amérique du sud, #Asie, #Environnement, #Société

Boucherie servant du chien rôti (Vietnam). Source: Le voyage de Lady Anne (blog de navigateurs autour du monde)

Boucherie servant du chien rôti (Vietnam). Source: Le voyage de Lady Anne (blog de navigateurs autour du monde)

Sous la pression de certains touristes et n'en doutons pas, d'associations et ONG subversives, les autorités d'Hanoï cherchent à interdire la consommation de la viande de chien, populaire au Vietnam:

https://www.lexpress.fr/actualites/1/styles/vietnam-les-habitants-de-hanoi-pries-de-ne-plus-manger-de-la-viande-de-chien_2034772.html

Le chien "sans poils et sans voix" est ou était élevé en Asie, dans le Pacifique et en Amérique centrale et du sud depuis des temps immémoriaux, pour être mangé.

Il est le résultat d'une longue sélection.

Les touristes qui rencontraient ces chiens étranges au Pérou, par exemple, où on ne les élève plus que comme animaux de compagnie ("mascotas"), ignorent tout de cette histoire.

Pourquoi juger les mœurs des autres peuples ?

Pourquoi chercher à détruire les traditions immémoriale des peuples sinon pour les uniformiser dans le creuset du mondialisme ? c'est criminel.

Remarquons que le goût particulier des hommes pour la viande de chien est partagé avec les tigres et les pumas, qui n'hésitent pas à s'approcher des habitations pour les capturer et les emporter pour les manger. Une anecdote est racontée par l'explorateur russe Vladimir Arseniev dans son inoubliable récit Dersou Ouzala, lorsque, par une nuit de tempête, sa chienne Alpa est enlevée par un tigre qui franchit les corps des voyageurs endormis autour du feu de camp par pour se saisir de l'animal. 

Personnellement, à plusieurs reprises, dans les Andes du Pérou et de la Bolivie, j'ai été le témoin d'enlèvements de chiens par des pumas entrés la nuit dans la cour des petites fermes paysannes. Tous les paysans andins savent que les pumas raffolent de la viande de chien.

Évidemment, ce n'est pas le magazine L'Express, champion du politiquement correct (n'est-ce pas, Valérie Lion ?), qui vous dira tout cela.

POC

Sur le même sujet:

http://bomarea.blogspot.com/2017/01/pour-labolition-du-betail-occidental-en.html

http://pocombelles.over-blog.com/na-wai-taua.html

Chien sans poils et sans voix ("perro chino", au Pérou). Pachacamac, près de Lima (Pérou). Elevé aux temps préhispaniques pour sa viande, comme en Amérique centrale et en Asie, il est devenu aujourd'hui un animal de compagnie. Il semble qu'il soit encore discrètement consommé dans certaines région, près de Huancayo par exemple, dans les Andes centrales du Pérou. On nomme en quechua "alqo micuna" ceux qui mangent du chien. Photo: Pierre-Olivier Combelles (2012)

Chien sans poils et sans voix ("perro chino", au Pérou). Pachacamac, près de Lima (Pérou). Elevé aux temps préhispaniques pour sa viande, comme en Amérique centrale et en Asie, il est devenu aujourd'hui un animal de compagnie. Il semble qu'il soit encore discrètement consommé dans certaines région, près de Huancayo par exemple, dans les Andes centrales du Pérou. On nomme en quechua "alqo micuna" ceux qui mangent du chien. Photo: Pierre-Olivier Combelles (2012)

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Or : action en justice contre l'ouverture de la première usine de cyanuration en Guyane (France Nature Environnement)

29 Septembre 2020 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Environnement

Lundi 07 septembre 2020

 

Exploitation sans autorisation, non-respect des prescriptions environnementales... depuis 2007, les installations d’Auplata situées à Dieu-Merci, en Guyane, enchaînent les non-conformités. Pourtant, par des régularisations successives, le Préfet de Guyane a, coup après coup, permis à Auplata d’exploiter son site. Il vient désormais de donner son aval à la société pour traiter son or au cyanure… Face aux problèmes récurrents observés sur le site et au danger que représente la mise en service de cette usine, les associations France Nature Environnement et Guyane Nature Environnement saisissent le Tribunal administratif de Cayenne.

 

Tout commence en 2007 lorsque l’inspection des installations classées constate que la société extrait et traite illégalement par gravimétrie (procédé classique) des minerais d’or sur son site Dieu-Merci, en plein cœur de la forêt amazonienne. Au-delà du caractère illégal des installations, de nombreuses non-conformités liées aux normes environnementales et à la sûreté du site sont identifiées. Huit ans plus tard, après une période d’inertie et des sanctions financières, la société obtient en 2015 la régularisation administrative de son usine de traitement par gravimétrie. Par la même occasion, Auplata obtient l’autorisation de construire une usine de cyanuration, et ainsi accéder à la technique d’extraction à échelle industrielle.

Or, peu avant le démarrage de la phase test prévue en septembre 2018, les services de l’Etat constatent à nouveau des non-conformités : des importantes modifications par rapport au projet initial, avec notamment un design de l’usine très différent de celui prévu par l’arrêté de 2015. Malgré cela, la préfecture avalise en novembre 2019 ce dangereux projet en conditionnant le démarrage de l’usine à de simples prescriptions complémentaires, tout en autorisant une augmentation significative des quantités de cyanure stockées.

C’est ainsi que 13 ans après le constat de son exploitation illégale, la société Auplata, cotée en bourse, a fièrement annoncé le lancement dès 2020 de la première usine de cyanuration sur le sol guyanais. Par ailleurs, la société a pu obtenir en mai dernier un crédit d’impôt du gouvernement de 5,8 millions d’euros.

Le cyanure est utilisé dans l’industrie aurifère malgré ses effets potentiellement catastrophiques et irréversibles sur l’environnement. C’est un composé chimique extrêmement toxique à tous ses stades de manipulation (transport, stockage, utilisation). Rejeté dans le milieu naturel, il provoque instantanément l’asphyxie des organismes vivants ainsi qu’un violent déséquilibre des écosystèmes. Cette technologie a d’ailleurs manqué d’être interdite dans l’industrie aurifère, d’abord par une résolution votée par le Parlement européen en 2010, puis une proposition de résolution à l’Assemblée Nationale en 2018 et une proposition de loi en 2019 au Sénat.

Le site de Dieu-Merci se trouve à 5 kilomètres en amont de la Réserve Naturelle Nationale de la Trinité, 3ème plus grande réserve naturelle terrestre de France. Plusieurs espèces animales et végétales remarquables ont d’ailleurs été répertoriées sur ce secteur. Avec les effets du changement climatique qui amplifient l’intensité et la fréquence des épisodes pluvieux, le risque de rupture de digue est fort en Guyane. Une catastrophe sur l’usine d’Auplata aurait des conséquences désastreuses pour ces milieux.

« Lorsque l’on sait que depuis 25 ans, une trentaine d’accidents liés aux résidus cyanurés ont été répertoriés, notamment chez notre voisin brésilien, et que ce même procédé a fait l’objet de vives oppositions lors du débat public de Montagne d’Or, il est incompréhensible que la Préfecture de Guyane autorise le démarrage de cette industrialisation dans de telles conditions, mettant à risque les milieux naturels et la santé des populations » s’indigne Manouchka Ponce, coordinatrice de Guyane Nature Environnement.    

Lisez ici la suite de l'article: 

https://www.fne.asso.fr/node/514788

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Passe-moi les jumelles

1 Septembre 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Société, #Environnement

"Passe-moi les Jumelles", Paju pour les intimes, est la seule émission de la Radio Télévision Suisse qui peut se permettre de prendre son temps. Le temps de naviguer à contre-courant, de faire des rencontres souvent étonnantes, de traverser des paysages aussi sublimes que stimulants, ici ou ailleurs, avec la curiosité comme seul guide. Un bol d'oxygène à consommer chaque vendredi, pendant 24 semaines, printemps comme automne en Haute Définition et sans modération!

https://www.youtube.com/watch?v=68LzmMjdL_8

 

Portrait d'un facteur d'arcs passionné de tir instinctif

https://www.youtube.com/watch?v=9fdodzFT8tk

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Trois quarts de siècle après Hiroshima et Nagasaki, par Pierre Péguin

18 Août 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Environnement, #Sciences, #Société

Explosion nucléaire de Nagasaki

Explosion nucléaire de Nagasaki

Les militaires ont réalisé 2053 essais nucléaires de 1945 à 1998, dont 527 tests nucléaires atmosphériques effectués entre 1945 et 1980. Ces seuls essais atmosphériques correspondent, en termes de puissance, à 30 000 fois la bombe d’Hiroshima. Il ne faisait pas bon vivre ou naître dans les années 60 où, suite à une augmentation faramineuse des tests atmosphériques (période 1954-1958 et 1961-1962) l’atmosphère était autant chargée en radionucléides qu’après la catastrophe de Tchernobyl. Sauf qu’à l’époque, on n’en parlait pas ; et dans le même temps, la mortalité par cancer commençait à augmenter de manière sensible. Je relaie aujourd’hui, 9 août, date anniversaire du bombardement de Nagasaki, cet article de Pierre Péguin qui rappelle de manière claire, concise et lucide ce qu’il faut savoir en matière nucléaire sur ces trois quarts de siècles écoulés. 

Piere Fetet

-oOo-

 

Trois quarts de siècle plus tard…..

 

Pierre Péguin, 5 aout 2020

 

Plus que jamais nous subissons les graves conséquences des largages de bombes atomiques des 6 et 9 aout 1945 sur les villes martyres Hiroshima et Nagasaki: 

 

- La manipulation des observations recueillies par les américains après les bombardements ont permis aux structures internationales du lobby nucléaire de nier le plus longtemps possible l’effet des contaminations par de faibles doses radioactives, ainsi que de leurs effets génétiques transmissibles. De ce fait les normes de protection des travailleurs et des populations sont très insuffisantes. 

 

- La course aux armements nucléaires de plus en plus sophistiqués accroît le risque de guerre nucléaire dangereusement (1). Les 2400 bombes qui ont explosé à titre d’essai ont contaminé l’ADN de tout le vivant de la planète.

 

Il en résulte un nombre considérable de victimes (plusieurs dizaines de millions) qui dépasse, et de loin, celui directement liées aux bombardements de 1945 (environs 250.000) qui ont introduit l’humanité dans une ère de barbarie (2). 

 

Lisez la suite de l'article sur le Blog Fukushima:

http://www.fukushima-blog.com/2020/08/trois-quarts-de-siecle-plus-tard.html

Explosion au port de Beyrouth (Liban), 4 août 2020, pratiquement le même jour anniversaire que les  bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki (6 et 9 aôut 1945): un hasard ?

Explosion au port de Beyrouth (Liban), 4 août 2020, pratiquement le même jour anniversaire que les bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki (6 et 9 aôut 1945): un hasard ?

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Manlio Dinucci: Amazonie, les incendiaires crient au feu (2019)

28 Juillet 2020 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Environnement, #Amérique du sud

Devant la propagation des incendies en Amazonie, le Sommet du G7 a changé son agenda pour « affronter l’urgence ».

Les sept —France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie, Japon, Canada et États-Unis— ont joué, avec l’Union européenne, le rôle de pompiers planétaires. Le président Macron, en uniforme de pompier-en-chef, a lancé l’alarme : « notre maison est en flammes ». Le président Trump a promis le plus grand engagement états-unien dans le travail d’extinction.

Les projecteurs médiatiques se concentrent sur les incendies au Brésil, laissant dans l’ombre tout le reste. Avant tout le fait que la destruction ne touche pas seulement la forêt amazonienne (aux deux tiers brésilienne), réduite en 2010-2015 de presque 10 000 km2 par an, mais aussi les forêts tropicales d’Afrique équatoriale et d’Asie sud-orientale. Les forêts tropicales ont perdu, en moyenne chaque année, une superficie équivalente à celle totalisant Piémont, Lombardie et Vénétie. Bien qu’avec des conditions différentes d’une zone à l’autre, la cause fondamentales est la même : l’exploitation intensive et destructive des ressources naturelles pour obtenir le plus grand profit.

En Amazonie on abat les arbres pour en tirer du bois précieux destiné à l’exportation. Ces terrains très fragiles, une fois dégradés, sont abandonnés et ainsi de nouvelles zones se déforestent. La même méthode destructive est adoptée, provoquant de graves dommages environnementaux, pour exploiter les gisements amazoniens d’or, de diamant, de bauxite, de zinc, de manganèse, de fer, de pétrole et de carbone. La construction d’immense bassins hydroélectriques, destinés à fournir de l’énergie pour les activités industrielles, contribue aussi à la destruction de la forêt amazonienne.

L’exploitation intensive et destructrice de l’Amazonie est pratiquée par des compagnies brésiliennes, fondamentalement contrôlées à— travers des participations actionnariales, des mécanismes financiers et des réseaux commerciaux— par les plus grands groupes multinationaux et financiers du G7 et d’autres pays.

Par exemple JBS, qui possède au Brésil 35 sites de production de viandes où sont abattus 80 000 bovins par jour, a d’importants sièges aux USA, au Canada et en Australie, et est largement contrôlé via des quotas de dette par les groupes financiers créditeurs : JP Morgan (USA), Barclays (GB) et les groupes financiers de Volkswagen et Daimler (Allemagne). Marfrig, au deuxième rang après JBS, appartient à 93 % à des investisseurs états-uniens, français, italiens et d’autres européens et nord-américains.

La Norvège, qui aujourd’hui menace le Brésil de rétorsions économiques pour la destruction de l’Amazonie, provoque en Amazonie de graves dégâts environnementaux et sanitaires avec son propre groupe multinational Hydro (pour moitié de propriété publique) qui exploite les gisements de bauxite pour la production d’aluminium, si bien qu’il a été placé sous enquête au Brésil.

Les gouvernements du G7 et d’autres, qui aujourd’hui critiquent formellement le président brésilien Jair Bolsonaro pour se refaire une conscience face à la réaction de l’opinion publique, sont les mêmes qui en ont favorisé l’ascension au pouvoir pour que leurs multi-nationales et leurs groupes financiers aient les mains encore plus libres dans l’exploitation de l’Amazonie.

Les communautés indigènes, dont les territoires concentrent les activités illégales de déforestation, sont principalement attaquées. Sous les yeux de Tereza Cristina, ministre de l’agriculture de Bolsonaro, dont la famille de latifondiaires a une longue histoire d’occupation frauduleuse et violente des terres des communautés indigènes.

 

Manlio Dinucci

 

Traduction: Marie-Ange Patrizio

Source: Il Manifesto (Italie)

Publié à l'origine sur le site du Réseau Voltaire (3septembre 2019):

https://www.voltairenet.org/article207514.html

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Mikhail Delyagin : Nous resterons silencieux jusqu'à ce que nous nous illuminions. (Club d'Izborsk, 6 juillet 2020)

6 Juillet 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Club d'Izborsk (Russie), #Environnement, #Politique

Mikhail Delyagin : Nous resterons silencieux jusqu'à ce que nous nous illuminions.

6 juillet 2020.

 

https://izborsk-club.ru/19591

 

 

Le coronavirus et la mise à zéro du président V.V. Poutine a radicalement changé l'agenda russe et a détourné la société d'un certain nombre de problèmes extrêmement douloureux et à long terme.

 

L'une d'elles est la destruction de l'environnement due à la dégradation évidente des systèmes de gestion, qui ressemble de plus en plus à de la féralisation. De nombreux accidents (sauf celui de Norilsk, plus probable en raison des conséquences internationales probables), le "rasage" méthodique des forêts sibériennes, les incendies cauchemardesques dus à la destruction systématique de la protection des forêts et même la réforme des ordures mortelles (pour beaucoup, j'en ai peur, au sens littéral) sont déjà perçus comme un bruit de fond d'information.

 

La cause des accidents modernes, en règle générale, n'est pas une complication excessive des infrastructures technologiques, mais un simple refus de financer le minimum de sécurité requis (tout comme les dégâts du coronavirus sont causés principalement par un simple refus de financer la médecine et l'éducation normales au profit de domaines plus rentables en termes de "développement de l'argent", y compris ceux formellement liés aux mêmes domaines).

 

Il est juste de dire que les sauvageons libéraux russes ne sont pas uniques : par exemple, l'ouragan Katrina a emporté la Nouvelle-Orléans en 2005 parce que les services d'ingénierie américains n'avaient pas entretenu ses barrages depuis 40 ans, et Fukushima en 2011 s'est fait un nom, parce que les systèmes de survie des centrales nucléaires étaient beaucoup moins stables qu'elles ne l'étaien en réalité.

 

Mais la dégradation de la puissance russe, pour des raisons évidentes, est plus dangereuse pour nous et plus choquante.

 

L'un des dangers réels oubliés par la société en raison de l’épidémie de coronavirus a été la l'installation précise par les autorités moscovites de la rocade sud-est sur un site d'enfouissement radioactif relativement petit.

 

Il était bien connu des habitants et, pour autant qu'on puisse le voir, des autorités locales. Sa taille est relativement petite - et il n'était guère difficile ou coûteux de le contourner, ce qui était important pour l'autoroute de transport de la métropole.

 

Mais avec la même précision idéale, avec laquelle un chasseur de taïga frappe un écureuil d'une balle dans l'œil, pour ne pas abîmer la peau, les autorités moscovites ont fait entrer la rocade sud-est de Moscou dans ce même cimetière.

 

L'indignation et la peur des habitants (les parents de beaucoup d'entre eux travaillaient à l'usine polymétallique et connaissaient très bien le lieu d'inhumation) ont été poussées de toutes les manières possibles. Pour autant que l'on puisse en juger, les représentants des autorités (dont la tristement célèbre "Russie Unie") leur ont menti ouvertement, ils ont été intimidés, attaqués, discrédités et n'ont pas été autorisés à assister aux rituelles "audiences publiques", les remplaçant par des quasi-acteurs.

 

Les fonctionnaires et les "activistes publics" professionnels pro-gouvernementaux qui se sont montrés pompeux quant à la sécurité totale de la construction du cimetière radioactif ont fait preuve d'analphabétisme, voire d'insuffisance, face aux spécialistes vivant dans les zones menacées. Les Moscovites qui ont été méthodiquement poussés au désespoir par les autorités pour sauver la santé de leurs enfants ont été jugés - et sont maintenant jugés - sous la menace d'amendes sciemment paralysantes et garanties en cas de faillite.

 

L'examen officiel a d'abord révélé que tout était en ordre, qu'il n'y avait pas de danger - et ont été tenus, pour autant qu'on puisse le comprendre, après ces assurances dans une échelle délibérément partielle et insuffisante. Les résultats de leurs propres enquêtes auprès des résidents locaux (qui ont notamment découvert des boues radioactives dans la Moskva - là où elles sont censées être secouées et envoyées en aval par les travaux de construction) ont été systématiquement ignorés.

 

Pour autant qu'on puisse le voir, sous couvert de coronavirus, les travaux de construction ont été forcés, et les autorités de Moscou ont dissimulé aux constructeurs la présence d'un danger de radiation.

 

Le résultat de cette folie est tout à fait évident : la probable propagation de poussières radioactives avec le vent sur Moscou (peut-être s'est-elle déjà produite) et l'extrême indésirabilité de se tenir dans les embouteillages aux endroits appropriés de la future autoroute de transport.

 

Et, ne l'oublions pas, la transformation qui s'est déjà produite en ennemis de sang est le pouvoir d'une énorme masse de personnes qui veulent simplement vivre dans leur pays.

 

C'est peut-être pour cela que tout ce scandale a été déclenché par des tireurs d'élite de la mairie de Moscou ? Après tout, il est temps pour le maire de Moscou de penser à poursuivre sa carrière, à intensifier la hiérarchie bureaucratique - et l'expérience du Maidan de Kiev reste tout à fait pertinente (et peut-être même attrayante).

 

 

Mikhail Delyagin

http://delyagin.ru

Mikhail Gennadyevich Delyagin (né en 1968) - économiste, analyste, personnalité publique et politique russe bien connue. Il est académicien de l'Académie russe des sciences naturelles. Directeur de l'Institut des problèmes de la mondialisation. Membre permanent du Club d'Izborsk.

 

Traduit du russe par Le Rouge et le Blanc.

Mikhail Delyagin : Nous resterons silencieux jusqu'à ce que nous nous illuminions. (Club d'Izborsk, 6 juillet 2020)

La destruction de l’environnement en Russie est un sujet tabou dont on entend très rarement parler à l’étranger. C’est pourquoi cette alerte par Mikhail Delyanin et le Club d’Izborsk, a une grande valeur.

La taïga sibérienne dont parle M. Delyanin, fait partie de l’immense forêt de conifères du Subarctique qui ceinture le nord du globe terrestre, se prolongeant dans toute la partie nordique de l’Europe et du Canada. Les menaces qui pèse sur elle sont partout les mêmes. Au Québec, une loi récente autorise la destruction de l’environnement au nord du 49e parallèle.

La destruction de la taïga sibérienne ou canadienne est une tragédie parce cette forêt de conifères du Subarctique est une forêt primaire (comme une partie de l’Amazonie et des forêts tropicales d’Afrique et d’Indonésie), ce qui se traduit par une grande quantité d’espèces indigènes adaptées au climat et vivant en symbiose depuis des temps immémoriaux. De plus, la végétation a une croissance extrêmement lente en raison du froid. Au Labrador, j’ai trouvé des conifères gros comme le doigt et âgés de plus de 200 ans. J’y ai vu aussi des rochers couverts de lichens millénaires, probablement contemporains de la fonte de l’inlandsis il y a 10.000 ans. La taïga du Subarctique est aussi le territoire ancestral de nombreux peuples chasseurs nomades ou migrateurs, descendants de ceux du Paléolithique. Pour toutes ces raisons, la destruction irresponsable de la forêt sibérienne par la déforestation, les barrages ou la pollution est pratiquement irréversible et criminelle.

La définition donnée par le général Leonid Ivashov: « L’homme a été créé à l’image et à a ressemblance de Dieu, alors que son existence physique est assurée par ses liens avec le monde végétal et animal et avec la nature inorganique. (« Hourrah pour la crise globale », Fondation de la culture stratégique, 2008) a une portée universelle car elle pose les devoirs de l’humanité et en particulier de ceux qui la gouvernent, envers la nature qui nous entoure et dont nous faisons partie.

 

Pierre-Olivier Combelles

Naturaliste, ancien membre du Laboratoire d’Ethnobiologie du Muséum national d’histoire naturelle (Paris)

 

Problèmes d'environnement en Russie:

 

"L'agence russe de surveillance de l'environnement réclame un dédommagement de 147,8 milliards de roubles (soit environ 1,8 milliard d'euros) au géant minier Norilsk Nickel. Celui-ci est impliqué dans une grave pollution aux hydrocarbures en Arctique."

En savoir plus sur RT France : https://francais.rt.com/international/76672-apres-pollution-grave-arctique-moscou-demande-un-dedomagement-record

 

https://francais.rt.com/international/76672-apres-pollution-grave-arctique-moscou-demande-un-dedomagement-record

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Frère arbre

31 Mars 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Environnement, #Lettres, #Philosophie, #Poésie

Ernst Jünger (à gauche, en uniforme de l'armée allemande) et Carl Schmitt, en barque, sur le lac, devant le château de Rambouillet, en 1941.

Ernst Jünger (à gauche, en uniforme de l'armée allemande) et Carl Schmitt, en barque, sur le lac, devant le château de Rambouillet, en 1941.

"Bruder Mensch hatun schon oft verlassen, Bruder Baum nie."

("Frère homme nous a souvent abandonné, frère arbre jamais").

Ernst Jünger

Chêne pédonculé. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Chêne pédonculé. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

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