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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Alexandre Douguine : Qui s'effondrera en premier ? (Club d'Izborsk, 18 juin 2021)

18 Juin 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Alexandre Douguine, #Club d'Izborsk (Russie), #Politique, #Russie, #USA

Alexandre Douguine : Qui s'effondrera en premier ?  (Club d'Izborsk, 18 juin 2021)

Alexandre Douguine : Qui s'effondrera en premier ?

 

18 juin 2021

 

https://izborsk-club.ru/21232

 

 

La rencontre de Poutine avec Biden n'était clairement pas de bon augure. Aucun des analystes et des experts n'en attendait de percée ou de signal rassurant. La seule chose qui serait pire serait l'absence d'une telle réunion. Si les dirigeants de deux puissances mondiales apparemment hostiles se rencontrent face à face, cela signifie que, pour le moins, il n'y a pas d'hostilités. Bien sûr, une véritable guerre peut éclater à tout moment : lorsque Biden et son programme libéral extrémiste de la « Grande Remise à zéro » ont arraché la présidence à Trump, ce risque a augmenté de façon spectaculaire.

 

La Russie et les États-Unis - ou plutôt la Russie de Poutine et les États-Unis de Biden - ont des vues opposées sur presque tout. Et surtout, ils voient l'ordre mondial futur de manière si différente que l'un exclut l'autre.

 

Pour Poutine, la priorité inconditionnelle et absolue est la souveraineté réelle pleine et entière de la Russie. Et cela n'est possible que dans un monde multipolaire où la Russie sera un centre de décision libre et autosuffisant. Avec les autres pôles, dont l'existence et les leitmotivs sont également reconnus, mais dont la liberté est limitée par celle des autres pôles.

 

Pour Biden, la priorité n'est même pas les États-Unis, mais la création d'un État mondial dirigé par un gouvernement mondial. Un tel monde ne peut être qu'unipolaire, avec une seule idéologie régnant partout - le libéralisme, les LGBT, l’écologie*, la démocratie des minorités et le racisme compensatoire (selon la théorie de la race critique désormais acceptée aux États-Unis, les races autrefois opprimées peuvent désormais opprimer leurs anciens oppresseurs en toute impunité). Personne ne devrait avoir la moindre souveraineté, car cela va à l'encontre des droits de l'homme.

 

Donc pour Biden, la Russie de Poutine est l'ennemi, un ennemi absolu. Cela ne signifie pas que la Russie est l'ennemi des États-Unis. Si nous considérons les États-Unis comme un pôle d'un monde multipolaire, ce qui était tout à fait possible et probable sous le nationaliste Trump, alors toutes les questions litigieuses pourraient être résolues. Oui, les États-Unis et la Russie ont des domaines d'intérêts nationaux qui se chevauchent, mais ils ne sont pas critiques. Surtout si l'on désigne les domaines de responsabilité mutuelle de manière réaliste - l'Eurasie aux Eurasiens, l'Amérique aux Américains et l'Europe aux Européens. Nous pourrions poursuivre cette énumération multipolaire - l'Afrique aux Africains, l'Asie aux Asiatiques, le monde islamique aux musulmans, etc. Mais ce serait le cas si l'Amérique avait un président américain à sa tête. Une rencontre du président russe avec un tel président aurait pu être tout à fait constructive et significative.

 

Mais le fait est que Biden n'est pas un président américain.

 

Il est libéral et mondialiste et il insiste sur le fait que tout le monde doit être mondialiste et libéral, et donc partager son programme et suivre ses règles. Pour un mondialiste, seuls les mondialistes comme lui sont des amis et des entités généralement triées sur le volet. Toute personne qui insiste sur la souveraineté et la multipolarité fait automatiquement partie des ennemis.

 

Poutine est exactement comme ça. Il pense l'architecture du monde comme un concert de sujets souverains, dont l'un est la Russie, l'un l'Amérique, l'un la Chine, et ainsi de suite. En rencontrant Biden, il rencontre un égal. Pour Biden, Poutine n'est rien d'autre qu'un subordonné rebelle et incontrôlable qu'il faut punir avec des sanctions et séduire avec des aides.

D'où la dissonance cognitive du sommet Poutine-Biden. En fait, ce sommet n'existe pas. Ils n'ont rien à se dire car ils sont dans deux mondes parallèles. Et la polarisation de ces mondes s'accentue rapidement. Ils ne peuvent se rencontrer que si une partie accepte les règles de l'autre.

 

Pouvez-vous imaginer que Biden rejette le mondialisme ? Moi non.

 

Poutine renoncerait-il à sa souveraineté ? Absolument pas, c'est la chose principale pour Poutine, c'est son absolu.

 

Donc, aucun dialogue n'est possible. Il n'est possible de parvenir à un consensus que sur des détails essentiellement insignifiants.

 

Dans les relations russo-américaines, seule la disparition d'une des parties résoudra tout. Qui sera le premier à s'effondrer ? Et si personne ne s'effondre, alors il n'y a qu'un seul mot qui commence par "in"... W - word.

 

 

Alexandre Douguine

http://dugin.ru

Alexandre G. Douguine (né en 1962) est un éminent philosophe, écrivain, éditeur et personnalité publique et politique russe. Docteur en sciences politiques. Professeur de l'université d'État de Moscou. Il est le leader du mouvement international eurasien. Membre fréquent du Club d'Izborsk.

 

Traduit du russe par Le Rouge et le Blanc avec DeepL.

 

 

NDLR 

 

Première remarque. Pourquoi Poutine a-t-il accepté cette rencontre après s’être fait insulter par Biden ? Comme Poutine représente la Russie, en insultant son Président, Biden insultait la Russie tout entière ! c’est peut -être pour la même raison que Poutine a participé au dernier Forum de Davos en manifestant publiquement sa sympathie pour le "cher" Klaus Schwab, porte-parole de la révolution mondialiste du « Great Reset», ce qu’il n’était vraiment pas obligé de faire. Tout cela est très étrange et très inquiétant et pourrait signifier une entente secrète entre les dirigeants mondialistes et leurs ennemis apparents. Après tout, la rencontre entre Biden et Poutine était à huis-clos: on ne sait pas ce qu’ils se sont dit…

 

Deuxième remarque. À propos d’Alexandre Douguine. Comme je l’ai fait déjà plusieurs fois remarquer, Alexandre Douguine (lucide pour beaucoup de choses) se trompe grandement dans sa terminologie. Ce n’est pas le mot « écologie » qu’il devrait employer, mais « écologisme ». L'écologie (formée de "éco" et de "logos") est la science des habitats naturels et des relations entre les espèces elles-mêmes et leur habitat. L’écologisme est son instrumentalisation à des fins socio-politiques et financières. Cette confusion, que ne commet jamais par exemple le général Leonid Ivashov (autre éminent membre du Club d’Izborsk, qui a, à mon avis, une vision holistique beaucoup plus large et élevée que Douguine) est grave car elle ferme implicitement les yeux sur les ravages commis par les activités humaines sur la nature (que ce soient par les régimes capitalistes ou communistes ou capitalo-communistes comme la Chine actuelle).

Alexandre Douguine est un philosophe politique, un homme de cabinet, absolument pas un naturaliste (ni un soldat, d'ailleurs). J’ai déjà cité à son propos la sentence d'Antoine de Rivarol (1753-1801):

 

« Il y aura toujours deux mondes soumis aux spéculations des philosophes : celui de leur imagination, où tout est vraisemblable et rien n'est vrai, et celui de la nature où tout est vrai sans que rien paraisse vraisemblable ».

 

Ceci a une grande importance quand on sait que l’idéologie qui sera mise en œuvre mondialement, et d’une manière coercitive, après la terrible opération psychologique du Covid en 2020-21 est la « lutte contre le changement climatique », une autre arnaque de la tyrannie mondialiste. La « communauté scientifique », en grande partie soumise à la tyrannie du Covid, l’est encore plus à celle du Climat et cela depuis de nombreuses années déjà.

La « lutte contre le changement climatique » n’empêche absolument pas la destruction de la nature, bien au contraire*, mais son but est le contrôle eugénique et malthusien de la population humaine mondiale (dépopulation) en générant un profit financier, instrument de pouvoir.  L’assentiment naïf ou complice d’une très large majorité des gens à l’idéologie/programme du « Changement climatique » (ex-Réchauffement climatique...) rend celui-ci très dangereux. En fait, il s'agit de se servir comme prétexte du climat pour réaliser un changement mondial dans l'humanité. C'est donc: changer l'humanité en se cachant derrière le climat.

 

* Consulter: Guillaume Sainteny: Le climat qui cache la forêt (2015).

https://www.ruedelechiquier.net/essais/262-le-climat-qui-cache-la-foret.html

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