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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

The Duke of Sully and his Trees (Le duc de Sully et ses arbres)

15 Février 2013 , Rédigé par Béthune

Armoiries des comtes de Béthune Pitunilla janv fev 06

 

 

Picture

 

 

Un Anglais, Terry Brown, de la ville de Bradford on Avon jumelée avec celle de Sully-sur-Loire en France, a eu l'idée de créer un blog sur Sully et ses arbres: link. Il nous explique que Maximilien de Béthune, duc de Sully, était un passionné des arbres et que c'est lui qui commença la tradition de planter des peupliers (ou des ormes ) le long des routes: paysage typique de la France. Il plantait aussi des arbres pour commémorer des événements. Beaucoup ont subsisté. Terry Brown en a dressé la liste. Merci au passionnant site Krapo arboricole link qui nous l'a signalé.

Terry Brown nous signale par ailleurs que la Mairie de Sully-sur-Loire procède actuellement à l'abattage intempestif d'arbres link. Ecrivez au maire pour protester (c.planchet.cab@sullysurloire.com).

 

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L’Islande continue à défier la finance internationale... et songe à interdire la pornographie sur internet

14 Février 2013 , Rédigé par Béthune

 

Tous les pays européens adaptent leurs politiques aux désidératas des marchés financiers et des grandes banques. Tous ? Non, un petit pays fait de la résistance depuis quelques années : l’Islande. Et il vient de gagner une grande bataille juridique contre Londres et Bruxelles.

 

Astérix contre la mondialisation

On ne parle pas assez de l’Islande. Pourtant, l’histoire récente de ce pays est particulièrement instructive. Comme d’autres, il avait cédé aux excès de la financiarisation, laissant ses banques se développer au-delà du raisonnable, notamment en Grande-Bretagne et au Pays Bas. Mais alors que tous les pays de la zone euro en crise ont choisi le même cocktail de soutien indéfectible aux banques et d’austérité pour les peuples, l’Islande, après de nombreux votes, a pris le chemin inverse.

En 2008, avec la faillite d’Icesave et les demandes de la Grande-Bretagne, qui voulait que l’Islande protège les ressortissants de la Couronne trompés par cette banque, le gouvernement a proposé par référendum un projet d’accord étalant les paiements jusqu’en 2024. Chose inédite en Europe, les Islandais ont refusé de payer pour les excès des banques, provoquant une immense crise politique, qui a ouvert la voie à une refonte de la Constitution et un grand changement politique.

Un second plan, moins coûteux, a également été refusé. Ce petit pays de quelques centaines de milliers d’habitants a intéressé Paul Krugman qui a souligné qu’elle « a fortement dévalué sa monnaie et imposé un contrôle des capitaux. Il s’est alors passé quelque chose d’étrange : bien qu’elle ait traversé la pire crise financière de l’Histoire, elle a été bien moins lourdement sanctionnée que d’autres nations », comparant notamment la potion islandaise à la potion irlandaise.

Une belle victoire juridique

Mais le refus de payer à la place d’Icesave n’a pas été accepté par Londre et Bruxelles, qui ont poursuivi l’Islande auprès du tribunal de l’Association Européenne de Libre-échange pour infraction aux règles sur les garanties des dépôts bancaires et discrimination entre épargnants nationaux et étrangers. La Commission Européenne demandait au petit pays de rembourser jusqu’à 20 000 euros par compte de Icesave, la filiale d’une banque islandaise installée notamment en Grande-Bretagne.

La Cour a estimé que « rien n’indiquait en 2008 que le contribuable islandais devait payer les pots cassés de la faillite d’une banque privée ». Même Les Échos soulignent que « la Commission Européenne se montre assez mauvaise perdante » en soulignant que les règles européennes sur la garantie des dépôts ne sont pas encore harmonisées. Du coup, Londres et La Haye, qui avaient réglé la note pour protéger leurs citoyens, subissent une grosse défaite juridique face à l’Islande.

The Economist souligne que « le jugement de la cour sur Icesave est un coup pour la finance globalisée ». L’hebdomadaire des élites internationales s’insurge contre le jugement en estimant qu’il « va seulement réduire la confiance et la volonté des pays de soutenir financièrement les créditeurs étrangers ». Il dénonce le fait que l’Islande ne doive pas payer les épargnants britanniques et puisse secourir ses compatriotes et estime que le jugement de la cour est contradictoire.

Cette défaite juridique de la finance mondialisée est un bon signe qui met une nouvelle fois une lumière flatteuse sur l’Islande, d’ailleurs un des rares pays où l’on envisage de véritablement couper en deux les banques, comme le demande la députée Alfheidur Ingadottir.

 

Source: gaullistelibre.fr et Egalité et Réconciliation link

 

L'Islande songe à interdire la pornographie sur internet

 

Vers l'interdiction du porno sur internet ? C'est la mesure qu'envisage l'Islande. Le gouvernement a mis en place, fin janvier, un groupe de travail sur le sujet. L'Islande pourrait bloquer les adresses IP des sites porno et faire pression sur les fournisseurs d'accès pour interdire de tels sites. Il s'agit aussi, et d'abord, de plancher sur une définition pénale de la pornographie et sur son lien à la violence.

« Il ne s'agit pas d'être anti-sexe, mais anti-violence », souligne Halla Gunnarsdóttir, du ministère de l'Intérieur, citée par le Daily Mail. Le ministre Ögmundur Jónasson s'expliquait fin janvier : « Je ne suis pas friand des interdictions et je soutiens la liberté d'expression. Mais je veux mettre des barrières à une industrie qui fait des profits en abusant d'êtres humains ».

(...)

Espérons que les Islandais réussiront et que les autres Etats, dont la France, prendront exemple sur elle.

L'article complet sur le site http://www.lesnouvellesnews.fr : link

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L'UE vue par Maurice Bardèche

14 Février 2013 , Rédigé par Béthune

Drapeau de l'UE: les Douze Tribus d'Israël

 


"Cette conception de la citadelle Europe est le contraire même de cette Europe terrain vague inventée par Jean Monnet, défendue par Robert Schumann et couronnée à Bruxelles en la personne de Jacques Delors. Je ne suis ni économiste, ni sociologue, ni politologue. Cette position catégorique que je professe encore actuellement n'est pas, pour moi, une position politique, mais une revendication culturelle. Tout ce que j'ai écrit ensuite n'a jamais été qu'une protestation contre l'invasion de l'économique dans notre vie. L'appareil économique et social dans lequel nous sommes moulus n'aboutit pas à une société de consommation, comme on l'a dit en langage noble, mais tout simplement à une société de mercantis installés dans leur boutique de prêt-à-porter. Tous vêtus de la même défroque, tous nourris du même « Big Mac », tous rêvant de la même femelle et des mêmes distractions, tous soumis, automatisés, conditionnés, clients obligatoires attendant chaque soir, tout en béant aux exploits de MM. Berlusconi ou Benedetti, le jour de gloire où nous gagnerons le gros lot de la loterie nationale ou la berline offerte par les jeux télévisés : l'essentiel, bien entendu, étant que rien ne soit changé à la belle mécanique qui nous permet d'être, pendant toute notre vie, une parcelle anonyme et interchangeable d'un grand tout qui est nous-même."

 

Source (sur ce même blog): link

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A moi Béthune !

13 Février 2013 , Rédigé par Béthune

Bandeau A moi Bethune

 

 

"(...) Etendard rouge et uni et avec quelques houppes, donc de la couleur du sang des martyrs, mais aussi de la guerre, car, depuis les Carolingiens, la dialectique du rouge et du blanc, de la rose et du lis, de la guerre et de la paix, était bien connue. Encore, en fin 1789, Louis XVI promulga la loi sur la loi martiale pour disperser les attroupements. On annonçait l'application de la loi martiale (avec possible ouverture du feu) en hissant un drapeau rouge sur la mairie et, pour en signaler la fin, on hissait un drapeau blanc." (Hervé Pinoteau, Notre-Dame de Chartres et de France - Le voile de la Vierge et autres merveilles. François-Xavier de Guibert, Paris, 2008)

 

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Pierre-Olivier Combelles (Photo: Alain Rastoin/Club des Explorateurs)


Naturaliste, marin, écrivain français, descendant de la Maison de Béthune par sa mère. Né à Versailles en 1955. 6 enfants. Prix Guy de Beauchêne 1992 (Société de Géographie, Paris). A fait partie du Service Etudes du Musée de la Marine à Paris et du Laboratoire d'Ethnobiologie-Biogéographie du Muséum National d'Histoire Naturelle. A vécu au nord-est du Québec et en Amérique du sud. Révolté par la perversion de la politique et de la recherche françaises, a repris les couleurs symboliques et le cri de guerre de ses aïeuls pour défendre l'honneur de sa patrie, la France, dont le nom est symbole de liberté, d'amour et de justice.

 

Motif pachacuti manta péruvienne petit

 

Ati kula e hina Tagaloa ne alito aki e fonua qalo.

(Rouge et blanc vous êtes, ô Tangaroa, notre joyau qui venez de la contrée perdue.)

Chant polynésien (cité par Eric de Bisschop: Vers Nousantara)

 

 

 

Armoiries des comtes de Béthune Pitunilla janv fev 06

Armoiries de la Maison de Béthune: "D'argent à la fasce de gueules" 

Cri de guerre: A moi Béthune !

 

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l'Union Européenne espionne ses citoyens

12 Février 2013 , Rédigé par Béthune

Source: link

IRIB- Désormais, tous les renseignements personnels des citoyens européens seront mis à la disposition des agences d’espionnage des pays membres de l’UE.

Cela est réalisé, dans le cadre d’un plan, qui a été examiné, par l’instance, et en cas de l’aval de l’Union, toutes les règles nationales protégeant la vie privée des citoyens européens seront violées et/ou ignorées, comme l’a averti le quotidien britannique, "Daily Mail". Le plan autorise l’Union des 27 à obliger les services Web de dévoiler tous les renseignements personnels de leurs abonnés internautes. C’est une toute nouvelle méthode d’espionnage des citoyens européens, permettant de remettre des renseignements et informations aux services de renseignements et de sécurité, comme l’estiment les analystes. Les responsables européens procèdent à une telle méthode d’espionnage, alors qu’ils ont toujours considéré la collecte d’informations et de renseignements personnels des gens, comme une violation des droits de l’Homme et de la vie privée des citoyens. N’oublions pas, en passant, que 25 pays européens coopèrent, directement, avec la CIA, qui dispose, donc, de renseignements sur les citoyens européens. N’est-ce pas une violation des droits de citoyens européens ? Il y a quelque temps, les pays européens ont décidé, malgré toutes les protestations du peuple et des instances de défense des droits de l’Homme, de remettre aux services de renseignements et de sécurité américains, les antécédents des passagers des avions de ligne européens, tels que leurs données personnelles et leurs coordonnées. Avec ce nouvel plan de l’UE, l’inquiétude se renforce, chez les Européens, de faire, désormais, l’objet de mauvais traitements, de la part des services d’espionnage américains. N’oublions pas, d’ailleurs, que Google a, récemment, affirmé que les gouvernements occidentaux utilisent ce site, pour espionner les internautes. Google a, aussi, annoncé la hausse de 70%, depuis 2009, des demandes, de la part de l’administration US et d’autres gouvernements, pour obtenir des renseignements personnels des opérateurs de ce site. Il est vrai que la situation des droits de l’Homme se détériore, de plus en plus, en Europe, comme l’estime, d’ailleurs, Thomas Hammarberg, un ancien secrétaire général d’"Amnesty international", selon qui, l’attitude adoptée, depuis les attentats du 11 septembre 2001, a eu une influence négative sur le respect des droits de l’Homme. Les citoyens sont arrêtés et torturés, sans qu’aucun document fiable n’existe à l’appui de l’accusation portée, à leur encontre.

 

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Conseiller ou ne pas conseiller le duc de Wei (Chuang Tzu)

7 Février 2013 , Rédigé par Béthune

Section FOUR - IN THE WORLD OF MEN


YEN HUI WENT TO SEE Confucius and asked permission to take a trip.1

"Where are you going?"

"I'm going to Wei."

"What will you do there?"

"I have heard that the ruler of Wei is very young. He acts in an independent manner, thinks little of how he rules his state, and fails to see his faults. It is nothing to him to lead his people into peril, and his dead are reckoned by swampfuls like so much grass.2 His people have nowhere to turn. I have heard you say, Master, `Leave the state that is well ordered and go to the state in chaos! At the doctor's gate are many sick men.' I want to use these words as my standard, in hopes that I can restore his state to health."

 "Ah," said Confucius, "you will probably go and get yourself executed, that's all. The Way doesn't want things mixed in with it. When it becomes a mixture, it becomes many ways; with many ways, there is a lot of bustle; and where there is a lot of bustle, there is trouble -trouble that has no remedy! The Perfect Man of ancient times made sure that he had it in himself before he tried to give it to others. When you're not even sure what you've got in yourself, how do you have time to bother about what some tyrant is doing?

"Do you know what it is that destroys virtue, and where wisdom comes from? Virtue is destroyed by fame, and wisdom comes out of wrangling. Fame is something to beat people down with, and wisdom is a device for wrangling. Both are evil weapons - not the sort of thing to bring you success. Though your virtue may be great and your good faith unassailable, if you do not understand men's spirits, though your fame may be wide and you do not strive with others, if you do not understand men's minds, but instead appear before a tyrant and force him to listen to sermons on benevolence and righteousness, measures and standards - this is simply using other men's bad points to parade your own excellence. You will be called a plaguer of others. He who plagues others will be plagued in turn. You will probably be plagued by this man.

"And suppose he is the kind who actually delights in worthy men and hates the unworthythen why does he need you to try to make him any different? You had best keep your advice to yourself! Kings and dukes always lord it over others and fight to win the argument. You will find your eyes growing dazed, your color changing, your mouth working to invent excuses, your attitude becoming more and more humble, until in your mind you end by supporting him. This is to pile fire on fire, to add water to water, and is called `increasing the excessive.' If you give in at the beginning, there is no place to stop. Since your fervent advice is almost certain not to be believed, you are bound to die if you come into the presence of a tyrant.

 

The Complete Works Of Chuang Tzu

Translated by Burton Watson

 

Lettré retiré

Poésies chinoises antiques. Traduites par Emmanuel TRONQUOIS (1855-1918) Société franco-japonaise de Paris, Bulletin n° 1, Octobre-décembre 1921, pages 1-28, 1 illustration. Interprète au consulat de France à Yokohama, puis chancelier à la légation à Tokyo, Emmanuel Tronquois traduisit ces poésies chinoises d'après leur texte japonais. link

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Se soumettre [à l'UE] ou résister (Dieter Sprock/Horizons et Débats N°4, 2013)

7 Février 2013 , Rédigé par Béthune

N°4, 28 janvier 2012    link
L’amourette de Widmer-Schlumpf avec Barroso: une trahison de la démocratie
par Marianne Wüthrich, docteur en droit
La voie bilatérale, un modèle périmé? – Bien sûr que non!
par Hans-Jacob Heitz, avocat et médiateur, ancien juge au Tribunal fédéral administratif
Exigences claires à l’intention de l’UE
Non à un approfondissement unilatéral aux dépens de la Suisse | Prise de position de «economiesuisse» relative aux propositions du Conseil des ministres de l’UE concernant la poursuite de la voie bilatérale
La Suisse n’est pas une «Ich-AG»
Eveline Widmer-Schlumpf doit rentrer dans le rang
Réponse de Barroso à Widmer-Schlumpf
 
Une Suisse indépendante, sûre d’elle, neutre et cosmopolite ne se trouve pas à l’écart!
par Gotthard Frick
Test de résistance dans des centrales nucléaires de l’UE
La sécurité entre prétention et réalité | par H.W. Gabriel, ingénieur
La démocratie directe de la Suisse – un modèle de paix sur le plan politique, social et économique
Au sujet du nouveau volume de recherche de René Roca: «La démocratie suisse en théorie et en pratique» | Tobias Salander, historien
Se soumettre ou résister?
«Il n’y a aucune raison pour que la Suisse cède au chantage des Etats-Unis et de l’UE» | par Dieter Sprock
Le séchage des mangues en Afrique

Se soumettre ou résister?
«Il n’y a aucune raison pour que la Suisse cède au chantage des Etats-Unis et de l’UE»
par Dieter Sprock

Cette année, il y aura en Suisse plusieurs sujets brûlants qui devront être discutés et soumis au verdict du peuple. Ce sont notamment les questions suivantes: «Quelle suite donner à nos relations avec l’UE?» et la votation sur l’«initiative pour la suppression de l’armée». Il en va de l’avenir du pays. Il est donc indispensable de se référer à la réalité existante dans l’UE, notamment en Allemagne, et à la situation politique générale, et non pas à la propagande.
Prétendre que l’UE est un «facteur de paix» relève de la propagande. L’UE n’est pas un facteur de paix et le fait scandaleux d’avoir reçu le Prix Nobel de la paix n’y change rien.1 Quelques jours seulement après la remise de ce prix, le président de la Commission européenne, Barroso, louait la production d’armes et de munitions comme le plus important facteur de croissance dans les Etats membres. C’est elle qui donne un élan à la créativité technique des hommes, qui représente le secteur exigeant les plus hautes qualités professionnelles et qui crée un grand nombre d’emplois …
Des pays de l’UE ont participé au démembrement de la Yougoslavie – principalement l’Allemagne –, se trouvent impliqués depuis onze ans dans une guerre insensée et destructrice en Afghanistan, ont participé en tant que «coalition des volontaires» à la guerre d’agression des Etats-Unis contre l’Irak, au mépris du droit international, et sont impliqués militairement en Libye, en Syrie et au Mali, cherchant à tout prix à «participer» à toutes les guerres de cette planète.

L’UE n’est pas non plus un facteur de paix à l’intérieur de l’Europe

L’UE n’est pas non plus un facteur de paix à l’intérieur de l’Europe. On n’a pas oublié l’agression contre l’Autriche, dont la population avait osé voter, librement et démocratiquement, pour un gouvernement qui ne convenait pas à la Commission européenne. Dans les quelques pays, où les populations avaient pu voter sur le Traité de Lisbonne, il fallut se soumettre à des votations répétées jusqu’à ce que le résultat soit conforme. Et maintenant, alors qu’un monde économique malhonnête s’effondre et qu’on assiste aux conséquences des tromperies, ce sont les pays qui en souffrent le plus qui sont mis sous pression.

L’UE, un satellite des Etats-Unis, l’OTAN étant son bras armé

Dans sa conception même, l’UE ne fut jamais un facteur de paix. Les Etats-Unis voulurent, après la Seconde Guerre mondiale, assurer leur prééminence en Europe. L’Europe devait servir de tête de pont aux Etats-Unis dans leur lutte pour la domination du monde face à l’Union soviétique et en même temps ouvrir le marché européen aux biens et aux intérêts financiers américains. A travers l’OTAN, on développa le potentiel militaire de l’Europe pour le mettre au service de l’hégémonie américaine.
Dans son livre «Le grand échiquier. L’Amérique et le reste du monde» Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité du président Carter et actuellement de l’administration Obama, n’en finit pas de prétendre que la «fonction» d’une Europe unie et supranationale est de servir de «tremplin» à l’extension de la puissance américaine dans le continent eurasiatique.2 Il explique que le vieux continent est pour les Etats-Unis d’une énorme importance géostratégique. Toute extension de l’espace européen permet automatiquement aussi d’élargir la sphère d’influence des Etats-Unis. Dans le cadre institutionnel de l’OTAN «les Etats-Unis collaborent avec les pays les plus dynamiques et les plus influents d’Europe. Ils participent ainsi avec eux aux décisions relevant des affaires intérieures de la région.» Il faut aussi prendre en compte que le système américain se déploie encore à un autre niveau, «constitué par un réseau mondial d’organismes spécialisés, en particulier les institutions financières ‹internationales›». Le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale représentent, officiellement, des intérêts «globaux». En réalité, «l’Amérique y joue un rôle prépondérant», selon Brzezinski.3 On peut y ajouter d’autres organisations internationales, comme par exemple l’OCDE et l’OMS qui travaillent également sous domination américaine – l’OCDE pour la mise au pas de tout ce qui touche à l’enseignement, en ignorant les structures démocratiques des pays,4 et l’OMS pour la privatisation des structures de santé nationales et leur ouverture aux investisseurs mondialisés.
Sur cette base, il apparaît clairement que l’Union européenne, dont l’Allemagne, «avec le soutien des Etats-Unis» (Brzezinski), s’est placée à la tête, est un projet de la haute finance américaine, une pierre du nouvel ordre mondial prévu par les Etats-Unis, qui est très éloignée de toute réflexion pacifiste. Les pays qui ne se soumettent pas à la dictature mondiale du monde financier sont victimes de sanctions, voire de guerres, à l’instar de la Yougoslavie, de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye et de la Syrie.

Le Non sans appel de la Suisse à l’EEE

Dès que le peuple suisse avait dit non à l’EEE, le pays s’est trouvé en proie aux attaques; et elles se sont suivies les unes après les autres: à commencer par les accusations stupides des Etats-Unis concernant les comptes en déshérence dans les banques suisses (leur recherche a coûté plus cher que ce que cela a rapporté), le reproche infondé de coopération avec l’Allemagne de Hitler débouchant sur l’affirmation que la Suisse était coresponsable des crimes de guerre de l’Allemagne, en passant par l’attaque de l’Allemagne contre le secret bancaire (Peer Steinbrück!), les médias allemands s’en donnant à cœur joie contre la Suisse. Et pour terminer – une fois que les tromperies de la finance mondiale étaient découvertes – les accusations, qui tentent de rendre la Suisse responsable de l’échec de l’idéologie financière anglo-américaine.
Après ce tir de barrage, soutenu voire renforcé par les médias suisses, tout particulièrement la radio et la télévision, l’UE s’imagine pouvoir jouer face à la Suisse aux brigands de grand chemin. L’endettement des pays de l’Union européenne (y compris l’Allemagne) a pris une telle ampleur que seul un assainissement radical reste envisageable – et de reconnaître honnêtement qu’on est en faillite!

Digression historique

«Se soumettre ou résister» est le titre d’un livre publié par Alice Meyer, le sous-titre étant «La Suisse au temps du national-socialisme allemand.» Il fut réédité en 2010 avec une préface de Marthe Gosteli.5 Ce livre atteint une grande importance dans la discussion concernant la Suisse neutre dans le monde. Il s’appuie sur des témoins de l’époque et de nombreux dossiers et documents que le rapport Bergier avait tout simplement ignorés. 
Lors de la prise de pouvoir par Hitler la situation de la Suisse neutre connut un changement dramatique. L’Allemagne nationale-socialiste ne représentait pas qu’une menace militaire pour la Suisse. Selon Alice Meyer «elle menaçait la Suisse, dès 1933, également politiquement et idéologiquement, du fait qu’elle agissait par la propagande, appelée ‹stratégie élargie›». Jusqu’au moment de l’effondrement de la France en 1940, il s’agissait de s’opposer à l’introduction de la pensée nationale-socialiste et de rester vigilant contre le travail de sape des nationaux-socialistes. «Depuis juin 1940, alors que l’existence de la Suisse était sérieusement menacée et que les nationaux-socialistes s’imaginaient que la Suisse était mûre pour se soumettre à la ‹nouvelle Europe›, il s’agissait de tout mettre en œuvre pour éveiller et maintenir dans la population la volonté de tenir bon et de résister.»
La Suisse fut envahie de matériel de propagande. Tout se trouvait au service de la propagande nationale-socialiste: la culture, la radio, la presse, les films, les informations cinématographiques. «Camouflé sous des relations diplomatiques en apparence correctes et des assurances officielles sournoises, les nationaux-socialistes se comportaient comme si la Suisse était un ennemi contre lequel il fallait s’assurer une bonne position de départ.» Les professions d’amitié profonde et durable, telles que «on ne peut imaginer l’Europe sans la Suisse» ou bien «personne, en Allemagne, n’imagine de s’en prendre à l’indépendance d’autres Etats» se trouvaient en opposition avec d’autres déclarations comme «il en est terminé des petites nations», «A l’avenir, il n’y aura plus de neutralité. Les pays neutres vont être absorbés dans les espaces de pouvoir des grands pays, ils seront littéralement aspirés.» (Hitler à Rauschning en 1933). La volonté d’indépendance des Suisses était taxée de «mentalité paysanne arriérée», voire de «cupidité et d’aspiration bornée à la liberté». On forma dans les écoles de propagande nationale-socialiste des propagandistes pour la Suisse et on installa des préfets (Gauleiter) en Suisse à l’aide d’une «cinquième colonne».

Le réarmement allemand camouflé par une propagande de paix

Hitler s’efforça de cacher l’énorme réarmement économique et militaire de l’Allemagne par des assurances de volonté de paix et une propagande antibolchévique, afin de tranquilliser le monde et la Suisse. Selon Alice Meyer, «après la Première Guerre mondiale, tant chez nous que dans les autres démocraties occidentales, la foi en la sécurité collective, représentée par la Société des Nations, et plus tard la grande crise économique eut pour effet que la défense militaire fut négligée».
Lorsque l’espoir de la sécurité collective internationale fut balayé et que le peuple suisse prit conscience que l’Allemagne voulait la guerre, la volonté de préserver la politique de neutralité armée reprit le dessus. «En l’espace de huit ans, le peuple suisse accepta la dépense d’un milliard de francs pour le réarmement. L’emprunt militaire de 1936, au bas taux de 3% fut souscrit en quelques mois tout en dépassant la somme fixée de 100 millions de francs. Le parti social-démocrate, qui avait refusé la défense militaire du pays depuis 1917, changea d’opinion en 1937 et se prononça en faveur de la défense armée du pays. Cette réconciliation politique fut le prélude pour un événement important au plan social. Alice Meyer écrit qu’«en été 1937, les associations des employeurs et des salariés des plus grands groupes économiques de Suisse, de l’industrie de la métallurgie et de l’horlogerie, conclurent un accord pour la paix sociale, qui interdisait aux employeurs de procéder au lock-out et aux salariés de mener des grèves, lors de conflits.»
Après l’effondrement de la France, la Suisse se trouva en été 1940 devant l’alternative: «Se soumettre ou résister?» Il va de soi qu’il y avait alors déjà certains qui voulaient se soumettre. Ils s’imaginaient que l’Allemagne accepterait la Suisse dans sa «nouvelle Europe» sur pied d’égalité, dans la mesure où elle se ferait «toute petite» et «prendrait les désirs allemands pour des ordres». «Ils ne connaissaient pas le fond même du national-socialisme.» Puis, il y avait ceux qui voulaient entrer dans la «nouvelle Europe» par conviction. Ils parlaient de la «dernière chance» de s’engager pour «participer et combattre». Mais la grande majorité du peuple suisse soutint la direction militaire et politique pour une politique de résistance sans faille. Selon Alice Meyer «les Suisses qui se décidèrent pour cette politique après l’effondrement de la France, n’étaient pas des rêveurs. Ils ne fermèrent pas les yeux, conscients qu’ils étaient que certaines concessions sur le plan économique seraient pour nous une nécessité, certes tragique mais inévitable, si nous voulions survivre. Mais ils savaient aussi que céder dans des questions touchant les fondements mêmes de notre indépendance n’entrait pas en ligne de compte.»6

En route pour un monde multipolaire

Le monde est en profonde transformation. L’Amérique n’est plus l’«unique puissance mondiale», même si cela peut encore apparaître ainsi dans la vue étroite des Européens.7 Car, entre-temps d’autres acteurs sont apparus dans le monde, notamment la Chine, l’Inde, la Russie, les Etats membres de l’ASEAN, ainsi qu’une série de pays d’Amérique latine. Ils mènent leur politique sans tenir compte des Etats-Unis. L’Amérique est placée devant le devoir difficile de s’intégrer d’égal à égal dans un monde multipolaire en développement et doit utiliser son énorme potentiel pour résoudre les difficultés à l’intérieur de son propre pays. Elle n’est plus en mesure de mener des guerres dans le monde entier et exige que l’OTAN défende les intérêts américains au Proche-Orient et en Afrique, alors que les Etats-Unis se concentrent sur la région du Pacifique. Quant à l’Europe, elle devrait participer plus fortement aux dépenses de guerre et mettre plus de troupes à disposition.
L’UE a suivi la voie américaine et se trouve en faillite politique et économique. Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le chômage en Europe ne fut jamais plus élevé qu’actuellement. L’idéologie anglo-américaine du «marché libre», qui serait conduit par une main invisible pour offrir à tout le monde la prospérité, est un échec. Les prix de la plupart des biens de consommation ne sont pas réglés par l’offre et la demande, mais par la spéculation. Les populations des Etats du bloc de l’Est, mais aussi des pays du sud-est européen, qui avaient salué l’entrée dans l’UE avec de grandes espérances pour une vie meilleure, se rendent compte qu’ils ont été trahis. Leurs pays ont été véritablement rachetés et sont maintenant sous la coupe de forces étrangères.

La Suisse, un pays ouvert au monde, qui ne doit en aucun cas céder au chantage

Il n’y a aucune raison pour que la Suisse cède au chantage des Etats-Unis et de l’Union européenne. Elle est un pays ouvert au monde qui fait du commerce et des échanges culturels avec le monde entier. Sans le corset de l’UE, cette voie lui reste ouverte plus que jamais. Dans la mesure où elle se rapprocherait de l’UE et reprendrait le droit européen, elle serait entraînée sans rémission dans la politique de guerre de l’UE et de l’OTAN et perdrait sa souveraineté. Elle serait confrontée à des exigences financières encore accrues, voire à des obligations de mise à disposition de troupes. Les quelques avantages à court terme de l’industrie d’exportation et de quelques instituts financiers ne justifient pas cette prise de risques. C’est le peuple qui paierait les frais matériels et spirituels, mais en fin de compte aussi l’économie elle-même.
Qu’en serait-il d’une Europe unie sans UE, dans laquelle les pays pourraient de nouveau mener leur propre politique en compétition pacifique les uns avec les autres? Les contrats commerciaux n’ont pas besoin de pressions politiques. Et l’affirmation que sans UE les pays européens se lanceraient dans des guerres fratricides est une pure invention américaine. Elle sert à dominer l’Europe.
Ce sont les Etats-Unis qui empêchent l’analyse historique correcte de la Seconde Guerre mondiale en maintenant sous clé leurs documents dans les archives. On se demande bien pourquoi.    •

1    cf. Horizons et débats no 45 du 29/10/12, L’UE 
est-elle pacificatrice dans le sens de Nobel? et no 51 du 10/12/12, Le Prix Nobel de la paix 2012 est illégal et ne doit pas être versé à l’UE.
2    Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier. 
L’Amérique et le reste du monde. Paris 1997, 
ISBN 2-227-13519-0.
3    ibd. p. 53/54
4    cf. Horizons et débats no 25 du 18/6/12, Débarassons-nous de cette camelote.
5    Alice Meyer, Anpassung oder Widerstand. Die Schweiz zur Zeit des deutschen Nationalsozialismus. Frauenfeld 2010, ISBN 978-3-7193-1542-9.
6    ibd. p. 134 sq.
7    cf. Horizons et débats no 53 du 28/12/12, 
«Elargir la réflexion» et «Un monde sans dominance des USA, né à Phnom Penh».

 

Dernier numéro: N°5, 4 février 2013  link
Les grands Etats centralisés sont un risque de guerre
Mali: une guerre peut en cacher une autre
par Thierry Meyssan
Une armée fédérale orientée vers l’avenir et basée sur l’obligation générale de servir
Société autrichienne des officiers (ÖOG)
Courrier des lecteurs
 
«Non, la guerre ce n’est pas la France»
par Dominique de Villepin, ancien Premier ministre de la France
L’Allemagne, champion du monde en exportations – mais sa population s’appauvrit
 
L’UE en 2013: en faillite économique, elle se mue en dictature politique
par Karl Müller
L’attaque contre la démocratie lancée par l’UE et les élites financières
De la démocratie majoritaire nationale à l’impérialisme financier des élites financières transnationales | Eberhard Hamer, juriste et professeur d’économie
Le dernier témoin
Il a traversé l’enfer à plusieurs reprises, mais il est toujours resté une personne droite. Une visite chez Erwin Jöris à l’occasion de son centenaire | par Stefan Martens

 

 

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Êtes-vous Slave, Asiatique, Celte, Anglo-Saxon, mycophile ou mycophobe ?

1 Février 2013 , Rédigé par Béthune

 

Lingzhi (chinois), Reishi (jap.), Ganoderma lucidum, Ganoderme luisant: le Champignon d'immortalité, réputé en Asie depuis des temps immémoriaux, pour ses vertus immunologiques. On le rencontre aussi en Europe et en Amérique du nord.

 

Un article fascinant de Claude Lévi-Strauss:

Les champignons dans la culture - A propos d'un article de M. R.-G. Wasson

  (L'Homme, Année 1970, Volume I, PP. 5-16. Lien vers l'article téléchargeable en pdf sur le site Persée: link

 

Description de cette image, également commentée ci-après

L'amanite tue-mouches (Amanita muscaria): le Soma indo-aryen et le champignon sacré des peuples sibériens et préhistoriques

 

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