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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

L’agriculture industrielle, un dramatique extractivisme (Nicolas Sersiron/CADTM)

8 Septembre 2015 , Rédigé par POC

Nous avons constamment mentionné et accusé l'extractivisme sur ce blog et dans nos articles. Pour ceux qui ne sauraient pas exactement de quoi il s'agit ou qui voudraient en savoir plus, voici l'excellente analyse de Nicolas Sersiron, président du Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde (qu'il faudrait généraliser à l'ensemble de la planète...).

POC

N.B. Précisons que le terme "extractivisme", mondialement employé aujourd'hui dans le sens d'"exploitation industrielle des ressources naturelles dans un but commercial" n'a rien à voir avec ce que certains ethnologues officiels franco-brésiliens appellent aussi extractivisme et qui est l'exploitation artisanale (et dans un but aussi commercial, mais à petite échelle) de produits naturels en Amérique du sud, comme certaines fibres végétales. Ethnologues que l'on n'entend d'ailleurs jamais pour dénoncer le véritable extractivisme qui est le pillage de la planète.

 

4 mai 2014

L’extractivisme doit être compris ici comme le pillage des ressources naturelles, des ressources humaines et des ressources financières.

Dans l’extractivisme, l’agriculture a une place très importante à travers les questions de l’accaparement des sols, des monocultures d’exportation, de la privatisation de l’eau et de la consommation de pétrole. Un rapide retour en arrière sur nos ancêtres lointains est éclairant. Le Néolithique, ou nouvel âge de pierre, il y a 12 000 ans, est considéré comme le passage d’une économie de prélèvement à une économie de production. Disparition progressive des chasseurs-cueilleurs début de la culture des céréales et de la domestication des animaux. Or l’agro-extractivisme, ou l’industrialisation agricole, issu de la « révolution verte » du 20e S, n’entraine-t-il pas une nouvelle forme de prélèvement-prédation ? L’utilisation-destruction de la fertilité des sols, de l’eau douce et des forêts plus la consommation considérable de pétrole et autres intrants miniers ne sont-ils pas un prélèvement injustifiable des ressources de la planète ?

L’appropriation privative des « communs », que sont la terre et l’eau, par l’agriculture productiviste est due à la recherche effrénée de profits et non pas à la volonté de nourrir la planète, sinon elle aurait depuis longtemps réussi : la faim et la malnutrition auraient disparu. Cette dépossession colossale est sans commune mesure avec la prédation de nos ancêtres cueilleurs-chasseurs par unité humaine. De plus elle ne prend pas plus en compte les besoins des générations futures, bien au contraire. Les effets néfastes des pesticides, qui sont des perturbateurs endocriniens, sont transmis par nos chromosomes à nos descendants. Enfin, nous sommes de plus en plus nombreux à devoir partager les ressources de la terre, mais cette agriculture extractivo-productiviste n’est évidemment pas pérenne. Son besoin en énergies fossiles est énorme. Elle est responsable de 25 à 40 % du stock de GES, |1| de la défertilisation et de la disparition de la matière organique des sols (MOS), de la pollution des eaux douces, de l’air, de la terre et de la perte de biodiversité animale et végétale. Pour finir, elle crée des désastres sociaux, voire des ethnocides, en supprimant le travail des paysans privés de terre, leur unique moyen de vie. Hormis les pertes de biodiversité, presque tous ces dommages pourraient être réparés par des décisions politiques courageuses aboutissant à une généralisation de l’agriculture biologique, l’AB.

Une étude menée en Suisse depuis 1978 sur des parcelles conduites en conventionnel, en bio et en biodynamie montre que sur 30 ans les rendements bio sont de plus de 80 % de ceux du conventionnel. Mais c’est dans les pays du tiers-monde (premiers concernés par la problématique alimentaire) que les résultats des techniques biologiques sont les plus impressionnants. En effet, les sols et les paysanneries asiatiques, africains ou sud-américains sont bien mieux adaptés aux cultures associées, à l’utilisation de nombreuses variétés et à des rotations complexes qu’à des monocultures, des variétés standardisées et une mécanisation souvent impossible. |2|

(...)

Suite de l'article de Nicolas Sersiron sur le site du CADTM: http://cadtm.org/L-agriculture-industrielle-un

Les bidonvilles s'étendent à perte de vue dans le désert derrière les collines de sable de Casuarinas, un quartier résidentiel huppé au sud de Lima (Pérou). Il est peuplé de paysans qui ont quitté leurs terres des Andes, pourtant cultivables toute l'année. Photo: Pierre-Olivier Combelles (2012)

Les bidonvilles s'étendent à perte de vue dans le désert derrière les collines de sable de Casuarinas, un quartier résidentiel huppé au sud de Lima (Pérou). Il est peuplé de paysans qui ont quitté leurs terres des Andes, pourtant cultivables toute l'année. Photo: Pierre-Olivier Combelles (2012)

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Protests by 1,000s of Ecuadorians meet with brutal repression (David Hill/The Guardian: Andes to Amazon)

1 Septembre 2015 , Rédigé par POC

Police and military beat and tear-gas citizens demonstrating against government policies and reforms

Ecuador is currently in turmoil. Thousands of people are protesting proposed constitutional amendments, the expansion of the oil frontier, mining projects, changes to water and education policy, labour laws and pensions, a proposed “Free Trade Agreement” (FTA) with the European Union (EU), and increasing repression of freedom of speech, among other things. The government’s response? To send the police and military with batons and tear-gas to beat citizens, make arbitrary arrests, raid homes and even – some people believe – to take advantage of volcanic eruptions by declaring a nationwide “State of Exception”.

The protests have taken different forms. Indigenous people marched for 10 days from the Zamora Chinchipe province in the Amazon to Quito, 1,000s and 1,000s of people gathered in the capital last week, and another march involving approximately 2,000 people was held there on Monday. In addition, a series of demonstrations and road-blocks have sprung up elsewhere in the country.

(...)

Some people are deeply skeptical of the government’s move to declare a national “State of Exception” in response to eruptions at Cotopaxi, a volcano approximately 45kms from Quito, which puts all the country’s armed forces and police at two ministries’ disposal and permits the suspension of “constitutional rights to the inviolability of home, to movement, to assembly and to correspondence” in case of possible emergency. There have been some eruptions and ash blown onto the capital, but does the “State of Exception” need to be nationwide? And why does it ban Ecuadorian media and social media from reporting on the volcano unless using “official” government sources? Lima told the Guardian “It [the volcano] really doesn’t affect us in any way”, and Gualinga says “it isn’t going to affect the whole country” and believes the government is “manipulating the issue to generate repression.”

(...)

Lisez la suite de l'article sur le site du Guardian: http://www.theguardian.com/environment/andes-to-the-amazon/2015/aug/19/protests-ecuadorians-brutal-repression

07/09/2015 :: Mundo
Ecuador: ¿Por qué se levantan las comunidades indígenas?
x Silvia Arana    
Al suprimir la autonomía indígena educativa, el gobierno empobreció el carácter plurinacional y multicultural del Estado ecuatoriano

http://www.lahaine.org/mundo.php/ecuador-ipor-que-se-levantan

Le volcan Cotopaxi. Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Cotopaxi

Le volcan Cotopaxi. Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Cotopaxi

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Le monde selon Monsanto

1 Septembre 2015 , Rédigé par Béthune

"Fruit d'une enquête exceptionnelle de trois ans sur trois continents, le film et le livre reconstituent la genèse d'un empire industriel, qui, à grand renfort de rapports mensongers, de collusion avec l'administration nord-américaine, de pressions et tentatives de corruption, est devenu l'un des premiers semenciers de la planète.

Avec 17 500 salariés, un chiffre d'affaires de 7,5 milliards de dollars en 2006 et une implantation dans quarante-six pays, Monsanto représente le leader mondial des OGM, mais aussi l'une des entreprises les plus controversées de l'histoire industrielle. Production de PCB (pyralène), de polystyrène, d'herbicides dévastateurs (comme l'agent orange pendant la guerre du Viêtnam) ou d'hormones de croissance bovine et laitière (interdites en Europe): depuis sa création, 1901, la firme a accumulé les procès en raison de la toxicité de ses produits.

Grâce à la commercialisation de semences transgéniques, conçues notamment pour résister aux épandages de Roundup, l'herbicide le plus vendu au monde, elle prétend vouloir faire reculer les limites des écosystèmes pour le bien de l'humanité. Qu'en est-il exactement ? Quels sont les objectifs de cette entreprise, qui, après avoir longtemps négligé les impacts écologiques et humains de ses activités, s'intéresse tout à coup au problème de la faim dans le monde au point de se donner des allures d'organisation humanitaire ?"

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