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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Le "hasard"

16 Octobre 2017 , Rédigé par POC

Le "hasard"

"Le hasard, un des noms innombrables de Celui qui n'a qu'un nom".

René Barjavel, cité par Marie-Françoise, visitrice des hôpitaux et des prisons (11 octobre 2017)

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Rübezahl

9 Octobre 2017 , Rédigé par Rübezahl von Moutier

Photo: Rübezahl von Moutier

Photo: Rübezahl von Moutier

Dans les forêts du Jura bernois où il règne et veille. Photo: Rübezahl von Moutier

Dans les forêts du Jura bernois où il règne et veille. Photo: Rübezahl von Moutier

Rübezahl. Gravure de Martin Helwig (1561).

Rübezahl. Gravure de Martin Helwig (1561).

Rübezahl. Statue taillée en bois originaire de Silésie (Collection Raphaël Parejo-Coudert). Photo ancienne de Maywa Parejo-Coudert.

Rübezahl. Statue taillée en bois originaire de Silésie (Collection Raphaël Parejo-Coudert). Photo ancienne de Maywa Parejo-Coudert.

Rübezahl qui est aussi l'emblème de Lilofee, qui chante des lieder traditionnels... Voilà ce que m'écrit Raphaël Parejo-Coudert  (voyageur, musicien, ethnomusicien, photographe, poète , connaisseur des Andes, ancien membre comme moi du Club des Explorateurs, etc, etc !) : "Avec Lilofee nous avons mené une recherche de plus de 3 ans sur les chansons et ballades européennes (moi comme ethnomusicologue elle comme anthropologue) et nous avons découverts des perles... Et beaucoup de personnages mythologiques, des êtres fantastiques... Tout cela sera chanté bientôt sur scène..."

Rübezahl qui est aussi l'emblème de Lilofee, qui chante des lieder traditionnels... Voilà ce que m'écrit Raphaël Parejo-Coudert (voyageur, musicien, ethnomusicien, photographe, poète , connaisseur des Andes, ancien membre comme moi du Club des Explorateurs, etc, etc !) : "Avec Lilofee nous avons mené une recherche de plus de 3 ans sur les chansons et ballades européennes (moi comme ethnomusicologue elle comme anthropologue) et nous avons découverts des perles... Et beaucoup de personnages mythologiques, des êtres fantastiques... Tout cela sera chanté bientôt sur scène..."

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Grattoir mésolithique, visage énigmatique

7 Octobre 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Racloir mésolithique

Grattoir mésolithique. Ile de France

5cm x 4 cm. Le côté aménagé est à droite.

Collection de Pierre-Olivier Combelles

 

Il y a une quinzaine d'années, j'ai découvert les vestiges d'un camp mésolithique dans un champ d'Ile de France. L'ayant signalé aux Antiquités nationales, une archéologue m'y accompagna un jour pour l'inspecter et l'inventorier. Mais je crois qu'il n'a jamais été fouillé depuis.

J'y suis retourné par une après-midi d'hiver, froide et pluvieuse. Le champ n'avait pas changé; traversé par le même chemin herbu et creusé d'ornières, encadré par les mêmes bois touffus. En marchant sur la terre argileuse, détrempée, couverte de mares d'eau et sillonnée d'empreintes de cerfs, de chevreuils et de sangliers, j'ai retrouvé plusieurs outils de pierre, tous du même silex brun-rouge, inconnu dans les environs. Ce sont en général des grattoirs, faits à partir d'éclats et retouchés de très fines dentelures du côté arrondi, qui servaient sans doute à préparer les peaux pour faire des vêtements.

En ramassant ces objets, je pensais à ceux qui les avaient fabriqués et s'en étaient servi, il y a plus de 12000 ans.

Le camp se trouvait peut-être dans une clairière au milieu de la forêt (ils ne pratiquaient pas encore l'agriculture) peuplée sans doute de chênes, de frênes, de charmes et de hêtres séculaires, énormes, de bouleaux et de noisetiers. Ces hommes vivaient de la chasse, de la pêche et de la cueillette.

En ce temps-là:

pas de maisons chaudes et confortables

pas d'autos ni d'avions

pas de routes, de villes ni même de villages

pas de champs cultivés ni de pâturages remplis d'animaux; vaches, chevaux, cochons, moutons

pas de journaux, pas de télévision, pas d'ordinateurs

pas d'écriture: la parole, la musique, la peinture, la sculpture y suppléaient avec la mémoire prodigieuse des peuples de culture orale

pas de montres ni d'horloges: ils vivaient à l'heure du soleil

pas d'eau incolore au robinet ou dans la bouteille de plastique pour boire: l'eau vive et ambrée des sources et des cours d'eau

pas de magasins ni de supermarchés où acheter la nourriture venant de régions ou de pays lointains: la chasse, la pêche, la cueillette

pas de bruits de moteurs, de radios, de musiques diffusées par hauts-parleurs: le silence et les bruits de la nature

pas d'électricité, pas de lumières artificielles pour cacher, la nuit, le ciel noir rempli d'étoiles et la Lune...

C'est comme cela que vivaient les hommes depuis toujours, depuis la création du monde.

Les livres des préhistoriens, André Leroi-Gourhan par exemple, essaient d'expliquer le mode de vie, la culture et la pensée des hommes de la Préhistoire, mais ils sont décevants.

C'est comme si un homme aveugle et ignorant essayait de nous décrire le Louvre.

Si lointains et si proches, si mystérieux, les chasseurs mésolithiques, mes ancêtres par le sang.

 

Un silex taillé dans ma main, je m'interrogeais donc:

 

Comment étaient ces hommes: grands ou petits, bruns ou blonds, aux yeux bleus ou marrons ? 

Comment s'appelait leur peuple ?

Quels étaient leurs noms ?

Quelle langue parlaient-ils?

Quel était leur caractère et quels étaient leurs vertus et leurs vices ?

Comment étaient-ils vêtus ?

Comment étaient leurs habitations ?

Comment préparaient-ils leurs aliments ?

Quelles étaient leurs moeurs, leurs coutumes, leur histoire ?

Quelles étaient leurs danses, leurs chants ?

Quelle était leur organisation sociale, politique?

Qui étaient leurs ennemis ?

Quelle était leur religion?

Comment expliquaient-ils la terre, le ciel, le soleil, la lune, les étoiles ?

Voyageaient-ils ? Jusqu'où ? Comment ?

 

Mieux vaut reconnaître que nous ne le savons pas et que nous ne le saurons jamais. Sagesse qui n'est guère compatible avec le souci d'écrire un livre, de soutenir une thèse ou de mener une carrière scientifique ou administrative, qui se nourrissent d'affirmations. Restent le rêve et la poésie, comme ce texte qu'écrivit un jour Thoreau sur la pointe de flèche indienne, qui, intacte, poursuit sa course immuable dans le temps. Ou comme celui de Tacite sur les Fennes, un peuple nomade de l'antique Germanie...

 

Pierre-Olivier Combelles

Rainures verticales d'un abri orné du Mésolithique dans la forêt de Rambouillet. Photo: Pierre-Olivier Combelles

"Si lointains et si proches, si mystérieux, les chasseurs mésolithiques, mes ancêtres par le sang". Rainures verticales d'un abri orné du Mésolithique dans la forêt de Rambouillet. Photo: Pierre-Olivier Combelles (2017)

Enigmatique visage gravé dans un abri orné mésolithique dans la forêt de Rambouillet. 6 courbes gravées symétriques seulement. Figure magique comme celles sur écorce de bouleau des Montagnais-Naskapi du Québec-Labrador, faites elles aussi de quelques courbes symétriques ? Allusion symbolique aux grands félins préhistoriques: Lion des cavernes disparu à la fin du Tardiglaciaire, il y a 10.000 ans, avec le passage de la steppe arbustive à mélèzes, bouleaux et saules, à la sylve caducifoliée, Panthère (Panthera pardus), Lynx des cavernes (Lynx spelaea), Tigre ? Disparus, mais peut-être pas leur souvenir dans la culture des hommes... Photo: Pierre-Olivier Combelles

Enigmatique visage félin gravé dans un abri orné mésolithique dans la forêt de Rambouillet. 6 courbes gravées symétriques seulement. Figure magique comme celles sur écorce de bouleau des Montagnais-Naskapi du Québec-Labrador, faites elles aussi de quelques courbes symétriques ? Ou comme le Taoti'e de la Chine ancienne ? Allusion symbolique aux grands félins préhistoriques: Lion des cavernes disparu à la fin du Tardiglaciaire, il y a 10.000 ans, avec le passage de la steppe arbustive à mélèzes, bouleaux et saules, à la sylve caducifoliée, Panthère (Panthera pardus), Lynx des cavernes (Lynx spelaea), Tigre ? Disparus, mais peut-être pas leur souvenir dans la culture des hommes... Photo: Pierre-Olivier Combelles (2017)

In: Michel Noël, Les Oiseaux d'été - Récit montagnais. Léméac, Ottawa, 1981

In: Michel Noël, Les Oiseaux d'été - Récit montagnais. Léméac, Ottawa, 1981

 

Taoti'e. Bronze. Chine ancienne. Sotheby's.

Taoti'e. Bronze. Chine ancienne. Sotheby's

 

Vase celtique (Musée de Bavay) in : Régine Pernoud, Les Gaulois, Ed. du Seuil (1979)

Vase celtique (Musée de Bavay) in : Régine Pernoud, Les Gaulois, Ed. du Seuil (1979)

Chênes rouvres dans la forêt de Rambouillet (Yvelines) vestige de l'antique Forêt des Carnutes et de la Forêt Hercynienne dont parlait César. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Chênes rouvres dans la forêt de Rambouillet (Yvelines) vestige de l'antique Forêt des Carnutes dont parlait César. Photo: Pierre-Olivier Combelles

 

Le dieu de la forêt est toujours vivant. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

L'Esprit de la forêt est toujours vivant. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

http://pocombelles.over-blog.com/2015/09/les-samoyedes-et-la-nature-kai-donner.html

La tête de flèche indienne

Mars 1859

Le temps détruit vite les œuvres des peintres et des sculpteurs fameux, mais la tête de flèche des Indiens résiste à ses efforts et il faudra que l’éternité vienne à son aide. Ce ne sont pas des os fossilisés, mais plutôt pensées fossilisées, devant lesquelles je songe à l’esprit qui les forma. Je voudrais savoir que je suis constamment sur les traces du gibier humain – que je marche sur la piste de l’esprit – et les souvenirs ne manquent jamais de me remettre sur le bon chemin. En voyant ces signes, je sais que les esprits qui les ont façonnés ne sont pas loin de nous, quelque métamorphose qu’ils aient subie. Labourez, piochez, et jurez que vous ne laisserez pas pierre sur pierre : la flèche indienne n’en sera que mieux préservée car, en retournant une couche, vous enfouissez l’autre plus profondément. La flèche rouille en paix. Son signe est fait pour survivre à tous. Les grandes massues, les haches peuvent se briser, se perdre, mais la tête de flèche peut-être ne cessera de fendre les siècles jusqu’à l’éternité. Elle ne fut conçue que pour une courte envolée : pour ma pensée, elle vole encore à travers les âges, portant le message de la main qui la lança. Des myriades de têtes de flèches dorment sous la croûte de notre planète tourbillonnante, tandis que les météores tournent dans l’espace. Empreintes des pieds, empreintes de l’esprit des plus anciens des hommes. Lorsqu’un chef vandale aura rasé le British Museum, que les taureaux ailés de Ninive auront leurs traits effacés, toutes les têtes de flèches que le musée contient reprendront leur place dans la poussière familière, se remettront à briller en de nouveaux printemps, à la surface nue du sol et, pour la millième fois, un berger, un sauvage passant par là, les ramassera, et évoquera leur histoire.

Henry David Thoreau. Journal. Extraits choisis et traduits par R. Michaud et S. David. Présentation de Kenneth White. Denoël (1930) 1986.

Les Fennes

"...Quant aux Fennes, ils étonnent par leur état sauvage et leur affreuse pauvreté. Chez eux, point d'armes, ni de chevaux, ni de foyer domestique. Ils ont pour nourriture de l'herbe, des peaux pour vêtement, la terre pour lit. Toute leur ressource est dans leurs flèches, qu'ils arment, n'ayant pas de fer, avec des os pointus. La même chasse nourrit également les hommes et les femmes: car celles-ci accompagnent partout leurs maris, et réclament la moitié de la proie. Les enfants n'ont d'autre abri contre la pluie et les bêtes féroces que les branches entrelacées de quelque arbre, où leurs mères les cachent. C'est là que les jeunes gens se rallient, que se retirent les vieillards. Ils trouvent cette condition plus heureuse que de peiner à cultiver les champs, d'élever laborieusement des maisons, d'être occupés sans cesse à trembler pour leur forteresse et à convoiter celle d'autrui. Ne redoutant rien de celle des hommes, ne redoutant rien des dieux, ils sont arrivés à ce point si difficile de n'avoir pas même besoin de former un voeu..."

Tacite, Moeurs des Germains, XLVI, trad. Burnouf.

 

Cet article est la réédition de mon ancien article de janvier 2011, réactualisé: http://pocombelles.over-blog.com/article-le-racloir-mesolithique-65755190.html

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Pierre Palmade: Le Président

6 Octobre 2017 , Rédigé par POC

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¡HAZ ALGO! ¡Vota Nitrofoska !

6 Octobre 2017 , Rédigé par POC

"Asaltando caminos no se gana dinero; mejor robar por lo legal !" (Nitrofoska)

"Asaltando caminos no se gana dinero; mejor robar por lo legal !" (Nitrofoska)

Por fin, por fin, por fin, un Estado de derecho en el que todas y cada una de las criaturas del cosmos se veran representadas.


 ¡Basta ya de humanos ineptos !


 ¡Votar Nitrofoska !


 ¡Maquinas politicas de confianza !


 ¡Androides con fundamento !

¡HAZ ALGO! ¡Vota Nitrofoska !
¡HAZ ALGO! ¡Vota Nitrofoska !
¡HAZ ALGO! ¡Vota Nitrofoska !
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"Les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien"

6 Octobre 2017 , Rédigé par Béthune

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

" Des gens qui réussissent, et des gens qui ne sont rien." 


Emmanuel Macron, Président de la République française. 
29 juin 2017, inaugurant la Station F à Paris, décrite comme le plus grand incubateur de start-up.

https://francais.rt.com/france/40450-gens-qui-reussissent-ceux-qui-ne-sont-rien-phrase-macron-suscite-indignation

En affirmant haut et clair, et avec mépris et suffisance, que la Société est divisée en deux catégories: "Des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien" (le mot "réussir" étant pris dans le seul sens incroyablement réducteur de pouvoir et de richesse matérielle), le Président Macron montre une fois de plus qu'il ne représente que la Ploutocratie, qui l'a choisi et élu, pas le Peuple français, qui ne l'a ni choisi ni élu.

Il est clair, et ses paroles le montrent avec force, que les ennemis de la Ploutocratie, c'est le Peuple et la Nature, qu'elle veut réduire tous deux en esclavage en essayant de détruire ce qu'ils ont de naturel en eux .

La Ploutocratie est une tyrannie. Ses "valeurs" (si on peut appeler cela des valeurs) ne sont que celles du Marché, de la Compétition, de l'Egoïsme et du Profit personnels et du Mensonge. C'est réellement une tyrannie satanique qui cherche à transformer le monde en enfer.

Akira Miyawaki & Elgene O. Box: The Healing Power - The Philosophy behind Restoring Earth's Balance with Native Trees. Kosei Publishing C°, Tokyo, 2006.

Akira Miyawaki & Elgene O. Box: The Healing Power - The Philosophy behind Restoring Earth's Balance with Native Trees. Kosei Publishing C°, Tokyo, 2006.

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"L'idée de vertu des Princes" (Louis XIV)

6 Octobre 2017 , Rédigé par Béthune

Louis-XIV-par-Coysevox-Choeur-ND-de-Paris.jpg

Le grand roi Louis XIV soumis au Christ
Marbre sculpté par Coysevox au soir de sa vie
Choeur de Notre-Dame de Paris
(extrait de: Pierre du Colombier: Notre-Dame de Paris, mémorial de la France. Plon, Paris, 1966)

 

" Les Princes, en qui l’éclat de leur naissance et l’honnêteté de leur éducation ne produit d’ordinaire que des sentiments nobles et généreux, ne peuvent laisser tellement altérer ces bons principes qu’il n’en demeure toujours quelque impression dans leur esprit. Cette idée de vertu, quelque effacée qu’elle puisse être par la corruption du temps, donne pourtant toujours aux plus mauvais une espèce de répugnance pour le vice. Leurs cœurs, formés de bonne heure aux lois de l’honneur, s’en font une si forte habitude qu’ils ont peine de la corrompre entièrement, et le désir de la gloire qui les anime les a fait passer en beaucoup de choses par-dessus le penchant de leur intérêt ".

Louis XIV, Mémoires 

Choeur-ND-de-Paris.jpg
Choeur de Notre-Dame de Paris
A gauche, Louis XIV par Coysevox. A droite, on devine la statue de Louis XIII. 
Derrière le maître-autel, la Pieta de Nicolas Coustou, mise en place en 1714-1715.
Pierre du Colombier: Notre-Dame de Paris, mémorial de la France
Plon, Paris, 1966

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Gloriosa victoria (Diego Rivera, 1954)

6 Octobre 2017 , Rédigé par POC

Gloriosa victoria (Diego Rivera, 1954)
Gloriosa victoria (Diego Rivera, 1954)

"Gloriosa victoria dépeint l'invasion sanglante suivie du coup d'état au Guatemala — l'opération PBSUCCESS — orchestrée secrètement par la Central Intelligence Agency (CIA), qui a conduit à la chute du gouvernement réformiste de Jacobo Arbenz (1951-1954) et mené à l'élection de Carlos Castillo Armas comme président.

Au centre du tableau, le secrétaire d'État John Foster Dulles serrant la main de Carlos Castillo Armas. Le frère de John Dulles et directeur de la CIA, Allen Dulles, et l'ambassadeur américain au Guatemala, John Peurifoy, donnent de l'argent aux officiers de l'armée guatémaltèque, tandis que les indigènes travaillent comme esclaves pour remplir les cales des navires de l'United Fruit Company (UFCO) de bananes. Aux pieds de l'ambassadeur, une bombe anthropomorphe présente le visage souriant du président américain Dwight Eisenhower tandis qu'à ses côtés se tiennent les colonels Elfego Monzón (en) et José Trinidad Oliva. Au fond de la toile, l'archevêque Rossell y Arellano bénit les officiels ainsi que les cadavres des travailleurs qu'ils ont massacrés.

Vers l'arrière, vêtue d'une chemise rouge, la peintre guatémaltèque Rina Lazo (en), l'élève préféré de Rivera, se tient, confuse, au milieu d'autres spectateurs de la scène et devant des opposants emprisonnés.

Le tableau est signé et daté avec l'inscription « 7 novembre 1954. Diego Rivera. Avec la collaboration de Rina Lazo (en) et Ana Teresa »."

Source: https://fr.wikipedia.org/wiki/Gloriosa_victoria

Gracias a mi amigo el cultissimo Renaud Bouchard

POC

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Bon appétit, madame la sauterelle !

5 Octobre 2017 , Rédigé par POC

Leptophyes punctatissima femelle (Phaneropterinae) sur une feuille de Canna edulis. Photo: Pierre-Olivier Combelles (2017)

Leptophyes punctatissima femelle (Phaneropterinae) sur une feuille de Canna edulis. Photo: Pierre-Olivier Combelles (2017)

J'ai trouvé cette belle Sauterelle verte dans mon jardin. Une Leptophyes punctatissima femelle. Pour mieux l'observer et la photographier, je l'ai posée sur une feuille de Canna edulis que je cultive. Au bout d'un moment, la dame affamée s'est mise à dévorer la feuille avec ses mandibules, d'un mouvement de va-et-vient latéral. La feuille de ma chère plante* disparaissant à une allure incroyable, la séance photo terminée, j'ai pris délicatement la belle entre mes doigts et je l'ai transportée sur la haie à l'autre bout du jardin. Elle avait certainement deviné mes intentions: voyez comme elle me regarde avec suspicion de ses petits yeux foncés !

Pierre-Olivier Combelles

* Espèce originaire des Andes, aux belles et grandes fleurs rouges ou oranges, domestiquée depuis des millénaires par les peuples précolombiens, et où elle est alimentaire (on consomme les rhizomes bouillis) et non pas simplement -j'allais dire bêtement - ornementale comme en Occident.

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Vitam impendere amori (Guillaume Apollinaire, Alcools)

5 Octobre 2017 , Rédigé par POC

Flambé. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Flambé. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Vitam impendere amori

("consacrer sa vie à l'amour")

 

 

L'amour est mort entre tes bras

Te souviens-tu de sa rencontre

Il est mort tu la referas

Il s'en revient à ta rencontre

 

Encore un printemps de passé

Je songe à ce qu'il eut de tendre

Adieu saison qui finissez

Vous nous reviendrez aussi tendre

 

Dans le crépuscule fané

Où plusieurs amours se bousculent

Ton souvenir gît enchaîné

Loin de nos ombres qui reculent

 

Ô mains qu'enchaîne la mémoire

Et brûlantes comme un bûcher

Où le dernier des phénix noire

Perfection vient se jucher

 

La chaîne s'use maille à maille

Ton souvenir riant de nous

S'enfuir l'entends-tu qui nous raille

Et je retombe à tes genoux

 

 

Tu n'as pas surpris mon secret

Déjà le cortège s'avance

Mais il nous reste le regret

De n'être pas de connivence

 

La rose flotte au fil de l'eau

Les masques ont passé par bandes

Il tremble en moi comme un grelot

Ce lourd secret que tu quémandes

 

Le soir tombe et dans le jardin

Elles racontent des histoires

À la nuit qui non sans dédain

Répand leurs chevelures noires

 

Petits enfants petits enfants

Vos ailes se sont envolées

Mais rose toi qui te défends

Perds tes odeurs inégalées

 

Car voici l’heure du larcin

De plumes de fleurs et de tresses

Cueillez le jet d’eau du bassin

Dont les roses sont les maîtresses

 

Tu descendais dans l'eau si claire

Je me noyais dans ton regard

Le soldat passe elle se penche

Se détourne et casse une branche

 

Tu flottes sur l'onde nocturne

La flamme est mon cœur renversé

Couleur de l'écaille du peigne

Que reflète l'eau qui te baigne

 

Ô ma jeunesse abandonnée

Comme une guirlande fanée

Voici que s’en vient la saison

Et des dédains et du soupçon

 

Le paysage est fait de toiles

Il coule un faux fleuve de sang

Et sous l’arbre fleuri d’étoiles

Un clown est l’unique passant

 

Un froid rayon poudroie et joue

Sur les décors et sur ta joue

Un coup de revolver un cri

Dans l’ombre un portrait a souri

 

La vitre du cadre est brisée

Un air qu’on ne peut définir

Hésite entre son et pensée

Entre avenir et souvenir

 

Ô ma jeunesse abandonnée

Comme une guirlande fanée

Voici que s’en vient la saison

Des regrets et de la raison.

 

 

Guillaume Apollinaire, Alcools (1917)

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