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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Les poissons irradiés par Fukushima dans le Pacifique nord sur le marché français ?

18 Novembre 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Les poissons irradiés par Fukushima dans le Pacifique nord sur le marché français ?

Depuis un certain temps on voit arriver au rayon pois(s)onnerie des magasins de la grande distribution française et en grandes quantités, de la morue séchée et salée  du Pacifique à 8 euros le kg et surtout du saumon sauvage du Pacifique nord à dix euros le kg environ, ce qui est un prix anormalement bas pour un poisson de cette classe. 

Y a-t-il un rapport avec Fukushima ? Quand on suit l'évolution de la contamination de la centrale nucléaire japonaise, dont le césium s'échappe toujours dans la mer, on voit que les courants conduisent cette contamination radio-active directement sur les côtes d'Amérique du nord, depuis l'Alaska jusqu'à la Californie  et même plus bas, en passant par la Colombie britannique.

Si les consommateurs étatsuniens et canadiens ne veulent plus du pois(s)on et des produits de la Côte Pacifique, la tentation n'est-elle pas grande de les vendre sur le marché européen où la plupart des acheteurs sont ignorants de la situation ?

http://ci.radio-canada.ca/nouvelle/1014570/fukushima-saumons-irradies-colombie-britannique-pacifique-nucleaire-poissons-contamine-sante-canada

http://www.mirror.co.uk/news/world-news/radioactive-fish-contaminated-fukushima-nuclear-9427679

https://www.globalresearch.ca/28-signs-that-the-west-coast-is-being-absolutely-fried-with-nuclear-radiation-from-fukushima/5355280

et déjà en 2011, sur le site Fukushima-blog de Pierre Fetet:

http://www.fukushima-blog.com/article-dispersion-de-la-radioactivite-dans-les-oceans-72762584.html

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Un nouvel accident nucléaire en Europe ? (Pierre Fetet / Fukushima-blog)

18 Novembre 2017 , Rédigé par POC

Sites nucléaires de l'oural

Alors qu’en France, on persiste joyeusement à tout miser sur le nucléaire – enterrement par le gouvernement de l’objectif de 50 % de nucléaire à l’horizon 2025, mise en service de l’EPR en 2018 en fermant les yeux sur sa cuve défectueuse, mise en service d’un nouveau réacteur de recherche en 2019, poursuite de la création de la poubelle nucléaire à Bure – un accident nucléaire a failli passer inaperçu en Europe. Il s’est produit, selon l’IRSN, entre l’Oural et la Volga, c’est-à-dire très vraisemblablement en Russie.

Illustration ci-dessus : sites nucléaires russes du sud de l'Oural.

Dans cet article, j’ai choisi le térabecquerel comme unité de mesure des pollutions radioactives. 1 térabecquerel correspond à 1012 becquerels, soit 1000 milliards de becquerels.

 

Le sud de l’Oural, c’est un peu comme notre vallée du Rhône, il y a comme une concentration de sites nucléaires. En Russie, la plupart de ces installations sont situées dans des villes fermées dont les créations, qui remontent au temps de l’Union Soviétique, étaient liées à la fabrication d’armes atomiques. Donc pas étonnant, vu leur âge, que ça pète ou que ça fuie de temps en temps. On comprend aussi pourquoi la Russie actuelle ne peut pas reconnaître un accident nucléaire sur un site secret défense. Tchernobyl, ce n’était pas pareil, c’était une centrale nucléaire de production d’électricité et tout le monde avait été copieusement arrosé au césium-strontium-plutonium-etc., alors au bout de quelques jours, ce n’était pas possible de nier que c’était grave. En revanche, les accidents nucléaires sur des sites secrets, ça doit rester confidentiel. Par exemple, dans le passé, on a appris officiellement mais très tardivement – 33 ans plus tard ! – qu’un très grave accident nucléaire s’était produit en septembre 1957 (tiens tiens, il y a juste 60 ans, radieux anniversaire !) sur le site de Mayak. C’est encore très radioactif là-bas, c’était un accident de niveau 6 sur l’échelle INES qui en compte 7. C’était à Kychtym, dans l'oblast de Tcheliabinsk.

Justement, cet oblast et son voisin Sverdlovsk sont des bons candidats pour avoir été à nouveau victimes d’un accident nucléaire au cours de la dernière semaine du mois de septembre 2017. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est la carte que vient de diffuser l’IRSN et qui pointe la région sud de l’Oural comme la très probable origine de la contamination radioactive au ruthénium-106 que vient de subir l’Europe, dont la France. 

Carte représentant la plausibilité de l’origine du rejet (source : IRSN)

Carte représentant la plausibilité de l’origine du rejet (source : IRSN)

Lisez la suite de l'article ici: http://www.fukushima-blog.com/2017/11/nouvel-accident-nucleaire-en-europe.html

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Hommage au Sultan Saladin (2)

18 Novembre 2017 , Rédigé par Béthune

 

683px-Saladin, Jerusalem

Statue de Saladin, devant la citadelle ou Tour de David, à Jérusalem

 

"Son chevaleresque adversaire [de Richard Coeur de Lion], le sultan Saladin, qui unissait, lui aussi, à, la gloire des armes le mérite d'avoir (et depuis longtemps) favorisé cette détente, avait dû se contenter également d'un demi-succès. Sans doute jouissait-il dans tout le monde islamique du prestige incomparable que lui avait valu la reconquête de Jérusalem, mais après avoir, dans la journée du Hattîn, touché de si près à la victoire totale, il avait connu les jours sombres d'Acre et de Jaffa et, tout en conservant à l'Islam la mosquée d'Omar, dû rétrocéder aux chrétiens la côte palestinienne. Il est vrai aussi que sa générosité, son humanité profonde, sa pitié musulmane sans fanatisme, cette fleur de libéralisme et de courtoisie qui ont émerveillé nos vieux chroniqueurs, ne lui valent pas dans la Syrie franque une moindre popularité qu'en terre d'Islam. En le fréquentant dans les circonstances les plus tragiques où l'homme se montre tout entier, les Francs avaient appris que la civilisation musulmane peut, elle aussi, produire des types d'humanité vraiment supérieurs, de même que les musulmans, un peu plus tard, devaient avoir une révélation analogue de la civilisation chrétienne en fréquentant saint Louis.

Mais tant de travaux et d'angoisse avaient épuisé le grand sultan. Il avait rêvé de profiter de la paix pour aller visiter sa belle terre d'Egypte qu'il n'avait pas revue depuis bien des années, surtout pour aller remercier Dieu au pélerinage de la Mecque.  Il n'en eut pas le temps. Dans la nuit du 3 au 4 mars 1193 il mourut dans cette ville de Damas qu'il avait tant aimée et où se dresse aujourd'hui encore, grandiose et simple comme la foi musulmane elle-même, son tombeau."

 

"Si grande était l'admiration des Musulmans pour l'extraordinaire bravoure du grand Plantagenêt qu'en pleine bataille Mélik el-Adil, le voyant combattre sur un médiocre cheval déjà fourbu, lui avait envoyé un nouveau coursier. Fendant la foule des combattants, on avait vu arriver au galop et s'arrêter devant Richard un mamelouk conduisant deux magnifiques chevaux arabes, "car il n'était pas convenable au roi de combattre à pied". Quelques jours après la bataille, le roi étant tombé malade à Jaffa, Saladin lui envoya une fois encore des pêches et des sorbets à la neige de l'Hermon."

 

" Il y avait à Jérusalem deux vieillards francs, deux centenaires, qui avaient vu Godefroi de Bouillon. Saladin, ému de pitié, ordonna qu'on leur laissât finir leurs jours en paix et pourvut à leur entretien. Nous avons vu qu'il fit reconduire par une escorte d'honneur jusqu'à la côte les princesses Sybille de Jérusalem, Marie Comnène et Etiennette d'Outre-Jourdain. Envers les simples dames nobles il ne montra pas moins de courtoisie. une délégation de celles qui avaient perdu les leurs à la guerre était venue le trouver. "Quand il les vit, ils demanda qui elles étaient, et on lui dit que c'étaient les femmes et les filles des chevaliers qui avaient été tués ou pris en la bataille; et il demanda ce qu'elles voulaient; elles lui dirent que, pour Dieu, il eût pitié d'elles qui avaient perdu leurs barons morts ou en prison et leurs terres perdues, et qu'il leur donnât aide et conseil. Quand Saladin les vit pleurer, il en eut grand-pitié et leur dit de s'enquérir pour savoir si leurs seigneurs étaient vivants, et qu'autant qu'il en aurait en prison, il les ferait délivrer, et furent en effet délivrés ceux que l'on trouva. Après, il commanda que l'on donnât largement du sien aux dames et aux demoiselles qui étaient devenues veuves ou orphelines. On leur en donna tant qu'elles se louèrent à Dieu et au monde du bien que Saladin leur avait fait."

 

René Grousset, de l'Académie française: "L'épopée des croisades". Librairie Académique Perrin, Paris, 1939/1968

 

Ce n'est pas une surprise si le vice-président de Réseau Voltaire est un descendant de Saladin, l'émir Issa el-Ayoubi: link . Longue vie à lui. POC

 

(réédition de l'article du 6 Janvier 2011: http://pocombelles.over-blog.com/article-hommage-64410717.html )

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La Suisse en route vers le Meilleur des Mondes (Klaus J. Stöhlker, Horizons et Débats)

18 Novembre 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

La Suisse produit de jeunes robots économiques ne comprenant rien à notre monde complexe
par Klaus J. Stöhlker*

La voie vers l’esclavage numérique est tracée. Les employés et les conseillers de banques sont guidés et contrôlés à l’aide de la numérisation. Ils doivent répondre aux normes de rendement pour trouver un emploi. Celui ne présentant pas l’apparence de tout le monde, mince et agile, passe facilement pour un marginal, car difficilement contrôlable. N’avons-nous pas déjà lu cela chez les grands écrivains et futurologues du XXe siècle?
La Suisse, un pays progressiste avec un des plus hauts scores dans le classement du Forum économique mondial (WEF), produit déjà maintenant une population adaptée aux nouvelles normes du monde. Officiellement, le peuple suisse n’existe plus, mais seulement une population bigarrée. Donc, on n’enseigne plus guère l’histoire suisse, on préfère l’histoire européenne mondiale. 
Quiconque veut l’égalité de tout le monde, détruit la liberté des individus. Donc, se forme maintenant un capitalisme fliqué («Surveillance Capitalism») exigeant la surveillance commerciale de tout le monde, afin qu’une mince élite puisse garder le contrôle sur 8 à 10 milliards de personnes. Nous avons  à faire à quatre puissances mondiales ayant élaboré de tels systèmes: les Etats-Unis, la Russie, la Chine et Israël, le dernier étant plutôt une dépendance des Etats-Unis. 
La Suisse a compris les signes des temps. Elle globalise son économie, réduit le pouvoir des politiciens et de leurs partis, optimise les deux Ecoles polytechniques fédérales de Zurich et de Lausanne et crée une mélange de population globalisée disposant d’un niveau de formation contrôlable à tout moment, suffisant à toutes les exigences de la Silicon Valley et répondant aux besoins sécuritaires à l’intérieur du pays.
Quiconque veut connaître notre avenir devrait analyser de près la formation scolaire de ses enfants et petits-enfants. Dans cet enseignement règne aujourd’hui le principe de tolérance zéro. Un élève se comportant mal ou se rendant coupable d’une infraction grave aux règlements – selon l’avis de la direction de l’école obligée à suivre le Plan d’études 21 («Lehrplan 21») – est immédiatement puni. Si l’enfant n’avoue pas l’infraction, il sera transféré au centre psychiatrique pour enfants et adolescents. Il n’y a plus de discussions ou d’analyses, l’infraction est forcément suivie par des conséquences. Georges Orwell ne l’aurait mieux décrit.
L’objectif est d’avoir à disposition de l’économie des employés attentifs, disposant de compétences sociales, respectueux de l’environnement et de la diversité des genres, autonomes et prêts à apprendre une vie durant. La superstructure pédagogique nécessaire pour chose pareille – attribuée aux administrations scolaires cantonales – a été construite au cours des 20 dernières années. Le but est de créer une société idéale, où l’être humain agit par motivation intrinsèque et de manière autonome – bien sûr dans le cadre strict des normes obligatoires. La sœur de la superstructure pédagogique est la tristement célèbre APEA, l’Autorité de protection de l’enfant et de l’adulte, qui ôte aux familles le droit de s’occuper de leurs enfants et de leurs proches et de disposer librement du patrimoine familial.
Tacitement, la Suisse a ainsi déjà entièrement rejoint l’antichambre de l’Etat policier. Le premier palier est le jardin d’enfants et l’école primaire, sous forme de maisons de l’apprentissage, où les enfants doivent développer de manière disciplinée les capacités nécessaires faisant d’eux le nouvel être humain suisse. La professionnalisation de l’éducation des petits enfants sert à empêcher tout attachement problématique ou appui insuffisant. Il en sort un être humain s’intégrant parfaitement dans l’ère numérique. Dans ce monde discret, il n’y a plus d’enseignants, mais de plus en plus d’accompagnateurs, de «coaches». Ils se comportent en conseillers des élèves. L’élève internalise la responsabilité pour son apprentissage.
Allan Guggenbühl a écrit dans «Total Data – Total Control» que «le groupe effectue inconsciemment la mainmise sur l’individu». Cet ouvrage est édité par Konrad Hummler et Fabian Schönenberger, partenaires de M1 SA, une entreprise de Suisse orientale, en collaboration avec la Progress Foundation libérale, et paru aux Editons NZZ Libro.
Ce qui se passe dans le domaine de la formation étatique en Suisse est un vrai scandale. L’adaptation des jeunes gens au monde informatique californien mène à des élèves et des étudiants dont le niveau de connaissances n’arrête pas de baisser, dont la capacité à soigner leur expression orale et écrite diminue de manière dramatique et dont la culture générale s’amenuise d’année en année. Ils acquièrent des compétences, mais de moins et moins des capacités. Nous, les personnes plus âgées, ayant été formées selon les principes de la liberté prônés par Jean-Jacques Rousseau, Johann Heinrich Pestalozzi, Paul Geheeb, Wilhelm von Humboldt et Ivan Illich, nous sommes interloqués par cette nouvelle génération de zombies de la technologie informatique qui ne comprennent plus rien au monde réel et complexe dans lequel ils grandissent.
On sélectionne des individus curieux et prêts à s’adapter au système. Quiconque ne correspond pas à ce profil doit hériter, épouser ou se faire lui-même beaucoup d’argent pour pouvoir se placer en dehors de ce système. Evidemment, ce n’est qu’une petite minorité qui réussit à le faire. Car il est rare de constater une coïncidence entre beaucoup de «free cashflow» et une grande intelligence. Un élément à lui seul ne suffit pas.
Depuis longtemps déjà, on traite le THADA, donc le déficit d’attention, avec de la Ritaline. Toute personne ne pouvant se concentrer, ayant une tendance aux crises de colère, étant sensible aux changements de temps ou soumis à des écarts de conduite est contenue chimiquement. Toute personne à qui cela déplait ou souhaitant prendre congé d’avec une telle société, peut procéder au suicide toléré par l’Etat et administré médicalement, même sans être sérieusement malade. 
Pour les personnes se trouvant déjà dans le processus de travail, il reste très peu d’échappatoires en dehors de l’économie de consommation. Il y a toutefois encore les vallées alpines éloignées telle la Mesolcina/Misox aux Grisons ou la Vallée de Conches en Valais.     •

*    Klaus J. Stöhlker est conseiller d’entreprises et de relations publiques à Zollikon/ZH

Source: https://insideparadeplatz.ch  du 24/10/17

(Traduction Horizons et débats)

http://www.zeit-fragen.ch/fr/numbers/2017/no-2714-november-2017/switzerland-is-breeding-young-it-zombies-who-do-not-understand-our-complex-world.html

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Inondations: Auffargis à la pompe !

11 Novembre 2017 , Rédigé par POC

L'entrée du château d'Auffargis (Yvelines), route des Vaux de Cernay, lors de l'inondation du 31 mai 2016. Le ru des Vaux de Cernay, derrière, avait débordé. Photo: Pierre-Olivier Combelles

L'entrée du château d'Auffargis (Yvelines), route des Vaux de Cernay, lors de l'inondation du 31 mai 2016. Le ru des Vaux de Cernay, derrière, avait débordé. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Le même endroit en novembre 2017, après le réaménagement du rond-point par la Mairie. Une magnifique pompe à main trône au milieu. Fonctionnelle ou décorative ? Attendons la suite des événements pour le savoir... Photo: Pierre-Olivier Combelles

Le même endroit en novembre 2017, après le réaménagement du rond-point par la Mairie. Une magnifique pompe à main trône au milieu. Fonctionnelle ou décorative ? Attendons la suite des événements pour le savoir... Photo: Pierre-Olivier Combelles

La solution était aussi simple que géniale: à la prochaine inondation, les habitants d'Auffargis pomperont, pomperont !

Nul ne sait s'ils vont devoir pomper préventivement, c'est à dire régulièrement, avant qu'une inondation arrive (ce qui serait plus sage)  ou lorsque la prochaine inondation sera là ... 

Car comme pour les Shadoks, c'est un principe de base qu'"il vaut mieux pomper d'arrache-pied même s'il ne se passe rien plutôt que de risquer qu'il se passe quelque chose de pire en ne pompant pas."

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Anthropocène

11 Novembre 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

La gare de Rambouillet au soleil couchant, le ciel zébré de traînées d'avions. Photo: Pierre-Olivier Combelles

La gare de Rambouillet au soleil couchant, le ciel zébré de traînées d'avions. Photo: Pierre-Olivier Combelles

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Un trésor à vos pieds

10 Novembre 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

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Une rencontre avec François Mayu

9 Novembre 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Une rencontre avec François Mayu
Une rencontre avec François Mayu
Une rencontre avec François Mayu
Les Trois du Poteau d'Ailles. Sculpture à la mémoire de trois soldats français dont François Mayu a retrouvé les restes et une plaque avec un numéro qui a permis de les identifier. Ils avaient été portés disparus. Une cérémonie d'inhumation a eu lieu plus tard, sur place.

Les Trois du Poteau d'Ailles. Sculpture à la mémoire de trois soldats français dont François Mayu a retrouvé les restes et une plaque avec un numéro qui a permis de les identifier. Ils avaient été portés disparus. Une cérémonie d'inhumation a eu lieu plus tard, sur place.

Une rencontre avec François Mayu

J'ai rencontré François Mayu un lumineux dimanche matin d'octobre, à Auffargis, le village où j'habite dans la forêt de Rambouillet. Je revenais de la boulangerie à vélo, mes baguettes sous le bras pour le petit-déjeuner, lorsque j'ai fait un crochet pour laisser un message au Manoir des Arts, à côté de l'église. Je suis entré das la salle d'exposition. J'étais le seul visiteur. Deux personnes dans une pièce derrière, un homme et une femme. C'est là que j'ai fait la connaissance de François Mayu, qui exposait ses étranges sculptures de métal rouillé. Je les avais aperçues quelques semaines auparavant, mais je n'y avais pas fait très attention. 

"Le hasard est un des noms innombrables de Celui qui n'a qu'un nom". Cette phrase de René Barjavel, que m'avait apprise une visitrice des hôpitaux, résonnait encore dans mon esprit.

http://pocombelles.over-blog.com/2017/10/le-hasard.html

Quelques jours auparavant, en effet, je m'étais retrouvé dans un hopital de la région parisienne à la suite d'un AVC transitoire, totalement imprévu, qui heureusement n'avait laissé ni trace ni séquelle, mais m'avait montré le mince fil qui nous sépare, nous vivants, de la mort.

François Mayu était là. Je lui ai posé des questions sur ses sculptures. Il m'a répondu et de fil en aiguille, il m'a raconté toute leur histoire et nous nous sommes embarqués dans une conversation qui a bien duré deux heures. Entre temps, j'étais allé chercher mon appareil photo à la maison pour prendre quelques images que vous voyez ici. 

Il m'a raconté que depuis des années, il avait abandonné son métier dans une agence de communication pour se consacrer uniquement à recueillir, au Chemin des Dames, des morceaux d'éclats d'obus et de schrapnels de la première Guerre mondiale, pour les assembler ensuite chez lui sous forme de sculptures. Il y va chaque année. Il connaît la région par coeur, et tout le monde. Il parcourt systématiquement les champs et les bois, ramassant les éclats qu'il met dans sa besace qui finit par peser des dizaines de kilos à la fin de la journée. Son regard est devenu un regard d'aigle, de buse, de héron. Rien ne lui échappe. Et son coeur s'imprègne de l'histoire de tous ces hommes, de ces soldats français et allemands qui se sont battus là, ont vécu, ont souffert, sont morts ou ont survécu. 

Dans son atelier, à Paris, il nettoie, découpe, assemble, soude les morceaux pour en faire ces étranges compositions qui ressemblent à des colonnes vertébrales, à des squelettes. Ce sont plus que des sculptures, ce sont des mémoriaux.

Mille images et souvenirs me revenaient à la mémoire en conversant avec lui: Théodore Monod, le grand naturaliste et spécialiste du désert, mon voisin dans les années 1990 au Laboratoire d'Ethnobiologie du Muséum d'Histoire naturelle, rue Cuvier, qui arpentait le Sahara à la recherche de fossiles d'animaux disparus, d'outils préhistoriques, de météorites. 

Me revenaient à l'esprit mes pérégrinations dans les Hautes Andes où j'apportais, comme des milliers de voyageurs avant moi depuis des milliers d'années, mes offrandes; pierre, feuilles de coca et prières aux apachetas, cairns votifs sur les cols, entre 4000 et 5000 m d'altitude. 

https://www.siteany78.org/spip.php?article555

Je me souvenais des silex taillés du Mésolithique, petits, rougeâtres, aux délicates ciselures, trouvés après la pluie dans les champs des clairières de la forêt de Rambouillet; les pointes de flèches d'obsidienne, noires, fascinantes, que je trouvais par terre dans la vallée de notre domaine "Pitunilla" d'Ayacucho, dans les Andes péruviennes.

http://pocombelles.over-blog.com/2017/10/grattoir-mesolithique-visage-enigmatique.html

Je me souvenais des incroyables gisements d'outillage de pierre taillée et d'ossements d'animaux, certains d'espèces disparues, au pied des pitons rocheux de la pampa de Junin, dans les Andes centrales du Pérou, à plus de 4000 m d'altitude, lorsque je faisais mes recherches sur la maca sauvage. Et de cette empreinte de fougère du Carbonifère, vieille de 350 millions d'années,  trouvée un jour sur le sol de la puna, en marchant.

http://www.thefossilforum.com/index.php?/topic/72054-fossil-fern-in-the-high-andes-of-peru/

Chaque fois mon coeur vibrait, j'entrais comme avec une clé magique dans une époque et un monde secrets, révolus, mais qui se mettaient à exister à nouveau pour moi.

Je me souvenais des gravures mystérieuses des grottes mésolithiques dans la forêt de Rambouillet, où ma main et mes doigts dans les rainures et les cupules essayaient de découvrir le coeur des hommes, mes très lointains ancêtres, qui avaient fait cela...

http://pocombelles.over-blog.com/2017/10/samain-31-octobre.html

J'essayais de me souvenir ou de réfléchir à ce que signifiait la guerre de 1914-18 pour moi. Quelques connaissances et images d'histoire. Je n'ai pas connu mon arrière grand-père et mon grand-père maternels qui s'y sont battus et y ont été blessés. Croix de guerre tous les deux. Une lettre ou deux de mon arrière grand-père, le Cdt Emile Steinmetz, écrite du front, sans noms de lieux comme c'est le réglement, trouvées en explorant le grenier de la maison de famille quand j'étais enfant. Le sabre de mon arrière grand-père, dont j'ai hérité, et que j'entretiens scrupuleusement.

Notre conversation, qui a bien duré deux heures, et au cours de laquelle personne n'est venu nous déranger, était devenue fascinante.

J'étais profondément ému par cet homme qui chaque année, revient en pèlerinage au Chemin des Dames, inlassablement, pour parcourir les champs, recueillir ces fragments de métal mortels, parfois des bombes, parfois des ossements humains, et partager, et faire partager les peines et le sacrifice de ces hommes inconnus et transfigurer cela dans ses étranges sculptures de métal oxydé. Des oeuvres religieuses, assurément.

Pierre-Olivier Combelles (novembre 2017)

Photos de l'auteur.

Site internet de François Mayu: http://www.francoismayu.com/

Manoir des Arts d'Auffargis: http://www.manoirdesarts.fr/

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Des écrivains et des mantes religieuses

8 Novembre 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Saint-John Perse avec une mante religieuse

Saint-John Perse avec une mante religieuse

A présent laissez-moi, je vais seul
Je sortirai, car j'ai affaire: un insecte m'attend pour traiter. Je me fais joie
du gros oeil à facettes: anguleux, imprévu, comme le fruit du cyprès.
Ou bien j'ai une alliance avec les pierres veinées-bleu: et vous me laissez également,
assis, dans l'amitié de mes genoux.

Saint-John Perse, Eloges, Pour fêter une enfance (1908)

                                                    

Ernst Jünger observant une Empuse (sorte de mante religieuse)

Ernst Jünger observant une Empuse (sorte de mante religieuse)

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Kintsugi

7 Novembre 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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