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Rouge et Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

L'exemple islandais (Bruno Bandulet / Horizons & Débats)

27 Novembre 2011 , Rédigé par Béthune

 

 

 

"Comment un petit pays situé au bord du cercle polaire arctique a tenu tête à l’UE et n’a pas pris de gants avec les banques
Depuis la Foire du Livre de Francfort de cette année, nous savons que les Islandais adorent raconter des histoires. J’en connais une et, qui plus est, une vraie: Il y avait une fois – il y a trois ans – un pays dont les banques avaient tellement spéculé et fait de dettes qu’elles étaient au bord de la faillite. Alors le gouvernement les laissa faire faillite et les nationalisa afin de maintenir les opérations de paiement (contrairement à l’UE, où on les a sauvées avec l’argent des contribuables.)
Les gouvernements de Londres et de La Haye furent très fâchés et exigèrent que les contribuables du petit pays paient les dettes étrangères des banques. Ils négocièrent un accord avec le gouvernement de gauche du pays qui prévoyait qu’il rembourserait jusqu’en 2024 les dettes des banques qui s’élevaient à plusieurs milliards (par rapport à la puissance économique de l’Allemagne, cela représentait plus de mille milliards d’euros).
Lorsque le Parlement eut adopté la loi, le peuple descendit dans la rue jusqu’à ce que le Président islandais refuse de la signer (en Allemagne, en revanche, Horst Köhler signa et ensuite démissionna). Là-dessus, le gouvernement négocia un nouvel accord que le Président refusa à nouveau de signer et le peuple mit son véto. Depuis, l’UE tout entière est très fâchée contre l’Islande et ne veut pas laisser adhérer le petit pays. Mais c’est uniquement le gouvernement de gauche qui veut adhérer. La majorité du peuple préférerait que l’Islande reste indépendante et conserve ses importantes pêcheries.
Morale de l’histoire: Comme l’Islande n’était pas dans l’UE, elle a pu dévaluer la couronne et sa balance commerciale ainsi que ses services sont de nouveau excédentaires. Son économie est de nouveau en pleine croissance (contrairement à celle de la Grèce). Et comme l’Islande n’est toujours pas dans l’UE, elle a gardé son indépendance, sa démocratie et sa dignité. Ajoutons qu’un procureur a ouvert une instruction contre les responsables de la catastrophe financière, et même contre l’ancien Premier ministre. Dans les Etats en faillite de l’UE on ne poursuit personne."

 

Suite de l'article dans le  N° 46 du 21 novembre 2011 de Horizons et Débats (Zürich): link

 

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