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Rouge et Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Les Bourbons de la Survivance (Jacques Jousset, 1949)

13 Janvier 2010 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #France

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La famille de Bourbon, issue de l'antique race capétienne, se classe parmi les premières et les plus illustres de tous les temps. Son nom évoque le souvenir universellement vénéré du plus grand, du modèle des rois, le roi Saint Louis de France. C'est en effet du sixième fils de Saint Louis, le prince Robert de France, comte de Clermont, et de son épouse, la princesse capétienne Béatrix de Bourgogne qui lui apporta en dot la seigneurie de Bourbon, que sortit cette descendance fameuse qui, avant d'occuper avec un si vif éclat les trônes de France, d’Espagne et d'Italie, avait donné tant de puissants seigneurs, de valeureux capitaines, et arrosé tant de champs de bataille de son sang généreux.

 

Quelle différence entre ce passé brillant et prestigieux et la condition si modeste dans laquelle se trouvent ces Bourbons de la Survivance dont le présent ouvrage a pour objet de donner les portraits et la généalogie! Bourbons de la Survivance, c'est-à-dire descendants du roi Louis XVII, ce prince infortuné dont on ne peut encore établir avec une absolue certitude tout le cours de la vie, mais dont on peut affirmer qu'il n'est pas mort au Temple le 8 juin 1795 comme un faux acte d'état-civil l'avait voulu accréditer.

 

Les Bourbons de la Survivance se considèrent comme descendants de Louis XVII, parce que leurs pères se considéraient aussi comme tels et le leur ont dit, et parce que leur ancêtre commun auquel avaient été imposés à la suite de conjonctures surprenantes et tragiques le nom et la personnalité imaginaire d'un horloger prussien, a montré au cours des trente-cinq dernières années de sa vie avec une constance sans défaillance et une sincérité indéniable, qu'il se savait le Dauphin, fils de Louis XVI et de Marie-Antoinette, reine de France, qu'il en possédait la mémoire intégrale, les signes physiques naturels ou accidentels, l'allure, le caractère moral, ce qui fut reconnu et affirmé par de nombreux témoins honorables et dignes de foi, ayant connu autrefois le Dauphin enfant et le Roi son père, et ce que sont venues confirmer encore des expériences ou des découvertes récentes comme celles du professeur Doct. Edmond Locard, directeur du Laboratoire de police technique de Lyon, en 1943 et 1944.

 

Cette identité, contraire à l'enseignement officiel de l'histoire, peut, bien entendu, être encore aujourd'hui mise en doute, mais, grâce aux multiples et vains efforts de ses adversaires, il s'est avéré impossible d'établir qu'elle n'était pas vraie et, en toute hypothèse, ce qui n'est pas douteux, c'est l'absolu et indéfectible devoir moral qui s'impose aux Bourbons de la Survivance de rester fidèles au nom et aux traditions familiales qu'ils ont reçus de leurs pères et qu'ils doivent transmettre intacts à leurs descendants.

 

Cela devrait suffire à leur attirer un minimum d'égards et de respect alors que trop souvent il n'y eut pour eux que dédain, moqueries et injures; les plus acharnés à les dénigrer et à les tourner en dérision étant précisément ceux-là mêmes qui se targuent d'être les plus traditionnellement attachés au passé monarchique de leur patrie.

 

Agir de la sorte, ce n'est pas rendre hommage à la vérité, c'est manquer gravement à la charité et à la justice, c'est en même temps insulter à la mémoire des rois que ces Bourbons, se croyant de bonne foi héritiers de leur sang, représentent et honorent, sinon toujours avec tout le décorum désirable, du moins avec une conviction sincère et touchante.

 

Et quelle hypocrisie dans les griefs contre eux formulés!

 

On leur a reproché d'être pauvres et de mener une vie misérable comme si la pauvreté n'était pas tout ce qu'ils pouvaient attendre d'un Louis XVII dépouillé de tous ses biens, méconnu, persécuté! On leur a reproché de n'être pas Français alors qu'avait été ignominieusement chassé de France l'infortuné Proscrit qui venait y revendiquer son nom et sa patrie. On leur a reproché de s'entourer d'intrigants et d'illuminés, mais qu'a-t-on fait pour les défendre, pour défendre le grand nom qu'ils portent et qui est leur, contre certaines compromissions fâcheuses et contre les entreprises intéressées d'aventuriers sans scrupules?

 

Quelques moments de réflexion sur un tel sujet ne paraîtront pas superflus avant d'aborder le présent ouvrage, lequel ne s'adresse pas seulement aux croyants de la Survivance, mais encore à tous les autres, du moins à ceux que passionnent la recherche et la connaissance de la vérité.

 

Que ceux-là, en lisant les pages qui vont suivre, ne s'arrêtent pas devant ce qui tout d'abord, pourra les surprendre et les choquer, devant ces prétentions opposées autour d'un trône problématique, ces titres trop lourds de gloire pour des épaules trop faibles, mais qu'ils considèrent au delà de cet illusoire décor le destin tragique de ces hommes obligés de gagner leur vie comme de modestes employés, comme de petits bourgeois sans fortune ou, pour les plus favorisés, de s'attacher comme officiers au service d'un pays hospitalier et généreux, certes, mais étranger à leur race, alors qu'ils sentent bouillonner en eux le sang des plus grands rois et ne vivent que dans l'espoir profond et tenace de voir réhabilitée un jour de manière éclatante et complète la mémoire de celui dont ils tiennent leur nom et le plus intime de leur être et qui, pour eux, ne peut être que Louis XVII, le royal orphelin du Temple, le dernier roi légitime de France.

 

Puisse la vérité se manifester bientôt aux yeux de tous avec une rayonnante et souveraine clarté!

 

Chef d'Escadron Jacques JOUSSET

Conservateur au Musée de l'Armée

 

Paris, en la fête de Saint Louis,

le 25 août 1949

 

 

 

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