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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

environnement

Pierre-Olivier Combelles: Journal de bord du Lac Robertson (1992)

4 Juillet 2021 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Canada, #Québec, #Environnement, #Exploration, #Nature, #Voyage

Pierre-Olivier Combelles: Journal de bord du Lac Robertson (1992)
Rassemblement des Montagnais au Lac Robertson en octobre 1992, pour protester contre le projet de barrage d'Hydro Québec. Les tentes ont été installées dans la forêt, au bord du lac, pour plusieurs semaines. La neige ne va pas tarder à arriver. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Rassemblement des Montagnais au Lac Robertson en octobre 1992, pour protester contre le projet de barrage d'Hydro Québec. Les tentes ont été installées dans la forêt, au bord du lac, pour plusieurs semaines. La neige ne va pas tarder à arriver. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Pierre-Olivier Combelles: Journal de bord du Lac Robertson (1992)
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Heidegger: "Habiter"

17 Juin 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Philosophie, #Environnement

Pour Heidegger, « habiter » n’est pas synonyme de « l’habiter », qui désigne le fait de résider quelque part, de faire sien un logement, un quartier, une ville. « Habiter » est la réponse des mortels à l’appel à être-présent-au-monde-et-à-autrui, du reste dans la même conférence, le philosophe indique qu’« (…) habiter est le trait fondamental de l’être (…) » et que le « rapport de l’homme aux lieux et, par des lieux, à des espaces réside dans l’habitation. La relation de l’homme et de l’espace n’est rien d’autre que l’habitation pensée dans son être. » L’espace n’existe pas en tant que tel – géographiquement si vous voulez –, il advient. Comment ? Par le ménagement des lieux. Il s’agit là d’une action existentielle, d’un « pour ceci ou celà », c’est dire si « habiter » ne dépend pas seulement de l’habitabilité d’un logement ou de la qualité architecturale d’un bâtiment. Ce sont certainement des conditions favorables mais l’essentiel est ailleurs. Cet ailleurs consiste à vivre au plus près de soi avec et parmi les choses et les humains.»

 

Martin Heidegger, Conférence « Bâtir-Habiter-Penser » à Darmstadt (1951)

 

Source: Thierry Paquot, Un Philosophe en ville, in Folio, Deuxième édition, 2016, p.212-213.

 

http://www.articule.net/2018/10/10/l-habiter-dheidegger-explique-par-thierry-paquot/

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F. William Engdahl: Après le COVID, Davos passe à la Grande Réinitialisation

31 Mai 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #F. William Engdahl, #Agriculture, #Bill Gates, #Economie, #Environnement, #Guerre, #Opération Coronavirus, #Politique, #Sciences, #Société

Après le COVID, Davos passe à la Grande Réinitialisation

 

Par F. William Engdahl

 

25 janvier 2021

 

http://www.williamengdahl.com/englishNEO25Jan2021.php

 

 

 

Avec la présidence américaine de Biden, Washington a rejoint l'agenda du réchauffement climatique des Accords de Paris. La Chine s'est engagée à respecter des normes strictes en matière d'émissions de CO2 d'ici 2060, et le Forum économique mondial est sur le point de dévoiler ce qui transformera notre mode de vie dans ce que Klaus Schwab, directeur du WEF, appelle la grande réinitialisation. Ne vous y trompez pas. Tout ceci s'inscrit dans un programme planifié depuis des décennies par les vieilles familles riches comme Rockefeller et Rothschild. Brzezinski l'a appelé la fin de l'État-nation souverain. David Rockefeller l'a appelé "un gouvernement mondial". George H.W. Bush en 1990 l'a appelé le Nouvel Ordre Mondial. Maintenant, nous pouvons mieux voir ce qu'ils prévoient d'imposer si nous le permettons.

 

La grande réinitialisation du Forum économique mondial est un déploiement du XXIe siècle pour une nouvelle forme de contrôle total mondial. "Nous n'avons qu'une seule planète et nous savons que le changement climatique pourrait être la prochaine catastrophe mondiale avec des conséquences encore plus dramatiques pour l'humanité. Nous devons dé-carboniser l'économie dans le court laps de temps qui nous reste et remettre notre pensée et notre comportement en harmonie avec la nature", a déclaré M. Schwab, fondateur du WEF, à propos de l'agenda de janvier 2021. La dernière fois que ces acteurs ont fait quelque chose d'une ampleur similaire, c'était en 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

 

Études sur la guerre et la paix

 

À cette époque, la Fondation Rockefeller finançait un groupe stratégique top secret travaillant au sein du New York Council on Foreign Relations. Il était connu sous le nom de War and Peace Studies et dirigé par le "Haushofer de l'Amérique", le géographe Isaiah Bowman de l'université Johns Hopkins. Avant même que les chars Panzer allemands n'aient pénétré en Pologne, ils planifiaient un monde d'après-guerre dans lequel les États-Unis émergeraient comme l'unique vainqueur et remplaceraient les Britanniques en tant que puissance hégémonique mondiale.

 

La formulation d'une Organisation des Nations Unies dominée par les États-Unis et d'un ordre monétaire de Bretton Woods basé sur le dollar faisait partie de leur projet. En 1941, alors que l'Amérique entrait officiellement en guerre, le groupe CFR a envoyé un mémo au département d'État américain : "Si l'on énonce des buts de guerre qui semblent ne concerner que l'impérialisme anglo-américain, ils n'offriront pas grand-chose aux peuples du reste du monde. Les intérêts des autres peuples devraient être soulignés. Cela aurait un meilleur effet de propagande."

 

Ce projet réussi a été le cadre de ce que Henry Luce a appelé en 1941 « Le Siècle américain », et a duré jusqu'à tout récemment.

 

Aujourd'hui, ces mêmes familles, dont la Fondation Rockefeller et les Rothschild en la personne du "Conseil pour un capitalisme inclusif avec le Vatican" de Lynn de Rothschild, s'apprêtent à créer la prochaine génération dans leur quête de domination mondiale. C'est ce qu'on appelle « La Grande Réinitialisation ». Il nécessite un gouvernement mondial, un plan approuvé de manière significative par le pape jésuite François. Son responsable des relations publiques, Klaus Schwab, est un protégé avoué de l'initié des Rockefeller, Henry Kissinger, depuis l'époque où ils étaient à Harvard, il y a 50 ans.

 

Mieux reconstruire

 

En mai 2020, alors que le coronavirus avait provoqué une panique mondiale bien au-delà de l'épidémie initiale à Wuhan, le prince héritier britannique Charles, ainsi que le fondateur du Forum économique mondial, Klaus Schwab, ont dévoilé ce qu'ils ont joyeusement appelé « La Grande Réinitialisation ». De plus en plus, les dirigeants politiques et économiques du monde entier utilisent des termes tels que "la grande réinitialisation", ou "la quatrième révolution industrielle" et l'appel à "reconstruire en mieux" que l'administration Biden préfère. Tous ces termes s'appuient sur le même ensemble de changements mondiaux spectaculaires. Le Green New Deal américain et le Green Deal européen en font tous partie.

 

Le fait le plus frappant concernant l'agenda de la Grande Réinitialisation est qu'il est mis en avant par les mêmes familles de ploutocrates giga-riches responsables des défauts du modèle économique mondial actuel. Ce sont elles, et non nous, qui ont créé la ruine des champs biologiques et de la nature avec leur glyphosate Roundup et leurs pesticides toxiques. Ils ont ruiné la qualité de l'air dans nos villes par les modèles de transport qu'ils nous imposent. Ils ont créé le modèle de "libre marché" de la mondialisation qui a ruiné la base industrielle des États-Unis et des nations industrielles de l'UE. Aujourd'hui, alors qu'ils nous rendent responsables d'une prétendue émission catastrophique de CO2, nous sommes conditionnés pour accepter la culpabilité et être punis afin de "sauver la prochaine génération" pour Greta et ses amis.

 

La 4e révolution industrielle

 

Derrière la rhétorique séduisante des puissances en place sur la création d'un monde "durable", se cache un programme d'eugénisme brut, de dépopulation à une échelle jamais tentée auparavant. Ce n'est pas humain, en fait, certains l'appellent « trans-humain".

 

En 2016, le chef du WEF, Schwab, a écrit un livre intitulé Shaping the Future of The Fourth Industrial Revolution. Il y décrit les changements technologiques à venir avec la 4e révolution industrielle des smartphones 5G, de l'Internet des objets et de l'intelligence artificielle qui relient tout à tout pour prendre les décisions les plus banales pour nous, comme acheter plus de lait ou baisser la température de la cuisinière. Dans le même temps, les données sont centralisées dans des sociétés privées telles que Google ou Facebook pour surveiller chacune de nos respirations.

 

Schwab décrit comment les technologies de nouvelle génération, déjà déployées par Google, Huawei, Facebook et d'innombrables autres, permettront aux gouvernements de "s'immiscer dans l'espace jusqu'ici privé de nos esprits, de lire nos pensées et d'influencer notre comportement... Les technologies de la quatrième révolution industrielle ne s'arrêteront pas à faire partie du monde physique qui nous entoure - elles feront partie de nous", a déclaré Schwab. "Les dispositifs externes d'aujourd'hui - des ordinateurs portables aux casques de réalité virtuelle - deviendront presque certainement implantables dans nos corps et nos cerveaux."

 

Schwab ajoute : "Ce à quoi conduira la quatrième révolution industrielle, c'est à une fusion de notre identité physique, numérique et biologique." Parmi ces technologies de fusion, on trouve "des micro-puces implantables actives qui brisent la barrière cutanée de notre corps", explique Schwab. Ces "dispositifs implantables aideront probablement aussi à communiquer des pensées normalement exprimées verbalement, par le biais d'un smartphone 'intégré', et des pensées ou humeurs potentiellement inexprimées en lisant les ondes cérébrales et d'autres signaux". "Je ne sais pas pour vous, mais je n'ai pas envie que l'État ou Google lise mes ondes cérébrales.

 

Contrôler notre alimentation

 

Ce qui est déroutant pour beaucoup, c'est la pléthore de groupes de façade, d'ONG et de programmes qui tendent tous vers le même objectif : le contrôle drastique de chaque membre de la société au nom de la durabilité - Agenda 2030 des Nations unies. Nulle part ailleurs cela n'est plus inquiétant que dans leurs plans pour l'avenir de notre alimentation. Après avoir créé le système actuel d'agriculture industrielle mondialisée, l’agro-business, un projet lancé dans les années 1950 par la Fondation Rockefeller, ces mêmes cercles prônent aujourd'hui une agriculture "durable", ce qui signifie un passage à de faux aliments génétiquement modifiés, à des viandes synthétiques fabriquées en laboratoire et autres, voire même à des vers et des mauvaises herbes comme nouvelles sources de nourriture.

 

Le Schwab du WEF s'est associé à quelque chose appelé EAT Forum, qui se décrit comme un "Davos de l'alimentation" qui prévoit de "définir l'agenda politique." EAT a été créé en Suède en 2016 avec le soutien du Wellcome Trust britannique (établi avec des fonds de GlaxoSmithKline), et de l'Institut allemand de Potsdam pour la recherche sur l'impact climatique. Les viandes synthétiques génétiquement modifiées cultivées en laboratoire sont soutenues entre autres par Bill Gates, le même qui soutient Moderna et d'autres vaccins génétiquement modifiés. L'EAT travaille notamment avec Impossible Foods et d'autres entreprises de biotechnologie. Impossible Foods a été initialement cofinancé par Google, Jeff Bezos et Bill Gates. Des résultats de laboratoire récents ont montré que l'imitation de viande de l'entreprise contenait des niveaux de glyphosate toxique 11 fois plus élevés que son concurrent le plus proche.

 

En 2017, EAT a lancé FReSH (Food Reform for Sustainability and Health) avec le soutien de Bayer AG, l'un des producteurs de pesticides et d'OGM les plus toxiques au monde, qui possède désormais Monsanto ; le géant des OGM et des pesticides Syngenta, détenu par la Chine, Cargill, Unilever, DuPont et même Google. Voilà l'avenir alimentaire prévu dans le cadre de la Grande Réinitialisation. Oubliez l'agriculteur familial traditionnel.

 

Dans son livre de 2020 sur la Grande Réinitialisation, Schwab soutient que la biotechnologie et les aliments génétiquement modifiés devraient devenir un pilier central des problèmes de pénurie alimentaire mondiale, problèmes que le COVID a exacerbés. Il fait la promotion des OGM et surtout de la controversée édition de gènes. Il écrit que "la sécurité alimentaire mondiale ne sera atteinte que si les réglementations sur les aliments génétiquement modifiés sont adaptées pour refléter la réalité que l'édition de gènes offre une méthode précise, efficace et sûre pour améliorer les cultures." Gates, partenaire de projet avec Schwab depuis des années, soutient la même chose.

 

L'EAT a développé ce qu'il appelle "le régime de santé planétaire", que le WEF présente comme la "solution alimentaire durable de l'avenir". Mais selon Federic Leroy, professeur de science alimentaire et de biotechnologie à l'Université de Bruxelles, "ce régime vise à réduire la consommation de viande et de produits laitiers de la population mondiale de 90 % dans certains cas et à la remplacer par des aliments, des céréales et de l'huile fabriqués en laboratoire."

 

Ce n'est qu'un aperçu de ce qui se prépare sous le couvert des verrouillages COVID-19 et de l'effondrement économique, et 2021 sera une année décisive pour ce programme anti-humain. L'introduction de l'IA, des robots et d'autres technologies numériques permettra aux puissances en place de se débarrasser de centaines de millions de postes de travail. Contrairement à leur propagande, les nouveaux emplois ne seront pas suffisants. Nous deviendrons de plus en plus "superflus". Tout cela semble trop surréaliste jusqu'à ce que vous lisiez leurs propres descriptions. Le fait que la cabale des sociétés et des milliardaires les plus influents du monde siège au conseil d'administration du WEF avec l'élève de Kissinger, Klaus Schwab, ainsi que le chef de l'ONU et du FMI, avec les PDG des plus grands géants financiers du monde, y compris Blackrock, BlackStone, Christine Lagarde de la Banque centrale européenne, David Rubenstein du groupe Carlyle, Jack Ma, le milliardaire le plus riche de Chine, est une preuve suffisante que cette Grande Réinitialisation n'est pas faite avec nos véritables intérêts à cœur, malgré leurs mots soyeux. Ce programme dystopique, c'est 1984 sous stéroïdes. COVID-19 n'en était que le prélude.

 

F. William Engdahl est consultant en risques stratégiques et conférencier, il est diplômé en politique de l'Université de Princeton et est un auteur à succès sur le pétrole et la géopolitique, exclusivement pour le magazine en ligne "New Eastern Outlook".

 

Traduit de l’américain par Le Rouge et le Blanc avec DeepL.

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Les cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de Fukushima multipliés par 20 (Fukushima-blog)

17 Mai 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Japon, #Santé, #Environnement

Article d’Alex Rosen paru sous le titre original « Schilddrüsenkrebs bei Fukushima-Kindern 20-fach erhöht » sur le site de l’IPPNW.

Traduction française : Odile Girard (Fukushima-is-still-news)

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En 2011 la population japonaise a été exposée aux retombées radioactives dans beaucoup d’endroits. Certains vivent encore aujourd’hui dans des régions irradiées où ils sont chaque jour confrontés à des doses de radioactivité élevées : points chauds (hotspots) radioactifs dans les rues, les champs de riz ou les bacs à sable, champignons ou algues contaminés, eaux souterraines radioactives et recontamination par les feux de forêts et les inondations.

L’un des effets secondaires les plus redoutés de l’exposition à la radioactivité est l’apparition de cancers via des mutations de l’ADN. Le cancer de la thyroïde chez les enfants n’est certes pas le plus dangereux, mais c’est la manière la plus simple de révéler une maladie cancéreuse radioinduite. En effet, les temps de latence jusqu’à l’apparition d’une tumeur cancéreuse sont relativement courts – quelques années seulement - et de plus, le cancer de la thyroïde est extrêmement rare chez les enfants ; on peut donc montrer qu’une hausse même minime des cas est statistiquement significative. En conséquence, en 2011, les autorités japonaises se sont senties obligées de mettre en place une étude sur les cancers de la thyroïde chez les enfants et les jeunes de Fukushima.

 

Lisez la suite de l'article sur le site Fukushima Blog:

http://www.fukushima-blog.com/2021/04/les-cas-de-cancer-de-la-thyroide-chez-les-enfants-de-fukushima-multiplies-par-20.html

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On ne doit pas chasser le gibier qu'un tigre poursuit déjà

25 Mars 2021 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Environnement, #Nature, #Russie, #Tigre

"Le tigre est un gentilhomme au cœur généreux dont le courage est illimité; et lorsque sa race sera éteinte, car elle le sera certainement si l'opinion publique  ne s'émeut pas en sa faveur, l'Inde aura perdu le plus noble spécimen de sa faune."

Jim Corbett, A l'affût des tigres mangeurs d'hommes (Man-Eaters of Kumaon).

"Dans la cordillère du Sikhote-Alin (Extrême-Orient russe), les tigres, "qui ont le goût de la beauté", selon les termes d'une spécialiste russe, se postent sur les promontoires rocheux en surplomb de la mer du Japon, et restent ainsi des heures, à contempler l'immensité du Pacifique..."

http://europe-tigre.over-blog.com/2021/02/echos-et-resonances.html

“The fact is that the average man’s love of liberty is nine-tenths imaginary, exactly like his love of sense, justice and truth. He is not actually happy when free; he is uncomfortable, a bit alarmed, and intolerably lonely. Liberty is not a thing for the great masses of men. It is the exclusive possession of a small and disreputable minority, like knowledge, courage and honor. It takes a special sort of man to understand and enjoy liberty — and he is usually an outlaw in democratic societies.”
H.L. Mencken

"Dans la taïga, sur les traces du tigre de l'Amour" est un très intéressant documentaire diffusé par Arte et que l'on peut voir sur youtube. On y fait la rencontre d'un homme qui a tué d'un coup de couteau dans l'aorte un tigre qui l'attaquait et qui venait de le mordre deux fois aux jambes. Pourquoi ? alors qu'il chassait les sangliers avec son chien, un tigre s'est approché en serpentant à travers les arbres, se cachant derrière les troncs pour éviter le coup de carabine, et s'est jeté sur lui. Le récit est saisissant. Cet homme est certes courageux, il a eu le réflexe de se défendre et il a eu beaucoup, beaucoup de chance. Mais comprend-il vraiment pourquoi ceci lui est-il arrivé ?

Son histoire ressemble étrangement à celle de Dersou, dans le fameux récit de Vladimir Arseniev "La taïga de l'Oussouri - mes expéditions avec le chasseur gold Dersou", lorsqu'il tue un tigre qui chassait avant lui le même gibier (chapitre 15, "Bramements de cerfs", à la fin, pp. 152-153 de l'édition de Payot de 1939). Quand Dersou réalise ce qu'il a fait, c'est trop tard, le tigre est mort. C'est un tournant dans la vie de Dersou. Il a enfreint une loi sacrée de la taïga. Désormais, le malheur le guette.

Certainement, il y a une très grande différence entre ce Russe et Dersou. Dersou était un chasseur gold, un indigène, issu par ses lointains ancêtres de la même taïga que le tigre; un homme prudent, pacifique, religieux.

C'est l'abîme entre le Blanc et le Rouge, entre le colon et l'indigène, entre le gentilhomme et l'homme vil et entre le poète et celui qui ne l'est pas.

Pierre-Olivier Combelles

 

Sur Vladimir Arseniev et Dersou Ouzala, sur ce même blog:

https://pocombelles.over-blog.com/page-der-4356554.html

https://pocombelles.over-blog.com/2020/06/sergei-krivchenko-vladimir-kladiyevich-arseniev-et-son-heritage-artistique.html

Sur les livres, un couteau sibérien à longue lame. Est-ce celui qui a tué le tigre ? parmi les livres, y-a-t-il celui d'Arseniev ? on ne le mentionne pas dans le film.

Sur les livres, un couteau sibérien à longue lame. Est-ce celui qui a tué le tigre ? parmi les livres, y-a-t-il celui d'Arseniev ? on ne le mentionne pas dans le film.

Vladimir Arseniev et Dersou Ouzala. Photographie extraite du livre d'Arseniev: "La taïga de l'Oussouri" (Payot, édition de 1938).

Vladimir Arseniev et Dersou Ouzala. Photographie extraite du livre d'Arseniev: "La taïga de l'Oussouri" (Payot, édition de 1938).

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Luis Júdice (Portugal): Les incendies de forêt – un moyen de faciliter l’accumulation capitaliste à la campagne!

24 Mars 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Environnement, #Europe, #Portugal

 À l’approche d’une autre «saison des incendies», je ne peux manquer de souligner que pendant plus de 40 ans, année après année, lorsque le Portugal brûle, des gouvernements successifs sont venus mentir, seuls ou en coalitions – et je rappelle que pratiquement tous les partis de «l’arc parlementaire», sont passés sur les rives du pouvoir -.  Conseillés par un bataillon de fonctionnaires «spécialistes» affirmant que la faute en était aux incendiaires ou à la foudre et que désormais des mesures seraient prises dans la bonne direction, ce qui, selon eux, serait la prévention et la répression. (sic)

 

Cependant, année après année, la situation perdure et elle empire. Et, la façon de divertir les gens et d’éluder le fond des problèmes est toujours la même: « la protection civile n’a pas fonctionné comme elle le devrait, les pompiers manifestent un profond manque de coordination et de moyens, « blablabla », etc. »

 

Cependant, la vérité est que, si pour la bourgeoisie il est plus rentable de «combattre» les incendies que de les prévenir, les incendies sont une plaie avec laquelle les paysans pauvres et vieillissants, et le peuple en général, sont confrontés.

 

Une mafia s’est organisée autour de ceux qui peuvent avoir de l’influence et du pouvoir et le commerce des équipements et moyens de lutte pour les pompiers s’épanouit comme peu de secteurs d’activité économique dans notre pays. Comment le commerce de la cellulose qui a imposé l’eucalyptus – un arbre originaire d’Australie – prospère-t-il dans la foresterie de notre pays, étant complètement dans la douleur du fait que, lorsque des incendies se produisent, les projections des feuilles enflammées  et de l’écorce de ces arbres atteignent 500 mètres et plus ?

 

Dans un pays où le processus d’accumulation capitaliste n’a pas encore atteint une grande partie de la structure agraire, où la dispersion des terres et des habitations pontificate, où la paysannerie pauvre, immédiatement après le 25 avril 1974, n’a pas compris que la seule alliance qui permettrait d’assurer son avenir ; soit l’alliance avec la classe ouvrière, acceptant le programme de collectivisation des moyens de production, la mécanisation et la modernisation de l’agriculture, les incendies produisent aujourd’hui  l’effet que les chefs locaux avaient suggéré à ces paysans quand ils leur ont dit que les communistes – en plus de manger les petits enfants – voulaient voler leur terre de misère.

 

Bien sûr, quand je me réfère au programme défendu par les communistes pour le secteur agricole et la défense de l’alliance ouvrier-paysan, je ne parle pas du PCP révisionniste qui a depuis longtemps abandonné ce programme ou tout programme révolutionnaire.

 

Quand le gouvernement du PS, soutenu par ses béquilles du PCP/BE/Os Verdes, qui devrait superviser la politique de gestion forestière, vient affirmer que l’État ne détient que 3% de la superficie forestière et, en même temps, vient dire que, dans un proche avenir, il proposera et fera approuver à l’Assemblée de la République, une législation qui vise, dans un premier temps, à réprimer et à infliger des amendes à ceux qui ne nettoient pas la forêt et les accès, et, deuxièmement, si cette répression et l’imposition d’amendes ne réussit pas, le gouvernement fantoche imposera l’expropriation des biens des «contrevenants», que représente cette menace?

 

Cela signifie que le pouvoir donne une indication claire qu’il est disposé à faire un grand pas dans la pérennisation d’un vol que les communistes n’ont pas commis, comme les chefs locaux l’ont affirmé en 1974.  Ce sont les larbins politiciens qui veulent exproprier la terre paysanne pour assurer l’accumulation capitaliste dans les campagnes et assurer le regroupement des parcelles pour en faire de grandes propriétés latifundiaires où, au lieu de l’économie paysanne de subsistance, les riches propriétaires imposeront l’agriculture extensive et intensive, y compris la sylviculture prédatrice, mécanisée, exigeant d’immense ressources en eau via des barrages et des réseaux de canaux transversaux (comme cela se passe à Alqueva) surexploitant les ressources hydrauliques régionales et nationales.

 

Après 40 ans de négligence et de trahison des paysans pauvres, la bourgeoisie pense qu’elle profitera de la tragédie des grandes incendies –  je veux dire Pedrogão Grande, Albergaria a Velha, Pampilhosa da Serra et bien d’autres qui, en plus  d’une centaine de morts ont dévasté des centaines de kilomètres de forêt et de villages – pour cacher que c’est à cause de leur action et de leur volonté que les champs ont été abandonné, laissé en friche. Les paysans pauvres et les salariés ruraux, qui représentaient plus de 20% de la population portugaise en 1974, ne représentent plus que 2 à 3% de la population actuelle du Portugal!

 

Or, c’est cet abandon, cet étranglement de l’agriculture, aggravé par l’adhésion du Portugal  à une communauté européenne où les intérêts des grands agriculteurs – principalement français – ont déterminé une politique de «quotas» qui a définitivement étranglé l’exploitation agricole dans notre pays, provoqué un exode des jeunes des campagnes vers la ville et l’émigration et entraîné le vieillissement de la population rurale.

 

Il n’y a pas de solution à cette tragédie dans le cadre du mode de production capitaliste. Si quelqu’un défend – comme le font le PCP, le BE, les Verts et d’autres formations politiques opportunistes – que cela est possible, il trahit la classe ouvrière et les salariés ruraux. En effet, seules la destruction du mode de production dominant – le système capitaliste à son stade impérialiste – et la mise en place du mode de production communiste pourront résoudre la situation en faveur de ceux qui ne possèdent rien de plus que leur force de travail.

 

Luis Júdice  24 mars 2021

 

Source: https://les7duquebec.net/archives/262989

 

Original: https://queonossosilencionaomateinocentes.blogspot.com/2021/03/incendios-meio-facilitador-da.html

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Fukushima Daiichi: l'actualité du 11 mars 2021 (Fukushima-blog)

23 Mars 2021 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Environnement, #Japon

Fukushima Daiichi: l'actualité du 11 mars 2021 (Fukushima-blog)

Une radioactivité phénoménale

Le saviez-vous ? L’information a été largement diffusée au Japon à l’automne 2020 : les inspecteurs de la NRA (l’Autorité de sûreté nucléaire du Japon) ont relevé des débits de dose de 10 Sievert/heure au-dessus des dalles fermant les enceintes de confinement des réacteurs 2 et 3. Cette dose est létale en une heure. Autant dire que les opérations de démantèlement sont reportées à la Saint-Glinglin. La NRA a également évalué le césium contenu dans ces dalles qui sont constituées de plusieurs parties : 20 à 40 pétabecquerels de césium 137 dans le bouclier du réacteur n°2 et autour de 30 pétabecquerels pour celui du réacteur n°3.

C’est là qu’il faut rappeler ce qu’est un pétabecquerel : un million de milliards de becquerels. Pour seulement ces deux réacteurs, nous avons donc encore sur place, juste à l’entrée des puits de cuve, une soixantaine de pétabecquerels de césium 137, soit autant que ce qu’on estime s’être échappé de la centrale en mars 2011.

C’est là aussi que l’on voit une différence entre la NRA et Tepco. Avec Tepco, on n’a jamais eu ces données. On retrouve cette différence de comportement dans la diffusion de vidéos d’inspections des réacteurs : alors que Tepco a tendance à cacher toutes les images de l’intérieur, la NRA diffuse très rapidement les visites des réacteurs et met toutes ses enquêtes en ligne.

Du corium pour l’éternité

Selon la SFEN (société française de l’énergie nucléaire), les robots, non encore conçus pour l’instant, qui récupéreront les coriums de Fukushima pourront entrer en action dès 2022. Ceux-ci pourront, toujours d’après cette association propagandiste (*), retirer à terme quelques kilogrammes de corium par jour, ce qui permettra d’extraire la totalité de cette matière au bout de 20 à 30 ans (si toutefois une partie ne s'est pas enfoncée trop profondément dans le sol). Vérifions cette assertion. Imaginons que ce soit vrai et que l’on puisse retirer, soyons optimistes, 5 kg par jour (je rappelle que pour l’instant, on a juste réussi à déplacer quelques grammes de quelques cm). Au bout de 20 ans, 36,5 tonnes seront retirées. Au bout de 30 ans, 55 tonnes. En sachant qu’on estime à 880 tonnes la masse des coriums de Fukushima, il faudra en fait, avec un rythme de 5 kg/jour, près de 500 ans. Mais si c’est 2,5 kg par jour, ce sera mille ans ! Le problème, c’est que les bâtiments réacteurs, construits en béton armé, ne résisteront pas au temps. Les séismes et les explosions de mars 2011 ont fragilisé les structures et le dernier séisme du 13 février 2021 a agrandi les failles dans lesquelles s’engouffre l’eau contaminée. Il est donc probable que les bâtiments réacteurs, rongés par la rouille et l’éclatement des bétons, tomberont en ruine avant même qu’on ne puisse terminer cette opération. Dans 50 ans, les réacteurs auront un siècle…

(*) La SFEN avait en effet annoncé imprudemment pour 2015 « l’évacuation des piscines des réacteurs 1 à 3 ». 6 ans après cette prédiction scientifique, seule la piscine n°3 a été vidée sur les 3 citées (la n° 4 avait été vidée l'année précédente).

(...)

Lisez la suite de cet article ici:

http://www.fukushima-blog.com

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Les conséquences médicales et écologiques de l'accident nucléaire de Fukushima (Fukushima-blog)

22 Février 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Environnement

Les conséquences médicales et écologiques de l'accident nucléaire de Fukushima (Fukushima-blog)

Il y a 8 ans, pour le deuxième anniversaire de l'accident nucléaire de Fukushima, la Fondation Helen Caldicott organisait un symposium exceptionnel de deux jours à l’Académie de médecine de New York. À cette occasion, des personnalités de renommée internationale, scientifiques, médecins, biologistes, ingénieurs nucléaires, mais aussi des personnes inconnues comme ces marines qui se sont fait gravement irradiés alors qu’ils étaient en mission, ont présenté des communications et discuté des conséquences biomédicales et écologiques de la catastrophe de Fukushima. Voici les noms des intervenants : Herbert Abrams, Robert Alvarez, David Brenner, Ken Buesseler, Helen Caldicott, Maurice Enis, Ian Fairlie, Cindy Folkers, David Freeman, Arnie Gundersen, Kevin Kamps, Naoto Kan, Hiroaki Koide, David Lochbaum, Joseph Mangano, Akio Matsumura, Timothy Mousseau, Mary Olson, Jaime Plym, Hisako Sakiyama, Steven Starr, Mari Takenouchi, Wladimir Wertelecki, Steven Wing et Alexey Yablokov.

Malgré la grande qualité des interventions, cet événement international consacré à l’une des catastrophes nucléaires les plus graves de l’Histoire est passé presque inaperçu dans les médias, en particulier en France. Suite à ce constat, une vingtaine de personnes, toutes bénévoles, se sont mobilisées pour réaliser des traductions françaises et allemandes afin de diffuser les communications sur la toile. Mais la tâche était colossale. Il n’y avait pas moins de 26 conférences à transcrire et à traduire à partir de vidéos. Grâce à l’impressionnante mobilisation de Kna, l’objectif a été quasiment atteint au bout de 20 mois.

Le blog de Fukushima, qui se proposait de diffuser les textes et les vidéos des conférences au fur et à mesure de leur traduction, a publié 6 conférences d’août à novembre 2013. Beaucoup plus endurant, Kna a réalisé le sous-titrage en français de tous les enregistrements qu’il a diffusés systématiquement sur ses chaînes vidéo et sur Kna-blog, où ont été publiés également 12 articles concernant ces traductions. Il a ainsi pu mettre un point final à ce projet en décembre 2014 en mettant à disposition, en ligne, l’ensemble de la documentation créée.

 Lisez la suite sur le site Fukushima-Blog:

http://www.fukushima-blog.com

(...)

"Si l’on compare les substances radioactives rejetées dans l’atmosphère par les réacteurs 1 à 3 aux matières radioactives dispersées par la bombe atomique d’Hiroshima, et en particulier le césium 137 que je considère comme l’élément le plus dangereux, nous savons par un rapport que le gouvernement japonais a remis à l’AIEA, agence internationale qui promeut l’énergie nucléaire, que la quantité de césium 137 rejetée à Fukushima a été de 168 fois supérieure à celle qui fut observée à Hiroshima".

 

Je pense pour ma part que c'est probablement une sous-estimation et qu’il faudrait multiplier ce chiffre par deux ou trois, et l’on atteint alors pour la quantité de césium 137 rejetée dans l’atmosphère à Fukushima l’équivalent de 400 à 500 fois la quantité de césium 137 relâchée par la bombe atomique d'Hiroshima.

Dans le même temps, les matières radioactives se sont aussi dissoutes dans l'eau et ont coulé avec elle sous la surface du sol avant d’arriver dans l'océan. Je pense que des quantités probablement équivalentes de matières radioactives se sont trouvées soit rejetées dans l'air soit absorbées par l'océan".

(...)

 

"Les gens qui vivaient au sein d'une zone d'environ 1 000 kilomètres carrés autour de la centrale nucléaire de Fukushima Daiichi ont été obligés d'évacuer, sur ordre du gouvernement japonais. Plus de 100 000 personnes ont été coupées de leur ville natale, ont perdu leur maison, leurs voisins, et vivent en exil. Si les lois du Japon étaient strictement appliquées, les zones où le sol est contaminé à plus de 40 000 Bq par mètre carré devraient être classées « zones radioactives d’accès contrôlé ». Mais comme les zones contaminées couvrent 20 000 kilomètres carrés, c’est un vaste territoire dans les régions du Tohoku et du Kanto qui aurait dû être évacué.

Confronté à cette réalité, le gouvernement japonais a jugé qu'il lui serait impossible d'aider les habitants de ces zones contaminées ; on les a donc laissés là, abandonnés. A ce jour, environ 10 millions de personnes vivent dans des zones qui auraient dû être classées « zones radioactives d’accès contrôlé » et elles sont quotidiennement exposées à une radioactivité constante".

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"Le 15 mars 2011, il y a eu une explosion dans le bâtiment du réacteur n° 4, qui était situé juste à côté des réacteurs 1, 2 et 3 et qui était à l’arrêt au moment de la catastrophe du 11 mars. Comme le réacteur n° 4 n’était pas en service, toutes les barres de combustible avaient été transférées du cœur du réacteur vers la piscine de combustible située dans le bâtimentréacteur.

Il y avait 548 assemblages de combustible dans le cœur, mais la piscine en contient 1331, soit 2,5 fois le nombre d'assemblages qui se trouvaient dans le cœur du réacteur. À l'heure actuelle, ils sont au fond de la piscine à combustible usé, qui est pleine de produits de fission.

Je pense que ce combustible au fond de la piscine de combustible usé contient en césium 137 l'équivalent de plus de 10 000 bombes atomiques d'Hiroshima. Le bâtiment du réacteur nucléaire, qui a été détruit par l'explosion, est toujours exposé aux aléas de l'environnement, même aujourd'hui, et il y a des répliques sismiques presque tous les jours à proximité de la centrale nucléaire de Fukushima.

Si une autre réplique importante avait lieu et que le bâtiment du réacteur subisse d'autres dommages, si la piscine de combustible devait s'effondrer, il ne serait plus possible de refroidir le combustible usé. Je crains que beaucoup plus de matières radioactives qu’il y en eut jusqu’à présent soient rejetées dans l'environnement".

(...)

Hiroaki Koide,
master en génie nucléaire,
professeur adjoint à l'Institut de Recherche de l'Université de Kyoto, expert en sécurité et gestion des déchets nucléaires

Symposium de NY, 11-12 mars 2013.

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Vitaly Averyanov : les petites villes sont la clé de la renaissance de la Russie (Club d'Izborsk, 20 janvier 2021)

20 Janvier 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Arche russe, #Club d'Izborsk (Russie), #Economie, #Environnement, #Philosophie, #Politique, #Russie, #Religion

Vitaly Averyanov : les petites villes sont la clé de la renaissance de la Russie  (Club d'Izborsk, 20 janvier 2021)

Vitaly Averyanov : les petites villes sont la clé de la renaissance de la Russie

 

20 janvier 2021

 

https://izborsk-club.ru/20551

 

 

 

 

Je me souviens souvent des paroles de Velimir Khlebnikov en 1914 : "Nous ne connaissons qu'une seule capitale - la Russie. Et seulement deux provinces : Saint-Pétersbourg et Moscou". Il y a une vérité profonde derrière ces mots. Et cette vérité s'est maintenant énormément aiguisée. Dans le discours de nos collègues, il y avait une idée très vraie, que je vais formuler à ma façon. Le monde est confronté à un défi sans précédent à la fin du XXe et au début du XXIe siècle. C'est le défi de la mégalopole rapace. Je ne parle pas seulement du concept de Kjell Nordström, selon lequel le monde global du futur est constitué de 600 mégapoles, où plus de 85% des gens doivent vivre, que 98% de toute l'activité économique doit se trouver dans ce réseau de grandes villes. Le fait est que ce processus et cette conception concernent la formation d'un système transnational de propriété et de pouvoir. En fait, il ne s'agit pas seulement du fait qu'il y a des banques et des producteurs, qu'il y a des oligarques et des gens. Nous parlons du fait qu'il existe une force qui veut niveler, réduire à zéro toute base nationale, culturelle et religieuse des peuples et des traditions.

 

Borovsk est une ville unique ; on commence ici à regarder la Russie et Moscou d'une manière différente. Qu'est-ce qui rend Borovsk remarquable ? Elle est associée aux aux Vieux Croyants, cette couche spirituelle puissante et volontaire de la vie russe. Les vieux croyants sont une apothéose de la vieille Sainte Russie, c'est une tentative de se protéger de la négation de la Sainte Russie. Et d'autre part, Borovsk est une ville de Tsiolkovsky. Et il y a les monuments à Tsiolkovsky et à Nikolai Fyodorov, qui vivait et enseignait ici il y a plusieurs années. Cette combinaison des anciens croyants en tant que conservatisme extrême et du cosmisme russe en tant qu'avant-garde extrême, un rêve sur l'immortalité, un rêve sur l'établissement de l'espace est unique. Et Borovsk a présenté cette conjonction à la Russie, présentée au monde entier. Dans ma langue, on appelle cela le "conservatisme dynamique".

 

Notre plus grand penseur, Nikolay Danilevsky, disait que la future Russie est quelque chose de similaire aux Vieux Croyants, mais dotée des technologies les plus avancées. C'est une idée brillante, perspicace, pour le XIXe siècle, extraordinaire et à certains égards même audacieuse. Et aujourd'hui, nous ressentons plus clairement sa justesse.

 

Ce qui nous arrive aujourd'hui, ce défi aux mégalopoles, signifie-t-il que nous devons retourner dans un passé récent, il y a 30 ans ? Tout d'abord, en soi, un tel retour est impossible. Deuxièmement, elle est également improductive, car l'URSS a également suivi la voie de l'industrialisation, de la formation de mégalopoles. Bien que cette voie ne soit pas liée à la formation d'un pouvoir transnational, mais aux lois du développement de la voie industrielle.

 

La technologie actuelle permet à une personne de vivre n'importe où dans le pays et dans le monde, tout en restant au centre du monde. S'il existe une volonté, une volonté politique et nationale, il est possible de construire un pays qui ne suit pas les modèles offerts par les mégalopoles ou l'ancien modèle d'industrialisation. En ce sens, le thème des petites villes est crucial, car c'est le réseau des futures cités-jardins, les pôles high-tech modernes dont nous rêvons, qui pourrait devenir le contrepoids de ces monstrueux réseaux mondiaux et le gage de la renaissance de la Russie. Et pas seulement parce qu'il pourrait y avoir une économie différente, une structure sociale différente. Et d'abord parce qu'ils sont les piliers d'un autre commencement, le commencement d'un renouveau culturel, religieux, lié à son sol.

 

Les villes titanesques des mégalopoles ne seront jamais un pilier de l'humanité et son sol spirituel - elles sont un moyen d'optimiser, de diviser, d'éroder tout ce qui est humain en nous. La question des petites villes est donc de la plus haute urgence. Je voudrais attirer votre attention sur le fait que, entre autres, nous avons soulevé ce thème dans le cadre des travaux du club de l'Arche russe d'Izborsk. Nous exposons notre vision de la manière dont de nouveaux modes d'établissement et un nouveau modèle de développement spatial pourraient se développer au XXIe siècle et se développer en termes de préservation et de relance de notre civilisation.

 

Cette question est directement liée à la question du pouvoir, de la démocratie. Car c'est le développement vivant et intégral de la "petite mère patrie" qui implique aussi le développement de la démocratie locale, de la communauté, d'un petit espace politique. Il existe une masse vivant dans les villes qui peut être facilement manipulée, et les gens dans le monde entier sont aujourd'hui de plus en plus conscients qu'ils sont les otages de procédures pseudo-démocratiques, du spectacle politique. Cela n'est pas possible au niveau de la communauté ou de la petite ville, où tout le monde se connaît et où les personnes qui choisissent le pouvoir peuvent demander les actes qui ont été commis dans un espace visible par tous. Et le petit espace politique peut déjà devenir la base d'un espace plus grand, zemski*, et plus loin - le conseil zemski de toute la Russie, qui deviendrait la base du squelette politique de l'Arche russe. Ainsi, le thème des petites villes est un thème transversal - il nous amène aux décisions clés dans tous les domaines et relations.

 

Aujourd'hui, il existe déjà et a été mis en œuvre en Russie un modèle, qui s'appelle "La théorie de la rentabilité des territoires". Le Code de développement urbain de la Fédération de Russie s'en inspire largement. Si vous l'envisagez d'un point de vue philosophique - c'est un modèle colonial, car la rentabilité des territoires, qui est mise au centre de celui-ci, n'est rien d'autre qu'une vision des espaces de la petite ville et de la province dans la perspective d'un réseau transnational. Un point de vue complètement différent se dégage si l'on regarde depuis les petites villes. Ensuite, le besoin d'espace, dont la rentabilité peut être différente, mais cet espace, son organisation doit être pratique et utile pour les personnes qui y vivent, devient évident. C'est un critère tout à fait différent pour la politique spatiale, et ce critère permet aussi de poser une question de régénération démographique, en remplissant les zones dépeuplées de personnes qui ont intérêt à y vivre et à s'y reproduire. D'où l'idéal d'une ville-jardin, une certaine combinaison de parcs et d'espaces verts avec des quartiers résidentiels. Ces massifs se formeraient autour d'entreprises qui, comme au XXe siècle, pourraient devenir des villes, car cela ne serait pas en contradiction avec le mode de vie post-industriel moderne. Et en même temps, il ne s'agirait pas de monastères, mais de villes post-industrielles avec un modèle de mosaïque, qui combineraient différentes industries, formes de propriété et de coopération.

 

Il découle de ce qui a été dit que le thème des petites villes concerne tous les citoyens et qu'il pourrait bien devenir une sorte de bannière, la bannière de l'Arche russe, qui devrait permettre de surmonter le "déluge" dans lequel nous nous trouvons aujourd'hui.

 

 

Vitaly Averyanov

 

http://www.averianov.net/?h=720

 

Averyanov Vitaly Vladimirovich (né en 1973) - Philosophe russe, personnalité publique, directeur de l'Institut du conservatisme dynamique (IDC). Docteur en philosophie. Membre permanent et vice-président du Club d’Izborsk.

 

Traduit du russe par Le Rouge et le Blanc.

 

* NdT: Zemski Sobor (Congrès de la Terre russe). Assemblée convoquée par le Tsar, le Patriarche orthodoxe ou la Douma de la noblesse pour discuter ou ratifier certaines décisions. Le premier Zemski Sobor a été convoqué par Ivan le Terrible en 1549.

Situation de Borovsk, dans l'oblat de Kalouga, à 95 km du centre de Moscou. Avvakoum y fut incarcéré au monastère de Pafnoutiev.

Situation de Borovsk, dans l'oblat de Kalouga, à 95 km du centre de Moscou. Avvakoum y fut incarcéré au monastère de Pafnoutiev.

Exil d'Avvakoum en Sibérie. Sergei Dmitrievitch Miloradovitch, 1898 год. Musée d'histoire des religions à Saint Pétersbourg.

Exil d'Avvakoum en Sibérie. Sergei Dmitrievitch Miloradovitch, 1898 год. Musée d'histoire des religions à Saint Pétersbourg.

Zemski Sobor, par Sergueï Ivanov

Zemski Sobor, par Sergueï Ivanov

"Evil Empire" (2020)

Vitaly Averyanov est aussi musicien.

Son site: http://www.averianov.net/imperia/?h=720

Sa chaîne Youtube: https://www.youtube.com/channel/UCVajQJA3yfNo9ydmgcvnYCQ

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La pollution des océans représentée au plafond de la Salle des Droits de l'Homme du Palais des Nations à Genève

20 Janvier 2021 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Environnement, #Nature

La pollution des océans représentée au plafond de la Salle des Droits de l'Homme du Palais des Nations à Genève

Un article récent de RT  montre la Salle des Droits de l'Homme du Palais des Nations à Genève.

https://francais.rt.com/france/82940-plainte-pour-discriminations-envers-musulmans-deposee-contre-france-onu-islamophobie

J'y découvre avec stupeur son plafond  barbouillé décoré à la peinture par l'"artiste" espagnol Miquel Barceló avec des couleurs pastel et des stalactites, censés représenter la mer, comme l'explique ce site suisse: 

https://www.geneve-int.ch/fr/quelques-salles-exceptionnelles

Cette horreur, c'est ça qu'est devenu l'art espagnol, celui de Velasquez et de Zúrbaran ?

Ce que je vois, c'est  l'illustration saisissante de la pollution des océans (d'où la vie terrestre est originaire) par le plastique et les déchets de l'infâme système capitaliste libéral, avec sa religion de l'argent et du profit, dans lequel nous avons le malheur de vivre.

"Salle du droit de polluer", voilà comment elle devrait s'appeler.

La pollution des océans représentée au plafond de la Salle des Droits de l'Homme du Palais des Nations à Genève

"L'humanité a perdu un sens, une image de l'avenir, elle ne sait pas où elle va. Le mouvement de la civilisation bâtarde d'aujourd'hui a acquis un caractère inertiel - comme un train qui a perdu ses freins et se précipite vers un déraillement. Et il y a un gouffre devant nous. Je ne peux absolument pas accepter que l'homme soit le roi de la nature et qu'il décide tout en sa faveur : il ne décidera rien."

Shamil Sultanov

https://pocombelles.over-blog.com/2021/01/shamil-sultanov-nous-devons-nous-preparer-au-combat-club-d-izborsk-15-janvier-2021.html

 

La pollution des océans représentée au plafond de la Salle des Droits de l'Homme du Palais des Nations à Genève
99% des déchets sont invisibles à cause de leur trop petite taille.  https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/pollution-plastique-on-retrouve-99-plastique-disparus-ocean-62879/

99% des déchets sont invisibles à cause de leur trop petite taille. https://www.futura-sciences.com/planete/actualites/pollution-plastique-on-retrouve-99-plastique-disparus-ocean-62879/

La pollution des océans représentée au plafond de la Salle des Droits de l'Homme du Palais des Nations à Genève

Sur le même sujet et sur le même blog:

Plastics

https://pocombelles.over-blog.com/2017/07/plastics.html

Offrande à la mer

https://pocombelles.over-blog.com/archive/2018-05/

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