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Rouge et Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

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Pétition pour conserver à Notre-Dame de Paris les vitraux de Viollet-le-Duc

25 Décembre 2023 , Rédigé par Rouge et Blanc Publié dans #Notre-Dame de Paris, #France

Le président de la République a décidé, seul, sans aucun égard pour le code du patrimoine ni pour la cathédrale Notre-Dame de Paris, de remplacer les vitraux de six chapelles sur sept du bas-côté sud par des créations contemporaines, après l’organisation d’un concours.

Les vitraux de Notre-Dame conçus par Viollet-le-Duc l’ont été comme un ensemble cohérent. Il s’agit d’une véritable création que l'architecte a voulu fidèle à l’origine gothique de la cathédrale. Aux vitraux historiés du déambulatoire, du chœur et du transept s’ajoutent, dans les chapelles de la nef, des verrières purement décoratives en grisaille. Il y a ici une recherche d’unité architecturale et de hiérarchisation de l’espace qui fait partie intégrante de son œuvre et que les travaux avaient notamment pour but de retrouver. D’ailleurs, le chantier en cours a intégré le nettoyage et la consolidation de l’ensemble de ces vitraux.

Peu après l’incendie, des menaces avaient pesé sur eux qui, rappelons-le, n’ont pas été touchés ni même détériorés par l’incendie, et qui sont classés monument historique au même titre que l’ensemble du monument. Mais le ministère de la Culture avait été très clair par la voix de la ministre de l’époque : il n’était pas question d’y toucher. C’est pour cette raison que l’hypothèse de leur remplacement n’a jamais été examinée par la Commission nationale du patrimoine et de l’architecture, l’instance chargée de conseiller le ministre pour les travaux importants sur les monuments historiques. Viollet-le-Duc est une figure majeure de l’art français, reconnue par de nombreuses publications et expositions dont celle organisée en 2015 à la Cité de l’architecture et du patrimoine. 

Pourtant, lors de sa visite à Notre-Dame, vendredi 8 décembre 2023, en même temps qu’il révélait l’excellente nouvelle de la création d’un musée de l’Œuvre dans l’Hôtel-Dieu, Emmanuel Macron a annoncé que les vitraux de six des sept chapelles du bas-côté sud seraient déposés et remplacés par des vitraux contemporains qui feraient l’objet d’un concours. Pour désamorcer les contestations, dont il savait déjà qu’elles seraient fortes, le président de la République a ajouté que ces vitraux seraient exposés dans le musée, ce qui est absurde. Car ces verrières, qui ont - volontairement - des compositions purement décoratives à décors géométriques, n’ont d’intérêt qu’in situ, comme élément à part entière de l’architecture. Elles n’auraient aucun sens hors de celle-ci et prendraient, sans aucun bénéfice pour le public, une place très importante dans les salles de l’Hôtel Dieu en empêchant d’y exposer d’autres œuvres. Si ces vitraux devaient être remplacés, ils finiraient certainement dans des caisses en réserves car les exposer dans le musée viendrait en réalité doubler le scandale de leur dépose.

Quel est le sens de restituer le dernier état historique connu de la cathédrale (avant le 15 avril 2019), celui de Viollet-le-Duc, pour priver l’édifice d’un élément essentiel voulu par celui-ci ? Comment peut-on justifier de restaurer des vitraux qui ont survécu à la catastrophe pour aussitôt les enlever ? Qui a donné mandat au chef de l’État d’altérer une cathédrale qui ne lui appartient pas en propre, mais à tous ? Les vitraux contemporains ont toute leur place dans l’architecture ancienne lorsque ceux d’origine ont disparu. Ils n’ont pas vocation à remplacer des œuvres qui existent déjà.

Emmanuel Macron veut poser la marque du XXIe siècle sur Notre-Dame de Paris. Un peu de modestie serait peut-être préférable. Nous ne serons pas assez cruel pour rappeler que cette marque existe déjà : l’incendie. Un incendie certes accidentel, mais pour lequel il a été abondamment démontré que l’État, avant et pendant sa présidence, porte de lourdes responsabilités.

La renaissance de la cathédrale a été rendue possible par une vaste mobilisation nationale et internationale, grâce aux contributions de milliers de donateurs qui souhaitaient la restaurer dans son état historique. Croit-on vraiment que ceux-ci accepteront que sa restauration soit altérée par la volonté d’Emmanuel Macron d’y laisser son empreinte ?

Les signataires de cette pétition demandent donc que le choix initial du ministère de la Culture de conserver les vitraux voulus par Viollet-le-Duc dans la cathédrale soit respecté, et que la décision du président de la République de doter six des sept chapelles du bas-côté sud de vitraux contemporains soit abandonnée.

Cette pétition est lancée par La Tribune de l'Art.

L'association Sites & Monuments en est le premier signataire, par l'intermédiaire de son président Julien Lacaze.

Mise à jour du 11 décembre 2023 : l'association SOS Paris soutient également cette pétition.

 
Signez ici la pétition:
 
 
 
NDLR: cette initiative présidentielle de remplacement des vitraux de Viollet-le-Duc de Notre-Dame de Paris a toutes les chances de s'inscrire dans le programme de transformation maçonnique de la cathédrale en vue des J.O. de Paris, événement mondialiste.
 

Notre-Dame de Paris : jusqu’où manipule-t-on l’opinion publique ?

par Pierre-Alain Depauw

 
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Les quatre catégories de jeux selon Roger Caillois plus une cinquième selon Georges Dumézil

8 Décembre 2023 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Roger Caillois, #Jeux, #Georges Dumézil, #Académie française, #France, #Lettres

Roger Caillois (1913-1978)

Roger Caillois (1913-1978)

(...)

"Notre cher Roger Caillois, dans un livre célèbre qui parut en ces lieux et qu’on n’est pas parvenu à prendre en défaut, a divisé les jeux, toutes les activités ludiques, en quatre classes : alea, le jeu de hasard, agôn, le jeu de compétition, mimicry, le jeu d’imitation, de singerie, et l’helix, le jeu d’excitation, de vertige, proprement de tourbillon. La belle simplicité de ce tableau m’a toujours parue digne d’être défiée et j’ai passé des jours à tâcher de découvrir un jeu qui n’y rentrât point. Mais chaque fois Caillois me montrait avec rigueur qu’il y rentrait. Un jour je lui ai proposé, comme cinquième catégorie, studium, l’étude, la recherche de l’invention capable de résoudre de vieux problèmes. Il ne contesta pas le caractère ludique de l’étude, mais il dit qu’elle était une collection de jeux des quatre catégories, non une catégorie nouvelle : le hasard, la rivalité avec les contemporains ou les prédécesseurs, l’imitation des maîtres, la jouissance vertigineuse que donne une solution naissante, tout cela s’y trouve, disait-il, mais sans résidu, sans rien qui justifie l’ouverture d’une rubrique spéciale. Eh bien, si, l’étude, le développement d’une province de la connaissance, est un jeu sui generis — je n’ai pas qualité pour parler des sciences en général, des exactes ni des autres, pas même des sciences humaines ; je m’en tiens à mon petit domaine, à mon étude comparée des idéologies indo-européennes. Il est bien vrai que ce studium est d’abord ludique en ce sens que les quatre formes canoniques de jeu selon Caillois y ont leur place : heureux hasard d’un texte rencontré au bon moment, compétition et même polémique, imitation ou inspiration, et aussi vertige, ivresse des solutions brusquement apparues : Mais il y a autre chose, deux autres choses, qui en font une espèce autonome de jeu, deux caractères solidaires."

Georges Dumézil: Discours à l'Académie française pour la remise de l'épée:

https://www.academie-francaise.fr/discours-pour-la-remise-de-lepee

Roger Caillois: Les jeux et les hommes. Gallimard, Paris, 1958.

https://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Folio/Folio-essais/Les-jeux-et-les-hommes

Les quatre catégories de jeux selon Roger Caillois plus une cinquième selon Georges Dumézil

En conclusion, Roger Caillois définit « le jeu comme une activité :

  1. libre : à laquelle le joueur ne saurait être obligé sans que le jeu perde aussitôt sa nature de divertissement attirant et joyeux ;
  2. séparée : circonscrite dans des limites d’espace et de temps précises et fixées à l’avance ;
  3. incertaine : dont le déroulement ne saurait être déterminé ni le résultat acquis préalablement, une certaine latitude dans la nécessité d’inventer étant obligatoirement laissée à l’initiative du joueur ;
  4. improductive : ne créant ni bien, ni richesse, ni élément nouveau d’aucune sorte ; et, sauf déplacement de propriété au sein du cercle des joueurs, aboutissant à une situation identique à celle du début de la partie ;
  5. réglée : soumise à des conventions qui suspendent les lois ordinaires et qui instaurent momentanément une législation nouvelle, qui seule compte ;
  6. fictive : accompagnée d’une conscience spécifique de réalité seconde ou de franche irréalité par rapport à la vie courante.»

https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_jeux_et_les_hommes

Georges Dumézil (1898-1986)

Georges Dumézil (1898-1986)

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Anthologie des meilleurs textes de l'année 2021. Edition Guy Boulianne. Préface de Jean-Claude Perez ("Le CHAOS qui relie et le CHAOS qui tue").

29 Novembre 2023 , Rédigé par Rouge et Blanc Publié dans #France, #Opération Coronavirus, #Sciences, #Professeur Luc Montagnier, #Jean-Claude Perez

La Nature n'accepte pas n'importe quoi. C'est-à-dire on peut faire n'importe quoi à la Nature mais si vous faites une construction artificielle elle a peu de chances de survivre. C'est à dire que la Nature aime les choses harmonieuses et ce qui n'est pas harmonieux, étranger par exemple, n'est pas bien toléré…

— Pr Luc Montagnier, avril 2020

Toute grande vérité passe par trois phases : Elle est d'abord ridiculisée puis violemment combattue, avant d'être acceptée comme une évidence.

— Arthur Schopenhauer

 

Je suis très heureux de vous annoncer que l'Anthologie des meilleurs textes de l'année 2021 est maintenant disponible dans plusieurs boutiques en ligne, dont Amazon. La préface de ce livre a été écrite par le biomathématicien Jean-Claude Perez, ami et collaborateur du Pr Luc Montagnier. 

Guy Boulianne. 

Anthologie des meilleurs textes de l'année 2021

ISBN : 979-8-86-813101-1
Format : 366 pages, 6 x 9 po. (15.2 cm x 22.9 cm)
Papier intérieur crème #60, encre intérieur noir & blanc,
Couverture extérieure #100 en quatre couleurs

PRIX : $ 28.75 CAD (± 19.20 EUR) — Livraison en sus

Source: https://zenodo.org/records/10207269

Sur ce lien, vous pouvez lire la très intéressante préface de J.-C. Perez: "Le CHAOS qui relie et le CHAOS qui tue"

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Celer ne le puis

28 Novembre 2023 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Maurice Scève, #France, #Poésie, #Art

Celer ne le puis

L'un des cinquante blasons qui ornent l'édition originale de la Délie (1544) de Maurice Scève, "le Prince des poètes lyonnais." Il pourrait être l'emblème de mon blog.

Source de cette illustration: le remarquable site consacré à Maurice Scève par Michel Locatelli, que je viens de découvrir avec bonheur sur internet, presque cinquante ans après avoir lu, avec délices, la Délie. Remarquable  par sa présentation, sa richesse et sa sobriété, aussi bien que par la singularité et l'importance de ce poète de la Renaissance.

https://mauricesceve.jimdofree.com/

Portrait de Maurice Scève. Source : Maurice Scève, le Prince des poètes lyonnais.

Portrait de Maurice Scève. Source : Maurice Scève, le Prince des poètes lyonnais.

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Fréderic Beltra (Verity France), un combat en mémoire de son fils Maxime, décédé le 26 juillet 2021 à 22 ans (X. Azalbert / France-Soir)

10 Novembre 2023 , Rédigé par Rouge et Blanc Publié dans #France, #Opération Coronavirus, #Santé

Fréderic Beltra (Verity France), un combat en mémoire de son fils Maxime, décédé le 26 juillet 2021 à 22 ans  (X. Azalbert / France-Soir)

ENTRETIEN ESSENTIEL - "Fréderic Beltra est président de l’association Verity France, regroupant les familles de victimes des vaccins Covid-19. Ses apparitions médiatiques sont très rares et il n’a jamais donné d’interview à un média. Son fils Maxime est décédé lundi 26 juillet 2021, quelques heures après avoir reçu sa première dose Pfizer. Il avait 22 ans.

Dans cet entretien essentiel, Frédéric Beltra prend le temps d’évoquer le début de la pandémie. Il avait quelques interrogations sur les interdictions de certains médicaments car, intuitivement et à titre personnel, il aurait préféré avoir plus d’options. Il évoque sa situation d’entrepreneur et la mise en place des mesures et gestes barrières pour protéger ses clients. Travaillant beaucoup, il faisait confiance au gouvernement et à sa communication jusqu’au moment où s’est posé la question de la vaccination de son fils, courant 2021. S’il avait préalablement téléchargé la notice du vaccin du site de l’ANSM, il n’en prendra connaissance que trop tard. Depuis le décès de son fils, malgré le drame et la dévastation, Frédéric a dévoué son temps à sa famille et son association, Verity. L’association a mis en place des cellules de soutien aux victimes des effets secondaires devant la faillite du système à proposer une réponse adéquate dans ce domaine ou même à considérer les victimes comme tel. En tant que père d’une victime, il n’a jamais été contacté par les officiels du gouvernement. Pire encore, il a dû subir les attaques de certains médias tentant de justifier que la mort de son fils n’avait rien à voir avec l’injection. Aujourd’hui, malgré plus de 200 000 effets secondaires recensés dont 25 % de grave, les injections Covid-19 sont toujours autorisées. Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau est d’ailleurs visé par une plainte de Verity France (d’autres associations lui ont emboîté le pas) en rapport avec ce qu'on peut considérer comme un délit d’extorsion du consentement libre et éclairé. Les mots de Frédéric Beltra sont tranchants, sa détermination entière. Il demande simplement à ce que le statut des victimes soit reconnu et protégé par la loi."

Source et vidéo de l'entretien:

https://www.francesoir.fr/videos-l-entretien-essentiel/frederic-beltra-un-combat-en-memoire-de-son-fils-maxime-decede-le-26

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(France-Soir): Situation désespérée pour les soignants suspendus non réintégrés. Le collectif Les Essentiels sonne l'alerte 

28 Octobre 2023 , Rédigé par Rouge et Blanc Publié dans #France, #Opération Coronavirus, #Santé

(France-Soir): Situation désespérée pour les soignants suspendus non réintégrés. Le collectif Les Essentiels sonne l'alerte 

ENTRETIEN ESSENTIEL - En avril dernier, des soignants semblaient enfin voir le bout du tunnel avec la fin de leur suspension, 18 mois après avoir refusé de se soumettre à l'obligation vaccinale. Pourtant, près de six mois plus tard, la réintégration se passe mal pour des milliers d'entre eux, alerte le collectif Les Essentiels, fondé par Jean-Louis. Pour certains, les conditions de retour ne sont pas tenables, puisqu’ils ne sont pas réintégrés aux postes qu’ils avaient quittés le 15 septembre 2021. Dans cet entretien, Jean-Louis est accompagné de Vincent, docteur en médecine et de Pascale, infirmière. Cette dernière est un exemple type de ce qu’il se passe actuellement. Sentant qu’elle ne pouvait pas accepter les conditions que l'on lui proposait pour sa réintégration, elle a fait le choix de se mettre en disponibilité, tout en se sentant forcée de prendre cette décision : « On a l'impression d'un véritable acharnement de certains personnels administratifs », regrette Jean-Louis, le fondateur du collectif.

Visionnez la vidéo de l'entretien sur le site de France-Soir:

https://www.francesoir.fr/videos-l-entretien-essentiel/situation-desesperee-pour-les-soignants-suspendus-non-reintegres

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Nicolás Gómez Dávila (1913-1994) décrit la campagne française

22 Octobre 2023 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Lettres, #Nicolás Gómez Dávila, #France

Les très Riches Heures du duc de Berry: Septembre

Les très Riches Heures du duc de Berry: Septembre

L’écrivain réactionnaire doit se résigner à une célébrité discrète, puisqu’il ne peut plaire aux imbéciles.

Nicolás Gómez Dávila (1913-1994)

 

(p 185-186) La campagne française comble de joie l’économiste impénitent. Richesse de la terre, incomparable fécondité du sol, et surtout admirable et minutieuse culture du terrain, qui ne laisse pas se perdre le plus petit recoin.

Ce spectacle m’accable. Malgré la beauté et la diversité dont la nature a doté ces paysages, l’homme a su leur imposer une monotonie énervante.

Les rectangles implacables des différentes cultures se succèdent docilement et s’étendent jusqu’à l’horizon. Les arbres alignés se cachent les uns derrière les autres, à égale distance, et font défiler leurs rangs au passage de l’automobile, avec un geste précis et mécanique de gymnaste. Si, tout à coup, nous trouvons un petit bois, il n’est pas difficile de deviner quel rôle pratique remplit cet apparent morceau de liberté oublié sur un sol soumis. Et les vignobles, les vignobles aux mystiques sarments, qui ont fini par envahir le paysage de leur sévérité industrielle.

Bientôt nous éprouvons le désir d’une pièce de terre stérile et libre, d’une terre préservée du labeur humain.

Cette campagne française fait pitié. Terre soumise et servile.

Nature que l’homme a asservie. Sol dompté, incapable de se révolter, plus semblable à une usine alimentaire qu’à la campagne rustique et sacrée que l’homme habitait jadis.

La richesse de la Pomone mythique se transforme en un immense entrepôt de grains et de légumes. La campagne de France n’est pas un jardin, c’est un potager.

Devant ce gigantesque déploiement d’aliments, je ne rêve que de landes stériles, de pitons glacés, de la tiède forêt de mes rivières andines.

Je ne sais d’où me vient cette répulsion. Sobriété innée, goût d’une certaine austérité janséniste, ou modération inévitable d’un ressortissant de pays pauvre? Ah! vieux terrains marécageux de Port-Royal, friches de Castille, ah! mes âpres collines.

Ce que la campagne française met en évidence, c’est la victoire définitive du paysan.

La tâche entreprise le 4 août 1789 et qu’illuminent de leurs feux symboliques les archives féodales incendiées, est enfin accomplie.

Terre entièrement cultivée, dans ses vallées et sur ses coteaux, sur les rives de ses fleuves, dans les étroits jardins de ses maisons comme dans ses vastes plaines, terre sur laquelle veille un immense amour paysan pour le sol qui le nourrit et le fait vivre. Ces lourdes moissons, ces feuillages lustrés, ces pampres qui préparent les grossesses de l’automne, sont l’effort implacable de millions de vies avides et laborieuses. Des vies qui, du matin au soir, travaillent sans relâche le sol qui enfin leur appartient et que plus rien ne protège de leur convoitise séculaire.

Un immense peuple d’insectes s’est répandu sur le sol de la France. Sa sueur le féconde et l’enrichit.

Ces champs exhalent comme la vapeur de la sueur paysanne.

Sur ces terres lumineuses, sur ces horizons doux et purs, sur la lente et molle courbe de ses collines, sur ce paysage d’intelligence et de grâce, de discrétion et de lucidité, règne une démocratie paysanne.

Nicolás Gómez Dávila, Extraits de Notas (1954) et de Escolios I (1977) et des tomes 2  et 1 de Nuevos Escolios (1986). Traduction : Philippe Billé.

Source: https://pocombelles.over-blog.com/page-5215767.html

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"Pour la démocratie sanitaire": entretien avec le Dr. Louis Fouché (Covidhub.ch)

8 Octobre 2023 , Rédigé par Rouge et Blanc Publié dans #Dr Louis Fouché, #France, #Opération Coronavirus, #Santé, #Aristote

La prudence est l'intelligence du courage.

Aristote

Capture d'écran

Capture d'écran

Louis Fouché: «Pour la démocratie sanitaire!»

Le médecin et écrivain demandera à l'Ordre des médecins, qui le juge le 19 octobre 2023, un dialogue confraternel pluraliste pour diversifier et améliorer les réponses sanitaires.

Le Dr Louis Fouché, anesthésiste, a été convoqué pour le 19 octobre 2023 à Marseille par une commission disciplinaire de l’Ordre des médecins. Contrairement à d’autres confrères sanctionnés récemment, il ne souhaite pas faire le procès de l’Ordre. Il estime que cette institution est tout à fait nécessaire, pour autant qu’elle accepte les opinions contradictoires. Il veut plutôt profiter de sa comparution pour plaider en faveur d’un débat confraternel et scientifique sur les problèmes soulevés par la lutte contre le Covid depuis 2020, explique-t-il dans l’entretien vidéo qu’il a accordé à Covidhub.

Dans cet entretien, ce médecin qui questionne des politiques sanitaires menées jusqu’ici, s’exprime sur les prises de paroles publiques qui lui sont reprochées: sur les traitements interdits comme l’hydroxychloroquine ou l’ivermectine, les effets graves des «vaccins anti-Covid», ou encore la «mise en danger de la population».

Louis Fouché parle du «personnage médiatique caricaturé» que des journalistes ont fait de lui sans même lui demander son avis, et qui sans doute exerce une influence sur les médecins chargés de le juger. Il souhaite qu’un dialogue apaisé et confraternel puisse le mettre hors de cause, comme cela a été le cas pour le Pr Christian Perronne le 21 octobre 2022.

Il explique comment ce personnage créé par les médias a également contribué à dresser contre lui des mouvements écologistes dont il était très proche auparavant.

Le médecin convoqué par ses pairs commente aussi la récente radiation du Pr Henri Joyeux, privé d’exercice de la médecine durant deux ans. Que ferait-il en cas de sentence similaire? Quels mouvements, projets, prises de conscience, dialogues démocratiques autour de la santé pourraient naître d’une telle confrontation?

Louis Fouché y répond en détail dans le présente vidéo. Très serein avant l’échéance, il privilégie une «parole prudente», qui constitue «l’intelligence du courage». Alors que les coups de gueule, dit-il, n’ont aucun effet opérationnel dans le réel.

Source et lien vers la vidéo de l'entretien avec le Dr Louis Fouché: https://www.covidhub.ch/louis-fouche-democratie-sanitaire/

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Conon de Béthune: Ahi ! Amors, com dure departie

4 Octobre 2023 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Conon de Béthune, #France, #Musique, #Poésie

Conon de Béthune: Ahi ! Amors, com dure departie
Conon de Béthune: Ahi ! Amors, com dure departie
Conon de Béthune: Ahi ! Amors, com dure departie

Conon de Béthune (vers 1150 dans l'ancienne région de l'Artois, aujourd'hui Pas-de-Calais - 17 décembre 1219 ou 1220, à ou près de Constantinople ou peut-être Adrianople) était un croisé et un poète trouvère.
Né en 1150, il est le dixième fils de Robert V, seigneur de Béthune et avoué de l'abbaye de Saint-Vaast d'Arras (dans l'actuel Pas-de-Calais), mort au siège d'Acre en 1191. Par sa grand-mère, Conon de Béthune était apparenté à la famille régnante du Hainaut en Flandre. Il est probable (d'après les commentaires faits dans l'un de ses poèmes) que Conon se soit présenté à la cour de France à l'occasion du mariage du roi Philippe Auguste avec Isabelle de Hainaut en 1180 et qu'il ait chanté ses chansons devant Marie de Champagne (connue pour ses liens avec Chrétien de Troyes).

Après avoir participé à la troisième croisade, Conon de Béthune partit (avec son frère Guillaume) pour la quatrième croisade en 1200, accompagnant les chevaliers de Baudoin, comte de Flandre, et servant d'orateur officiel. Son éloquence, sa sagesse et sa chevalerie sont louées par Geoffroi de Villehardouin (qui dit de Conon : "Bon chevalier et sage estoit et bien eloquens"). Après la conquête de Constantinople (1204), Conon de Béthune occupe plusieurs postes importants dans le gouvernement de Baudoin (et plus tard d'Henri de Flandre et de Pierre de Courtenay) et joue un rôle clé dans la réconciliation de Baudoin avec Boniface de Montferrat et dans la bataille d'Adrianople. Après la mort de l'impératrice Yolanda de Flandre en 1219, il est choisi par les barons comme régent de l'Empire, mais meurt peu après en 1219 ou 1220 dans la ville d'Adrianople (aujourd'hui Edirne, en Turquie européenne).

Conon de Béthune: Ahi ! Amors, com dure departie
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Conon de Béthune, « Jadis dans un autre pays »

4 Octobre 2023 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Conon de Béthune, #France, #Poésie

Jadis dans un autre pays
Un chevalier aima une dame.
Tant que la dame fut à son avantage,
Elle lui refusa son amour,
Jusqu'au jour où elle lui dit : « Ami,
Je vous ai longtemps amusé par mes paroles ;
Or votre amour est connu et prouvé,
Désormais, je serai toute à votre gré. »

Le chevalier la regarda bien en face,
Il la vit pâle et décolorée.
« Dame, fait-il, je n'ai pas de chance
Que dès l'autre année, vous n'ayez eu cette pensée.
Votre beau visage qui ressemblait à la fleur de lis
Me paraît avoir tellement changé de mal en pis
Qu'il m'est avis que vous n'êtes plus la même à mes yeux.
Vous avez pris bien tard cette décision, madame. »

Quand la dame s'entendit railler1 de cette manière,
Elle en eut honte, et elle dit étourdiment :
« Par Dieu, vassal2, croyez-vous qu'on doive vous aimer
Et que je parle sérieusement ?
Cela ne m'est pas venu à l'esprit.
Jamais je n'aurai daigné vous aimer
Vu que vous avez souvent plus grande envie
D'embrasser un bel adolescent. »

– Madame, j'ai bien ouï3 parler
De votre beauté, mais ce n'est pas d'aujourd'hui.
J'ai ouï conter de Troie
Que cette ville fut jadis de très grande puissance,
Et maintenant on en trouve à peine l'emplacement.
Pour ce, je vous conseille d'excuser
Que soient accusés de tricherie
Ceux qui désormais ne voudront vous aimer. »

– Vassal, vous avez eu une fâcheuse idée
De me reprocher mon âge ;
Si ma jeunesse est tout à fait passée,
Je suis d'autre part riche et de haut parage4 ;
On m'aimerait avec un peu de beauté.
Il n'y a pas un mois
Que le marquis m'envoya son messager
Et le Barrois a jouté5 pour l'amour de moi. »

– Par Dieu, dame, cela doit bien vous ennuyer
De regarder toujours à la haute situation.
On n'aime pas une dame pour sa parenté,

Mais on l'aime quand elle est belle et sage ;

Vous en saurez un jour la vérité :

Car il y en a bien cent qui ont jouté pour l'amour de vous,
Qui, fussiez-vous la fille du roi de Carthage,
Ne le voudraient plus aujourd'hui. »

Conon de Béthune
« Jadis dans un autre pays », XIIe siècle, trad. de l'ancien français d'André Mary, Anthologie poétique française : Moyen Âge, Volume 1 © Flammarion, coll. GF, 1967.

1. Entendit qu'on se moquait d'elle.

2. Chevalier ayant juré fidélité à un seigneur, en échange d'un fief, d'un territoire.

3. Entendu.

4. Famille, lignée.

5. Le marquis a combattu.

 

Source: https://www.lelivrescolaire.fr/page/6427265

Conon de Béthune (vers 1150 dans l'ancienne région de l'Artois, aujourd'hui Pas-de-Calais - 17 décembre 1219 ou 1220, à ou près de Constantinople ou peut-être Adrianople) était un croisé et un poète trouvère.
Né en 1150, il est le dixième fils de Robert V, seigneur de Béthune et avoué de l'abbaye de Saint-Vaast d'Arras (dans l'actuel Pas-de-Calais), mort au siège d'Acre en 1191. Par sa grand-mère, Conon de Béthune était apparenté à la famille régnante du Hainaut en Flandre. Il est probable (d'après les commentaires faits dans l'un de ses poèmes) que Conon se soit présenté à la cour de France à l'occasion du mariage du roi Philippe Auguste avec Isabelle de Hainaut en 1180 et qu'il ait chanté ses chansons devant Marie de Champagne (connue pour ses liens avec Chrétien de Troyes).

Après avoir participé à la troisième croisade, Conon de Béthune partit (avec son frère Guillaume) pour la quatrième croisade en 1200, accompagnant les chevaliers de Baudoin, comte de Flandre, et servant d'orateur officiel. Son éloquence, sa sagesse et sa chevalerie sont louées par Geoffroi de Villehardouin (qui dit de Conon : "Bon chevalier et sage estoit et bien eloquens"). Après la conquête de Constantinople (1204), Conon de Béthune occupe plusieurs postes importants dans le gouvernement de Baudoin (et plus tard d'Henri de Flandre et de Pierre de Courtenay) et joue un rôle clé dans la réconciliation de Baudoin avec Boniface de Montferrat et dans la bataille d'Adrianople. Après la mort de l'impératrice Yolanda de Flandre en 1219, il est choisi par les barons comme régent de l'Empire, mais meurt peu après en 1219 ou 1220 dans la ville d'Adrianople (aujourd'hui Edirne, en Turquie européenne).

Conon de Béthune, « Jadis dans un autre pays »
Conon de Béthune, « Jadis dans un autre pays »
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