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Rouge et Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

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Michel Raimbaud: «Nous ne savions pas… qu’il y a un droit international» (RT - 22 mars 2021)

22 Mars 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #France, #Guerre, #Politique, #Syrie

«Nous ne savions pas… qu’il y a un droit international»

 

par Michel Raimbaud

 

22 mars 2021

 

Comme l'Irak avant elle, la Syrie est la cible de l'hystérie médiatique mainstream à l'occasion des 10 ans de la guerre. Ancien diplomate, Michel Raimbaud s'interroge : faudra-t-il 30 ans pour reconnaître les crimes commis contre ce pays ?

 

 

En mars 1991, l’Irak de Saddam Hussein, qui venait d’imploser face à une coalition conduite par Washington, entamait sa descente aux enfers. Il était désormais, pour longtemps, sous étroite surveillance et embargo. Entre un mirage de «glasnost» et une vague de «perestroïka», l’URSS de Gorbachev, noyée dans un rêve d’Occident, allait bientôt sombrer et se disloquer. L’Amérique se voyait déjà comme «le plus puissant Empire que la terre ait porté» et s’apprêtait à le faire payer très cher à qui ne l’aurait pas compris. Après avoir fait semblant de chercher une issue pacifique évitant à l’Irak l’humiliation, la France de Mitterrand avait rejoint l’assaut anti-Saddam, mesurant peu à peu combien sa marge de manœuvre vis-à-vis de Bagdad était étroite. Après un retour de flamme gaulliste sous Chirac, elle jetterait ses derniers feux en mars 2003 avec le discours flamboyant mais sans conséquence de Villepin au Conseil de Sécurité, abandonnant l’Irak et poursuivant sa glissade vers l’atlantisme.

Il a fallu trente ans pour que le mainstream du pays de la raison et des droits de l’Homme daigne découvrir le gigantesque mensonge qui avait occulté la destruction de l’Irak et l’atroce supplice infligé à son peuple. Le triste Colin Powell, célèbre pour avoir entubé le Conseil de Sécurité avec sa sinistre fiole, attendrait une éternité pour s’excuser vaguement au prétexte qu’il avait été mal informé (sic). Quelques-uns l’imiteraient plus tard, beaucoup d’autres jamais. Devant le scandale, nombreux sont ceux qui maintenant brandissent une excuse facile : «Nous ne savions pas», disent-ils, escamotant ainsi leur responsabilité. Avouer qu’ils savaient serait reconnaître qu’ils ont été coupables ou complices. Selon le long documentaire consacré à l’Irak récemment sur France 2, Chevènement avouait savoir depuis le 4 août 1990 que la France avait donné son accord à Washington pour être à ses côtés contre Saddam : la saga diplomatique dont les Français étaient fiers n’était donc qu’un leurre. Lire aussi Fichez la paix à la Syrie ! par Bruno Guigue L’accablant bilan de la tragédie irakienne a été passé sous silence, malgré un certain nombre de voix et d’initiatives courageuses qui ont tenté de démasquer l’entreprise américaine inspirée par le sionisme judéo-protestant : l’Etat démantelé et détruit, son armée et sa police dissoutes, l’un des pays les plus modernes du monde arabe ramené cinquante ans en arrière par les raids et l’usage d’armes prohibées, humilié par un «pétrole contre nourriture» inique. Sans compter les exactions et tortures, les prisons, le pillage du patrimoine archéologique. Au bas mot deux millions de morts dont 500 000 enfants, «le prix de la démocratie» selon la vieille Albright… Et l’inénarrable George W. Bush posant la question historique : Pourquoi nous haïssent-ils tant ? La bêtise de cet accès de folie furieuse témoigne de la dégénérescence morale du pays de Descartes et des droits de l’homme, une sorte de Covid de l’intelligence Le même scénario est en train de se reproduire assez exactement pour la Syrie, entrée en cette mi-mars dans sa onzième année de guerre. Sauf que l’Etat syrien, fort de sa résilience et de ses alliances (Russie et Iran), n’a pas été détruit, même si le pays est ravagé, son économie ruinée et son peuple asphyxié et affamé par l’embargo et les sanctions, sans voir le bout de son calvaire. Refusant de reconnaître son «impensable défaite» et «l’impensable victoire de Bachar el-Assad», l’Amérique a préféré, comme le prédisait benoîtement en 2016 le conseiller d’Obama Robert Malley, passer à un second stade de l’agression, la guerre militaire proprement dite bel et bien perdue laissant la place à une guerre économique sans fin, une guerre «proxy» avec l’appui du ban et de l’arrière-ban de la «communauté internationale» à l’occidentale. Comme il était prévisible, la mi-mars, dixième « anniversaire » du début des évènements en Syrie, a déclenché une hystérie sans précédent et à première vue incompréhensible dans la morne plaine – marécageuse à souhait – du mainstream, qui unit dans son lit les politiques, les médias et ceux dont le métier est de penser. La bêtise de cet accès de folie furieuse témoigne de la dégénérescence morale du pays de Descartes et des droits de l’homme, une sorte de Covid de l’intelligence. Ce sont simplement les intellectuels néoconservateurs à la française qui se mobilisent, égrenant leur chapelet de pieux mensonges et d’insanités, où se bousculent de jolis mots comme démocratie, droit international, droits de l’homme, justice, pluralisme, solution politique. Furieux de leur défaite, et n’ayant rien de présentable à revendiquer ou à proposer, à l’image des terroristes modérés et des révolutionnaires embusqués qu’ils soutiennent, ils stigmatisent sur l’air de la vertu outragée «l’Etat voyou» en Syrie, le «régime de Bachar», le gang «génocidaire», le «tyran massacreur», illustrant à merveille ce «degré zéro de la pensée politique» (et de l’intelligence) qu’est le néoconservatisme, et cette «dame bêtise» dont ils sont les amants et fiancés. On voit même avancer l’idée que, pour défaire durablement l’Etat islamique en Syrie, il convient de «stabiliser» les rebelles, qui ont détruit leur pays et se pourlèchent du martyre de leurs compatriotes. Lire aussi Dix ans de guerre en Syrie : une défaite pour l'interventionnisme occidental ? Ce qu’a subi l’Irak depuis trente ans, la Syrie le vit pour la onzième année consécutive (plus que les deux guerres mondiales réunies), un silence sidéral et un déni total raffinant le calvaire d’un peuple martyrisé. Si elle continue de mourir à petit feu, ce n’est pas pour «payer le prix d’une nécessaire démocratisation», ce n’est ni un «printemps raté» ni une guerre civile comme on s’évertue à le dire dans les pays de l’Axe du Bien. Parmi les «experts» qui pérorent, j’ose espérer qu’il n’y a pas de professeurs de droit international, car ils sauraient sûrement qu’à l’instar de l’Irak en son temps, la Syrie a été et est toujours la victime d’une agression internationale. Lors des procès de Nuremberg (et de Tokyo) de 1946, ce crime d’agression, fondé sur la volonté libre et consciente de menacer ou de rompre la paix, est assimilé au «crime contre la paix» et qualifié de «crime international par excellence», l’une des violations majeures du droit international aux côtés du génocide, du crime de guerre et du crime contre l’humanité. Il est inscrit par le Tribunal de Nuremberg en tête de liste, assorti de la formule suivante : «Lancer une guerre d’agression n’est pas seulement un crime international ; c’est le crime international suprême», la seule différence avec les autres crimes de guerre étant qu’il recèle en lui-même tout le Mal accumulé de tous les autres. C’est «le crime par excellence». Codifié par l’Assemblée générale des Nations unies, résolution 95/1946, il appartient au Droit pénal international et relève de la Cour de Justice internationale de La Haye (en ce qui concerne la responsabilité et l’incrimination des Etats). Repris par le Traité de Rome de juillet 1998, portant création de la CPI, il relève également de la juridiction de la Cour pénale internationale (pour la responsabilité personnelle des responsables des Etats). Faudra-t-il se donner rendez-vous dans trente ans pour «découvrir» le bilan des guerres de Syrie, qu’elles soient militaires et visibles ou économiques et invisibles ? Pour agrémenter sa paisible retraite, Debeliou Bush avait choisi, parait-il, de peindre de ridicules petits moutons, sans être jamais effleuré par l’idée qu’il devrait avoir sur la conscience des millions de morts Lorsqu’aura sonné l’heure de faire les comptes et de rendre justice, il conviendra en tout cas de rappeler sans trêve aux cent gouvernements qui participent jusqu’à aujourd’hui à cette agression caractérisée, la gravité de leur entreprise criminelle. Et l’on dénoncera en premier lieu les trois Occidentaux, membres permanents du Conseil de Sécurité, qui prétendent dire le Droit international et en être les gardiens, alors qu’ils en sont les premiers violateurs. Pour agrémenter sa paisible retraite, Debeliou Bush avait choisi, parait-il, de peindre de ridicules petits moutons, sans être jamais effleuré par l’idée qu’il devrait avoir sur la conscience des millions de morts, de blessés, d’estropiés, d’enfants handicapés, sans même compter la destruction de plusieurs pays. D’autres, comme Blair ou Obama, tirent même un revenu enviable du récit de leurs exploits, en donnant des conférences grassement payées, où leurs ravages et crimes sont considérés implicitement comme les effets collatéraux d’une œuvre pie : aucune référence aux morts, aux destructions dont ils sont responsables, au sort des États ruinés ou dépecés... Ils sont bien habillés, bien coiffés, bien nourris, bardés de diplômes, ils se posent en «maîtres du monde» : ils disent le droit, font la loi, décident de la guerre, écrivent le récit de leurs exploits vus par une lorgnette détraquée. En résumé, Occidentaux ou partisans de l’Occident, les occidentalistes sont les élites du «monde civilisé», l’essence de la seule humanité qui compte à leurs yeux d’aveugles. Ils se croient invulnérables et intouchables. Ils n’ont ni remords ni vergogne. Ils sont même fiers de leurs actes, de leurs bilans, de leur appui à ces terroristes recyclés ou non qui «font du bon boulot». Leur péché mignon, dont ils ne peuvent se défaire puisqu’ils y voient la nouvelle mouture de l’exécrable «fardeau de l’homme blanc», c’est la manie de délivrer des leçons de morale et de décider à leur place ce que doivent faire les pays «qui n’appartiennent pas à notre monde», même si personne ne les a sonnés. Évidemment, s’il y avait encore un soupçon de sagesse en Occident, on se demanderait comment des gens dont le sens de la gouvernance et du droit international est aussi erratique à domicile peuvent décider du sort de leurs voisins plus ou moins lointains. Raison de plus pour que les responsables politiques ou militaires, les intellectuels, les médias qui ont décidé, organisé, soutenu ou justifié un crime d’agression internationale (ou plusieurs), sachent qu’ils sont et resteront, quoi qu’ils fassent ou ne fassent pas, responsables pour le crime d’agression internationale, ou pour leur appui ou leur complicité, et qu’ils devront rendre des comptes, sans qu’il puisse y avoir prescription. La justice a certes de nombreux défauts, mais elle est tenace.

 

Michel Raimbaud

 

 

Ancien diplomate et essayiste, Michel Raimbaud a publié plusieurs ouvrages, notamment Tempête sur le Grand Moyen-Orient (2e édition 2017) et Les guerres de Syrie (2019)

 

Source: RT France : https://francais.rt.com/opinions/84954-syrie-nous-ne-savions-pas-qu-il-y-a-droit-international-michel-raimbaud

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Joyeux Printemps ! joyeux Norouz !

20 Mars 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Asie, #France, #Iran, #Nature, #Religion

Jonquilles sauvages. Forêt de Rambouillet (Yvelines, France). Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Jonquilles sauvages. Forêt de Rambouillet (Yvelines, France). Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Le temps a laissié son manteau 
De vent, de froidure et de pluye, 
Et s'est vestu de brouderie, 
De soleil luyant, cler et beau.

Il n'y a beste, ne oyseau, 
Qu'en son jargon ne chante ou crie 
Le temps a laissié son manteau 
De vent, de froidure et de pluye.

Riviere, fontaine et ruisseau 
Portent, en livree jolie, 
Gouttes d'argent, d'orfaverie ; 
Chascun s'abille de nouveau 
Le temps a laissié son manteau.

 

Charles d'Orléans (1394-1465)

 

Joyeux Norouz à nos amis Iraniens qui fêtent aujourd'hui leur entrée dans une nouvelle année et un nouveau siècle: 1400. Souhaitons-leur qu'ils soient pour eux synonymes  de bonheur et de succès.

 

Joyeux Printemps ! joyeux Norouz !
Joyeux Printemps ! joyeux Norouz !

"La symbolique des fleurs n’est pas de notre race, mais ne blasphémons pas à propos d’elle. Si, au moment où les plantes fleurissent, il t’arrive de faire une promenade en brousse, examine les abeilles. Tu sauras que chaque fleur est un sentier mystique. Avant de fabriquer du miel dont Dieu lui-même a dit qu’il était un remède, l’abeille se pose sur chaque fleur qui a sa tête au soleil pour lui demander sa contribution. Et comme Dieu l’a dit à la fin du 76e verset de la sourate XVI : « Il y a en cela un signe pour ceux qui réfléchissent." [24]

24Hampâté Bâ, Amadou, Vie et enseignement de Tierno Bokar, Le sage du Bandiagara, Seuil, Points Sagesses, 2004.

http://www.teheran.ir/spip.php?article994#gsc.tab=0

Sur Tierno Bokar: un entretien télévisé avec son neveu Hampaté Bâ (archives INA):

https://www.youtube.com/watch?v=UN_XuQexK64

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Le Retour du Cajun: La France dans la Guerre d'Indépendance américaine

9 Mars 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #France, #Guerre, #Histoire, #USA

Toujours merci ... à Rinaldo !

Le Retour du Cajun: La France dans la Guerre d'Indépendance américaine
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Le retour du Cajun: Jules Brunet et les derniers samouraï

9 Mars 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Asie, #France, #Japon

Encore une fois... merci à Rinaldo !

Emblème ("mori") du clan Tokugawa.

Emblème ("mori") du clan Tokugawa.

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Le retour du Cajun: Le Siège de La Rochelle (1628) "Pas d'État dans l'État !"

1 Mars 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #France, #Guerre, #Histoire

Excellentes vidéos, légendes intelligentes, iconographie remarquable, très belles musiques: découvrez le Retour du Cajun  et faites-le découvrir à vos enfants et à vos amis pour leur donner le goût de connaître l'histoire mouvementée de la France.

Le Rouge et le Blanc.

Remerciements à Rinaldo, une nouvelle fois.

 

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Charles de Gaulle: La France

25 Février 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #France, #Histoire, #Politique

"Quand la France redeviendra la France, on repartira de ce que j'ai fait et non de ce que l'on a fait depuis mon départ".

" Un appel venu du fond de l'Histoire, ensuite l'instinct du pays, m'ont amené à prendre en compte le trésor en deshérence, à assumer la souveraineté française. C'est moi qui détiens la légitimité. C'est en son nom que je puis appeler la nation à la guerre et à l'unité, imposer l'ordre, la loi, la justice, exiger au-dehors le respect des droits de la France. Dans ce domaine, je ne saurais le moins du monde renoncer, et même transiger. Sans que je méconnaisse l'intention suprême qui inspire le message du Maréchal, sans que je mette en doute ce qu'il y a d'important pour l'avenir moral de la nation, dans le fait qu'en fin de compte c'est vers de Gaulle qu'est tombé Pétain, je ne puis lui faire que la réponse de mon silence".

Mémoires de guerre, L'Unité, Paris. La Pléiade, Gallimard, p. 583.

"Il ne peut y avoir de gouvernement français légitime qui ait cessé d'être indépendant. Nous, Français, avons au cours du temps subi des désastres, perdu des provinces, payé des indemnités, mais jamais l'État n'a accepté la domination étrangère! Même le roi de Bourges, la Restauration de 1814 et celle de 1815, le gouvernement et l'assemblée de Versailles en 1871, ne se sont pas subordonnés. Si la France se reconnaissait dans un pouvoir qui portait le joug, elle se fermerait l'avenir".

Mémoires de guerre, L'Unité, La Pléiade, Gallimard, p. 583.

"Mon dessein consiste donc à dégager la France, non pas de l'alliance atlantique que j'entends maintenir à titre d'ultime précaution, mais de l'intégration réalisée par l'O.T.A.N. sous commandement américain; à nouer avec chacun des États du bloc de l'Est et, d'abord avec la Russie des relations visant à la détente et à la coopération; à en faire autant, le moment venu, avec la Chine; enfin, à nous doter d'une puissance nucléaire telle que nul ne puisse nous attaquer sans risquer d'effroyables blessures. Mais  ce chemin, je veux le suivre à pas comptés, en liant chaque étape à l'évolution générale et sans cesser de ménager les amitiés traditionnelles de la France".

Mémoires d'espoir. Le Renouveau. Le Monde. La Pléiade, Gallimard, p. 1017.

"À la continuité, l'ancienne monarchie était parvenue au prix d'un effort plusieurs fois séculaire à l'encontre des vassaux, mais il ne lui avait fallu rien de moins que l'hérédité, le sacre et l'absolutisme".

Mémoires d'espoir. L'Effort. Chapitre premier. La Pléiade, Gallimard, p. 1148.

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COVID-19: manipulation mentale, diviser pour régner: les analyses du Dr Frédéric Badel, médecin-psychiatre)

8 Février 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Opération Coronavirus, #France

Constat et analyse du Docteur Frédéric Badel, médecin-psychiatre spécialisé dans les stress post-traumatiques :

« – La population est désormais scindée en deux groupes.

Le premier, hétérogène, est composé des personnes favorables au vaccin. Il réunit celles qui, par conviction ou par lassitude, sont prêtes à s’y soumettre pour sortir de la crise. Il abrite ainsi les personnes qu’il a été possible de sensibiliser, qui croient sans hésitation au message relayé par les ondes. Celles-là resteront réceptives à tous les messages de danger et agréeront la méthode de sortie de crise, fût-elle assortie de privations pérennes de leurs droits.

On trouve aussi dans ce groupe les personnes qui se sont coupées de toute information depuis longtemps, pour se protéger, et qui sont devenues indifférentes à tout discours. Pour elles, l’essentiel est de ne plus entendre parler du sujet. Elles ont disqualifié tous les avis pour les neutraliser. Ainsi le leurre des tests conduisant à une épidémie de cas, sans morts ni malades, ne parvient plus à leur entendement, comme si leur cerveau avait été débranché. Leur priorité est de mettre un terme à la maltraitance qui leur est infligée en se coupant de toute nuisance.

Le second groupe rassemble les détracteurs du vaccin, ceux qui ont échappé à l’influence du matraquage médiatique, qui ont souvent pris des avis ou cherché des informations hors des sources classiques, tout en restant sensibles à la réalité de leur environnement (services hospitaliers non saturés, nombre de morts comparable aux années précédentes, mesures prises non proportionnées, amenuisement des droits fondamentaux sans justification etc.). Ces personnes ont également intégré qu’une vaccination n’exempterait pas des mesures de distanciation sociale et, par conséquent, que la convivialité ne serait pas rétablie, que le gouvernement garderait de façon arbitraire le contrôle de la population et de ses activités. Elles observent avant tout l’immixtion toujours croissante de l’État dans leur quotidien et dans leur vie privée.

Ces deux groupes sont désormais séparés par une ligne qu’il sera difficile de faire bouger. La manipulation a montré des limites qui étaient prévisibles et elle sera sans effets sur ceux qu’elle a tenté, en vain, de convaincre. Ces groupes se sont figés, leurs effectifs se sont immobilisés, et peu importe les arguments avancés, les scandales établis ou les preuves apportées, ceux-ci se noieront dans un récit national inaliénable impossible à dénoncer sauf à être traité de complotiste. Les mots se seront substitués à la réalité et, utilisés à contre-emploi, ils auront perdu de leur sens et véhiculeront des idées en rupture avec les faits.

Le pouvoir en place pourra même avouer ses mensonges, le peuple l’acclamera, incapable de le croire mal intentionné et persuadé qu’il est au-dessus des soupçons. Il n’est donc plus temps de publier des résultats d’études prouvant l’efficacité de tel produit, le mensonge sur tel autre, de produire des courbes démontrant le caractère infinitésimal du risque sanitaire et disproportionné des réactions de peur. Surdité et aveuglement règnent en maître chez les personnes qui, conditionnées, sont privées de jugement et incapables d’admettre que des faits objectifs puissent démentir la réalité qu’elles ont construite.

Organiser l’affrontement de ces deux groupes de la population est une possibilité – opportunité ? – désormais envisageable. Nos dirigeants devraient rapidement s’en saisir pour encourager une organisation sociale qui opposerait bons et mauvais citoyens, gens sains, dociles, responsables et vaccinés et gens toxiques, rebelles, inconséquents et non vaccinés. Ce système de bons citoyens est présent en Chine. Il repose sur la délation et l’obéissance à la règle.

Le bon usage par le gouvernement de la graduation dans la contrainte et la soumission du peuple conduisent à ce jour à l’acceptation d’une vaccination inutile dont la toxicité n’est pas évaluée et pour laquelle les laboratoires, compte tenu de la rapidité d’élaboration des produits, ont déjà négocié de ne pas être tenus responsables de potentiels effets secondaires, obtenant des États qu’ils répondent de telles conséquences. Et pourquoi pas en définitive puisque les politiques sont devenus médecins.

Nos gouvernants et nos parlementaires, de par leur pouvoir et leur influence, vont inciter toute une population à faire un geste dont l’intérêt n’est pas démontré et dont les conséquences ne sont pas mesurées, et se présenter ainsi en sauveurs.

Cela évoque les techniques sectaires et les suicides collectifs. Pour échapper à la fin du monde ou aux extra-terrestres – ici au virus mortel -, le sacrifice est présenté comme salvateur. La réalité ensevelie sous les messages quotidiens discordants, culpabilisants, a laissé la place au délire dans lequel les liens logiques se dissolvent.

Les sectes se servent de ces moyens : isoler les individus en les coupant de leurs liens sociaux et familiaux, rendre les gens dépendants en les privant de leurs moyens de subsistance, propager un discours univoque martelé dans des grand-messes permanentes, évincer toute pensée divergente, présenter les opposants comme des nuisibles qui ne comprennent ni leur propre intérêt, ni l’intérêt commun supérieur. « Nous contre les autres » est généralement la doctrine simple compréhensible par chacun car simpliste, et hélas adoptée.

Le cap est franchi. Maintenant que les lignes de partage qui clivent la population se précisent, ce gouvernement n’a plus la possibilité de revenir à des positions plus raisonnables et proportionnées. Il a fait tout son possible dans le domaine de la manipulation, il a mobilisé toutes les sphères d’influence tout en restant crédible auprès d’une partie importante de la population. Pour ceux qui, rebelles, refusent d’adhérer, d’autres méthodes plus coercitives encore s’imposent.

Les signes de cette dérive totalitaire se trouvent dans les techniques de lavage de cerveau employées, identiques à celles des sectes. Elles étaient là dès le départ, mais comment croire qu’un gouvernement démocratiquement élu puisse se retourner contre son peuple ?

Aujourd’hui, une partie de ce peuple est plongée dans la pauvreté, le désarroi, les « non-essentiels » commencent à se suicider, les troubles psychiatriques se multiplient et… le conseil scientifique continue d’assurer sa grand-messe à une armée de fidèles hallucinés.

Demain, n’importe quel virus, réel ou fictif, pourra de nouveau semer la terreur chez des populations prêtes à se faire vacciner pour conserver un peu de liberté. Elles y sont prêtes. Et si les tests actuels sont encore utilisés -contre toute logique-, même les populations vaccinées seront positives et resteront contagieuses. Les mesures de distanciation resteront la règle.

Signe supplémentaire de la supercherie, les hommes qui murmurent à l’oreille des virus prédisent déjà les vagues à venir et leurs dates d’apparition. Toute science a vraiment déserté nos sociétés.  Les réseaux sociaux, « complotistes », ont donné des dates de confinement bien avant leur annonce officielle, montrant ainsi que toute préoccupation sanitaire était absente des décisions officielles.

Les conséquences humaines sont terribles. Tout lieu de convivialité a disparu, les gens sont plus isolés que jamais, ils souffrent de mesures iniques imposées par une poignée de dirigeants, sans aucune concertation, sous couvert d’assurer leur salut. Ce qui fait l’humain, sa capacité à tisser des liens, son besoin d’entrer en contact avec l’autre, est menacé. Le tissu social s’est dissout dans les mesures imposées par un régime devenu fou, hors de contrôle, déroulant une feuille de route établie de longue date en dépit de toute considération du réel. Les mesures prises altèrent la santé de la population et tuent. Elles sont anti-sanitaires. La dictature est en marche.

Notre mode de vie a effectivement bien changé ; le Covid n’en est que le prétexte, le catalyseur. Cette dégradation de nos conditions d’existence et la disproportion des mesures prises pour lutter contre un virus donne du crédit au discours de ceux qui voient là le moyen d’instaurer un nouvel ordre mondial qui doit annihiler notre vie privée et nos droits individuels.

Les premiers constats montrent les signes de la réalisation de cet ordre nouveau. »

Frédéric Badel

Psychiatre

Source: https://www.le-journal-catalan.com/pro-ou-anti-vaccin-lavis-du-psychiatre-frederic-badel/86849/

Covid 19 : techniques de manipulation

Sauf à vivre en anachorète ou à être engagé dans une retraite méditative, il n’a échappé à personne que notre façon de vivre a été modifiée de façon radicale avec les mesures imposées de « distanciation sociale », le port du masque et la mise en pièce de notre économie.

Avec une facilité déconcertante, le gouvernement a brisé notre façon de vivre ensemble, restreint nos libertés individuelles fondamentales et il nous prépare quotidiennement à de futures mesures.

Comment en arrive-t-on à un résultat si rapide ?

Le pilier sur lequel repose une telle prouesse est le conditionnement à la peur. Par la diffusion répétée de messages de danger accompagnés de stimuli tels un son, une image, il est possible de créer assez rapidement chez la plupart des individus un réflexe de peur ancré dans le centre de la peur, un petit noyau dans notre cerveau le plus primitif (nous le partageons avec les reptiles). Les mécanismes de régulation qui logent dans des structures plus élaborées du cerveau (observation, analyse, jugement, classement), qui opèrent normalement une régulation par rétrocontrôle, se trouvent débordés et ce petit noyau reste anormalement activé. A chaque nouvelle stimulation, il va être excité, sans contrôle possible. Il ne reste donc à l’individu que des comportements plus archaïques, on le constate par exemple dans le stockage alimentaire ou les rixes qui apparaissent en cas de risque de pénurie.

Le conditionnement à la peur est un mécanisme automatique, extrêmement efficace et parfaitement connu. Certaines personnes sont plus disposées que d’autres à ce conditionnement.

La peur modifie donc les comportements qui perdent leur rationalité. Les soignants ne sont pas vaccinés contre la peur et, comme les autres, la subissent. Ainsi des cabinets médicaux ont été fermés, des médecins n’ont plus examiné leurs patients, la téléconsultation a connu un essor fulgurant.

Ce phénomène a été aggravé par le court-circuitage de structures de soins habituellement opérantes et performantes en cas d’épidémie ; tout devait être géré par l’hôpital, ce qui a pu engorger quelques services. Des lits ont été gardés en réserve pour la « deuxième vague », la crête de la première dans la plupart des régions n’ayant pas même été perçue, privant ainsi les patients de soins parfois urgents ou d’interventions, allant jusqu’à provoquer leur décès.

La panique chez les médecins, toujours couplée aux injonctions politiques, a conduit à priver de soins les personnes en EHPAD et plus généralement les personnes âgées. Les conséquences de ce phénomène sont aujourd’hui connues : nombre d’entre elles sont décédées dans le plus grand dénuement affectif, d’autres ont connu des altérations irréversibles de leurs fonctions cognitives ou ont perdu en autonomie. Les personnels soignants font état de cette évolution catastrophique à grande échelle. 

Comme l’a affirmé en substance le professeur Raoult, un médecin qui a peur ne peut pas soigner, il doit changer de métier.

Les patients ont évité de consulter et on estime à 30000 le nombre de cancers non dépistés en se basant sur le nombre habituel moyen de dépistage.

Les hôpitaux de jour ont fermé, privant de soins les plus fragiles, en particulier en psychiatrie, et laissant les familles désemparées.

Les médias ont relayé abondamment ces nouvelles à grand renfort d’images, je pense en particulier à celles de patients transférés par réseau ferré. Ces images inhabituelles ont eu d’autant plus d’impact que leur dimension hypnotique (on cherche à comprendre) crée un cercle vicieux en stimulant les centres de la peur.

Cette même peur a favorisé des comportements de délation et éveillé chez certains des vertus de justicier. Une de mes patientes s’est vue apostrophée dans une grande surface par une cliente pour avoir toussé « madame quand on a le covid on reste chez soi ! », un autre a failli en venir aux mains pour un masque mal positionné. De nombreuses personnes soumises à la peur et déconnectées de leur intelligence s’érigent en justicier ou en bon élève qui penserait« je suis dans mon droit, je suis toutes les recommandations officielles.»

Le conditionnement est renforcé par des distorsions de logique utilisées systématiquement. Parmi les plus fréquentes, on trouve l’abstraction sélective qui consiste dans le fait d’isoler un élément mineur et ne traiter que celui-ci. A titre d’exemple, on mentionnera le cas de cette adolescente décédée et les cas de Kawasaki chez l’enfant, qui cultivent auprès du plus grand nombre l’idée que le virus concerne indifféremment toutes les classes d’âge. La généralisation va généralement de pair avec l’abstraction sélective: un détail particulier vient couvrir tous les faits. (« le virus tue les jeunes »). On pourrait conclure selon la même logique qu’il faut abandonner le vélo car il est mortel, que l’on soit cycliste amateur ou professionnel.

Ce conditionnement à la peur, qui a fait prendre de si mauvaises décisions, a été couplé à une culpabilisation majeure et incessante. Celui qui ne respecte pas les consignes est responsable de l’aggravation des consignes restrictives, de la poursuite de l’épidémie, de la mort de ses proches. Cette culpabilisation se poursuit aujourd’hui au moyen de messages martelés dans tous types de médias intimant de ne pas embrasser ses proches ou recommandant des barbecues masqués entre amis car nous sommes des personnes responsables. Il faut protéger les plus fragiles, message louable mais cynique car il a conduit à infliger à nos aînés le pire, la privation de contacts et de soins.

Le détournement du sens des mots et l’introduction de mots nouveaux. Le chef de l’Etat a déclaré que nous étions en guerre. Nous n’avons jamais été en guerre mais cela a permis de faire passer facilement le principe de l’état d’urgence et d’imposer toutes les mesures sans concertation. De même une sémantique inconnue a progressivement colonisé notre langue pour devenir aujourd’hui banale. Il en est ainsi du cluster. Qui connaissait le mot ? A n’en pas douter peu d’entre nous. Le cluster s’est imposé et il est devenu une menace, un autre stimulus de la peur, car il semble savant donc « sachant ». Il ne désigne pourtant qu’un foyer de contagion (il existe d’autres significations en musique, informatique etc). Dans ce registre on peut également noter la confusion entretenue sciemment entre « cas positifs » et « malades ». Ne pouvant continuer à nous conditionner en égrainant quotidiennement les nombres des malades ou des victimes décédées, ces derniers diminuant, le chiffre des cas positifs est substitué, entretenant ainsi le sentiment de peur.

Actuellement, on continue à nous maintenir dans l’idée d’une épidémie de cas positifs, sans victime, sans malade. 

D’autres mécanismes sont également employés.

Le mensonge ou l’action volontaire de tromper : mensonge sur la disponibilité des masques, sur leur utilité qui n’est pas prouvée( des études allemandes rapportent même des effets délétères du port du masque généralisé- présence de microplastiques ; le système européen RAPEX a rappelé 70 modèles de masques car ils ne répondaient pas aux normes de qualité de l’UE et pouvaient entraîner des « risques graves »), sur leurs commandes, mensonge sur la létalité du Covid (CDC aux USA par exemple), sur l’action de l’hydroxychloroquine (HCQ) et sur ses effets secondaires (Carlucci et al, mai 2020). Nous sommes pour cela moqués par les Africains qui utilisent couramment cette molécules (nos soldats également) et chez lesquels l’usage généralisé n’a pas entraîné l’hécatombe promise et a même peut-être permis de limiter les décès. Mensonge sur la nécessité d’un vaccin (on ne vaccine pas une population contre un virus à létalité faible) . Pour plus de détails, les études référencées et leurs résultats figurent sur le site de « Swiss Policy Research »

La suppression de toute voix divergeante : la voix la plus connue en France est celle du Professeur déjà nommé. Difficile de l’entendre en dehors de sa chaîne IHU Marseille ; mais si on lui prête parfois la figure d’un original, il est en réalité loin d’être le seul à avoir des opinions qui divergent des positions officielles. De nombreuses études, dans différents pays, concluent à l’inutilité voire la nocivité des masques en extérieur, remettent en question le taux de mortalité du virus etc …sans se prononcer ici sur la pertinence de ces positions, reconnaissons qu’il est anormal que toute voix divergente soit inaudible ou discréditée d’entrée et qu’il faille vraiment chercher pour y avoir accès !

L’étiquetage : toute personne ayant un avis divergeant est suspecté de complotisme, de liens avec l’extrême droite. Ce procédé permet de faire l’économie d’une réflexion pourtant indispensable ; il est décrété sans analyse aucune ni réflexion que untel est complotiste. Votre intelligence est laissée de côté.

La fausse bienveillance ou injonction paradoxale. Elle consiste à lier deux propositions qui empêchent toute décision et elle paralyse l’action. Par exemple il est laissé à l’appréciation de chacun de porter le masque à l’extérieur dans certaines villes mais un plan de reconfinement est déjà prêt si l’épidémie repart. Ce procédé, bien connu des psychiatres, est un procédé qui rend fou.
Si vous le couplez au grand niveau d’incertitude entretenu volontairement sur la suite de l’épidémie, vous devenez diabolique.

Prédire certains aspects de l’avenir. Malgré l’incertitude savamment orchestrée, dès le début de cette crise, il a été dit que l’épidémie allait durer, que la rentrée de septembre ne se ferait pas normalement, et, surtout, le mythe du « monde d’après » a été développé et entretenu. C’est là un autre aspect de la manipulation mentale, du lavage de cerveau ou de la propagande. Je vous dis que nous sommes entrés dans le monde d’après, (ceci est rabâché à l’envi), dès avril ou mai. Quoi que l’on fasse, quoi qu’il se passe, le monde d’avant aura disparu. Le maintien des mesures de privation de liberté me donnent raison.

Ceci est une insulte à l’intelligence puisque la prophétie, par les mesures prises, s’auto-vérifie : malgré des chiffres officiels très bas de décès et de passage aux urgences (voir geodes santé publique France), le maintien de la distanciation sanitaire et du port du masque maintient l’idée de l’épidémie.

Nous sommes préparés à des mesures restrictives « jusqu’à la vaccination ». Aucune autre voie de sortie ne semble envisageable.

La sanction permet de rappeler à l’ordre ceux qui n’auraient pas été suffisamment sensibles au conditionnement. Et les chiffres montrent que le procédé a été largement utilisé en France. Le niveau de verbalisation a été important, plus d’un million d’amendes ayant été appliquées pendant le confinement.

Le cocktail conditionnement à la peur, culpabilisation, sanction est extrêmement efficace.

Quelles conséquences ?

Les mesures prises ont laissé notre économie exsangue. Or, les pertes d’emplois et les faillites ont toujours été accompagnées d’une épidémie de suicides.

Le nombre de morts par suicide, par manque de soins, par absence de dépistage, par tristesse seront-ils décomptés ? Combien verrons-nous de deuils compliqués, séquelles de mesures inhumaines interdisant tout rassemblement ?

Selon certaines prospectives, les mesures prises feront bien plus de morts que le virus.
Nous restons dans une incertitude cultivée, avec une population clivée entre pro et anti-masques. Ce climat est délétère et favorise la violence et l’émergence des redresseurs de torts ; la privation de liberté favorise également la violence.

Que faire ?

A titre individuel, il est difficile de lutter contre cette propagande. Nous voyons que l’usage immodéré des outils de communication ici évoqués de façon non exhaustive ne nous permet pas une grande marge de manœuvre.
Mais rien n’empêche de bannir les chaînes d’information continue qui activent en permanence la peur. Personne n’est contraint d’écouter les chaînes principales d’informations acquises à des grands groupes, il est possible à chacun de trouver des sources d’information alternatives auprès de journaux indépendants, en ligne principalement, et nous pouvons, professionnels de santé, nous regrouper pour dénoncer l’absence de concertation.

Nous pouvons apprendre à ne pas croire tout ce qui est dit ou montré à la télévision. Les techniques de manipulation dans ce domaine sont pléthore (voir par exemple sur Swiss Policy Research).

L’humanité n’en est ni à son premier, ni à son dernier virus. Les virus sont omni-présents, nous en hébergeons en permanence. La seule nouveauté réside dans les comportements humains mis en œuvre pour se protéger du covid.

Quelle que soit la dangerosité d’un agent, viral ou autre, rien ne peut justifier dans une démocratie le confinement contraint d’un peuple. On peut faire de la pédagogie, de l’éducation, de l’information. Mais actionner le volet répressif, appliquer des mesures coercitives privatives de liberté en vertu du principe de précaution ou de n’importe quel autre principe, sans preuve dans notre cas de l’efficacité de telles mesures, est catastrophique sur le plan humain. Cela participe à la déshumanisation de notre pays (autrui est suspect de vous contaminer, vous vivez masqués et muselés, les lieux de réjouissance restent fermés, ceux qui sont ouverts le sont parfois selon des horaires définis de façon incompréhensible, confinant à l’arbitraire…). Mandat est donné aux élus de protéger les citoyens, pas de les bâillonner ou de les priver de leurs moyens de subsistance.

Si le virus fait de nouvelles victimes, et il en fera dans les populations fragiles dès l’automne comme le font les virus chaque année, on pourra dire que celui qui n’a pas appliqué strictement les consignes est fautif. Le confinement vous menace. On vous infantilise.

Si le virus disparaît, ce qui est peu probable car les coronavirus alternent mais ne semblent pas disparaître, le gouvernement pourra se féliciter d’avoir bien agi.

Dans tous les cas de figure, il sort vainqueur de la crise. Et s’il redéfinit l’épidémie comme étant un grand nombre de personnes testées positives, quelle issue peut-on imaginer à cette crise ?

Ces techniques de manipulation mentale sont dignes des régimes totalitaires. Ce qui se profile, et ce à quoi on nous prépare, c’est le traçage, le passeport sanitaire, voire une obligation ou une forte incitation à la vaccination, des restrictions encore plus importantes de nos libertés individuelles. 

Le covid peut constituer un coup d’essai. Il permet à ce jour de mesurer la docilité du peuple, son pouvoir de rébellion.

Quand un Etat décide du bonheur de son peuple et qu’il le juge incapable de décider par et pour lui-même, la voie est ouverte à la dictature (ici sanitaire) ; tous les signes semblent être présents : la rhétorique, les moyens de contrainte, l’annonce du monde d’après.

Nous devons nous poser la question du type de société que nous voulons créer. Celle du tout sanitaire et du risque zéro me paraît constituer la pire des options car, d’une part, elle esquisse la voie de moyens de contrôle de toute la population, de restrictions de plus en plus grandes de nos libertés fondamentales et institue un délire paranoïaque à grande échelle, et d’autre part est un non-sens ou une négation ontologique.

Dr Frédéric Badel

Source: https://covidinfos.net/covid19/culpabilisation-conditionnement-mensonge-le-dr-badel-denonce-des-techniques-de-manipulation-mentale-dignes-des-regimes-totalitaires/2002/

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Noblesse oblige

6 Février 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Histoire, #Philosophie, #Religion, #Politique, #France

Louis II de La Trémoille, portrait attribué à Benedetto Ghirlandajo, vers 1485-1486, Chantilly, Musée Condé.

Louis II de La Trémoille, portrait attribué à Benedetto Ghirlandajo, vers 1485-1486, Chantilly, Musée Condé.

Noblesse oblige
Noblesse oblige
Noblesse oblige
Noblesse oblige
Noblesse oblige

Généalogie de la famille de la Trémoille et descendance d'icelle de quelques familles poitevines. Poitiers, de l'imprimerie Henri Oudin, rue de l'Éperon 4, 1868.

Source: https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5653987s/f12.item.texteImage

 

Remerciements à Rinaldo.

Armes de la Maison de la Trémoille. Devise: "Dieu et le Roi".

Armes de la Maison de la Trémoille. Devise: "Dieu et le Roi".

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Saint-Exupéry: Il n'y a pas de job dans un tas de cendres.

5 Février 2021 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #France, #Lettres

Antoine de Saint-Exupéry s'adresse au général René Chambe:

- "Peut-être pour un millénaire, me dit-il un jour. L'univers ne s'en remettra pas. Il se retrouvera en pleine décadence au milieu de ses gravats et de ses ruines. Pourquoi nous battons-nous ? Par une sorte d'attachement désespéré à des principes que nous ne voulons pas voir disparaître. C'est assez puéril. Pour qui et pourquoi, ces principes ? Mais nous ne pouvons faire autrement. Quand on a écrit les livres que nous avons écrits, vous comme moi, il ne nous est pas possible de ne pas les mettre en action. Que dirait-on si nous agissions différemment ? Que dirions-nous nous-mêmes de nous ? Nous nous débattons dans une forêt de tests. C'est notre test à nous.

Voyez-vous, Général, je hais notre époque. Après cette guerre, quand tout sera fini, nous ne trouverons plus rien que le vide. L'humanité, depuis des siècles, descend un immense escalier dont le sommet se perd dans les nuages et le bas dans un abîme d'ombre. Elle aurait pu le remonter, cet escalier, elle a choisi de le descendre. La décadence spirituelle est effrayante.

Cela me sera bien égal si je suis tué pendant la guerre. Vivant, dans quel job pourrais-je me réfugier ? Il n'y a pas de job dans un tas de cendres".

**************

LETTRE NON ENVOYÉE, DESTINÉE AU GÉNÉRAL X…

 [Oudjda. Juin 1943]

 Cher Général,

Je viens de faire quelques vols sur P 38. C'est une belle machine. J'aurais été heureux de disposer de ce cadeau-là pour mes vingt ans. Je constate avec mélancolie qu'aujourd'hui, à quarante-trois ans, après quelque six mille cinq cents heures de vol sous tous les ciels du monde, je ne puis plus trouver grand plaisir à ces jeux-là. L'avion n'est plus qu'un instrument de déplacement — ici de guerre — et si je me soumets à la vitesse et à l'altitude à un âge patriarcal pour ce métier, c'est bien plus pour ne rien refuser des emmerdements de ma génération, que dans l'espoir de retrouver les satisfactions d'autrefois.

Ceci est peut-être mélancolique — mais peut-être bien ne l'est pas. C'est sans doute quand j'avais vingt ans que je me trompais. En octobre 1940, de retour d’Afrique du Nord, où le groupe 2/33 avait émigré, ma voiture étant remisée, exsangue, dans quelque garage poussiéreux, j'ai découvert la carriole à cheval. Par elle, l'herbe des chemins, les moutons et les oliviers. Ces oliviers avaient un autre rôle que celui de battre la mesure, derrière les vitres, à cent trente kilomètres-heure. Ils se montraient dans leur rythme vrai, qui est de lentement fabriquer des olives. Les moutons n'avaient plus pour fin exclusive, de faire tomber la moyenne. Ils redevenaient vivants. Ils faisaient de vraies crottes et fabriquaient de la vraie laine. Et l'herbe aussi avait un sens, puisqu'ils la broutaient.

Et je me suis senti revivre, dans ce seul coin du monde où la poussière soit parfumée (je suis injuste. Elle l'est en Grèce aussi comme en Provence). Et il m'a semblé que, durant toute ma vie, j'avais été un imbécile. (…)

Tout ça pour vous expliquer que cette existence grégaire, au cœur d'une base américaine, ces repas expédiés debout en dix minutes, ce-va-et-vient entre des monoplaces de deux mille six cents chevaux, et une sorte de bâtisse abstraite où nous sommes entassés à trois par chambre, ce terrible désert humain, en un mot, n'a rien qui me caresse le cœur. Ça aussi, comme les missions sans profit ni espoir de retour de juin 1939, c'est une maladie à passer. Je suis " malade " pour un temps inconnu. Mais je ne me reconnais pas le droit de ne pas subir cette maladie. Voilà tout.

Ainsi je suis profondément triste — et en profondeur. Je suis triste pour ma génération, qui est vidée de toute substance humaine. Qui n'ayant connu que le bar, les mathématiques et la Bugatti, comme forme de vie spirituelle, se trouve aujourd'hui entassée dans une action strictement grégaire, qui n'a plus aucune couleur. On ne sait pas le remarquer. Prenez le phénomène militaire d'il y a cent ans. Considérez combien il intégrait d'efforts, pour qu'il fût répondu à la soif spirituelle, poétique ou simplement humaine de l'homme.

Aujourd'hui que nous sommes plus desséchés que des briques, nous sourions de ces naïvetés. Les costumes, les drapeaux, les chants, la musique, les victoires (il n'est plus de victoires aujourd'hui, rien qui ait la densité poétique d'un Austerlitz. Il n'est plus que des phénomènes de digestion lente ou rapide). Tout lyrisme sonne ridicule. Les hommes refusent d'être réveillés à une vie spirituelle quelconque. Ils font honnêtement une sorte de travail à la chaîne. Comme dit la jeunesse américaine " nous acceptons honnêtement ce job ingrat ". Et la propagande. dans le monde entier, se bat les flancs avec désespoir. Sa maladie n'est point d'absence de talents particuliers, mais de l'interdiction qui lui est faite de s'appuyer, sans paraître pompière, sur les grands mythes rafraîchissants. De la tragédie grecque, l'humanité dans sa décadence, est tombée jusqu’au théâtre de Monsieur Louis Verneuil. (On ne peut guère aller plus bas.) Siècle de la publicité, du système Bedeau, des régimes totalitaires et des armées sans clairons ni drapeaux, ni messes pour les morts. Je hais mon époque de toutes mes forces. L'homme y meurt de soif.

Ah général, il n'y a qu'un problème, un seul, de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle. Des inquiétudes spirituelles. Faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. Si j'avais la foi, il est bien certain que, passé cette époque de " job nécessaire et ingrat ", je ne supporterai plus que Solesme. On ne peut plus vivre de frigidaires, de politique, de belote et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur, ni amour. Rien qu’à entendre les chants villageois du XVe siècle on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi).

Deux milliards n'entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot. Se font robots. Tous les craquements des trente dernières années n’ont que deux sources. Les impasses du système économique du XIXe siècle. Le désespoir spirituel. Pourquoi Mermoz a-t-il suivi son grand dadais de colonel, sinon par soif ? Pourquoi la Russie, pourquoi l’Espagne? Les hommes ont fait l'essai des valeurs cartésiennes : hors les sciences de la nature, ça ne leur a guère réussi. Il n’y a qu'un problème, un seul, redécouvrir qu'il est une vie de l'Esprit, plus haute encore que la vie de l'intelligence. La seule qui satisfasse l'homme. Ça déborde le problème de la vie religieuse, qui n'en est qu'une forme (bien que, peut-être, la vie de l'esprit conduise à l'autre nécessairement). Et la vie de l'Esprit commence là où un Être " vu " est conçu au-dessus des matériaux qui le composent. L'amour de la maison — cet amour inconnaissable aux États-Unis — est déjà de la vie de l'Esprit. Et la fête villageoise. Et le culte des morts. (Je cite ça, car il s'est tué, depuis mon arrivée ici, deux ou trois parachutistes. Mais on les a escamotés : ils avaient fini de servir. Ça, c’est de l'époque, non de l'Amérique l'homme n’a plus de sens.)

Il faut absolument parler aux hommes.

À quoi servira de gagner la guerre, si nous en avons pour cent ans de crises d'épilepsie révolutionnaire ? Quand la question allemande sera enfin réglée, tous les problèmes véritables commenceront à se poser. Il est peu probable que la spéculation sur les stocks américains suffise, au sortir de cette guerre, à distraire, comme en 1919, l'humanité de ses soucis véritables. Faute d'un courant spirituel fort, il poussera, comme champignons, trente-six sectes qui se dévoreront les unes les autres. Le marxisme lui-même, trop vieillot, se décompose en une multitude de néo-marxismes contradictoires. On l'a bien observé en Espagne. A moins qu'un César français ne nous installe dans un camp de concentration néo-socialiste pour l'éternité.

Il faut parler aux hommes, parce qu'ils sont prêts à se rallier à n'importe quoi. Je regrette de m'être, l'autre matin, si mal exprimé auprès du général Giraud. Mon intervention a paru lui déplaire comme une faute de goût ou de tact ou de discipline. Je m'en affecte absolument la faute : il est difficile d'aborder, à bâtons rompus, de tels problèmes. J'ai échoué par hâte. Cependant, le général a été injuste en me marquant si nettement sa désapprobation, car je n'avais pour but que le rayonnement de l'effort et de la forme de pensée qu'il représente. L'automatisme de la hiérarchie militaire émoussait mes arguments. Le général m'eût écouté avec plus de bienveillance si j'avais été plus adroit. Et cependant, ce que j'exprimais partait de mes tripes, et je parlais dans le seul but de lui être utile et, par lui, d'être utile à mon pays. Car il me paraît discutable que les commandants d'unité aient qualité pour substituer leur interprétation à un exposé fondamental. Ils n'ont point le pouvoir d'apaiser, s'ils ne se réfèrent pas à un exposé officiel, le sous-officier qui doute de soi, une action politique qui a eu en permanence le souci des exposés précis et simples, l'ayant tourmenté dans sa probité. son patriotisme et son honneur. Le général G[iraud] est dépositaire de l'honneur de ses soldats.

À ce sujet, j'ignore si le remarquable discours que le général Giraud a prononcé — et que la presse nous apportait ici avant-hier — doit quelque chose de ses thèmes à mon inquiétude. Le passage, concernant la résistance invisible et le sauvetage de l'Afrique du Nord, était exactement ce dont les hommes avaient soif. Les remarques entendues en font foi. Si j'ai ici servi à quelque chose, et si même le général Giraud me tient rigueur de mon intervention, je suis heureux d'avoir rendu service. Il ne s'agit point de moi. De toute façon, le discours était nécessaire : il a été remarquablement réussi. Cher général, mis à part ces dernières lignes concernant une visite qui m’a laissé un vague malaise, je ne sais trop pourquoi je vous fatigue de cette lettre longue, illisible (j'ai le poignet droit cassé, j'ai du mal à me faire lisible), et inutile. Mais je me sens assez sombre, et j'ai besoin d'une amitié.

Ah ! cher général, quelle étrange soirée ce soir. Quel étrange climat. Je vois de ma chambre s'allumer les fenêtres de ces bâtisses sans visage. J'entends les postes radio divers débiter leur musique de mirliton à cette foule désœuvrée, venue d'au-delà des mers, et qui ne connaît même pas la nostalgie. On peut confondre cette acceptation résignée avec l'esprit de sacrifice ou la grandeur morale. Ce serait là une belle erreur. Les liens d'amour, qui nouent l'homme d'aujourd'hui aux Êtres comme aux choses, sont si peu tendres, si peu denses, que l'homme ne sent plus l'absence comme autrefois. C'est le mot terrible de cette histoire juive : " Tu vas donc là-bas ? Comme tu seras loin ! Loin d'où ? " Le " où " qu'ils ont quitté, n'était plus guère qu'un vague faisceau d’habitudes. En cette époque de divorce, on divorce avec la même facilité d'avec les choses. Les frigidaires sont interchangeables. Et la maison aussi, si elle n'est plus qu'un assemblage. Et la femme. Et la religion. Et le parti. On ne peut même plus être infidèle : à quoi serait-on infidèle ? Loin d'où et infidèle à quoi ? Désert de l’homme. Qu’ils sont donc sages et paisibles ces hommes en groupe. Moi je songe aux marins bretons d’autrefois, qui débarquaient à Magellan, à la légion étrangère lâchée sur une ville, à ces nœuds complexes d'appétits violents et de nostalgies intolérables qu'ont toujours constitués les mâles un peu trop sévèrement parqués. Il fallait toujours pour les tenir des gendarmes forts ou des principes forts, ou des fois fortes. Mais aucun de ceux-là ne manquerait de respect à une gardeuse d’oies. L'homme d'aujourd'hui, on le fait tenir tranquille, selon le milieu, avec la belote ou avec le bridge. Nous sommes étonnamment bien châtrés. Ainsi, sommes-nous enfin libres. On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher.

Moi je hais cette époque, où l'homme devient sous un "totalitarisme universel ", bétail doux, poli et tranquille. On nous fait prendre ça pour un progrès moral ! Ce que je hais dans le marxisme, c'est le totalitarisme à quoi il conduit. L'homme y est défini comme producteur et consommateur. Le problème essentiel est celui de distribution. Ainsi dans les fermes modèles. Ce que je hais dans le nazisme, c'est le totalitarisme à quoi il prétend par son essence même. On fait défiler les ouvriers de la Ruhr devant un Van Gogh, un Cézanne et un chromo. Ils votent naturellement pour le chromo. Voilà la vérité du peuple ! On boucle solidement dans un camp de concentration les candidats Cézanne, les candidats Van Gogh, tous les grands non-conformistes, et l'on alimente en chromos un bétail soumis. Mais où vont les États-Unis, et où allions-nous nous aussi. À cette époque de fonctionnariat universel ? L'homme robot, l'homme termite, l'homme oscillant d'un travail à la chaîne, système Bedaux, à la belote. L'homme châtré de tout son pouvoir créateur et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson. L'homme que l'on alimente en Culture de confection, en culture standard, comme l'on alimente les bœufs en foin. C'est ça l'homme d'aujourd'hui.

Et moi je pense que — il n’y a pas trois cents ans — on pouvait écrire La Princesse de Clêves ou s'enfermer dans un couvent pour la vie à cause d'un amour perdu, tant était brûlant l'amour. Aujourd'hui, bien sûr, des gens se suicident, mais la souffrance de ceux-là est de l'ordre d'une rage de dents intolérable. Ça n'a point affaire avec l'amour.

Certes, il est une première étape. Je ne puis supporter l'idée de verser des générations d'enfants français dans le ventre du moloch allemand. La substance même est menacée. Mais quand elle sera sauvée, alors se posera le problème fondamental qui est celui de notre temps. Qui est celui du sens de l'homme. Et il n'est point proposé de réponse. et j'ai l'impression de marcher vers les temps les plus noirs du monde.

Ça m'est bien égal d'être tué en guerre. De ce que j'ai aimé, que restera-t-il ? Autant que des Êtres, je parle des coutumes, des intonations irremplaçables, d'une certaine lumière spirituelle. Du déjeuner dans la ferme provençale sous les oliviers, mais aussi de Haendel. Les choses, je m'en fous, qui subsisteront. Ce qui vaut, c'est un certain arrangement des choses. La civilisation est un lien invisible, parce qu'elle porte non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l'une à l'autre, ainsi et non autrement. Nous aurons de parfaits instruments à musique, distribués en grande série, mais où sera le musicien ?

Si je suis tué en guerre, je m'en moque bien, ou si je subis une crise de rage de ces sortes de torpilles volantes, qui n'ont plus rien à voir avec le vol, et font du pilote, parmi ses boutons et ses cadrans, une sorte de chef comptable. (Le vol aussi, c'est un certain ordre de liens.) Mais si je rentre vivant de ce "job nécessaire et ingrat ", il ne se posera pour moi qu'un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?

Je sais de moins en moins pourquoi je vous raconte tout ceci. Sans doute pour le dire à quelqu'un, car ce n'est point ce que j'ai le droit de raconter. Il faut favoriser la paix des autres, et ne pas embrouiller les problèmes. Pour l'instant, il est bien que nous nous fassions chefs comptables à bord de nos avions de guerre.

Depuis le temps que j'écris, deux camarades se sont endormis devant moi dans ma chambre. Il va me falloir me coucher aussi, car je suppose que ma lumière les gêne (ça me manque bien, un coin à moi !). Ces deux camarades, dans leur genre, sont merveilleux. C'est droit, c'est noble, c'est propre, c'est fidèle. Et je ne sais pourquoi j'éprouve, à les regarder dormir, une sorte de pitié impuissante. Car s'ils ignorent leur propre inquiétude, je la sens bien. Droits, nobles, propres, fidèles, oui. Mais aussi terriblement pauvres. Ils auraient tant besoin d’un dieu.

Cher général, pardonnez-moi, si cette mauvaise lampe électrique que je vais éteindre, vous a aussi empêché de dormir. Et croyez en mon amitié.

Saint-Exupéry.

  http://generalchambe.free.fr/index3.htm

 

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