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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

lettres

Ernst Jünger: Traité du rebelle, ou le recours aux forêts

8 Février 2021 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Lettres, #Politique

Ernst Jünger (à gauche) et Carl Schmitt en barque sur le lac devant le château de Rambouillet (juillet 1941)

Ernst Jünger (à gauche) et Carl Schmitt en barque sur le lac devant le château de Rambouillet (juillet 1941)

"Notre intention n'est pas, plus généralement, de nous en prendre aux coulisses de politique et de la technique, ni à leurs groupements. Elles passent, tandis que la menace demeure, et même revient plus vite et plus violemment. Les adversaires finissent par se ressembler, au point qu'il n'est plus difficile de deviner en eux des déguisements d'une seule et même puissance.Il ne s'agit pas d'endiguer ici et là le phénmène, mais de dompter le temps. On ne peut le faire sans souveraineté. Or, elle se trouve moins, dans nos jours, dans les décisions générales qu'en l'homme qui abjure la crainte en son coeur. Les énormes préparatifs de la contrainte ne sont destinés qu'à lui, et pourtant, ils sont voués à faire éclater son triomphe ultime. C'est ce savoir qui le rend libre. Les dictatures tombent alors en poussière. Là reposent les réserves, presque vierges, de notre temps, et non pas seulement du nôtre; c'est le thème de toute l'histoire et sa délimitation, ce qui la sépare, et des empires et des démons, et du simple événement zoologique. Les mythes et les religions en donnent un modèle qui se reproduit sans cesse, et sans cesse les Géants et les Titans dressent leur puissance accablante. L'homme libre les abat; il le peut, même s'il n'est pas toujours prince et Héraclès. Le caillou lancé par une fronde de pâtre, l'oriflamme portée par une vierge, une arbalète ont déjà suffi à cette tâche".

Ernst Jünger, Traité du rebelle, ou le recours aux forêts. Traduit de l'allemand par Henri Plard, Points Seuil/Christian Bourgois, 1981.

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Saint-Exupéry: Il n'y a pas de job dans un tas de cendres.

5 Février 2021 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #France, #Lettres

Antoine de Saint-Exupéry s'adresse au général René Chambe:

- "Peut-être pour un millénaire, me dit-il un jour. L'univers ne s'en remettra pas. Il se retrouvera en pleine décadence au milieu de ses gravats et de ses ruines. Pourquoi nous battons-nous ? Par une sorte d'attachement désespéré à des principes que nous ne voulons pas voir disparaître. C'est assez puéril. Pour qui et pourquoi, ces principes ? Mais nous ne pouvons faire autrement. Quand on a écrit les livres que nous avons écrits, vous comme moi, il ne nous est pas possible de ne pas les mettre en action. Que dirait-on si nous agissions différemment ? Que dirions-nous nous-mêmes de nous ? Nous nous débattons dans une forêt de tests. C'est notre test à nous.

Voyez-vous, Général, je hais notre époque. Après cette guerre, quand tout sera fini, nous ne trouverons plus rien que le vide. L'humanité, depuis des siècles, descend un immense escalier dont le sommet se perd dans les nuages et le bas dans un abîme d'ombre. Elle aurait pu le remonter, cet escalier, elle a choisi de le descendre. La décadence spirituelle est effrayante.

Cela me sera bien égal si je suis tué pendant la guerre. Vivant, dans quel job pourrais-je me réfugier ? Il n'y a pas de job dans un tas de cendres".

**************

LETTRE NON ENVOYÉE, DESTINÉE AU GÉNÉRAL X…

 [Oudjda. Juin 1943]

 Cher Général,

Je viens de faire quelques vols sur P 38. C'est une belle machine. J'aurais été heureux de disposer de ce cadeau-là pour mes vingt ans. Je constate avec mélancolie qu'aujourd'hui, à quarante-trois ans, après quelque six mille cinq cents heures de vol sous tous les ciels du monde, je ne puis plus trouver grand plaisir à ces jeux-là. L'avion n'est plus qu'un instrument de déplacement — ici de guerre — et si je me soumets à la vitesse et à l'altitude à un âge patriarcal pour ce métier, c'est bien plus pour ne rien refuser des emmerdements de ma génération, que dans l'espoir de retrouver les satisfactions d'autrefois.

Ceci est peut-être mélancolique — mais peut-être bien ne l'est pas. C'est sans doute quand j'avais vingt ans que je me trompais. En octobre 1940, de retour d’Afrique du Nord, où le groupe 2/33 avait émigré, ma voiture étant remisée, exsangue, dans quelque garage poussiéreux, j'ai découvert la carriole à cheval. Par elle, l'herbe des chemins, les moutons et les oliviers. Ces oliviers avaient un autre rôle que celui de battre la mesure, derrière les vitres, à cent trente kilomètres-heure. Ils se montraient dans leur rythme vrai, qui est de lentement fabriquer des olives. Les moutons n'avaient plus pour fin exclusive, de faire tomber la moyenne. Ils redevenaient vivants. Ils faisaient de vraies crottes et fabriquaient de la vraie laine. Et l'herbe aussi avait un sens, puisqu'ils la broutaient.

Et je me suis senti revivre, dans ce seul coin du monde où la poussière soit parfumée (je suis injuste. Elle l'est en Grèce aussi comme en Provence). Et il m'a semblé que, durant toute ma vie, j'avais été un imbécile. (…)

Tout ça pour vous expliquer que cette existence grégaire, au cœur d'une base américaine, ces repas expédiés debout en dix minutes, ce-va-et-vient entre des monoplaces de deux mille six cents chevaux, et une sorte de bâtisse abstraite où nous sommes entassés à trois par chambre, ce terrible désert humain, en un mot, n'a rien qui me caresse le cœur. Ça aussi, comme les missions sans profit ni espoir de retour de juin 1939, c'est une maladie à passer. Je suis " malade " pour un temps inconnu. Mais je ne me reconnais pas le droit de ne pas subir cette maladie. Voilà tout.

Ainsi je suis profondément triste — et en profondeur. Je suis triste pour ma génération, qui est vidée de toute substance humaine. Qui n'ayant connu que le bar, les mathématiques et la Bugatti, comme forme de vie spirituelle, se trouve aujourd'hui entassée dans une action strictement grégaire, qui n'a plus aucune couleur. On ne sait pas le remarquer. Prenez le phénomène militaire d'il y a cent ans. Considérez combien il intégrait d'efforts, pour qu'il fût répondu à la soif spirituelle, poétique ou simplement humaine de l'homme.

Aujourd'hui que nous sommes plus desséchés que des briques, nous sourions de ces naïvetés. Les costumes, les drapeaux, les chants, la musique, les victoires (il n'est plus de victoires aujourd'hui, rien qui ait la densité poétique d'un Austerlitz. Il n'est plus que des phénomènes de digestion lente ou rapide). Tout lyrisme sonne ridicule. Les hommes refusent d'être réveillés à une vie spirituelle quelconque. Ils font honnêtement une sorte de travail à la chaîne. Comme dit la jeunesse américaine " nous acceptons honnêtement ce job ingrat ". Et la propagande. dans le monde entier, se bat les flancs avec désespoir. Sa maladie n'est point d'absence de talents particuliers, mais de l'interdiction qui lui est faite de s'appuyer, sans paraître pompière, sur les grands mythes rafraîchissants. De la tragédie grecque, l'humanité dans sa décadence, est tombée jusqu’au théâtre de Monsieur Louis Verneuil. (On ne peut guère aller plus bas.) Siècle de la publicité, du système Bedeau, des régimes totalitaires et des armées sans clairons ni drapeaux, ni messes pour les morts. Je hais mon époque de toutes mes forces. L'homme y meurt de soif.

Ah général, il n'y a qu'un problème, un seul, de par le monde. Rendre aux hommes une signification spirituelle. Des inquiétudes spirituelles. Faire pleuvoir sur eux quelque chose qui ressemble à un chant grégorien. Si j'avais la foi, il est bien certain que, passé cette époque de " job nécessaire et ingrat ", je ne supporterai plus que Solesme. On ne peut plus vivre de frigidaires, de politique, de belote et de mots croisés, voyez-vous ! On ne peut plus. On ne peut plus vivre sans poésie, couleur, ni amour. Rien qu’à entendre les chants villageois du XVe siècle on mesure la pente descendue. Il ne reste rien que la voix du robot de la propagande (pardonnez-moi).

Deux milliards n'entendent plus que le robot, ne comprennent plus que le robot. Se font robots. Tous les craquements des trente dernières années n’ont que deux sources. Les impasses du système économique du XIXe siècle. Le désespoir spirituel. Pourquoi Mermoz a-t-il suivi son grand dadais de colonel, sinon par soif ? Pourquoi la Russie, pourquoi l’Espagne? Les hommes ont fait l'essai des valeurs cartésiennes : hors les sciences de la nature, ça ne leur a guère réussi. Il n’y a qu'un problème, un seul, redécouvrir qu'il est une vie de l'Esprit, plus haute encore que la vie de l'intelligence. La seule qui satisfasse l'homme. Ça déborde le problème de la vie religieuse, qui n'en est qu'une forme (bien que, peut-être, la vie de l'esprit conduise à l'autre nécessairement). Et la vie de l'Esprit commence là où un Être " vu " est conçu au-dessus des matériaux qui le composent. L'amour de la maison — cet amour inconnaissable aux États-Unis — est déjà de la vie de l'Esprit. Et la fête villageoise. Et le culte des morts. (Je cite ça, car il s'est tué, depuis mon arrivée ici, deux ou trois parachutistes. Mais on les a escamotés : ils avaient fini de servir. Ça, c’est de l'époque, non de l'Amérique l'homme n’a plus de sens.)

Il faut absolument parler aux hommes.

À quoi servira de gagner la guerre, si nous en avons pour cent ans de crises d'épilepsie révolutionnaire ? Quand la question allemande sera enfin réglée, tous les problèmes véritables commenceront à se poser. Il est peu probable que la spéculation sur les stocks américains suffise, au sortir de cette guerre, à distraire, comme en 1919, l'humanité de ses soucis véritables. Faute d'un courant spirituel fort, il poussera, comme champignons, trente-six sectes qui se dévoreront les unes les autres. Le marxisme lui-même, trop vieillot, se décompose en une multitude de néo-marxismes contradictoires. On l'a bien observé en Espagne. A moins qu'un César français ne nous installe dans un camp de concentration néo-socialiste pour l'éternité.

Il faut parler aux hommes, parce qu'ils sont prêts à se rallier à n'importe quoi. Je regrette de m'être, l'autre matin, si mal exprimé auprès du général Giraud. Mon intervention a paru lui déplaire comme une faute de goût ou de tact ou de discipline. Je m'en affecte absolument la faute : il est difficile d'aborder, à bâtons rompus, de tels problèmes. J'ai échoué par hâte. Cependant, le général a été injuste en me marquant si nettement sa désapprobation, car je n'avais pour but que le rayonnement de l'effort et de la forme de pensée qu'il représente. L'automatisme de la hiérarchie militaire émoussait mes arguments. Le général m'eût écouté avec plus de bienveillance si j'avais été plus adroit. Et cependant, ce que j'exprimais partait de mes tripes, et je parlais dans le seul but de lui être utile et, par lui, d'être utile à mon pays. Car il me paraît discutable que les commandants d'unité aient qualité pour substituer leur interprétation à un exposé fondamental. Ils n'ont point le pouvoir d'apaiser, s'ils ne se réfèrent pas à un exposé officiel, le sous-officier qui doute de soi, une action politique qui a eu en permanence le souci des exposés précis et simples, l'ayant tourmenté dans sa probité. son patriotisme et son honneur. Le général G[iraud] est dépositaire de l'honneur de ses soldats.

À ce sujet, j'ignore si le remarquable discours que le général Giraud a prononcé — et que la presse nous apportait ici avant-hier — doit quelque chose de ses thèmes à mon inquiétude. Le passage, concernant la résistance invisible et le sauvetage de l'Afrique du Nord, était exactement ce dont les hommes avaient soif. Les remarques entendues en font foi. Si j'ai ici servi à quelque chose, et si même le général Giraud me tient rigueur de mon intervention, je suis heureux d'avoir rendu service. Il ne s'agit point de moi. De toute façon, le discours était nécessaire : il a été remarquablement réussi. Cher général, mis à part ces dernières lignes concernant une visite qui m’a laissé un vague malaise, je ne sais trop pourquoi je vous fatigue de cette lettre longue, illisible (j'ai le poignet droit cassé, j'ai du mal à me faire lisible), et inutile. Mais je me sens assez sombre, et j'ai besoin d'une amitié.

Ah ! cher général, quelle étrange soirée ce soir. Quel étrange climat. Je vois de ma chambre s'allumer les fenêtres de ces bâtisses sans visage. J'entends les postes radio divers débiter leur musique de mirliton à cette foule désœuvrée, venue d'au-delà des mers, et qui ne connaît même pas la nostalgie. On peut confondre cette acceptation résignée avec l'esprit de sacrifice ou la grandeur morale. Ce serait là une belle erreur. Les liens d'amour, qui nouent l'homme d'aujourd'hui aux Êtres comme aux choses, sont si peu tendres, si peu denses, que l'homme ne sent plus l'absence comme autrefois. C'est le mot terrible de cette histoire juive : " Tu vas donc là-bas ? Comme tu seras loin ! Loin d'où ? " Le " où " qu'ils ont quitté, n'était plus guère qu'un vague faisceau d’habitudes. En cette époque de divorce, on divorce avec la même facilité d'avec les choses. Les frigidaires sont interchangeables. Et la maison aussi, si elle n'est plus qu'un assemblage. Et la femme. Et la religion. Et le parti. On ne peut même plus être infidèle : à quoi serait-on infidèle ? Loin d'où et infidèle à quoi ? Désert de l’homme. Qu’ils sont donc sages et paisibles ces hommes en groupe. Moi je songe aux marins bretons d’autrefois, qui débarquaient à Magellan, à la légion étrangère lâchée sur une ville, à ces nœuds complexes d'appétits violents et de nostalgies intolérables qu'ont toujours constitués les mâles un peu trop sévèrement parqués. Il fallait toujours pour les tenir des gendarmes forts ou des principes forts, ou des fois fortes. Mais aucun de ceux-là ne manquerait de respect à une gardeuse d’oies. L'homme d'aujourd'hui, on le fait tenir tranquille, selon le milieu, avec la belote ou avec le bridge. Nous sommes étonnamment bien châtrés. Ainsi, sommes-nous enfin libres. On nous a coupé les bras et les jambes, puis on nous a laissé libres de marcher.

Moi je hais cette époque, où l'homme devient sous un "totalitarisme universel ", bétail doux, poli et tranquille. On nous fait prendre ça pour un progrès moral ! Ce que je hais dans le marxisme, c'est le totalitarisme à quoi il conduit. L'homme y est défini comme producteur et consommateur. Le problème essentiel est celui de distribution. Ainsi dans les fermes modèles. Ce que je hais dans le nazisme, c'est le totalitarisme à quoi il prétend par son essence même. On fait défiler les ouvriers de la Ruhr devant un Van Gogh, un Cézanne et un chromo. Ils votent naturellement pour le chromo. Voilà la vérité du peuple ! On boucle solidement dans un camp de concentration les candidats Cézanne, les candidats Van Gogh, tous les grands non-conformistes, et l'on alimente en chromos un bétail soumis. Mais où vont les États-Unis, et où allions-nous nous aussi. À cette époque de fonctionnariat universel ? L'homme robot, l'homme termite, l'homme oscillant d'un travail à la chaîne, système Bedaux, à la belote. L'homme châtré de tout son pouvoir créateur et qui ne sait même plus, du fond de son village, créer une danse ni une chanson. L'homme que l'on alimente en Culture de confection, en culture standard, comme l'on alimente les bœufs en foin. C'est ça l'homme d'aujourd'hui.

Et moi je pense que — il n’y a pas trois cents ans — on pouvait écrire La Princesse de Clêves ou s'enfermer dans un couvent pour la vie à cause d'un amour perdu, tant était brûlant l'amour. Aujourd'hui, bien sûr, des gens se suicident, mais la souffrance de ceux-là est de l'ordre d'une rage de dents intolérable. Ça n'a point affaire avec l'amour.

Certes, il est une première étape. Je ne puis supporter l'idée de verser des générations d'enfants français dans le ventre du moloch allemand. La substance même est menacée. Mais quand elle sera sauvée, alors se posera le problème fondamental qui est celui de notre temps. Qui est celui du sens de l'homme. Et il n'est point proposé de réponse. et j'ai l'impression de marcher vers les temps les plus noirs du monde.

Ça m'est bien égal d'être tué en guerre. De ce que j'ai aimé, que restera-t-il ? Autant que des Êtres, je parle des coutumes, des intonations irremplaçables, d'une certaine lumière spirituelle. Du déjeuner dans la ferme provençale sous les oliviers, mais aussi de Haendel. Les choses, je m'en fous, qui subsisteront. Ce qui vaut, c'est un certain arrangement des choses. La civilisation est un lien invisible, parce qu'elle porte non sur les choses, mais sur les invisibles liens qui les nouent l'une à l'autre, ainsi et non autrement. Nous aurons de parfaits instruments à musique, distribués en grande série, mais où sera le musicien ?

Si je suis tué en guerre, je m'en moque bien, ou si je subis une crise de rage de ces sortes de torpilles volantes, qui n'ont plus rien à voir avec le vol, et font du pilote, parmi ses boutons et ses cadrans, une sorte de chef comptable. (Le vol aussi, c'est un certain ordre de liens.) Mais si je rentre vivant de ce "job nécessaire et ingrat ", il ne se posera pour moi qu'un problème : que peut-on, que faut-il dire aux hommes ?

Je sais de moins en moins pourquoi je vous raconte tout ceci. Sans doute pour le dire à quelqu'un, car ce n'est point ce que j'ai le droit de raconter. Il faut favoriser la paix des autres, et ne pas embrouiller les problèmes. Pour l'instant, il est bien que nous nous fassions chefs comptables à bord de nos avions de guerre.

Depuis le temps que j'écris, deux camarades se sont endormis devant moi dans ma chambre. Il va me falloir me coucher aussi, car je suppose que ma lumière les gêne (ça me manque bien, un coin à moi !). Ces deux camarades, dans leur genre, sont merveilleux. C'est droit, c'est noble, c'est propre, c'est fidèle. Et je ne sais pourquoi j'éprouve, à les regarder dormir, une sorte de pitié impuissante. Car s'ils ignorent leur propre inquiétude, je la sens bien. Droits, nobles, propres, fidèles, oui. Mais aussi terriblement pauvres. Ils auraient tant besoin d’un dieu.

Cher général, pardonnez-moi, si cette mauvaise lampe électrique que je vais éteindre, vous a aussi empêché de dormir. Et croyez en mon amitié.

Saint-Exupéry.

  http://generalchambe.free.fr/index3.htm

 

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Israël Shamir: L’Amérique descend dans la nuit virtuelle (The Unz Review, 26 Janvier 2021)

28 Janvier 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Politique, #Lettres, #USA

Israël Shamir: L’Amérique descend dans la nuit virtuelle

 

26 janvier 2021

 

https://www.unz.com/ishamir/america-descends-into-virtual-night/

 

 

À 78 ans, après une longue maladie et sans avoir repris conscience, Joe Biden succombe à la présidence. Les derniers espoirs des derniers croyants des Q-anons se sont envolés comme une fumée dans la nuit, Biden accédant au puissant trône des États-Unis. C'est vraiment un jour sombre pour l'Amérique et pour le monde, car l'exemple américain sera suivi par beaucoup. C'est aussi un adieu au monde réel dans lequel nous avons été élevés. Le nouveau monde est virtuel, comme la plus grande partie de l'inauguration. Il est virtuel et sombre, dirigé par des entreprises numériques et par des politiciens vieux et fatigués.

 

La voix effrayante de Biden, la voix d'un vieil homme sale offrant des bonbons à un enfant de neuf ans, a livré quelques platitudes. Biden a été salué par les morts - par des drapeaux marquant ceux qui sont morts de Covid - tous hautement symboliques : il a été élu par les morts, il leur est donc redevable. On dit qu'un homme était tellement ennuyé parce que ses beaux-parents ont voté pour Biden qu'il a cessé de se rendre sur leur tombe. Le roi des morts, un personnage de Game of Thrones, est venu gouverner l'Amérique au nom de machines sans vie.

 

Le vieil homme frêle dirigera les vieilles femmes. Ensemble, ils forment le Gang des quatre : Harris, 56 ans, Pelosi, 80 ans, Clinton, 73 ans. Ses premiers jours, ses premiers actes sont de mauvais augure. Il a revêtu le masque, attribut de la Mort, et a obligé tous les fonctionnaires et agents fédéraux à porter des masques. Il a invité l'Amérique latine à envahir les États-Unis. Il a ouvert les portes aux immigrants du Moyen-Orient. Il a encouragé le changement de sexe pour les garçons et les filles. Il renvoie les États-Unis dans le désastre imminent de l'Accord de Paris en matière de changement climatique. Il a envoyé plus de troupes en Syrie. Il a lancé une nouvelle campagne contre la Russie et a envoyé des navires de guerre en mer de Chine méridionale.

 

Dans le même temps, Pelosi élimine les mots "mère, père, fils, fille, mari, femme" du vocabulaire du Congrès comme étant "sexistes". Un tel langage purgé ne permettrait jamais de traduire la prophétie miraculeuse de Virgile (Incipe, parve puer, risu cognoscere matrem) en anglais, ni aucun autre texte sacré. Cela n'a pas beaucoup d'importance ; dans le monde Covid, il n'y aura pas d'église de toute façon, pas de mariage, ni femme ni homme ; au lieu de faire des enfants localement, les nouveaux Américains seront importés. En effet, si tout le reste est externalisé, pourquoi s'arrêter à la reproduction ?

 

Le régime Biden n'est qu'une façade pour le pouvoir de Big Data, des cinq géants qui ont supprimé Trump et installé Biden à la Maison Blanche. Nous verrons bientôt si les politiciens assoiffés de pouvoir se contenteront de faire semblant d'être au pouvoir. Trump a été le dernier homme d'État entièrement humain à la tête de la République, et il a été battu par le vote par correspondance.

 

Chaque fois que Trump s'est plaint de la possibilité de fraude, le Washington Post de Bezos a crié : "Le président Trump a colporté de fausses déclarations ou des menaces imaginaires concernant le vote par correspondance". Trois jours après la destitution de Trump, Amazon (qui appartient aux mêmes Bezos) a rejeté le vote par correspondance pour ses employés syndiqués, car il est notoire que le vote par correspondance n'est pas fiable. "Nous pensons que la meilleure approche pour une élection valide, équitable et réussie est celle qui est menée manuellement, en personne, ce qui la rend facile à vérifier", a déclaré Amazon. Le vote par correspondance pour la présidence était un must en raison de la pandémie, mais il n'y a pas d'épidémie lorsque les employés d'Amazon essaient d'adhérer à un syndicat.

 

De même, le pillage du BLM a été "en grande partie pacifique", mais le pillage du Capitole a été le fait de "terroristes internes". Les vainqueurs sont si malhonnêtes que j'ai pitié de Trump - et de nous tous.

(...)

La suite de l'article ici:

https://www.unz.com/ishamir/america-descends-into-virtual-night/

Vous pouvez contacter Israel Shamir à l'adresse suivante : adam@israelshamir.net

 

Cet article a été publié pour la première fois dans The Unz Review.

 

Traduit de l'anglais par Le Rouge et le Blanc.

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Ernst Jünger: "Moins l'ami des Muses a affaire à l'homme politique, mieux cela vaut pour lui..."

22 Janvier 2021 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Nature, #Lettres, #Poésie

Ernst Jünger: "Moins l'ami des Muses a affaire à l'homme politique, mieux cela vaut pour lui..."

"Ce mélange de pathétique et de comique, cette prose empruntée aux militaires, jusque chez les pacifistes, tout cela devrait convaincre une fois pour toutes l'ami des Muses égaré dans la politique qu'il n'a rien à attendre d'une pareille compagnie. Et encore moins à en espérer; c'est ce que prouve le destin du poète dans la révolution française, et presque chacune des autres.

 

Moins l'ami des Muses a affaire à l'homme politique, mieux cela vaut pour lui, et cela vaut de n'importe quel système. Il peut déjà s'estimer heureux de n'être point aperçu, ou même d'être simplement toléré.

 

(...)

 

Ce qui compte pour l'artiste, que ce soit sous la monarchie ou en démocratie, c'est l'intérêt que prend le puissant aux arts - pour parler simplement, son goût. Il est vrai que la Nature, et déjà la compréhension des éléments qui la constituent, font que le bon goût est moins inaccessible à la justice qu'à l'étroitesse fanatique de l'idéologie."


Ernst Jünger, L'auteur et l'écriture, Christian Bourgois, 1983.

Ernst Jünger: "Moins l'ami des Muses a affaire à l'homme politique, mieux cela vaut pour lui..."
Ernst Jünger: "Moins l'ami des Muses a affaire à l'homme politique, mieux cela vaut pour lui..."
Ernst Jünger: "Moins l'ami des Muses a affaire à l'homme politique, mieux cela vaut pour lui..."
Ernst Jünger: "Moins l'ami des Muses a affaire à l'homme politique, mieux cela vaut pour lui..."
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FARĪD AL-DĪN ‘ATTĀR (MANTIC UTTAÏR ou LE LANGAGE DES OISEAUX): LE CHRIST ET LA CRUCHE D'EAU. (V. 2345.)

5 Janvier 2021 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Iran, #Lettres, #Philosophie, #Poésie, #Religion

FARĪD AL-DĪN ‘ATTĀR (MANTIC UTTAÏR ou LE LANGAGE DES OISEAUX): LE CHRIST ET LA CRUCHE D'EAU. (V. 2345.)

LE CHRIST ET LA CRUCHE D'EAU. (V. 2345.)

 

Jésus but de l'eau d'un ruisseau limpide dont le goût était plus agréable que celui de l'eau de rose. De son, côté, quelqu'un remplit sa cruche à ce ruisseau et se retira. Jésus but alors une gorgée de l'eau de cette cruche et continua sa route ; mais il trouva cette fois l'eau amère et s'arrêta tout étonné. « Mon Dieu, dit-il, l'eau de ce ruisseau et l'eau de cette cruche sont pareilles ; découvre-moi donc le mystère de cette différence de goût. Pourquoi l'eau de la cruche est-elle si amère et l'autre plus douce que le miel ? » La cruche, alors, fit entendre ces mots à Jésus : « Je suis un vieillard, lui dit-elle. J'ai été mille fois travaillée sous le firmament à neuf coupoles, tantôt vase, tantôt cruche, tantôt aiguière. On aurait beau me façonner encore en mille formes, que j'aurais toujours en moi l'amertume de la mort. Elle existe en moi de telle façon que l'eau que je contiens ne saurait être douce. » O homme insouciant ! pénètre-toi enfin du mystère de cette cruche, et désormais ne deviens pas toi-même une cruche par négligence. Tu t'es perdu toi-même, ô toi qui recherches le mystère ! Tâche de le découvrir avant que la vie te soit enlevée ; car si, vivant, tu ne te trouves pas toi-même, comment, lorsque tu mourras, connaîtras-tu le secret de ton existence ? Durant ta vie tu ne peux te connaître, et, à ta mort, il n'y a pas trace de ton existence. Vivant, tu es resté en arrière ; mort, tu t'es égaré. Tu as participé à la vie des hommes, et cependant tu n'as pas été véritablement homme. Des milliers de voiles couvrent les yeux de ce derviche : comment se trouvera-t-il donc lui-même ?

 

FARĪD AL-DĪN ‘ATTĀR: MANTIC UTTAÏR ou LE LANGAGE DES OISEAUX, V. 2345.

 

Source: http://remacle.org/bloodwolf/arabe/attar/oiseaux2.htm#265

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Youri Poliakov : Nous serons immunisés non seulement contre la covidémie, mais aussi contre la voracité de l'Occident et d'autres contagions (Club d'Izborsk, 4 janvier 2021)

4 Janvier 2021 , Rédigé par Les lis rouges et blancs Publié dans #Club d'Izborsk (Russie), #Lettres, #Poésie, #Russie

Youri Poliakov : Nous serons immunisés non seulement contre la covidémie, mais aussi contre la voracité de l'Occident et d'autres contagions  (Club d'Izborsk, 4 janvier 2021)
Youri Poliakov : Nous serons immunisés non seulement contre la covidémie, mais aussi contre la voracité de l'Occident et d'autres contagions  (Club d'Izborsk, 4 janvier 2021)

Youri Poliakov : Nous serons immunisés non seulement contre la covidémie, mais aussi contre la voracité de l'Occident et d'autres contagions

 

4 janvier 2021

 

https://izborsk-club.ru/20501

 

 

- Bonjour Youri, le "contre-espionnage" m'a dit que vous avez écouté le carillon du Kremlin à minuit, étiez-vous sur la Place Rouge ?

 

- Oui. D'abord, j'ai écrit... "Adieu à l'année du Rat". Je peux le lire. (Le texte du poème se trouve ci-dessous)

 

- Alors, qu'avez-vous entendu, Yuri, dans le carillon ? Comme un écrivain de trois époques qui les a écoutées dans les décennies précédentes ? Vous n'en avez encore parlé à personne, mais maintenant nous sommes les premiers à le savoir...

 

- Lorsque nous avons célébré le millénaire, j'ai en fait écouté le carillon de la Place Rouge. Et même avant cela, quand nous étions jeunes, sous le régime soviétique, nous y sommes allés un jour, peut-être en 1980 ou 1979.

 

Et cette fois, on nous a tous demandé à six heures du soir de quitter la Place Rouge.

 

Mais j'ai entendu cette dispute à la maison, à la télévision. Et j'y ai entendu les mots du classique "Russie, lève-toi et brille !"

 

Je pense que 2021 sera l'année des réalisations sérieuses, des victoires et des dépassements. J'ai ce sentiment. Je l'ai entendue, c'est sûr.

 

- Et ceci - avec quel rythme de la cloche principale a-t-elle sonné ?

 

- Je n'ai pas entendu la musique de la révolution, que certains de nos hooligans attendent peut-être avec impatience, quand le carillon retentit.

 

Et puis je ne connais pas grand chose aux sonneries de cloches. J'ai en quelque sorte compris ce que je viens de vous dire - disons le comme ça.

 

- Est-ce que cela correspond d'une manière ou d'une autre à votre pronostic, à votre pressentiment, qui se réalise toujours ?

 

- Il me semble - et je l'ai écrit dans mes articles l'année dernière et, d'ailleurs, j'ai aussi parlé de ce sujet plus d'une fois dans la Komsomolskaya Pravda - que cette expérience - les tâches difficiles et douloureuses auxquelles le gouvernement et le peuple seront confrontés en 2020 - nous aidera à résoudre les tâches qui sont en suspens depuis longtemps. Elle nous aidera surtout à surmonter la défaillance de l'État, lorsque les bons ordres de notre président ne sont pas respectés ou sont exécutés avec les manches retroussées, comme on disait autrefois.

 

Elle nous aidera également à combler le fossé profond entre une poignée de riches et la masse de pauvres inexplicables, qui sont durement touchés par le Covid, soit dit en passant, sur le budget de ces familles de travailleurs ordinaires.

 

Je pense qu'à partir de 2021 - l'année du Taureau, c'est-à-dire d'un animal aussi grave et déterminé - nous commencerons à répondre sérieusement à ce comportement grossier, que le collectif occidental s'est permis par rapport à nous l'année dernière.

 

Et surtout, nous obtiendrons une immunité collective de la population, non seulement contre le Covid, mais aussi contre tous les autres problèmes que je pense que nous pourrions avoir.

 

Parce que la Terre entre, me semble-t-il, dans une sorte de turbulence.

 

Chaque écrivain a cette "marge" avec laquelle il ressent la tempête, même si elle est à des milliers de kilomètres. Et avec mon écriture "en marge", je sens qu'il va y avoir des turbulences. Mais je le répète, nous sommes immunisés contre elle et contre toutes sortes d'autres infections.

 

- Vos félicitations et vos souhaits à vos lecteurs qui ont l'habitude de vous voir et de vous entendre dans la Komsomolskaya Pravda.

 

- Je voudrais avant tout vous souhaiter la santé et vous souhaiter de surmonter les difficultés qui nous ont frappés en cette année du Rat. Je vous souhaite de continuer à lire le Komsomolskaya Pravda, un grand journal, avec lequel je coopère depuis 1975 ou 1974.

 

Et d'ailleurs, j'ai parlé de cette collaboration dans un livre qui vient de paraître et qui est consacré à mon modeste travail de création. J'espère que les Gamov et moi allons écrire de nombreuses et joyeuses interviews dans le journal et les publier dans un livre, comme c'était le cas il y a un an et demi.

 

Alors - bonne chance dans l'année du Taureau*. Le Taureau est notre animal, aussi bien que l'ours.

 

- Merci beaucoup, Youri. Prenez soin de vous et de vos lecteurs.

 

- Et maintenant, pour vos poèmes...

 

* * *

 

Au revoir, année bissextile,

Je vous donne la note la plus basse.

♪ Va-t'en, année du Rat, tu es mortelle ♪

Vous avez mis tout le monde dans le pétrin !

 

La peur et la trépidation sont saisies.

Oh, si seulement nous savions avec certitude

Que nous ne serons pas pris dans les cornes

De l'année 21 - l'année du Taureau !

 

Et pourtant, nous avons été envoyés pour faire grandir

Un veau, une bête bon enfant.

Mais s'il y a quelque chose, Dieu ne nous trahira pas :

Il est dans la Constitution !

 

Bonne année, mes amis !

 

 

Youri Poliakov

 

http://yuripolyakov.ru

Poliakov Youri Mikhailovich (né en 1954) est un éminent écrivain russe, publiciste. Il est le rédacteur en chef de Literaturnaya Gazeta. Membre régulier du club d’Izborsk.

 

Traduit du russe par Le Rouge et le Blanc.

 

* NdT: Le taureau russe est l'équivalent du buffle chinois. En Chine, 2021 est l'année du Buffle.

Youri Poliakov : Nous serons immunisés non seulement contre la covidémie, mais aussi contre la voracité de l'Occident et d'autres contagions  (Club d'Izborsk, 4 janvier 2021)
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Léon Tolstoï (1909): la religion

25 Décembre 2020 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Lettres, #Religion, #Russie

Léon Tolstoï à Iasnaïa Poliana », 1908, le premier portrait photographique en couleur en Russie.

Léon Tolstoï à Iasnaïa Poliana », 1908, le premier portrait photographique en couleur en Russie.

"La religion n’est pas une croyance établie une fois pour toutes, une croyance aux phénomènes surnaturels qui soi-disant se produisirent autrefois, ni la croyance à la nécessité de certaines prières et de certains rites. Elle n’est pas non plus, comme le pensent les savants, le reste des superstitions et de l’ignorance antiques, qu’il n’est, dans notre temps, d’aucune nécessité d’adapter dans la vie. La religion, c’est le rapport de l’Homme envers la vie éternelle, envers Dieu, rapport établi en accord avec la raison et la science contemporaine et qui seules poussent l’humanité en avant vers le but qui lui est assigné. 'L’âme humaine, c’est la lampe de Dieu', dit une sage expression hébraïque. L’homme est un animal faible, misérable, tant que dans son âme ne brûle pas la lumière de Dieu. Et quand cette lumière s’enflamme, et elle ne s’enflamme que dans l’âme éclairée par la religion, l’homme devient l’être le plus puissant au monde. Et il n’en peut être autrement, parce qu’alors ce n’est plus sa force qui agit en lui, mais celle de Dieu. Voilà ce qu’est la religion et en quoi consiste son essence."

Texte d'un enregistrement de Tolstoï, en français, en 1909, un an avant sa mort en 1910. Tolstoï maîtrisait le russe, l'anglais, l'allemand et le français.

Ecoutez ici la voix de Tolstoï: 

https://www.franceculture.fr/litterature/archive-exceptionnelle-leon-tolstoi-sur-dieu-en-1909

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Le Persan, langue diplomatique reliant deux grands pays: l'Iran et la France (IRNA)

22 Décembre 2020 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Art, #France, #Iran, #Lettres, #Philosophie, #Poésie, #Religion, #Histoire

"La gloire de l'Iran a toujours été sa culture."

Richard Nelson Frye, Greater Iran, xi.

Le Simorgh. Détail de la mosaïque de la madrasa Nadir Divanbeg au Liab-i-Khaouz, à Boukhara.

Le Simorgh. Détail de la mosaïque de la madrasa Nadir Divanbeg au Liab-i-Khaouz, à Boukhara.

Le Persan, langue diplomatique reliant deux grands pays: l'Iran et la France (IRNA)

Selon le rapport du mardi 22 décembre de l'IRNA, le Centre Franco-Iranien en partenariat avec le Centre Universitaire d’Etudes et de Recherches Iraniennes d’Alsace et l'Institut Culturel Negarestan-e Andicheh vient d'organiser le webinaire international "La langue persane, instrument du dialogue interculturel" en présence des experts iraniens et français et un nombre de passionnés des deux langues et des deux cultures.

Lors de son discours inaugural, Seyyed Alireza Khalili, président du Centre franco-iranien, tout en remerciant les participants et les conférenciers, a brossé un bref tableau sur les activités du centre et ses activités passées.

Le programme se poursuit avec une introduction à la langue de Ferdowsi (grand poète classique et épique iranien), ce grand patrimoine littéraire et culturel iranien.

Intervenant, Seyyed Vahid Yaghoubi, chercheur dans le domaine de la culture et de la littérature françaises et secrétaire scientifique de la réunion s’attarde à cette occasion sur l'importance de la langue et de la littérature persanes en tant que l’un des outils du dialogue interculturel.

Le persan en tant que langue diplomatique joue un rôle de premier plan dans les relations Irano-françaises

Le professeur Francis Richard, iranologue, éminent spécialiste des manuscrits français et ancien directeur du département d'art islamique du musée du Louvre à Paris, en réponse à une question sur les caractéristiques de la langue persane et la connaissance de la France avec cette langue se focalise sur l’histoire et les antécédents du persan en France.

Pour Francis Richard qui a été conservateur, de 1974 à 2003, au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France, le persan en tant que langue diplomatique joue également un rôle de premier plan dans les relations entre les deux pays.

Présent au rendez-vous, l'éminent professeur Bayk Baghban, professeur émérite à l'Université de Strasbourg en France et directeur du Centre universitaire alsacien d'études et de recherches iraniennes toujours en France, a souligné l'importance de découvrir les réalités de l’Iran avant de s’attarder sur la place de l’Iran et ses échanges avec l’Europe sur divers plans culturel, artistique, littéraire, religieux, scientifique et … et cela dans diverses époques et périodes.

Autre invité de marque, Farideh Alavi, Professeur de langue et de la littérature françaises à l'Université de Téhéran, a pris la parole en s’intéressant à l'importance de la traduction dans le domaine du dialogue interculturel. Elle évoque les poèmes d’un autre géant de la poésie persane, le sage Saadi*, maître de la poésie et de la prose moralisante qui plaident dans ses vers pour la compassion et la solidarité.

Autre invité d’honneur, Mohammad Ziar, poète, traducteur, professeur de la langue et de la littérature françaises et chef de la Faculté des langues étrangères de l'Université Azad de Téhéran, se penche dans son discours sur l'importance toujours de la traduction et en particulier des œuvres du grand poète classique iranien Hafez.

La réunion en ligne se termine avec une séance de questions-réponses.

Le Centre Franco-Iranien est une association créée en France en août 2016, ayant pour objectif d’approfondir et développer les relations franco-iraniennes dans l’ensemble des domaines (institutionnel, économique et commercial, culturel et artistique, sportif, universitaire, …) et d’œuvrer pour le renforcement des liens d’amitié entre les deux peuples iranien et français.

Le Centre Franco-Iranien a déjà organisé plusieurs webinaires axés sur la langue et la culture persanes mais aussi le cinéma iranien.

Source: https://fr.irna.ir/news/84158347/Le-Persan-la-langue-diplomatique-reliant-l-Iran-et-la-France

* Ndlr: https://fr.wikipedia.org/wiki/Saadi

 

Le Centre Franco-Iranien: https://www.france-iran.org/new-index

Pour en savoir plus sur la Perse et l'Iran, écoutez le professeur de philosophie Pierre Dortiguier:

1: De la Perse à l'Iran

https://www.youtube.com/watch?v=DJnbc7CcDtM

2: L'Iran- 1e partie

https://www.youtube.com/watch?v=RUJTEuWYtwE

3: L'Iran, suite et fin

https://www.youtube.com/watch?v=CzoZfE0g1mQ

http://pocombelles.over-blog.com/2020/03/pierre-dortiguier-le-modele-iranien.html

etc.

"C'EST la science qui augmente le mérite de l'homme, et non le faste, les honneurs, les biens, les richesses. Il faut se consumer à sa poursuite comme la bougie, car sans la science on ne peut connaître Dieu. S'appliquer à acquérir de l'instruction, c'est être prédestiné au bonheur. Le sage ambitionne la science dont le bazar est toujours fréquenté. Le devoir de t'instruire est pour toi un précepte obligatoire que Dieu t'a imposé, quand même, pour l'exécuter, il faudrait parcourir le monde. La science t'est nécessaire, tant pour le spirituel, que pour le temporel. Par elle, tout ce qui te concerne sera dans le plus heureux arrangement. Si tu te laisses diriger par l'intelligence, ne t'appliques qu'à étudier. C'est une négligence impardonnable que de ne rien savoir. Va, et tiens-toi fortement attaché au pan du manteau de la science ; tu seras conduit au palais de la stabilité."

Saadi (Muslih-ud-Din Mushrif ibn Abdullah): Pend-Nameh ou le Livre des Conseils, chapitre VII: De l'excellence de la science.)

 

"PUISQUE Dieu a comblé tous les désirs que tu as formés, pourquoi ton unique but n'est-il pas de rendre la justice ? Elle est l'ornement de la royauté ; pourquoi par elle ne pas fixer les incertitudes de ton cœur ? Ah ! si elle s'unit à toi pour gouverner ton empire, elle donnera à ton trône une stabilité que les efforts réunis de tes ennemis ne pourront détruire. Nouchirva exerça la justice ; aujourd'hui encore les peuples répètent son nom avec enthousiasme. Rends le monde heureux par les bienfaits de l'équité ; répands toutes tes faveurs sur les gens qui pratiquent cette vertu. La tranquillité d'un royaume est le résultat de la justice; c'est elle qui comble les vœux des sujets. Il n'y a pas de meilleur architecte au monde que la justice, car rien n'est au-dessus d'elle. Que peut-il t'arriver de plus heureux que d'avoir le nom de roi juste? Si tu veux la décoration du bonheur, ferme la porte de la tyrannie sur les habitants du monde. Ne refuse point tes bonnes grâces à tes sujets ; remplis les vœux de ceux qui veulent la justice."

Saadi (Muslih-ud-Din Mushrif ibn Abdullah): Pend-Nameh ou le Livre des Conseils, chapitre IX: de la justice

 

"LA tyrannie dévaste le monde, comme le vent destructeur de l'automne ravage un jardin délicieux. N'opprime jamais tes sujets, si tu veux que le soleil de ton empire ne décline point. Celui qui allume dans le monde le feu de l'oppression, arrachera aux hommes des plaintes et des gémissements. Ne tyrannise point le pauvre, car l'enfer sera, sans doute, la demeure des tyrans.

Si l'opprimé élève un soupir de son cœur, l'ardeur de ce soupir brûlant enflammera l'eau et la terre. Ne fais point d'injustice à l'infortuné privé de toute ressource, et pense enfin au réduit étroit du sépulcre. N'outrage point l'opprimé et ne méprise pas la vapeur des soupirs qui s'élèvent vers le ciel. Ne sois ni méchant ni sévère, de peur que la punition de Dieu ne vienne fondre sur toi à l'improviste.

Saadi (Muslih-ud-Din Mushrif ibn Abdullah): Pend-Nameh ou le Livre des Conseils, chapitre X: Censure de la tyrannie)."

 

"SI tu te diriges d'après la droiture, les hommes seront tes amis. Le sage ne détourne point la tête de la pratique de cette vertu qui donne à la réputation je ne sais quoi de sublime. Si ton naturel est la droiture, puissent mille éloges être consacrés à ton heureux penchant ! Si tu aides la barque de ton esprit du souffle de la droiture, semblable au zéphyr du matin, tu atteindras le rivage loin des ténèbres de l'ignorance. Garde-toi de ne rien faire que selon la droiture ; car la main droite a la prééminence sur la gauche. Rien au monde n'est meilleur que la droiture ; il n'y a pas d'épines à son rosier. Comment celui qui n'agit pas conformément aux règles qu'elle prescrit sera-t-il acquitté au jour du jugement? Rien de plus préjudiciable que de manquer de droiture; c'est par-là que la réputation la mieux établie perd tout son prix."

Saadi (Muslih-ud-Din Mushrif ibn Abdullah): Pend-Nameh ou le Livre des Conseils, chapitre XVII: De la droiture).

 

Source: http://remacle.org/bloodwolf/arabe/sadi/conseils.htm

http://remacle.org/bloodwolf/arabe/sadi/table.htm

 

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Le 18 juillet 1994 (journal de bord de Pierre-Olivier Combelles)

9 Décembre 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #France, #Lettres, #Nature, #Poésie

18 juillet 1994.

 

 

Orages. Averses violentes toute l’après-midi. Jupiter toujours bombardé par les fragments de la comète Shoemaker-Levy. Exode au Rwanda. Victoire du Brésil contre l’Italie dans la coupe mondiale de football à Los Angeles. Tour de France. le président Mitterrand annonce qu’il ne se présentera pas aux prochaines élections en 1995.

 

Toujours les martinets dans le ciel: eux seront encore là l’année prochaine et dans cent ans encore. Dans mille ans, dix mille ans, il y aura encore des orages, des averses, les plantes et la terre se gorgeront d’eau et on n’entendra plus parler ni du Tour de France ni du football ni du Rwanda.

 

Instant précieux, magique, du cri du martinet dans le ciel de Paris.

 

Le bleu des lobélies le long des chemins de la forêt de Rambouillet, le rose vif des bruyères cendrées au soleil, le rose plus secret, rêveur, oriental, des Petites centaurées, le cri de la buse variable qui décrit des cercles devant la cohorte des nuages.

 

 

Journal de bord de Pierre-Olivier Combelles.

 

 

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"Chez soi, c’est où on a laissé son cœur." (Euripide)

8 Décembre 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Exploration, #Voyage, #Lettres

Mon camp sur l'île du Petit-Mécatina, sur la Basse Côte-Nord du Québec. J'y étais retourné en 1990 après être venu une première fois en voilier en 1989, dans cette même anse où Audubon avait mouillé en 1833 avec sa goélette "Ripley". Photo: Pierre-Olivier Combelles (1990)

Mon camp sur l'île du Petit-Mécatina, sur la Basse Côte-Nord du Québec. J'y étais retourné en 1990 après être venu une première fois en voilier en 1989, dans cette même anse où Audubon avait mouillé en 1833 avec sa goélette "Ripley". Photo: Pierre-Olivier Combelles (1990)

(Pierre-Olivier Combelles, journal de bord, mardi 15 novembre 1994).

 

 

« Euripide dit que chez soi, c’est où on a laissé son cœur », même la Grèce, ce tas de rochers usés par les nuages, ouvre les bras à ses enfants prodigues. Les Crétois vous rappelleront que le style ne dépend pas de la richesse; en vérité, si vous saviez sur quel maigre revenu personnel survit le vieux monsieur genre Zeus que vous avez rencontré au café et qui insiste pour payer vos consommations, vous vous sentiriez humilié par ce qu’il affirme avec véhémence, à savoir que pour les Grecs, les étrangers sont plus proches que des frères, et qu’il faut prendre la vie aristocratiquement, par les cornes. »

 

Lawrence Durrell, Les îles grecques.

La caverne du Tigre. Un abri orné du Mésolithique dans une forêt d'Île-de-France. Photo: Pierre-Olivier Combelles

La caverne du Tigre. Un abri orné du Mésolithique dans une forêt d'Île-de-France. Photo: Pierre-Olivier Combelles

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