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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

politique

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Le culte apocalyptique du réchauffement climatique, par Dmitry Orlov

3 Mars 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Environnement, #Philosophie, #Politique, #Sciences

https://www.sciencesetavenir.fr/politique/le-conseil-de-securite-de-l-onu-a-debattu-de-l-influence-du-climat-sur-les-conflits_125839

https://www.sciencesetavenir.fr/politique/le-conseil-de-securite-de-l-onu-a-debattu-de-l-influence-du-climat-sur-les-conflits_125839

« Il est difficile d’amener un homme à comprendre quelque chose lorsque son salaire dépend de son incompréhension »

Upton Sinclair

(...)

"Greta est presque entièrement non intellectuelle et ne peut que croire. Mais est-ce vrai pour la plupart des autres Occidentaux ? Après tout, les pays occidentaux ont des systèmes d’éducation et délivrent des diplômes de haut niveau dans toutes sortes de disciplines. Pourquoi, alors, la simple foi a-t-elle autant d’attrait pour eux ? Il existe deux types d’éducation en Occident : l’absence presque totale d’éducation (pour les populations pauvres, noires, arabes et latinos) et une éducation de qualité mais purement pragmatique visant spécifiquement à la réussite professionnelle et financière (pour les populations riches, blanches, plus quelques Asiatiques).

Ces deux types d’éducation ont en commun de minimiser la quantité de connaissances en sciences naturelles et en logique tout en décourageant activement la pensée critique indépendante. Dans le premier cas, c’est parce que toutes les connaissances sont minimisées ; dans le second, parce que ces connaissances ne sont pas considérées comme suffisamment importantes et ne sont donc pas hiérarchisées. La priorité est donnée aux connaissances dans un domaine spécifique qui sont applicables à l’exécution d’un travail spécifique.

Comprendre le climat de la Terre n’est pas une tâche spécifique, sauf pour les climatologues occidentaux traditionnels – que nous avons laissés pour compte à ce stade. Il existe de nombreux emplois spécifiques – toiletteurs pour chiens, concepteurs de microprocesseurs, professeurs de yoga, barmen… Prévoir ce que sera le climat mondial à une date future n’est pas une tâche pour aucun d’entre eux. Si vous n’êtes pas d’accord, rassemblez un certain nombre de toiletteurs pour chiens et de concepteurs de microprocesseurs occidentaux dans une pièce, posez-leur des questions sur le climat mondial, et vous constaterez sans doute que leur niveau de compréhension des sciences naturelles est comparable à celui de la pauvre Greta. Et cela leur donne des notes faciles pour la science climatique basée sur la foi."

(...)

"Ce n’est que récemment que j’ai réalisé que ce culte écologiste de l’apocalypse est en fait un culte de l’apocalypse inspiré par les délires fous de certains monstres scientifiques marginaux et suralimenté par le besoin psychologique de compenser l’inévitabilité de la dégradation et de l’effondrement économique et social en cours. Dans les années 1980, ils ont fait irruption sur la scène, tentant de prouver que nous allons tous mourir à coup sûr, car il existe une corrélation entre les émissions de dioxyde de carbone et le réchauffement du climat de la Terre. Il s’est alors avéré que leurs modèles étaient incorrects et que la planète se refroidissait en fait. Le problème a donc été rebaptisé à la hâte « changement climatique mondial »et la lutte contre ce phénomène s’est poursuivie comme auparavant. Mais le fait que ces folles divagations se soient avérées incorrectes n’a dérangé personne, car elles ont fourni une idéologie si parfaite pour une société qui tentait de passer du capitalisme au parasitisme.

La vérité est que ce qui passe pour la science climatique occidentale dominante n’est pas de la science ; c’est une tentative de faire avancer un programme politique en utilisant un ensemble de postulats idéologiques formulés dans un langage à consonance scientifique. De nombreuses personnes, qui tentent de donner un sens à ce gâchis par elles-mêmes, sont induites en erreur par les soi-disant « négationnistes du changement climatique » – ceux qui tentent de s’opposer à ce jonglage politique en « démystifiant » les diverses affirmations des climatologues. Le problème ne réside pas dans leurs revendications spécifiques, mais dans la disposition hystérique qui les oblige à faire de telles revendications. Démystifier leurs revendications, c’est comme débattre avec quelqu’un qui est violemment fou ou discuter des conditions de financement avec quelqu’un qui vous a volé votre portefeuille.

Bien que la tentative de transition du capitalisme au parasitisme soit vouée à l’échec, pour l’instant, le culte apocalyptique du réchauffement climatique a donné naissance à une mafia du changement climatique dans tout l’Occident qui s’est implantée dans les gouvernements, les entreprises, les universités et la presse. Les scientifiques ne peuvent pas remettre en question sa validité, car ceux qui le font perdent leurs subventions et leur emploi et deviennent d’anciens scientifiques déshonorés dont la voix n’est plus autorisée à être entendue. Les politiciens ne peuvent pas non plus le faire parce que leurs électeurs n’ont que faire de la vérité et qu’ils ont besoin d’explications simples qui font de leur appauvrissement et de leur dégradation continus une nécessité vertueuse et salvatrice pour la planète. Les journalistes qui tentent d’offrir une vision équilibrée de l’histoire du réchauffement climatique sont sûrs d’être qualifiés de « trolls russes » et évincés.

Quant à ceux qui se trouvent en dehors de l’Occident, en particulier dans les pays encore riches en ressources, socialement stables et en expansion économique, repousser l’assaut des membres de la secte apocalyptique occidentale du réchauffement planétaire qui tentent de leur imposer des politiques de « vol à l’arraché » restera une tâche essentielle. Ces fanatiques continueront à recruter et à former des idiots utiles parmi les habitants du pays, puis à utiliser l’argent et la pression internationale pour les installer à des postes de pouvoir.

Rien de tout cela ne fonctionnera. Le front occidental lui-même s’est fissuré et les nations occidentales seront de plus en plus enclines à se sauter à la gorge les unes les autres et incapables de formuler des politiques à l’égard du reste du monde. Le terme « Occidentalisme » a fait l’objet d’un badinage lors de la récente conférence de Munich sur la sécurité : il n’y a plus d’Occident, plus de programme commun. Il ne reste plus que quelques Occidentaux qui débitent toutes les absurdités qu’ils souhaitent tout en s’ignorant les uns les autres. Ces groupes sont toujours capables de causer des problèmes internationaux, mais ils ne font que faire perdre du temps à tout le monde.

Tenter de s’engager de manière constructive avec les membres de la secte apocalyptique du réchauffement climatique n’est pas la bonne approche. La bonne approche consiste à rejeter le sort des climatologues occidentaux comme étant une bande d’hommes d’affaires politiques pires qu’inutiles gaspillant des subventions ; à se servir des résultats de la recherche scientifique réelle et à s’informer sur les raisons pour lesquelles le climat de la Terre change constamment, a changé pendant des millions d’années et changera encore pendant des millions d’années et, enfin, à reconnaître la secte apocalyptique du réchauffement climatique pour ce qu’elle est – une secte – et à mettre autant de distance que possible entre ses membres et vous-même. C’est un jeu de patience ; éventuellement, les aspirants parasites occidentaux seront obligés de réaliser que leur appel à la vertu n’atteignant pas le résultat escompté, ils devront descendre de leur cheval de bataille du réchauffement climatique et commencer à faire ce que les parasites sociaux doivent normalement faire : mendier."

Les cinq stades de l'effondrement

Dmitry Orlov

Source: https://lesakerfrancophone.fr/le-culte-apocalyptique-du-rechauffement-climatique

http://cluborlov.blogspot.com/2020/02/the-global-warming-apocalyptic-cult.html

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Les lis de France

18 Novembre 2015 , Rédigé par POC Publié dans #France, #Histoire, #Politique

Les lis de France

Observez les lis des champs, comme ils poussent : ils ne peinent ni ne filent. Or je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n’a pas été vêtu comme l’un d’eux.
Mt 6,28-29

 

La vocation de la France n'est pas industrielle, ni financière, ni marchande ni même guerrière. Elle est spirituelle, intellectuelle, humaine, artistique, culturelle, généreuse et pacifique.

Pacifique veut dire aussi qu'elle se fait respecter par les armes lorsque c'est nécessaire.

La vocation de la France n'est pas de conquérir, d'asservir ou d'exterminer les autres peuples, puisqu'elle est synonyme de liberté.

La vocation de la France n'est pas non plus de piller ou de détruire les richesses naturelles, que ce soit sur son territoire métropolitain et d'outremer comme ailleurs dans le monde.

Car les fleurs de ses armes, trois lis d'or sur champ d'azur, protégés par un liséré rouge comme l'oriflamme de Saint Denis, nous disent que la France doit aimer et respecter, et faire aimer et faire respecter partout les hommes, les peuples et la nature, dans toute leur richesse et toute leur diversité.

Pierre-Olivier Combelles

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Kai Reinhold Donner (1889-1935) et le Maréchal Mannerheim

28 Septembre 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Exploration, #Histoire, #Politique, #Europe

Kai Donner en 1916

Kai Donner en 1916

"For the second time I had returned from the wilderness back to the civilization. I was probably even more glad to get home the second time. The world war may have had something to do with this. But in spite of everything I felt as I did the time before. A feeling of longing and depression was mixed with the joy. Only a short time ago I had lived on the large plains and the immesureable wilderness, and now I had returned to the market place of civilization. All the difficulties and strains were forgotten, and before my inner eye there stood the fresh life and the marvelous stay among savages whom I had learned to love and understand. He who only knows our side of existence cannot understand the other one. But he who has seen life in his more original form will never forget what he has seen, and once he has left the infinite plains the memory becomes a shining revelation to him from which he can never tear himself away again. He has become an individual with double life, something of him has remained in the wilderness. That is what happened to me."

 Kai Donner, Among the Samoyeds in Siberia (1911-1913) 1926.

"The most beautiful memories of my journey are related to those wonderful nights when I could take part in the pagan worship services in the dim taïga. I very recall one such occasion. There were some men sitting at a peninsula of the river. The evening was quiet, the fire almost finished, and the shades of the bodies of ancient Siberian leaf pine trees were seen against the bright skies. The ground was covered by snow and all of nature seemed to sleep the dream od wilderness. Men had for a long time told old tales about their heroes long passed away, and the sage had talked to the spirits of the skies and the earth. I had forgotten everything I had left behind as a civilized man. I did not think about Christian and other dogmas. With childish admiration I had fallen into what I saw and heard. I felt as being a child again and I imagined in the same way as in my childhood that all things had a soul and air and water and were populated by mystical, visible and invisible spirits leading the world and human fates in a unexplainable manner."

Kai Donner, Among the Samoyeds in Siberia.

 

Cette notice biographique, imprimée sur un feuillet de couleur jaune, était insérée dans l'édition de l'édition française de l'ouvrage de Kai Donner: "La Sibérie" (1946). Je la reproduis à l'intention de tous ceux qui s'intéressent à la Sibérie et à ce grand ethnographe et explorateur, qui sut être aussi, aux côtés du grand maréchal Mannerheim, un ardent défenseur de sa patrie, la Finlande.

Quand on aime vraiment la liberté, on la désire autant pour les autres que pour soi-même.

Pierre-Olivier Combelles

 

Kai Reinhold Donner est né le 1er avril 1889, en Finlande, d'un père illustre, Otto Donner, et d'une mère qui appartenait à l'aristocratie, la baronne Wilhemina-Sofia-Charlotta Munck.

La lignée des Donner est issue de commerçants allemands venus de Lübeck s'établir en Finlande au début  du XVIIIe siècle. Otto Donner fut le premier savant de la famille; il se distingua par des travaux remarquables sur les langues ouralo-altaïques, fut professeur à l'Université de Helsinki, contribua à fonder la "Société Finno-ougrienne" et participa même au gouvernement de son pays.

Otto Donner avait fait un choix décisif: il avait opté pour la langue finnoise, bien que sa langue maternelle fût la suédoise. Par cette décision, il s'était associé au mouvement qui avait emporté les masses profondes du pays vers la démocratie nationale. car l'avènement de la langue finnoise signifiait l'arrivée au pouvoir d'une couche nouvelle de la population: celle issue du terroir finnois. Ces nouveaux arrivés devaient, par la suite, exclure peu à peu de leurs positions à la tête des pouvoirs publics, les tenants de la bourgeoisie de langue suédoise, héritière de la vieille administration royale de Suède.

Kai Donner fut élevé dans un milieu où ses facultés ne pouvaient manquer de s'épanouir. Rien ne lui faisait défaut, ni les dons de la fortune ni ceux de la nature. Grand, robuste, intelligent, il avait appris de bonne heure plusieurs langues étrangères. Après avoir terminé ses études à Helsinki, il avait pu les compléter à Budapest et à Cambridge.

Très tôt, il se destina à l'exploration des peuples sibériens de langue ouralienne, en particulier des Samoyèdes. Il se prépara à sa tâche avec un soin méticuleux. Il alla s'informer auprès du professeur Konrad Nielsen, d'Oslo, le grand connaisseur des Lapons, des conditions dans lesquelles il faut recueillir des matériaux linguistiques et folkloriques. En outre, il s'initia à la médecine et même à l'obstétrique afin de pouvoir assister au besoin les populations parmi lesquelles il serait appelé à vivre.

Ainsi, équipé des connaissances les plus variées, ayant appris le russe, il se rendit en 1911 en Sibérie où il se jeta dans l'étude des Samoyèdes, n'hésitant pas à partager leur existence souffreteuse, en plein hiver, dans la toundra.

Revenu dans sa patrie, il repartit en expédition dès 1914 et se dirigea cette fois sur les monts Sayan où il savait devoir trouver quelques vestiges du dialecte samoyède kamasse ou kamassique. Il réussit à repérer 7 personnes qui parlaient encore cette langue en voie d'extinction et sauva les derniers restes d'un idiome qui a dû disparaître depuis.

La guerre le força à quitter la Russie. En rentrant, il participa au mouvement anti-russe qui soulevait à cette époque une partie de la jeunesse finlandaise. Il se réfugia en Suède, gagna ensuite l'Allemagne, s'engagea dans ce fameux bataillon de "chasseurs" finlandais qui combattit sur le front de l'est contre les Russes.(NDLR: les "Jaegers", voir infra*).

Les événements de 1917 le firent retourner en Finlande où il prit part, avec les autres "chasseurs", à la guerre dite d'indépendance.

Dans les années qui suivirent, il se mêla à la vie politique de sa patrie. Il était conservateur et nationaliste. Il lutta contra la gauche et l'extrême gauche avec une énergie farouche mais toujours avec une parfaite loyauté. Il fut à la tête du mouvement irrédentiste qui réclamait l'annexion des terres de langue finnoise que la frontière du traité de Dorpat (1920 avait laissées sous la souveraineté de l'U.R.S.S.

Parallèlement, il poursuivait sa carrière universitaire et ses recherches. Il fut nommé successivement "docent" de linguistique ouralienne (1924) et, dix ans plus tard, professeur de phonétique à l'université de Helsinki. Il publiait successivement une belle série de travaux sur la linguistique samoyède (notamment sa thèse "Sur les occlusives et spirantes labiale à l'initiale en samoyède et en ouralien" et sur les problèmes du peuplement en Sibérie. C'est ainsi qu'il apporta la démonstration que la langue ket ou ostiak de l'Iénisséï doit être considérée comme une langue sino-thibétaine égarée au fond de la Sibérie.

C'est en 1932 qu'il publiera l'ouvrage dont on trouvera ci-après la traduction. Son titre finnois est Siperia.

Cet ouvrage est le seul existant actuellement sur la Sibérie Occidentale. C'est la première étude d'ensemble où se trouvent examinées à la fois toutes les questions concernant les langues, les races, les peuples, les croyances, les us et coutumes de cette vaste région de notre continent eurasiatique. Il est écrit avec un enthousiasme, une conviction qui ne pourront pas ne pas frapper le lecteur. Kai Donner y expose des connaissances qu'il a acquises directement sur place et qu'il a vérifiées par des études prolongées où il n'a négligé ni les expériences de ses devanciers, ni les recherches de ses contemporains, en particulier celles de son compatriote et émule Lehtisalo.

Une pareille étude pose plus de problèmes qu'elle n'en résout. Mais le savant fait souvent avancer la science plus sûrement en posant les problèmes qu'en leur apportant des solutions prématurées.

Kai Donner était parti de cette hypothèse que les Samoyèdes, venus tardivement d'Europe dans leur habitat actuel, ne pouvaient rien avoir en commun avec les populations situées en Sibérie à date plus ancienne. Il était convaincu que les Tongous et les Turks ne parlaient pas des langues apparentées au groupe ouralien. A cet égard, il avait délibérément rompu avec les vues de son propre père et celles de son illustre prédécesseur, le grand explorateur finlandais Castrén, qui croyaient l'un et l'autre que les langues finno-ougriennes, samoyèdes, turkes, mongoles et toungouses doivent être rapprochées.

C'est peut-être sous l'influence de cette hypothèse que Kai Donner a cru que les territoires de Sibérie occidentale parcourus par les tribus samoyèdes étaient inhabités quand celles-ci avaient fait leur apparition à l'est de l'Oural, après s'être séparées des Finno-Ougriens. Mais les recherches poursuivies depuis lors ont fait apparaître des faits troublants qui contredisent pareille supposition. Dès 1926, le savant russe Bogosaz nous faisait connaître qu'il estimait que l'actuel habitat samoyède avait dû être fréquenté par les ancêtres des Youkaguirs que l'on retrouve présentement en Sibérie orientale. Les travaux du linguiste suédois Björn Collinder et du savant allemand Karl Bouda ont révélé, ces dernières années, que les langues samoyèdes et même les langues finno-ougriennes, ont dû avoir des contacts avec le youkaguir, sans qu'il soit possible de préciser pour l'instant la nature ni le lieu et encore moins la date de ces contacts.

De ces quelques indications, il résulte que l'image de l'ancienne Sibérie occidentale, que l'on trouvera esquissée dans le livre de notre auteur, ne répond plus tout à fait à ce que nous savons dans l'état actuel de la science. Et des observations analogues seraient à faire également sur d'autres points.

Mais ces retouches nécessaires n'enlèvent rien à la valeur de ce magnifique ouvrage où l'explorateur a mis la somme de son expérience humaine et scientifique de la Sibérie. Tous ceux qui s'intéressent au présent et au passé de cette région du globe dont l'importance ira croissant, devront le lire et le méditer.

Kai Donner est mort prématurément le 12 février 1935, des suites d'une douloureuse maladie des reins qu'il avait contractée au cours de sa dernière expédition en Sibérie. Il laisse une imposante quantité de documents inédits dont l'ampleur a été évaluée par lui-même à plus de 2500 pages in-8°. Trop de préoccupations étrangères à la science l'avaient distrait de ses travaux durant les années qui ont suivi son retour d'Asie. Qu'il soit permis d'exprimer ici le regret que cet admirable savant n'ait pas pu vivre plus longtemps ni consacré davantage sa vie précieuse à démêler pour la postérité tant de problèmes qu'il étéit probablement le seul à pouvoir résoudre de son temps.

Je manquerais à un devoir de reconnaissance si je ne disais tout ce que je lui dois personnellement. J'ai eu l'avantage de le rencontrer à plusieurs reprises et de profiter de sa conversation à la fois si gaie, si spirituelle et si instructive. Il savait dispenser son savoir sans compter et je ne puis songer sans émotion aux longues causeries au cours desquelles il me confiait ses vues et me faisait part de ce qu'il avait appris.

Aurélien Sauvageot

Professeur de langues finno-ougriennes à l'Ecole Nationale des Langues Orientales

 

Bibliographie

Kai Donner, La Sibérie. Les temps anciens. Traduit du finnois par Léon Froman. NRF-Gallimard, Paris, 1946.

Kai Donner, Among the Samoyed in Siberia. [Translated by Rinehart Kyler, edited by Genevieve A. Highland]. New Haven, Human Relations Area Files, 1954.  Collection : Behavior science translations. Ouvrage posthume, traduit de l'allemand, qui a été traduit lui-même du suédois, langue de la première édition.

Liens

Samojedien tutkija ja itsenäisyysmies Kai Donnerhttps://yle.fi/aihe/artikkeli/2011/01/02/samojedien-tutkija-ja-itsenaisyysmies-kai-donner

Kai Donner. Eloge du pin cembro (extrait de l'ouvrage: La Sibérie): http://pocombelles.over-blog.com/article-ra-63234384.html

Juha Pentikäinen, Northern Ethnography –  On the foundations of a new paradigm. Pohjoisen Etnografian Seura (Society for northern ethnography): https://www.pohjoisenetnografia.fi/pentikainen.html

Un site consacré à l'analyse des tambours lapons d'après l'ouvrage d'Ernst Mauritz Manker: Die lappische Zaubertrommel. Eine ethnologische Monographie. Acta lapponica (1938-1950): http://www.thuleia.com/shamandrum.html

Site internet de la Société Finno-Ougrienne: https://www.sgr.fi/en/

From Finland to Siberia - Explorers (site internet finlandais pour les jeunes, en anglais, russe et finnois) : http://www.nba.fi/hanti/en/a3_s1_as6.php

Tente samoyède en peaux de rennes. In: Kai Donner, La Sibérie (1946)

Tente samoyède en peaux de rennes. In: Kai Donner, La Sibérie (1946)

Hutte samoyède en cours d'installation ou de démontage. Kai Donner.

Hutte samoyède en cours d'installation ou de démontage. Kai Donner.

Kai Reinhold Donner (1889-1935) et le Maréchal Mannerheim

* The Jääkärit (Finnish Jaegers) and their place in the Finnish Army

http://www.alternativefinland.com/the-jaakarit-and-their-place-in-the-finnish-army/

Kai Reinhold Donner (1889-1935) et le Maréchal Mannerheim

"Also at this time, Hilfsgruppenführer Heikki Nurmio wrote the lyrics for the Jaeger march, the music for which was later composed by Jean Sibelius. The march was of great importance to the Jaegers cohesion and morale.

 

Syvä iskumme on, viha voittamaton (Deep is our blow, invincible our wrath,)
meil’ armoa ei, kotimaata. (we have no mercy, no homeland.)
Koko onnemme kalpamme kärjessä on, (All our luck is in the tip of our swords,)
ei rintamme heltyä saata. (our hearts will not give in.)

Sotahuutomme hurmaten maalle soi, (Our war cry rings out, thrilling the country,)
mi katkovi kahleitansa. (which is breaking her shackles.)
ei ennen uhmamme uupua voi, (Our defiance will not tire,)
kuin vapaa on Suomen kansa. (before the Finnish nation free.)

Kun painuvi päät muun kansan, maan, (When the heads of the people, the country, bowed down)
me jääkärit uskoimme yhä. (we Jäegers still believed.)
Oli rinnassa yö, tuhat tuskaa, (There was darkness in our chests, a thousands pains,)
vaan yks’ aatos ylpeä, pyhä: (but one single thought proud, sacred:)

Me nousemme kostona Kullervon, (We shall arise as the vengeance of Kullervo*,)
soma on sodan kohtalot koittaa. (sweet it is to face the fates of war.)
Satu uusi nyt Suomesta syntyvä on, (A new tale of Finland will be born,)
se kasvaa, se ryntää, se voittaa (it will grow, it will charge, it will win.)

Häme, Karjala, Vienan rannat ja maa, (Häme, Karelia, the coasts and lands of Viena, 
yks’ suuri on Suomen valta. (there will be a single great country of Finland.)
Sen aatetta ei väkivoimat saa (The idea of her cannot be removed by violence,)
pois Pohjolan taivaan alta. (away from beneath the northern sky.)

Sen leijonalippua jääkärien (Her Lion Flag is carried)
käsivarret jäntevät kantaa, (by the strong hands of the Jäegers,)
yli pauhun kenttien hurmeisten (Over thunderous, gory fields)
päin nousevan Suomen rantaa. (towards the shores of rising Finland.)

The Jäger March was written by the Finnish Jäger Heikki Nurmio (1887-1947) in Libau, Prussia, in 1917 where a competition was held for the best lyrics for a march song. The lyrics were smuggled into Finland, where Sibelius received them from his ear doctor, Dr Wilhelm Zilliacus. Sibelius was enthusiastic about the song and composed the march in three days in his villa Ainola in Järvenpää. According to his own account he was overwhelmed by highly patriotic emotions as he wrote.

The march was presented for the first time in Libau on 28 November 1917 in a leisure occasion for the staff of the Battalion. It was published in December 1917 as written for a male choir and piano, without mentioning the writer of the lyrics or the composer. In Finland, the march was apparently presented for the first time to a larger audience in a celebration of the New Day Club made up of advocates of independence in the restaurant Ylä-Oopris in Helsinki on 8 December 1917. The proper debut of the Jäger March was in Helsinki on 19 January 1918, by the choir of Akademiska Sångföreningen, led by Olof Wallin. On the same day, the first battles broke out in Karelia between the Reds and the Whites, related to the weapons supplies to the Reds from St Petersburg.
Kullervo is a tragic hero of Kalevala, the national epos of the Finns, and this detail, a single word of the lyrics, is packed with strong sentiment to anyone familiar with Kalevala.

*In the Kalevala, Finland’s national epic, Kullervo, the son of Kalervo, is an orphan, whose whole family has been murdered by sword by the men of Untamo, Kalervo’s foe. Only a maid was left alive and taken as a slave, but she gave birth to this son of Kalervo. The boy is put to work but he proves of no use, they try to kill him but fail. Finally Kullervo is sold to Ilmarinen. He sends Kullervo to herd cattle, but his wicked wife, the daughter of Pohjola (North), bakes a stone inside the bread that is packed as a meal for Kullervo. When cutting the bread, Kullervo breaks his puukko knife, his only heritage of his father, on the stone. Infuriated by this he swears revenge. In his relentless, fierce hate of the unjustly oppressed, he puts a magical spell on the bears and wolves of the forest, driving them to kill all the cattle and the wicked wife as well."

Source: http://www.alternativefinland.com/the-jaakarit-and-their-place-in-the-finnish-army/

Armes du Maréchal Mannerheim.

Armes du Maréchal Mannerheim.

Le général baron finlandais Carl Gustaf Emil Mannerheim  (Villnäs, près de Turku 1867- Lausanne, 1951).  Kai Donner fut son aide-de-camp lors de la Guerre d'Indépendance de la Finlande

Le général baron finlandais Carl Gustaf Emil Mannerheim (Villnäs, près de Turku 1867- Lausanne, 1951). Kai Donner fut son aide-de-camp lors de la Guerre d'Indépendance de la Finlande

Devise de Mannerheim: Candida pro causa ense candido ("Avec des armes pures au nom de buts purs".)

Devise de Mannerheim: Candida pro causa ense candido ("Avec des armes pures au nom de buts purs".)

« Seul un peuple fort peut envisager l'avenir avec confiance »

Maréchal Mannerheim, Mémoires (1882-1946), Hachette, 1952

 

Kai Donner, la guerre d'indépendance de la Finlande et le maréchal Mannerheim

En 1914-18, Kai Donner fut l'une des figures les plus importantes dans les préparatifs de la Finlande pour la guerre de libération contre l'Empire russe. Il passa la majeure partie de la première guerre mondiale comme membre de la délégation finlandaise à Stockholm et il négocia avec l'Etat-major de l'armée impériale germanique à Berlin et dans l'île de Rügen pour armer la future armée de libération finlandaise avec 100.000 fusils russes que l'armée germanique avait capturés dans diverses batailles.

En Finlande il devint l'une des personnalités politiques les plus influentes, une "éminence grise". Il était appointé comme capitaine (sans éducation militaire?) à la garde de la frontière finlandaise-russe, lorsque des graves accrochages eurent lieu entre les troupes finlandaises et russes à la frontière devant Petrograd (St-Pétersbourg - Léningrad), où eut lieu un duel de grosse artillerie entre les forteresses de Inö (Finlande) et de Kronsztadt (Russie).

Kai Donner fut un ami intime du général (et plus tard maréchal de Finlande et Président de la République - le peuple finlandais l'élit en 2005 avec une grande majorité "le Finlandais le plus important de l'histoire") Carl Gustaf Mannerheim. Celui-ci participa à la conspiration de 1919 pour l'attaque de Petrograd avec une armée finlandaise de 100.000 soldats, qui aurait probablement signifié la liquidation du bolchevisme. Le général Mannerheim négocia plusieurs fois à Helsinki avec le fameux général russe blanc Judenicz (qui correspondait à l'amiral Kolczack). Dans cette conspiration, le général Mannerheim portait le nom de guerre "Andersson" et Kai Donner celui de "Karlsson".

Mannerheim avait participé en 1906 à la mission scientifique Russie-Chine dirigée par le savant français Paul Pelliot, dont il s'était séparé pour former sa propre expédition (1906-1908): link

Plus tard, Kai Donner se consacra à la lutte contre le communisme. Il participa à un coup d'Etat pour la liquidation finale du communisme en Finlande. Celui-ci culmina avec la "révolte de Mäntsälä"  en Laponie en 1930. Le gouvernement finlandais réussit à soumettre la rébellion pratiquement sans verser de sang.  (Traduction: P.O. Combelles).

 

"During World War I, Donner was active in the Finnish independence movement which was secretly sending young men to Germany to receive military training in preparation for an armed struggle for independence from Imperial Russia. Betrayed to the Okhrana in 1916, he fled to Sweden and lived there and in Germany as a refugee until 1918. During the Finnish Civil War, Kai Donner served as General Mannerheim's aide-de-camp.

In the 1920s and early 1930s he was one of the more influential leaders of the rightist Lapua Movement. Finland-Swedish by mother tongue, he expressed reservations about the persecution of Swedish speakers, which was commonly supported by conservative Finns in those decades." (Wikipedia, Kai Donner).

 

 Baron Carl Gustaf Emil Mannerheim

Maréchal de Finlande

 

Il servit dans l'armée impériale russe de 1887 à 1917, prenant part à la guerre russo-japonaise en qualité de lieutenant général et, à la première guerre mondiale en tant que général de corps d'armée. En 1906-1908, il fit à cheval une expédition de caractère militaire en Asie centrale et en Chine. Après la révolution de 1917, il retourna en Finlande, où il reçut le commandemant supérieur des troupes finlandaises de libération. Il écrasa les Rouges à Temperé et, en mai 1918, acheva la libération de sa patrie. Elu régent du nouvel Etat finlandais, il obtint des Alliés la reconnaissance de l'indépendance finlandaise en décembre 1918. Il se retira de la politique après l'élection de Stahlberg à la présidence, et présida le Conseil de Défense territorial de 1931 à 1939. Commandant en chef des armées finlandaises pendant la "Guerre d'hiver", il fut l'âme de l'héroïque résistance de la Finlande contre l'agression russe (1939-40) et fut élevé à la dignité de Maréchal en 1941. Il fut chargé de la direction des opérations pendant la seconde guerre russo-finlandaise (1941-1944), et quand la défaite de la Finlande fut inévitable, il fut élu Président de la République (1944). Il abandonna ses fonctions politiques pour raisons de santé en 1946 et se retira en Suisse où il mourut. Il a publié "Mes Mémoires " et "A travers l'Asie" (1940).

Grand Larousse encyclopédique (1963)

 

Gustaf Mannerheim: Diary Performed during my trip to Central Asia and China 1906-07-08. Helsinki: Society of Swedish Literature in Finland & Atlantis, 2010. link

 

Musée Mannerheim

Kalliolinnantie 14
FI-00140 Helsinki

http://www.mannerheim-museo.fi/the-mannerheim-museum/exhibitions/

 

L'exposition "Mannerheim. Russian Officer. Marshal of Finland" a été présentée en 2005 au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg, en Russie:

http://www.hs.fi/english/print/1101978425377.

http://artdaily.com/news/13294/Mannerheim--Russian-Officer--Marshal-of-Finland

C. de Bourcet: Mannerheim, Maréchal de Finlande. Sorlot, Paris, 1940.

C. de Bourcet: Mannerheim, Maréchal de Finlande. Sorlot, Paris, 1940.

Kai Reinhold Donner (1889-1935) et le Maréchal Mannerheim
Kai Reinhold Donner (1889-1935) et le Maréchal Mannerheim
Teresita Sparre Currie. A Scandinavian story. Two Families allied in Art and Marriage. XLibris.com, 2007, USA.

Teresita Sparre Currie. A Scandinavian story. Two Families allied in Art and Marriage. XLibris.com, 2007, USA.

Oi  kallis kotimaa, Suomi sulo Pohjola

ei löydy maata sen armaampaa.

 

Ô chère patrie, ô chère Finlande du Nord,

Aucun autre pays ne nous est plus cher que toi.

Kai Reinhold Donner (1889-1935) et le Maréchal Mannerheim
Lors de sa visite en Finlande, le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine déposa une gerbe de fleurs sur la tombe du maréchal Mannerheim, au cimetière de Hitianiemi, à Helsinki, le 3 septembre 2001. Source:  Archives du Kremlin: http://archive.kremlin.ru/events/photos/2001/09/130316.shtml

Lors de sa visite en Finlande, le Président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine déposa une gerbe de fleurs sur la tombe du maréchal Mannerheim, au cimetière de Hitianiemi, à Helsinki, le 3 septembre 2001. Source: Archives du Kremlin: http://archive.kremlin.ru/events/photos/2001/09/130316.shtml

Pierre-Olivier Combelles en Carélie finlandaise, tout près de la frontière russe (janvier 1996).

Pierre-Olivier Combelles en Carélie finlandaise, tout près de la frontière russe (janvier 1996).

(...) But, the Mannerheim who returned to Finland in December 1918 also had another agenda, which could have had unfortunate consequences. It was his wish to have Finland participate in a military operation to bring down the Bolsheviks in Russia.

A civil war was raging there and its outcome was anything but clear. Furthermore, there were some in Finland who dreamt of a Greater Finland, in which the areas of Karelia where a majority of the population spoke Finnish would be annexed. This dream of a Greater Finland was resurrected in 1941 and lost three years later. (...)

Jörn Donner's speech: "Mannerheim and Finnish Independance". London, 28 september 2017. Finnish Institute.

https://www.fininst.uk/blog/jorn-donners-speech-mannerheim-finnish-independence/

Kai Reinhold Donner (1889-1935) et le Maréchal Mannerheim
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Un Indien de France

2 Avril 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Canada, #France, #Politique, #Société

Dans les années 1990, un ami Indien montagnais (on doit dire aujourd'hui, paraît-il, "Innu") d'une des dernières communautés à l'extrémité de la Basse Côte-Nord du Québec me raconta qu'il avait fait un jour un voyage en famille à Québec ou Montréal, à 1500 km au sud-ouest. Le soir, ils vont dans un restaurant. Ils sont attablés lorsqu'ils remarquent que les gens les regardent d'un mauvais oeil et commentent: "ces immigrants..."

Ils ont quitté alors le restaurant, vexés, peinés.

Lorsque ces Montagnais ont visité ensuite un appartement à louer, petit et hors de prix, ils ont trouvé des seringues dans un placard. Ils ont vu que dans les grandes villes, il y avait la violence, la drogue, la prostitution. Consternés, horrifiés,  ils se sont empressés de retourner chez eux sur la Basse Côte-Nord, vaste pays de toundra, de forêts, de lacs, de rivières et de mer.

A Montréal comme dans les grandes villes du Canada, on croise maintenant dans les rues une multitude de gens de toutes races.

Ces Québécois blancs, ignorants, avaient naturellement pris ces Indiens Montagnais, ces "autochtones" comme on dit, qui étaient là des milliers d'années avant l'arrivée des Européens au Canada, pour de nouveaux immigrants peut-être asiatiques, hindous ou dont on ne sait où.

Lorsque je me promène dans une ville française, environné de gens de toutes races et de tous pays, un spectacle qui était totalement inconnu et inimaginable il y a cinquante ans, moi dont les ancêtres sont issus de ce pays et ont contribué à le construire et à le défendre, en versant parfois leur sang à la guerre, que vont finir par penser de moi les passants que je croise ? Que je suis aussi un nouvel immigrant, mais différent des autres parce que je suis de race blanche...

Finalement, je ne vois plus de différence entre un Indien du Québec et moi. Je suis devenu un Indien de France.

Pierre-Olivier Combelles

Un Indien de France

Sur le même sujet:

En esa roja nación de sangre: Poesía indígena de Estados Unidos, par Janet Mc Adams 

https://www.jornada.com.mx/2013/03/09/oja-roja.html

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Leonid Ivashov: Hooray for the Global Crisis!

17 Novembre 2008 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Général Leonid Ivashov, #Russie, #Politique

http://www.larouchepub.com/other/2008/3506ivashov_article.html

   

This article appears in the February 8, 2008 issue of Executive Intelligence Review.

Hooray for the Global Crisis!

by Leonid Ivashov

This article by Mr. Ivashov, General-Colonel, and President of the Academy of Geopolitical Problems, was published in Russian, on the website of the Strategic Culture Foundation (fondsk.ru), on Jan. 26, 2008. The translation into English for EIR is by Rachel Douglas. Subheads have been added. See also Lyndon LaRouche's reply.

Mankind is watching with alarm, as crisis hits the American and world economies.

The G. Bush Administration is seeking a way out of the crisis through war. The President of the U.S.A. has just visited the Mideast, where he attempted to put together an anti-Iran alliance. According to reports received Jan. 25, the members of the UN Security Council have prepared a new draft resolution on Iran. The new version essentially unties the hands of the U.S. President and the Israel lobby in the American Congress for war against the Islamic Republic of Iran.

But, will a new war save the world economy and the world's reserve currency?

The present model of the world financial and economic system is unipolar, with the ruling pole being the country that controls the world currency. And that nation, in turn, is controlled by the owners of major private monetary fortunes.

That is the U.S.A., which functions merely as the instrument of global power and money. The Bilderberger Society's formula says that power is merely a commodity, although it is the most valuable one. Therefore, the wealthiest people should have power.

The United States, despite the seeming democracy of its Presidential elections, is under the power of finance capital. Mao Zedong's aphorism, "Power grows out of the barrel of a gun," sounds different today: "Power grows out of the dollar." If the dollar collapses, however, the financier international and the U.S.A. will be compelled to give up their dream of world rule. And without that dream, America will hardly even be able to survive as a unified nation, because the Americans have no worldview, other than the utopia of world rule.

Patrick J. Buchanan, former advisor to Presidents Nixon and Reagan, and candidate for the Republican Party Presidential nomination in 1992 and 1996, forecast in his book The Death of the West (Russian edition, 2003) that the U.S.A. would split into three independent nations by the year 2025: one African-American, one Hispanic, and one Anglo-Saxon.

Anticipation of a global catastrophe can also be found in the works of F. Fukuyama, E. Wallerstein, S. Huntington, and other well-known researchers.

Of course, such a course of events will be a catastrophe for current generations of Americans, just as the disintegration of the U.S.S.R. was a catastrophe for the majority of its inhabitants. What about the rest of the world?

The collapse of the U.S.A. and the dollar will cause suffering for all countries that are linked to the world currency and integrated into the global market system. But, aren't those peoples suffering from American effrontery already? Aren't nations losing their sovereignty, while the power elites in most of them serve the interests of global capital, rather than the needs of their own population?

Moreover, the very survival of modern civilization is becoming Problem #1 for mankind. Economists, ecologists, demographers, physicists, medical professionals, and anti-globalists warn of this.

Thus, perhaps, we ought not to be sorry about the current crisis of the world economy, but rather welcome its collapse and take the necessary preemptive measures?

The Meaning of Life

But, first we must understand the essence of today's world order. We must think again about the meaning of life, the place of Earth's civilization in the Universe, and our relationship to God. We must remember Plato's conclusion, that the civilization of Atlantis perished precisely because it stopped communicating with Heaven, and sank into a life of luxury and pleasure.

Russian Academicians G.I. Shipov and A.Ye. Akimov have scientifically proven not only the existence of a physical vacuum and of torsion fields, but also the dependency of natural and cosmic phenomena (including catastrophic ones) on the thoughts and worldview principles of mankind, and the state of consciousness of masses of people. A. Einstein also approached an understanding of how the state of affairs on the planet depends on human consciousness.

The world system that was constructed after the disintegration of the U.S.S.R. is a hierarchy that presumes one financially powerful country at its head, while the philosophy of life it imposes is strictly tied to the cult of money and pleasure. It is the first time in the history of mankind, that the economy has become so immoral.

The philosophy of monetarism is based, as the Russian scholar V.G. Sokolenko put it, on "the idea of a union of money and law, or the so-called capitalist absolute ... against which all the great ideas of the epoch of historical Romanticism, and the social revolutions aimed at improving the organization of society, ran aground. By the 20th Century, rationalistic philosophy and liberalism had brought capital to the point of absolute power over the world." (V.G. Sokolenko, Capitalism's Global Rule, Moscow, 2005).

Philosophers, poets, musicians, or explorers of distant worlds are not the ones who set the pitch for people's lives today, but rather financiers and businessmen. Material gain, money, luxury, and power have become the fundamental codes for the great mass of people.

The physical-spiritual dualism of the human being is reduced, more and more, to its "body" component alone. Such a human being, however, is neither of use to Nature, nor acceptable to God. Therefore, he is fated to disappear. For man was created in the image and likeness of God, while his physical existence is sustained by his connection with the plant and animal world, and non-living nature.

The contemporary model of being, based on the ideology of monetarism, ought to be replaced by cognitive, spiritual being. Therein lies the salvation of human civilization. This can be done, only by passing through the furnace of a crisis of the world financial and economic system, wherein the crisis is a means to deprive the global oligarchy of its real power.

Lyndon LaRouche, who has warned repeatedly about the coming collapse, has issued this call: "Rather than continuing the foolish attempts to stimulate the corpse, the United States Government must use its sovereign powers to put its own financial system through bankruptcy proceedings, setting a precedent and providing the context in which other nations can act."

Unfortunately, there are no sovereign governments in the U.S.A., Russia, or Europe. To a limited extent, they exist in China, India, Iran, Japan, and other Eastern countries, and in several Latin American nations. The rest are controlled by the world financial oligarchy.

Monstrous Inequality

Three hundred and fifty-eight family clans of billionaires have a combined income that exceeds the combined income of 45% of the Earth's population, in dollar terms. The quintessence of this monstrous inequality is the mafia-style oligarchical syndicate, presided over by the wealthiest people on the planet. They determine how processes unfold in the world, while they themselves remain in the shadows, out of the public eye. They also control the bulk of the planet's resources, finance huge illegal armies and NGOs, and have developed networks of influence within the governments and parliaments of most of the countries in the world.

That is the pinnacle of the unipolar world. This financial oligarchy is incapable, however, of directing world development. It knows how to make money, seize power, and hold that power for the sake of generating additional profit. Nothing short of the collapse of the dollar pyramid will shake that power.

What may be the consequences of a dollar catastrophe?

Negative scenario:

  • Around $500 billion in cash will be taken out of circulation, while tens of trillions of virtual (electronic) dollars are wiped out. This will be a blow against the economies of all nations and transnational corporations, as well as millions of people. Belarus, Cuba, North Korea, and other "non-dollar" countries will fare better.
  • The Americans will implement "forgiveness" of their debts to everybody, to the tune of almost $27 trillion (including vaporizing the dollar component of the Russian Stabilization Fund and international reserves).
  • The parity and exchange rates of remaining convertible currencies will be deformed.
  • Chaos will arise in the world economy, as governments and transnational corporations attempt to cobble together new economic models on an emergency basis, creating some kind of defense system for their national economies; some will shift to a closed economy (autarky).

Positive scenario:

  • The role of the institution of the state in the world economy and international relations will be revived.
  • In the majority of countries (including Russia), governments in the national interest will be formed, and national revival programs adopted.
  • Consolidation processes will be activated among non-Western civilizations (Russian, Chinese, Indian, Islamic, Buddhist, Latin American [sic]), while a dialogue of civilizations develops.
  • The role of the UN and other international organizations will increase.
  • Western (Euro-American) civilization will weaken and move into decline, though continuing to exist for many decades in the status of a secondary pole of the world.
  • A new pole of the world will arise, based on the Shanghai Cooperation Organization.
  • Peoples will again turn to God, rejecting the dollar as their idol; culture, science, education, and health care will develop, while moral values and national traditions are experience a renaissance.
  • Man will return to harmony with the Earth and the Cosmos.

Thus, mankind will gain a chance to survive. Thus, hooray for the global, merciless, purgative economic and financial crisis!

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