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Le Rouge et le Blanc

Claude Bourguignon dénonce le "crime contre la vie" de l'agriculture moderne et de l'économie de profit

30 Août 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Champ dans le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse ( Yvelines), semé chaque année en blé ou colza. Le sol est mort, stérile, tassé par les énormes engins agricoles, ce qui a nécessité la pose de drains plus loin. Les cultures poussent seulement grâce à l'apport d'engrais chimiques. Elles sont régulièrement arrosées de pesticides, malgré la présence d'un chemin de randonnée très fréquenté juste à côté (chemin des Cinq cents Arpents, des Essarts-le-Roi jusqu'à l'abbaye des Vaux de Cernay et Dampierre) . Photo: Pierre-Olivier Combelles. Pour en savoir plus, consultez l'article sur le site de l'association Auffargis-Environnement:

Champ dans le Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse ( Yvelines), semé chaque année en blé ou colza. Le sol est mort, stérile, tassé par les énormes engins agricoles, ce qui a nécessité la pose de drains plus loin. Les cultures poussent seulement grâce à l'apport d'engrais chimiques. Elles sont régulièrement arrosées de pesticides, malgré la présence d'un chemin de randonnée très fréquenté juste à côté (chemin des Cinq cents Arpents, des Essarts-le-Roi jusqu'à l'abbaye des Vaux de Cernay et Dampierre) . Photo: Pierre-Olivier Combelles. Pour en savoir plus, consultez l'article sur le site de l'association Auffargis-Environnement:

Pour une campagne propre autour d'Auffargis, par Pierre-Olivier Combelles:

http://auffargisenvironnement.blogspot.fr/2015/01/pour-une-campagne-propre-autour.html

APPEL POUR SAUVER LES SOLS:

https://reporterre.net/Appel-pour-sauver-les-sols

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Les pins

27 Août 2017 , Rédigé par POC

Tigre sous des bambous et des pins. Corée, dynastie Joseon (1392-1910). XIXe siècle.

Tigre sous des bambous et des pins. Corée, dynastie Joseon (1392-1910). XIXe siècle.

Les pins
Intérieur de couvercle d'un coffret japonais en "zi tan" (bois impérial chinois). Décor laqué d'or. Ancienne collection de Pierre-Olivier Combelles.

Intérieur de couvercle d'un coffret japonais en "zi tan" (bois impérial chinois). Décor laqué d'or. Ancienne collection de Pierre-Olivier Combelles.

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Encore et toujours quelques scolies de Nicolás Gómez Dávila...

27 Août 2017 , Rédigé par POC

La résistance est inutile quand tout se conjure dans le monde pour détruire ce que nous admirons. Il nous reste toujours, cependant, une âme intègre pour contempler, pour juger, et pour mépriser.

 

Dans quelque société qu'il naisse, l'écrivain est toujours un étranger.

 

La culture n’occupera jamais les loisirs des travailleurs, parce qu’elle est le travail exclusif de l’homme de loisir.

 

La science nous trompe de trois manières : en transformant ses propositions en normes, en divulguant ses résultats plutôt que ses méthodes, en passant sous silence ses limitations épistémologiques.

 

Notre société tient à avoir des dirigeants élus pour que le hasard de la naissance ou le caprice du monarque ne viennent pas tout à coup livrer le pouvoir à un homme intelligent.

 

Les musées sont l'invention d'une humanité qui n'a pas de place pour les œuvres d'art, ni dans ses maisons, ni dans sa vie.

 

La modernité tente d'élaborer avec la luxure, la violence et l'infamie l'innocence d'un paradis infernal.

 

Nicolás Gómez Dávila (Cajicá, Colombie, le 18 mai 1913 - Bogotá, le 17 mai 1994)

 

Source: http://pocombelles.over-blog.com/page-5215767.html

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Remarques à Eduardo Kohn et à Philippe Descola à propos du livre d'E. Kohn: "How forest think"

14 Août 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

University of California Press, 2013: http://www.ucpress.edu/book.php?isbn=9780520276116

University of California Press, 2013: http://www.ucpress.edu/book.php?isbn=9780520276116

L'EHESS a publié dans la rubrique "Tessitures" de son site internet le résumé d'un séminaire (2016) consacré à l'analyse du livre d'Eduardo Kohn "How forests think".

http://ehess.tessitures.org/controverses/archives-2016-2017/le-tournant-ontologique/eduardo-kohn/

Philippe Descola, ethnologue qui a fait son terrain parmi les Amérindiens d'Amazonie et qui anime maintenant la chaire d'Anthropologie de la Nature au Collège de France, a donné son avis, que nous reproduisons ici, extrait de la présentation de "Tessitures".

Etres vivants et êtres non-humains

Descola adresse à Kohn dans Hau une critique d'une tout autre pertinence. Kohn, dit-il, définit la vie de façon paradoxalement trop extensive, et de ce fait il limite beaucoup le champ d'expansion d'une Anthropology beyond the Human. Beaucoup de choses et de processus, pour Kohn, sont vivants, non pas parce qu'ils évoluent (not because they are in flux) mais parce qu'ils “produisent quelque chose” dans le monde (but because they eventually ‘do things’ in the world), manifestant ainsi une intention. Kohn trace donc une ligne de démarcation entre les non-humains qui sont vivants et qui pensent et ceux qui ne sont pas vivants parce qu'ils ne pensent pas et ne produisent rien. How Forests Think, p.100: “life thinks, stones don't.” Mais, objecte Descola, les pierres sur lesquelles je bute et j'achoppe produisent quelque chose dans le monde, comme c'est le cas d'une image de la Vierge, de la radioactivité, d'un cadran solaire, et bien d'autres objets dépourvus de vie et de pensée:

Conflating, as Kohn does, agency, thought, and semiosis thus leaves a great many nonhumans unaccounted for and expelled beyond the limits of an anthropology-beyond-the-human— which perhaps should better be rechristened then as a "biosemiology." This is unfortunate.

Kohn expulse donc de la forêt, c'est-à-dire de la scène ontologique qu'il étudie, une partie des acteurs non-humains qui la peuplent, et cette exclusion appauvrit la vie des autres.

Manifestement, la thèse de Kohn part de la formule célèbre de Descartes: "Je pense, donc je suis", attribuée dans le monde occidental moderne exclusivement à l'homme Homo sapiens sapiens, qui s'arroge le privilège d'être la seule espèce parmi toutes les autres à posséder la connaissance et la pensée. Bref, d'avoir un "esprit" ou une "intelligence"*. Kohn renverse ce dogme et l'applique au reste de la nature, ce qui semble une bonne intention.

Philippe Descola objecte à Kohn, à juste titre, de conditionner la pensée à la production, établissant de facto une séparation entre le vivant et le non-vivant.

Ni Kohn ni Descola - qui ne sont pas des poètes et des philosophes- n'ont pensé au fait qu'en dehors de l'homme qui s'est longtemps qualifié d'Homo faber, "l'homme qui fait, qui fabrique", tous les êtres vivants et non-vivants dans la Nature simplement sont. Le seul but, la seule raison de leur existence est d'être. La reproduction des êtres vivants a le même but, la même raison: perpétuer l'espèce. Chaque être vivant est un maillon dans une chaîne. Même les individus qui ne se reproduisent pas jouent leur rôle, ont leur utilité. Des millions de glands d'un chêne produit dans sa longue existence (plus de cinq cents ans au moins, si on ne l'abat pas), quelques-uns seulement deviendront un jour des arbres, peut-être, le reste sera mangé par les animaux.

L'homme, lui (et surtout l'homme moderne et occidental), a besoin de se distinguer de tout le reste de la nature par le faire ou le produire. Même un ethnologue, un anthropologue universitaires comme Eduardo Kohn et Philippe Descola ont besoin, dans le système qui les nourrit et les honore, de produire des enseignements, des articles, des livres.

... sauf, toujours et partout, quelques poètes, philosophes, religieux et sages qui ont choisi de se retirer du monde, toujours dans la nature, pour ne pas faire, mais simplement être.

Être comme dans tout ce qui constitue la nature: terre, air, eau, feu et les plantes et les animaux à la surface.

Être est la plus grande finalité que l'homme puisse se donner. Ce choix condamne beaucoup de choses. Cet accomplissement exige des sacrifices. Précisément le faire.

Être est plus grand que faire.

N'est-ce pas pour cela qu'un philosophe antique a dit qu'il faut moins juger un homme par ce qu'il a fait que par ce qu'il n'a pas voulu faire ?

Pierre-Olivier Combelles

* Sur l'intelligence des plantes, voir les travaux remarquables de Francis Hallé et de Stefano Mancuso. L'intelligence semble être d'abord l'aptitude à résoudre des problèmes. Elle est générale dans la Nature et commune à tous les êtres.

 

Comme l'homme fait partie de la nature, l'esprit de l'homme fait partie de l'Esprit de la Nature.

由于人是性的一部分,人的精神是性之灵的一部分

Yóuyú rén shì Xìngzhì de yībùfèn, rén de jīngshén shì Xìngzhì zhī líng de yībùfèn

Pierre-Olivier Combelles

Les chênes simplement sont. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Les chênes simplement sont. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Remarques à Eduardo Kohn et à Philippe Descola à propos du livre d'E. Kohn: "How forest think"
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La famille de l'Homme

10 Août 2017 , Rédigé par POC

Young Earth & Moon  A young Earth 650 million years after its molten birth has cooled enough for a solid crust to form and for gases--delivered by comets and internal outgassing--to have formed a primitive atmosphere thick with turbulent, roiling clouds. Under the shadow of its night side flashes of lightning and the ruddy glow of volcanoes and lava fields illuminate the clouds from beneath.  The space around the Earth is highlighted by remnants of the nebula from which the Solar System was born. On the upper right is the Earth's young Moon with lava-filled scars still glowing hot from asteroid massive impacts. Walter Myers: http://www.arcadiastreet.com/cgvistas/earth/01_precambrian/earth_01_precambrian_1600.htm

Young Earth & Moon A young Earth 650 million years after its molten birth has cooled enough for a solid crust to form and for gases--delivered by comets and internal outgassing--to have formed a primitive atmosphere thick with turbulent, roiling clouds. Under the shadow of its night side flashes of lightning and the ruddy glow of volcanoes and lava fields illuminate the clouds from beneath. The space around the Earth is highlighted by remnants of the nebula from which the Solar System was born. On the upper right is the Earth's young Moon with lava-filled scars still glowing hot from asteroid massive impacts. Walter Myers: http://www.arcadiastreet.com/cgvistas/earth/01_precambrian/earth_01_precambrian_1600.htm

Carboniferous riverbank.  Ferns, seed ferns, and giant lycopods (primitive moss-like plants with long slender leaves) flourished during the Carboniferous period, from about 360 to 300 million years ago. Some lycopods, such as the arboreal genus Sigillaria illustrated here, grew as high as 130 feet. (100 feet is considered tall for a modern Maple tree). Other tree-like plants included many varieties of arborescent horsetail of the genus Calamites and genus Asterophyllites.  While the first dinosaurs were not to appear for another 130 million years, the Carboniferous forests were home to a plethora of terrestrial animals, including many species of invertebrates and some of the first walking vertebrates, including amphibians resembling modern salamanders. It was the insects however, many of them giants, that dominated the landscape. There were dragonfly-like Meganeura with wingspans up to 30 inches, giant centipedes roamed the forest floor, and some scorpions were over 20 inches long. Walter Myers: http://www.arcadiastreet.com/cgvistas/earth/02_paleozoic/earth_02_paleozoic_6200.htm

Carboniferous riverbank. Ferns, seed ferns, and giant lycopods (primitive moss-like plants with long slender leaves) flourished during the Carboniferous period, from about 360 to 300 million years ago. Some lycopods, such as the arboreal genus Sigillaria illustrated here, grew as high as 130 feet. (100 feet is considered tall for a modern Maple tree). Other tree-like plants included many varieties of arborescent horsetail of the genus Calamites and genus Asterophyllites. While the first dinosaurs were not to appear for another 130 million years, the Carboniferous forests were home to a plethora of terrestrial animals, including many species of invertebrates and some of the first walking vertebrates, including amphibians resembling modern salamanders. It was the insects however, many of them giants, that dominated the landscape. There were dragonfly-like Meganeura with wingspans up to 30 inches, giant centipedes roamed the forest floor, and some scorpions were over 20 inches long. Walter Myers: http://www.arcadiastreet.com/cgvistas/earth/02_paleozoic/earth_02_paleozoic_6200.htm

La famille de l'Homme

Nos ancêtres ont été toutes sortes de mammifères et de reptiles terrestres, de poissons et d'animaux marins et au commencement, d'algues bleues et de bactéries... voilà pour nous réconcilier avec la Création tout entière, dont nous sommes parents! La vie d'un être humain avec ses multiples métamorphoses depuis la cellule initiale et l'embryon pisciforme, reproduit en raccourci cette évolution de millions d'années. Un arbre généalogique cosmique que j'avais offert, je m'en souviens, au peintre canadien Jean-Paul Riopelle, dans ma correspondance avec lui après la mémorable journée que nous avions passée ensemble au bord du Saint-Laurent, du côté de Kamouraska, à l'époque de la migration des oies des neiges ...

Pierre-Olivier Combelles

Oeuvre de Riopelle. Photo: Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve. Source: http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts/expositions/201409/25/01-4803687-les-migrations-du-bestiaire-riopelle-et-ses-animaux.php

Oeuvre de Riopelle. Photo: Le Soleil, Jean-Marie Villeneuve. Source: http://www.lapresse.ca/le-soleil/arts/expositions/201409/25/01-4803687-les-migrations-du-bestiaire-riopelle-et-ses-animaux.php

La végétation au cours des temps géologiques

Dario De Franceschi
UMR 8569
Muséum National d'Histoire Naturelle, Paris

http://www.cnrs.fr/cw/dossiers/dosevol/decouv/articles/chap3/deFranceschi.html

P.S.: et amusez-vous en lisant les commentaires (85!) à l'article sommaire et plein d'erreurs du Figaro sur l'"ancêtre commun des mammifères" (ou plutôt un des ancêtres communs, car il y en a une infinité et de toutes sortes !):

http://www.lefigaro.fr/sciences/2013/02/08/01008-20130208ARTFIG00377-l-ancetre-commun-des-mammiferes-devoile.php

La famille de l'Homme
Walter Myers: Urban ruins with Grey Owls  A light urban environment as it may appear after having been abandoned to the elements for a century or so. In the foreground is a pair of owls of the species Strix nebulosa, known as Great Grey Owls. Location  North America  2120 A.D. http://www.arcadiastreet.com/cgvistas/earth/06_future/earth_06_future_1000.htm

Walter Myers: Urban ruins with Grey Owls A light urban environment as it may appear after having been abandoned to the elements for a century or so. In the foreground is a pair of owls of the species Strix nebulosa, known as Great Grey Owls. Location North America 2120 A.D. http://www.arcadiastreet.com/cgvistas/earth/06_future/earth_06_future_1000.htm

Earth losing atmosphere to red giant Sun  In about 12 billion years our Sun, now as a red giant, will continue to expand, eventually reaching the orbits of Mercury and Venus, consuming and vaporizing those planets down to their constituent elements."  In this image the Sun's girth is approaching Earth and its enormous heat is driving away the Earth's atmosphere, boiling the oceans, and incinerating all organic matter. Walter Myers: http://www.arcadiastreet.com/cgvistas/earth/06_future/earth_06_future_6000.htm

Earth losing atmosphere to red giant Sun In about 12 billion years our Sun, now as a red giant, will continue to expand, eventually reaching the orbits of Mercury and Venus, consuming and vaporizing those planets down to their constituent elements." In this image the Sun's girth is approaching Earth and its enormous heat is driving away the Earth's atmosphere, boiling the oceans, and incinerating all organic matter. Walter Myers: http://www.arcadiastreet.com/cgvistas/earth/06_future/earth_06_future_6000.htm

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La voie des dieux

10 Août 2017 , Rédigé par POC

shimenawa

shimenawa

Jean Hébert: Aux sources du Japon : le Shintô      http://www.albin-michel.fr/ouvrages/les-dieux-nationaux-du-japon-9782226047809

Jean Hébert: Aux sources du Japon : le Shintô http://www.albin-michel.fr/ouvrages/les-dieux-nationaux-du-japon-9782226047809

Idem.

Idem.

Couverture

Un auteur et son oeuvre : Jean Herbert (1897-1980)

par Josette Herbert


Grâce à une connaissance très large et compréhensive de l’orient, et notamment de l’Inde, combinée à une grande ouverture d’esprit, Jean Herbert a réussi à ouvrir un peu plus l’occident aux philosophies orientales. La clarté de ses écrits, comme de ses conférences, témoigne de la justesse de sa pensée comme de ses talents de pédagogue.

« La vie de jean Herbert -ou plus exactement les vies de jean Herbert ,orientaliste, linguiste, interprète- ont une seule et même préoccupation: aider les gens à se comprendre mutuellement. « L’hindouiste, comme l’interprète -dit-il- se consacre à la découverte et à l’explication de l’être humain. En même temps, dans l’un et l’autre cas, il recherche l’établissement des relations humaines, s’efforçant d’en justifier la nécessité. » Ce ne sont pas des vies parallèles, elles s’imbriquent, se complètent pour donner ce personnage si étonnamment fort et complet qu’est Jean Herbert.

Jean Herbert est né à Paris le 27 juin 1897. De son père, Fernand Herbert, protestant de la Charente, professeur d’anglais à l’école des Sciences politiques de Paris et de sa mère, catholique de la Bourgogne, enseignante elle aussi, il hérite d’un remarquable don de pédagogue et de deux religions chrétiennes; d’une tendre grand-mère qui règne avec douceur et autorité sur la maison une forte dose de bon sens et un répertoire de dictons qu’il cite fréquemment. Au collège Chaptal, il est profondément influencé par le professeur de philosophie André Cresson -représentant de l’école positiviste- dont Jean Herbert dit aujourd’hui encore qu’il lui a appris à raisonner.
[…]

– Jusqu’à la guerre de 1939 il travaille pour la Société des Nations, pour plus de 100 organisations internationales. Il rencontre Briand, Stresemann, Barthou, Mussolini, Churchill.

Vers 1930, il constate que « les conférences internationales [n’aboutissent] pas à grand chose. Chaque délégué [s’attache] plus à défendre les intérêts du groupe qu’il [représente] qu’à rechercher une solution générale ». Dès 1931 il s’intéresse au Bouddhisme, il étudie le Pali et découvre Râmakrishna et Vivekânanda dans les écrits de Romain Rolland. Il passe quelque temps dans la Science chrétienne, qu’il a même pratiquée. Elle lui ouvre les yeux à la valeur ésotérique de la religion. Mais il finit par se fatiguer de l’intransigeance de ses membres.

Dégoûté également par le complexe de supériorité des Chrétiens, Catholiques et Protestants (fils d’un protestant et d’une catholique il avait été très tôt frappé par le fait que chacun croit posséder la seule vérité), il décide d’aller voir si les Bouddhistes possèdent la même vérité, auquel cas ce complexe de Supériorité des Chrétiens serait injustifié.

En 1933, à 36 ans, il part faire la tournée des pays bouddhistes, se plonge dans le Mahâyâna, mais s’aperçoit bientôt qu’une intransigeance très marquée existe d’une secte à l’autre. Encore une fois déçu, il décide de rentrer en faisant escale dans cette Inde dont Romain Rolland avait tant parlé. Chargé simplement de remettre une lettre à un artiste qui vivait à Pondichéry dans l’ashram d’Aurobindo, Jean Herbert pense n’y faire qu’une brève escale. Mais c’est la première rencontre avec Shrî Aurobindo: elle remonte à 1934, le maître a 62 ans. Il répond à la formation cartésienne de Jean Herbert qui est immédiatement séduit par la rigueur logique de la recherche spirituelle d’Aurobindo, par sa vision qui lui semble dépasser toutes celles vues jusqu’alors, par son expérience considérable de la vie dans le monde, par sa connaissance de l’Occident.

En 1935 Aurobindo accepte Jean Herbert comme disciple. Le nom qu’il lui donne, Vishvabandhu, « l’ami de tous », est tout un programme: il déclenche l’orientation de toute la vie de Jean Herbert et continue maintenant encore à prendre tout son sens. Selon la tradition hindoue, une initiation donne premièrement l’indication de la voie à suivre, deuxièmement la soif et troisièmement la force de le faire, force dont Jean Herbert est un symbole vivant et qui lui permet de continuer de remplir sa mission. Aurobindo demande a Jean Herbert de « traduire tous ses ouvrages en français et de les faire traduire dans d’autres langues ». Suivant l’enseignement du Maître, Jean Herbert pénètre de plus en plus profondément dans la connaissance de la sagesse orientale.
[…]

Séduit par la largeur de vues de l’Inde il en parle chaque fois que l’occasion s’en présente. […] « Je crois que l’Orient peut encore donner des leçons à l’Occident. Nous savons parfois être tolérants, la plupart du temps avec un sentiment de supériorité et de condescendance envers ceux qui ne pensent pas comme nous. Vous avez l’habitude -qui nous manque- de voir la même chose sous plusieurs angles différents, simultanément, y compris l’angle des Occidentaux. »
[…]

En 1937, Jean Herbert s’installe à Genève et continue à mener de front son travail d’interprète et son travail d’orientaliste. Au cours de plusieurs voyages dans l’Inde il séjourne aussi auprès de Ramana Maharshi, Swâmi Ramdas, Mâ Ananda Moyi, Swâmi Shivânanda, Nanga Bâba, dont il s’emploie à diffuser l’enseignement.

En 1939, mobilisé, il passe une année à Valence comme chef d’état-major d’un centre de formation de régiments d’artillerie lourde. Au moment de la débâcle on lui confie 2 000 jeunes Alsaciens qui venaient d’être mobilisés et qui risquaient d’être fusillés s’ils étaient pris par les Allemands. Il réussit à les amener jusqu’aux Pyrénées. Il revient dans le Midi où une amie hindoue, Mme Banerjee, met à sa disposition une petite maison qu’elle possède en pleine forêt dans les Maures; il y passe le reste de la guerre, plongé dans l’étude des textes sacrés hindous et dans l’enseignement des maîtres, jusqu’au jour de 1945 où un télégramme du Ministère des Affaires étrangères lui demande d’aller à San Francisco où les Alliés posent les bases des Nations Unies.
[…]

Jean Herbert suit ensuite la Commission préparatoire des Nations Unies et de l’UNESCO à Londres et, de là, avec la première avant-garde des Nations Unies, part pour New-York comme chef interprète.

Avant 1918, les interprètes internationaux n’étaient pas des professionnels mais des gens ayant une vaste culture générale et une connaissance approfondie d’une langue étrangère comme l’historien Paul Montoux, fondateur de l’Institut des hautes études internationales, ou Gaston Bergery, plus tard Ambassadeur de France.

Les besoins s’étant multipliés, il fallait créer et organiser la profession. Jean Herbert est appelé à créer de toutes pièces le corps d’interprètes de l’ONU.
[…]

Ses multiples travaux de linguistes ne l’empêchent toutefois pas de poursuivre son oeuvre d’orientaliste.

En 1947, à la suite d’une polémique dans les « Cahiers du Sud » où Jean Herbert s’en prenait violemment au professeur Masson-Oursel, de la Sorbonne, M. Sabatier, directeur des Editions Albin Michel, demande à Jean Herbert d’écrire un ouvrage sur l’Hindouisme. Ce sera « Spiritualité hindoue ». Il lui confie également la direction de la collection « Spiritualités vivantes » où les éditions Albin Michel reprennent peu à peu tous les livres que Jean Herbert avait publiés à son compte. Devant son succès considérable, la collection est étendue au Bouddhisme, puis à l’Islam. A l’heure actuelle elle comprend quelque 60 volumes, dont plus de 25 ont été réédités en livres de poche (plus d’un million d’exemplaires déjà distribués).

Il traduit, introduit en France les oeuvres originales des grands sages de la fin du XIX° siècle et du début du XX° siècle, Au cours de ses voyages, il rencontre et reçoit directement les enseignements de sages d’autres religions, notamment D. T. Suzuki, l’ayatolla de Oum, le sheikh Mohammed at-Tadili, des chefs religieux bouddhistes, coréens, zen.
[…]

Vers 1960, les japonais lui demandent de faire pour le Shintô ce qu’il a fait pour l’Hindouisme. Le petit ouvrage projeté se transforme en quatre volumes dont l’un est couronné par l’Académie française […]. Jean Herbert y consacrera 4 ou 5 ans et les traduira lui-même en anglais. Par la suite il publie encore sur le sujet deux petits volumes.

Du Shintô, Jean Herbert déclare avoir tiré un grand principe « Ici et maintenant ».

Depuis « Spiritualité hindoue », Jean Herbert est également l’auteur d’une quinzaine de volumes sur l’Hindouisme, d’un ouvrage d’introduction à l’Asie. Il dirige diverses collections sur l’orientalisme publiées par une demi-douzaine d’éditeurs dans autant de langues. Actuellement quelque 250 volumes ont parus. Il collabore avec le Grand Larousse Encyclopédique pour des sujets relatifs à l’Inde, la mythologie, etc.

Jean Herbert se plonge de plus en plus dans les études mythologiques. Pour lui « Un mythe est la description d’une certaine interaction entre deux ou plusieurs forces déterminées qui existent dans la nature . On n’invente

pas plus un mythe que l’on n’invente le processus de germination d’une graine, mais on peut y découvrir des significations et des explications jusque-là insoupçonnées ». Avec au départ certaines clés reçues de Shri Aurobindo, il avance dans la compréhension des textes sacrés qu’il décortique et qui lui révèlent des trésors invraisemblables dans tous les domaines, spirituel, psychologique, etc. Il travaille avec cette minutie qui lui est propre: il établit des fiches, des glossaires, des index qui sont pour lui de précieux instruments de travail.

L’attrait exercé sur Jean Herbert par l’Hindouisme réside dans le fait que l’Hindouisme est une religion qui n’a pas de dogme. Elle admet n’importe quelle croyance et c’est précisément cette diversité qui implique une tolérance illimitée et plus qu’une tolérance, un respect pour les opinions d’autrui. Sur le plan des idées, l’Hindouisme propose, écrit-il:

1) Une conception du monde à la fois plus complète et plus cohérente que celles, souvent contradictoires, que nous apportent séparément, d’une part une compréhension étroite de notre enseignement religieux traditionnel et, d’autre part, nos théories scientifiques en constante évolution.

2) Plus généralement, une logique dans laquelle, au lieu de dilemmes et d’oppositions irréductibles, on envisage plutôt des complémentarités nécessaires.

3) Une connaissance de la psychologie humaine à la fois plus détaillée et mieux vérifiable que celle dont nous disposons actuellement en Occident.

4) Une conception statique et dynamique de l’âme humaine qui pourrait offrir une explication plus satisfaisante que la nôtre d’un certain nombre de phénomènes.

5) Une conception des rapports humains qui, sans être acceptable pour nous sous sa forme d’origine, peut nous amener à repenser certains des problèmes auxquels nous nous heurtons.

6) Une vision d’ensemble du divin qui élimine les contradictions entre les diverses écoles de pensée qui chez nous s’opposent. Et dans ce domaine, par conséquent, une attitude qui, dépassant la tolérance, va jusqu’au respect mutuel, attitude que nous aurions avantage à étendre à d’autres domaines.

7) Un mode de compréhension des mythes qui nous permet d’y puiser de précieux renseignements.
[…] »

Source: Les carnets du yoga, n°5, mai 1979, pp. 2-15.

http://lemondeduyoga.org/la-vie-du-yoga/un-auteur-et-son-oeuvre-jean-herbert-1897-1980/

 

La voie des dieux
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Le chômage, le désespoir et la violence ne devraient pas être l’avenir de nos jeunes (Heinrich Wohlmeyer)

10 Août 2017 , Rédigé par POC

Le chômage, le désespoir et la violence ne devraient pas être l’avenir de nos jeunes

par Heinrich Wohlmeyer, docteur en droit et spécialiste du développement régional et industriel, Autriche

Nous assistons actuellement à l’édification d’un chômage mondial aux conséquences dramatiques. Il débouchera d’une part sur une radicalisation compréhensible de la «jeunesse sans avenir» dans les pays industrialisés tout comme dans les «pays en développement» ainsi que vers l’exode massif des désespérés issus de ces derniers vers des pays plus favorisés qui eux-mêmes sont en lutte contre un chômage grandissant. En outre, la surcharge des systèmes sociaux et des budgets nationaux s’installe dans les pays industrialisés. 
Oswald Nell-Breuning, économiste national, sociologue et théologien universellement reconnu et disparu en 1991, a toujours souligné le fait que l’individu a besoin d’exercer un travail utile pour avoir une vie accomplie. Il a ainsi violemment critiqué la «politique de l’emploi» toujours pratiquée dans les pays industrialisés. Celle-ci est d’une part incapable de créer suffisamment d’emplois, et d’autre part contraint les individus à accepter pour survivre des conditions de travail «précaires» qui ne les satisfont pas. 
Dans la ligne et le prolongement de Nell-Breuning, un collectif d’éminents professeurs avait démontré, il y a plus de 33 ans (1983) dans l’étude sur «Le travail sans destruction de l’environnement – les stratégies d’une nouvelle politique économique»1qu’une politique du marché de l’emploi réussie doit trouver sa place au sein d’une politique sociale et économique globale. Toutefois la politique économique néolibérale prédominante n’a non seulement prêté aucune attention à cet avertissement mais a aggravé ses stratégies et ses mesures largement contreproductives – avec ce résultat que nous avons à présent environ 20 millions de chômeurs en Europe, et 200 millions dans le monde entier (les chiffres réalistes se situent probablement autour du milliard). Dans les pays du sud de l’Europe, le chômage des jeunes, atteignant les 50%, est particulièrement préoccupant.
Un aperçu des «pays en développement» implique par ailleurs une perspective qu’il faut expliquer brièvement. 
On tentera donc dans ce qui suit d’indiquer et d’esquisser brièvement les solutions possibles.

Les «pays en développement»

Chaque économie fondée sur la division du travail et comportant une multiplicité d’emplois présume que les besoins nutritionnels fondamentaux de l’ensemble de ses habitants sont assurés par une agriculture productive et variée. La politique internationale de développement doit donc à présent accorder la priorité au secteur agricole local, jusqu’ici négligé. Dans sa phase de développement, le secteur industriel et commercial émergent aura besoin d’une protection commerciale. (Dans le passé, nos économies nationales en profitaient également). Il faut lui adjoindre une politique énergétique utilisant les sources d’énergie primaires locales – en particulier l’énergie solaire très présente dans ces régions. Il faut y associer avant tout une politique financière permettant la création d’une monnaie locale et mettant fin à la servitude pour dettes induite au niveau international et limitant l’espace de manœuvre économique.2  
Un facteur essentiel en est tout particulièrement la formation. Celle-ci entraine en effet non seulement la possibilité d’une activité économique novatrice et non-commerciale, mais aussi une baisse évidente du taux de natalité.3 Ce dernier revêt une importance particulière car actuellement, dans les pays en développement, le taux de natalité est plus fort que la croissance économique et les possibilités de création d’emplois en nombre suffisant.

Pays industrialisés: les conséquences de l’augmentation du chômage

A présent on donne partout le «feu vert» parce que le taux de chômage a momentanément diminué dans certains secteurs. Toutes les études de longue durée montrent cependant qu’en maintenant les conditions générales effectives sur une période de trois décennies, près de 60% des emplois traditionnels seront supprimés parce que l’automatisation et la numérisation progressent constamment. Il en sera ainsi non seulement pour les «moins qualifiés», mais aussi pour les travailleurs spécialisés parce que, dans la société de consommation programmée, les fonctions de réparation, de maintenance et de recyclage disparaitront.4 
Cela signifie pour les jeunes gens qui se voient propulsés dans un «combat de gladiateurs à l’échelle mondiale»5, un avenir de lutte brutale pour la survie, perdue dès le début par les plus faibles. 
La réaction de ceux qui n’auront pas réussi peut mener à divers comportements extrêmes: à la capitulation (prise en charge sociale), à la vengeance contre une société par laquelle on se sent froidement rejeté et abandonné,6 à la collaboration et au sauvetage illusoire apportés par des systèmes économiques parallèles (par ex. la Mafia) ou des communautés parallèles idéologiques ou à motivations religieuses offrant également une planche de salut et légalisant la violence. 
Johanna Tschautscher, réalisatrice de films documentaires, qui a osé tourner un film sur la mafia, l’énonce clairement: ce sont les jeunes chômeurs, de milieu pauvre et sans perspectives d’avenir qui sont les recrues de la Mafia. Là seulement, ils acquièrent importance et pouvoir; mais s’ils intègrent le réseau, ils n’en sortent plus sans risquer leur vie. C’est clairement le tiercé perdant: «chômeur – désespéré – violent et prêt à tout». 
Si l’on considère le plein emploi comme le résultat d’une politique économique permettant à tous les membres d’une économie nationale de mettre en conformité leurs besoins en marchandises et leur travail, alors on doit remettre en cause toutes les lignes politiques actuelles. Et avant tout, l’acceptation, mieux, l’affirmation, selon laquelle les investissements créent des emplois, n’est pas défendable. Dans les conditions générales actuelles (en particulier de l’imposition sur le travail produit par l’homme – les robots ne payent pas d’impôts) de nouveaux investissements productifs entrainent généralement des «économies» sur la main-d’œuvre – et donc le chômage. L’actuelle politique d’argent pas cher de la Banque centrale européenne est ainsi globalement contreproductive. 
Pour atteindre judicieusement la situation de plein emploi, il faut un ensemble de mesures:7

  • En politique budgétaire, il faut mettre un terme à la dynamique actuelle du glissement du revenu national vers le revenu du capital au détriment du revenu global social afin de pouvoir répondre aux besoins de la société en conséquence. Cela peut être rendu possible par une réforme de la création monétaire et par un échelonnement encadré de la dette au niveau international.8
  • Pour la politique commerciale, le principe de pays de destination doit être mis en application: si des biens, ou tout autre services ou avantages n’ont pas été produits selon les conditions sociales et écologiques en vigueur dans le pays importateur, ils/elles ne doivent pas avoir accès à ce marché ou ils/elles doivent être taxés à hauteur de la compensation des coûts correspondants. Si on n’adopte pas ce type de mesure, les emplois iront aux fournisseurs qui exploitent les personnes et la nature de la façon la «plus effective».
  • En matière de politique fiscale et sociale, la politique économique doit s’assurer du succès de la réaffectation des dépenses d’investissement, de la consommation d’énergie et de matières premières ainsi que de la taxation du patrimoine. La «taxation des machines» ne peut être envisagée que si elle repose sur une politique économique correspondante. Il serait cependant possible de pratiquer une taxe sur Internet d’un millionième de centime par bit. Malgré l’octroi de franchises libres et l’exonération de prestations sociales et des services scientifiques, elle rapporterait environ 30 milliards d’euros – donc environ 40% du budget fédéral autrichien.9 Il y aurait alors suffisamment de marge de manœuvre disponible pour la réduction des coûts du travail fourni par l’homme et pour le «secteur informel».10 Ainsi, les indemnités sociales jusqu’à présents négligées, comme la rémunération du travail des mères et des pères au foyer (salaire maternel) serait possible.
  • Avec l’assainissement des rentrées budgétaires, il serait également possible de financer un revenu minimum pour tous, hommes et femmes. Cela éliminerait non seulement la tâche humiliante du chômage, mais permettrait aussi le libre choix d’une combinaison du revenu professionnel (motif de satisfaction) adaptée (on ne doit pas accepter n’importe quel «travail» pour survivre).
  • Un revenu de base (revenu social minimum) doit être soutenu par une éthique orientée vers le bien commun, si l’on ne veut pas que cela entraine des abus. Cette approche doit être acquise avant tout par le biais de l’enseignement. Des comportements du genre «Je me sers de la couverture sociale, si possible sans même y contribuer» devraient être mis au ban de la société et l’engagement social positif devrait, lui, être mis «sur le devant de la scène».
  • Le fait que l’octroi d’un revenu de base doit être sécurisé par une politique commerciale et sociale, si l’on veut empêcher que le pays soit submergé, n’est mentionné ici que par souci d’exhaustivité.

Nous voyons qu’il y a à disposition tout un ensemble de mesures qui devraient être poursuivies avec persévérance, si nous ne voulons pas basculer dans d’insurmontables problèmes humains et des catastrophes sociales. 
Actuellement les mesures internationales (en particulier l’argent pas cher) et nationales (avant tout des programmes d’emplois limités) ne sont malheureusement que des sédatifs de politique économique ne changeant rien à l’ensemble de la dynamique négative allant vers la croissance du chômage.    •

(Traduction Horizons et débats)

1    Les éditions S. Fischer, Francfort-sur-le-Main, 1983; H. Ch. Binswanger, H. Frisch, H. G. Nutzinger, B. Schefold, G. Scherhorn, U. E. Simonis, B. Strümpel
2    Il existe à cet égard une «motion» (Positionnement et recommandation) émise dans le cadre du 
Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) en juillet 2017 par le «Forum politique de haut niveau 2017» et les «Rencontres ministérielles pour l’élimination de la pauvreté et pour le développement du bien-être dans un monde en mutation», dont le texte est disponible auprès du RSK. (Cf. article à la page 4)
3    Une étude du Wittgenstein Zentrum für Demographie und Globales Humankapital (Centre Wittgenstein pour la Démographie et le Capital Humain Mondial) en collaboration avec l’Institut international pour l’analyse des systèmes (IIASA) et l’Institut pour la démographie de l’académie autrichienne des sciences «Global Human Capital 2015» montre que si l’on intensifiait les efforts de formation – avant tout pour les femmes – on  pourrait diminuer d’environ un milliard d’habitants le chiffre des projections de croissance de la population mondiale jusqu’en 2060.
4    Cf. Die Presse, Economist, p. 15 du 14/6/17 «Vor allem Facharbeiter verlieren Jobs»
5    C’est une formulation d’un étudiant en séminaire d’économie. Elle s’applique parce qu’aux chômeurs forcés à l’inactivité, on répète le mantra stéréotypé: «Si tu es capable et que tu te donnes du mal, tu auras un emploi!» Cherche plutôt la faille chez toi et pas dans le système. Mais si toutefois il y a trop peu d’emplois à disposition, ce «conseil» est tout simplement cynique, et l’étudiant a raison: si tu es un gladiateur, tu dois tuer les autres pour survivre et être admiré dans l’arène internationale.
6    Cf. Analyse de G. Haller, psychiatre de médecine légale, après l’épouvantable attentat de Manchester du 22/5/17 dans Die Presse du 24-25/5/17, p. 1 «Die Psychologie der Attentäter».
7    Ceux-ci sont exposés de façon plus détaillée dans mon mémorandum «Handreichung – Manifest – Unverzichtbare Eckpunkte einer weltweit zukunftsfähigen Gesellschafts-
gestaltung», déposé au RSK.
8    Comme les dépôts correspondants aux dettes étaient issus du néant, on peut de même les y ramener sans dommage macroéconomique.
9    Idem pour l’Allemagne et la Suisse.
10    Le «secteur informel» est ce domaine dans lequel les occupations similaires à l’emploi ne s’exercent pas de façon formelle, car les coûts en sont trop élevés. On peut en trouver des exemples dans les services de secours civil et les coopératives de production et d’emploi dans le Trentino (Alto Adige/Tyrol du Sud) qui réalisent des activités culturelles et environnementales avec des gens qui autrement seraient chômeurs.

SOURCE: HORIZONS ET DEBATS (Suisse) : http://www.zeit-fragen.ch/fr/editions/2017/no-19-7-aout-2017/le-chomage-le-desespoir-et-la-violence-ne-devraient-pas-etre-lavenir-de-nos-jeunes.html

 

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Fossiliferous strata near Lake Titicaca (Bolivia)

9 Août 2017 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

I lived several years in Bolivia, doing botany, ethnobotany, agronomy and agriculture. On december 28th, 1998, travelling in my car with my family around Lake Titicaca, I took these pictures of magnificent fossiliferous marny strata on the side of the road between the strait of Tiquina https://en.wikipedia.org/wiki/Strait_of_Tiquina  and Copacabana (Tiquina is between Huarina and Copacabana), on the bolivian southern side of the lake. Geologically, this area seems to belong to Devonian. And to the Gondwana, of course. A pretty good trip in the space and time...

 

What do paleontologists think about this ? As being not, it would interest me. Thanks in advance for your remarks.

 

* I remember that In the 1990' and 2000', one could purchase in the streets of La Paz, as I saw it many times,  fake Trilobits made of black terracota by Aymara people (traders in the soul and skilful crafts men) very, very nice and accurates and certainly made by moulding. This kind of geological site was perhaps a source o inspiration for them...

 

Pierre-Olivier Combelles

 

For more informations and photos, please see THE FOSSIL FORUM:

http://www.thefossilforum.com/index.php?/topic/76790-fossiliferous-strata-near-lake-titicaca-bolivia-44/

My others topics on The Fossil Forum (all about paleontology in the High Andes of Peru and Bolivia)

http://www.thefossilforum.com/index.php?/topic/72054-fossil-fern-in-the-high-andes-of-peru/

http://www.thefossilforum.com/index.php?/topic/72277-ammonites-in-the-high-andes-of-peru/

http://www.thefossilforum.com/index.php?/topic/72061-coral-fossil-of-the-high-andes-of-peru/

et aussi sur le même blog:

Mary E. White, an australian paleo-botanist specialist of Gondwana:

http://pocombelles.over-blog.com/2017/02/dr.mary-e.white-an-australian-paleo-botanist-specialist-of-gondwana.html

Fossiliferous strata near Lake Titicaca (Bolivia)
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Fossiliferous strata near Lake Titicaca (Bolivia)
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BRÉSIL – LE COUP D’ÉTAT DES RURALISTES (Laurent Delcourt / CETRI)

6 Août 2017 , Rédigé par POC

Déforestation en Amazonie. Le front général d'avancée des terres agricoles en Amazonie s'appelle en brésilien "O arco do desmatamento da Amazônia" (http://www.dinamicambiental.com.br/blog/meio-ambiente/arco-desmatamento-amazonia/). Photo: Ministère de l"Environnement du Brésil.

Déforestation en Amazonie. Le front général d'avancée des terres agricoles en Amazonie s'appelle en brésilien "O arco do desmatamento da Amazônia" (http://www.dinamicambiental.com.br/blog/meio-ambiente/arco-desmatamento-amazonia/). Photo: Ministère de l"Environnement du Brésil.

Source: http://midiaeamazonia.andi.org.br/texto-de-apoio/o-arco-do-desmatamento-na-amazonia

Source: http://midiaeamazonia.andi.org.br/texto-de-apoio/o-arco-do-desmatamento-na-amazonia

J’aimerais dire ici aux marginaux du MST que nous allons donner des fusils à l’agrobusiness et aux producteurs ruraux, parce que la carte de visite de l’envahisseur, c’est une cartouche de 247. 

Extrait d’un discours du député Jair Bolsonaro, Campina Grande, Paraíba, 8 février 2017

"Les grands propriétaires terriens ont toujours été très influents au Brésil. Mais leurs tentatives de détruire la forêt amazonienne au profit de l’agro-business et de rétablir une forme de travail forcé pour les plus pauvres avaient été jugulées pendant dix années de gouvernement de gauche. La destitution, il y a un an, de la présidente Dilma Roussef a libéré leurs ardeurs. Les députés « ruralistes » sont en train de démanteler toutes les lois et institutions préservant l’environnement et défendant les droits des plus pauvres, avec la complicité du président conservateur Michel Temer. En parallèle, les assassinats de militants sans-terre se multiplient dans les campagnes, en toute impunité. Une quasi « situation de guerre civile » larvée, analysée par Laurent Delcourt, chercheur au Cetri."

(...)

"L’année dernière, le nombre de conflits ruraux aurait en effet augmenté de 26 %, passant de 1217 cas répertoriés en 2015 à 1536 en 2016, les seuls conflits liés à la terre ayant connu un bond de près de 40 %, pour atteindre près de 1079 occurrences, soit le chiffre le plus élevé depuis le premier relevé statistique de la CPT en 1985. Dans ce contexte, le nombre d’assassinats a lui aussi atteint un nouveau pic, avec 61 assassinats perpétrés en 2016 (contre cinquante-cinq en 2015) : un niveau jamais atteint depuis 2003, année considérée comme particulièrement sanglante. Outre ces « exécutions », la CPT dénonce également l’augmentation du nombre de tentatives d’assassinat, en hausse de 25 % et celle, vertigineuse, du nombre d’agressions physiques (non létales) : 206 % en un an à peine. Mais elle pointe surtout le durcissement de la répression « légale » exercée contre les militants de la cause paysanne, indigène et/ou écologiste. Non moins significatifs de l’exacerbation de la violence dans les campagnes brésiliennes, près de 228 activistes auraient ainsi été incarcérés en 2016 contre 80 en 2015, soit une hausse de près de 86 % (CPT, 2017)."

(...)

"Fondé en 1824, sous l’empire des Bragance, le Congrès national a connu depuis une remarquable continuité [1]. Rassemblant actuellement 513 députés et 81 sénateurs, il est sans doute l’un des organes législatifs les moins représentatifs du continent sud-américain. Sa principale « vertu », résume très justement Lamia Oualalou, est de « permettre aux élites de perpétuer leur mainmise sur le pouvoir » (2015). Et d’assurer, surtout, leur reproduction en gardant à distance les couches populaires. De fait, constitué très majoritairement d’hommes, riches et blancs, le Congrès ne reflète en rien les réalités sociales du pays. Outil de préservation des situations de rente, il n’a que rarement brillé par son engagement en faveur des droits de la population, pas plus que par son adhésion aux règles du jeu démocratique, en dépit de son apparent et scrupuleux respect des procédures formelles. "

(...)

"Ultra-majoritaires dans la très peu vénérable assemblée, trois lobbies parlementaires y donnent désormais le « la » : les ruralistes, les évangélistes et les défenseurs des armes à feu, appelés respectivement bancadas (rangée de bancs) du bœuf, de la Bible et de la balle, les fameux « trois B ». Le plus puissant d’entre eux, le bloc ruraliste – ou Front parlementaire agropastoral – a été créé dans le seul but de défendre les intérêts de la grande propriété et de l’agrobusiness dans le pays. Navire amiral de l’oligarchie terrienne, il compte actuellement dans ses rangs plus de 200 parlementaires (207 députés et environ un tiers des sénateurs, soit 40 % de l’assemblée), issus de très nombreux partis politiques de la majorité comme de l’opposition, ce qui lui confère un poids politique complètement disproportionné par rapport à la taille du secteur. Pouvoir démesuré donc, qui lui permet d’imposer des lois qui lui sont favorables ou d’entraver celles qui portent atteinte à ses intérêts. Et, dans tous les cas, de faire peser une intense pression sur l’exécutif, quitte à nouer des alliances opportunistes pour parvenir à ses fins. 
Au nombre de ses grandes victoires politiques, le lobby ruraliste est parvenu à imposer une vaste réforme du code forestier, contre l’avis de la présidente et de l’écrasante majorité de la population (Delcourt, 2013). Il a réussi aussi à faire annuler de nombreuses peines et amendes pour déboisement illégal. Il a obtenu l’aval des députés pour réviser la définition du « travail forcé » (comprendre « assouplir la législation en la matière »), en proposant un nouveau projet qui rallonge la journée de travail légale et va jusqu’à autoriser le remplacement du salaire ou d’une partie du salaire par l’octroi d’un logement ou de nourriture. Il a fait adopter un projet de loi qui facilite la vente de terre à des étrangers. Et désormais, ils s’attaquent aux lois et réglementations qui garantissent les droits des communautés indigènes et quilombolas (afro-descendantes), et délimitent leur territoire (Mitidierio Jr et al, 2017). Se caractérisant par une remarquable discipline de vote, les parlementaires du front ruraliste ne sont jamais restés inactifs sous les gouvernements pétistes. Au contraire. "

(...)

"De fait, propulsé à la tête du Brésil par un Congrès dominé par les forces les plus réactionnaires du pays, Michel Temer ne s’est pas fait prier pour donner entière satisfaction à ses nombreux soutiens parlementaires, et en particulier au puissant lobby ruraliste. 
D’entrée de jeu, l’ex-vice-président de Dilma Rousseff annonce la couleur en nommant à des postes-clés deux des plus farouches opposants à la démarcation des territoires indigènes et des zones protégées. Alexander Moraes, ancien conseiller à la sécurité du gouverneur de São Paulo et fervent défenseur des méthodes répressives, se voit confier le ministère de la justice, avant d’être remplacé, suite à sa cooptation au « Tribunal suprême », par Osmar Serraglio, un membre influent du lobby ruraliste. Et, le représentant le plus emblématique du secteur, le sénateur du Mato Grosso et premier producteur de soja au monde, Blairo Maggi, se fait remettre les clés du tout-puissant ministère de l’agriculture. 
À peine constitué, le gouvernement se livre ensuite à un vaste processus de réorganisation administrative et annonce des coupes budgétaires radicales qui visent – et affaiblissent – principalement les organismes environnementaux, les institutions d’appui aux secteurs ruraux populaires, et celles chargées de la défense de leurs droits."

(...)

(NOTES) [2] L’ex-directeur de la FUNAI* a été poussé à la démission après avoir refusé de nommer des personnalités proches du lobby ruraliste à des postes clés de son administration et accusé publiquement son ministre de tutelle (de la justice), Osmar Serraglio, de défendre la cause de l’agrobusiness contre les indigènes. « Une dictature est sur le point de se mettre en place dans ce pays, à l’instar de ce que la FUNAI connaît déjà » s’est publiquement alarmé ce spécialiste en santé indigène, juste après avoir renoncé à sa charge. « Une dictature qui ne permet pas au président de la Funai d’exécuter les politiques prévues dans la constitution. Le peuple brésilien doit se réveiller ». Et d’ajouter que la bancada ruralista « non seulement a pris le contrôle des questions indigènes, mais aussi du Congrès national  » (El País Brasil, 6 mai, 2017).

* Fondation Nationale de l'Indien (Fundação Nacional do Índio), un organisme gouvernemental brésilien chargé de veiller au respect de la politique indigène du Brésil.

Lisez ici en totalité l'étude documentée de Laurent Delcourt: http://www.cetri.be/Bresil-Le-coup-d-Etat-des?lang=fr

Et sur le même sujet:

Brésil : Temer fait exploser la déforestation en Amazonie, par Jan Bediat 

http://lvsl.fr/bresil-temer-fait-exploser-la-deforestation-en-amazonie

L’alliance de la Bible et du fusil-mitrailleur : ces figures montantes de l’extrême-droite brésilienne PAR MATHILDE DORCADIE/BASTAMAG - 12 JUILLET 2017

https://www.bastamag.net/L-alliance-de-la-Bible-et-du-fusil-mitrailleur-ces-figures-montantes-de-l

Le président brésilien Michel Temer, marionnette des lobbies de l’agroalimentaire ?

https://francais.rt.com/international/42874-president-bresilien-temer-agrobusiness

et les articles de Lamia Oualalou:

http://lvsl.fr/bresil-temer-fait-exploser-la-deforestation-en-amazonie

https://blogs.mediapart.fr/lamia-oualalou/blog/260517/pour-saccrocher-au-pouvoir-michel-temer-livre-le-bresil-au-lobby-de-lagrobusiness

https://www.monde-diplomatique.fr/2015/11/OUALALOU/54132

 

El hombre moderno trata al universo como un demente a un idiota. (Nicolas Gómez Dávila)

 

L'indienne kayapo Tuira menace de sa machete l'envoyé du gouvernement brésilien José Antonio Muniz Lopes dans une réunion sur le projet du barrage Belo Monte : « Nous n’avons pas besoin de votre barrage. Nous n’avons pas besoin d’électricité, elle ne nous donnera pas notre nourriture. Vous êtes un menteur ! » (1989). Les Indiens d'Amazonie ne travaillaient pas et ne connaissaient que le labeur ; quelques heures seulement dans la journée (chasse, récolte des fruits ou légumes), le reste du temps étant occupé au repos ou aux loisirs et à la fabrication des flèches, des hamacs, des ustensiles...

(1989) L'indienne kayapo Tuira menace de sa machette l'envoyé du gouvernement brésilien José Antonio Muniz Lopes dans une réunion sur le projet du barrage Belo Monte : « Nous n’avons pas besoin de votre barrage. Nous n’avons pas besoin d’électricité, elle ne nous donnera pas notre nourriture. Vous êtes un menteur ! » . Les Indiens d'Amazonie ne "travaillaient" pas et ne connaissaient que le labeur ; quelques heures seulement dans la journée (chasse, récolte des fruits ou légumes), le reste du temps étant occupé au repos ou aux loisirs et à la fabrication des flèches, des hamacs, des ustensiles... (Pierre-Olivier Combelles)

Source: http://pocombelles.over-blog.com/2015/06/la-foret-magique.html)

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BRÉSIL – LE COUP D’ÉTAT DES RURALISTES (Laurent Delcourt / CETRI)
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