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Le Rouge et le Blanc

A propos du créationnisme

23 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #religion

Les personnes d'expérience et de bon sens qui entendent pour la première fois parler du créationnisme pensent qu'il s'agit là d'une ânerie, d'une absurdité, d'une folie de quelques "illuminés". Prétendre que la Terre et le Monde ont été créés il y a 4500 ans (années réelles et non symboliques) comme le dit la Bible dans la Genèse, qu'Adam et Eve sont les deux ancêtres biologiques dont l'humanité est issue, en tous points semblables à ce que nous sommes aujourd'hui, que la lignée des hommes est indépendante de celle des hominiens, que les dinosaures et les hommes sont contemporains, que le Soleil tourne autour de la Terre*, que les observations sédimentologiques de M. Berthault ont "révolutionné" la géologie et rendu caduque la datation scientifique** moderne, que le pétrole n'est pas d'origine organique mais métamorphique et donc inépuisable, que la fin du monde en 2012 a été prévue dans le calendrier maya, etc., cela ne paraît pas sérieux.

En examinant d'un peu plus près cet étrange phénomène et en y réfléchissant; en cherchant à découvrir son sens et sa raison d'être, on arrive à la conclusion qu'il ne s'agit pas d'une simple lubie sans conséquence mais d'un aspect d'une politique beaucoup plus vaste et bien réelle et qui est l'instauration d'une nouvelle religion mondiale pour les non-juifs, mais dominée par le judaïsme, qui est le noachisme. La science et les conceptions cosmiques doivent se conformer littéralement à l'Ancien Testament et éventuellement sur des extrapolations d'éléments venant d'autres religions, présentes ou passées. Ce qui est mythique devient vérité scientifique, réelle.

Ce dogme se diffuse de préférence dans les milieux conservateurs attachés aux formes traditionnelles de la religion: protestants "fondamentalistes" républicains aux Etats-Unis d'Amérique (qui soutenaient la politique belliciste contre l'"Axe du Mal" sous l'ancien président Bush fils), mais aussi dans les milieux nationalistes et catholiques "traditionnalistes" d'Europe. Les uns et les autres sont les pharisiens chrétiens en somme: modèles de vertu au départ, mais facilement aveuglés par l'orgueil et le manque de charité. Les fondamentalistes ne sont qu'une assez petite partie des catholiques traditionnalistes et sédévacantistes. Ils considèrent que l'Ancien Testament est la vérité absolue, puisque c'est la parole de Dieu sortie par la bouche des prophètes, et qu'il doit être accepté et compris littéralement. Comme on sait, ce qui compte, ce n'est jamais le nombre mais le pouvoir et l'autorité de ceux qui vont entraîner le reste par le moyen de l'obéissance. Il faut dire que depuis Vatican II et Mgr Lefebvre, les catholiques traditionnalistes ont évolué à 180°. La majorité d'entre eux, obéissant à leurs évêques et à leurs prêtres, reconnaissent maintenant Benoît XVI*** comme le Pape. Les sédévacantistes résistent. D'où l'intérêt de propager ces théories débilitantes dans ces fortes têtes.

Les personnes qui se considèrent pieuses, vertueuses, cultivées, intelligentes, informées et ipso facto supérieures, courent le risque de verser dans l'orgueil. Et comme on ne peut pas tout savoir, elles ont souvent - c'est humain- un côté stupide ou conformiste pour certaines choses: "qui veut faire l'ange fait la bête", remarquait Pascal. Les voilà donc qui abdiquent soudain leur bon sens, qui est à la fois la chose la plus rare et la plus commune. Ou qui, placées devant le dogme créationniste, n'osent pas réagir ou protester, par timidité ou lâcheté face à ceux qui l'affirment, par respect pour les Saintes Ecritures ou simplement parce que leur raison vacille et qu'ils ne se sentent pas sûrs d'eux-mêmes.

Le créationnisme est une idéologie au service de la classe dominante, la ploutocratie, celle qui a le droit de savoir. C'est une façon différente de s'attaquer au christianisme mais également à ce pilier de l'Europe et de l'Occident (la partie du monde façonnée par l'Europe), qui est la science. Car dans la théocratie, c'est la science toute entière qui est soumise à la théologie, instrument du pouvoir politique. Et il s'agit bien d'une théocratie. Le créationnisme et le noachisme font partie du projet théocratique du Nouvel Ordre Mondial. Nous touchons là à une chose très intéressante: la politique n'est-elle pas d'essence religieuse; peut-elle vivre sans la religion et la fin de la religion ne serait-elle pas aussi la fin du politique, ce qui n'est possible que par la fin de l'humanité ? ****

Béthune

 

 

* Il ne faut pas confondre le mouvement réel et le mouvement apparent. Même si les hommes et la nature vivent comme si c'était le soleil qui tourne autour de la terre, dans la réalité, c'est bien la terre qui tourne autour du soleil.

** Toute science ou connaissance véritable est une approximation et une lutte constante contre les limitations de la connaissance, les erreurs de toutes sortes, l'oubli, etc. On dit parfois qu'un savant est quelqu'un qui sait ce qu'il ignore.

*** Chef du "parti catholique" dans l'"Assemblée oecuménique noachide".

**** "Tous les concepts prégnants de la théorie moderne de l'État sont des concepts théologiques sécularisés" (Carl Schmitt, Théologie politique, ch. 3).

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Gaza: les orphelins de Nema

23 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Gaza : les orphelins de Nema
mercredi 22 septembre 2010
Vittorio Arrigoni

Lisez l'article sur Info-Palestine.net: link
Info-Palestine.net: link

 

et cet autre article de la Tribune de Genève:

Un mur en sang rempli de fléchettes

C’est le titre d’un rapport pour Amnesty International écrit par son envoyée à Gaza, Donatella Rovera, le 27 janvier. L’évidence de l’usage d’armes illégales selon le droit international à Gaza s’accumule. Il est maintenant confirmé que l’armée israélienne a fait usage non seulement de phosphore blanc (voir le blog du 13 janvier « Les nouvelles bombes d’Israël … ») mais aussi des bombes à fléchettes, des armes antipersonnel semblables aux bombes à fragmentation.
Article complet: link

 

Ceux qui s'attaquent à des enfants, des femmes, des vieillards, des hommes désarmés, sont des lâches. Et pour le faire, de loin, avec des armes aussi cruelles, ce ne sont plus des humains, mais des monstres.

 

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Harangue de Cyrus à ses soldats

22 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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Drapeau de Cyrus II le Grand et des rois de Perse

 

"Vous savez, je pense, soldats, quels sont les prix proposés aux vainqueurs: poursuivre, frapper, tuer, acquérir des richesses, s'entendre louer, être libres, commander, tandis que pour les lâches, c'est évidemment le contraire. Donc que ceux qui s'aiment eux-mêmes combattent avec moi; car moi, je ne commettrai jamais volontairement d'acte lâche ou honteux."

Harangue de Cyrus à ses soldats avant la bataille contre l'armée de Crésus. Xénophon, Cyropédie, Livre VII, chapitre premier. Traduction de Pierre Chambry.

 

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Hoplite spartiate

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Belgrade accepte la retraite du Kosovo (RIA NOVOSTI)

12 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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Extrait:

"Le "syndrome kosovar" menace de se répandre sur pratiquement tous les continents. Bien sûr, il est peu probable que cela affecte les «anciens» de l'Europe, tels que la Grande-Bretagne, la France ou la Belgique. En fin de compte, les Écossais, les Irlandais, les Corses ou les Flamands sont des peuples turbulents mais pas fous. Mais ce n'est pas le cas d'autres pays. En Chine il y a le Tibet, en Inde le Pendjab avide de devenir le Khalistan indépendant, les Kurdes en Turquie, en Irak et en Iran, le Timor oriental en Indonésie, les tigres tamouls au Sri Lanka... Il existe plus de pays souffrant de séparatisme qu'on le souhaiterait. Selon les estimations de l'université de Cambridge, ils sont plus d'une centaine dans le monde."

Commentaire:

"Syndrome" n'est sûrement pas le terme adéquat. L'indépendance du Kosovo n'est pas le résultat d'une maladie mais celui d'une stratégie criminelle, dont les conséquences sont catastrophiques.

Lire par exemple cet article très documenté, sur le site sisyphe.org:

Occupations militaires - La prostitution érigée en système

par Richard Poulin, sociologue

"Les soldats de la force de l’OTAN au Kosovo (KFOR) et le personnel de l’ONU contribuent à alimenter l’essor de la prostitution dans la province de Serbie à majorité albanaise, affirme Amnesty International dans un rapport rendu public le 6 mai dernier."

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La vie est une toile" d'araignée (Red Crow)

12 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

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" La vie est une toile d'araignée qui va des insectes jusqu'aux aigles dans le ciel. Et ce que nous faisons à un fil, nous le faisons à toute la toile. Ce sont ces liens que le monde doit apprendre à connaître et à voir afin de vivre comme il faut."

Red Crow

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A propos du drapeau arc-en-ciel des Incas

10 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

A la Pinacothèque de Paris vient d'ouvrir (jusqu'au 6 février 2011) une superbe exposition: "l'Or des Incas", à laquelle Michel de Jaeghere a consacré un numéro hors-série du Figaro-Magazine.

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Le dossier du Figaro-Magazine contient des erreurs graves et des points de vue erronés. On y lit par exemple que "le drapeau arc-en-ciel des Incas a été inventé dans les années 1970" (p. 87) et que c'est celui du New Age (et des gays). L'"incaïsme"est tourné en dérision, y compris et d'abord dans l'éditorial de M. de Jaeghere, sans penser un seul instant à ce que le souvenir des Incas, les derniers rois indigènes des pays andins, représente pour ces peuples.

Ecrirait-on l'équivalent à propos du drapeau fleurdelysé des rois de France et du royalisme, toujours vivants, après 200 ans de république maçonnique ?

La thèse drapeau des Incas = drapeau New Age et des gays* est celle de la propagande étasunienne en Amérique du sud, qui consiste à inverser l'ordre traditionnel et religieux et à dévaloriser et détruire les cultures nationales. De la part du Figaro, média capitaliste, atlantiste et sioniste, ce n'est guère étonnant.

Le véritable "drapeau" des Incas et des peuples andins était (et reste) la wiphala, consituté de carrés de couleurs différentes et dont la disposition variait pour chacun des quatre Suyos (régions) du Tawantinsuyu (Empire des Quatre Côtés"). Avec celui de l'Etat central, cela faisait cinq. Ces wiphalas sont toujours en usage parmi les peuples andins et particulièrement en Bolivie, où il est l'emblème des fiers Aymaras.

 

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Wiphala du Colla Suyu (territoire actuel des Aymaras)

 

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Il suffit de consulter les chroniqueurs pour vérifier l'origine historique de ce drapeau:

Dans son célèbre ouvrage les "Commentaires royaux sur le Pérou des Incas", Inca Garcilaso de la Vega, fils d'une princesse inca de sang royal et d'un capitaine espagnol, né au Cuzco le 12 avril 1539, décrit au Livre III, chapitre XXI ("Del claustro del templo de los aposentos de la luna y etrellas, trueno y relampago y arco iris", consacré au temple de la capitale impériale) la salle de la divinité de l'arc-en-ciel:

"Otro aposento (que era el cuarto) dedicaron al arco del cielo, porque alcançaron que procedia del sol, y por ende lo tomaron los Reyes Incas por divisa y blason, porque se jatavan descendir del Sol (...) Llaman al arco cuichu" (...)

(Inca Garcilaso de la Vega, Comentarios Reales de los Incas, Biblioteca Clasicos del Peru/1, Ediciones del Centenario, Banco de Credito del Peru, 1985).

Je traduis:

"Ils consacrèrent une quatrième salle à l'arc-en-ciel, parce qu'ils avaient compris qu'il procédait du soleil, et pour cette raison les Rois Incas le prirent comme devise et blason, parce qu'ils s'honoraient de descendre du Soleil (...) Ils nommaient l'arc cuichu (...) 

Dire que le drapeau inca a été inventé par les gays de Californie dans les années 70 est non seulement mensonger mais sacrilège. En effet, les Incas interdisaient la sodomie et la châtiaient avec une sévérité exemplaire là où ils la rencontraient dans leur empire. Les sodomites étaient brûlés vifs et leurs biens détruits.

Dans le même ouvrage, Inca Garcilaso de la Vega rapporte par exemple:

Livre III, Chapitre XIII: Por la costa de la mar reduzen muchos valles, castigan los sodomitas

"El Inca general Auquititu y sus maesses de campo, haviendo reduzido todos aquellos  valles al servicio de su Rey sin batalla, le dieron cuenta de todo lo que sucedido, y en particular le avisaron que pesquisando las costumbres secretas de aquellos naturales, de sus ritos y ceremonias y de sus dioses, que eran los pescados que matavan, havian hallado que havia algunos sodomitas, no en todos los vezinos en comun, sino en algunos particulares que en secreto usavan aquel mal vicio."

(...)

"Y en particular mando que con gran diligencia hiziessen pesquisa de los sodomitas, y en publica plaça quemassen vivos los que hallassen, no solamente culpados sino indiciados, por poco que fuesse; assimesmo quemassen sus casas y las derribassen por tierra y quemassen los arboles de sus heredades, arrancandoles de raiz, por que en ninguna manera quedasse memoria de cosa tan abominable, y apregonassen por ley inviolable que de alli adelante se guardassen de caer en semejante delito, so pena de que por el pecado de uno seria asolado todo su pueblo y quemados sus moradores en general, como entonces lo eran en particular."

Livre VI, Chapitre XI : De otras provincias que gano el Inca**, y de las costumbres dellas y castigo de la sodomia

" Y en la provincia de Huaillas castigo severamente algunos sométicos, que en mucho secreto usavan el abominable vicio de la sodomia. Y porque hasta entonces no se havia hallado ni sentido tal pecado en los indios de la sierra, aunque en los llanos si, como ya lo dexamos dicho, escandalizo mucho el haverlo entre los Huaillas, del cual escandalo nascio un refran entre los indios de aquel tiempo, y vive hasta hoy en opprobrio de aquella nascion, que dize; Astaya Huaillas, que quiere dezir "Aparte alla, Huaillas", como que hiedan por su antiguo pecado, aunque usado entre pocos y en mucho secreto, y bien castigado por el Inca Capac Yupanki."

* La distinction entre "gays"et "homosexuels" est fondamentale. Comme l'explique très bien l'écrivain cubain Servando Gonzalez, les gays sont un mouvement politique subversif. Les Femen, les Pussy Riot, etc. en sont l'illustration frappante; ce sont des outils ultra-médiatisés servant à la déstabilisation de régimes politiques. Cela n'a rien à voir avec l'homosexualité qui est une attirance personnelle et privée pour une personne du même sexe et qui est tout aussi normale et respectable que l'hétérosexualité.  Dans ses articles très informés et très intelligents, Servando Gonzalez montre que les gays sont en réalité les ennemis des homosexuels: http://www.newswithviews.com/Gonzalez/servando111.htm

** Inca Capac Yupanqui

 

 

garcilaso de la vega imagen enviada a la pucp

 

Pierre-Olivier Combelles: El Águila de Cabeza Blanca Americana, EMBLEMA NACIONAL DE EEUU: SÍMBOLO DE PIRATERÍA MODERNA. Ollanta (Lima-Pérou): link

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Google Baby (bébés en kit) - ARTE

9 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

"Quel est le point commun entre Nayna Patel, une femme médecin en Inde, Doron, un homme d'affaires israélien, et Katerine, une mère de famille du Tennessee ? La fabrication de bébés ! Ainsi, Doron décrit le négoce assez particulier auquel il se livre. D'abord, le matériel génétique est acheté aux États-Unis - par exemple à Katerine qui, pour rénover sa maison, vend régulièrement ses ovules. Une fois les oeufs fécondés, les clients de Doron sélectionnent les embryons qui les intéressent. Ceux-ci sont alors envoyés en Inde à la clinique du docteur Patel, qui insémine les mères porteuses. Neuf mois plus tard, les "parents" viennent récupérer l'enfant. Les femmes enceintes sont logées à l'hôtel, à l'écart de leur famille et de la réprobation sociale. Elles portent les bébés occidentaux contre rémunération et espèrent ainsi améliorer leur situation. Chez Doron, on explique que l'externalisation vers un pays en développement permet tout simplement de baisser les coûts..."

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Mes couteaux et haches de terrain

3 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Pierre-Olivier Combelles

Photo: Alain Rastoin,  Club des Explorateurs (Paris, 1995)

 

Le couteau et la hache sont les outils essentiels de celui qui vit au contact de la nature: agriculteur, agro-forestier, chasseur, naturaliste ou explorateur. Avec l'arc et la lance, ce sont les outils-armes les plus anciens inventés par l'homme. Apparus il y a des centaines de milliers d'années, ils existent toujours.

J'ai possédé de nombreux couteaux dans ma vie (à commencer par les excellents, fragiles et relativement dangereux Opinel, qui se referment facilement sur un doigt !) et je me souviens de chacun d'entre eux comme d'un compagnon. Je pourrais écrire un livre sur le sujet ! Il y a ceux que j'ai gardés, ceux qui ont disparu, ceux que j'ai perdus et ceux que j'ai offerts.

Parmi ceux que j'ai perdus, il y avait le fameux puukko finlandais de Tapio Wirkkala qui tomba un jour dans un fourré d'épinettes naines en me glissant au bas de rochers moussus, chassant la bernache sur la Basse Côte-Nord du Québec avec un ami Montagnais de La Romaine. Il était simplement enfoncé dans la gaine qui s'est retrouvée à l'envers en frottant contre le rocher. J'aurais du le fixer avec un élastique (ce que je fais maintenant, avec morceau de chambre à air de vélo, c'est plus solide) et le garder dans mon sac à dos au lieu de le porter à la ceinture. Je l'ai toujours regretté car il coupait très bien et sa taille et sa forme étaient parfaits. C'était l'actualisation, avec des matériaux modernes, du couteau traditionnel nordique.

En 2001, à La Paz, en Bolivie, on m'a volé avec mon sac à dos (dans lequel se trouvaient, entre autres choses, mes jumelles Leitz Trinovid 8X40 à gainage de caoutchouc vert, mon GPS avec toutes mes données, mon exemplaire des Birds of the High Andes de Jon Fjeldsa et Niels Krabbe, ainsi que mon bien joli couteau pliant Mongin "Yatagan" à manche de corne blonde, très léger, que je portais d'habitude toujours attaché dans ma poche) un très beau et très solide couteau Prairie II de l'artisan coutelier Jean Tanazacq, fait spécialement pour moi avec un manche en micarta, mais que j'utilisais très peu en fait à cause de sa taille et de son poids exagérés (lame de 18cm, 450g !, étui solide mais mal conçu).

Cette perte douloureuse m'a amené à reconsidérer les choses et de retour dans mon village de Sorata, sur les hauteurs du versant amazonien des Andes boliviennes, entre le Lac Titicaca et l'Illampu (6421 m), j'ai dessiné le couteau idéal: lame assez large mais pointue (piquante: indispensable pour percer), solide et bien tranchante, longue de 10 centimètres environ, manche confortable en bois, soie traversante, poids léger, prix raisonnable. Je pensais le faire réaliser par un artisan, mais de retour en Europe, je l'ai trouvé. Car ce couteau existe, c'est le puukko nordique traditionnel.

Aujourd'hui, je me sers donc principalement de deux couteaux de chasse, un Helle "Futura"* (Norvège), lame sandwich inox très tranchante, et un Roselli "Hunter" (Finlande) à lame en acier au carbone (non inox), très robuste. Tous les deux ont un beau manche en bouleau madré (curly birch: Betula pendula) et une lame de 10 cm environ, suffisante pour la plupart des activités dans la nature, sauf le bricolage. Ce sont des couteaux légers, une qualité essentielle pour les longs déplacements dans la nature, en montagne surtout, où il faut être le plus léger possible. Le Hunter de Roselli a un manche plus long, avec une excellente prise en main, surtout en hiver avec des gants.

Evidemment, les artisans, surtout Finlandais, présentent des puukko merveilleux, notamment les tommi traditionnels, à manche de bouleau et de bois d'élan ou de renne.  Mais ils sont onéreux et il ne faut pas les perdre! Ou peut-être faut-il simplement commencer par l'un d'entre eux et ne plus en changer... Si l'on veut broder ou philosopher là-dessus, c'est comme pour les femmes: l'attachement et la reconnaissance envers l'épouse légitime n'empêche pas que l'on tombe amoureux des autres...

 

Sur les couteaux nordiques, voir: https://nordiskaknivar.wordpress.com/

 

Il y a beaucoup d'affinités entre les couteaux nordiques, spécialement finlandais, et japonais: forme, matériaux, techniques, etc. Un sujet qui mériterait tout un développement...

Comme couteau de tous les jours, j'ai eu un Helle "Folkekniven" à manche de bouleau et lame en acier inoxydable (important pour les aliments) Sandvik simple couche de 8,8 cm à soie traversante, léger, parfaitement coupant et d'une excellente prise en main. Et puis je l'ai offert un jour à une amie ...

A noter que les couteaux Helle sont si bien faits qu'ils ne s'affûtent pour ainsi dire jamais, mais s'affilent seulement de temps en temps sur un cuir. Ils ne s'usent donc pratiquement pas. La soie est relativement mince, de sorte qu'en cas d'effort violent, elle pliera, mais ne se brisera pas, ce qui est aussi un gage de sécurité. Etuis en cuir solide, épais, bien faits et durables.

Pour la sculpture sur bois (tasses, etc), j'ai un Roselli "Carpenter", qui fait parfaitement son office: très tranchant, pointu, solide, manche en "curly birch" au toucher soyeux, avec une excellente prise en main. Mais étui en cuir médiocre, comme celui du Hunter.

J'avais aussi un puukko à manche traditionnel de bouleau madré, lame d'acier au carbone et virole de cuivre de l'artisan finlandais Johantsi Hurre, acheté chez lui à Ilomantsi (Carélie), fin janvier 1996. Léger, solide, bien coupant et très pointu (bout relevé). Je l'ai donné à l'un de mes fils.

Pour le bricolage à la maison, comme couteau à tout faire y compris pour racler, j'utilise mon vieux puukko nordique de marque inconnue, à soie traversante, lame courte et très solide de 9 x 2,1 cm et 3mm d'épaisseur et manche de bouleau madré verni en forme de tonneau aplati, exceptionnellement confortable, acheté dans les années 1980 et toujours en parfait état. Mais j'ai poli la lame, beaucoup plus belle et pointue maintenant. Une insulte à l'obsolescence programmée!*

Profitons-en pour dire qu'un couteau est un outil simple. S'il est de bonne qualité, il restera tel que je l'ai acquis. Je pourrai l'entretenir moi-même, voire le réparer. Ce n'est pas comme une machine, sutout informatique, dont le mécanisme échappe totalement à la plupart des utilisateurs. Avec mon puukko, pas de piles, pas de batterie, pas de fil électrique, pas d'électronique, pas de connexion internet, pas de licence d'utilisation, pas de mise à jour, pas de virus, pas de bugs, pas de panne, pas d'obsolescence programmée ! l'efficacité, la disponibilité, la confiance, la liberté !

Pour découper les filets de poisson, j'ai un couteau Hellefisk, de Helle, flottant, à manche de liège.

En forêt et pour remplacer avantageusement la machette au Pérou, un leuku fabriqué spécialement pour moi en Laponie (Ivalo) par le forgeron et guide de chasse Parssi Hurttila. Beaucoup plus tranchant qu'une machette colombienne, moins long et encombrant et pouvant donc être rangé dans le sac à dos pour ne pas bringuebaler à la ceinture, il sert aussi de hachette à l'occasion. Lame en acier au carbone, épaisse (5mm) et lourde, beau manche en bouleau madré, bois d'élan et laiton. Bel et solide étui en cuir. Fabrication et finition excellentes. A l'origine, le leuku sert à couper le menu bois de feu de la toundra forestière, ébrancher, écorcer et lisser les perches pour les tentes et celles qui servent pour conduire les rennes... et aussi pour fabriquer les copeaux de bois de bouleau qui servaient traditionnellement de papier toilette dans les vastes étendues du Subarctique (comme les Nenet font encore en Sibérie: voir photo) !

Evidemment, je ne pratique jamais le "batoning" comme ont voit sur les vidéos de "survie" et de "bushcraft": c'est une surprenante ineptie. Un couteau sert à couper avec l'effort de la main. Une hache sert à fendre. On fend du bois avec une hache ou avec un coin et un merlin, pas avec un couteau. Sinon on le détériore ou on le détruit.

 

J'ai deux haches Gränsfors Bruks: la hache de chasse "Hunter", d'une taille très pratique (on la range facilement dans un sac à dos), très maniable et coupante comme un rasoir, et la Scandinavian forestière longue, légère, équilibrée, efficace pour ébrancher et même pour abattre des arbres de taille raisonnable. J'ai eu un jour un problème avec la Hunter: en la jetant doucement par terre, dans la forêt, la lame a heurté un caillou que je n'avais pas vu au milieu des feuilles. Résultat: un tout petit éclat est parti au bord inférieur du tranchant: pas grand-chose, j'ai pu le rattraper en limant à la maison, mais quand même: cet acier au carbone est fragile, trop fragile.
Notons que ces haches traditionnelles en acier très carboné sont conçues pour les bois tendres des pays nordiques: conifères (sapin, pin sylvestre), bouleau, mais pas pour les bois plus durs des pays tempérés, du sud (chêne, charme, etc.) et de la montagne. Ceux qui ont bûcheronné comme moi dans le Jura à 1200 m d'altitude et coupé des hêtres ou des sorbiers durs et lourds comme de la pierre savent de quoi je parle.
(2017). En coupant quelques os et de chevreuil l'os du crâne à la base d'un des bois (pas très gros, brocard de 3 ans), j'ai abîmé le tranchant de la lame de ma Hunter (voir photo ci-dessous). Pas sérieux pour une hache de chasseur nordique...
Autre chose: j'ai remarqué des sortes d'amorces de fissures dans le manche en hickory "choisi" de la Scandinavian Forest. Les veines du bois sont en biais à cet endroit et j'ai peur qu'un jour il ne se fende et casse.

Le manche de la Hunter est plus court et plus épais. Fibres bien dans le sens de la longueur, apparemment très solide. Je n'ai eu aucun problème avec.

J'ai une très bonne hache Ochsenkopf Gold 1400, avec un manche en hickory américain, robuste et aux fibres bien dans l'axe, qui me rassure infiniment plus que celui de la Gransfors Scandinavian.

J'ai aussi un merlin éclateur Fiskars, dont je me sers tout le temps pour fendre mon bois, et une hachette Fiskars X7, également avec manche synthétique/fibre de verre, extrêmement coupante. Le fer est étonnamment solide. Je n'ai jamais eu le moindre problème avec. Outils de fabrication industrielle d'excellente qualité et d'un prix modique. Et d'un si bon rapport qualité-prix que je n'hésite pas à dire qu'en matière de haches, on pourrait s'équiper uniquement avec Fiskars et Ochsenkopf, car les Gransförs Bruks sont des outils de luxe, coûteux et, je le répète, fragiles.

Enfin, last but not least, j'ai toujours sur moi, sauf dans la nature, un canif pliant Victorinox Soldier (modèle 1961-2008) en alox (lame, poincon, ouvre-boîte, décapsuleur): un outil parfait. Je l'accroche à ma ceinture avec un génial et inusable mousqueton-griffe Wichard en inox (invention et fabrication françaises !) fixé au bout d'une courte sangle, le tout glissé dans la poche de mon pantalon à la bonne longueur pour ne pas percer le fond.

 

(Mars 2017: l'anneau de suspension a lâché et j'ai failli perdre à jamais mon canif : voir 2e photo ci-dessous !)

 

Bien entendu, la saine philosophie de l'outil parfait et durable (reliable, en anglais: sur lequel on peut compter) n'est pas réservée à l'Europe. En matière d'outils tranchants, les Japonais ont un savoir-faire merveilleux, inégalable. C'et pourquoi mon couteau de cuisine préféré est japonais, soigneusement rangé dans un étui en bois que j'ai fabriqué moi-même.

Je suis comme l'Eskimo d'autrefois: peu d'outils mais les meilleurs les plus durables possible. Et puis je l'avoue: j'aime mes outils. Ce sont des compagnons de tous les jours. Leur fidélité est réciproque: je les soigne et je les entretiens parfaitement. La liste que j'ai présentée n'est ni une panoplie ni une collection: tous me servent et sont faits pour servir; mais seulement le résultat du choix patient, raisonné et comparé d'instruments qui m'étaient indispensables dans ma vie de naturaliste de terrain et aussi de "bricoleur".

 

Pierre-Olivier Combelles

Naturaliste, écrivain.

Terrains: France, Jura suisse, Labrador québécois, Andes du Pérou et Bolivie (où j'ai vécu une partie de ma vie)

Prix Guy de Beauchêne 1992 (Société de Géographie, Paris)

 

* Le Helle Futura a une lame de 10,5 cm, large de 2,5 cm et épaisse de 3 mm. Il pèse seulement 85 g. (140 g. avec son fourreau).
** Sur l'obsolescence programmée, moteur de la croissance: entretien avec le philosophe Jean-Claude Michéa (minute 23) : https://www.youtube.com/watch?v=5r-tlZfGPW0

 

Sur le même sujet et sur le même blog:

De la forge à la maison de rondins traditionnelle: l'aventure d'une hache de charpentier en Suède, suivie de quelques réflexions

http://pocombelles.over-blog.com/article-de-la-forge-a-la-maison-de-rondins-traditionnelle-l-aventure-d-une-hache-de-charpentier-en-suede-81854758.html

 

A DIFFUSER: N'achetez pas le sac de couchage "X Pro-ARES" vendu par la boutique de surplus La Tranchée Militaire: c'est une escroquerie

http://www.trancheemilitaire.com/fr/sac-de-couchage/945-sac-de-couchage-sarcophage-camoufle-conditions-extremes.html

En 2014, j'ai acheté ce sac, pensant qu'il s'agissait d'un vrai modèle militaire. en le recevant, j'ai été surpris de constater qu'il n'y avait pas d'étiquette de la marque à l'ntérieur. Il est donc de fabrication chinoise anonyme. Il était annoncé pour -10°/-20°. C'est faux. Je l'ai utilisé régulièrement à l'extérieur pendant tout l'automne, l'hiver et le printemps et il n'est confortable que jusqu'à 0°, pas en dessous. En le lavant avec précaution à la fin du printemps, je me suis rendu compte que les laizes, très larges, s'étaient vidées par endroits du garnissage. Puis en le secouant une autre fois au soleil, qu'une poussière brillante s'en échappait: sûrement celle des fibres synthétiques ! J'ai écrit à la Tranchée militaire pour me plaindre et demander le remboursement, dans une lettre parfaitement argumentée. Il ont refusé, sous prétexte qu'ils n'avaient pas eu de retours négatifs de la part des militaires qui l'avaient acheté. Je précise que les colis envoyés par la Tranchée militaire suite à une commande postale avec règlement par chèque ne contiennent jamais de facture !!!! Une escroquerie.

En haut: femme Nenet de Sibérie raclant un tronc de bouleau avec son leuku pour faire des copeaux qui serviront de papier toilette. Source: internet. En bas: chasseur inuit avec sa lance et son harpon, ses kamik de fourrure d'ours blanc et ses bottes imperméables en peau de phoque. Photo: P.O. Combelles, il y a longtemps dans un  ouvrage de Pierre Robbe (?)
En haut: femme Nenet de Sibérie raclant un tronc de bouleau avec son leuku pour faire des copeaux qui serviront de papier toilette. Source: internet. En bas: chasseur inuit avec sa lance et son harpon, ses kamik de fourrure d'ours blanc et ses bottes imperméables en peau de phoque. Photo: P.O. Combelles, il y a longtemps dans un  ouvrage de Pierre Robbe (?)

En haut: femme Nenet de Sibérie raclant un tronc de bouleau avec son leuku pour faire des copeaux qui serviront de papier toilette. Source: internet. En bas: chasseur inuit avec sa lance et son harpon, ses kamik de fourrure d'ours blanc et ses bottes imperméables en peau de phoque. Photo: P.O. Combelles, il y a longtemps dans un ouvrage de Pierre Robbe (?)

Mes deux haches Gransförs Bruks: en haut la Hunter, en bas la Scandinavian Forest.

Mes deux haches Gransförs Bruks: en haut la Hunter, en bas la Scandinavian Forest.

Amorces de fissures inquiétantes sur le manche en hickory de la Scandinavian Forest.

Amorces de fissures inquiétantes sur le manche en hickory de la Scandinavian Forest.

(2017): comment le tranchant de ma Gransförs Bruks Hunter s'est sérieusement abîmé en coupant quelques os de chevreuil sur un billot, et en essayant de détacher un des bois des os du crâne.... travail que j'ai rapidement terminé avec une scie. Quelle déception !  Décidément, l'acier de cette hache est beaucoup trop fragile et elle  ne mérite pas la réputation qui lui est faite.

(2017): comment le tranchant de ma Gransförs Bruks Hunter s'est sérieusement abîmé en coupant quelques os de chevreuil sur un billot, et en essayant de détacher un des bois des os du crâne.... travail que j'ai rapidement terminé avec une scie. Quelle déception ! Décidément, l'acier de cette hache est beaucoup trop fragile et elle ne mérite pas la réputation qui lui est faite.

Croquis pour un couteau de chasse. P.O. Combelles, 1996.

Croquis pour un couteau de chasse. P.O. Combelles, 1996.

Mon vieux et fidèle puukko nordique de marque inconnue  à côté d'un morceau d'écorce de bouleau pour allumer le feu et de quelques plumes de Buse provenant d'un oiseau tué par un renard ou une martre. Photo: P.O.C.

Mon vieux et fidèle puukko nordique de marque inconnue à côté d'un morceau d'écorce de bouleau pour allumer le feu et de quelques plumes de Buse provenant d'un oiseau tué par un renard ou une martre. Photo: P.O.C.

Mon puukko de l'artisan finlandais Johantsi Hurre (Karjalan Kaiku) à Ilomantsi, en Carélie (fin janvier 1996) L'étui est celui de mon pukko Tapio Wirkkala perdu au Québec-Labrador. Celui-là encore, je l'ai offert... Photo: P.O. Combelles

Mon puukko de l'artisan finlandais Johantsi Hurre (Karjalan Kaiku) à Ilomantsi, en Carélie (fin janvier 1996) L'étui est celui de mon pukko Tapio Wirkkala perdu au Québec-Labrador. Celui-là encore, je l'ai offert... Photo: P.O. Combelles

Johantsi Hurre dans son atelier à Ilomantsi, en Carélie finlandaise (fin janvier 1996). Le puukko qu'il montre est le mien, sauf l'étui que je n'avais pas acheté parce que trop cher. Photo: P.O.Combelles

Johantsi Hurre dans son atelier à Ilomantsi, en Carélie finlandaise (fin janvier 1996). Le puukko qu'il montre est le mien, sauf l'étui que je n'avais pas acheté parce que trop cher. Photo: P.O.Combelles

Mon Futura planté dans un coussin de Distichia sp. dans les Andes péruviennes, à 4700 m d'altitude.

Mon Futura planté dans un coussin de Distichia sp. dans les Andes péruviennes, à 4700 m d'altitude.

Mon Futura dans sa gaine. Un mousqueton d'alpinisme permet de l'accrocher facilement à la ceinture ou à un cordon autour du cou et de le détacher rapidement.

Mon Futura dans sa gaine. Un mousqueton d'alpinisme permet de l'accrocher facilement à la ceinture ou à un cordon autour du cou et de le détacher rapidement.

"Craignez-vous de voir ma lame nue ?" (Cyrano de Bergerac). Le beau manche satiné de mon Helle Futura a même un grain de beauté noir... décidément, entre l'homme et son couteau, il y a toute une histoire d'amour ! Et la lame coupe, coupe ! Photographié sur une fourrure d'écureuil.

"Craignez-vous de voir ma lame nue ?" (Cyrano de Bergerac). Le beau manche satiné de mon Helle Futura a même un grain de beauté noir... décidément, entre l'homme et son couteau, il y a toute une histoire d'amour ! Et la lame coupe, coupe ! Photographié sur une fourrure d'écureuil.

Mon Helle Futura est un très beau et très bon couteau! Je l'aime ! Quand je pars en voyage, je l'emmène toujours avec moi ! Avec sa lame inox très tranchante, il sert à tout.

Mon Helle Futura est un très beau et très bon couteau! Je l'aime ! Quand je pars en voyage, je l'emmène toujours avec moi ! Avec sa lame inox très tranchante, il sert à tout.

Mou couteau de chasse Roselli "Hunter". Lame en acier au carbone non inoxydable. Léger, robuste, efficace. Photo: P.O.C.

Mou couteau de chasse Roselli "Hunter". Lame en acier au carbone non inoxydable. Léger, robuste, efficace. Photo: P.O.C.

Mon Roselli "Carpenter". Lame en acier au carbone, non inoxydable. L'outil parfait pour travailler le bois. Photo: P.O.C.

Mon Roselli "Carpenter". Lame en acier au carbone, non inoxydable. L'outil parfait pour travailler le bois. Photo: P.O.C.

Mon leuku fabriqué par l'artisan Parssi Hurttila (Ivalo, Finlande). Photo: P.O.C.

Mon leuku fabriqué par l'artisan Parssi Hurttila (Ivalo, Finlande). Photo: P.O.C.

Mon ex-couteau pliant Mongin à lame inox et à  manche de corne. Photo prise à côté d'une racine de Lepidium fendue en deux, lors d'une mission botanique dans la puna de Junín (Pérou) vers 4000 m d'altitude. Couteau artisanal extrêmement bien fini, volé avec mon sac à dos en Bolivie l'année 2000. Mais la lame pas aussi coupante qu'on aurait espéré et s'émoussant assez vite. Mais pour porter tout le temps dans la poche et manger à table, le couteau pliant parfait. Essayons de ne pas avoir trop de regrets, comme le renard avec ses raisins "trop verts" !... Ph.: P.O. Combelles

Mon ex-couteau pliant Mongin à lame inox et à manche de corne. Photo prise à côté d'une racine de Lepidium fendue en deux, lors d'une mission botanique dans la puna de Junín (Pérou) vers 4000 m d'altitude. Couteau artisanal extrêmement bien fini, volé avec mon sac à dos en Bolivie l'année 2000. Mais la lame pas aussi coupante qu'on aurait espéré et s'émoussant assez vite. Mais pour porter tout le temps dans la poche et manger à table, le couteau pliant parfait. Essayons de ne pas avoir trop de regrets, comme le renard avec ses raisins "trop verts" !... Ph.: P.O. Combelles

Mon couteau moustérien que j'ai découvert un jour dans une forêt d'Ile de France. Il était emmanché sur un côté dans un morceau de bois d'arbre ou d'os ou de bois de cervidé (renne par exemple) et servait à couper comme à racler les peaux, exactement comme le "ulu"des Inuit. Collection PO Combelles

Mon couteau moustérien que j'ai découvert un jour dans une forêt d'Ile de France. Il était emmanché sur un côté dans un morceau de bois d'arbre ou d'os ou de bois de cervidé (renne par exemple) et servait à couper comme à racler les peaux, exactement comme le "ulu"des Inuit. Collection PO Combelles

Le couteau en silex à manche de frêne et étui en fibres d'ortie de l'homme d'Ötzi (Chalcolithique, vers 2500 ans av. J.C)

Le couteau en silex à manche de frêne et étui en fibres d'ortie de l'homme d'Ötzi (Chalcolithique, vers 2500 ans av. J.C)

Couteaux croche ("mukutan") Montagnais de La Romaine (Basse Côte-Nord du Québec) fabriqués et utilisés par les Indiens Montagnais Naskapi (Innuat) de la péninsule du Québec-Labrador pour le travail du bois (raquettes, canoës, tambours, arcs et flèches, etc.). Fabrication artisanale (et même personnelle car chaque chasseur montagnais savait le faire), au village. La lame est une lame de scie à métaux chauffée et courbée. On s'en sert en tirant vers soi, comme dans toute l'Asie et le Pacifique, et non pas en poussant vers l'extérieur, comme en Occident. Collection et photo: Pierre-Olivier Combelles.

Couteaux croche ("mukutan") Montagnais de La Romaine (Basse Côte-Nord du Québec) fabriqués et utilisés par les Indiens Montagnais Naskapi (Innuat) de la péninsule du Québec-Labrador pour le travail du bois (raquettes, canoës, tambours, arcs et flèches, etc.). Fabrication artisanale (et même personnelle car chaque chasseur montagnais savait le faire), au village. La lame est une lame de scie à métaux chauffée et courbée. On s'en sert en tirant vers soi, comme dans toute l'Asie et le Pacifique, et non pas en poussant vers l'extérieur, comme en Occident. Collection et photo: Pierre-Olivier Combelles.

En canoë avec mes guides Montagnais sur la chaîne des lacs Coacoachou, sur la Basse Côte Nord du Québec (1992). A ma ceinture à droite, mon puukko Tappio Wirkkala perdu l'été suivant à la chasse dans la région de La Romaine. Photo: L.E.

En canoë avec mes guides Montagnais sur la chaîne des lacs Coacoachou, sur la Basse Côte Nord du Québec (1992). A ma ceinture à droite, mon puukko Tappio Wirkkala perdu l'été suivant à la chasse dans la région de La Romaine. Photo: L.E.

Ile du Petit-Mécatina, sur la Basse Côte-Nord du Québec, août 1989. A ma ceinture, à gauche, le Helle "Nying", très bon petit couteau à lame inox, que j'ai donné depuis. Capture d'écran du film documentaire "Grandeur Nature, dans le sillage de John James Audubon".

Ile du Petit-Mécatina, sur la Basse Côte-Nord du Québec, août 1989. A ma ceinture, à gauche, le Helle "Nying", très bon petit couteau à lame inox, que j'ai donné depuis. Capture d'écran du film documentaire "Grandeur Nature, dans le sillage de John James Audubon".

Pêche aux truites au filet lors d'une expédition scientifique dans l'intérieur des terres de la Basse Côte-Nord du Québec avec les Montagnais de la Romaine, en août 1992. Mon ancien Opinel N°10  donne l'échelle. Un couteau pratique mais mal adapté: la lame rouille, elle se bloque lorsque le bois gonfle, la virole et la fente se bouchent et s'encrassent, la lame d'acier au carbone, fine, se casse facilement. Donc dans le tiroir de la cuisine, du bureau ou de l'atelier, au jardin, aux champignons, mais certainement pas dans une expédition.Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Pêche aux truites au filet lors d'une expédition scientifique dans l'intérieur des terres de la Basse Côte-Nord du Québec avec les Montagnais de la Romaine, en août 1992. Mon ancien Opinel N°10 donne l'échelle. Un couteau pratique mais mal adapté: la lame rouille, elle se bloque lorsque le bois gonfle, la virole et la fente se bouchent et s'encrassent, la lame d'acier au carbone, fine, se casse facilement. Donc dans le tiroir de la cuisine, du bureau ou de l'atelier, au jardin, aux champignons, mais certainement pas dans une expédition.Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Mon magnifique ex-couteau Prairie II de Jean Tanazacq, fait spécialement pour moi avec un manche en micarta noir et qu'on m'a volé en Bolivie avec mon sac à dos. Très solide, mais trop grand et beaucoup trop lourd (450 g avec l'étui, avec une lame au fâcheux galbe incurvé. C'est le style "romain". Je m'en servais essentiellement, comme machette, pour couper des échantillons de plantes...Photographié ici, pour donner l'échelle, avec une Passiflore, dans la vallée de Zongo, sur le versant amazonien de la cordillère Royale des Andes de Bolivie, vers 1700 m d'altitude, dans les années 2000. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Mon magnifique ex-couteau Prairie II de Jean Tanazacq, fait spécialement pour moi avec un manche en micarta noir et qu'on m'a volé en Bolivie avec mon sac à dos. Très solide, mais trop grand et beaucoup trop lourd (450 g avec l'étui, avec une lame au fâcheux galbe incurvé. C'est le style "romain". Je m'en servais essentiellement, comme machette, pour couper des échantillons de plantes...Photographié ici, pour donner l'échelle, avec une Passiflore, dans la vallée de Zongo, sur le versant amazonien de la cordillère Royale des Andes de Bolivie, vers 1700 m d'altitude, dans les années 2000. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Mon canif Victorinox Soldier protographié sur une prairie du Jura suisse à côté de gentianes, vers 1200 m d'altitude (Pâques 2015). Photo: P.O. Combelles

Mon canif Victorinox Soldier protographié sur une prairie du Jura suisse à côté de gentianes, vers 1200 m d'altitude (Pâques 2015). Photo: P.O. Combelles

Mars 2017. Mon Victorinox (acheté en 2011 je crois,il doit donc avoir 6 ans) est tombé par terre en montant dans ma voiture en stationnement dans la rue. Je l'ai retrouvé le soir à la même place: personne n'avait fait attention (il faisait nuit). J'ai dû rouler dessus en manoeuvrant et plusieurs autres autos aussi qui s'étaient garées au même endroit. Fonctionne parfaitement: juste le relief qui s'est un peu écrasé au contact des graviers du macadam, sur la face au contact du sol, et l'anneau de suspension qui s'est cassé ... C'est solide, un Victorinox en alox !

Mars 2017. Mon Victorinox (acheté en 2011 je crois,il doit donc avoir 6 ans) est tombé par terre en montant dans ma voiture en stationnement dans la rue. Je l'ai retrouvé le soir à la même place: personne n'avait fait attention (il faisait nuit). J'ai dû rouler dessus en manoeuvrant et plusieurs autres autos aussi qui s'étaient garées au même endroit. Fonctionne parfaitement: juste le relief qui s'est un peu écrasé au contact des graviers du macadam, sur la face au contact du sol, et l'anneau de suspension qui s'est cassé ... C'est solide, un Victorinox en alox !

Comment enlever l'écorce des bouleaux tombés et morts pour allumer le feu. Couteau: Roselli Hunter, très très coupant. PH: PO Combelles.

Comment enlever l'écorce des bouleaux tombés et morts pour allumer le feu. Couteau: Roselli Hunter, très très coupant. PH: PO Combelles.

Bouleau écorcé pour allumer le feu... de la "bonne job" !

Bouleau écorcé pour allumer le feu... de la "bonne job" !

Finalement, le Roselli Hunter est un très bon couteau !

Finalement, le Roselli Hunter est un très bon couteau !

Un couteau que j'ai fabriqué moi-même à ¨partir d'une lame de baïonnette suisse SIG, très solide, très très solide, pour les travaux durs. Lame: 13 cm env.PH: PO Combelles

Un couteau que j'ai fabriqué moi-même à ¨partir d'une lame de baïonnette suisse SIG, très solide, très très solide, pour les travaux durs. Lame: 13 cm env.PH: PO Combelles

Gaine à la mode traditionnelle finnoise. Manche du couteau: cordelette enroulée passant à l'intérieur de l'enroulement et renforcée aux extrémités par de la colle epoxy. PH PO Combelles

Gaine à la mode traditionnelle finnoise. Manche du couteau: cordelette enroulée passant à l'intérieur de l'enroulement et renforcée aux extrémités par de la colle epoxy. PH PO Combelles

Couteau Nenet de Sibérie. Manche en bouleau madré, gaine en cuir de renne. Collection Alain Rastoin

Couteau Nenet de Sibérie. Manche en bouleau madré, gaine en cuir de renne. Collection Alain Rastoin

Le même couteau Nenet de la collection Alain Rastoin.

Le même couteau Nenet de la collection Alain Rastoin.

Mon couteau de cuisine japonais

Mon couteau de cuisine japonais

Dessin du génial astrophysicien Jean-Pierre Petit http://www.jp-petit.org/

Dessin du génial astrophysicien Jean-Pierre Petit http://www.jp-petit.org/

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Combattre en temps de crise (Chafarévitch)

1 Septembre 2010 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

" Quand l’individu perd tout intérêt pour le travail et les destinées de son pays, la vie devient un poids dénué de sens, la jeunesse cherche une issue à travers des flambées de violence irrationnelle, les hommes deviennent alcooliques ou drogués, les femmes cessent d’engendrer et le peuple se décime…

Telle est l’issue vers laquelle nous entraîne le " Petit Peuple ", qui travaille sans relâche à détruire tout ce qui sert à maintenir l’existence du " Grand Peuple ". C’est pourquoi la création d’une armure spirituelle protectrice est une question de survie nationale. Une telle tâche est à la mesure d’un peuple. Mais il y a une tâche bien plus modeste, et que nous ne pouvons mener à bien qu’individuellement : elle consiste à DIRE LA VERITE, proférer à haute et intelligible voix ce que d’autres ont voulu taire craintivement. "

 

Igor Chafarévitch, La Russophobie, traduit du russe par Alexandre Volsky, Editions Chapitre Douze SER, 1993.

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