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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Le Rouge et le Blanc

Le Rouge et le Blanc

 

A mon, aïeule Anne de Béthune (✞ 6 janvier 1875).

A mes amis Amérindiens d'Amérique du Nord et du Sud, les "Hommes rouges"

A mes amis russes, suisses et d'ailleurs

et à tous ceux qui combattent pour leur liberté

 

 

Ati kula e hina Tagaloa ne alito aki e fonua qalo.

Rouge et blanc vous êtes, ô Tangaroa, notre joyau qui venez de la contrée perdue.

Chant polynésien. Eric de Bisschop: Vers Nousantara.

A diagramatic reconstruction of the ancient Sami world-view, showing the division of the world into Upper, Middle and Underworlds. Source:  Mulk, Inga-Maria & Tim Bayliss-Smith (2006) Rock Art and Sami Sacred Geography in Badjelánnda, Laponia, Sweden. Sailing Boats, Anthropomorphs and Reindeer. Archaeology and Environment 22 and Kungl. Skytteanska Samfundets handlingar 58, pp. 331-348. Umeå.


"(...) Etendard rouge et uni et avec quelques houppes, donc de la couleur du sang des martyrs, mais aussi de la guerre, car, depuis les Carolingiens, la dialectique du rouge et du blanc, de la rose et du lis, de la guerre et de la paix, était bien connue. Encore, en fin 1789, Louis XVI promulga la loi sur la loi martiale pour disperser les attroupements. On annonçait l'application de la loi martiale (avec possible ouverture du feu) en hissant un drapeau rouge sur la mairie et, pour en signaler la fin, on hissait un drapeau blanc." (Hervé Pinoteau, Notre-Dame de Chartres et de France - Le voile de la Vierge et autres merveilles. François-Xavier de Guibert, Paris, 2008)

 

Les armes de la Maison de Béthune, "D'argent à la fasce de gueules" illustrent remarquablement cette symbolique.

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 Bannière de "Bonnie" Charles Edward Stewart (Stuart)

 

Jeanne de Béthune et Jeanne de Luxembourg, protectrices de Ste Jeanne d’Arc durant sa captivité au château de Beaurevoir (1430)


" Juin commençait à peine quand Jean de Luxembourg communiqua à Philippe le Bon, son souverain, l’intention qu’il avait de transférer la jeune fille du château de Beaulieu à la forteresse de Beaurevoir. Le duc de Bourgogne ne vit probablement aucun motif pour s’opposer au projet du comte de Ligny ; il lui fit toutefois remarquer que la duchesse, sa femme, venant de Noyon le 6 de ce même mois, tiendrait à connaître celle dont on parlait dans toute l’Europe. Luxembourg, lui, n’avait qu’à accéder au désir de son prince ; aussi est-ce vraisemblablement dans la journée du 6 juin que l’héroïne fut enlevée clandestinement de Beaulieu pour être transférée à Noyon, où elle passa la nuit dans une prison d’Etat, circonstance que les bourgeois de cette ville ignorèrent complètement. Le lendemain, après que la duchesse de Bourgogne eût satisfait sa curiosité, une escorte conduisit la Pucelle, toujours avec le même mystère, au château de Ham, propriété des Luxembourg ; de là, sans que l’on sache où se fit l’étape intermédiaire, la captive semble avoir été dirigée vers le château de Wiège, dont le comte de Ligny s’était emparé en 1424. Enfin, la petite troupe atteignit Beaurevoir.

La demeure de Jean de Luxembourg était une forteresse, dont les tours massives, construites suivant les règles de l’architecture militaire des Anglais, se dressaient au sommet d’une colline située au milieu des forêts ; de puissants ouvrages de défense, capables d’arrêter l’effort d’une armée, en protégeaient les approches.

Au pied du terrible manoir, entre les haies embroussaillées, chantent des sources aux eaux limpides. L’Escaut, le grand fleuve flamand, prend là son point de départ vers la mer du Nord.

(…)

" Son angélique pitié fut remarquée par les nobles dames du château et lui attira toute leur bienveillance. Celles-ci habitaient ensemble l’antique demeure. La plus âgée, née en 1365, ne s’était jamais engagée dans les liens du mariage. Sœur du bienheureux Pierre de Luxembourg, évêque de Metz et cardinal, elle fut demoiselle d’honneur d’Isabeau de Bavière et l’une des marraines de l’enfant royal que devint Charles VII. Vivant au foyer de son neveu, aimée et respectée de tous, elle gardait néanmoins au fond de son cœur des sentiments français. Sa nièce par alliance, Jeanne de Béthune, vicomtesse de Meaux, avait aussi l’âme attachée au parti national ; elle soignait et écoutait comme une mère sa vénérable tante.

D’abord épouse de Robert de Bar, tué à Azincourt en 1415, la jeune femme était restée veuve à la fleur de l’âge, puis, sur les instances du duc de Bourgogne, elle avait contracté de nouveaux liens avec Jean de Luxembourg, le 23 novembre 1418. Cette seconde union ne lui avait pas donné d’enfants, mais de la première était née une fille, la même année que Jeanne d’Arc (1412). De race lorraine comme l’héroïne, elle portait avec sa tante adoptive et sa mère le même prénom que la Libératrice. Peut-on s’étonner, dans ces conditions, qu’un courant de profonde sympathie ait rapproché les grandes dames de leur prisonnière ?

Les termes dont la Pucelle se servira plus tard en parlant de ses aimables hôtesses ne laissent aucun doute sur ses sentiments à leur égard. Elle affirmera, en effet, qu’à l’exception de la reine de France, personne au monde n’eut plus d’empire sur son cœur que les dames de Luxembourg.

Il n’est point d’adoucissement que, dans leur sollicitude, les châtelaines n’aient apporté au sort de la pauvre enfant. Si elles ne pouvaient lui enlever ses gardes, du moins lui permirent-elles de jouir, sous leur surveillance, d’une liberté relative. Une tradition locale prétend même que, sans la dispenser, bien entendu, de cette surveillance obligatoire, elles emmenaient Jeanne au château de la Mothe, résidence d’été située dans le vallon, près des sources de l’Escaut, à un quart de lieue de la forteresse. "

 

Mgr. Henri Debout, Prélat de la Maison de Sa Sainteté, Lauréat de l’Académie française. Histoire admirable de la Bienheureuse Jeanne d’Arc. Paris, Maison de la Bonne Presse, 5 rue Bayard, 1909.


"Le moment où Jeanne est livrée aux Anglais [NDLR : 21 novembre 1430]  coïncide avec la mort de la "dame de Luxembourg", que sans doute son neveu, Jean, comte de Luxembourg-Ligny, hésitait à mécontenter."
Régine Pernoud: Jeanne d'Arc par elle-même et par ses témoins. Seuil, 1962.



 

Consulter aussi:

Colonel de Liocourt: La mission de Jeanne d'Arc (chapitre: la captivité à Beaurevoir). Nouvelles Editions Latines.

Sur Jeanne de Marle, fille de Jeanne de Béthune et de Robert de Bar, qui épousa plus tard Louis de Luxembourg:

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_de_Marle

 

 

 

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" Tant qu’une aristocratie pure, c’est-à-dire professant jusqu’à l’exaltation les dogmes nationaux, environne le trône, il est inébranlable, quand même la faiblesse ou l’erreur viendrait à s’y asseoir ; mais si le baronnage apostasie, il n’y a plus de salut pour le trône, quand même il porterait saint Louis ou Charlemagne ; ce qui est plus vrai en France qu’ailleurs. Par sa monstrueuse alliance avec le mauvais principe, pendant le dernier siècle, la noblesse française a tout perdu ; c’est à elle qu’il appartient de tout réparer. Sa destinée est sûre, pourvu qu’elle n’en doute pas, pourvu qu’elle soit bien persuadée de l’alliance naturelle, essentielle, nécessaire, française du sacerdoce et de la noblesse. "

Joseph de Maistre, Du pape (1817)

Le Rouge et le Blanc
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