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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

TRIBUNE. Le confinement constitue un remède pire que le mal pour la société française

31 Octobre 2020 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #France, #Opération Coronavirus

Plus de 300 universitaires, scientifiques, professionnels de la santé, du droit, de l’éducation et du social, ainsi que des artistes, se déclarent « atterrés » par des discours officiels qui dramatisent indûment la réalité afin de justifier des mesures de confinement.

***

C’est un secret de polichinelle : le reconfinement était envisagé depuis l’été dernier. La stratégie de communication du ministère de la Santé s’est déployée autour de cette perspective depuis plus de deux mois, de façon à le faire accepter par la majorité de la population le jour J. Les médias mainstream lui ont fourni une aide décisive. Ils sont le relais et l’instrument privilégiés de cette communication. Et, force est hélas de constater qu’ils jouent très bien le rôle qui leur a été assigné. S’appuyant mécaniquement sur les chiffres, cette communication consiste à ne s’intéresser qu’aux indicateurs les plus alarmants, en les changeant au fil du temps si celui qu’on utilisait ne permet plus d’envoyer le message espéré. Et si un indicateur a une évolution en dents de scie, la communication se fait uniquement les jours où les chiffres augmentent. Il n’y a qu’un seul message possible.

Avant-hier, 27 octobre, la manipulation a encore opéré. La totalité des médias a titré sur les prétendus 523 morts : « Du jamais vu depuis le confinement ». Or ce chiffre était faux. Selon Santé Publique France, il y a eu 292 morts à l’hôpital le 27 octobre, contre 257 la veille (le 26) et 244 (en baisse donc) le 28. Mais l’on ajoute les morts en EHPAD qu’une fois tous les quatre jours en les cumulant. Prétendre compter les morts quotidien ce jour-là revient donc à gonfler artificiellement les chiffres. Et c’est étonnamment ce qui s’est passé la veille de l’allocution annoncée du président de la République, qui a repris à son compte ce chiffre faux. Est-ce un détail ? Non, ce n’est hélas qu’un exemple parmi beaucoup d’autres.

Une deuxième vague prétendue « plus terrible encore que la première »

C’est le président du « Conseil scientifique » (M. Delfraissy) qui le disait il y a quelques jours : arriverait une deuxième vague « plus forte encore que la première » et nous serions déjà dans « une situation critique ». Ce genre de prédiction catastrophiste constitue une manipulation d’un Conseil qui n’est pas scientifique mais politique. Rien ne permet non plus d’affirmer que, sauf confinement, « d’ici quelques mois, c’est au moins 400.000 morts supplémentaires à déplorer », comme l’a pourtant prétendu hier soir le président de la République. Enfin, il est également faux de dire que nous ferions simplement comme tous nos voisins européens. À ce jour, seuls l’Irlande et le Pays de Galles ont reconfiné la totalité de leur population.

Il serait urgent de revenir à la raison. Selon les chiffres de Santé Publique France, sur les près de 15 millions de tests effectués à ce jour, 93% sont négatifs. Et parmi les 7% restant de la population testée positive, plus de 85% ont moins de 60 ans ; il s’agit donc essentiellement de personnes qui ne risquent pas de faire une forme grave de la maladie. Au final, moins de 1% de la population est donc « à risque » et c’est uniquement elle qu’il faut protéger.

Autre façon de le dire : au cours de la période récente (entre le 1er septembre et le 20 octobre, jour où nous avons fait ce calcul), 7.621.098 personnes ont été testées. Sur cette même période, 38.100 individus ont été hospitalisés (0,5%) et 6.593 ont été admis en réanimation (0,09%) avec un test positif au Covid. En d’autres termes, depuis le 1er septembre, sur cet énorme échantillon de la population de 7,6 millions, la probabilité moyenne pour un individu lambda (sans distinction d’âge ou de comorbidité) de ne pas être hospitalisé est de 99,5% et celle de ne pas être admis en réanimation est de 99,91%. Justifier le reconfinement de 67 millions de Français sur cette base s’appelle un délire.

Hier, le 28 octobre, 3045 personnes étaient en réanimation. Comment parler de saturation lorsque l’on se souvient que, fin août, le ministre de la Santé annonçait 12.000 lits disponibles si besoin (quatre fois plus donc). Où donc sont ces lits ?

On dit alors : « Oui, mais l’hôpital est submergé par le Covid ». Manipulation encore, pour trois raisons. D’abord, les tests ayant été généralisés depuis juillet, toute personne entrant à l’hôpital porteuse d’une trace du Covid est comptée comme un « hospitalisé Covid » même si elle vient en réalité pour son cancer ou son hypertension. Et c’est la même chose si elle entre en réanimation ou si elle décède. Ensuite, si les chiffres de l’hospitalisation et de la réanimation augmentent bel et bien, cela n’a rien d’exceptionnel : c’est au contraire ce qui se produit chaque année à la même époque (automne-hiver) mais que l’on fait semblant d’avoir oublié. Un Alzheimer généralisé s’est-il emparé de nos politiques et des journalistes ? Faut-il rappeler qu’en janvier 2020, à la veille de la crise du Covid, 1000 médecins dont 600 chefs de service des hôpitaux avaient menacé de démissionner pour dénoncer « un hôpital public qui se meurt » ? Enfin, il y avait hier, le 28 octobre, 3045 personnes en réanimation. Comment parler de saturation lorsque l’on se souvient que, fin août, le ministre de la Santé annonçait 12.000 lits disponibles si besoin (quatre fois plus donc). Où donc sont ces lits ?

La vérité est que les gouvernements ne veulent pas investir dans l’hôpital public où l’on maltraite les professionnels et où l’on a perdu près de 70.000 lits en 15 ans lors même que la médecine de ville est saturée et que les services d’urgence voient leur fréquentation augmenter d’année en année. Oui, l’hôpital est en tension mais ce n’est pas fondamentalement à cause du Covid ! C’est essentiellement à cause de la maltraitance politique dont ce service public est l’objet de manière générale depuis plus de 20 ans, et tout particulièrement depuis que les politiques y ont introduit comme partout une politique du chiffre et de la rentabilité inspirée du management des grandes entreprises.

La vie sociale amputée, la démocratie en péril

La vérité est que le confinement (qui sera peut-être prolongé au-delà du 1er décembre) crée bien plus de problèmes qu’il n’en résout. Son bilan mondial n’est associé à aucune réduction mesurable de la mortalité tandis que son principal résultat observable est d’abord de mettre au chômage des centaines de milliers et peut-être demain des millions de personnes, surtout évidemment parmi les plus fragiles (emplois précaires, CDD, intérim, personnes payées à la prestation, saisonniers, etc.), et de menacer de disparition la plupart des petites entreprises, souvent familiales, autres que les commerces de bouche, dont l’activité quotidienne est la seule source de revenu. Gageons que les très grands groupes s’en satisferont car ils les rachèteront sans doute demain.

Ces mesures de confinement ont ensuite pour effet d’amputer la vie sociale de la plupart des liens sociaux autres que familiaux. Un certain style de vie et de pensée embourgeoisé s’en satisfaisait certes au printemps dernier, chaque enfant ayant sa chambre pour vivre son intimité, son ordinateur pour rester en contact avec l’école et son smartphone avec forfait illimité pour échanger en permanence avec ses amis, les parents faisant du télétravail, sortant chaque jour faire leur footing dans des rues et des espaces verts « où on entendait de nouveau les oiseaux », et se faisant livrer des repas à domicile s’ils avaient la flemme de faire à manger ou la peur d’aller se mêler à la populace dans un supermarché. Mais de quelle proportion de la population cette vie est-elle le quotidien en confinement ? Qui ne voit que le confinement fait exploser les inégalités sociales, les échecs scolaires, les violences intra-familiales, les troubles psychologiques et les renoncements au soin ? Qui ne sait qu’il entraîne déjà dans d’autres pays des soulèvements et des émeutes de la faim ? Et qui comprend que les oiseaux ont bon dos et que ces petits moments de répit procurés par la panique des humains ne sont rien au regard de leur lente extinction ?

Quant à la démocratie, elle est mise sous cloche par l’état d’urgence permanent et le confinement. Qu’est-ce qu’une démocratie sans liberté d’aller et venir, de se réunir et de manifester ? Qu’est-ce qu’une démocratie où il n’y a quasiment plus personne dans les hémicycles des assemblées parlementaires ? Qu’est-ce qu’une démocratie où la justice est paralysée faute de pouvoir audiencer ? Qu’est-ce qu’une démocratie où, finalement, il n’y a plus qu’un pouvoir exécutif ? Qu’est-ce qu’une démocratie où tout ceci s’impose par la peur et la culpabilisation, voire la censure et la mise en accusation de quiconque refuse d’y céder ?

Chacun, en conscience, tirera les conséquences qu’il veut de tous ces dramatiques constats. Nous n’appelons pas à la révolution et nous ne faisons pas de politique partisane. Mais nous voulons dire que nous en avons plus qu’assez qu’on nous demande de nous comporter comme les moutons de Panurge au nom d’un principe de précaution totalement dénaturé et d’interprétations statistiques relevant de la manipulation. Nous réclamons qu’on en finisse avec cette panique sanitaire, qu’on donne aux soignants les moyens de remplir leurs missions de santé publique, qu’on cesse de violenter des pans entiers de la société et qu’on sorte de cet état d’urgence permanent pour bâtir démocratiquement une politique sanitaire consensuelle.

 

Signataires :

Laurent Mucchielli, sociologue, directeur de recherche au CNRS
Laurent Toubiana, chercheur épidémiologiste à l’INSERM, directeur de l’IRSAN
Jean Roudier, professeur de médecine, rhumatologue, directeur de l’unité INSERM UMRs 1097 
Paul Touboul, Professeur de cardiologie à l’université Lyon 1
Pierre-Yves Collombat, ancien sénateur du Var, ancien vice-président de la commission des lois
Emmanuel Krivine, chef d’orchestre, directeur honoraire de l’orchestre national de France
Jean-François Toussaint, professeur de physiologie à l’Université de Paris, ancien président des Etats Généraux de la Prévention
Marc Rozenblat, président du syndicat National des médecins du sport-santé 
Christian Celdran, Directeur Régional des Affaires Sanitaires et sociales (DRASS) honoraire
Chantal Brichet-Nivoit, médecin et correspondante de l’Académie d’Ethique à l’Université de Paris
Dominique Eraud, médecin, présidente de la coordination nationale médicale santé environnement
Louis Fouché, médecin anesthésiste, réanimateur hospitalier 
Bernard Marsigny, médecin anesthésiste réanimateur hospitalier
Gilles Perrin, médecin anesthésiste réanimateur
Bernard Swynghedauw, biologiste, directeur de recherche émérite à l’INSERM
Fabrice Bonnet, professeur d’Endocrinologie au CHU de Rennes/université Rennes 1
Jolanta-Eva Amouyal, psychologue clinicienne et du travail, Expert de la Commission Européenne
Alexandra Henrion Caude, Chercheur, généticienne, Directrice de l’Institut de recherche Simplissima
Andréa Soubelet, enseignant-chercheur à l’Université Côte d’azur
Édith Galy, professeure en ergonomie à l’Université Côte d’azur
Bruno Péquignot, professeur émérite de sociologie des Universités de Paris
Jean-Loup Mouysset, Oncologue médical, Hôpital Privé de Provence
Bernadette Meignan, médecin généraliste
Sébastien Lagorce, médecin généraliste
André Quaderi, Professeur de Psychologie, Université Côte d’Azur
Olivier Soulier, Médecin
Gilles Guglielmi, professeur de droit à l’Université Paris II Panthéon-Assas, Directeur du Centre de Droit public comparé 
Éric Desmons, professeur de droit public, université Sorbonne Paris Nord
Alain Wurtz, professeur émérite de Chirurgie Thoracique, Université de Lille
Bernard Dugué, ingénieur des Mines, docteur en pharmacologie, docteur en philosophie
Elizabeth Oster, avocat à la Cour, ancien membre du Conseil National des Barreaux
Arnaud Rey, chercheur en psychologie au CNRS
Mathias Delori, politiste, chargé de recherche CNRS 
Alexandra Menant, docteur en biologie, chercheuse au CNRS
Alain Deville, physicien, professeur émérite à l’Université Aix-Marseille
Thierry Oblet, Maître de Conférences en Sociologie, Université de Bordeaux
Éric Plaisance, professeur de sociologie à l’Université Paris Descartes
Thierry Flaget, Conseiller principal d’éducation
Marc Cognard, professeur de biologie et physique-chimie en lycée
Malick Abubakr Hamid Diallo, journaliste
Virginie Bauer, journaliste-enseignante
Cesare Mattina, enseignant/chercheur à Aix-Marseille Université
Nathalie Chapon, Enseignante et Chercheure à Aix-Marseille Université
Elise Carpentier, professeur de droit public à l’Université d’Aix-Marseille 
Marc Roux, professeur Honoraire de Zootechnie
Pascale Gillot, Maître de conférences en philosophie, Université de Tours
Charalambos Apostolidis, Professeur de droit international à l’Université de Bourgogne
Didier Blanc, Professeur de droit public à l’Université de Toulouse
Christophe Leroy, Biologiste, Docteur en Biologie Moléculaire et Cellulaire
Dominique Domergue Anguis, gynécologue 
Evelyne Fargin, professeur de chimie à l’Université de Bordeaux
David Lepoutre, professeur de sociologie, Université de Paris Nanterre
Isabelle Vinatier, professeur émérite de sciences de l’éducation à l’Université de Nantes
Marie Touzet Cortina, Maître de Conférences à l’Université de Bordeaux
Rose-Marie Castello, médecin du Travail
Sroussi Hubert, médecin généraliste (Montbéliard)
Cécile Bourdais, maîtresse de Conférences en Psychologie à l’Université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis 
Marie Estripeaut-Bourjac, professeur Émérite à l’Université de Bordeaux
Rémy Marchal, professeur des universités à l’École Nationale Supérieure d’Arts et Métiers
Marie-Laure Cadart, médecin et anthropologue
Jean-Jacques Vallotton, médecin généraliste (39)
Florence Lair, radiologue libérale, Blois
Nassim Moussi, Architecte 
Jean-Christophe Besset, Réalisateur
Luc Petitnicolas, Responsable R&D - Chargé de cours
Murielle Dellemotte, Médecin du Travail 
Monique Lamizet, médecin
Bernard Lamizet, ancien professeur d’université à Sciences Po Lyon
Monique Romagny-Vial, professeur des universités
Jean-Jacques Robin, Juriste ancien directeur d’établissements médico-sociaux
Sébastien Aubert, professeur agrégé de Génie Mécanique, Ecole Nationale Supérieure d’Arts et Métiers
Laurence Maury, psychologue (psychologie sociale et cognitive)
Isabelle Aubert, Maitre de conférences HDR à l’Université de Bordeaux
Thierry Gourvénec, pédopsychiatre
Michèle Leclerc-Olive, chercheure retraitée CNRS-EHESS
Hélène Banoun, pharmacien biologiste, Docteur ès-sciences pharmaceutiques
Pierre Grenet, écrivain
André Cayol, enseignant chercheur retraité de l’Université de Compiègne Sorbonne
Shanti Rouvier, Docteure en Psychologie Clinique et Psychopathologie
Jean-Michel de Chaisemartin, psychiatre des Hôpitaux Honoraire
Gilles Mottet, enseignant artistique compositeur
Marta Barreda, Médecin généraliste, spécialiste en Santé Publique
Camille Allaria, Sociologue, chercheuse associée au CNRS
Pierre Duchesne, Psychanalyste
Michel Angles, médecin généraliste (12)
Daniel Robinson, médecin généraliste (Ecully)
Jean-Pierre Eudier, Chirurgien-Dentiste
Christian Perronne, médecin infectiologue
Christine Claude-Maysonnade, avocate (Tarbes)
Eugenia Lamas, chercheuse en éthique, INSERM
Hervé Joly, directeur de recherche CNRS, Lyon
Sylvie Laval, psychiatre
Daniel Chollet, médecin pneumologue
Brigitte Agostini, infirmière libérale, Propriano
David Esfandi, psychiatre-addictologue, Bordeaux
Thiou Sandrine, médecin généraliste à Besançon
Ariane Bourgeois, Avocat au Barreau des Hauts-de-Seine
Emmanuelle Lemonnier, médecin généraliste, Villenave d’Ornon
Jean-Jacques Coulon, médecin généraliste Bourges
Frédéric Monier, Professeur d’histoire contemporaine, Avignon Université
Marc Richevaux, magistrat, maître de conférences à l’Université du Littoral Côte d’Opale
Jean-François Lesgards, biochimiste, chercheur au CNRS 
Brigitte Weiss, Médecin généraliste
Laura Giusti, Médecin psychiatre
Mylène Weill, biologiste, directrice de recherche au CNRS
Eric Bouvier, pharmacien
Bernard Cornut, polytechnicien
Sophie Tasker, Traducteur et Expert Judiciaire
Mohamed Zelmat, biologiste médical 
Dominique Jaulmes, médecin retraitée, ancien PHTP AP-HP
Anne Marie Begue-Simon, ancien maître de conférences des Universités en sciences humaines, ancien médecin et expert honoraire près des Tribunaux
Tanguy Martinelli, médecin généraliste à Issigeac (Dordogne)
Frédéric Hasselmann, professeur de musique, chef d’entreprise, responsable d’association
Jean-Pierre Grouzard, retraité des Industries Electriques et Gazières
Caroline Mecary, Avocate aux barreaux de Paris et du Québec, Ancien Membre du Conseil de l’Ordre
Bernard Banoun, Professeur de littérature allemande, Sorbonne Université, Faculté des Lettres
Hugues Debotte, Conseiller en droit
Sendegul Aras, avocat au barreau de Strasbourg, Membre du Conseil de l’Ordre
Amandine Thomasset, psychiatre, praticien hospitalier 
Lisbeth Girard Claudon, Médecin généraliste 
Benoît Rousseau, juge des libertés et de la détention (Cayenne)
Cécile Fortanier, docteur en Économie de la Santé, Cadre Hospitalier 
Delphine Rive, médecin généraliste (Rezé)
Claude Gautier, professeur de philosophie, École Normale Supérieure de Lyon
Nathalie Caradot, médecin généraliste
Michel Soussaline, chirurgien AIHP- ACCAHP
Nicolas Sembel, professeur de sociologie à Aix-Marseille Université
Roland Pfefferkorn, professeur émérite de sociologie à l’Université de Strasbourg
Maryse Esterle, sociologue, enseignante-chercheure honoraire de l’université d’Artois
Lucie Jouvet Legrand, Maîtresse de Conférences en Socio-Anthropologie
Caroline Petit, chercheuse au CNRS
Pascal Lardellier, Professeur de sciences de la communication à l’Université de Bourgogne
Aurélia Vessière, Chercheur en maladies infectieuses
Nathalie Bauer, écrivain, traductrice littéraire
Marie-José Minassian, philosophe
Fausto Lanzeroti, Ostéopathe D.O.
Jean-Marc Le Gars, Avocat au Barreau de Nice
Michel Deshaies, Professeur de Géographie, Université de Lorraine
Thierry Orsiere, Ph D HDR, Ingénieur de Recherche en Toxicologie Génétique à Aix Marseille Université
Jean-Luc Viaux, professeur émérite de psychologie à l’Université de Rouen
Jacques Bouaud, chercheur en informatique médicale
Jean-Michel Crabbé, médecin généraliste (Besançon)
Patrick Bellier, Pneumologue
Isabell Erhardt, médecin généraliste 
Franklin Joulie, Chirurgie Gynéco-Obst (Nantes)
Pascal Sacré, Anesthésiste-réanimateur
Pierre-Olivier Weiss, Attache temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université des Antilles
Aurélien Dyjak, docteur en sociologie, formateur
Pascal Pannetier, Chef d’entreprise
Jean-Luc Stanek, Santé Navale et chirurgien-dentiste
Jeanine Jemet, médecin généraliste
Rosa Gutierrez Silva-Lenud, infirmière, diplômée en Santé publique
Claude Amzallag, musicien
Bénédicte Helfer, Expert Science de Régulation
Nicole Foulquier, Avocat (Beziers)
Claude Murtaza, médecin généraliste
François Gastaud, Chirurgien orthopédiste
Amélie Castellanet, historienne de l’art
Sara Melki, Ouvrière agricole
Léna Barbancey, infirmière
Vincent Pavan, maître de conférences en mathématiques, Aix-Marseille Université
Eve Martin, psychologue de l’Education nationale
Nicolas Védrines, kinésithérapeute diplômé en ingénierie
Gérard Ostermann, Professeur de Thérapeutique, Médecine Interne, Psychothérapeute
Michel Boudet, Médecin généraliste
Anne-Elisabeth Migeon, Diététicienne/Nutritionniste
félix giloux, critique d’art
Béatrice Adam, Kinésithérapeute
Maylis Ferry, post-doctorante en science politique au Centre Émile Durkheim
Justine Schaal, infirmière diplômée d’Etat
Idriss Abiola, infirmier anesthésiste, Paris
Pierre Sonigo, directeur de recherche et développement 
Rik Verhellen, médecin généraliste
Paul Rocchietta, directeur financier
Pierre Concialdi, chercheur en science sociales
Laurent Lederer, comédien
Alain Le Hyaric, Médecin de Santé publique, Paris
Koryna Socha médecin, PH, docteur en sciences médicales
Jean Baptiste Mouzet, praticien hospitalier gériatre, Maine-et-Loire
Gérard Le Roux, médecin généraliste retraité
Jean Jacques Gandini, Avocat honoraire, Montpellier 
Marie Monguet, psychologue clinicienne 
Jean-Marc Rehby, médecin généraliste (Lille)
François de Chabalier, psychiatre, épidémiologiste
Cynthia Galand, infirmière diplômée d’état
Christine Pavon, professeure des écoles
Sophie Helayel, Accompagnante d’élève en situation de handicap (AESH)
Jérôme Reynier, Docteur en psychologie sociale
Arthur Roncetto, bibliothécaire
André-Pierre Bouillet, médecin généraliste (Talant)
Jean-Dominique Michel, socio-anthropologue
Maryse Pechevis, Avocat à la Cour (Montpellier)
Nadège Pandraud, enseignant-chercheur à Aix-Marseille Université
Didier Delaitre, médecin légiste, Le Bourget
Peter El Baze, médecin Ancien attaché des Hôpitaux du CHU de Nice
Heike Freire, philosophe et psychologue, spécialiste de la Pédagogie Verte
Christian Castellanet, Agro-écologue
Dominique Leiber, médecin généraliste
Margot Mottet-Caisson, étudiante à l’Université
Pascal Roman, Professeur de Psychologie clinique, psychopathologie et psychanalyse à l’Université de Lausanne
Gaël Raimond, étudiant infirmier 
Joo Zimmermann, Ingénieur Agronome, chargée d’accompagnement
Maxime Langevin, doctorant en mathématiques appliquées
Hélène Chollet, Docteur en médecine 
Béatrice Petit, médecin généraliste
Raphaël Sendrez, masseur-kinésithérapeute et ostéopathe
Nicole Chaudiere, pharmacienne
Karim Souanef, maître de conférences en sociologie à l’Université de Lille
Vincent Manns, médecin généraliste acupuncteur
Martine Mérour, pneumologue
Myriam Balsat, médecin généraliste
Yves-Marie Mattheyses, Infirmier Anesthésiste
Anne Atlan, Directrice de Recherches au CNRS, Généticienne des populations et Sociologue
Caroline Mouzet-Heaulme, Médecin généraliste
Christophe Sgro, avocat, barreau de Nancy
Eliana Carrasco-Rahal, traductrice, autrice
Gilles Moulard, chauffeur-livreur
Adèle André, Juriste
Dominique Bouvier, pharmacienne
Marie-Louise Chaix, micro-entrepreneur
Ralph Lévy, Étiopathe
Nicole Roattino, pharmacienne Praticien Hospitalier
Chantal Hecq, retraitée
Evelyne Jaumary-Lapeyre, avocat, docteur en Science Politique
Sybille Burtin-Philibert, Médecin spécialiste de Santé Publique 
Laurent Durinck, médecin anesthésiste 
Véronique Ahari, édecin nutritionniste 
Nathalie George, médecin du travail et épidémiologiste
Frédéric Schnee, médecin gériatre coordonnateur en Ehpad
Dominique Crozat, professeur de géographie à l’Université Paul Valéry Montpellier 3
Thierry Medynski, médecin généraliste
Teddy Francisot, Avocat à Montpellier
Blanche Magarinos-Rey, avocate au Barreau de Paris
André Bonnet, avocat au barreau de Marseille
Hélène Palma, maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille
Jean Luc Wabant, avocat
Guy Chapouillié, Professeur Emérite à l’ENSAV de Toulouse
Évelyne Gandais, Dermatologue 
Nicole Karsenti, Médecin généraliste
Fabien Giboudot, médecin généraliste (39)
Gwennola Nouet Berthelot, docteur en médecine (49)
Édith Delbreil, avocate au barreau d’Avignon
Serge Rader, Pharmacien, Paris
Valérie Giraud, Sage-femme sexologue 
Emmanuel Sarrazin, médecin généraliste
Frédéric Barbe, maître de conférences associé à l’Ecole d’Architecture de Nantes
Jean Louis Pasquier, formateur pour adultes et praticien en cohérence cardio-respiratoire
Christine Pasquier, formatrice, coach et praticienne en cohérence cardio-respiratoire
Franck Enjolras, psychiatre et anthropologue 
Anne Catherine Martin, médecin généraliste
Paul-André Bellot, chirurgien dentiste
Francine Barouch, médecin Homéopathe (Nice)
Catherine Delmas, médecin généraliste, Toulouse
Jean Emsallem, médecin angéiologue
Morgane Miègeville, cadre de santé
Jean-Philippe Golly, informaticien
Patricia Melot, médecin généraliste
Christophe Lemardelé, docteur en histoire des religions, chercheur associé au CNRS
François Le Gall, musicien
Sylvie Huitorel, infirmière libérale (56)
Marc Arer, médecin généraliste (Saint-Etienne)
Philippe Bos, anesthésiste-réanimateur retraité
Aline Hubert, hydrogéologue
James Masy, maître de conférences en sciences de l’éducation à l’Université Rennes 2
Benoit Marpeau, maître de conférences en histoire, université de Caen-Normandie
Anne-Gabrielle Mottier, orthophoniste
Lidia Wacheux, aide-soignante
Laurent Toussaint, Conseiller en Investissements Financiers, Professeur à Montpellier Business School
Bénédicte Dassonville, médecin généraliste
Sylvie Imbert, informaticienne
Elsa Ronchi, Cheffe de projet Développement Social Urbain
Christophe Dargere, sociologue, chercheur associé au Centre Max Weber
Tamara Baron, psychologue
Dominique Géraud-Coulon, médecin rééducateur (Gap)
Pierre Maugeais, médecin généraliste (30)
Françoise Giorgetti-D’Esclercs, médecin Oto-rhino-laryngologiste, CHU Marseille
Manuel Zacklad, professeur en Sciences de l’Information et de la Communication au CNAM 
Paul Report, retraité, ancien magistrat des tribunaux administratifs et cours administratives d’appel
Marianne Bordenave-Jacquemin, maître de conférences en physiologie végétale, Sorbonne-Université
Catherine Raulin, médecin ostéopathe
Natacha Galet, psychologue Clinicienne, Psychanalyste
Gérard Delépine, chirurgien cancérologue statisticien
Nicole Delépine, pédiatre cancérologue
Jutta Schicht, éducatrice spécialisée
Eve Villemur, homéopathe , nutritionniste et praticienne en TCC
Béa Arruabarrena, maître de conférences Conservatoire National d’Arts et Métiers (CNAM) - Laboratoire DICEN
Sylvie Cagnin, médecin anesthésiste-réanimateur
Claire Neirinck, professeur de droit émérite, Université de Toulouse 1 Capitole
Thierry Loloum, médecin, psychiatre (16)
Véronique Le Gall, psychologue
Alain Tortosa, thérapeute
Colette Nordmann, médecin du Sport-Santé, Bures-sur-Yvette
Aude Meesemaecker, infirmière libérale, naturopathe, Montpellier
Noémie Garnier-Maugeais, professeure spécialisée pour enfants sourds
Leila Gofti-Laroche, pharmacien et épidémiologiste, praticien hospitalier au CHU Grenoble Alpes

Le Moucheron qui se croit un Aigle. Source de la capture d'écran: https://francais.rt.com/france/80184-dans-tribune-300-intellectuels-se-disent-atteres-reconfinement

Le Moucheron qui se croit un Aigle. Source de la capture d'écran: https://francais.rt.com/france/80184-dans-tribune-300-intellectuels-se-disent-atteres-reconfinement

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Sergey Chernyakhovsky : La liberté d'expression des uns est toujours limitée par le droit de défendre l'honneur et la dignité des autres. (Club d'Izborsk, 30 octobre 2020)

30 Octobre 2020 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Club d'Izborsk (Russie), #France, #Opération Charlie, #Politique, #Religion, #Société

Sergey Chernyakhovsky : La liberté d'expression des uns est toujours limitée par le droit de défendre l'honneur et la dignité des autres.  (Club d'Izborsk, 30 octobre 2020)

Sergey Chernyakhovsky : La liberté d'expression des uns est toujours limitée par le droit de défendre l'honneur et la dignité des autres.

 

30 octobre 2020

 

https://izborsk-club.ru/20086

 

 

En Russie, la loi interdit de justifier publiquement les actes terroristes. C'est pourquoi il ne s'agit pas de justifier l'action menée à Paris, lorsque l'islamiste local Abdullah Anzorov a décapité l’enseignant Samuel Paty.

 

En fait, couper la tête d'un professeur, même si ce n'est pas votre professeur, n'est pas une bonne chose. C'est une atrocité.

 

Mais pourquoi ce professeur a-t-il montré à ses élèves des caricatures manifestement offensantes ? S'il enseignait la tolérance, il aurait dû commencer par la tolérance à l'égard de leurs valeurs. Même si elles ont l'air douteuses. Même si vous considérez qu'ils ont des préjugés religieux, les brimades et les insultes ne sont pas guéries.

 

Ce que Samuel Paty a montré, ce sont les caricatures du magazine Charlie Hebdo, dont les frères Kouachi avaient déjà massacré la Rédaction.

 

Peut-être voulait-il voir si les musulmans étaient devenus plus tolérants, mais il ne s'est pas rendu compte que les nouveaux Kouachi seraient trouvés... tout comme il ne s'est pas rendu compte que les Kouachi sont morts en 2015, consciemment, et non par malentendu...

 

La différence entre les Européens et les musulmans d'aujourd'hui est que les premiers considèrent leur existence biologique comme la plus importante de leur vie, tandis que les musulmans considèrent leur foi et leurs valeurs plus importantes que leur vie et même plus importantes que la vie de ceux qui tentent d'en abuser...

 

C'est pourquoi les Européens se sont honteusement rendus et ont cédé leurs capitales à Hitler, alors que les musulmans sont prêts à mourir en défendant leurs valeurs contre les abus des postmodernistes européens.

 

Non, on peut bien sûr considérer que Paty a également décidé de mettre sa vie en danger et l'a délibérément risquée au nom de l'affirmation de ses valeurs. En ce moment, ses valeurs sont le droit d'insulter et de se moquer des sentiments des autres ? Le nouveau droit est le droit d'insulter...

 

En fait, dans le cadre des valeurs européennes de l'insulte, il fallait aller à la barricade et mettre son front sous la balle de l'offensé. Qui avait le droit de tirer le premier.

 

Paty s'est comporté comme un provocateur flagrant, et il devrait être responsable aussi bien de la provocation que de l'insulte. Et en tant que provocateur, il a reçu, en tant que provocateur. Bien que, bien sûr, de manière violente. Mais bafouer les valeurs n'est-il pas un acte violent ?…

 

La violence engendre la violence. Il commis la violence, et il a gagné la violence. Il a trouvé ses Kouachi. La seule chose est que les Kouachi n'ont pas coupé de têtes, ils ont tiré. Charlie Hebdo n'a pas montré de caricatures offensantes dans les écoles , mais les a imprimées pour les adultes.

 

L'interdiction de l'acquittement des Kouachi ne justifie pas ceux qui se sont appelés « Charlie ». Et pour les condamner, il n'est pas nécessaire d'être un fondamentaliste islamique, ou simplement un musulman, ou un chrétien, ou un croyant en général.

 

Que faisaient les gens de "Charlie" ? Insulter les sanctuaires d'autres personnes. Ce que faisait Paty est exactement la même chose.

 

Tout le monde a droit à la liberté d'expression, mais chacun a droit à son propre sanctuaire, à ce qui est plus important pour lui que sa vie.

 

La liberté d'expression ne signifie pas la liberté d'insulter.

 

La liberté d'expression d'une personne est toujours limitée par le droit de défendre son honneur et sa dignité.

 

L'homme diffère de l'animal en général en ce qu'il a certaines valeurs qui sont plus importantes pour lui que son existence philologique, sa vie biologique et ses instincts.

 

Si personne n'a le droit d'enlever la vie à l'homme, alors personne n'a le droit de lui enlever ce qui est plus important pour l'homme que la vie.

 

Les frères Kouachi ont refusé de se rendre et sont morts en disant qu'ils étaient prêts à mourir pour leur foi et pour ce qu'ils considéraient comme leur divinité.

 

Peu importe si Al-Qaida* les a envoyés et a payé leurs dépenses et leurs armes - ils ne sont pas morts pour elle, ils sont morts pour leurs valeurs.

 

Al-Qaida est certainement une organisation terroriste fasciste (interdite sur le territoire russe - ndlr) et elle doit être détruite. Les Kouachi ne sont peut-être pas justifiés, mais il y a une raison de les respecter. Ils avaient la foi - et ils avaient des valeurs. Et ils étaient plus importants pour eux que la vie : cela signifie qu'ils étaient des Humains.

 

Ceux qui se disaient journalistes de "Charlie" et ceux qui, après la punition de ce dernier, déclaraient qu'"il est Charlie", comme le professeur Paty, ne reconnaissaient pas que ceux qu'ils maltraitaient et abusaient moralement avaient quelque chose de plus important que la vie. Ils peuvent donc difficilement être considérés comme des êtres humains.

 

Et "Charlie" ne croyait pas que les gens existaient. Les Kouachi leur ont prouvé non pas qu'Allah est, mais que les Humains sont.

 

Et ce n'est pas vrai que "Charlie" a ridiculisé tout le monde. Ils se sont moqués de beaucoup de gens : la France et l'URSS, Staline et de Gaulle, le christianisme et l'islam. Mais quand, à un moment donné, un de leurs journalistes a ridiculisé le fils du président Sarkozy et le judaïsme de son épouse, ce journaliste a été immédiatement licencié. Charly n'avait pas le droit de se moquer de cela.

 

C'est peut-être pour cela que l'ancien président français Sarkozy, qui a détruit la Libye, a été l'un des premiers à rejoindre son successeur, le président français Hollande, lorsqu’il s'est mis sous la protection des nazis ukrainiens, après les représailles des "guerriers de la terreur de l'information". Et se tenait à ses côtés dans une production théâtrale représentant une millionième "marche de solidarité" avec ces terroristes de l'information dans les rues de Paris.

 

Puis Paris s'est mis dans l'embarras avec cette marche. Aujourd'hui, Macron s'est mis dans l'embarras en récompensant le provocateur Paty.

 

Il est absolument ridicule d'encourager l'expansion de l'Islam en France et de se moquer en même temps de la foi musulmane. Eh bien, c'est une chose. Mais ce n'est qu'une illustration de l'entropie morale-intellectuelle dans laquelle, hélas, tombe la civilisation quasi-européenne actuelle.

 

"Charlie, comme Paty, étaient eux-mêmes des terroristes, comme les Kouachi. Seulement informationnel. Parce qu'insulter est autant un acte terroriste qu'infliger la mort.

 

La terreur morale et la terreur de l'information doivent être punies plus sévèrement. Parce qu'elles attaquent plus que la vie - l'honneur et la personnalité.

 

Et quand les personnages qui se disent êtres humains, comme Svanidze ou des journalistes comme lui, éternellement et furieusement moqués par les journaux ont essayé d'affirmer que l’insulte est une valeur et une tradition indispensable de l'Europe - ils ne font que mentir et se défiler.

 

Et Sheridan a écrit sur des gens comme eux il y a deux cents ans dans son « L'École de la médisance »**.

 

La tradition européenne, d'ailleurs, a toujours été différente : conduire un stupide insensé à la limite et le frapper au front pour un geste d'honneur.

 

Les Kouachi sont morts pour leur droit d'être humains : pour défendre leurs valeurs et leur honneur.

 

 

* une organisation terroriste interdite sur le territoire russe.

 

 

Sergey Chernyakhovsky

 

Tchernyakhovsky Sergey Felixovich (né en 1956) - philosophe politique russe, politologue, publiciste. Membre titulaire de l'Académie des sciences politiques, docteur en sciences politiques, professeur à l'Université d'État de Moscou. Conseiller du président de l'Université internationale indépendante sur l'environnement et la politique (IEPU). Membre du Conseil public du ministère russe de la culture. Membre permanent du Club d’Izborsk.

 

Traduit du russe par Le Rouge et le Blanc.

 

**  NdT: https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27École_de_la_médisance

Sergey Chernyakhovsky : La liberté d'expression des uns est toujours limitée par le droit de défendre l'honneur et la dignité des autres.  (Club d'Izborsk, 30 octobre 2020)
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Mon ami est le soleil (Rûmî)

30 Octobre 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Iran, #Poésie, #Religion

L’ascension au ciel de Jésus, miniature turque ancienne.

L’ascension au ciel de Jésus, miniature turque ancienne.

Mon ami est le soleil (Rûmî)

"Prophète central de l’islam, Jésus - appelé "’Îsâ" dans le Coran - fait partie, avec les prophètes Noé, Abraham, Moïse et Mohammad, des "élus" à qui a été révélé un Livre ou une Loi divine. [1] Dans l’islam, Jésus a donc été choisi par Dieu pour transmettre aux hommes un nouveau texte sacré, l’Evangile (Injîl), censé contenir le sens profond et vrai de la Thora, ainsi que pour rappeler aux "Enfants d’Israël" (Banî Isrâ’îl) le dogme central du monothéisme et la nécessité de se soumettre à la volonté divine.

Jésus est évoqué dans le Coran comme indissolublement lié à Marie et constitue un modèle à suivre pour l’ensemble des croyants : "Ô Marie ! Dieu t’annonce la bonne nouvelle d’un verbe émanant de Lui. Son nom est : le Messie, Jésus, fils de Marie (Al-Masîh, ’Îsâ ibn Maryam) ; illustre en ce monde comme dans l’au-delà ; il est au nombre de ceux qui sont proches de Dieu." [2] Il fait partie de la "famille de ’Imrân" comprenant sa mère Marie, Yahyâ (Jean-Baptiste), son cousin, ainsi que le père de ce denier, Zacharie. Jésus est également considéré pur de tout péché.

Le ’Îsâ de l’islam est cependant très différent du Jésus du christianisme : bien que favorisé de grands dons et "fortifié par l’Esprit Saint", la vision coranique le considère essentiellement comme un homme et lui dénie donc la part de divinité qui constitue le fondement de la religion chrétienne. Ainsi, dans une optique comparée, la vision et conception profondément différente du monothéisme ainsi que de la relation entre Dieu et les hommes dans ces deux religions apparaît avec toute sa force au travers de leur différente vision du personnage de Jésus. Cependant, dans les deux traditions, il n’en demeure pas moins le prophète qui bouleverse les lois, tant par sa naissance et sa mort que par la profondeur de son message, et qui a constitué une source inépuisable de méditation pour de nombreuses grandes figures de l’islam au cours des siècles."

(...)

"Tantôt qualifié de Parole de Vérité (Qawl al-Haqq), d’Esprit de Dieu (Rûh Allah), de serviteur de Dieu (’Abdollah) ou encore de "signe pour l’Heure" (’ilm lilsa’ât) et de "Masîh" (signifiant le "oint") [5], le Coran présente également Jésus comme le "Verbe" (Kalima) de Dieu - dont la signification est cependant bien différente de la notion de "Verbe" de l’Evangile de Saint Jean selon lequel Dieu s’est fait chair. Pour l’islam, le Verbe reste une créature, même s’il n’en demeure pas moins doté d’un rang éminent en ce qu’il est chargé de véhiculer la Parole de Dieu et parler en son nom : "Jésus devient le Verbe de Dieu non pas à cause de son incarnation par laquelle sa chair devient divine, mais parce que son esprit est parvenu à un tel degré de perfectionnement qu’il est devenu un miroir au travers duquel la divinité se révèle"." [6]

(...)

"Jésus est une figure quasi-omniprésente de la littérature mystique musulmane où il incarne souvent l’invitation adressée à chaque homme à partir à la recherche de la part de divin cachée en lui. Etroitement liée à la figure de Maryam, le Christ typifie essentiellement la naissance spirituelle destinée à s’accomplir au sein de chaque être ; le corps devant auparavant être "purifié" de toute mauvaise pensée ou acte pour pouvoir donner naissance au "Jésus de son être"."

La figure du Christ dans l'Islam, par Amélie Neuve-Église

La Revue de Téhéran

http://www.teheran.ir/?article875#gsc.tab=0

Ces citations ainsi que les illustrations ci-dessus sont extraites de ce magnifique article.

(...)

"La Vierge Marie occupe une place centrale dans l’islam tout d’abord en tant que mère de Jésus, prophète reconnu par l’islam, de par le miracle de sa maternité et enfin du fait de sa foi à toute épreuve. Elle fait à ce titre partie des quatre femmes considérées comme "parfaites" par la tradition islamique, aux côtés de Fatima, fille du prophète Mahomet, Khadija, sa première femme, et Âsiya, femme de pharaon et "mère adoptive" de Moïse. [3]Dans la tradition, elle est également destinée à être la première à entrer au paradis. "Maryam" est également la seule femme du Coran à être mentionnée par son nom et saluée par les anges en tant qu’ "élue par la volonté divine". Elle est aussi mentionnée dans de nombreux récits de la tradition musulmane, qui insistent notamment sur la nature pure et exempte de tout péché de "Marie et son fils" (Maryam wa ibnuhâ).

 

Marie (Maryam) est évoquée près de 34 fois dans le Coran, principalement dans la sourate "La famille de ’Imrân" (Al-’Imrân) et "Maryam" ; elle est également mentionnée dans les sourates "Les Croyants" (Al-Mu’minun) [4], "L’interdiction" (Al-Tahrim) [5], ou "Le Fer" (Al-Hadid) [6]."

(...)

De Sainte Marie à Maryam Moqaddas: la Vierge dans la tradition islamique et la Maison de Marie à Éphèse, par Amélie Neuve-Église.

La Revue de Téhéran, Avril 2008

http://www.teheran.ir/spip.php?article179#gsc.tab=0

 

Marie venant de donner naissance à Jésus près du palmier, miniature persane, date et auteur inconnus

Marie venant de donner naissance à Jésus près du palmier, miniature persane, date et auteur inconnus

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Le président Bachar-al-Assad: un VRAI chef d'État qui AIME et PROTÈGE son pays

30 Octobre 2020 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Politique, #Religion

28/10/2020   Dama-SANA/  Le président Bachar al-Assad a pris part à une cérémonie religieuse, organisée ce soir par le ministère des Waqfs, à l’occasion de l’anniversaire du prophète Mohammad dans la mosquée de Saad Bin Mo’az à Damas, où il a fait la prière de Maghrib.

28/10/2020 Dama-SANA/ Le président Bachar al-Assad a pris part à une cérémonie religieuse, organisée ce soir par le ministère des Waqfs, à l’occasion de l’anniversaire du prophète Mohammad dans la mosquée de Saad Bin Mo’az à Damas, où il a fait la prière de Maghrib.

[Le président Bachar al-Assad] "a affirmé que la Syrie avait préservé son indépendance et la dignité de son peuple et défendu ses territoires par le biais de son armée nationale et son président qui a protégé le pays grâce à sa sagesse."

Source: SANA, l'Agence arabe syrienne d'informations

http://www.sana.sy/fr/?p=199454

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Alexandre Douguine : Bernard-Henri Lévy - sophiste au service de la mondialisation (Club d'Izborsk, 29 octobre 2020)

29 Octobre 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Alexandre Douguine, #Club d'Izborsk (Russie), #Philosophie, #Russie

Alexandre Douguine : Bernard-Henri Lévy - sophiste au service de la mondialisation  (Club d'Izborsk, 29 octobre 2020)

Alexandre Douguine : Bernard-Henri Lévy - sophiste au service de la mondialisation

 

29 octobre 2020

 

https://izborsk-club.ru/20077

 

 

- Bernard-Henri Lévy est devenu un symbole de la révolution des couleurs à notre époque. Parlez-nous de lui.

 

- Bernard-Henri Lévy est un intellectuel dévoué. Il s'est engagé de manière désintéressée en faveur du libéralisme et du mondialisme. Il est un sophiste au service de la mondialisation et se positionne comme un cosmopolite. C'est un Juif qui ne croit pas en Dieu, un Français pour qui le patriotisme n'a aucune valeur. Il se considère comme le représentant du futur ordre mondial auquel aspire le monde occidental moderne. En conséquence, sa mission est de rapprocher le monde entier de cet avenir. Pour cette raison, il a participé au renversement de Kadhafi, Assad, Ianoukovitch, a soulevé les Kurdes contre Erdogan, et soutient maintenant Tihanovskaya.

 

- Quel est cet ordre mondial du futur ?

 

- C'est un monde sans États, sans espaces souverains, sans identités nationales, sans religions. C'est un monde d'individus libres ayant le droit absolu à l'autodétermination. L'essentiel dans ce monde du futur est qu'il n'y a pas de frontières. Pas de frontières politiques ou culturelles. C'est un monde global d'égalité et de liberté universelles.

 

- Bernard-Henri Lévy travaille avec Soros ?

 

- Bien sûr, il coopère étroitement avec la Fondation Soros et, en général, avec de nombreuses structures étatiques et semi-étatiques américaines.

 

- L'année dernière, vous avez eu un débat avec lui. Racontez-moi.

 

- Oui, l'année dernière, nous avons débattu avec lui à l'Opéra d'Amsterdam. Nous avons défendu des positions opposées. Il a défendu le gouvernement mondial et le libéralisme comme étant le seul système de valeurs correct et moi la diversité des États-nations et des civilisations. Ce débat a été appelé « le débat du siècle ». Malheureusement, c'était sans importance. Mon adversaire, pour des raisons que je ne connais pas, n'a pas essayé de défendre sa position à un niveau philosophique élevé - il s'est placé sur le plan du "bon - mauvais", "blanc - noir". Il a commencé à blâmer la Russie pour tous ses péchés. En fin de compte, nous n'avons jamais réussi à établir un dialogue constructif.

 

Ces débats ont été suivis par des politiciens de haut niveau de Chine, de Serbie, de Turquie et d'Iran. Ils m'ont dit ceci : j'ai gagné du point de vue intellectuel, il a gagné du point de vue de l'arrogance et de l'émotivité.

 

- Comment caractériseriez-vous son travail ?

 

- Là où il se présentera, il y aura un désastre. S'il se présente en Biélorussie - attendez la catastrophe, s'il se présente en Géorgie - attendez la catastrophe, s'il se présente en Turquie - attendez la catastrophe. Il est l'incarnation de l'agressivité de l'hégémonie occidentale qui résiste à la perte de sa position dans le monde.

 

 

Alexandre Douguine

 

http://dugin.ru

Alexandre Gelievich Douguine (né en 1962) - éminent philosophe, écrivain, éditeur, personnalité publique et politique russe. Docteur en sciences politiques. Professeur de l'Université d'État de Moscou. Leader du Mouvement international eurasien. Membre permanent du Club d’Izborsk.

 

Traduit du russe par Le Rouge et le Blanc.

Alexandre Douguine : Bernard-Henri Lévy - sophiste au service de la mondialisation  (Club d'Izborsk, 29 octobre 2020)

Vidéo du débat entre le philosophe Alexandre Douguine et le sophiste BHL (Nexus Institute, Amsterdam, 21 septembre 2019):

https://www.youtube.com/watch?v=x70z5QWC9qs

Gloup Gloup Gloup !

Gloup Gloup Gloup !

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Yuri Tavrovsky : Xi Jinping a fait une déclaration d'une sévérité sans précédent contre les Américains (Club d'Izborsk, 28 octobre 2020)

29 Octobre 2020 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Chine, #Club d'Izborsk (Russie), #Politique, #Russie

Yuri Tavrovsky : Xi Jinping a fait une déclaration d'une sévérité sans précédent contre les Américains  (Club d'Izborsk, 28 octobre 2020)

Yuri Tavrovsky : Xi Jinping a fait une déclaration d'une sévérité sans précédent contre les Américains

 

28 octobre 2020

 

https://izborsk-club.ru/20059

 

 

Le président chinois Xi Jinping a fait des déclarations très vives. "Bien sûr, nous ne regarderons pas avec indifférence comment notre souveraineté d'État, notre sécurité et nos intérêts de développement sont sapés, nous ne permettrons à aucune force d'interférer grossièrement et de diviser la terre sacrée de notre patrie. Au cas où une telle situation se produirait, le peuple chinois porterait un coup fatal", a menacé le dirigeant chinois. Qui sont les menaces chinoises abordées, pourquoi elles sont apparues maintenant et comment la guerre de Corée est liée à cela - nous a dit le président du conseil d'experts du Comité russo-chinois pour l'amitié, la paix et le développement Yuri Tavrovsky.

 

Je crois que Xi Jinping, bien sûr, s'adresse aux Américains. Il les met en garde contre le danger de certains mouvements brusques dans les semaines à venir avant et après les élections américaines - dit l'expert. - Il y a un point de vue : si, après les élections aux États-Unis, il y a des disputes au sujet du vainqueur, il faudra une sorte de distraction, et alors un conflit peut surgir dans le détroit de Taiwan.

 

Il pourrait s'agir de navires et d'avions américains qui pénétreraient dans l'espace chinois, ou d'autorités taïwanaises qui pourraient être poussées par les États-Unis à déclarer leur souveraineté, et ainsi provoquer le déclenchement d'une guerre entre le continent et l'île.

 

Les Américains ont poussé les Taiwanais à bout ces dernières semaines, avec de nouveaux missiles déjà annoncés qui non seulement atteindront des cibles dans le détroit de Taiwan, mais viseront également des objets à l'intérieur du territoire chinois.

 

En fait, Xi Jinping avertit sa nation et ses adversaires potentiels du danger. En mai dernier, le leader chinois a exhorté les militaires à se préparer au pire des scénarios. Il y a une semaine, il a fait appel aux Marines de la ville de Shenzhen. Les Marines sont les nouvelles unités créées pour la guerre avec Taiwan. Il leur a dit clairement : "Préparez-vous pour la guerre."

 

Vendredi, Xi Jinping a fait une déclaration sur "un coup de massue". Le timing est très important ici : d'une part, il est dit à la veille des élections américaines, d'autre part - à la veille du plénum du Comité central du PCC, qui s'ouvre le lundi 26 octobre. C'est un événement très important, qui a lieu une fois par an. Ce n'est peut-être pas un hasard si Xi Jinping dit qu'on ne peut pas laisser le parti se diviser, qu'on ne peut pas laisser la nation se diviser... Cela pose évidemment quelques problèmes.

 

Il est également très important qu'il le dise en rapport avec la guerre de Corée. Et il dit que les Chinois ont gagné cette guerre. Victoire sur qui ? Les Américains. Bien qu'en 1950, les forces de la Chine et des États-Unis aient été disproportionnées, les Chinois n'ont pas eu peur, ils ont envoyé leurs troupes en Corée, ont perdu plus de 200 000 personnes, mais, comme les Chinois eux-mêmes le croient, ils ont gagné. Les historiens occidentaux s'y opposent. Ici, la question est vraiment discutable, car pour la première fois dans l'histoire, les Américains n'ont pas accepté la reddition, mais ont signé une trêve. D'ailleurs, cette trêve est toujours en vigueur.

 

Les Chinois établissent des parallèles - alors que Mao Zedong dirigeait un pays faible. La Chine n'a été déclarée qu'en octobre 1949, et déjà en 1950, elle est en guerre contre l'Amérique. Néanmoins, la Chine a décidé de franchir ce pas. Et maintenant, la Chine se montre : "Nous n'aurons pas peur de faire ce pas". Et bien que les États-Unis continuent probablement à surpasser la Chine sur le plan militaire, ils n'ont pas peur car "les Chinois ne peuvent pas gagner".

 

La déclaration de Xi Jinping est d'une sévérité sans précédent. De plus, le fait que les Chinois célèbrent maintenant l'anniversaire de la guerre de Corée en dit long. Récemment, elle a simplement été rayée de l'histoire, et tous les musées qui tiennent maintenant des réunions ont été fermés parce que l'Amérique était un ami et un partenaire stratégique. Et maintenant, c'est l'inverse.

 

C'est dire ce qui n'était pas dans le discours de Xi Jinping. Il n'a pas été fait mention de la participation de l'Union soviétique, et c'est très désagréable. L'Union soviétique n'a pas officiellement participé à la guerre, mais les Chinois ont combattu avec des armes et de l'argent soviétiques. Staline a envoyé des armes, des spécialistes et des commandants. En outre, toute l'aviation était alors à nous, les Chinois et les Coréens n'avaient pas d'aviation en principe, et les États-Unis avaient déjà des jets. Beaucoup de nos gens sont morts là-bas, et en Chine il y a des monuments aux pilotes volontaires soviétiques, mais maintenant, malheureusement, on ne s'en souvient plus.

 

Ainsi, les Chinois coupent les parallèles possibles entre cette guerre et la situation actuelle. Ils ne nous invitent donc pas à affronter l'Amérique. Notre relation ne s'est pas détériorée, ils disent simplement : "Nous pouvons le faire nous-mêmes". Rien n'indique que Xi Jinping et Vladimir Poutine se consultent, même si cela serait logique. La guerre froide se poursuit actuellement contre la Chine et la Russie, et nos pays coordonnent très fortement leurs actions.

 

Il y a un an, nous avons remis aux Chinois un système d'alerte aux missiles. C'est l'un des composants les plus importants d'un bouclier nucléaire. La même année, nos bombardiers stratégiques ont volé avec les Chinois dans la même formation vers les bases américaines en Corée du Sud et au Japon. La vraie coordination se fait donc, mais il n'y a rien dans les mots.

 

Pour l'instant, nous ne voyons aucun signe de préparation de grands événements. Et les Chinois, apparemment, ont des informations différentes, ils ont décidé d'avertir les Américains. Le sens principal du discours de Xi Jinping : "Quelle que soit la situation, nous nous battrons jusqu'au bout, comme nous l'avons fait pendant la guerre de Corée".

 

Pour être honnête, cela semble très dur. Il s'agit d'une déclaration d'une sévérité sans précédent à l'encontre des Américains.

 

 

Youri Tavrovsky

 

Youri Vadimovich Tavrovsky (né en 1949) - orientaliste, professeur à l'Université de l'amitié des peuples de Russie, membre du Présidium de l'Académie eurasienne de télévision et de radio. Membre permanent du Club d'Izborsk.

 

Traduit du russe par Le Rouge et le Blanc.

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Leonid Ivashov : Bonjour les armes ! (Club d'Izborsk, 28 octobre 2020)

29 Octobre 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Club d'Izborsk (Russie), #Guerre, #Général Leonid Ivashov, #Iran, #Politique, #Russie, #Chine

Leonid Ivashov : Bonjour les armes !  (Club d'Izborsk, 28 octobre 2020)
Leonid Ivashov : Bonjour les armes !  (Club d'Izborsk, 28 octobre 2020)

Leonid Ivashov : Bonjour les armes !

 

28 octobre 2020

 

https://izborsk-club.ru/20074

 

 

Le 18 octobre, l'embargo international sur le commerce des armes avec l'Iran, établi en 2015, a expiré. Selon l'accord nucléaire, un groupe de puissances mondiales - la Chine, la France, la Russie, le Royaume-Uni, les États-Unis et l'Allemagne - a assoupli les sanctions contre l'Iran en échange d'une limitation de ses activités nucléaires. En août 2020, les États-Unis ont soumis à l'ONU un projet de résolution visant à prolonger l'embargo sur les armes, mais il n'a pas été adopté. "Maintenant, nous pouvons vendre des armes à qui nous voulons et acheter à qui nous voulons. Nous félicitons le cher peuple d'Iran et lui envoyons la bonne nouvelle que 10 ans d'embargo sévère ont pris fin", a déclaré le président de la République islamique d'Iran, Hassan Rohani.

 

Je ne me souviens pas que les Américains aient subi une telle défaite. Une seule microscopique République dominicaine les a soutenus lors du vote à l'ONU. 11 membres du Conseil de sécurité se sont abstenus. Et les principaux alliés des États-Unis au sein de l'OTAN - la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne - ont voté "contre", et ont mis les États-Unis en place de manière plutôt rigide.

 

À quelques exceptions près, l'Iran est en mesure d'acheter des armes conventionnelles. Et maintenant, nous avons la possibilité de coopérer avec elle dans ce domaine. D'autant plus que l'Iran a déjà laissé entendre son intention de nous acheter des chasseurs lourds modernes tels que le "Su". Téhéran a également besoin de nos chars modernes et de notre défense aérienne. Les armes maritimes et terrestres suscitent un intérêt. Mais ce n'est pas aussi simple que nous le voudrions. Notre relation avec l'Iran n'est pas parfaite. Tout d'abord, en 2015, nous avons voté des sanctions contre l'Iran. Deuxièmement, malgré le fait qu'en Syrie nous avons agi conjointement et de concert avec Téhéran, en réalité nous nous sommes éloignés de notre position initiale - personne ne devrait être présent illégalement sur le territoire et dans l'espace aérien de la Syrie, et nous avons autorisé la présence d'Américains et de Turcs. De plus, ces derniers ont occupé une grande partie du territoire syrien, où ils se battent avec les Kurdes, tiennent leurs unités militantes, etc. En outre, Israël jouit d'une quasi-impunité pour les frappes contre les forces iraniennes et pro-iraniennes en Syrie. Nos propres moyens de défense aérienne n'ont même jamais tiré sur des cibles israéliennes. Dans ces domaines, nos positions diffèrent de celles de l'Iran.

 

En outre, la Russie n'est malheureusement pas un partenaire militaire très fiable. Tout d'abord, nous avons déjà refusé de vendre des systèmes S-300 et S-400 à Téhéran, les donnant aux Turcs. Le contrat était déjà prêt, mais tout a été annulé au dernier moment. Les Iraniens ont donc des doutes tout à fait raisonnables. Téhéran a également regardé nos relations avec les Turcs avec un peu de jalousie. Et si au Moyen-Orient, nos relations alliées avec la Syrie étaient clairement définies, nous nous sommes néanmoins précipités entre Ankara et Téhéran. Cela non plus ne donne pas confiance aux dirigeants iraniens dans la fiabilité de nos approvisionnements.

 

Nous devons également nous rappeler que les Iraniens sont des négociateurs très difficiles. J'ai négocié avec Téhéran. Il y a là un système de prise de décision à plusieurs niveaux, qui inclut également l'élite spirituelle. L'Iran dispose d'un organe spécial, le Conseil de complaisance, dominé par des religieux, qui détermine s'il est souhaitable de conclure un accord ou seulement pour le moment. Permettez-moi donc de répéter : l'Iran est un négociateur difficile, mais si un accord est conclu, il est votre partenaire fiable. Ils ne se retirent pas de l'accord et ne rejettent personne au dernier moment.

 

Tout cela a conduit à une certaine tension, qui pourrait avoir pour conséquence que la Chine, et non la Russie, tire tous les bénéfices d'éventuelles exportations d'armes vers l'Iran. Et il est fort probable que ce soit le cas.

 

La Chine est en train de devenir le principal partenaire de l'Iran. Pékin et Téhéran ont déjà derrière eux un programme stratégique de coopération de 25 ans dans la sphère du pouvoir, et maintenant un nouveau pacte de coopération entre Pékin et Téhéran est en cours d'élaboration. Il s'agit de l'accord multispectral le plus puissant pour plus de 400 milliards de dollars, et ce projet à long terme est plus intéressant pour l'Iran que les propositions russes. En outre, la Chine achète des licences de production d'armes à la Russie et nous copie même. Ils disposent déjà de bons chars, d'installations de défense aérienne, etc., bien qu'ils soient inférieurs aux nôtres. Pékin fermera certainement les yeux sur le programme nucléaire iranien. La Chine investit massivement dans les infrastructures iraniennes, principalement dans l'énergie des hydrocarbures. Naturellement, l'Iran va payer en achetant des armes chinoises.

 

La question peut se poser : tout cela ne va-t-il pas conduire à une aggravation de la situation et à des confrontations militaires ouvertes ? Après tout, tant Israël que l'Arabie Saoudite ne sont pas intéressés par la nouvelle situation de l'Iran. Il y a des spéculations : ne vont-ils pas maintenant essayer de provoquer une action militaire afin d'empêcher l'Iran de se réarmer ? Premièrement, il ne s'est pas encore réarmé et, deuxièmement, il n'a pas encore lancé de programme de fourniture d'armes aux forces anti-israéliennes au Moyen-Orient, dont elles parlent ouvertement.

 

À mon avis, la question de savoir s'ils vont essayer ou non n'en vaut même pas la peine. Si les chefs des services de sécurité d'Arabie Saoudite, et surtout d'Israël, n'essaient pas, ils seront simplement expulsés de leurs postes - après tout, c'est leur principale tâche maintenant. Il est évident qu'ils feront beaucoup pour le programme nucléaire iranien, en particulier pour Israël. Il y aura certainement des sabotages, comme en juillet, lors de l'attaque du centre nucléaire iranien de Natanz, et des tentatives de provoquer un conflit entre l'Arabie saoudite et l'Iran, comme dans le cas des drones inconnus qui ont attaqué des terminaux saoudiens. Tout cela va arriver. Et l'Iran se retrouve face à la question suivante : la Chine se comportera-t-elle alors de manière plus décisive que la Russie ? Et si la guerre est déclarée ? C'est-à-dire que l'Iran est confronté à un choix, ici aussi. La réponse à la question de savoir si les Iraniens vont acheter nos armes est donc ambiguë. Bien sûr, il y aura quelque chose. Mais nous ne pouvons pas espérer que l'Iran nous achète des armes à n'importe quelles conditions. Téhéran est très prudent dans ces domaines.

 

 

Leonid Ivashov

 

Leonid Ivashov (né en 1943) - personnalité militaire, publique et politique russe. Colonel-général. 1996-2001 - Chef de la Direction principale de la coopération militaire internationale du ministère de la défense. Docteur en sciences historiques, professeur. Président de l'Académie des problèmes géopolitiques. Membre permanent du Club d’Izborsk.

 

Traduit du russe par Le Rouge et le Blanc.

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Kirill Frolov : la nouvelle constitution biélorusse devrait inclure les valeurs orthodoxes de la Russie tout entière (Club d'Izborsk, 28 octobre 2020)

29 Octobre 2020 , Rédigé par POC Publié dans #Club d'Izborsk (Russie), #Politique, #Religion, #Russie

Kirill Frolov : la nouvelle constitution biélorusse devrait inclure les valeurs orthodoxes de la Russie tout entière  (Club d'Izborsk, 28 octobre 2020)

Kirill Frolov : la nouvelle constitution biélorusse devrait inclure les valeurs orthodoxes de la Russie tout entière

 

28 octobre 2020

 

https://izborsk-club.ru/20072

 

 

La déclaration de l'Union des citoyens orthodoxes de la Blanche et de la Grande Russie.

 

La "Grève", qui a effrayé la Russie blanche, a échoué avec fracas.

Les autorités ont résisté et les ministères de la défense de Russie et de la Biélorussie ont signé un accord historique sur la protection conjointe des frontières aériennes de l'État de l'Union de Russie et de la Biélorussie*, une étape importante dans la construction de l'État de l'Union. Cet accord est également la réponse de A. Loukachenko. Pompeo, qui lui a offert non seulement un "fouet" mais aussi une "carotte" - une reconnaissance "de facto" en cas de trahison de la Russie.

 

La réponse a été un "non" ferme. C'est pourquoi le dialogue national en Biélorussie n'est pas un dialogue avec des forces anti-biélorusses, pro-polonaises, pro-lituaniennes, pro-catholiques, pro-occidentales, des terroristes politiques se disant "prisonniers politiques", mais un dialogue avec les forces populaires, orthodoxes de toute la Russie pour lesquelles la Grande, la Petite et la Biélorussie est la Sainte Russie. Ces forces véritablement populaires devraient être représentées au maximum à l'Assemblée du peuple de Biélorussie, et à l'avenir à l'Assemblée nationale de Biélorussie.

 

Ces forces exigent l'introduction de points sur les racines russes orthodoxes de la Biélorussie dans la nouvelle Constitution de la Biélorussie, car c'est l'évêque Kirill Turowski qui est l'auteur du terme "monde russe", et la langue biélorusse est la langue littéraire russe, comme les grands Biélorusses, tels que Siméon Polatski, se sont engagés dans sa codification.

 

La nouvelle Constitution devrait contenir des clauses sur le rôle de l'exarchat biélorusse de l'Église orthodoxe russe dans la formation de l'État et sur la vie humaine dès le moment de la conception, la famille en tant qu'union inviolable d'un homme et d'une femme, les mariages religieux devraient être reconnus, l'avortement, la propagande de l'homosexualité et l'idéologie nazie du "zmagarstvo" devraient être interdits.

 

Les membres de l'Union des citoyens orthodoxes sont membres des principaux partis politiques émergents qui défendent ces valeurs - l'Union et la Mère Patrie.

 

La tâche des membres du GNL qui sont membres de ces partis est la mission de la Russie orthodoxe en leur sein, en les éduquant aux idées de la "Russie occidentale", en harmonisant les relations et en empêchant la concurrence politique et la lutte interne sur le terrain politique russe.

 

Ces deux forces doivent s'entendre sur tous les points afin de former ensemble une majorité constitutionnelle dans la future composition de l'Assemblée nationale, et jeter ensemble les forces anti-Orthodoxes et anti-Russes dans le "dépotoir" politique et idéologique de l'histoire.

 

Par conséquent, chaque membre de l'Union des citoyens orthodoxes devrait être le "sel de la terre" et un artisan de la paix parmi ses semblables, à l'intérieur et pour l'extérieur - un missionnaire, afin que, si possible, "nous ne fassions pas les nôtres".

 

Nous n'avons pas le droit de rater la chance qui nous est apparue de construire la Russie blanche et de réunir toutes les Russies, ici et maintenant - Grandes et blanches, à l'avenir - Petites.

 

C'est pourquoi l'Union des chrétiens orthodoxes déclare la mobilisation de ses membres dans le domaine de la Russie blanche, au sein du "Premier front biélorusse !

 

Traduit du russe par Le Rouge et le Blanc.

 

NdT: consulter: https://fr.wikipedia.org/wiki/Union_de_la_Russie_et_de_la_Biélorussie

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Ernst Jünger: être conservateur

28 Octobre 2020 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Portrait d'Antoine de Rivarol (1753-1801) par Melchior Wyrsch (1781).

Portrait d'Antoine de Rivarol (1753-1801) par Melchior Wyrsch (1781).

"Le génie, en politique, consiste non à créer, mais à conserver; non à changer, mais à fixer; il consiste enfin à suppléer aux vérités par des maximes: car ce n'est pas la meilleure loi, mais la plus fixe qui est la bonne."

Rivarol, cité par Jean Dutourd, dans sa préface à L'universalité de la langue française par Rivarol (Arléa, 1991).

 

"Être conservateur, selon Jünger, ce n'est pas essayer de restaurer à tout prix des formes ou des situations impossibles à maintenir. À ce moment, fait-il remarquer, les idées de 1789, depuis longtemps inappliquées, feraient partie des choses à restaurer. Ce n'est pas non plus se figer, comme les romantiques, dans le regret d'un passé révolu. C'est tout simplement refuser de nager dans le sens du courant (quel est le créateur qui s'insurgerait contre une telle définition ? ). C'est viser à l'intemporel."

Jean-Louis de Rambures, Rivarol, vu par Ernst Jünger

Le Monde, 8 février 1974

https://www.lemonde.fr/archives/article/1974/02/08/rivarol-vu-par-ernst-junger_2532504_1819218.html

Rivarol sur Le Rouge et le Blanc:

http://pocombelles.over-blog.com/antoine-de-rivarol-1753-1801.html

Ernst Jünger (à gauche, en uniforme allemand) et Karl Schmitt en barque sur le lac devant le château de Rambouillet (Yvelines, France). 1941.

Ernst Jünger (à gauche, en uniforme allemand) et Karl Schmitt en barque sur le lac devant le château de Rambouillet (Yvelines, France). 1941.

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Sergey Glazyev : Nous devons créer notre propre système monétaire eurasien. (Club d'Izborsk, 27 octobre 2020)

27 Octobre 2020 , Rédigé par Le Rouge et le Blanc Publié dans #Club d'Izborsk (Russie), #Economie, #Russie

Sergey Glazyev : Nous devons créer notre propre système monétaire eurasien.  (Club d'Izborsk, 27 octobre 2020)

Sergey Glazyev : Nous devons créer notre propre système monétaire eurasien.

 

27 octobre 2020

 

https://izborsk-club.ru/20059

 

 

Sergei Glazyev, ministre de l'Intégration et de la Macroéconomie de la Commission économique eurasienne, a fait part de ses propositions sur la création d'un système monétaire et financier de l'Union économique eurasienne basé sur les monnaies nationales lors de la session sur les perspectives d'élargissement de la coopération financière entre la CEEA et la Chine au forum "Conjugaison de la CEEA et de l'initiative chinoise "Une ceinture, un chemin", qui se tient le 26 octobre en mode en ligne.

 

Sergei Glazyev a souligné que la CEEA travaille à la transition vers des règlements mutuels en monnaie nationale, mais leur part reste très modeste : environ 50% à l'intérieur de l'Union et environ 15% des règlements avec la Chine.

 

"La Russie et la Chine ont créé leurs propres systèmes de paiement, un système d'échange électronique d'informations entre les banques, mais les acteurs de l'activité économique sont encore très lents à utiliser ces éléments d'infrastructure et travaillent toujours dans d'autres devises", a déclaré Sergei Glazyev. - Je pense que nous devons fondamentalement renverser la situation, créer notre propre système monétaire et financier eurasiatique. Elle nous assurerait contre les risques et serait fiable, transparente, pratique, efficace et ne serait pas pesante pour les entreprises participantes.

 

Il a également fait part de ses suggestions sur la manière d'arriver à ce résultat. Tout d'abord, selon lui, il est important de stabiliser les taux des monnaies nationales. "Il est nécessaire de signer un accord entre les États membres de la CEEA pour assurer la stabilisation des taux de change, ainsi que pour créer un "serpent monétaire", similaire à celui qui a fonctionné dans l'Union européenne", a déclaré Sergei Glazyev.

 

La deuxième direction est la formation de bourses et de mécanismes de tarification eurasiatiques. Cette orientation est fournie dans le projet d'orientations stratégiques de l'intégration économique eurasienne jusqu'en 2025, généralement approuvé par les chefs d'État de l'Union.

 

La troisième direction consiste à fournir des prestations pour les règlements en monnaie nationale. Selon Sergei Glazyev, la Banque interétatique de la CEI pourrait jouer un rôle important en assurant des opérations de conversion à des tarifs plus bas que ceux des banques commerciales.

 

En outre, Sergueï Glazyev a suggéré de ne pas étendre le contrôle monétaire sur les règlements en monnaie nationale et d'examiner les questions de prêt et de financement du commerce mutuel et des investissements conjoints.

 

"J'espère que dans le cadre de la stratégie 2025, nous pourrons y parvenir. Parmi les domaines déjà approuvés du document figurent le développement de programmes de développement communs, des projets d'infrastructure communs, la formation de projets d'investissement - symboles de l'intégration eurasienne, l'expansion de la coopération en matière de production. Tout cela nécessite la création de puissantes sources de crédit à long terme", a conclu le ministre de la CEE.

 

Sergey Glazyev

 

http://www.glazev.ru

Sergey Yurievich Glazyev (né en 1961) - éminent économiste, homme politique et homme d'État russe, membre de l'Académie des sciences de Russie. Conseiller du président russe sur les questions d'intégration eurasienne. Un des initiateurs, membre permanent du Club d’Izborsk.

 

Traduit du russe par Le Rouge et le Blanc.

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