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Le Rouge et le Blanc

Articles récents

Nanoparticules: mégarisques ! (Basta!, entretien avec Roger Lenglet))

18 Décembre 2014 , Rédigé par POC

Invisibles à l’œil nu, les nanoparticules envahissent le quotidien, depuis nos vêtements jusqu’à nos assiettes, sans aucun étiquetage ni traçabilité. Malgré les nombreuses études attestant de la toxicité de certaines de ces particules, les gouvernements refusent d’appliquer le principe de précaution et investissent des milliards d’euros en recherche et développement dans les nanotechnologies. Comment repérer et se protéger de ces nouvelles molécules high-tech ? Entretien avec le journaliste Roger Lenglet, qui décrypte dans son ouvrage Nanotoxiques les dessous de cette menace pour la santé publique.

Suite de l'article sur Basta!: http://www.bastamag.net/Nanotechnologies-ces-redoutables

Découvrir

15 Décembre 2014 , Rédigé par POC

Qu’est-ce que découvrir ? s’interroge Friedrich Nietzsche. ’Ce n’est pas d’apercevoir le premier quelque chose de nouveau, mais de voir, comme d’un œil neuf, la vieille chose depuis longtemps connue, que tout le monde a déjà vue sans la voir, qui distingue les esprits vraiment originaux.’ (in Humain trop humain)" (p. 87)

Jean Malaurie: "l'écologie est spirituelle"

12 Décembre 2014 , Rédigé par POC

Apollon archer

 

Dans ce court entretien avec La Semaine.fr (Lorraine) le naturaliste et explorateur de l'Arctique Jean Malaurie, fondateur de la fameuse collection Terre Humaine chez Plon, condense l'expérience de sa longue vie au contact de la nature, des Inuit et de leur sagesse. Ce qu'il dit s'adresse à tous les hommes, car c'est un discours universel:

https://www.youtube.com/watch?v=435IvTZveho

Sur le site de Transpol'air, l'aventure polaire, lisez la fascinante étude de Jean Malaurie: LE MYTHE DU PÔLE NORD :LES HYPERBORÉENS, APOLLON, LA LICORNE DE MER ET L' ÉTOILE POLAIRE

http://transpolair.free.fr/routes_polaires/mythe.htm

Jean Malaurie. Entretien avec La Semaine.fr. Capture d'écran.

Jean Malaurie. Entretien avec La Semaine.fr. Capture d'écran.

Masanobu Fukuoka: l'agriculture du non-agir

9 Décembre 2014 , Rédigé par POC

wuwei

Wu Wei: non agir (ne rien faire qui contrecarre la nature)

Europe:

(...) Several years ago, I travelled around Europe. It seemed to me that Europe was very nice and beautiful, with lots of nature preserved. But three feet under the surface I felt desert slowly coming in. I kept wondering why. I realized it was the mistake they made in agriculture. The beginning of the mistake is from growing meat for the king and wine for the church. All around, cow, cow, cow, grape, grape, grape. European and American agriculture started with grazing cows and growing grapes for the king and the church. They changed nature by doing this, especially on the hill slopes. Then soil erosion occurs. Only the 20% of the soil in the valleys remains healthy, and 80% of the land is depleted. Because the land is depleted, they need chemical fertilizers and pesticides. United States, Europe, even in Japan, their agriculture started by tilling the land. Cultivation is also related to civilization, and that is the beginning of the mistake. True natural farming uses no cultivation, no plow. Using tractors and tools destroys the true nature. Trees’ biggest enemies are the saw and ax. Soil’s biggest enemies are cultivation and plowing. If people don’t have those tools, it will be a better life for everything.

Since my farm uses no cultivation, no fertilizer, no chemicals, there are many insects and animals living there within the farm. They use pesticide to kill a certain kind of pest, and that destroys the balance of nature. If we allow it to be completely free, a perfect nature will come back. (...)

Somalie, Ethiopie:

(...) I think it is better to send seeds to people in Somalia and Ethiopia, rather than sending milk and flour, but there isn’t any way to send them. People in Ethiopia and Somalia can sow seeds, even children can do that. But the African governments, the United States, Italy, France, they don’t send seeds, they only send immediate food and clothing. The African government is discouraging home gardens and small farming. During the last 100 years, garden seed has become scarce.

(...) The African governments and the United States government want people to grow coffee, tea, cotton, peanuts, sugar – only five or six varieties to export and make money. Vegetables are just food, they don’t bring in any money. They say they will provide corn and grain, so people don’t have to grow their own vegetables. (...)

Entrevue complète: http://www.context.org/iclib/ic14/fukuoka/
Greening The Desert
Applying natural farming techniques in Africa

An Interview With Masanobu Fukuoka, by Robert and Diane Gilman

One of the articles in Sustainable Habitat (IC#14)
Originally published in Autumn 1986 on page 37
Copyright (c)1986, 1997 by Context Institute

Le sport capitaliste (Jean-Claude Michéa)

4 Décembre 2014 , Rédigé par POC

(...) l’esprit de fairplay – celui qui pousse, par exemple, un joueur à reconnaître la faute qu’il a commise – trouve de moins en moins sa place dans un univers dominé par l’idée que business is business et que tous les coups sont donc permis. Comme l’écrivait Christopher Lasch*, le “déclin de l’esprit sportif” est la contrepartie inexorable du développement capitaliste.

Vous décrivez le football comme un des instrument efficaces du “soft power”. Pouvez-vous nous expliquer de quoi il  s’agit ?

Le concept de soft power a été avancé par Joseph Nye en 1990 dans le cadre de ses réflexions sur les nouvelles formes de la puissance américaine. L’intérêt de ce concept – aussitôt repris par Collin Powell et les théoriciens du Pentagone – est de nous rappeler que les progrès planétaires du capitalisme s’expliquent aujourd’hui beaucoup moins par l’usage direct de la force et de la coercition (ce que Nye appelle le “hard power”) – usage qui n’a évidemment pas disparu – que par le pouvoir de séduction qu’exercent son imaginaire consumériste et son omniprésente propagande publicitaire. Il n’est effectivement pas nécessaire de mettre un policier derrière chaque adolescent moderne pour l’obliger à boire du Coca-Cola ou à mettre sa casquette de baseball à l’envers ! Marx l’avait, du reste, bien pressenti lorsqu’il écrivait, dans le Manifeste, que “le bon marché de ses produits est la grosse artillerie qui [permet au capitalisme] de battre en brèche toutes les murailles de Chine et (…) force toutes les nations à introduire chez elles la prétendue civilisation, c’est-à-dire à devenir bourgeoises”.

En ce sens, “l’idéologie sportive” – que je distingue toujours soigneusement de l’esprit sportif – est bien devenue l’un des éléments fondamentaux du soft power. Il suffit, pour s’en convaincre, d’observer la mise en scène médiatique de plus en plus outrancière – et le merchandising corrélatif – qui entoure désormais les grandes cérémonies sportives mondialisées, qu’il s’agisse d’une Coupe du monde de football ou des Jeux olympiques.

(...)

Le problème, on l’a bien vu avec l’arrêt Bosman, c’est qu’aux yeux de la nomenklatura européenne, toute forme d’”exception culturelle” représente, par définition, une entrave inacceptable au libre mouvement des capitaux et à la recherche incessante du profit. On retrouve donc bien ici les analyses de Christopher Lasch. Si l’”idéologie sportive” est incontestablement devenue une dimension majeure du soft power libéral, le véritable esprit sportif, en revanche, apparaît tout aussi incompatible avec les principes fondamentaux du système capitaliste que la gratuité, l’entraide, l’amitié ou l’esprit du don.

Extrait d'une entrevue des Inrocks avec le philosophe Jean-Claude Michéa à propos de son livre : Le plus beau but est une passe (Flammarion): http://www.lesinrocks.com/2014/05/18/livres/jean-claude-michea-mepris-du-football-signe-dune-veritable-infirmite-intellectuelle-11503588/

Pétition A.R.B.R.E.S. : POUR UNE RECONNAISSANCE OFFICIELLE DES ARBRES REMARQUABLES DE FRANCE

2 Décembre 2014 , Rédigé par POC

Comme moi, signez cette pétition:

"Les arbres d’exception peuvent être très vieux ou très grands. Ils sont souvent liés à l’histoire ou à une légende,  suscitant toujours surprise et émotion. Liés aux Hommes de manière indéfectible, ils constituent un véritable patrimoine naturel et culturel, méritant respect et protection, afin de les transmettre aux générations futures.

Pour mieux les faire connaître et les sauvegarder, l’association A.R.B.R.E.S. a créé en l’an 2000 un label national, le label « Arbre remarquable de France » et tenu, en 2014, le premier Congrès National consacré aux Arbres Remarquables. A ce jour, 350 arbres ont bénéficié de ce label.

Si le label est désormais reconnu et apprécié comme élément de protection, il n’a pourtant qu’une valeur symbolique. Il faut désormais faire plus et mieux pour préserver ces sujets d’exception, dont certains sont largement millénaires.

Les signataires de la présente pétition, adressée aux Ministères concernés, demandent  la reconnaissance de ces arbres remarquables comme partie intégrante du patrimoine national,  impliquant ainsi leur sauvegarde, leur protection."

Source: https://www.change.org/p/minist%C3%A8res-concern%C3%A9s-pour-une-reconnaissance-officielle-des-arbres-remarquables-de-france

Le chêne (pédonculé) de Montorgueil, devant la Bergerie Nationale, dans le Parc de Rambouillet (Yvelines). Agé d'environ 550 ans, il est labellisé Arbre remarquable de France. Photo: Pierre-Olivier Combelles, automne 2014.

Le chêne (pédonculé) de Montorgueil, devant la Bergerie Nationale, dans le Parc de Rambouillet (Yvelines). Agé d'environ 550 ans, il est labellisé Arbre remarquable de France. Photo: Pierre-Olivier Combelles, automne 2014.

Qu'est-ce qu'être cultivé ? (Hannah Arendt)

28 Novembre 2014 , Rédigé par POC

(Est cultivé) "quelqu'un qui sait choisir ses compagnons parmi les hommes, les choses, les pensées, dans le présent comme dans le passé."

Hannah Arendt, La Crise de la culture.

Être cultivé, c'est aussi respecter autrui, et toutes les créatures et les Éléments, comme faisait Hannah Arendt.

Parcourir l'Amérique du sud à pied comme Ivan Illich ou le Sahara comme Théodore Monod, voyager en bus comme Lee Hoinacki, en traîneau à chiens comme Knud Rasmussen et comme Jean Malaurie, parcourir les océans à la voile comme Eric de Bisschop sont des bons moyens de les rencontrer et de les connaître:

"When I’m in America I don’t go by airplane, I only travel by bus. There are various reasons for that. I meet people I would never ordinarily meet. I would never see these people on this earth if I were not on a bus—so-called poor people, people at the bottom. Some of them are not very pleasant. The poor are not always pleasant people, and I will find myself faced with the question, how can I respect this person? There I find Simone Weil ultimately practical. If I can not see that inclination in that person for good, I can never come to respect that person. If I can’t see that, then I’m lost."

Lee Hoinacki, interview (2000): http://backpalm.blogspot.fr/2014/02/lee-hoinacki-rip.html

 

Simone Weil l'incandescente

Simone Weil

 

Ivan Illich (1926-2002): un penseur pour notre temps

19 Novembre 2014 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #Philosophie

 Passé un certain seuil, l’outil, de serviteur, devient despote. Passé un certain seuil, la société devient une école, un hôpital, une prison. Alors commence le grand enfermement. Il importe de repérer précisément où se trouve, pour chaque composante de l’équilibre global, ce seuil critique. Alors il sera possible d’articuler de façon nouvelle la triade millénaire de l’homme, de l’outil et de la société. J’appelle société conviviale une société où l’outil moderne est au service de la personne intégrée à la collectivité, et non au service d’un corps de spécialistes.

Ivan Illich, La convivialité, Points Seuil, Paris, 1980.

 

"A une lettre près, on pourrait croire au titre du célèbre roman de Tolstoï, La mort d’Ivan Illitch. Mais l’Ivan Illich qui vient de nous quitter n’était pas un héros de roman : seulement l’un des penseurs les plus originaux du XXe siecle dans le domaine des sciences sociales. Figure symbolique de la critique de la société industrielle, sa notoriété fut très grande dans les années 70-80. Elle avait ensuite beaucoup décliné, en même temps que s’atténuait cette critique, occultée par la crise de l’emploi, les défis de la mondialisation et l’émergence des technologies de l’information. Pourtant, à les scruter de près, la pertinence de ses analyses demeure entière. Mais, un peu comme le soleil, il semble dangereux de les regarder en face, tant leurs conséquences pourraient être corrosives, si elles devaient être prises au sérieux.

Car les critiques formulées par Ivan Illich sont corrosives. Qu’on en juge : la médecine rend malade plus qu’elle ne guérit, l’automobile fait perdre plus de temps qu’elle n’en fait gagner, l’école déforme plus qu’elle n’éduque. Sans doute, Illich a-t-il parfois cédé à un certain goût de la provocation en utilisant ces raccourcis : sa mise en cause de l’école, par exemple, porte moins sur l’éducation que sur la forme institutionnelle que cette éducation revêt chez nous ; elle annonce plutôt les expériences d’échanges de savoir ou s’inspire des pédagogies actives à la Freinet.

Au-delà de cet aspect volontiers provocateur, Ivan Illich s’est attaché à développer une critique radicale de ce qu’il appelle le « mode de production industriel ». De quoi s’agit-il ? Pour lui, les hommes ont deux façons de produire ce qu’ils estiment nécessaire ou important de produire. Ou bien ils s’y attellent eux-mêmes, en produisant directement les valeurs d’usage qu’ils souhaitent, à la façon du jardinier amateur ou du bricoleur artisan. Ou bien ils ont recours à des marchandises produites par d’autres. L’humanité a très longtemps utilisé essentiellement la première voie, celle qu’Illich appelle le « mode de production autonome ». Mais, pour des raisons d’efficacité, la seconde voie – le « mode de production hétéronome » – est devenue prépondérante depuis quelques siecles, et omniprésente depuis quelques décennies. En apparence au moins, la division du travail permet en effet de produire davantage, elle facilite la mise au point de technologies performantes et la création d’objets innovants. Or, cette voie est une impasse (1), parce qu’elle prive l’homme de sa capacité à être autonome, de « la capacité personnelle de l’individu d’agir et de fabriquer, qui résulte de l’escalade, constamment renouvelée, dans l’abondance des produits » (Le chômage créateur)." (...)

Extrait de l'article de Denis Clerc: Ivan Illich et la critique radicale de la société industrielle: http://1libertaire.free.fr/IvanIllich22.html

"Né en septembre 1926 et disparu le 2 décembre 2002, Ivan Illich est considéré comme l’un des penseurs les plus importants et les plus clairvoyants de la seconde moitié du XXe siècle. Lorsque la guerre éclate, il doit émigrer en Italie, où il participe activement à la résistance italienne. Il poursuit son éducation à Florence et étudie la théologie et la philosophie à l'Université grégorienne de Rome. Le Vatican le destine à la diplomatie, mais il choisit de se tourner vers la prêtrise. Ordonné prêtre en 1951, il part aux États-Unis et travaille comme assistant auprès du pasteur d'une paroisse portoricaine de New York. Entre 1956 et 1960, il est vice-recteur de l'Université catholique de Porto Rico, où il met sur pied un centre de formation pour les prêtres américains qui doivent se familiariser avec la culture latino-américaine.

Illich fut co-fondateur, avec Valentine Borremans, du Centro Intercultural de Documentación (CIDOC) à Cuernavaca, Mexico. Consacré à l’étude des langues et de la culture latino-américaine, celui-ci est vite devenu un endroit de rencontres où se croisent des intellectuels du monde entier.

Les éditions Fayard ont publié Œuvres complètes, tome I (Libérer l'avenir - Une société sans école - La Convivialité - Némésis médicale - Énergie et équité) (2004), Œuvres complètes, tome II (Le Chômage créateur - Le Travail fantôme - Le Genre vernaculaire - H2O, les eaux de l'oubli - Du lisible au visible - Dans le miroir du passé) (2005) et La Perte des sens (2004)."

Source: http://www.fayard.fr/ivan-illich

 

Oeuvres complètes d'Ivan Illich chez Fayard:

« Ivan Illich a été à l’origine de débats célèbres dont le thème était la contre-productivité des institutions modernes : au-delà de certains seuils, les institutions productrices de services, comme les écoles, les autoroutes et les hôpitaux, éloignent leurs clients des fins pour lesquelles elles ont été conçues.
Ivan Illich fut le plus lucide des critiques de la société industrielle. Il voulut en écrire l’épilogue et il le fit. Jadis fameuses en France, les «thèses d’Illich» ont peut-être été oubliées, mais jamais elles n’ont été infirmées. Après elles, la société industrielle a perdu toute justification théorique. Elle ne tient debout que grâce à l’hébétude de ses membres et au cynisme de ses dirigeants. Toutefois, plutôt que de débattre des thèses qui la dérangent, l’huître sociale s’en est protégée en les isolant. Il est temps d’affirmer que l’œuvre d’Illich n’est pas une perle rare mais une réflexion fondée sur un solide sens commun. Il faut briser la gangue dans laquelle elle a été enfermée afin de libérer son inquiétant contenu. Alors que tous les bien-pensants croyaient encore aux promesses du développement, Illich montra que cette brillante médaille avait un revers sinistre : le passage de la pauvreté à la misère, c’est-à-dire la difficulté croissante, pour les pauvres, de subsister en dehors de la sphère du marché. Ses livres vinrent secouer la soumission de chacun au dogme de la rareté, fondement de l’économie moderne. »
Valentine BORREMANS et Jean ROBERT

Source: Editions Fayard: http://www.fayard.fr/oeuvres-completes-tome-1-9782213616292

 

Un article (mou et assez ambigu, quoique documenté) d'ECOREV, la revue critique d'écologie politique: Ivan Illich: une critique écologique des institutions: http://ecorev.org/spip.php?article457

 

Visionnez surtout, pendant qu'il est encore sur internet, cet extraordinaire entretien d'Ivan Illich avec Jean-Marie Domenach (1972), sans doute le plus important et le plus attachant qu'il soit donné d'écouter à notre époque:

(Archives INA: http://www.ina.fr/video/CPF86658011 )

Version complète, audio original en francais, sur YOUTUBE: https://www.youtube.com/watch?v=K-eauppsNf0, sur VIMEO: https://vimeo.com/58170701, sous-titrée en anglais: http://vimeo.com/66948476

L'entretien s'achève par ce poème néolithique aztèque transcrit par un espagnol en nahuatl et qu'Ivan Illich récite de mémoire:

 

Pour un tout petit temps seulement, nous sommes prêtés l'un à l'autre.

Nous vivons parce que tu nous dessines.

Nous avons de la couleur parce que tu nous peints

et nous respirons parce que tu nous chantes.

Mais seulement pour un tout petit temps nous sommes prêtés l'un à l'autre.

Parce que nous nous effaçons comme le dessin même quand il est fait sur l'obsidienne.

Nous perdons notre couleur comme même le quetzal.

et nous perdons notre son et notre respir comme même le chant de l'eau.

Pour un tout petit temps seulement nous sommes prêtés l'un à l'autre.

Ivan Illich interprète le mythe de Pandora dans un entretien télévisé avec à Jean-Marie Domenach, en 1972. Sur le ventre de Pandora, l'image du Serpent à tête de mort. Source des images: captures d'écran.
Ivan Illich interprète le mythe de Pandora dans un entretien télévisé avec à Jean-Marie Domenach, en 1972. Sur le ventre de Pandora, l'image du Serpent à tête de mort. Source des images: captures d'écran.
Ivan Illich interprète le mythe de Pandora dans un entretien télévisé avec à Jean-Marie Domenach, en 1972. Sur le ventre de Pandora, l'image du Serpent à tête de mort. Source des images: captures d'écran.

Ivan Illich interprète le mythe de Pandora dans un entretien télévisé avec à Jean-Marie Domenach, en 1972. Sur le ventre de Pandora, l'image du Serpent à tête de mort. Source des images: captures d'écran.

Quelques maximes de Chamfort

17 Novembre 2014 , Rédigé par POC

En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. (Chamfort)

XI

Un homme du peuple, un mendiant, peut se laisser mépriser, sans donner l’idée d’un homme vil, si le mépris ne paraît s’adresser qu’à son extérieur. Mais ce même mendiant qui laisserait insulter sa conscience, fût-ce par le premier souverain de l’Europe, devient alors aussi vil par sa personne que par son état.

XII

Il faut convenir qu’il est impossible de vivre dans le monde, sans jouer de tems en tems la comédie. Ce qui distingue l’honnête homme du fripon, c’est de ne la jouer que dans les cas forcés, et pour échapper au péril ; au lieu que l’autre va au-devant des occasions.

XIX

J’ai vu des hommes qui n’étaient doués que d’une raison simple et droite, sans une grande étendue ni sans beaucoup d’élévation d’esprit, et cette raison simple avait suffi pour leur faire mettre à leur place les vanités et les sottises humaines, pour leur donner le sentiment de leur dignité personnelle, leur faire apprécier ce même sentiment dans autrui. J’ai vu des femmes à peu près dans le même cas, qu’un sentiment vrai, éprouvé de bonne heure, avait mises au niveau des mêmes idées. Il suit de ces deux observations que ceux qui mettent un grand prix à ces vanités, à ces sottises humaines, sont de la dernière classe de notre espèce.

XX

Celui qui ne sait point recourir à propos à la plaisanterie, et qui manque de souplesse dans l’esprit, se trouve très souvent placé entre la nécessité d’être faux ou d’être pédant : alternative fâcheuse à laquelle un honnête homme se soustrait, pour l’ordinaire, par de la grâce et de la gaîté.

XXV

Il faut qu’un honnête homme ait l’estime publique sans y avoir pensé, et, pour ainsi dire malgré lui. Celui qui l’a cherchée donne sa mesure.

XXXI

La meilleure philosophie, relativement au monde, est d’allier, à son égard, le sarcasme de la gaîté avec l’indulgence du mépris.

XLIV

La plupart des hommes qui vivent dans le monde, y vivent si étourdiment, pensent si peu, qu’ils ne connaissent pas ce monde qu’ils ont toujours sous les yeux. Ils ne le connaissent pas, disait plaisamment M. de B…, par la raison qui fait que les hannetons ne savent pas l’histoire naturelle.

XLVI

Notre raison nous rend quelquefois aussi malheureux que nos passions ; et on peut dire de l’homme, quand il est dans ce cas, que c’est un malade empoisonné par son médecin.

LII

Dans les grandes choses, les hommes se montrent comme il leur convient de se montrer ; dans les petites, ils se montrent comme ils sont.

LV

Ne tenir dans la main de personne, être l’homme de son cœur, de ses principes, de ses sentimens, c’est ce que j’ai vu de plus rare.

LX

L’importance sans mérite obtient des égards sans estime.

LXIV

Il y a des hommes qui ont le besoin de primer, de s’élever au-dessus des autres, à quelque prix que ce puisse être. Tout leur est égal, pourvu qu’ils soient en évidence sur des tréteaux de charlatan ; sur un théâtre, un trône, un échafaud, ils seront toujours bien, s’ils attirent les yeux.

LXVII

Les fléaux physiques, et les calamités de la nature humaine ont rendu la Société nécessaire. La Société a ajouté aux malheurs de la Nature. Les inconvéniens de la Société ont amené la nécessité du gouvernement, et le gouvernement ajoute aux malheurs de la Société. Voilà l’histoire de la nature humaine.

LXVIII

L’ambition prend aux petites âmes plus facilement qu’aux grandes, comme le feu prend plus aisément à la paille, aux chaumières qu’aux palais.

LXXVIII

De nos jours, ceux qui aiment la Nature sont accusés d’être romanesques.

LXXXIV

L’esprit n’est souvent au cœur que ce que la bibliothèque d’un château est à la personne du maître.

LXXXVII

En apprenant à connaître les maux de la Nature, on méprise la mort ; en apprenant à connaître ceux de la Société, on méprise la vie.

LXXXVIII

Il en est de la valeur des hommes comme de celle des diamans, qui, à une certaine mesure de grosseur, de pureté, de perfection, ont un prix fixe et marqué, mais qui, par delà cette mesure, restent sans prix, et ne trouvent point d’acheteurs.

Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort (1740-Paris, 1794).

Source: http://fr.wikisource.org/wiki/Maximes_et_Pens%C3%A9es_%28Chamfort%29/%C3%89dition_Bever/1

 

France: des grenades offensives contre les naturalistes

4 Novembre 2014 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

(JPEG)

"Botaniste, il était spécialiste de la Renoncule à feuilles d’ophioglosse (Ranunculus ophioglossifolius), une plante protégée. L’image de cette fleur est le symbole porté par les participants du sit-in pacifique organisé à sa mémoire par France Nature Environnement le dimanche 2 novembre à Paris devant le Mur de la Paix".  Source de l'illustration et de la légende: http://ttp://www.tela-botanica.org/actu/article6559.html

 

« En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. » (Chamfort)

 

Rémi Fraisse (21 ans) venait de passer son BTS en environnement et était botaniste bénévole à Nature Midi-Pyrénées, une association affiliée à France Nature Environnement (FNE). Il est mort dans la nuit du 1er au 2 novembre 2014, tué par une grenade offensive lancée par la Gendarmerie Mobile alors qu'il manifestait pacifiquement contre le projet de barrage de Sivens(Tarn).

Sur Reporterre, ses proches témoignent des circonstances de ce qu'on peut légitimement nommer un crime, et même un crime "d'Etat": http://www.reporterre.net/spip.php?article6508

P.O.C.

"Samedi 25 octobre, des milliers d’opposants au barrage du Testet se sont réunis dans la forêt de Sivens pour manifester leur opposition à ce projet inutile et imposé.Une présence policière importante était sur place, non loin du rassemblement. On peut se poser la question de la nécessité de celle-ci. La conséquence est cruelle puisqu’elle se traduit par la mort d’un jeune homme de 21 ans. Selon les dernières informations en notre possession, il se confirmerait que la mort de Rémi Fraisse au Testet soit le fait de la Gendarmerie mobile. Plusieurs témoignages attestent de tirs tendus de grenades et de fash-ball. Sans doute l’un de ceux-ci fut-il fatal à Rémi Fraisse." (...)

Suite de l'article sur le site des Amis de la Terre: http://www.amisdelaterre.org/Qui-sont-les-casseurs-Pourquoi-et.html

Qui sont les casseurs ? la réponse, qu'on avait devinée, est sur Reporterre:

Cet homme est-il un « casseur » ? Non, c’est un policier, par Vladimir Slonska-Malvaud (Reporterre): http://www.reporterre.net/spip.php?article6522

Mathieu Rigouste : « La mort de Rémi Fraisse n’est pas une bavure, c’est un meurtre d’Etat » http://blogs.mediapart.fr/blog/paul-conge/301014/mathieu-rigouste-la-mort-de-remi-fraisse-n-est-pas-une-bavure-c-est-un-meurtre-d-etat

"Il faut replacer le meurtre de Rémi dans une histoire longue où la police apparaît très clairement pour ce qu’elle est : un appareil d’Etat chargé de maintenir l’ordre économique, politique et social (capitaliste, raciste et patriarcal) par l’usage de la violence."

"Comme tous les crimes policiers dans les quartiers, le meurtre de Rémi n’est pas une «bavure », pas un dysfonctionnement, mais bien le produit de mécaniques instituées, de formations rationnelles, de tactiques et de stratégies légitimées et justifiées du haut de l’appareil d’Etat jusque dans les gestes des exécutants policiers, c’est un meurtre d’Etat, prémédité par la mise en oeuvre des structures qui l’ont rendu possible, un assassinat."

"La contre-insurrection repose aussi sur des méthodes d’action psychologique, parmi lesquelles des protocoles visant à diviser les résistances en désignant des « ennemis intérieurs » dont il faudrait se méfier voire purger. En l’occurrence, la figure des « casseurs » et des « violents » (« le braqueur furieux » dans le cas de Timothée Lake) permet de diaboliser les actions directes non conventionnelles, de masquer la violence structurelle du pouvoir et de promouvoir face à cela des mobilisations inoffensives et facilement gérables."

"Au Testet comme dans les quartiers populaires, la police est chargée de soumettre tout ce qui résiste à l’expansion du système impérialiste. Elle doit balayer tout ce qui gène le mouvement de conquêtes ainsi que les programmes de déplacements et de dépossession des territoires et de leurs habitant.e.s, que le capitalisme met en oeuvre pour se restructurer."

(Mathieu Rigouste)

Mathieu Rigouste: "L'ennemi intérieur, de la guerre coloniale au contrôle sécuritaire" http://conflits.revues.org/3128

Lettre de Benoît Biteau, Vice-Président de la Région Poitou-Charentes, à l'irresponsable Thierry Carcenac, Président du Conseil général du Tarn, qui a osé déclarer: « Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête. » àe propos du jeune Rémi Fraisse: http://www.bastamag.net/Barrage-de-Sivens-pour-que-la-mort. La lettre de Benoît Biteau est un réquisitoire contre l'agriculture industrielle et les méga-équipements.

Collectif pour la sauvegarde de la zone humide du TESTET:http://www.collectif-testet.org/actualite-269-les-associations-en-deuil.html :

France Nature Environnement Midi-Pyrénées: http://www.fne-midipyrenees.fr/sivens-nature-midi-pyrenees-fne-midi-pyrenees_7-actu_243.php

“La sphère de la politique classique ne croit plus en rien, et c’est pour cela que plus personne ne croit plus en elle” (Mathieu Burnel, membre du "Groupe de Tarnac" http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/membre-du-comite-invisible-reagit-mort-remi-fraisse/ )

Communiqué de Me Arié Alimi, avocat de la famille de Rémi Fraisse:

(...) Ce qui a tué Rémi Fraisse, ce n’est pas seulement un gendarme jetant une grenade offensive en pleine nuit en direction de jeunes manifestants, quelle que soit la violence de ceux-ci. Ce qui a tué Rémi, c’est la violence Etatique. Un Etat gouverné par des hommes dont la boussole n’est orientée que vers la prochaine échéance électorale,  des hommes motivés par leur stratégie de communication, et qui en ont oublié que l’Etat dont ils sont les représentants n’était finalement qu’une simple fiction destinée en premier lieu à protéger ceux qui avaient accepté de se soumettre à sa violence légitime. Mais lorsque la violence n’est plus légitime, lorsque l’on utilise des armes de guerre non pas contre un autre Etat belligérant, mais contre sa propre population,  lorsque l’Etat tue ceux qu’il est sensé protéger, alors la question de l’Etat, de son fonctionnement, de ses intérêts et de ses représentants doit inéluctablement être posée. (...)

Source: http://blogs.mediapart.fr/blog/arie-alimi/021114/conflit-de-pouvoirs-pour-remi-fraisse

Rémi Fraisse, victime d’une guerre de civilisation, par Edgar Morin, philosophe et sociologue (Le Monde 04-11.2014) : http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/11/04/remi-fraisse-victime-d-une-guerre-de-civilisation_4517856_3232.html

Les victimes de l'extractivisme en Amérique du sud (Pérou, Equateur, Colombie, etc.): http://www.aldeah.org/fr/assassinat-de-jose-tendetza-opposant-lindustrie-miniere-grande-echelle-en-equateur

 

Les naturalistes français sont en deuil et pleurent la mort de Rémi Fraisse, ce jeune homme pacifique, ami de la nature et de son pays.

Pierre-Olivier Combelles (naturaliste, ancien membre du Service Etudes du Musée de la Marine et du Laboratoire d'Ethnobiologie du Muséum national d'Histoire naturelle, Président de l'Institut Andin d'Etudes Ethnobiologiques, administrateur de l'association Auffargis-Environnement)

 

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