Overblog
Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
Le Rouge et le Blanc

Articles récents

Soutenu par Macron, Attali et Juppé, un minier russe s’apprête à saccager la forêt guyanaise 7 juillet 2016 / Fabrice Nicolino

27 Août 2016 , Rédigé par Béthune

La forêt primaire amazonienne. Source: https://reporterre.net/Soutenu-par-Macron-Attali-et-Juppe-un-minier-russe-s-apprete-a-saccager-la

La forêt primaire amazonienne. Source: https://reporterre.net/Soutenu-par-Macron-Attali-et-Juppe-un-minier-russe-s-apprete-a-saccager-la

La Guyane est « menacée par un tsunami affairiste » : le gouvernement entend confier la gestion d’une mine d’or à une transnationale russe, explique Fabrice Nicolino dans cette tribune. Il en appelle à Nicolas Hulot, Allain Bougrain-Dubourg, Pierre Rabhi, et aux lecteurs de Reporterre pour que débute la « grande bagarre de Guyane ».

(...)

Si cette mine ouvre, et tous les feux sont au vert, adieu à la forêt tropicale que l’on connaît. En toute certitude, ce sera la ruée vers l’Eldorado, car on trouve de l’or un peu partout. Il y aura des routes, des autoroutes, des barrages, des pylônes à haute tension. Et si tout est désormais sur les rails, c’est que la mine est soutenue par des autorités morales considérables. Jacques Attali, le preux lobbyiste international, siège au comité consultatif de la Columbus Gold. Alain Juppé, fervent écologiste, en meeting à Cayenne ces dernières semaines : « On ne veut pas que des lobbies écologistes viennent contrecarrer un projet qui serait créateur d’emplois. » Quant à l’immense Emmanuel Macron, il s’est carrément rendu sur le futur chantier, vantant l’excellence du projet, précisant : « Cet industriel [la Columbus Gold] est l’un des fers de lance de la mine responsable. »

(...)

LISEZ ICI L'ARTICLE DE FABRICE NICOLINO ET DIFFUSEZ-LE:

https://reporterre.net/Soutenu-par-Macron-Attali-et-Juppe-un-minier-russe-s-apprete-a-saccager-la

 

Pour en savoir plus sur la destruction génerale de l'environnement par l'extractivisme en Amérique du sud, spécialement en Amazonie, lisez la chronique "Andes  to Amazon" de David Hill, le correspondant du journal anglais The Guardian:

https://www.theguardian.com/environment/andes-to-the-amazon

Lire la suite

Alphonse Daudet: Les fées de France (Les Contes du Lundi)

27 Août 2016 , Rédigé par POC

Peinture préraphaélite représentant une fée. Take the Fair Face of Woman, and Gently Suspending, With Butterflies, Flowers, and Jewels Attending, huile sur toile, Sophie Anderson (1823 - 1903), collection privée, Londres.

Peinture préraphaélite représentant une fée. Take the Fair Face of Woman, and Gently Suspending, With Butterflies, Flowers, and Jewels Attending, huile sur toile, Sophie Anderson (1823 - 1903), collection privée, Londres.

CONTE FANTASTIQUE
 

 

« Accusée, levez-vous ! » dit le président.

Un mouvement se fit au banc hideux des pétroleuses, et quelque chose d’informe et de grelottant vint s’appuyer contre la barre. C’était un paquet de haillons, de trous, de pièces, de ficelles, de vieilles fleurs, de vieux panaches, et là-dessous une pauvre figure fanée, tannée, ridée, crevassée, où la malice de deux petits yeux noirs frétillait au milieu des rides comme un lézard à la fente d’un vieux mur.

« Comment vous appelez-vous ? lui demanda- t-on.

— Mélusine.

— Vous dites ?… »

Elle répéta très gravement :

« Mélusine. »

Sous sa forte moustache de colonel de dragons, le président eut un sourire, mais il continua sans sourciller :

« Votre âge ?

— Je ne sais plus.

— Votre profession ?

— Je suis fée !… »

Pour le coup l’auditoire, le conseil, le commissaire du gouvernement lui-même, tout le monde partit d’un grand éclat de rire ; mais cela ne la troubla point, et de sa petite voix claire et chevrotante, qui montait haut dans la salle et planait comme une voix de rêve, la vieille reprit :

« Ah ! les fées de France, où sont-elles !

Toutes mortes, mes bons messieurs. Je suis la dernière ; il ne reste plus que moi… En vérité, c’est grand dommage, car la France était bien plus belle quand elle avait encore des fées. Nous étions la poésie du pays, sa foi, sa candeur, sa jeunesse. Tous les endroits que nous hantions, les fonds de parcs embroussaillés, les pierres des fontaines, les tourelles des vieux châteaux, les brumes d’étangs, les grandes landes marécageuses recevaient de notre présence je ne sais quoi de magique et d’agrandi. À la clarté fantastique des légendes, on nous voyait passer un peu partout traînant nos jupes dans un rayon de lune, ou courant sur les prés à la pointe des herbes. Les paysans nous aimaient, nous vénéraient.

« Dans les imaginations naïves, nos fronts couronnés de perles, nos baguettes, nos quenouilles enchantées mêlaient un peu de crainte à l’adoration. Aussi nos sources restaient toujours claires. Les charrues s’arrêtaient aux chemins que nous gardions ; et comme nous donnions le respect de ce qui est vieux, nous, les plus vieilles du monde, d’un bout de la France à l’autre on laissait les forêts grandir, les pierres crouler d’elles-mêmes.

« Mais le siècle a marché. Les chemins de fer sont venus. On a creusé des tunnels, comblé les étangs, et fait tant de coupes d’arbres, que bientôt nous n’avons plus su où nous mettre. Peu à peu les paysans n’ont plus cru à nous. Le soir, quand nous frappions à ses volets, Robin disait : « C’est le vent », et se rendormait. Les femmes venaient faire leurs lessives dans nos étangs, Dès lors ç’a été fini pour nous. Comme nous ne vivions que de la croyance populaire, en la perdant, nous avons tout perdu. La vertu de nos baguettes s’est évanouie, et de puissantes reines que nous étions, nous nous sommes trouvées de vieilles femmes, ridées, méchantes comme des fées qu’on oublie ; avec cela notre pain à gagner et des mains qui ne savaient rien faire. Pendant quelque temps, on nous a rencontrées dans les forêts traînant des charges de bois mort ou ramassant des glanes au bord des routes. Mais les forestiers étaient durs pour nous, les paysans nous jetaient des pierres.

Alors, comme les pauvres qui ne trouvent plus à gagner leur vie au pays, nous sommes allées la demander au travail des grandes villes.

« Il y en a qui sont entrées dans des filatures.

D’autres ont vendu des pommes l’hiver, au coin des ponts ou des chapelets à la porte des églises.

Nous poussions devant nous des charrettes d’oranges, nous tendions aux passants des bouquets d’un sou dont personne ne voulait, et les petits se moquaient de nos mentons branlants, et les sergents de ville nous faisaient courir, et les omnibus nous renversaient. Puis la maladie, les privations, un drap d’hospice sur la tête… Et voilà comme la France a laissé toutes ses fées mourir.

Elle en a été bien punie !

« Oui, oui, riez, mes braves gens. En attendant, nous venons de voir ce que c’est qu’un pays qui n’a plus de fées. Nous avons vu tous ces paysans repus et ricaneurs ouvrir leurs huches aux Prussiens et leur indiquer les routes. Voilà !

Robin ne croyait plus aux sortilèges ; mais il ne croyait pas davantage à la patrie… Ah ! si nous avions été là, nous autres, de tous ces Allemands qui sont entrés en France pas un ne serait sorti vivant. Nos draks, nos feux follets les auraient conduits dans des fondrières. À toutes ces sources pures qui portaient nos noms, nous aurions mêlé des breuvages enchantés qui les auraient rendus fous ; et dans nos assemblées, au clair de lune, d’un mot magique, nous aurions si bien confondu les routes, les rivières, si bien enchevêtré de ronces, de broussailles, ces dessous de bois où ils allaient toujours se blottir, que les petits yeux de chat de M. de Moltke n’auraient jamais pu s’y reconnaître. Avec nous, les paysans auraient marché. Des grandes fleurs de nos étangs nous aurions fait des baumes pour les blessures, les fils de la vierge nous auraient servi de charpie ; et sur les champs de bataille, le soldat mourant aurait vu la fée de son canton se pencher sur ses yeux à demi fermés pour lui montrer un coin de bois, un détour de route, quelque chose qui lui rappelle le pays. C’est comme cela qu’on fait la guerre nationale, la guerre sainte. Mais, hélas ! dans les pays qui ne croient plus, dans les pays qui n’ont plus de fées, cette guerre-là n’est pas possible. »

Ici la petite voix grêle s’interrompit un moment, et le président prit la parole :

« Tout ceci ne nous dit pas ce que vous faisiez du pétrole qu’on a trouvé sur vous quand les soldats vous ont arrêtée.

— Je brûlais Paris, mon bon monsieur, répondit la vieille très tranquillement. Je brûlais Paris parce que je le hais, parce qu’il rit de tout, parce que c’est lui qui nous a tuées. C’est Paris qui a envoyé des savants pour analyser nos belles sources miraculeuses et dire au juste ce qu’il entrait de fer et de soufre dedans. Paris s’est moqué de nous sur ses théâtres. Nos enchantements sont devenus des trucs, nos miracles des gaudrioles, et l’on a vu tant de vilains visages passer dans nos robes roses, nos chars ailés, au milieu de clairs de lune en feu de Bengale, qu’on ne peut plus penser à nous sans rire… Il y avait des petits enfants qui nous connaissaient par nos noms, nous aimaient, nous craignaient un peu ; mais au lieu des beaux livres tout en or et en images, où ils apprenaient notre histoire, Paris maintenant leur a mis dans les mains la science à la portée des enfants, de gros bouquins d’où l’ennui monte comme une poussière grise et efface dans les petits yeux nos palais enchantés et nos miroirs magiques… Oh ! oui, j’ai été contente de le voir flamber, votre Paris… C’est moi qui remplissais les boîte des pétroleuses, et je les conduisais moi-même aux bons endroits : « Allez, mes filles, brûlez tout, brûlez, brûlez !… »

— Décidément, cette vieille est folle, dit le président. Emmenez-la. »

 

Alphonse Daudet, Contes du Lundi, Paris : A. Lemerre, 1880 (pp. 221-227).

 

Source:

https://fr.wikisource.org/wiki/Les_Contes_du_lundi/Les_F%C3%A9es_de_France

Tourbillons. Photographiés par la fée Evelyne Landau

Tourbillons. Photographiés par la fée Evelyne Landau

Lire la suite

¿Otro Baguazo en Amazonas?

27 Août 2016 , Rédigé par POC

Huit ans après le massacre de Bagua sous la présidence d'Alan Garcia, le gouvernement régional d'Amazonas au Pérou veut livrer le territoire des Indiens Awajún à la mine Afrodita avec le motif que ce sont  des "friches".Article extrait de la presse péruvienne, 27 août 2016.

Huit ans après le massacre de Bagua sous la présidence d'Alan Garcia, le gouvernement régional d'Amazonas au Pérou veut livrer le territoire des Indiens Awajún à la mine Afrodita avec le motif que ce sont des "friches".Article extrait de la presse péruvienne, 27 août 2016.

Lire la suite

Ezra Pound: Par Usura (Canto XLV)

27 Août 2016 , Rédigé par POC

Canto XLV

 

Par Usura

 

 

Par usura n'ont le hommes maison de pierre saine

blocs lisses finement taillés scellés pour que

la frise couvre leur surface

par usura

n'ont les hommes paradis peint au mur de leurs églises

*harpes et luz*

où la vierge fait accueil au message

où le halo rayonne en entailles

par usura

n'aura Gonzague d'héritier concubine

n'aura de portrait peint pour durer orner la vie

mais le tableau fait pour vendre vendre vite

par usura péché contre nature

sera ton pain de chiffes encore plus rance

sera ton pain aussi sec que papier

sans blé de la montagne farine pure

par usura la ligne s'épaissit

par usura n'est plus de claire démarcation

les hommes n'ont plus de site pour leurs demeures;

Et le tailleur est privé de sa pierre

le tisserand de son métier

PAR USURA

la laine déserte les marchés

le troupeau perte pure par usura.

Usura est murène, usura

use l'aiguille aux doigts de la couseuse

suspend l'adressede la fileuse. Pietro Lombardo

n'est pas le fils d'usura

n'est pas le fils d'usura Duccio

ni Pier della Francesca; ni Zuan Bellin'

ni le tableau "La Calunnia".

N'est pas oeuvre d'usura Angelico; ni Ambrogio Praedis

ni l'église de pierre signature d'Adamo me fecit

Ni par usura St Trophime

Ni par usura St Hilaire,

Usura rouille le ciseau

Rouille l'art de l'artiste

Rogne fil sur le métier

Nul n'entrecroise l'or sur son modèle;

L'azur se chancre par usura; le cramoisi s'éraille

L'émeraude cherche son Memling

Usura assassine l'enfant au sein

Entrave la cour du jouvenceau

Paralyse la couche, oppose

le jeune époux son épousée

CONTRA NATURAM

Ils ont mené les putains à Eleusis

Les cadavres banquettent

au signal d'usura.

 

 

NB. Usure: Loyer sur le pouvoir d'achat, imposé sans égard à la production; souvent même sans égard aux possibilités de production (D'où la faillite de la banque Médicis.)

 

Ezra Pound. Les Cantos. Nouvelle édition sous la direction d'Yves di Manno. Traductions de Jacques Darras, Yves di Manno, Philippe Mikriammos, Denis Roche et Françoise Sauzey. Flammarion, 2002.

 

"Mais, comme nous l'avons dit, l'art d'acquérir la richesse est de deux espèces : l'une est sa forme mercantile, et l'autre une dépendance de l'économie domestique ; cette dernière forme est nécessaire et louable, tandis que l'autre repose sur l'échange et donne prise à de justes critiques (car elle n'a rien de naturel, elle est le résultat d'échanges réciproques) : dans ces conditions, ce qu'on déteste avec le plus de raison, c'est la pratique du prêt à intérêt parce que le gain qu'on en retire provient de la monnaie elle-même et ne répond plus à la fin qui a présidé la création. Car la monnaie a été inventée en vue de l'échange, tandis que l'intérêt multiplie la quantité de monnaie elle-même. C'est même là l'origine du mot intérêt (1) : car les êtres engendrés ressemblent à leurs parents, et l'intérêt est une monnaie née d'une monnaie. Par conséquent, cette dernière façon de gagner de l'argent est de toutes la plus contraire à la nature."
 
(1) τόχος, signifiant à la fois enfant, petit (partus), et revenu de l'argent (foenus, usura).
 
 Aristote, Politique, Livre I, 10. Traduction par J. Tricot. Bibliothèque des textes philosophiques. Vrin, Paris, 2005.
 
Lire la suite

Una entrevista con Stefano Mancuso, director del Laboratorio Internacional de Neurobiología Vegetal

25 Août 2016 , Rédigé par POC

Stefano Mancuso es profesor asociado de la Universidad de Florencia y dirige el laboratorio internacional de Neurobiología Vegetal. Estuvo en España hace unas semanas para presentar su libro “Sensibilidad e inteligencia en el mundo vegetal”, editado por Galaxia Gutenberg. Rodeado de cierta polémica por parte de sus colegas del mundo vegetal, Mancuso impartió una conferencia en el Real Jardín Botánico de Madrid retransmitida por TEDxGran Vía. Entre los puntos en discordia destaca el término “neurobiología vegetal", ya que, argumentan sus colegas, las plantas carecen de sistema nervioso, y también el concepto mismo de inteligencia vegetal. En su conferencia Mancuso desmitificó algunas creencias sobre las plantas y abrió otros interrogantes en el auditorio.

(...)

Lee aqui la entrevista completa:

http://www.abc.es/ciencia/20150320/abci-plantas-inteligencia-macuso-201503181813.html

Sobre el mismo tema en este mismo blog:

http://pocombelles.over-blog.com/2016/08/l-intelligence-de-l-homme-fait-partie-de-l-intelligence-de-la-nature.html

Lire la suite

Rochers sacrés (Green Shinto)

24 Août 2016 , Rédigé par POC

The Shaman's Rock at Lake Baikal has a cave in which a monster was said to live

The Shaman’s Rock at Lake Baikal has a cave in which a monster was said to live. It’s one of the oldest shaman sites in the world.

 

The awesomeness of rocks
Green Shinto has written several times of the spiritual significance of rocks in Shinto (see the righthand column for previous postings).  It’s a much overlooked subject.  Why?  Partly because it is associated with the kind of primitive superstition that Meiji era Japan sought to put behind it.  But also partly, I suspect, because rock worship leads back to Korean shamanism and shows that far from being unique, Shinto is inextricably linked with continental nature worship.  Just how this conflicts with the insularity of mainstream Japan will become evident in the remarks below.

It was with some delight that I recently came across a video entitled “Okayama: the profound spirit of the rocks” (28 mins).  70% of Japan is covered in mountains and forests, so it’s not surprising that ancient Japanese felt some kind of kinship with them.  They even named tribes after the protective mountain beneath which they settled.

‘Since ancient times,’ runs the commentary, ‘people in Japan have felt a deep sense of awe towards particularly impressive rocks.’  It’s not limited to Japan, of course. The same could be said for ancient cultures around the world – you only have to think of Stonehenge, the pyramids and Machu Picchu for example.

(...)

 

DÉCOUVREZ L'ARTICLE ICI SUR LE SITE GREENSHINTO.COM: http://www.greenshinto.com/wp/2016/08/06/rocks-rock/

Lire la suite

Fukushima: les vies sinistrées (Fukushima-blog)

24 Août 2016 , Rédigé par POC

12 août 2016

Le 11 mars 2016, Kurumi Sugita, chercheure socio-anthropologue et présidente fondatrice de l’association « Nos Voisins Lointains 3.11 », a donné une conférence intitulée « Fukushima, les vies sinistrées » à la Maison de la Nature et de l’Environnement de l’Isère (MNEI) à Grenoble, conférence inaugurale de la commémoration des catastrophes de « Tchernobyl, Fukushima... ». La conférencière a exposé la situation concrète et actuelle des sinistrés de la catastrophe de Fukushima, en particulier sur les problèmes sanitaires. Attachée au Japon, engagée, Kurumi a suivi la situation de 60 personnes sinistrées, pendant plusieurs années, en les visitant chacune une fois par an afin de recueillir des données sur le terrain pour ses actions associatives. C’est «le projet DILEM» : Déplacés et Indécis Laissés à Eux-Mêmes depuis l’accident nucléaire au Japon - parcours de vie et trajectoires géographiques des sinistrés hors des zones d’évacuation officielle.

Je vous propose une restitution écrite de cette conférence, avec l’aimable autorisation de Kurumi qui a également eu la gentillesse d’ajouter des données actualisées à son retour du Japon en juin 2016.

Evelyne Genoulaz

« Fukushima, les vies sinistrées »

 

Lisez l'article complet sur le site fukushima-blog:

http://www.fukushima-blog.com/2016/08/fukushima-les-vies-sinistrees.html

Lire la suite

"Qui a aimé aimera": deux lettres de Saint-Évremond à Ninon de Lenclos et réponse.

24 Août 2016 , Rédigé par POC

Ninon de Lenclos (1620-1705)

Ninon de Lenclos (1620-1705)

CHARLES DE SAINT-ÉVREMOND  À MADEMOISELLE DE LENCLOS.
(1696.)

J’ai recu la seconde lettre que vous m’avez écrite, obligeante, agréable, spirituelle, où je reconnois les enjoûments de Ninon, et le bon sens de Mlle de Lenclos. Je savois comment la première a vécu : vous m’apprenez de quelle manière vit l’autre. Tout contribue à me faire regretter le temps heureux que j’ai passé dans votre commerce, et à désirer inutilement de vous voir encore. Je n’ai pas la force de me transporter en France, et vous y avez des agréments qui ne vous laisseront pas venir en Angleterre. Mme de Bouillon vous peut dire que l’Angleterre a ses charmes, et je serois un ingrat, si je n’avouois moi-même que j’y ai trouvé des douceurs. J’ai appris, avec beaucoup de plaisir, que M. le comte de Grammont a recouvré sa première santé et acquis une nouvelle dévotion. Jusqu’ici, je me suis contenté grossièrement d’être homme de bien ; il faut faire quelque chose de plus, et je n’attends que votre exemple pour être dévot. Vous vivez dans un pays où l’on a de merveilleux avantages pour se sauver. Le vice n’y est guère moins opposé à la mode qu’à la vertu. Pécher, c’est ne savoir pas vivre et choquer la bienséance autant que la religion. Il ne falloit autrefois qu’être méchant ; il faut être de plus malhonnête homme pour se damner en France présentement. Ceux qui n’ont pas assez de considération pour l’autre vie, sont conduits au salut par les égards et les devoirs de celle-ci. C’en est assez sur une matière, où la conversion de M. le comte de Grammont m’a engagé : je la crois sincère et honnête. Il sied bien à un homme qui n’est pas jeune d’oublier qu’il l’a été. Je ne l’ai pu faire jusqu’ici : au contraire, du souvenir de mes jeunes ans, de la mémoire de ma vivacité passée, je tâche d’animer la langueur de mes vieux jours. Ce que je trouve de plus fâcheux à mon âge, c’est que l’espérance est perdue ; l’espérance, qui est la plus douce des passions et celle qui contribue davantage à nous faire vivre agréablement. Désespérer de vous voir jamais, est ce qui me fait le plus de peine : il faut se contenter de vous écrire quelquefois, pour entretenir une amitié qui a résisté à la longueur du temps, à l’éloignement des lieux, et à la froideur ordinaire de la vieillesse. Ce dernier mot me regarde : la nature commencera, par vous, à faire voir qu’il est possible de ne vieillir pas. Je vous prie de faire assurer M. le duc de Lauzun de mes très-humbles services, et de savoir si Mme la maréchale de Créqui lui a fait payer cinq cents écus qu’il m’avoit prêtés : on me l’a écrit il y a longtemps, mais je n’en suis pas trop assuré.

 

LE MÊME À MADEMOISELLE DE LENCLOS.
(1696 ou 1697.)

Il y a plus d’un an que je demande de vos nouvelles à tout le monde et personne ne m’en apprend. M. de la Bastide m’a dit que vous vous portiez fort bien ; mais il ajoute que, si vous n’avez plus tant d’amants, vous êtes contente d’avoir beaucoup plus d’amis. La fausseté de la dernière nouvelle me fait douter de la vérité de la première. Vous êtes née pour aimer toute votre vie. Les amants et les joueurs ont quelque chose de semblable : Qui a aimé, aimera. Si l’on m’avoit dit que vous êtes dévote, je l’aurois pu croire. C’est passer d’une passion humaine à l’amour de Dieu et donner à son âme de l’occupation : mais ne pas aimer, est une espèce de néant, qui ne peut convenir à votre cœur.

Ce repos languissant ne fut jamais un bien ;
C’est trouver, sans mourir, l’état où l’on n’est rien.

Je vous demande des nouvelles de votre santé, de vos occupations, de votre humeur, et que ce soit dans une assez longue lettre, où il y ait peu de morale et beaucoup d’affection pour votre ancien ami. L’on dit ici que le comte de Grammont est mort, ce qui me donne un déplaisir fort sensible. Si vous connoissez Barbin, faites-lui demander pourquoi il imprime tant de choses sous mon nom qui ne sont point de moi. J’ai assez de mes sottises, sans me charger de celles des autres. On me donne une pièce contre le P. Bouhours, où je ne pensai jamais. Il n’y a pas d’ecrivain que j’estime plus que lui : notre langue lui doit plus qu’à aucun auteur, sans excepter Vaugelas. Dieu veuille que la nouvelle de la mort du comte de Grammont soit fausse1, et celle de votre santé véritable ! La Gazette de Hollande dit que M. le comte de Lauzun se marie : si cela étoit vrai, on l’auroit mandé de Paris ; outre cela M. de Lauzun est Duc, et le nom de Comte ne lui convient point. Si vous avez la bonté de m’en écrire quelque chose, vous m’obligerez, et de faire bien des compliments à M. de Gourville de ma part, en cas que vous le voyiez toujours. Pour des nouvelles de paix et de guerre, je ne vous en demande pas. Je n’en écris point, et je n’en reçois pas davantage. Adieu ; c’est le plus véritable de vos serviteurs, qui gagneroit beaucoup, si vous n’aviez point d’amants, car il seroit le premier de vos amis, malgré une absence qu’on peut nommer éternelle.
 


NOTES DE L’ÉDITEUR

1. Cette nouvelle étoit en effet fausse. Philibert, comte de Grammont, comme on l’a vu plus haut, ne mourut que le 10 janvier 1707.

 

MADEMOISELLE DE LENCLOS À SAINT-ÉVREMOND.
(1697.)

J’apprends avec plaisir que mon âme vous est plus chère que mon corps, et que votre bon sens vous conduit toujours au meilleur. Le corps, à la vérité, n’est plus digne d’attention, et l’âme a encore quelque lueur qui la soutient et qui la rend sensible au souvenir d’un ami, dont l’absence n’a point effacé les traits. Je fais souvent de vieux contes où M. d’Elbène, M. de Charleval, et le chevalier de Rivière, réjouissent les modernes. Vous avez part aux beaux endroits : mais, comme vous êtes moderne aussi, j’observe de ne vous pas louer, devant les académiciens qui se sont déclarés pour les anciens. Il m’est revenu un Prologue en musique, que je voudrois bien voir sur le théâtre de Paris1. La beauté qui en fait le sujet, donneroit de l’envie à toutes celles qui l’entendroient. Toutes nos Hélènes n’ont pas le droit de trouver un Homère, et d’être toujours les déesses de la beaute. Me voici bien haut : comment en descendre ? Mon très-cher ami, ne falloit-il pas mettre le cœur à son langage ? Je vous assure que je vous aime toujours plus tendrement que ne le permet la philosophie. Mme la duchesse de Bouillon est comme à dix-huit ans : la source des charmes est dans le sang Mazarin. À cette heure que nos Rois sont amis2, ne devriez-vous pas venir faire un tour ici ? Ce seroit pour moi le plus grand succès de la paix.
 


NOTES DE L’ÉDITEUR

1. Ce Prologue a eté conservé par Des Maizeaux, et, n’en déplaise à l’obligeance de Ninon, il est d’une médiocrité désespérante. J’ai dû l’exclure de cette édition.

2. C’étoit après la paix de Riswyck.

 

SOURCE:

https://fr.wikisource.org/wiki/%C5%92uvres_m%C3%AAl%C3%A9es_de_Saint-%C3%89vremond

NINON DE L'ENCLOS: https://fr.wikipedia.org/wiki/Ninon_de_Lenclos

Lire la suite

"China’s Pivot to World Markets, Washington’s Pivot to World Wars, and the Debacle of the Latin American Left" by James Petras

23 Août 2016 , Rédigé par POC

By James Petras

08.20.2016 :: Analysis

Introduction: China and the United States are moving in polar opposite directions: Beijing is rapidly becoming the center of overseas investments in high tech industries, including robotics, nuclear energy and advanced machinery with collaboration from centers of technological excellence, like Germany.

In contrast, Washington is pursuing a predatory military pivot to the least productive regions with collaboration from its most barbaric allies, like Saudi Arabia.

China is advancing to global economic superiority by borrowing and innovating the most advance methods of production, while the US degrades and debases its past immense productive achievements to promote wars of destruction.

China’s growing prominence is the result of a cumulative process that advanced in a systematic way, combining step-by-step growth of productivity and innovation with sudden jumps up the ladder of cutting edge technology.

 

Lisez l'article ici: http://petras.lahaine.org/?p=2097

Presse péruvienne, 27 août 2016

Presse péruvienne, 27 août 2016

Lire la suite

Ernesto Cardenal: Economía de Tahuantinsuyu

21 Août 2016 , Rédigé par POC

Ernesto Cardenal: Economía de Tahuantinsuyu

Economía de Tahuantinsuyu

 

Ernesto Cardenal

 

 

 

No tuvieron dinero

y el oro era para hacer la lagartija

y NO MONEDAS

los atavíos

que fulguraban como fuego

a la luz del sol o las hogueras

las imágenes de los dioses

y las mujeres que amaron

y no monedas

Millares de fraguas brillando en la noche de los Andes

y con abundancia de oro y plata

no tuvieron dinero

supieron

vaciar laminar soldar grabar

el oro y la plata

el oro: el sudor del sol

la plata: las lágrimas de la luna

Hilos cuentas filigranas

alfileres

pectorales

cascabeles

pero no DINERO

y porque no hubo dinero

no hubo prostitución ni robo

las puertas de las casas las dejaban abiertas

ni Corrupción Administrativa ni desfalcos

-cada dos años

daban cuenta de sus actos en el Cuzco

porque no hubo comercio ni moneda

no hubo

la venta de indios

Nunca se vendió ningún indio

Y hubo chicha para todos

 

No conocieron el valor inflatorio del dinero

su moneda era el Sol que brilla para todos

el Sol que es de todos y a todo hace crecer

el Sol sin inflación ni deflación: Y no

esos sucios «soles» con que se paga al peón

(que por un sol peruano te mostrará sus ruinas)

Y se comía 2 veces al día en todo el Imperio)

Y no fueron los financistas

los creadores de sus mitos

Después fue saqueado el oro de los templos del Sol

y puesto a circular en lingotes

con las iniciales de Pizarro

La moneda trajo los impuestos

y con la Colonia aparecieron los primeros mendigos

 

El agua ya no canta en los canales de piedra

las carreteras están rotas

las tierras secas como momias

como momias

de muchachas alegres que danzaron

en Airiway (Abril)

el mes de la Danza del Maíz Tierno

ahora secas y en cuclillas en Museos

 

Manco Capac! Manco Capac!

Rico en virtudes y no en dinero

(Mancjo: «virtud», Capacj: «rico»)

«Hombre rico en virtudes»

Un sistema económico sin MONEDA

la sociedad sin dinero que soñamos

Apreciaban el oro pero era

como apreciaban también la piedra rosa o el pasto

y lo ofrecieron de comida

como pasto

a los caballos de los conquistadores

viéndolos mascar metal (los frenos)

con sus espumosas bocas

No tuvieron dinero

y nadie se moría de hambre en todo el Imperio

y la tintura de sus ponchos ha durado 1000 años

aun las princesas hilaban en sus husos

los ciegos eran empleados en desgranar el maíz

los niños en cazar pájaros

Hubo protección para los animales domésticos

legislación para las llamas y vicuñas

aun los animales de la selva tenían su código

(que ahora no lo entienden los Hijos del Sol)

 

De la plaza de la alegría en el Cuzco

(el centro del mundo)

partían las 4 calzadas

hacia las 4 regiones en que se dividía el Imperio

«Los Cuatro Horizontes»

TAHUANTINSUYU

Y los puentes colgantes

sobre ríos rugientes

carreteras empedradas

caminitos serpenteantes en los montes

todo confluía

a la Plaza de la Alegría en el Cuzco

el centro del mundo

 

El heredero del trono

sucedía a su padre en el trono

MAS NO EN LOS BIENES

¿Un comunismo agrario?

Un comunismo agrario

«EL IMPERIO SOCIALISTA DE LOS INCAS»

Neruda: no hubo libertad

sino seguridad social

Y no todo fue perfecto en el «Paraíso Incaico»

Censuraron la historia contada por nudos

Moteles gratis en las carreteras

sin libertad de viajar

¿Y las purgas de Atahualpa?

¿El grito del exiliado

en la selva amazónica?

El Inca era dios

era Stalin

(Ninguna oposición tolerada)

Los cantores sólo cantaron la historia oficial

Amaru Tupac fue borrado de la lista de reyes

 

Pero sus mitos

no de economistas!

La verdad religiosa

y la verdad política

eran para el pueblo una misma verdad

Una economía con religión

las tierras del Inca eran aradas por último

primero las del Sol (las del culto)

después las de viudas y huérfanos

después las del pueblo

y las tierras del Inca aradas por último

Un Imperio de ayllus

ayllus de familias trabajadoras

animales vegetales minerales

también divididos en ayllus

el universo entero todo un gran ayllu

(y hoy en vez del ayllu: los latifundios)

No se podía enajenar la tierra

Llacta mama (la tierra) era de todos

Madre de todos

 

En la Puna

una flauta triste

una

tenue flauta como un rayo de luna

y el quejido de una quena

con un canto quechua...

Chuapi punchapi tutayaca

 

 

(«anocheció en mitad del día»)

pasa un pastor con su rebaño de llamas

y tintinean las campanitas

entre las peñas

que antaño fueron

muro pulido

 

¿Volverá algún día Manco Capac con su arado de oro?

¿Y el indio hablará otra vez?

¿Se podrá

reconstruir con estos tiestos

la luminosa vasija?

¿Trabar otra vez

en un largo muro

los monolitos

que ni un cuchillo quepa en las junturas?

Que ni un cuchillo quepa en las junturas

¿Reestablecer las carreteras rotas

de Sudamérica

hacia los Cuatro Horizontes

con sus antiguos correos?

¿Y el universo del indio volverá a ser un Ayllu?

El viaje era al más allá y no al Museo

pero en la vitrina del Museo

la momia aún aprieta en su mano seca

su saquito de granos.

 

(Homenaje a los indios americanos, 1974)

 

Biografía de Ernesto Cardenal: https://es.wikipedia.org/wiki/Ernesto_Cardenal

Ernesto Cardenal: Economía de Tahuantinsuyu
Lire la suite
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100 > >>