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Le Rouge et le Blanc

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Marie Dorigny: les femmes du Népal

27 Janvier 2015 , Rédigé par POC

NEPAL. Est-ce ainsi que les femmes vivent ? Les femmes quittent par milliers leurs villages pour Katmandou, en quête d’un travail et de meilleures conditions de vie. Mais, le plus souvent illettrées et sans formation, elles sont cantonnées aux travaux les plus durs et les moins bien payés. Looking for job opportunities and a better life in the capital city of Kathmandu, women are leaving  their villages by the thousands. Usually illiterate and untrained, they can get only the hardest, lowest-paying jobs. Balku slum, Kathmandu, Nepal 2013.

NEPAL. Est-ce ainsi que les femmes vivent ? Les femmes quittent par milliers leurs villages pour Katmandou, en quête d’un travail et de meilleures conditions de vie. Mais, le plus souvent illettrées et sans formation, elles sont cantonnées aux travaux les plus durs et les moins bien payés. Looking for job opportunities and a better life in the capital city of Kathmandu, women are leaving their villages by the thousands. Usually illiterate and untrained, they can get only the hardest, lowest-paying jobs. Balku slum, Kathmandu, Nepal 2013.

"Ce reportage a été réalisé par Marie Dorigny. Elle a travaillé toute sa vie de reporter sur le travail des enfants, les violences faites aux femmes, la traite des êtres humains. Cette fois, elle s’est penchée sur la vie des femmes au Népal. Un pays dont on parle ces jours-ci pour évoquer le sort des Népalais au Qatar où, semi esclaves, ils construisent les stades de la coupe du monde de foot. Et en meurent. L’afflux des Népalais au Qatar a bien entendu une cause. Celle-ci se trouve au Népal. Leur émigration massive a aussi des conséquences dans leur pays d’origine. C’est tout cela que vous allez comprendre en visionnant les photos de Marie Dorigny et en lisant leurs légendes."

Suite de l'article sur REFLETS, le site du jeune, intelligent et courageux Fabrice Epelboin:

http://reflets.info/nepal-est-ce-ainsi-que-les-femmes-vivent/

avec d'autres photos de Marie Dorigny, leurs commentaires et une entrevue.

Il y a une ressemblance étonnante entre Katmandu et les grandes villes d'Amérique du sud, comme Lima, par exemple, au pied des Andes. Mégapole de 10 millions d'habitants, pour la plupart des paysans des Andes chassés par le libéralisme, avec les mêmes constructions sauvages de béton et de briques, les mêmes rivières-cloaques charriant des déchets de plastique, la même misère*, le même luxe insolent des quartiers riches.

Pendant des milliers d'années, le Népal comme le Pérou ont nourri leur habitants, certes moins nombreux, grâce à un habitat dispersé, une agriculture traditionnelle (au Pérou, les montagnes étaient cultivées jusqu'à 4300 m d'altitude grâce à un savant système de terrasses avec haies et murets de soutènement, d'irrigation et de chemins), une économie adaptée au milieu naturel et au climat, et une culture ou des cultures propres à chacun de ces peuples.

P.-O.C

* La pauvreté, c'est quand on a le nécessaire mais pas le superflu, et la misère, c'est quand on manque du nécessaire. Il faut rappeler cette définition car aujourd'hui la notion de pauvreté est bafouée parce qu'on lui donne le sens scandaleux de misère.

Quand on "lutte contre la pauvreté", on remplace la pauvreté, qui est un bien et non un mal et le meilleur état souhaitable pour l'homme, par la misère pour la majorité et le luxe pour quelques uns. C'est une perversion du mot, et de l'homme et finalement de la nature tout entière.

C'est pour cela qu'un souverain de Chine répondit à celui qui lui demandait ce qu'il allait faire en commençant son règne: "Rétablir le sens des mots".

Lire à ce sujet le très beau livre de Mahjid Rahnema: "Quand la misère chasse la pauvreté" (Fayard/Actes sud, 2003).

Et sur RIA NOVOSTI, cet article qui donne une interprétation "libérale" du problème: "Tous pauvres, tous riches" : http://fr.ria.ru/discussion/20150126/203483702.html

Bidonvilles derriere Casuarinas mars 2012 PH PO Combelles

Les "pueblos jovenes" s'étendent à perte de vue dans le désert à Lima, la mégapole capitale du Pérou (10 millions d'habitants, la plupart venus des Andes). Photo: Pierre-Olivier Combelles, 2012.

Philippe Descola: les Jivaros Achuar traitent les plantes et les animaux comme des personnes. Saint François d'Assise aussi...

23 Janvier 2015 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

(...)

Comment définir l’animisme, qui, selon vous, caractérise la relation des Achuar avec la nature ?
L'animisme est la propension à détecter chez les non-humains – animés ou non animés, c'est-à-dire les oiseaux comme les arbres – une présence, une « âme » si vous voulez, qui permet dans certaines circonstances de communiquer avec eux.

Pour les Achuar, les plantes, les animaux partagent avec nous une « intériorité ». Il est donc possible de communiquer avec eux dans nos rêves ou par des incantations magiques qu'ils chantent mentalement toute la journée. A ceci s'ajoute que chaque catégorie d'être, dans l'animisme, compose son monde en fonction de ses dispositions corporelles : un poisson n'aura pas le même genre de vie qu'un oiseau, un insecte ou un humain. C'est l'association de ces deux caractéristiques, « intériorité » et « dispositions naturelles », qui fondent l'animisme.

Vous voilà fort éloigné de votre boîte à outils européenne...
Chez nous, en effet, seuls les humains ont une intériorité, eux seuls ont la capacité de communiquer avec des symboles. En revanche, côté physique, tous les êtres – humains comme non humains – sont régis par des lois physiques universelles identiques : nous habitons le même « monde », les lois de la nature sont les mêmes pour tous, que l'on soit homme, insecte ou poisson. Entre les Achuar et moi s'exprimaient donc deux façons totalement différentes de considérer les continuités et discontinuités entre l'homme et son environnement.

Quelles sont les conséquences concrètes de cette conception du monde pour les Achuar ?
Les femmes Achuar traitent les plantes comme si c'étaient des enfants. Et les chasseurs traitent les animaux comme si c'étaient leurs beaux-frères. Dans cette société, ce ne sont pas les classes sociales ou les catégories de métiers qui distinguent les êtres entre eux, mais leurs liens de parenté, et plus précisément la distinction entre parents consanguins et parents par alliance.

Les plantes sont traitées comme des consanguins (des enfants), alors que les animaux chassés par les hommes sont des beaux-frères. Voir les Achuar traiter les plantes et les animaux comme des personnes m'a bouleversé : ce que j'ai d'abord considéré comme une croyance était en réalité une manière d'être au monde, qui se combinait avec des savoir-faire techniques, agronomique, botanique, éthologique très élaborés.

(...)

Ethnologue (CNRS), Philippe Descola est titulaire de la chaire d'Anthropologie de la Nature au Collège de France.

Extrait d'une entrevue avec Olivier Pascal Moussellard /Télérama: http://www.telerama.fr/idees/philippe-descola-les-achuar-traitent-les-plantes-et-les-animaux-comme-des-personnes,121626.php

 

Cantique du Soleil ou des Créatures

 

Très haut, tout puissant et bon Seigneur,

à toi louange, gloire, honneur,

et toute bénédiction;

à toi seul ils conviennent, ô Très-Haut,

et nul homme n'est digne de te nommer.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, avec toutes tes créatures,

spécialement messire frère Soleil,

par qui tu nous donnes le jour, la lumière:

il est beau, rayonnant d'une grande splendeur,

et de toi, le Très-Haut, il nous offre le symbole.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur Lune et les étoiles:

dans le ciel tu les as formées,

claires, précieuses et belles.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Vent,

et pour l'air et pour les nuages,

pour l'azur calme et tous les temps:

grâce à eux tu maintiens en vie toutes les créatures.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour notre soeur Eau,

qui est très utile et très humble,

précieuse et chaste.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère Feu,

par qui tu éclaires la nuit:

il est beau et joyeux,

indomptable et fort.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour soeur notre mère la Terre,

qui nous porte et nous nourrit,

qui produit la diversité des fruits,

avec les fleurs diaprées et les herbes.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur, pour ceux

qui pardonnent par amour pour toi;

qui supportent épreuves et maladies:

heureux s'ils conservent la paix,

car par toi, le Très-Haut, ils seront couronnés.

 

Loué sois-tu, mon Seigneur,

pour notre soeur la Mort corporelle,

à qui nul homme vivant ne peut échapper.

 

Malheur à ceux qui meurent en état de péché mortel;

heureux ceux qu'elle surprendra faisant ta volonté,

car la seconde mort ne pourra leur nuire.

 

Louez et bénissez mon Seigneur,

rendez-lui grâce et servez-le

en toute humilité !

 

Saint François d'Assise

 

Et quant au Sénat français, "il a supprimé jeudi la qualité "d'êtres vivants doués de sensibilité" accordée par l'Assemblée nationale aux animaux, lors de la nouvelle lecture d'un texte de simplification du droit et des procédures. Il revient à l'Assemblée de se prononcer en dernier ressort sur l'ensemble du texte." (http://www.20minutes.fr/planete/1523531-20150122-animaux-doues-sensibilite-senat-fait-machine-arriere)

 

Comme l'homme fait partie de la nature, l'esprit de l'homme fait partie de l'Esprit de la Nature.

由于人是性的一部分,人的精神是性之灵的一部分

Yóuyú rén shì Xìngzhì de yībùfèn, rén de jīngshén shì Xìngzhì zhī líng de yībùfèn

Pierre-Olivier Combelles

Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse (Abd Al Malik, proverbe africain)

23 Janvier 2015 , Rédigé par POC

Le rappeur et slammeur Abd Al Malik interviewé Place de la République, le 20 janvier 2015. Source: http://www.francetvinfo.fr/france/video-abd-al-malik-c-est-dans-les-mots-que-se-structure-notre-identite_801327.html

Le rappeur et slammeur Abd Al Malik interviewé Place de la République, le 20 janvier 2015. Source: http://www.francetvinfo.fr/france/video-abd-al-malik-c-est-dans-les-mots-que-se-structure-notre-identite_801327.html

"Un arbre qui tombe fait plus de bruit qu'une forêt qui pousse".

Quand parle la sagesse d'un Africain.

Abd Al Malik répondait, de très très haut, et très humainement, au jeune Guillaume Peltier, porte-parole de Philippe de Villiers, sur le plateau de Laurent Ruquier:

"La diversité, ce n'est pas une tare, mais un cadeau.  On doit trouver ce qui nous rassemble. Pourquoi chercher tout le temps ce qui nous sépare ?"

https://www.youtube.com/watch?x-yt-cl=84503534&v=HwMlELv9FSI&x-yt-ts=1421914688#t=204

http://www.francetvinfo.fr/france/video-abd-al-malik-c-est-dans-les-mots-que-se-structure-notre-identite_801327.html

QUAND L'OCCIDENT COMPRENDRA-T-IL QUE LE OU EST LA MORT ET QUE LE ET EST LA VIE ?

Le Yin et le Yang, et non pas le Yin ou le Yang

Tag sur le monument de la Place de la République: c'est celui que Abd Al Malik aurait préféré écrire, dit-il. Source: http://www.francetvinfo.fr/france/video-abd-al-malik-c-est-dans-les-mots-que-se-structure-notre-identite_801327.html

Tag sur le monument de la Place de la République: c'est celui que Abd Al Malik aurait préféré écrire, dit-il. Source: http://www.francetvinfo.fr/france/video-abd-al-malik-c-est-dans-les-mots-que-se-structure-notre-identite_801327.html

Uummaa, "le coeur battant de la terre": le combat de Jean Malaurie pour la pensée sauvage

19 Janvier 2015 , Rédigé par POC

L'Allée des Baleines sur la côte nord de l'île Yttygran, au sud de la péninsule tchouktche dans le district autonome de Tchoukotka à l'extrême est de la Sibérie. Source: Les peuples premiers de l'Arctique, par Jean Malaurie. Rayonenment du CNRS N°53, Fev. 2010.

L'Allée des Baleines sur la côte nord de l'île Yttygran, au sud de la péninsule tchouktche dans le district autonome de Tchoukotka à l'extrême est de la Sibérie. Source: Les peuples premiers de l'Arctique, par Jean Malaurie. Rayonenment du CNRS N°53, Fev. 2010.

France 3 Haute-Normandie diffuse un reportage sur Jean Malaurie dans lequel il évoque pour nous sa vie avec les Inuit et lance un cri d'urgence face aux périls d'acculturation que connaissent les peuples circumpolaires.

Dans cet entretien, Jean Malaurie s'attache à l'ouvrage qu'il est en train d'achever, Uummaa, Une prescience sauvage. Naturaliste de formation, bachelardien, Jean Malaurie analyse la perception que les peuples premiers, notamment dans l'Arctique, ont des forces immatérielles, ce que Goethe appelait le Naturgheist. L'animisme, à proprement parler, le vitalisme est au coeur de l'histoire spirituelle des premiers hommes et des sociétés traditionnelles actuelles. Dans une conception écologique plus large, la nature est perçue comme un tout sacré où l'homme ne fait qu'un avec la nature. Dans cet esprit, Jean Malaurie témoigne que les peuples premiers sont en réserve de l'histoire de l'humanité qui ne cesse de se construire. Leur pensée sauvage s'avère pour ceux qui en ont intimement partagé la vie comme Jean Malaurie, une philosophie, une spiritualité. Pour Jean Malaurie, leur "prescience sauvage" doit être méditée par l'Occidental, qui, dans sa course effrénée vers le progrès, précipite sa ruine. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, " le monde a commencé sans l'homme et s'achèvera sans lui ".

Source: site internet de Jean Malaurie:

http://www.jean-malaurie.fr/index.php?option=com_content&task=view&id=97&Itemid=45

 

De nombreux lecteurs nous ont demandé quand sortira Uummaa [Le coeur battant de la terre, en inuktitut], l'ouvrage très attendu du Professeur Jean Malaurie.Voici sa réponse :

Mon ouvrage est terminé, il est en deux tomes. Mais tel un de mes maîtres inuit, je suis sévère à mon endroit. Par conséquent, je me relis avec un esprit critique. Le combat en faveur de la pensée sauvage des hommes du paléolithique supérieur est d'autant plus difficile que les éventuels contradicteurs que j’invente sont sourds et aveugles. Ils n'ont pas encore compris que l'histoire de l'homme commence au tout début de la préhistoire. C'est le combat d'Uummaa de mettre en évidence cette révélation de la géométrie des signes dont ces peuples sont imprégnés – ils pensent en image, mais pas avec des mots –, et dont ils témoignent dans les cultures que j’ai étudiées en Tchoukotka sibérienne et dans l'Allée des baleines, avec mes amis Russes et les élèves de l'Académie Polaire d'État de Saint-Pétersbourg. Uummaa fait une analyse détaillée de la géométrie des lignes et de leur sens caché des cultures ipiutak et ekven de la Tchoukotka récemment découverte par mon très ancien ami, l’archéologue Aroutiounov. Ces découvertes sont un événement de première importance dans l’histoire des idées concernant l’évolution de la conscience humaine. Nos grands aïeux étaient des bachelardiens.

A très bientôt quand le livre paraîtra, sans doute en 2015.

Jean Malaurie
 
Source: site internet de Jean Malaurie:
 

Le professeur Jean Malaurie est un des parrains de l’exposition Arts de guérir en Afrique traditionnelle, qu’organise le MUCAVAN
(MUsée Vivant des Arts et Civilisation d'Afrique Nantais).

Cette exposition se tient du 8 décembre 2014 au 3 janvier 2015 à l’espace Cosmopolis de Nantes

À l’occasion de ce très bel évènement, Jean Malaurie a tenu à adresser un message aux chercheurs du monde entier :

 

Mesdames et Messieurs les savants,

Je vous apporte le message d’un métis inuit. Écouter, c’est une grande vertu, mais elle suppose que l’on sache aussi s’écouter. Et c’est alors qu’on perçoit ce que l’un de nos grands maîtres, à l’ironie champenoise indifférente aux honneurs, Gaston Bachelard, appelle le pouvoir de l’imaginaire. Ilihamahuq (langue de Thulé) : il commence à comprendre, parce qu’il laisse vivre toute sa sensibilité ; c’est un sage.

Les peintres impressionnistes nous ont appris la prégnance de tous nos sens avec la couleur et
l’énergie de la matière. Les peuples premiers nous apprennent, eux, à entendre le silence après avoir tenté de comprendre la langue du vent, de la glace, des minéraux, des végétaux, de nos frères : le chien, le loup, la baleine, le corbeau, tous nos cousins les animaux que nous mangeons en riant pour pouvoir vivre et qui nous font savoir, par des mouvements de notre estomac, qu’ils sont contents d’être les invités de celui-ci ou celui-là qui manifeste sa bonne humeur.

Il faut être fraternel avec ceux qui ont fondé l’histoire de l’univers : le grain du minéral, l’énergie de la lune et du soleil, l’eau, puis : le mystère de la vie. Je vous confesserai que, parmi mes grands amis, je compte les trilobites de l’Ordovicien qui ont été bercés par les vagues des mers cambriennes ayant recouvert le socle archéen.

Avec les maîtres du candomblé et les chamans, nous savons qu’au bout du chemin il nous faudra entreprendre une nouvelle étape de notre vie. Après nous être ensevelis dans ce qui fonde l’univers, il nous faudra apprendre, dans le noir, à traverser les invisibles à la recherche des limbes de l’éternité.

Toute ma vie, j’ai recherché le savoir du paléolithique supérieur.

 

 Merci au Professeur Jacques Barrier et au comité de parrainage. Et grand merci à tous ces pourfendeurs de nos certitudes.

 

Jean Malaurie, le 09 décembre 2014

 

Source: Site internet de Jean Malaurie: http://www.jean-malaurie.fr/index.php?option=com_content&task=blogsection&id=9&Itemid=45&lang=english

 
Extrait d'un entretien de Jean Malaurie avec Le Point (10/11/2011)
 

Propos recueillis par Valérie Marin La Meslée.

Le Point : Votre collection "Terre humaine" se découvre actuellement à la BNF en photographies. Celles de Claude Lévi-Strauss ont joué un grand rôle dans la publication de Tristes tropiques, en 1955, second titre de la collection après le vôtre, Les derniers rois de Thulé...
Jean Malaurie : En cherchant des auteurs, je suis tombé sur sa thèse complémentaire consacrée aux Indiens Nambikwara, mais ce sont ses photos qui, surtout, m'ont frappé. Voilà un frère, me suis-je dit, qui a compris la beauté, l'allégresse des Indiens, leur intégration dans la nature. C'est du Gauguin ! Je lui ai écrit le soir même. De notre rencontre est né Tristes tropiques, qu'il m'a dédicacé ainsi : "À Jean Malaurie, à qui je suis obligé de m'avoir obligé d'écrire ce livre." Certaines photographies sont l'expression de la relation intime d'un homme avec ce qu'il voit. C'était le cas de celles de Claude Lévi-Strauss.
Quelle part occupe la photographie dans "Terre humaine" ?
La force de cette collection n'est pas seulement de mettre sur le même plan Lévi-Strauss et un paria des Indes, en considérant que la pensée est majestueuse, quels que soient les titres des auteurs. C'est aussi d'avoir montré que la photographie est une écriture, et même une pensée. Voyez Louons maintenant les grands hommes, de James Agee et Walker Evans. Agee travaillait sur la pauvreté des paysans d'Alabama, et c'est lui qui m'a dit : "Avec ses photos, Walker Evans va plus loin que moi." Dans ce livre unique, il a choisi de mettre les deux auteurs sur le même plan de paternité. C'était tout à fait nouveau dans ce monde des voyageurs ! La BNF, cette vieille institution, m'enchante parce qu'elle a compris cela. Je suis heureux de lui donner toutes mes archives pour le fonds "Terre humaine".
Votre premier livre fut un cri de révolte contre l'installation d'une base militaire américaine en terre inuite, où vous vous trouviez comme géographe en 1951. Depuis, vous continuez à pousser des cris d'alarme. Êtes-vous né indigné ?
"Terre humaine" est une collection de combats. Contre l'université et ce vice des intellectuels français de croire que leur philosophie est la seule au monde. Contre l'Occident et son approche tout à fait erronée de l'histoire de l'humanité qui tourne autour de lui-même. Avec "Terre humaine", nous avons décentré le regard, montré que la pensée sauvage est une pensée. Pour vous répondre, je dois dire qu'à la clé de ma vie se trouve la Résistance. Préparant Normale sup, j'ai assisté à cette démission des corps intellectuels. Je ne demandais pas qu'ils soient tous résistants, mais cette période où j'ai vu la pensée française adhérer à des idées fondées sur le mépris de l'autre parce qu'il n'est pas de la même "race" m'a donné envie de fuir. Et cette menace est toujours là, qu'il s'agisse de race ou de culture. Croire que la nôtre est supérieure, je n'ai jamais pu le supporter.
Le Grand Nord vous a attiré, puis retenu. De quel ordre est cette relation que vous entretenez avec les Inuits ?
Je cherchais un espace où me trouver, qui ne pouvait qu'être un désert. Lors d'une expédition au Groenland comme géographe, j'ai fait une rencontre capitale avec un chaman. Laissez-moi vous lire ce moment qui a changé ma vie, car je suis en train de corriger les épreuves d'un livre presque testamentaire, Uummaa. Une prescience sauvage. (Il lit. S'interrompt.) Je suis ému, car je me suis transformé sous les yeux des Esquimaux en découvrant le primitif en moi. Ce fut un trou noir. Le Malaurie revenu de Thulé n'était plus le même. Mais je suis resté un chercheur, car je n'ai rien de Little Big Man ! Mon itinéraire a dès lors été celui d'une conscience en paix, liée à ce peuple par la "mission" que m'a confiée ce chaman... Ce que je dois de plus précieux à mes amis Inuits traditionnels ? La paix de l'âme, car je sais que je reviendrai dans ce corps qui m'a fait naître : la nature.
Que nous apprennent aujourd'hui ces peuples du Nord auxquels vous avez consacré l'essentiel de votre science et de vos engagements ? Une écologie ?
D'abord une spiritualité ! Il faut voir ce site sacré de l'allée des Baleines, dont j'ai demandé qu'elle soit classée au patrimoine de l'humanité. Ces hommes dits primitifs ont toutes sortes de règles qui les maintiennent en équilibre avec la nature, si rude autour d'eux, alors que nous sommes devenus fous, guidés par ce mal qui s'appelle l'argent. Le développement n'est pas une mauvaise chose, mais à condition de le considérer comme une écologie humaine, en relation avec le sol et les cultures immémoriales. Ces hommes ont tous les atouts, la richesse, et on va en faire des Suisses, avec des actions ! Après la ruée vers l'Ouest, voici la ruée vers le Grand Nord, son pétrole, ses minerais. C'est la terre mère qu'on va faire disparaître. Et personne ne se soucie des hommes qui paraissent en arrière de l'Histoire, car ils ont peur. Le développement trop rapide dans l'Arctique, et ailleurs, détruit les savoirs anciens, conduit les hommes à l'alcool et au suicide. Nous avons une écologie à inventer, la leur est sacrée, et si l'écologie n'a pas cette dimension spirituelle, personne n'y adhérera. Ces peuples, dans leur approche animiste, ont compris que la nature est le tout. Le monde a besoin des peuples premiers, de ce nouveau souffle pour une spiritualité de la nature.
Mais quel est le pouvoir d'un intellectuel comme vous ?
Plus que jamais nous sommes des gêneurs et nous sommes sacrifiés. La minorité, c'est moi. Comment l'intellectuel qui n'est pas d'accord va-t-il faire entendre sa voix ? Et le peintre, le créateur, le poète, celui qui nous libère ? Le temps des colloques et des congrès est passé, je lance aujourd'hui sur Internet, avec l'organisation Bibliothèques sans frontières, un observatoire international de l'Arctique dont le but est que les Indignés s'organisent. Il faut susciter des énergies, trouver des éclaireurs, car nous n'y voyons plus clair ; or des personnalités peuvent nous aider, nous, Occidentaux, à ne pas nous ruer ainsi vers le pétrole et ses richesses. L'observatoire a pour nom Maanna, qui signifie "actuel". Il a besoin de soutiens financiers !
Avec le recul, Jean Malaurie, quels sont les outils qui vous paraissent indispensables à la connaissance de l'autre ?
(Silence.) D'abord, la solitude. Et puis l'empathie avec la souffrance de l'autre, accompagnée de la conviction qu'il y a une porte de sortie. Je pourrais nommer cela un humanisme douloureux. Tout à l'heure, dans la rue où je vous attendais, j'ai parlé avec ce monsieur, sur le trottoir. Il me dit qu'il est inspecteur des hôpitaux. Je bondis : "Je cherche pour Terre humaine depuis vingt ans le médecin qui va me parler de la salle d'hôpital, de ce moment où le malheureux qui est couché lui dit : Docteur, je vais vivre ?" Voilà, je suis en tension permanente, mes années sont courtes, mais j'ai toujours été en attente.
Un chant inuit dit : "Grand-père/aide-moi/que le brouillard disparaisse" ; vous qui êtes grand-père et père de "Terre humaine", que diriez-vous à la jeunesse ?
Je suis écossais d'origine, et d'humeur sombre, mais habité par une énergie qui me dit de ne jamais perdre courage. Chaque matin, je regarde le ciel et je suis heureux de vivre. Je voudrais que ces jeunes aient la joie de savoir que c'est un honneur de vivre. Moi, j'ai une dette vis-à-vis de ces hommes du Nord, et je suis certain que chacun avec ses qualités particulières doit accomplir son devoir d'homme. Les Inuits m'ont appris ceci : on ne naît pas inuit, on le devient. Comme on devient homme.

Amérindien, mon frère

18 Janvier 2015 , Rédigé par POC

Indien Waïka du "Platanal" (cordillère Mahekomo, 2°30 S - 65° W) au Venezuela. Cliché du roi Lépold III de Belgique. In: Joseph Grelier, Aux sources de l'Orénoque, Editions de la Table Ronde, Paris, 1954. Photo du livre: Pierre-Olivier Combelles.

Indien Waïka du "Platanal" (cordillère Mahekomo, 2°30 S - 65° W) au Venezuela. Cliché du roi Lépold III de Belgique. In: Joseph Grelier, Aux sources de l'Orénoque, Editions de la Table Ronde, Paris, 1954. Photo du livre: Pierre-Olivier Combelles.

Un ancien Président du Pérou, Alan Garcia, a osé qualifier les Indiens de l'Amazonie péruvienne de "citoyens de second ordre". C'est sous son deuxième mandat, en juin 2009, qu'a eu lieu le fameux massacre de Bagua: http://www.survivalfrance.org/actu/4693

C'est contre les mêmes "Barbares" que la "Civilisation" incendie aujourd'hui l'Orient dans les guerres néo-coloniales pour ensuite détruire notre Mère la Terre par l'industrie extractiviste. POC.

Un Prophète indien, Smohalla*, chef de la tribu Wanapum, refusait de travailler la terre. Il estimait que c'était un péché de blesser ou de couper, de déchirer ou de griffer "notre mère commune" par des travaux agricoles. Et il ajoutait: "Vous me demandez de labourer le sol ? Irai-je prendre un couteau pour le plonger dans le sein de ma mère ? Mais alors, lorsque je serai mort, elle ne me reprendra plus dans son sein. Vous me demandez de bêcher et d'enlever des pierres? Irai-je mutiler ses chairs pour arriver à ses os ? Mais, alors, je ne pourrai plus entrer dans son corps pour naître de nouveau. Vous me demandez de couper l'herbe et le foin et de le vendre et de m'enrichir comme les Blancs ? Mais comment oserais-je couper la chevelure de ma mère?"**

*Circa 1815-1895, dans l'Etat actuel de Washington, sur la côte Pacifique des Etats-Unis d'Amérique. A sa naissance, il fut nommé Wak-wei ou Kuk-kia, ce qui signifie: "qui s´élève de la poussière de la Terre-Mère". http://en.wikipedia.org/wiki/Smohalla

** In: James Mooney, The Ghost Dance religion and the Sioux Outbreak of 1890 (Annual Report of the Bureau of American Ethnology. XIV, 2, Washington, 1896, p. 641-1136), p. 721, 724.

Jeune Navajo, par le célèbre photographe américain du XIXe siècle Edward S. Curtis.

Jeune Navajo, par le célèbre photographe américain du XIXe siècle Edward S. Curtis.

Pierre-Olivier Combelles en octobre 1992 avec des enfants Montagnais-Naskapis de Saint Augustin lors du rassemblement de protestation des Amérindiens de la Côte Nord du Québec au bord du Lac Robertson.

Pierre-Olivier Combelles en octobre 1992 avec des enfants Montagnais-Naskapis de Saint Augustin lors du rassemblement de protestation des Amérindiens de la Côte Nord du Québec au bord du Lac Robertson.

Les barges d'Hydro Québec au lac Robertson. Photo prise en hydravion. Octobre 1993. Pierre-Olivier Combelles

Les barges d'Hydro Québec au lac Robertson. Photo prise en hydravion. Octobre 1993. Pierre-Olivier Combelles

Rassemblement des Montagnais au Lac Robertson en octobre 1993, pour protester contre le projet de barrage d'Hydro Québec. Les tentes ont été installées dans la forêt, au bord du lac, pour plusieurs semaines. La neige ne va pas tarder à arriver. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Rassemblement des Montagnais au Lac Robertson en octobre 1993, pour protester contre le projet de barrage d'Hydro Québec. Les tentes ont été installées dans la forêt, au bord du lac, pour plusieurs semaines. La neige ne va pas tarder à arriver. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Mes compagnons Mathieu Mark et Alexandre Bellefleur, Montagnais de La Romaine (Unamen Shipi), examinent sur place la carte du Lac Robertson, qu'on apercoit à l'arrière-plan. Hydro-Québec y a construit depuis (1995) un barrage hydro-électrique sur les territoires de chasse ancestraux des bandes de La Romaine et de Saint-Augustin. La végétation de conifères multicentenaires (épinettes, mélèzes, sapins baumiers) et de lichens crustacés millénaires y a été irrémédiablement détruite, ainsi que tous les signes et vestiges de l'occupation du territoire par les Amérindiens. L'"Indien", c'està dire l'homme des peuples-racines, ne fait qu'un avec la terre. Et la terre est sacrée pour lui. Photo: Pierre-Olivier Combelles, octobre 1992.

Mes compagnons Mathieu Mark et Alexandre Bellefleur, Montagnais de La Romaine (Unamen Shipi), examinent sur place la carte du Lac Robertson, qu'on apercoit à l'arrière-plan. Hydro-Québec y a construit depuis (1995) un barrage hydro-électrique sur les territoires de chasse ancestraux des bandes de La Romaine et de Saint-Augustin. La végétation de conifères multicentenaires (épinettes, mélèzes, sapins baumiers) et de lichens crustacés millénaires y a été irrémédiablement détruite, ainsi que tous les signes et vestiges de l'occupation du territoire par les Amérindiens. L'"Indien", c'està dire l'homme des peuples-racines, ne fait qu'un avec la terre. Et la terre est sacrée pour lui. Photo: Pierre-Olivier Combelles, octobre 1992.

En compagnie de mes voisins et amis paysans de Huayllwa, en face de Pitunilla (Ayacucho, Pérou). 2012. Là aussi, le paysan des Andes ne fait qu'un avec la terre, la Pacha Mama. Tout champ qu'on va nouvellement ensemencer va faire l'objet de rites propiatoires et l'on pratique encore secrètement le culte des apus (esprits de la montagne) et des illya (représentations archétypales des animaux ou des plantes alimentaires traditionnelles). Aujourd'hui, les paysans des Andes sont chassés de leurs terres par l'industrie extractiviste (mines) et par le dumping de l'agriculture industrielle sur la côte et dans les plaines amazoniennes, qui a pour conséquence la disparition de l'agriculture vivrière.

En compagnie de mes voisins et amis paysans de Huayllwa, en face de Pitunilla (Ayacucho, Pérou). 2012. Là aussi, le paysan des Andes ne fait qu'un avec la terre, la Pacha Mama. Tout champ qu'on va nouvellement ensemencer va faire l'objet de rites propiatoires et l'on pratique encore secrètement le culte des apus (esprits de la montagne) et des illya (représentations archétypales des animaux ou des plantes alimentaires traditionnelles). Aujourd'hui, les paysans des Andes sont chassés de leurs terres par l'industrie extractiviste (mines) et par le dumping de l'agriculture industrielle sur la côte et dans les plaines amazoniennes, qui a pour conséquence la disparition de l'agriculture vivrière.

Semailles de maïs avec les taureaux et l'araire à la ferme-conservatoire naturel de Pitunilla (Parinacochas, Ayacucho, Pérou), à 2700 m d'altitude. Pas d'engrais chimiques ni de pesticides: seulement du "guano" de cuyes (cochons d'Inde) et de molle (Schinus molle, arbre dont les petits fruits -vendus en Occident sous le nom de "poivre rose"- tombés sont récoltés pour cet usage. L'araire introduite par les Espagnols à partir du XVIe siècle a remplacé un peu partout la chaquitaclla, la bêche andine, d'origine austronésienne. Toute la région est menacée par la mine d'or à ciel ouvert Breapampa (Newmont-Buenaventura), au sommet de la montagne voisine, entrée en exploitation en 2012.  L'économie agricole traditionnelle est bouleversée. Les nappes phréatiques et les cours d'eau, comme le rio Tastamayo à l'arrière-plan sur cette photo, seront pollués par le cyanure qui sert au traitement par lixiviation des millions de mètres cubes de minerai arrachés à la montagne, un espace sacré. Photo: Pierre-Olivier Combelles, 2005.

Semailles de maïs avec les taureaux et l'araire à la ferme-conservatoire naturel de Pitunilla (Parinacochas, Ayacucho, Pérou), à 2700 m d'altitude. Pas d'engrais chimiques ni de pesticides: seulement du "guano" de cuyes (cochons d'Inde) et de molle (Schinus molle, arbre dont les petits fruits -vendus en Occident sous le nom de "poivre rose"- tombés sont récoltés pour cet usage. L'araire introduite par les Espagnols à partir du XVIe siècle a remplacé un peu partout la chaquitaclla, la bêche andine, d'origine austronésienne. Toute la région est menacée par la mine d'or à ciel ouvert Breapampa (Newmont-Buenaventura), au sommet de la montagne voisine, entrée en exploitation en 2012. L'économie agricole traditionnelle est bouleversée. Les nappes phréatiques et les cours d'eau, comme le rio Tastamayo à l'arrière-plan sur cette photo, seront pollués par le cyanure qui sert au traitement par lixiviation des millions de mètres cubes de minerai arrachés à la montagne, un espace sacré. Photo: Pierre-Olivier Combelles, 2005.

Les Nuages de Magellan

18 Janvier 2015 , Rédigé par POC

Le Petit Nuage de Magellan (à gauche) et le Grand Nuage de Magellan (à droite) vus depuis l'Observatoire européen austral. Source: Wikipedia.

Il y a les Nuages de Magellan, c'est encore autre chose. Massignon avait écrit un article très intéressant sur un sujet qui ne le concernait pas directement, en apparence tout au moins, sur le sens de certaines migrations humaines à la surface de la planète. Il s'intéressait comme cela à des problèmes assez extraordinaires. Et il avait appris - ce n'est pas difficile à apprendre, tout le monde sait qu'il n'y a pas d'étoile polaire au pôle Sud - mais qu'il y a quelque chose qu'on appelle les Nuages de Magellan, qui ne sont pas très loin du pôle austral. Et il pensait qu'une série de populations humaines au cours de leurs migrations millénaires s'était mise en route du Nord vers le Sud, en direction de cette figure céleste…

    Massignon avait imaginé que ces malheureuses populations (les Fuégiens, les gens de la Terre de Feu) avaient été chassé vers le Sud peu à peu par les autres Indiens, qui venaient d'Asie, bien entendu… Ces Fuégiens seraient le résultat de ces poussées successives qui les avaient encaissés en ce cul-de-sac que représente la Terre de Feu.

    Est-ce que c'est une réflexion qui est valable pour d'autres continents? Je ne suis pas certain qu'en Afrique cela pourrait également se vérifier… En tout cas, cette idée est dans son principe très intéressante et, chose touchante, Massignon m'avait dit : "Vous êtes le seul de mes amis auquel j'ai jamais demandé de rendre compte d'un de mes écrits." Il m'avait dit : "Si vous pouviez tirer quelque chose de ces écrits sur les nuages de Magellan et des migrations terrestre, je vous en serais reconnaissant." Alors j'ai expliqué pourquoi je m'étais occupé moi-même des Nuages de Magellan, et j'ai publié un assez long article, si je m'en rappelle bien, dans le bulletin de l'Institut Français de l'Afrique Noire, consacré à ce sujet, et je crois même qu'à la fin j'avais expliqué que Massignon m'avait demandé personnellement de rédiger cet article, et j'ajoutai que, bien qu'il ne faille pas utiliser certains mots sans raison profonde, je considérais Massignon comme un saint. C'était l'opinion personnelle que je croyais pouvoir donner dans cet article sur les Nuages de Magellan.

Théodore Monod, in: Témoignage sur Louis Massignon, Cerisy la Salle (1990)

Source: http://www.moncelon.com/Monod.html

Théodore Monod

Les Nuages de Magellan et leur découverte par les Arabes, par Louis Massignon: http://www.uranos.fr/ETUDES_03_D06_FR.htm

Louis Massignon (1883-1962)

Source de la photo: Ville de Pordic http://www.pordic.fr/histoire.asp

"Louis Massignon n’était pas seulement un savant, un scientifique passionné, un voyageur, mais aussi un homme de foi et un militant, tout comme Théodore Monod. Les deux hommes ne pouvaient manquer de se rencontrer et de s’apprécier, même s’ils différaient grandement quant à leur personnalité. Massignon était un homme torturé, et menait une vie d’ascète. Il avait retrouvé la foi catholique dans des circonstances tragiques en Irak, à l’âge de 25 ans. Il sera l’exécuteur testamentaire de Charles de Foucauld qui avait pensé à lui pour lui succéder à Tamanrasset. Il entrera à Jérusalem, en 1917, au côté de Lawrence d’Arabie. Il deviendra ami de Weizmann, le premier président de l’état d’Israël… Mais surtout, c’est à lui que l’on doit les premières avancées dans le domaine du dialogue islamo-chrétien, avancées qui, dans les années 30, ne manquaient pas d’audace. Il disait lui-même qu’il se trouvait « au terrain de contact spirituel entre le christianisme et l’islam ». Professeur au Collège de France, il aura comme disciples des hommes qui compteront dans la vie politique et intellectuelle de leurs pays, comme Taha Hussein en Égypte ou Ali Shariati en Iran. Dés avant sa retraite universitaire, il a mené de nombreux combats, « pour la Justice », le plus souvent « dos au mur » selon son expression. Disciple de Gandhi, il prônait la non-violence, la résistance pacifiste. Il visitait les prisons et, à partir de 1948, les camps de réfugiés palestiniens – il était farouchement anti-sioniste, mais à la manière d’un Martin Buber, par exemple. En 1954, il prendra fait et cause pour l’indépendance du Maroc, visitant Mohammed V dans son exil malgache. Il pratiquait le jeûne. Marié, père de trois enfants, il était devenu prêtre melkite à la fin de sa vie (1950)."

Théodore Monod, in: Témoignage sur Louis Massignon (idem)

Louis Massignon se convertit au catholicisme après sa rencontre avec le Bienheureux Charles Eugène de Foucauld de Ponbriand (Strasbourg 1858 - Sahara algérien 1916), en religion frère Charles de Jésus, et resta en correspondance avec lui jusqu'à sa mort. Le Pape Pie XI a qualifié Louis Massignon de "catholique musulman"; pour Théodore Monod, il était un saint. C'est en voyageant dans le désert et par l'Islam que Charles de Foucauld s'éveilla à la foi religieuse: « Une nuit du destin, après le vingt-septième jour du ramadan. Alors, les démons sortent de la terre, ce qui justifie la nuit de prière pour se soustraire à leurs tentations. On comprend, dans le recueillement de nuits semblables, cette croyance des Arabes à une nuit mystérieuse, Leïla el Kedr, dans laquelle le ciel s'entrouvre, les anges descendent sur la terre, les eaux de la mer deviennent douces et tout ce qu'il y a d'inanimé dans la nature s'incline pour adorer son Créateur » (Notes de Voyages).

Louis Massignon se convertit au catholicisme après sa rencontre avec le Bienheureux Charles Eugène de Foucauld de Ponbriand (Strasbourg 1858 - Sahara algérien 1916), en religion frère Charles de Jésus, et resta en correspondance avec lui jusqu'à sa mort. Le Pape Pie XI a qualifié Louis Massignon de "catholique musulman"; pour Théodore Monod, il était un saint. C'est en voyageant dans le désert et par l'Islam que Charles de Foucauld s'éveilla à la foi religieuse: « Une nuit du destin, après le vingt-septième jour du ramadan. Alors, les démons sortent de la terre, ce qui justifie la nuit de prière pour se soustraire à leurs tentations. On comprend, dans le recueillement de nuits semblables, cette croyance des Arabes à une nuit mystérieuse, Leïla el Kedr, dans laquelle le ciel s'entrouvre, les anges descendent sur la terre, les eaux de la mer deviennent douces et tout ce qu'il y a d'inanimé dans la nature s'incline pour adorer son Créateur » (Notes de Voyages).

Qui sème le vent récolte la tempête

17 Janvier 2015 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Loth et ses filles - Anonyme, vers 1520-1530 - Musée du Louvre. A l'arrière-plan, la ville de Sodome en flammes.

Loth et ses filles - Anonyme, vers 1520-1530 - Musée du Louvre. A l'arrière-plan, la ville de Sodome en flammes.

Plus d'un million de musulmans russes ont manifesté lundi 19 janvier 2015 en faveur des valeurs islamiques à Grozny, la capitale de la Tchétchénie, en réaction aux caricatures publiées par Charlie Hebdo avant et après l'attaque terroriste contre cet hebdomadaire français, ont annoncé les autorités tchétchènes. (...)

"Les Occidentaux perdent leurs valeurs morales et spirituelles. Ils créent un monde sans loi morale où l'on ne respecte plus les valeurs familiales. Ils adoptent des lois autorisant les mariages homosexuels", a déclaré devant les manifestants Ravil Gaïnoutdine, président du Conseil des muftis de Russie et de la Direction spirituelle des musulmans de Russie. (...)

La Voix de la Russie: http://fr.ria.ru/politique/20150119/203453623.html

 

"Nous sommes la première civilisation de l'Histoire sans repères. Sans repères sacrés, spirituels, sans respect pour le patrimoine culturel immatériel. Arthur Rimbaud l'avait annoncé: " Que les oiseaux et les sources sont loin! Ce ne peut être que la fin du Monde, en avançant".

Jean Malaurie, Terre mère, Editions du CNRS, 2008.

"Terre humaine" est une collection de combats. Contre l'université et ce vice des intellectuels français de croire que leur philosophie est la seule au monde. Contre l'Occident et son approche tout à fait erronée de l'histoire de l'humanité qui tourne autour de lui-même. Avec "Terre humaine", nous avons décentré le regard, montré que la pensée sauvage est une pensée. Pour vous répondre, je dois dire qu'à la clé de ma vie se trouve la Résistance. Préparant Normale sup, j'ai assisté à cette démission des corps intellectuels. Je ne demandais pas qu'ils soient tous résistants, mais cette période où j'ai vu la pensée française adhérer à des idées fondées sur le mépris de l'autre parce qu'il n'est pas de la même "race" m'a donné envie de fuir. Et cette menace est toujours là, qu'il s'agisse de race ou de culture. Croire que la nôtre est supérieure, je n'ai jamais pu le supporter.

Jean Malaurie, extrait d'un entretien avec Le Point (10/11/2011): http://www.lepoint.fr/arts/malaurie-c-est-un-honneur-de-vivre-10-11-2011-1397281_36.php

« L’Occident c’est l’individualisme. L’Afrique c’est le groupe. Ces deux systèmes ne sont pas compatibles. L’un est hélas en train de détruire l’autre ».

« Je crois que la civilisation est le gros obstacle au christianisme, et en particulier que le machinisme et le développement industriel en sont la négation »

« Un jour un musulman de Mauritanie a voulu me convertir à l’islam : « Vous êtes un homme de foi, vous devriez nous rejoindre » m’a-t-il dit. Je lui ai répondu : « Je considère qu’il existe une montagne unique, que nous gravissons les uns et les autres par des sentiers, avec l’espoir de nous retrouver un jour au sommet, dans la lumière, au-dessus des nuages. » Cela exprime bien, je crois, l’idée d’une union des hommes réalisée dans la différence. »

Théodore Monod (1902-2000)

http://oratoiredulouvre.fr/bulletin/777/Theodore-Monod.jpg

Théodore Monod avait conçu ce qu’il nommait un blason, dont on peut lire la description complète de sa main même (fac-similé) dans les Carnets de Théodore Monod, publiés par son fils Cyrille en 1997. Brièvement, voici de quoi il s’agit : au centre le signe des non-violents, surmonté d’une croix, signe du christianisme, au quatre coins des symboles religieux, en haut à gauche le bouclier de David avec en son centre le Nom divin, en haut à droite, inséré dans un cercle le nom divin : ‘Allâh, en bas à droite, une fleur de lotus qui symbolise les religions de l’Inde, et enfin en bas à gauche, les signes du Yin et du Yang, pour les religions de la Chine. Ces signes sont encadrés de citations latines : « Le soleil luit pour tout le monde », « De nombreuses fleurs, une seule racine » ainsi qu’un extrait de l’Apocalypse de Jean, en latin aussi : « Il y avait un arbre de vie dont les feuilles servaient à la guérison des nations »

           « Voici un petit dessin que j'appelle généralement mon blason sur lequel vous verrez que ces cinq grandes traditions ont ceci de commun qu'elles sont orientées par l'extrémité de branches, de rameaux, qui s'enracinent toutes dans la même source, la même eau - vous verrez quelque chose en bas qui est un peu tremblé transversalement, cela représente l'eau, l'eau primordiale si vous voulez, et c'est de là que sont sorties les grandes religions. »

Théodore Monod n’était pas théologien et il pouvait se permettre d‘afficher un œcuménisme qui lui faisait souhaiter non seulement l’unité des chrétiens, mais aussi le rapprochement des Religions du Livre, voire de toutes les grandes religions que compte l’humanité. Ce blason est une sorte de préfiguration de la rencontre d’Assise, initiée par Jean-Paul II, à l’eau primordiale près. C’est d’ailleurs peut-être en cela d’ailleurs qu’il est heureux qu’il ne soit pas un théologien. Ceci dit, si l’on considère cette « origine » des religions de l’humanité, il s’agit bien de l’eau primordiale, certes, mais pour leur « fin », il y a aussi deux lettres grecques qu’il ne commente pas, mais qui sont parfaitement visibles aux deux extrémités de la croix : l’alpha et l’omega.

(...)

 Pour revenir au blason de Théodore Monod, il y a, enfin, ce signe des non-violents qui peut étonner dans ce contexte très inter religieux. Mais c’est à ce signe qu’il est resté fidèle toute sa vie, pour le symbole de la lutte pacifiste, de la « résistance non violente » imitée de Gandhi, du combat pour la paix et la Justice, tout de même qu’il resté fidèle à cette Communauté des Veilleurs, fondée par son père, le pasteur Wilfred Monod, et dont il est l’initiateur.

 La devise des Veilleurs est « Joie, Simplicité, Miséricorde »

Source: http://www.moncelon.com/desertenverite.htm

Des Pakistanais brûlent un drapeau français, vendredi 16 janvier, lors de la manifestation contre "Charlie Hebdo". Capture d'écran de France 24: http://www.france24.com/fr/20150117-charlie-hebdo-manifestations-violentes-monde-musulman-morts-niger-algerie-senegal-pakistan/

Des Pakistanais brûlent un drapeau français, vendredi 16 janvier, lors de la manifestation contre "Charlie Hebdo". Capture d'écran de France 24: http://www.france24.com/fr/20150117-charlie-hebdo-manifestations-violentes-monde-musulman-morts-niger-algerie-senegal-pakistan/

Fuite majeure de la stratégie de TransCanada, par Thomas Gerbet (Ici Radio-Canada)

16 Janvier 2015 , Rédigé par POC

18 novembre 2014

Des documents secrets de TransCanada, remis par un informateur à Greenpeace, révèlent en détail la stratégie de la compagnie pour faire accepter par l'opinion publique son projet de pipeline Énergie Est. La centaine de pages consultées par Radio-Canada révèlent que TransCanada est prête à tout, ou presque, même à payer des partisans.

« Armer », « combat », « attaques »... le vocabulaire de TransCanada ne trompe pas. La compagnie est en guerre pour faire accepter son projet de pipeline de 12 milliards de dollars, pour acheminer le pétrole des sables bitumineux vers l'Est. La documentation stratégique produite entre mai et août 2014 a été réalisée avec l'appui d'une des plus importantes firmes de relations publiques au monde, Edelman.

Lisez l'article sur le site de Ici Radio-Canada: http://ici.radio-canada.ca/nouvelles/national/2014/11/18/001-fuite-strategie-communication-transcanada-pipeline.shtml

Source de l'illustration: The Canadian Press

Sur le même sujet:

TransCanada considered using proxy groups to attack opponents of Energy East pipeline

https://warriorpublications.wordpress.com/2014/11/18/transcanada-considered-using-proxy-groups-to-attack-opponents-of-energy-east-pipeline/

 

Un Prophète indien, Smohalla, chef de la tribu Wanapum, refusait de travailler la terre. Il estimait que c'était un péché de blesser ou de couper, de déchirer ou de griffer "notre mère commune" par des travaux agricoles. Et il ajoutait: "Vous me demandez de labourer le sol ? Irai-je prendre un couteau pour le plonger dans le sein de ma mère ? Mais alors, lorsque je serai mort, elle ne me reprendra plus dans son sein. Vous me demandez de bêcher et d'enlever des pierres? Irai-je mutiler ses chairs pour arriver à ses os ? Mais, alors, je ne pourrai plus entrer dans son corps pour naître de nouveau. Vous me demandez de couper l'herbe et le foin et de le vendre et de m'enrichir comme les Blancs ? Mais comment oserais-je couper la chevelure de ma mère*?"

Ces paroles ont été prononcées il y a moins d'un siècle, mais elles nous arrivent de très loin. L'émotion que l'on ressent à les entendre tient surtout à ce qu'elles nous révèlent, avec une fraîcheur et une spontanéité incomparables, l'image primordiale de la Terre-Mère.

* James Mooney, "The Ghost Dance religion and the Sioux Outbreak of 1890"(Annual Report of the Bureau of American Ethnology. XIV, 2, Washington, 1896, p. 641-1136), p. 721, 724.

Les Béatitudes

13 Janvier 2015 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

St-Fran-ois-d-Assise.jpg

 

Heureux les pauvres en esprit,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux les affligés,
car ils seront consolés.
Heureux les affamés et assoiffés de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux les persécutés pour la justice,
car le Royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on vous calomnie de toutes manières à cause de moi.
Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux.

Matthieu, 5, 3-12.

 

Par Naji al-Ali, dessinateur palestinien assassiné à Londres en 1987

Source: http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2014/03/14/handala-et-la-campagne-bds-un-autre-angle-de-vue-sur-lidentite-palestinienne/

 

« Vous devez aimer si vous voulez être aimé, vous devez faire confiance si vous voulez qu’on vous fasse confiance, et servir si vous voulez qu’on vous serve » (Yehudi Menuhin)

Si le grain ne meurt...

10 Janvier 2015 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine (en allemand, Maria Antonia Josepha Johanna von Habsburg-Lothringen), archiduchesse d’Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, (née le 2 novembre 1755 à Vienne – morte le 16 octobre 1793 à Paris), fut la dernière reine consort de France et de Navarre (1774–1792), épouse de Louis XVI, roi de France et de Navarre.

Fille de l'empereur François Ier du Saint-Empire, et de Marie-Thérèse d'Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, elle était par son père, arrière-petite-fille de Philippe, duc d’Orléans, frère de Louis XIV, donc une lointaine descendante des rois de France Henri IV et Louis XIII.

Portrait par Elisabeth Vigée-Lebrun. Source: Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Antoinette_d%27Autriche

 

« Dans une nation de galanterie, dans une nation composée d'hommes d'honneur et de chevalerie, je crois que dix mille épées seraient sorties de leurs fourreaux pour la venger (la Reine) même d'un regard qui l'aurait menacée d'une insulte ! Mais le siècle de la chevalerie est passé. Celui des sophistes, des économistes et des calculateurs lui a succédé : et la gloire de l'Europe est à jamais éteinte ».

R.H. Edmund Burke (1729-1797), Reflections on the Revolution in France (1790).

 

C'est ce monde des sophistes, des économistes et des calculateurs; les Prométhéens, qui est en train de mourir par la folie destructrice de son hybris* et de sa cupidité, devant les yeux tranquilles de ceux qui contemplent ce qui est et qui sont habités par les songes. La chevalerie renaîtra sur ses ruines, comme le Ginkgo sacré sur celles d'Hiroshima.

* "L'hybris (personnifiée par la divinité allégorique Hybris, dont la mère était Dyssebia, l'Impiété, selon Eschyle), est la démesure et le fait pour l'homme de désirer plus que ce que la juste mesure du destin lui a attribué. Le châtiment de l’hybris est la némésis, le châtiment des dieux qui fait se rétracter l'individu à l'intérieur des limites qu'il a franchies". (Wikipedia).

"Si nous ne retournons pas, dans ce moment-ci, vers Pandora Gea, qui vivait, qui vit dans sa cave à Delphos, si nous ne devenons pas capables de nouveau d'être conscients du langage des songes qu'elle peut interpréter, nous sommes condamnés, le monde ne peut pas survivre". Ivan Illich, entrevue télévisée avec Jean-Marie Domenach (1972).

"Si nous ne retournons pas, dans ce moment-ci, vers Pandora Gea, qui vivait, qui vit dans sa cave à Delphos, si nous ne devenons pas capables de nouveau d'être conscients du langage des songes qu'elle peut interpréter, nous sommes condamnés, le monde ne peut pas survivre". Ivan Illich, entrevue télévisée avec Jean-Marie Domenach (1972).

Le Serpent à tête de mort sur le sexe de Pandora Gea: la Terre Mère qui donne la mort en donnant la vie dans le cycle perpétuel des métamorphoses. La vie est dans la mort et la mort est dans la vie comme le bien est dans le mal et le mal est dans le bien. L'espoir, c'est la sagesse.

Le Serpent à tête de mort sur le sexe de Pandora Gea: la Terre Mère qui donne la mort en donnant la vie dans le cycle perpétuel des métamorphoses. La vie est dans la mort et la mort est dans la vie comme le bien est dans le mal et le mal est dans le bien. L'espoir, c'est la sagesse.

Le Ginkgo du Temple Hosen à Hiroshima.

Le Ginkgo du Temple Hosen à Hiroshima.

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