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Le Rouge et le Blanc

Articles récents

Sol agricole mort, sol forestier vivant

21 Avril 2015 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Monoculture chimique de colza en Ile-de-France dans un champ cultivé chaque année en blé ou en colza (donc sans jachère) et arrosé de pesticides et d'engrais chimiques (YaraBela Extran). Rien ne pousse en dehors du colza. Photo: Pierre-Olivier Combelles, avril 2015.

Monoculture chimique de colza en Ile-de-France dans un champ cultivé chaque année en blé ou en colza (donc sans jachère) et arrosé de pesticides et d'engrais chimiques (YaraBela Extran). Rien ne pousse en dehors du colza. Photo: Pierre-Olivier Combelles, avril 2015.

Un coin du même champ. La terre est blanchie, dure et sent mauvais. Elle est morte, stérile: il n'y a plus de plantes herbacées, plus de microfaune. Les monocultures chimiques sont devenues des cultures hors-sol. L'agriculture industrielle est un usage de la chimie. Photo: Pierre-Olivier Combelles, avril 2015.

Un coin du même champ. La terre est blanchie, dure et sent mauvais. Elle est morte, stérile: il n'y a plus de plantes herbacées, plus de microfaune. Les monocultures chimiques sont devenues des cultures hors-sol. L'agriculture industrielle est un usage de la chimie. Photo: Pierre-Olivier Combelles, avril 2015.

Champs voisins, dont une partie est indondée toute l'année. L'absence de micro-organismes tués par les pesticides et le tassement par les énormes engins agricoles de plusieurs dizaines de tonnes ont rendu le sol dur et imperméable, ce qui a nécessité plus loin la pose de drains. Photo: Pierre-Olivier Combelles (avril 2015)

Champs voisins, dont une partie est indondée toute l'année. L'absence de micro-organismes tués par les pesticides et le tassement par les énormes engins agricoles de plusieurs dizaines de tonnes ont rendu le sol dur et imperméable, ce qui a nécessité plus loin la pose de drains. Photo: Pierre-Olivier Combelles (avril 2015)

"Les trois méthodes (sauvage ou naturelle*, traditionnelle, chimique) produisent des récoltes comparables au point de vue quantité, mais diffèrent énormément dans leur effet sur la terre. Dans les champs de M. Fukuoka le sol s'améliore à chaque saison. Pendant les derniers ving-cinq ans, depuis qu'il a arrêté de labourer, ses champs se sont améliorés en fertilité, structure, et capacité à retenir l'eau. Avec la méthode traditionnelle, la condition du sol reste à peu près toujours la même. Le paysan obtient des rendements directement proportionnels à la quantité de compost et de fumier qu'il répand. Dans les champs de l'agriculture en chimie, il y a perte de la vie du sol et dépérissement de la fertilité originelle en peu de temps."

Larry Korn. Introduction au livre de Manasobu Fukuoka: La révolution d'un seul brin de paille (Guy Trédaniel Editeur, 2005)

*NDLR: permaculture.

A quelques centaines de mètres de là, dans la forêt (chênes, charmes, bouleaux, merisiers, noisetiers, jacinthes des bois, muguet, renoncules, violettes, anémones des bois, chèvrefeuille, champignons, etc, sans parler de la faune): le sol est brun foncé, meuble, léger et sent bon: il est vivant. C'est l'humus, produit de la décomposition des feuilles, des fruits (glands, chataîgnes, merises, etc.) et des branches tombées au sol, des plantes herbacées, des champignons et de la micro et macrofaune. On ne le voit pas sur la photo, mais le sol forestier contient aussi le mycélium de centaines d'espèces de champignons. Le sol forestier est perméable, il absorbe l'eau des pluies, dont une grande partie reste sur les arbres. Photo: Pierre-Olivier Combelles (avril 2015).

A quelques centaines de mètres de là, dans la forêt (chênes, charmes, bouleaux, merisiers, noisetiers, jacinthes des bois, muguet, renoncules, violettes, anémones des bois, chèvrefeuille, champignons, etc, sans parler de la faune): le sol est brun foncé, meuble, léger et sent bon: il est vivant. C'est l'humus, produit de la décomposition des feuilles, des fruits (glands, chataîgnes, merises, etc.) et des branches tombées au sol, des plantes herbacées, des champignons et de la micro et macrofaune. On ne le voit pas sur la photo, mais le sol forestier contient aussi le mycélium de centaines d'espèces de champignons. Le sol forestier est perméable, il absorbe l'eau des pluies, dont une grande partie reste sur les arbres. Photo: Pierre-Olivier Combelles (avril 2015).

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Paul Watson (Sea Sheperd) en France. Monstruosité du chalutage en eaux profondes.

14 Avril 2015 , Rédigé par POC

Paul Watson (Sea Sheperd)  est en France. Il a répondu avec réalisme aux questions de Reporterre:

http://www.reporterre.net/Paul-Watson-C-est-la-nature-qui

Un reportage de l'association BLOOM sur le monstrueux chalutage en eaux profondes dont les  lobbies essayent d'empêcher l'interdiction par Bruxelles, qui aurait des répercusssions au niveau mondial:

https://www.youtube.com/watch?v=nGo69qwRBmc&feature=youtu.be

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Un Africain chez les Esquimaux

8 Avril 2015 , Rédigé par POC

Ammassalik ou la civilisation obligatoire de Robert Gessain, comme ses autres réflexions sur les Esquimaux propulsés en quelques décennies de la Préhistoire à l'ère moderne, celle de l'Argent, ont une portée universelle. Même en Afrique:

Extrait du blog togolais: http://kangnialem.togocultures.com/?p=3109 :

"A quel point les livres peuvent fasciner un enfant ? Souvenez-vous de Tété-Michel Kpomassie, l’unique best-seller togolais de tous les temps, L’Africain du Groenland (Paris, Flammarion, 1981), Michel Kpomassie est né à Atoeta, d’un père qui vit selon la tradition, et refuse de se convertir au christianisme : il a dans ses cases huit femmes, et considère les missionnaires blancs comme des sorciers. Michel a vingt-six  frères et sœurs, et a appris l’histoire de France et non l’histoire africaine pour obtenir à quatorze ans son certificat d’études. A seize ans, alors qu’il poursuivait ses études chez sa tante à Lomé, la nouvelle tombe, il doit être initié au Vodou et doit prendre une fiancée venue du village. Il se plonge dans le livre qu’il venait d’acheter à La Librairie Evangélique, Les Esquimaux du Groenland à  l’Alaska, du Dr Robert Gessain, ouvrage illustré de photos et de gravures.

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Cette lecture fut une fulgurance, Kpomassie fasciné par ces hommes du Grand Nord, décide de fuir Lomé pour retrouver « son » peuple. Oui, ce livre a décidé de sa vie, et son livre traduit dans plus de dix langues est le récit de son long périple du Togo vers Dakar, puis de Marseille à Copenhague pour arriver enfin sur la côte ouest du Groenland et découvrir la baie de Disko et ses… femmes, non ses habitants."

Autres citations de Robert Gessain sur ce même blog: http://pocombelles.over-blog.com/article-l-argent-et-les-eskimos-d-ammassalik-robert-gessain-98502718.html

Evidemment c'est un problème, l'argent, c'est le problème de tous ceux qui sont venus après le Sakodo*. Ca ne sert plus à rien de savoir attraper les phoques, il faut apprendre à attraper l'argent. Mais ce n'est pas le plus facile, car il faut changer quelque chose dans son coeur et renier tout ce que pensaient les vieux. Pour entrer dans le cycle de l'argent et espérer posséder un jour les nouvelles techniques, il faut mourir à soi-même et à ce que furent les siens. (p. 103)
 
*C'est dans le monde dangereux dont les Inuit par leurs techniques, pendant des siècles, ont triomphé, et qu'ils avaient conçu comme un ordre stable et équilibré que fit irruption le premier Européen en 1884. le Sakodo (comme on nomme Gustave Holm à Amassalik, d'un mot signifiant: celui qui a beaucoup d'armes et d'outils), messager de cette richesse occidentale qui s'accroît de la course accélérée et triomphale où l'entraîne le déséquilibre permanent de son système. (p. 65)
Robert Gessain, Ammassalik ou la civilisation obligatoire, Flammarion, Paris, 1969.
 
Créer des besoins et faire payer pour leur satisfacion est le moteur du monde occidental.
Ainsi des hommes sont-ils peu à peu rendus esclaves du travail carpour manger, avoir de l'eau, de la chaleur, dormir, faire vider ses excréments, il faut payer et l'argent se troque contre la liberté.
Comme ils avaient raison les anciens qui multipliaient les actions de grâces quand ils recevaient un phoque: tout y était donné - nourriture, lumière, chaleur, vêtements. D'une seule action réussie, tout le reste découlait, et les loisirs quand venait l'abondance. La note parfois se payait, c'était pour quelques-uns la mort par la famine. Depuis quatre mille ans, les Eskimo ont victorieusement occupé tout le rivage arctique, de l'Asie au Groenland. Le système était bon. Où sera l'Occident dans quatre mille ans ? Comme il était précieux, pour certaines valeurs humaines, cet ordre du monde où chasseurs et gibier,  à travers les prêtres, avaient passé contrat.
Robert Gessain, Ammassalik ou la civilisation obligatoire, Flammarion, Paris, 1969, pp. 203-204.
 
Robert Gessain (à droite) en 1934 sur le pont du Pourquoi Pas ? IV avant le départ pour Ammassalik, sur la côte du Groenland. Le Cdt Charcot est au milieu. A gauche: Paul-Emile Victor.
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La reine de France

5 Avril 2015 , Rédigé par Béthune

Portrait par Martin van Meytens, vers 1767.  Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine (en allemand, Maria Antonia Josepha Johanna von Habsburg-Lothringen), archiduchesse d’Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, (née le 2 novembre 1755 à Vienne – morte le 16 octobre 1793 à Paris), fut la dernière reine de France et de Navarre (1774–1792), épouse de Louis XVI, roi de France et de Navarre. Fille de l'empereur François Ier du Saint-Empire, et de Marie-Thérèse d'Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, était par son père, arrière-petite-fille de Philippe, duc d’Orléans, frère de Louis XIV, donc une lointaine descendante des rois de France Henri IV et Louis XIII.

Portrait par Martin van Meytens, vers 1767. Marie-Antoinette Josèphe Jeanne de Habsbourg-Lorraine (en allemand, Maria Antonia Josepha Johanna von Habsburg-Lothringen), archiduchesse d’Autriche, princesse impériale, princesse royale de Hongrie et de Bohême, (née le 2 novembre 1755 à Vienne – morte le 16 octobre 1793 à Paris), fut la dernière reine de France et de Navarre (1774–1792), épouse de Louis XVI, roi de France et de Navarre. Fille de l'empereur François Ier du Saint-Empire, et de Marie-Thérèse d'Autriche, reine de Hongrie et de Bohême, était par son père, arrière-petite-fille de Philippe, duc d’Orléans, frère de Louis XIV, donc une lointaine descendante des rois de France Henri IV et Louis XIII.

"Il n'y a maintenant seize ou dix-sept ans que je n'ai vu la reine de France. C'était à Versailles, elle était encore la Dauphine, et certes il n'eut jamais vision plus délicieuse sur cette terre qu'elle semblait à peine toucher. Elle ne faisait alors que paraître sur l'horizon, pour orner et égayer la sphère élevée où elle commençait de se mouvoir - scintillante comme l'étoile du matin, brillante de vie, de splendeur et de joie. Ah! Quel bouleversement! Quel coeur me faudra t-il pour rester insensible à tant de grandeur suivie d'une telle chute ! Que j'étais loin d'imaginer, lorsque plus tard je la voyais mériter la vénération et non plus seulement l'hommage d'un amour distant et respectueux, qu'elle en serait un jour réduite à cacher dans son sein l'arme qui la préserverait du déshonneur; je ne pouvais croire que je verrais de mon vivant tant de désastres s'abattre sur cette princesse, au milieu d'un peuple composé d'hommes d'honneur et de chevaliers! J'aurais cru que dix mille épées bondiraient hors de leurs fourreaux pour la venger ne fût-ce que d'un regard qui aurait pu l'insulter. - Mais l'âge de la chevalerie est passé. Celui des sophistes, des économistes et des calculateurs lui a succédé; et la gloire de l'Europe est éteinte à jamais.

(à suivre)


R.H. Edmund Burke, Réflexions sur la Révolution de France. Hachette Littératures, 1989, pp. 95-96.

La famille royale en promenade en gondole sur le Grand Canal de Versailles. Tableau par Georges Roux, au Théâtre Montansier à Versailles. Devant le tableau: Pierre-Olivier Combelles. Photographie prise pour un article de P.O. Combelles sur la Flottille de Versailles dans la revue L'Année Bateaux-Magazine (1987).

La famille royale en promenade en gondole sur le Grand Canal de Versailles. Tableau par Georges Roux, au Théâtre Montansier à Versailles. Devant le tableau: Pierre-Olivier Combelles. Photographie prise pour un article de P.O. Combelles sur la Flottille de Versailles dans la revue L'Année Bateaux-Magazine (1987).

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Vers la fin de l'Amazonie ?

4 Avril 2015 , Rédigé par POC

Les Sept sages de la Forêt de Bambous (竹林七賢)

Les Sept sages de la Forêt de Bambous (竹林七賢)

Je vois maintenant que nous assistons à une révolution de la terre elle-même. Et ce qu'on peut voir partout, ce sont les manifestations de cette révolution; les armes atomiques, la dévastation de la flore et de la faune. Peut-être que la terre n'a plus besoin de l'homme et qu'il ne lui est peut-être plus nécessaire.
Ernst Jünger (Journal)

El hombre moderno trata a la naturaleza como un demente a una idiota.

Nicolás Gómez Dávila

Au lieu de contrôler l'environnement de la planète pour le bénéfice de la population, peut-être devrions-nous contrôler la population pour assurer la survie de notre environnement.

David Attenborough

Quand le tigre n'est plus là, les singes sont les rois de la montagne.

Proverbe chinois.

Le monde vulgaire s'éveille difficilement;

Il ne s'arrête jamais dans sa poursuite des choses matérielles.

Mais l'homme parfait regarde au loin;

Il retourne à la nature.

Xi Kang (223-262), un des Sept Sages de la Forêt de Bambous (竹林七賢)

 

David Hill est l'auteur de la rubrique: Environment-Andes to Amazonia dans le journal anglais THE GUARDIAN. Avec régularité, il nous informe de la situation de l'environnement en Amérique du sud, synthétisant de nombreuses informations sur cette vaste partie du monde en proie au "développement".

Cet article paru en 2014 est inspiré d'un rapport de l'anthropologue Paul E. Little: Mega-Development Projects in Amazonia: A geopolitical and socioenvironmental primer qu'on trouvera ici dans son intégralité: http://www.dar.org.pe/archivos/publicacion/145_megaproyectos_ingles_final.pdf

The unprecedented boom in the planning and construction of large-scale projects in Amazonia of infrastructure and natural resource extraction – referred to here as “mega- development projects” – is being led by the expansion of global capitalism (including China’s communist capitalism)and its search for new resources. This expansion is generating socioenvironmental impacts with grave consequences for indigenous peoples and local communities which depend upon the Amazonian forest for their sustenance.

Paul E. Little.

Pour le botaniste tropicaliste Francis Hallé, 70% de la diversité naturelle terrestre se trouve dans les forêts tropicales humides (primaires), spécialement dans la canopée. Les Tropiques sont l'origine et le laboratoire de la vie, sur la terre comme dans les mers. Ils sont dévastés aujourd'hui par le libéralisme (ou le "le capitalisme global" comme l'appelle Paul Little) et la surpopulation. Non pas des aborigènes, mais de l'extérieur.

P.-O.C.

 

412 hydroelectric dams will be built across the Amazon basin and its headwaters if current plans are fulfilled, it was announced on 25 April in Lima, potentially leading to the "end of free-flowing rivers", contributing to "ecosystem collapse", and causing huge social problems.

Of the 412 dams already in operation, under construction or proposed, 256 are in Brazil, 77 in Peru, 55 in Ecuador, 14 in Bolivia, six in Venezuela, two in Guyana, and one each in Colombia, French Guyana and Surinam, said anthropologist Paul Little at the launch of the English version of his report Mega-Development Projects in Amazonia: A geopolitical and socioenvironmental primer.

According to Little, 151 of the 412 dams involve five of the six main rivers that drain into the Amazon after birthing in the Andes.

"The construction of many large-scale dams in the vast headwaters region of the Amazon Basin – encompassing parts of Bolivia, Peru, Ecuador and Colombia – will produce critical changes in continental water flows, with little knowledge of the ecological consequences of this policy," the report states. "This new wave of dam building in the headwaters of the Basin is a "hydrological experiment" of continental proportions, yet little is known scientifically of pan-Amazonian hydrological dynamics, creating the risk of provoking irreversible changes in rivers."

The report, co-authored and circulated by Peruvian NGO DAR, divides "mega-development projects" into two kinds: 1) infrastructure, such as the transport and electricity sectors, which in turn includes hydroelectric dams and 2) extractive, such as oil, gas and mining. The focus is on the number of current projects, the larger global financial, regional and geopolitical contexts, and the potential social and environmental impacts. It states:

The weight of these socioenvironmental impacts is distributed in an extremely unequal manner. The majority of the benefits derived from the construction of megadevelopment projects accrue to economic and political actors external to Amazonia, such as large multinational corporations, the administrative apparatus of national governments and financial institutions. The majority of negative impacts of these same mega-development projects are borne by indigenous peoples, who suffer from the invasion of their territories, and local communities, which suffer from the proliferation of serious social and health problems. (...)

Suite de l'article de David Hill: http://www.theguardian.com/environment/andes-to-the-amazon/2014/may/06/more-400-dams-amazon-headwaters

The Tamshiyacu plantation in northern Peru where it is alleged a United Cacao subsidiary illegally cleared primary rainforest.

The Tamshiyacu plantation in northern Peru where it is alleged a United Cacao subsidiary illegally cleared primary rainforest. Photograph: Environmental Investigation Agency


Amazon rainforest
Andes to the Amazon
David Hill

Saturday 18 April 2015 00.38 BST

 

Can Peru stop ‘ethical chocolate’ from destroying the Amazon?


NGOs allege illegal deforestation of primary rainforest to plant cacao and oil palm


Cattle-ranching, logging, mining, highways, hydroelectric dam projects, oil and gas, soy, oil palm. . . These are what first come to mind to many people when thinking about how the Amazon is being destroyed, but what about chocolate too?

NGO Environmental Investigation Agency (EIA) released a report on 7 April mainly about monoculture oil palm plantations, which it describes as a “major new threat to Peruvian forests.” The report, Deforestation by Definition, focuses on the Romero Group, Peru’s “largest economic actor”, and what it calls the “Melka Group”, a network of 25 companies recently established in Peru and controlled by businessman Dennis Melka, a major player in the destructive oil palm industry in Malaysia.

According to EIA, two “Melka Group” companies have illegally deforested an estimated “nearly 7,000 hectares” of mainly primary rainforest in Peru over the last three years, and others have acquired at least 456 “rural properties” and requested the government set aside another 96,192 hectares.

(...)

Suite de l'article: http://www.theguardian.com/environment/andes-to-the-amazon/2015/apr/17/can-peru-stop-ethical-chocolate-destroying-amazon

 

Thanks, David !

P.-O.C.

 

"Changeons le système, pas le climat !" Manifestation à Lima lors de la COP20 (décembre 2013). Source: http://www.bastamag.net/Changeons-le-systeme-pas-le-climat

 

 

 

"Les grandes forêts primaires des tropiques – celles qui n’ont jamais été modifiées par l’homme – ont pratiquement disparu, il n’en reste que des lambeaux. Leur dégradation constitue une perte irréparable, car elles sont le sommet de la diversité biologique de notre planète.
Voici près de cinquante ans que le botaniste Francis Hallé les arpente et les étudie, et presque autant de temps qu’il appelle à les sauver. Dans cet ouvrage, il nous propose de les découvrir en sa compagnie. Paradoxalement, les descriptions scientifiques classiques ne suffisant pas à rendre compte de ces formations végétales grandioses, il préfère s’appuyer sur le témoignage des sens et nous convier à une promenade, dans un sous-bois d’abord, puis sur la canopée. Les arbres et les lianes occupent, comme il se doit, une place majeure dans ce livre, mais l’on y croise aussi animaux et herbes, mousses et champignons, algues et bactéries… qui tous témoignent des passionnantes stratégies du vivant sous ces latitudes, que Francis Hallé sait rendre accessibles à tous, même aux non-spécialistes.
Cependant, la découverte des forêts primaires serait incomplète sans l’exploration du versant sombre et tragique de leur histoire : l’exploitation effrénée du bois, les cultures de rente, l’appropriation des ressources naturelles locales par de grandes multinationales issues de pays riches et souvent aidées par ceux-ci, dans une démarche typiquement coloniale.
Les ravages sont aujourd’hui si avancés qu’aucun gouvernement ne pourrait arrêter ni même ralentir la déforestation. Seul un large mouvement de l’opinion publique pourrait, peut-être, y parvenir. Tel est donc le but de cet ardent plaidoyer : non seulement rendre leur vrai visage aux forêts tropicales, suggérer des pistes d’étude et de mise en valeur de leurs ressources, mais surtout susciter l’engagement de tous ceux qui souhaitent voir respectés les derniers fragments de ces somptueuses forêts." http://www.actes-sud.fr/catalogue/botanique/plaidoyer-pour-la-foret-tropicale

Visionnez la conférence de Francis Hallé sur les forêts primaires tropicales à l'Université Inter-âges de Versailles le 23 janvier 2015: http://www.yvesbonis.fr/2015/02/decouvrez-les-forets-primaires-conference-de-francis-halle-2015/

Une passionnante conférence, très pédagogique, très vivante comme toujours, dans laquelle Francis Hallé résume ce que sont les forêts primaires de la zone équatoriale, zone de majeure biodiversité, et norme réelle en matière de biodiversité terrestre ou marine. 100 espèces d'arbres à l'hectare...

Francis Francis Hallé montrant une coupe de la forêt primaire tropicale. La majorité des espèces se trouve à l'étage de la canopée, au sommet (en noir sur le dessin). Quand ils déboisent les forêts tropicales, les hommes qui coupent à la tronconneuse les arbres de 70 m de haut ne réalisent pas ce qu'ils font. Capture d'écran de la vidéo prise par Yves Bonis lors de la conférence à Versailles le 23 janvier 2015.

Francis Francis Hallé montrant une coupe de la forêt primaire tropicale. La majorité des espèces se trouve à l'étage de la canopée, au sommet (en noir sur le dessin). Quand ils déboisent les forêts tropicales, les hommes qui coupent à la tronconneuse les arbres de 70 m de haut ne réalisent pas ce qu'ils font. Capture d'écran de la vidéo prise par Yves Bonis lors de la conférence à Versailles le 23 janvier 2015.

Pour que la forêt secondaire (en bas) devienne la forêt primaire (en haut), il faut 700 ans. Ce qui a "secondarisé" la forêt, c'est l'exploitation des espèces commerciales (bois précieux). Conférence de Francis Hallé à Versailles (2015)

Pour que la forêt secondaire (en bas) devienne la forêt primaire (en haut), il faut 700 ans. Ce qui a "secondarisé" la forêt, c'est l'exploitation des espèces commerciales (bois précieux). Conférence de Francis Hallé à Versailles (2015)

"La canopée, c'est le vrai visage de la forêt tropicale" (Francis Hallé, Versailles, 2015).

"La canopée, c'est le vrai visage de la forêt tropicale" (Francis Hallé, Versailles, 2015).

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Le fil et le sourire d'Ariane

2 Avril 2015 , Rédigé par Béthune

Thésée et le Minotaure (vase grec, VIe siècle avant J.-C.)

 

"Croire l’histoire officielle, c’est croire des criminels sur parole." Simone Weil.

 

Avec son sourire et son courage qui nous animent, l'esprit d'Ariane Walter est le fil qui nous guide dans  l'obscur labyrinthe où les Minotaures attendent pour nous dévorer:

https://www.youtube.com/watch?v=zxeFUWELtps#t=745

http://www.agoravox.fr/auteur/ariane-walter

Le fil d'Ariane, c'est le fil de la vérité et de l'espérance.

Le fil et le sourire d'Ariane
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"De la viande pour le Roi, du vin pour l'Eglise": l'agriculture européenne vue par Masanobu Fukuoka

2 Avril 2015 , Rédigé par POC

(...) "Several years ago, I travelled around Europe. It seemed to me that Europe was very nice and beautiful, with lots of nature preserved. But three feet under the surface I felt desert slowly coming in. I kept wondering why. I realized it was the mistake they made in agriculture. The beginning of the mistake is from growing meat for the king and wine for the church. All around, cow, cow, cow, grape, grape, grape. European and American agriculture started with grazing cows and growing grapes for the king and the church. They changed nature by doing this, especially on the hill slopes. Then soil erosion occurs. Only the 20% of the soil in the valleys remains healthy, and 80% of the land is depleted. Because the land is depleted, they need chemical fertilizers and pesticides. United States, Europe, even in Japan, their agriculture started by tilling the land. Cultivation is also related to civilization, and that is the beginning of the mistake. True natural farming uses no cultivation, no plow. Using tractors and tools destroys the true nature. Trees’ biggest enemies are the saw and ax. Soil’s biggest enemies are cultivation and plowing. If people don’t have those tools, it will be a better life for everything.
Since my farm uses no cultivation, no fertilizer, no chemicals, there are many insects and animals living there within the farm. They use pesticide to kill a certain kind of pest, and that destroys the balance of nature. If we allow it to be completely free, a perfect nature will come back." (...)

Greening The Desert - Applying natural farming techniques in Africa. An Interview With Masanobu Fukuoka, by Robert and Diane Gilman. Originally published in Autumn 1986 on page 37. Copyright (c)1986, 1997 by Context Institute: http://www.context.org/iclib/ic14/fukuoka/

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Les fées de la prairie

31 Mars 2015 , Rédigé par POC

Orchis pourpre (Orchis purpurea), une Orchidée sauvage. Détail d'une photographie par Gérard La Ferté prise dans une prairie naturelle d'Auffargis (Yvelines, Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse) menacée par un projet immobilier.

Orchis pourpre (Orchis purpurea), une Orchidée sauvage. Détail d'une photographie par Gérard La Ferté prise dans une prairie naturelle d'Auffargis (Yvelines, Parc naturel régional de la Haute Vallée de Chevreuse) menacée par un projet immobilier.

Le biologiste, moraliste et académicien Jean Rostand (1894-1977) a écrit un jour : « Je n'ai jamais eu besoin de voyager. J'ai toujours trouvé assez d'exotisme dans mon petit jardin pour me dépayser». Pour découvrir la faune et la flore sauvages, pour admirer les étoiles, nul n'est besoin de quitter Auffargis. Dans les forêts, les prairies et les jardins qui nous entourent, mille espèces sont là pour nous rappeler que nous ne sommes pas seuls au monde. Même si les animaux paient un tribut toujours plus lourd à la circulation automobile. Même si les populations d'oiseaux diminuent sans cesse à cause des pesticides répandus dans les champs et de la pollution chimique, sonore, lumineuse et électro-magnétique*.

C'est pourquoi nous ne parlerons pas des tristes champs des environs, ou presque pas, dans cette nouvelle chronique, mais plutôt des prairies, comme celles qui bordent notre village entre la rue Creuse, la rue de Saint Benoît et la forêt. Prairies où courent les enfants, où volent les papillons, où chantent les grillons, où fleurissent les belles orchidées, où paissent les chevreuils le soir et où brament les cerfs en automne. Prairies menacées par des projets immobiliers...

Cette année, fin septembre, un jeune et vigoureux six-cors y avait établi ses quartiers avec son petit troupeau de biches. On l'entendait bramer le soir à coups brefs et entrecoupés, répondant à d'autres cerfs invisibles dans la forêt environnante, du côté des Vindrins et du ru des Vaux de Cernay.

Caché dans la haie de chênes de la rue Creuse, mes jumelles nocturnes à la main, j'ai regardé les cerfs sortir de la forêt, se faufiler prudemment, tête basse, le long de la lisière, émerger du brouillard pour s'avancer dans la prairie au fur et à mesure que la nuit s'épaississait.

Les biches broutaient tranquillement l'herbe. Le six-cors bramait à côté d'elles puis disparaissait. Dans les bois on entendait alors les bruits furieux des branches brisées et des chocs sourds : les cerfs qui se battent, se poursuivent ou qui attaquent violemment les arbustes avec leurs bois, déchiquetant les branches.

La nuit était maintenant là, les étoiles brillaient dans le ciel, voilées par endroits par le brouillard. Les Pléiades prenaient leur envol à l'est comme un cerf-volant scintillant, comme une broche de diamants agrafée sur le manteau de la nuit. L'automne, les Pléiades et Cernunnos étaient de retour dans notre forêt de Rambouillet, vestige de l'antique forêt des Carnutes...

Pierre-Olivier Combelles (Octobre 2014)

Par les bois, les prairies et les jardins d'Auffargis. TAM TAM N°20 (décembre 2014). Bulletin de l'association Auffargis-Environnement.

* Voir par exemple les rapports de la Société d'Études ornithologiques de France (SEOF) à ce sujet : http://seofalauda.wix.com/seof.

Cernunnos était peut-être aussi Dis Pater, le dieu-père des Gaulois dont parle César dans la Guerre des Gaules. Détail du chaudron de Gundestrup (récipient cultuel), Ier siècle av. J.-C.

 

Les Pléiades (Matariki en maori, Qollqa en quechua). Photographie: Gilles Chapdelaine (Québec).

Les Pléiades (Matariki en maori, Qollqa en quechua). Photographie: Gilles Chapdelaine (Québec).

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Poésie

31 Mars 2015 , Rédigé par POC

Scherz'eau. Photographie d'Evelyne Landau

Scherz'eau. Photographie d'Evelyne Landau

"Mais plus que mode de connaissance, la poésie est d'abord mode de vie - et de vie intégrale. Le poète existait dans l'homme des cavernes, il existera dans l'homme des âges atomiques parce qu'il est part irréductible de l'homme. De l'exigence poétique, exigence spirituelle, sont nées les religions elles-mêmes, et par la grâce poétique, l'étincelle du divin gît à jamais dans le silex humain. Quand les mythologies s'effondrent, c'est dans la poésie que trouve refuge le divin; peut-être même, son relais. Et jusque dans l'ordre social et l'immédiat humain, quand les Porteuses de pain de l'antique cortège cèdent le pas aux Porteuses de flambeaux, c'est à l'imagination poétique que s'allume encore la haute passion des peuples en quête de clarté.


Saint-John Perse. Discours de Stockholm pour la réception du Prix Nobel de Poésie, 10 décembre 1960.

http://www.fondationsaintjohnperse.fr/html/Souffle_HS1_Discours.pdf

Saint-John Perse tenant une mante religieuse. Photo prise certainement dans son domaine des Vigneaux, dans la presqu'île de Giens, où il passa la fin de sa vie.

Saint-John Perse tenant une mante religieuse. Photo prise certainement dans son domaine des Vigneaux, dans la presqu'île de Giens, où il passa la fin de sa vie.

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Les Inuit du Nunavik et les Montagnais contaminés par les polluants

27 Mars 2015 , Rédigé par POC

Enfants montagnais de la Basse Côte-Nord du Québec. Rassemblement de protestation des Montagnais contre le projet de harnachement du Lac Robertson (Basse Côte-Nord), octobre 1992. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Enfants montagnais de la Basse Côte-Nord du Québec. Rassemblement de protestation des Montagnais contre le projet de harnachement du Lac Robertson (Basse Côte-Nord), octobre 1992. Photo: Pierre-Olivier Combelles.

Les enfants inuits du Nunavik, tout comme les enfants montagnais de la Basse et Moyenne-Côte-Nord, ont des taux de BPC quatre fois plus élevés que les enfants blancs du Sud du Québec.

 

La nouvelle guerre froide

Des polluants émis à des milliers de kilomètres de l'Arctique menacent la vie traditionnelle et la santé des Inuits.

par Jean Hamann

 

"Dans les années 1950, au plus fort de la Guerre froide, les Inuits ont vu surgir sur leur territoire un étrange réseau de 58 radars pointés vers le ciel du Nord. Connu sous le nom de ligne DEW (Distant Early Warning), ce système de défense militaire servait d'avant-poste pour détecter toute invasion aérienne venant du pôle et menaçant la sécurité de l'Amérique. On imagine sans peine l'étonnement et le malaise des Inuits devant ces radars, symboles d'un conflit auquel ils étaient étrangers mais dont ils auraient pu devenir les premières victimes.

Aujourd'hui, la Guerre froide et la ligne DEW appartiennent au passé mais une nouvelle menace plane sur le peuple inuit. Cette fois, l'ennemi vient du Sud, par ciel et par mer, et il frappe au coeur même de leur culture: l'alimentation traditionnelle. Ses attaques silencieuses aux BPC* et autres contaminants ont une efficacité telle que les Inuits du Québec et du Groenland peuvent revendiquer le triste titre de populations les plus contaminées au monde, révèlent les travaux de l'Unité de recherche en santé publique du Centre de recherche du CHUL (URSP).

(...)

D'abord estomaqué, Éric Dewailly a rapidement trouvé une explication à ces surprenants résultats. «J'ai mis la main sur des études montrant que plusieurs animaux de l'Arctique accumulent des polluants dans leurs graisses et leurs viscères. Ces polluants se concentrent à chaque maillon de la chaîne alimentaire. Au sommet de celle-ci se retrouvent des carnivores à longévité élevée tels que l'ours blanc, le béluga, le morse, le narval et le phoque, tous des animaux qui figurent encore aujourd'hui au menu des Inuits. Les contaminants accumulés dans l'organisme des femmes qui consomment ces gibiers sont libérés lors de l'allaitement.» L'ampleur du problème que le chercheur venait de soulever lui sauta instantanément aux yeux: toutes les populations qui pratiquaient la chasse de subsistance risquaient d'être exposées à de dangereuses doses de polluants industriels. La distance n'avait plus d'importance."

Suite de l'article sur Contact (Hiver 1999), le magazine des diplômés et des partenaires de l'Université Laval (Québec): http://www.scom.ulaval.ca/contact/hiver99/art_06.html

 

* (NDLR) Les polychlorobiphényles (PCB), aussi appelés biphényles polychlorés (BPC), ou encore parfois improprement dits « pyralènes » (du nom commercial d'un produit de Monsanto à base de PCB autrefois très utilisé en Europe dans les transformateurs) forment une famille de 209 composés aromatiques organochlorés dérivés du biphényle.
Ils sont industriellement synthétisés, et chimiquement proches des polychloroterphényles, polychlorodibenzo-furanes et des dioxines.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Polychlorobiph%C3%A9nyle

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