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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Résultats de la votation populaire suisse du 13 février 2011 sur l'initiative sur les armes

14 Février 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Guillaume Tell Huile sur tempera (255,5x195,5cm) peint par

 

L'initiative sur les armes proposée par le Parti socialiste et les Verts a été rejetée lors de la votation populaire suisse du 13 février 2011.

Oui: 43,7 %

Participation: 48,8 %

Résultats détaillés sur le site de la Confédération suisse: link


Commentaires:

Cette initiative visait en réalité à soumettre la Suisse à la législation de l'ONU et européenne* sur les armes des particuliers, prenant comme prétexte le danger de garder les armes d'ordonnance à la maison (suicides, violences conjugales, etc.)

La Fédération des Médecins suisses (FMH) soutenu l'initiative, or son président Jacques de Haller est candidat à un siège PS bernois au Conseil national.

Bien que remettant en question une institution fondamentale pour la sécurité nationale et la liberté des Suisses, elle a pu être soumise à une votation populaire.

Les zones rurales se sont opposées beaucoup plus à l'initiative que les zones urbaines.


600px-Flag of Switzerland.svg

 

Conclusion:

L'importance du soutien apporté à l'initiative sur les armes exprime la fragilité du système démocratique suisse.

La stratégie socialiste et des Verts consiste à faire évoluer les mentalités, au nom du "progrès", pour faire accepter un jour ce qui était inacceptable avant. L'urbanisation, le féminisme, la perversion des moeurs, l'athéisme, l'immigration massive et le droit du sol, l'écologisme, le pacifisme et les lois anti-dicrimination et anti-racisme sont les principaux instruments de cette évolution appelée "Progrès".

Dans ce sens, ce réferendum est un succès pour les propagandistes suisses des lois internationales contre les armes des particuliers.

Pour survivre, il faut que les Suisses soient plus nombreux à songer à défendre eux-même leur patrie, mais surtout qu'ils changent de comportement. La baisse constante de la natalité suisse est plus qu'un signe de décadence, c'est un suicide démographique et politique**. 

La modification de la nature de la population signifiera inéluctablement la fin de l'exception suisse, "nation née d'une volonté populaire".

 

* Armes à feu - Le protocole de l'ONU dans la réglementation européenne par Ilhan Berkol. Groupe de Recherche et d'Information sur la Paix et la Sécurité (Bruxelles) : link

** "Au 1er janvier 2010, la Suisse comptait 7 783 000 habitants dont 1 711 000 étrangers. Après une décennie 1975-1984 de quasi-stagnation, la population du pays a repris sa tendance ascendante, malgré une des fécondités les plus basses d'Europe et de tendance plutôt stationnaire. L'essentiel de l'accroissement est dû désormais à l'arrivée d'étrangers toujours plus nombreux et faisant plus d'enfants que les nationaux". Source: Démographie de la Suisse (Wikipedia): link

 

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sig 550


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Augustin Cochin

8 Février 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

450px-Augustin Cochin

Augustin Cochin (1876-1916)

Ancien élève de l'Ecole des Chartes

Archiviste, paléographe et historien

Français, catholique, légitimiste, mort pour la France*

 

 

 

« [...] La volonté générale, croit-on, serait celle du nombre. Il n'en est rien. La loi, sous ce régime, exprime bien plutôt ce contre quoi le nombre ne s'est pas insurgé, ce qui a pu se faire sans qu'il veuille le contraire. Le mythe de la volonté active, réelle, de tous, s'imposant à chacun, n'a qu'une valeur de fiction légale, aucune, réelle. Ce qu'on entend par la volonté de tous, c'est celle de quelques-uns, formée, imposée, régnante dans certaines conditions déterminées par la force des choses et la nature du régime.  

  [...]

Désagréger la matière votante, isoler les individus, pour les rendre inorganiques - ce qui s'appelle liberté -, indifférents et homogènes - ce qui s'appelle égalité -, leur imposer néanmoins cette mutuelle adhérence qu'on nomme fraternité ; en un mot les réduire à un magma docile et périssable, tel est l'effet du machinisme. 

 [...]

Il n'est pas d'exemple dans l'histoire d'une plus profonde et plus complète dissolution sociale. La libre-pensée a tué la société parce qu'elle avait tué la personne humaine. Dissociant l'homme et l'isolant de toute attache naturelle ou morale, elle l'a livré comme une épave au flot social. En son âme, elle n'a laissé subsister que cette ruine, l'égoïsme, qu'elle a appelé raison et qui sera la haine ou la peur.. [...] »


Ouvrages en ligne:    

La Révolution et la libre-pensée: link

Les sociétés de pensée et la démocratie moderne: link

 

* "Dans les « Les Deux patries » (DMM éditeur), l'historien Jean de Viguerie établit avec tristesse un constat implacable : les « nationalistes » -emmenés par Maurras – et les catholiques les plus ardents – dont Augustin Cochin lui-même - ont, en approuvant, voire en réclamant, la guerre de 1914-1918, servi la « patrie révolutionnaire », c’est-à-dire la Révolution universelle alors qu’ils pensaient défendre leur patrie au sens traditionnel du mot (terre de ses pères). Jean de Viguerie pense que cette patrie traditionnelle, dont la sauvegarde n’a jamais exigé des sacrifices humains de l’ampleur de ceux de la grande guerre, est morte. Pour lui, seule subsiste son enveloppe, qu’il ne reste plus aux politiciens qu’à effacer définitivement de notre mémoire..." (Note de l'éditeur, Les sociétés de pensée et la démocratie moderne)

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Les Marquises

5 Février 2011 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

ἀθάνατοι θνητοί, θνητοὶ ἀθάνατοι,

ζῶντες τὸν ἐκείνων θάνατον, τὸν δὲ

ἐκείνων βίον τεθνεῶτες.


 

Les mortels sont immortels et les immortels,

mortels ; l’un vivant la mort de l’autre, et

mourant la vie de l’autre.   

 

Héraclite d'Ephèse, Fragment 62

 

 

Paul Gauguin 144

 

(...)

Et voici, enfin, la mise en scène: "De nos jours, en l'île d'Hiva-Oa, au district d'Atuana." Toile de fond panoramique: la grande tombée verticale sur une vallée savoureuse de la muraille géante, striée de grêles cascades métalliques et écrêtée d'une barre horizontale de nuages stagnants, perpétuels, qui nivelle le dentelé des sommets. Ces crêtes tourmentées dénomment les îles: Grande-Crête, Crête-sur-la-Falaise, Crête-sur-le-Rocher. Leurs parois s'incrustèrent de cadavres, que, pour les honorer, les indigènes allaient tapir, par d'invraisemblables routes, en des cachettes presque aériennes. Les portants de la scène: ce sont les contreforts qui de droite et de gauche cernent jusqu'au rivage chaque vallée, que la mer vient barrer encore d'une crête déferlante; car ici, pas de récif protecteur, cet apaisant récif des plages océaniques mortes. Ici la mer vit, et bat, et ronge. La houle entre dans la baie, roule sur la plage blonde ou brune, suivant les jets de lave éructés jadis par les cratères éteints.

Et dans ces barrières strictes, un fouillis de masses vertes, de palmes ocreuses frissonnant au vent, de colonnades arborescentes hissant vers la lumière les efflorescences pressées. De l'eau bruit partout, crève sur la montagne, détrempe le sol, serpente en rivières au lit de galets ronds. Tout vit, tout surgit, dans la tiédeur parfumée des étés à peine nuancés de sécheresse, tout: hormis la race des hommes. Car ils agonisent, ils meurent, les pâles Marquisiens élancés. Sans regrets, sans plaintes ni récris, ils s'acheminent vers l'épuisement prochain. Et là encore, à quoi serviraient de pompeux diagnostics ? L'opium les a émaciés, les terribles jus fermentés les ont corrodés d'ivresses neuves; la phtisie creuse leurs poitrines, la syphilis les tare d'infécondité. Mais qu'est-ce que tout cela sinon les modes diverses de cet autre fléau: le contact des "civilisés". Dans vingt ans, ils auront cessé d'être des "sauvages". Ils auront, en même temps, à jamais, cessé d'être.

Voici donc que ces vallées somptueuses apparaissent alors chemins funéraires, pénétrant vers le coeur stérile des îles: bordées de maisons de bois affaissées sur leurs terrasses de pierres éboulées aussi, semées de paë-paë sacrés, où, dans l'enceinte de basaltes roulés s'immolaient les victimes, elles ont vu mourir les dieux autochtones, puis les hommes. Gauguin y mourut donc aussi, dans une claire matinée de la saison fraîche. Le fidèle Tioka, son ami indigène, le couronna de fleurs odorantes, l'enduisit, selon l'usage, de monoï onctueux, puis déclara tristement: "Maintenant, il n'y a plus d'hommes."

Iles Marquises - Tahiti, janvier 1904

 

Victor Segalen, Gauguin dans son dernier décor


 

 


 
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