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Rouge et Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Concino Concini, alias Polichinelle

24 Novembre 2007 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles Publié dans #France, #Histoire


Dialogue entre Concino Concini, Maréchal d’Ancre, et François de Capestan. La scène se passe à Paris, à l’hôtel du maréchal d’Ancre, durant la minorité de Louis XIII.
 
- Monsieur de Capestan, je ne sais que peu de choses sur vous, sinon que vous êtes courageux et que vous vous battez bien. Vous êtes de bonne mais de petite noblesse. Devenez mon ami et je ferai de vous l’un des plus grands seigneurs du royaume.
- Qu’attendez-vous de moi, Monsieur le maréchal ?
- Peu de choses, à vrai dire, peu de choses pour le moment. Promenez-vous dans Paris, dites du mal de moi et vous aurez bientôt de nombreux amis. Vous serez sans doute admis très vite au sein de la conjuration.
- Vous voulez que je conspire contre vous ?
- (rire) Ne faites pas semblant de ne pas comprendre. C’est par vous que je serai renseigné sur mes ennemis ; c’est grâce à vous que je mettrai au pas cette noblesse orgueilleuse et chimérique. Vous voyez, c’est simple.
- C’est simple, en effet. Vous m’avez dit, Monsieur le maréchal, que j’étais de petite mais de bonne noblesse. Bonne : en effet. Car si humbles soient mes origines, je ne crois pas qu’un seul de mes ancêtres aurait accepté de devenir un espion ; et me faire une telle proposition, c’est insulter un Capestan.
- Capestan.. c’est " Capitan " qu’il faudrait dire, le Capitan de la comédie italienne dont le sabre est de bois et qui a besoin qu’on lui tire les oreilles ! je vous propose votre grâce et vous me répondez avec insolence ! Laissez-moi rire, monsieur le Capitan !
- Capitan ! Eh bien soit, je ramasse Capitan et ce nom dérisoire, je l’adopte, car il n’est pas de nom qu’on ne puisse porter sur le chemin de l’honneur ; mais sachez que la bassesse et la lâcheté ont toujours fait d’un nom, même très haut placé, le synonyme de Polichinelle.
- L’insolence est un luxe qui peut coûter très cher, Monsieur. Elle me divertit beaucoup. Mais tout le monde n’est pas comme moi (rire), méfiez-vous !
 
" Le Capitan ", un film d'André Hunebelle (1960) avec Jean Marais, d’après le roman de Michel Zévaco . Réédition en DVD: René Chateau.


CONCINI (Concino), aventurier italien (Florence ? - + Paris 1617). Fils d'un notaire florentin et petit-fils de de ministres du grand-duc de Toscane, il réussit à se glisser dans la suite de Marie de Médicis quand elle vint épouser Henri IV. Son mariage avec Léonora Galigaï, fille de la nourrice de la reine, lui assura les bonnes grâces de cette dernière et, après la mort du roi, tous les profits du pouvoir. Il eut successivement le gouvernement d'Amiens, la lieutenance générale de la Picardie, puis celle de la Normandie. Maréchal d'Ancre, il fut nommé premier gentilhomme de la Chambre du roi et, en 1613, créé maréchal de France sans avoir jamais combattu. Pendant trois ans, il fut réellement Premier ministre du royaume. En 1616, il évaluait sa fortune à 7 millions. Par le traité de Loudun (1616), dû à l'habileté de sa femme, il désarma momentanément ses ennemis, Condé et les grands seigneurs. Mais il restait impopulaire du fait de son origine étrangère, de son élévation trop rapide et, surtout, de son avidité notoire. L'influence prise sur Louis XIII par Charles d'Albert de Luynes lui fut fatale. Le jeune roi ordonna son arrestation. Vitry, capitaine des gardes du roi, chargé de l'arrestation, lui fracassa la tête d'un coup de pistolet (Grand Larousse encyclopédique, Paris, 1960).

GALIGAI (Eleanora Dori, dite), femme de Concini, maréchal d'Ancre (Florence v. 1576-Paris 1617). Sans doute fille naturelle d'un gentilhomme florentin, compagne d'enfance de Marie de Médicis, elle la suivit en France lorsque Marie y vint épouser Henri IV; elle épousa Concini (1601) et fut nommée dame d'atours de la reine (1602). Elle était hystérique et avait un pouvoir incroyable sur Marie de Médicis. Après la mort de son mari, elle fut arrêtée, poursuivie pour lèse-majesté et sorcellerie, et décapitée (Grand Larousse encyclopédique, Paris, 1960).

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