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Rouge et Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste

Ouvrages de Régine Pernoud sur Jeanne d'Arc

29 Mai 2009 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Bibliographie de Régine Pernoud sur Jeanne d'Arc. Source:Centre Jeanne d'Arc à Orléans (fondé à l'initiative d'André Malraux et dont Régine Pernoud , historienne et spécialiste de Jeanne d'Arc, fut la première directrice).

http://www.jeannedarc.com.fr/centre/centre.htm

 

 

 

 

PERNOUD (R.), Jeanne d'Arc et la guerre de Cent Ans, Paris, Denoèl, 1990, 127 p., ill. (coll. l'Histoire de France).

 

Dans ce petit livre soigné, à la présentation agréable, Régine Pernoud ne s'est pas contentée d'écrire une nouvelle fois l'histoire de Jeanne d'Arc. Elle l'entoure du contexte politique et psychologique de la France aux prises avec l'ambition anglaise et les déchirements internes. Abondamment illustré par une iconographie directement puisée aux sources, ce livre didactique intéressera autant les adultes que les jeunes.

 

PERNOUD (R.), Petite vie de Jeanne d'Arc, Paris, Desclée de Brouwer, 1990, 142 p., ill. (coll. Petite vie de...).

 

La collection "Petite vie" de Desclée de Brouwer présente dans sa majorité des vies de saints. Régine Pernoud a écrit ici celle de Jeanne d'Arc, présentant l'héroïne dans ses actions humaines et mettant en valeur l'obéissance à son Dieu, qui la mena jusqu'au supplice et au don total de sa personne.

 

PERNOUD (R.) et CLIN (M.-V.), Jeanne d'Arc, histoire et vie quotidienne au Moyen Age, Intelligere-Desclée de Brouwer, CD-rom.

 

C'est la première fois qu'un CD-rom est consacré à Jeanne d'Arc, mais... "qui trop embrasse, mal étreint" : l'objet en question comprend certes une partie sur la vie de Jeanne, mais aussi une partie sur la société du temps, le tout traité en 40 textes seulement, dont un, d'ailleurs, a été écrit par M. P.-G. Girault, des Archives de Bourges, qui n'est pas cité sur la couverture mais au milieu du "crédit photographique". La mise en scène, la musique, la présentation des textes et des images est de la responsabilité de la société Intelligere. L'ensemble n'est ni désagréable ni sans intérêt, mais laisse un peu l'impression que ce type de CD-rom didactique cherche encore ses marques entre le livre et le jeu vidéo. Des jeux, il y en a d'ailleurs : un sur l'héraldique, qui permet de recréer des blasons, de manière succincte, et un labyrinthe doublé d'un jeu de quizz, un peu long peut-être.

Le crédit photographique n'est pas à négliger : il y a là, par thèmes, une photothèque intéressante, mais d'emploi peu pratique. On trouve aussi un index et un lexique très utiles pour les néophytes. L'utilisation est assez facile, et on s'en sort rapidement assez bien. Mais cela suppose que le "lecteur" dispose d'un ordinateur équipé d'un lecteur de CD-rom et d'un système audio. Il n'est pas inutile non plus d'avoir un ordinateur puissant et de beaucoup de mémoire RAM : la configuration minimale suggérée - 8 Mo de RAM sur un processeur 486 - semble à l'essai insuffisante pour éviter les blocages du programme. Toutefois, avec un processeur pentium cadencé à 155 Mhz et 32 Mega-octets de mémoire tout fonctionne parfaitement. Il est toutefois à craindre qu'une notable partie de la population française n'ai pas encore d'ordinateur. Pour ces raisons, ce CD-rom fait surtout figure de prototype d'un nouveau moyen de communication.

 

PERNOUD (R.), La spiritualité de Jeanne d'Arc, Paris, Mame, 1990, 147 p.

 

La grande spécialiste de Jeanne d'Arc, en quelques dizaines de pages, souhaite faire comprendre de l'intérieur la vie religieuse de son héroïne. Or le procès - les procès - permettent de tracer un portrait qui n'a rien de mièvre d'une jeune fille décidée et obéissante à son Dieu. R. Pernoud voit en elle l'application des trois vertus : foi, espérance et amour (plutôt que charité), le programme absolu de l'engagement chrétien, que Jeanne a suivi jusqu'à la mort.

 

PERNOUD (R.), Villa Paradis, souvenirs, recueillis par Jérôme Pernoud, Paris, Stock, 1992, 335 p.

 

Il y a beaucoup de chaleur, de vivacité, de franchise dans ce récit visiblement plus parlé qu'écrit, où la fondatrice du C.J.A. retrace les étapes d'une déjà longue vie. A une enfance marseillaise modeste, dans une famille nombreuse et remuante, décrite avec tendresse et lucidité, succède une jeunesse parisienne interrompue par la guerre. Le lecteur de la fin du siècle découvre une France de la crise des années trente ou les jeunes chartistes ne sont pas nommés à leur sortie dans une administration culturelle, et ou il faut faire de petits boulots de cours et de secrétariat pour joindre les deux bouts.

On apprend aussi comment la vocation de médiéviste a surgi d'une réflexion sur le trop grand poids accordé à un passé gréco-romain dans un pays où tout respire le legs du christianisme : la " trahison " de Mlle Pernoud envers son éducation classique est très finement analysée. Après la guerre, qui fut un moment de repli à Rosny puis en Languedoc évoqué avec verve et réalisme, une nomination au musée de Reims amorce la carrière vraiment publique de Mlle Pernoud. On reconnaît au passage sa ténacité, son sens du public et de la pédagogie, elle avoue sans fard les oppositions qu'elle suscite, comme les collaborations multiples qu'elle entraîne. Puis c'est le musée d'Histoire de France, et les Archives Nationales, des voyages, des succès et aussi des mises au placard. Tout cela dit avec une certaine forme d'humour qui ne cache pas toujours émotion et blessures. Finalement, après la retraite, c'est la création du Centre Jeanne d'Arc, qui n'est que l'aboutissement d'une relation profonde avec l'héroïne nationale, compagnonnage né par hasard de la commande d'une biographie, et qui a abouti à l'imposante bibliographie que nous connaissons. A cette aventure humaine, ses frères et sa soeur ont participé, elle ne saurait les oublier, ils lui ont beaucoup apporté. Destiné à un grand public, le récit, toujours agréable, note sans doute un peu trop de rencontres avec des célébrités et laisse peut-être un peu de côté le travail propre du chercheur en histoire, il est vrai que le labeur devant les textes est chose qui ne se peut que difficilement partager.

 

PERNOUD (R.), CLIN (M.-V.), Jeanne d'Arc, Fayard-Hachette, Paris, 1992, 256 p.

 

Ce petit livre, très judicieusement illustré, est une version abrégée de la première partie de l'ouvrage paru en 1986 chez Fayard. C'est une bonne approche destinée à un public très large.

 

PERNOUD (R.), J'ai nom Jeanne la Pucelle, Paris, Gallimard, 1994, 160 p. (collection Découvertes).

 

De Domremy à Rouen, Régine Pernoud retrace, dans une langue accessible, et avec autant de détails que le permettent les sources historiques, l'itinéraire de Jeanne d'Arc. Une abondante iconographie vient renforcer le texte et, comme il est de tradition dans cette collection, l'ouvrage se termine sur un important cahier de "témoignages et documents" qui traitent notamment de l'évolution de l'image de Jeanne d'Arc à travers le temps.

 

PERNOUD (R.), Réhabilitation de Jeanne d'Arc, reconquête de la France, Monaco, Ed. du Rocher, 1995, 154 p.

 

En 38 chapitres - chaque chapitre faisant de une à six pages - le résumé de quelques événements marquants de la période qui va de la mort de Jeanne d'Arc à sa réhabilitation.

 

PERNOUD (R.) et TULARD (J.), Jeanne d'Arc, Napoléon, le paradoxe du biographe, avec la collaboration de Jérôme Pernoud, Monaco, Edition du Rocher, 1997, 218 p.

 

Le propos était de mettre en parallèle, mais aussi en confrontation, deux historiens dont les travaux et la carrière se sont largement consacrés à un personnage phare de l'histoire française et mondiale. Il est bien évident que les relations nouées, par delà les siècles, de Régine Pernoud avec Jeanne d'Arc sont à la fois admiratives et affectueuses, il en va tout autrement de Jean Tulard qui ne ressent guère d'admiration pour le personnage de Napoléon dont il étudia minutieusement la vie et l'action. Les entretiens rapportés dans l'ouvrage précisent pour chaque historien l'origine de sa vocation, ses lectures d'enfant et d'adolescence et la carrière.

R.Pernoud a déjà évoqué sa formation et sa jeunesse dans Villa Paradis, mais il est intéressant de lire en contrepoint des difficiles débuts d'une chartiste sans poste avant et pendant la guerre, et vingt ans après, le déroulement classique d'une carrière universitaire bourgeoise (licence, diplôme, agrégation - premier il est vrai - fondation Thiers, IVe section des Hautes Etudes), celle que, mutatis mutandis, Mlle Pernoud met en parallèle avec celle des juges de Jeanne. Nous avons ici mis l'accent sur l'historienne de Jeanne d'Arc, il va de soi. Les rapprochements évidents entre les deux démarches historiques sont liés à la méthode : le document avant tout, la "première main" et non la compilation des auteurs sans vérification, le souci d'éviter les a priori car l'imagination ne saurait remplir les manques. Ici le critique peut cependant émettre une petite réserve : R. Pernoud, relatant l'importante découverte qu'elle fit du registre de comptes du maître d'hôtel de Richard Beauchamp prouvant que le 13 mai 1431 Pierre Cauchon et Jean de Mailly furent reçus à la table du gouverneur de Rouen, dit que l'évêque de Beauvais était venu "prendre ses ordres auprès de l'occupant anglais" (p. 72). Cette petite phrase offre le type même de la sur-interprétation : rien ne dit qu'il fut question du procès pendant ce repas d'apparat, scène publique avec espions possibles. Si ordres il y eut, ils furent donnés en privé et d'autant plus pressants. R. Pernoud insiste beaucoup sur les similitudes entre la situation de 1429-1430 avec celle de l'occupation, de la collaboration, de la résistance dont elle avait elle-même été témoin lors de la seconde guerre mondiale ; nous sommes plus nuancés aujourd'hui, ce qui est évidemment facile cinquante ans après !

Mais elle insiste également avec force sur les dangers de faire de Jeanne d'Arc une héroïne nationaliste belliciste et xénophobe, une figure dévorée par son mythe des droites du XIXe siècle, un mythe auquel elle dit ne pas s'intéresser particulièrement. En face de tous les pseudo historiens ou les détracteurs de Jeanne d'Arc, R. Pernoud exerce son sens très fin de l'anecdote (dont les tristes héros ne se relèvent généralement pas) en rappelant l'ensemble des arguments de Jeanne devant les Cauchons. Le goût de la biographie est naturel à l'historienne de Jeanne car ce qui intéresse R.Pernoud est la manière dont les personnes réagissent à l'événement, la "rencontre entre [le] libre-arbitre et les circonstances". C'est bien pourquoi la remarquable tenue de Jeanne devant son roi, ses compagnons et ses juges ne pouvait que porter l'historienne vers la biographie.

Nos lecteurs reliront avec plaisir le récit des origines du Centre et les souvenirs qui s'y rapportent, ainsi que le rappel des huit kilomètres accomplis à quatre-vingt-cinq ans par sa fondatrice, pour l'honneur de Jeanne, lors des fêtes de 1994.

A ceux qui s'intéressent à Napoléon et à son historien, qui ne sont pas de notre propos, nous ne pouvons que renvoyer à l'ouvrage qui révèle des personnalités fort éloignées de Jeanne et, osons le dire, infiniment moins sympathiques.

 

PERNOUD (R.), Jeanne d'Arc racontée par Régine Pernoud, Paris, Perrin Jeunesse, 1997, 102 p., ph.

 

Présentation classique du personnage de Jeanne d'Arc par Régine Pernoud, destinée aux enfants : Jeanne en mission et Charles VII lâche et indécis. Quelques contradictions se sont glissées dans le texte : p. 61, Jeanne soupçonne une trahison parce que le roi a signé une trêve avec le duc de Bourgogne : les Anglais vont en profiter pour se renforcer. On se demande où est la trahison, puisque les Anglais n'ont signé aucune suspension d'armes. Page 77, Jeanne fait appel au pape : "une telle demande aurait dû entraîner l'interruption immédiate du procès, car ceux qui faisaient appel au pape devaient obligatoirement être conduits au pape" ; p. 97, les décision du tribunal d'Inquisition sont devenues "sans appel", ce qui est d'ailleurs plus conforme à la réalité. Notons également que le texte est littéralement saboté par le recours à une illustration anachronique et à des légendes fantaisistes des illustrations. Ainsi, page 12, à propos de la maison natale de Jeanne : "Jeanne pourrait reconnaître sa maison" lit-on sous l'image de la façade construite en 1481, cinquante ans après sa mort. Page 38, une carte dont on sait trop bien qui l'a inspirée montre la petite ville de Pothières à l'emplacement de Bar-sur-Seine, la localisation exacte de cette soi-disant étape de Jeanne d'Arc s'étant sans doute révélée bien trop au sud pour que cela paraisse raisonnable aux cartographes de la maison d'édition. Page 42, on apprend que "les historiens s'accordent à penser que Charles VII fut un roi faible et influençable" ; je réponds tout de suite : "non à tout". Page 46, le recours anachronique à une carte du XVIIe siècle pour illustrer le siège d'Orléans oblige les photo-monteurs à décaler les bastilles anglaises de près de 300 mètres vers l'ouest. Page 47, le portrait de l'inconnu qui décore la jaquette du livre de M. Caffin de Mérouville est une fois de plus identifié comme étant celui du bâtard d'Orléans, malgré les efforts que la conservatrice du musée Dunois déploie depuis de nombreuses années pour rétablir la vérité. Enfin, page 77, la fameuse statue du Plessis-Bourré, dont il faudra bien un jour savoir de quand elle date et qui elle représente : le personnage de gauche, mains jointes et courbé dans sa supplication ne peut pas être un geôlier tourmenteur, quoi qu'en dise la légende.

 

 

 

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