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Le Rouge et le Blanc, ou le Fil d'Ariane d'un voyageur naturaliste
Articles récents

Le simianthrope de l'Apocalypse (Manuel de Diéguez)

10 Mars 2018 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Dessin: Quino

Dessin: Quino

(...)

Or, tous les stratèges de grande envergure d'aujourd'hui savent que porte-avions sont des iles flottantes vulnérables à souhait, tous les vrais connaisseurs de la guerre navale moderne savent que quelques centaines de missiles lancés à partir des rivages et enfouis à des dizaines de mètres sous terre, en auraient raison en quelques secondes. C'est à cette réalité nouvelle que Vladimir Poutine a clairement fait allusion le 27 février.

Or le monde entier fait semblant d'ignorer ce qui se trouve actuellement théorisé, donc actualisé dans quelques cerveaux d'avant-garde. C'est donc bel et bien que le besoin de croire en une volonté guerrière immanente à la psychophysiologue du simianthrope est intouchable et d'origine quasiment sacrée. C'est donc bel et bien que cette bête est née et mourra belliqueuse, c'est donc bel et bien que ce bipède se croirait hors jeu et définitivement émasculé s'il perdait sa passion d'anéantir son voisin et lui-même en retour.

(...)

Que va-t-il donc immanquablement arriver sur la planète des guerriers aveugles? J'ai déjà raconté sur ce site comment en 1962, Raymond Aron , l'illustre auteur de l'Introduction à la philosophie de l'histoire et éditorialiste au Figaro, avait tenu à me rencontrer à la suite d'un article sur la dissuasion nucléaire que j'avais publié dans la revue Esprit à une époque où le premier ministre du Général de Gaulle, M. Michel Debré, s'ingéniait à inspirer des pseudo-stratèges de la guerre nucléaire française dans les colonnes de la Revue de défense nationale: " Naturellement, me dit l'illustre Pic de la Mirandole de la géopolitique de l'époque, à la première attaque nucléaire russe, on capitule. " Etc omme je luis demandais pourquoi il n'osait pas l'écrire noir sur blanc dans un éditorial du Figaro, sa seule réponse confirma ses vues: "Cela ne servirait à rien".

Mais aujourd'hui, il est clair que la seule connaissance humaine qui puisse se qualifier de scientifique est philosophique, parce qu'elle se révèle une anthropologie abyssale depuis Socrate et Platon. C'est elle qui, seule dans le parc d'attraction du monde moderne qu'on appelle les sciences humaines, aille plus loin dans le défrichage de l'inconscient de la bête onirique que nos psychanalystes qui se révèlent bien incapables d'entrer dans le gouffre de l'avenir riche en vertiges de Socrate.

Or, une paralysie nouvelle du cerveau simiohumain se profile à l'horizon: nous commençons de savoir qu'une guerre thermo-nucléaire n'est pas menable sur un champ de bataille réel . Nous commençons également de savoir qu'il sera impossible de feindre longtemps de nous menacer de l'apocalypse les uns les autres sur un astéroïde minuscule. Nous commençons de savoir que l'ère des rodomontades est nécessairement d'une durée limitée et que nos croiseurs nucléaires voient l'opulence de leurs pavanes sur les ondes menacée d'un prompt engloutissement ; car si le ridicule dure dans la minusculité qui le cache à tous les regards, le ridicule porté au titanesque tombe dans le grotesque et fait appel au grand rire des Rabelais et des Aristophane, des Cervantès et des Shakespeare , des Swift et des Voltaire.

Manuel de Diéguez

8 mars 2018

Source et article complet: http://www.palestine-solidarite.org/analyses.manuel_de-dieguez.080318.htm

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La fuerza de la naturaleza humana (Quino)

9 Mars 2018 , Rédigé par POC

L'automobile, ce démultiplicateur de la folie humaine...

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

Dessin: Quino

La fuerza de la naturaleza humana (Quino)
Dessin: Quino

Dessin: Quino

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D'où viennent les tomates de nos supermarchés

8 Mars 2018 , Rédigé par POC

Almeria (Andalousie). Capture d'écran du reportage.

Almeria (Andalousie). Capture d'écran du reportage.

Almeria. Autre capture d'écran du reportage

Almeria. Autre capture d'écran du reportage

Consommer des produits locaux, naturels et de saison et la la seule chose à faire, depuis toujours.

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Y-a-t-il de la vie intelligente ailleurs que sur la Terre?

6 Mars 2018 , Rédigé par POC

"Sommes nous seuls ou y aurait-il  aussi de la vie intelligente dans d'autres pommes ?". Dessin: Quino

"Sommes nous seuls ou y aurait-il aussi de la vie intelligente dans d'autres pommes ?". Dessin: Quino

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Sur cette terre seulement prêtée.. (Nezahualcoyotl)

6 Mars 2018 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Photo: Pierre-Olivier Combelles

Nezahualcoyotl (Códice Ixtlixóchitl). Nezahualcóyotl ataviado en su vestimenta militar: tambor de señalizaciones (teponaztli), armadura textil flexible (ichcahuipilli), espada de obsidiana (macuahuitl), escudo anti-proyectil (chimalli). Grebas en antebrazos y pantorrillas de bronce. Casco (cuatepoztli) de caoba en forma de cabeza de coyote o lobo, sandalias.

Nezahualcoyotl (Códice Ixtlixóchitl). Nezahualcóyotl ataviado en su vestimenta militar: tambor de señalizaciones (teponaztli), armadura textil flexible (ichcahuipilli), espada de obsidiana (macuahuitl), escudo anti-proyectil (chimalli). Grebas en antebrazos y pantorrillas de bronce. Casco (cuatepoztli) de caoba en forma de cabeza de coyote o lobo, sandalias.

Glyphe de Nezahualcoyotl

Glyphe de Nezahualcoyotl

 

    Amo el canto del cenzontle,
    pájaro de las cuatrocientas voces.
    Amo el color del jade,
    y el enervante perfume de las flores,
    pero lo que más amo es a mi hermano,
    el hombre.

 

***********

 

En vain, tu saisis ton teponaztli fleuri,
    Tu jettes à poignées les fleurs,
    Elles se flétrissent !
    ...Ô mes amis, cette terre nous est seulement prêtée.

    Il faudra abandonner les beaux poèmes.
    Il faudra abandonner les belles fleurs.
    C'est pourquoi je suis triste en chantant pour le Soleil.

 

Nezahualcoyotl, rey (tlatoani) de Texcoco (Mexico), 1402-1472

 

1: https://www.mexicodesconocido.com.mx/nezahualcoyotl-y-el-reino-de-texcoco.html

2: In: Jacques Soustelle, Les Aztèques, P.U.F., coll. « Que sais-je? », 2003

Source: https://www.mexicodesconocido.com.mx/nezahualcoyotl-y-el-reino-de-texcoco.html

Source: https://www.mexicodesconocido.com.mx/nezahualcoyotl-y-el-reino-de-texcoco.html

Jeroja (Delostoma integrifolium syn. roseum), une Bignoniaceae arbustive aux fleurs roses ou parfois blanches des Andes du Pérou, qui fleurit pendant la saison des pluies (janvier-mars). Photo: Pierre-Olivier Combelles, Pitunilla (Ayacucho, Pérou), vers 3000 m d'altitude.

Jeroja (Delostoma integrifolium syn. roseum), une Bignoniaceae arbustive aux fleurs roses ou parfois blanches des Andes du Pérou, qui fleurit pendant la saison des pluies (janvier-mars). Photo: Pierre-Olivier Combelles, Pitunilla (Ayacucho, Pérou), vers 3000 m d'altitude.

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Arbre, mon ami

6 Mars 2018 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Chêne. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Chêne. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Alisier torminal. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Alisier torminal. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Forêt de Rambouillet, 29 avril 2017. Photo: Pierre-Olivier Combelles

Forêt de Rambouillet, 29 avril 2017. Photo: Pierre-Olivier Combelles

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Jacques Brel: Rosa

4 Mars 2018 , Rédigé par POC

C'est le plus vieux tango du monde

Celui que les têtes blondes

Ânonnent comme une ronde

En apprenant leur latin

C'est le tango du collège

Qui prend les rêves au piège

Et dont il est sacrilège

De ne pas sortir malin

C'est le tango des bons pères

Qui surveillent l'oeil sévère

Les Jules et les Prosper

Qui seront la France de demain

Rosa rosa rosam

Rosae rosae rosa

Rosae rosae rosas

Rosarum rosis rosis

C'est le tango des forts en thème

Boutonneux jusqu'à l'extrême

Et qui recouvrent de laine

Leur cœur qui est déjà froid

C'est le tango des forts en rien

Qui déclinent de chagrin

Et qui seront pharmaciens

Parce que papa ne l'était pas

C'est le temps où j'étais dernier

Car ce tango rosa rosae

J'inclinais à lui préférer

Déjà ma cousine Rosa

Rosa rosa rosam

Rosae rosae rosa

Rosae rosae rosas

Rosarum rosis rosis

C'est le tango des promenades

Deux par seul sous les arcades

Cernés de corbeaux et d'alcades

Qui nous protégeaient des pourquoi

C'est le tango de la pluie sur la cour

Le miroir d'une flaque sans amour

Qui m'a fait comprendre un beau jour

Que je ne serais pas Vasco de Gama

Mais c'est le tango du temps béni

Où pour un baiser trop petit

Dans la clairière d'un jeudi

A rosi cousine Rosa

Rosa rosa rosam

Rosae rosae rosa

Rosae rosae rosas

Rosarum rosis rosis

C'est le tango du temps des zéros

J'en avais tant des minces des gros

Que j'en faisais des tunnels pour Charlot

Des auréoles pour saint François

C'est le tango des récompenses

Qui vont à ceux qui ont la chance

D'apprendre dès leur enfance

Tout ce qui ne leur servira pas

Mais c'est le tango que l'on regrette

Une fois que le temps s'achète

Et que l'on s'aperçoit tout bête

Qu'il y a des épines aux Rosa

Rosa rosa rosam

Rosae rosae rosa

Rosae rosae rosas

Rosarum rosis rosis

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Quelques maximes de Chamfort

2 Mars 2018 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Dessin: Quino

Dessin: Quino

En France, on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin. (Chamfort)
 
 
XI Un homme du peuple, un mendiant, peut se laisser mépriser, sans donner l’idée d’un homme vil, si le mépris ne paraît s’adresser qu’à son extérieur. Mais ce même mendiant qui laisserait insulter sa conscience, fût-ce par le premier souverain de l’Europe, devient alors aussi vil par sa personne que par son état.
 
XII Il faut convenir qu’il est impossible de vivre dans le monde, sans jouer de tems en tems la comédie. Ce qui distingue l’honnête homme du fripon, c’est de ne la jouer que dans les cas forcés, et pour échapper au péril ; au lieu que l’autre va au-devant des occasions.
 
XIX J’ai vu des hommes qui n’étaient doués que d’une raison simple et droite, sans une grande étendue ni sans beaucoup d’élévation d’esprit, et cette raison simple avait suffi pour leur faire mettre à leur place les vanités et les sottises humaines, pour leur donner le sentiment de leur dignité personnelle, leur faire apprécier ce même sentiment dans autrui. J’ai vu des femmes à peu près dans le même cas, qu’un sentiment vrai, éprouvé de bonne heure, avait mises au niveau des mêmes idées. Il suit de ces deux observations que ceux qui mettent un grand prix à ces vanités, à ces sottises humaines, sont de la dernière classe de notre espèce.
 
XX Celui qui ne sait point recourir à propos à la plaisanterie, et qui manque de souplesse dans l’esprit, se trouve très souvent placé entre la nécessité d’être faux ou d’être pédant : alternative fâcheuse à laquelle un honnête homme se soustrait, pour l’ordinaire, par de la grâce et de la gaîté.
 
XXV. Il faut qu’un honnête homme ait l’estime publique sans y avoir pensé, et, pour ainsi dire malgré lui. Celui qui l’a cherchée donne sa mesure.
 
XXXI La meilleure philosophie, relativement au monde, est d’allier, à son égard, le sarcasme de la gaîté avec l’indulgence du mépris.
 
XLIV La plupart des hommes qui vivent dans le monde, y vivent si étourdiment, pensent si peu, qu’ils ne connaissent pas ce monde qu’ils ont toujours sous les yeux. Ils ne le connaissent pas, disait plaisamment M. de B…, par la raison qui fait que les hannetons ne savent pas l’histoire naturelle.
 
XLVI Notre raison nous rend quelquefois aussi malheureux que nos passions ; et on peut dire de l’homme, quand il est dans ce cas, que c’est un malade empoisonné par son médecin.
 
LII Dans les grandes choses, les hommes se montrent comme il leur convient de se montrer ; dans les petites, ils se montrent comme ils sont.
 
LV Ne tenir dans la main de personne, être l’homme de son cœur, de ses principes, de ses sentimens, c’est ce que j’ai vu de plus rare.
 
LX L’importance sans mérite obtient des égards sans estime.
 
LXIV Il y a des hommes qui ont le besoin de primer, de s’élever au-dessus des autres, à quelque prix que ce puisse être. Tout leur est égal, pourvu qu’ils soient en évidence sur des tréteaux de charlatan ; sur un théâtre, un trône, un échafaud, ils seront toujours bien, s’ils attirent les yeux.
 
LXVII Les fléaux physiques, et les calamités de la nature humaine ont rendu la Société nécessaire. La Société a ajouté aux malheurs de la Nature. Les inconvéniens de la Société ont amené la nécessité du gouvernement, et le gouvernement ajoute aux malheurs de la Société. Voilà l’histoire de la nature humaine.
 
LXVIII L’ambition prend aux petites âmes plus facilement qu’aux grandes, comme le feu prend plus aisément à la paille, aux chaumières qu’aux palais.
 
LXXVIII De nos jours, ceux qui aiment la Nature sont accusés d’être romanesques.
 
LXXXIV L’esprit n’est souvent au cœur que ce que la bibliothèque d’un château est à la personne du maître.
 
LXXXVII En apprenant à connaître les maux de la Nature, on méprise la mort ; en apprenant à connaître ceux de la Société, on méprise la vie.
 
LXXXVIII Il en est de la valeur des hommes comme de celle des diamans, qui, à une certaine mesure de grosseur, de pureté, de perfection, ont un prix fixe et marqué, mais qui, par delà cette mesure, restent sans prix, et ne trouvent point d’acheteurs.

 

Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort (1740-Paris, 1794).

 

Source: http://fr.wikisource.org/wiki/Maximes_et_Pens%C3%A9es_%28Chamfort%29/%C3%89dition_Bever/1

Dessin: Quino

Dessin: Quino

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Ethnocentrisme et Nouveau Monde (Ysengrimus/Les 7 du Québec)

2 Mars 2018 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

2 mars 2018 Ysengrimus. Amériques, Canada, Civilisation du Nouveau Monde, colonialisme, France, histoire, monde, Multiculturalisme contemporain, nouveau, Nouveau Monde, Nouvelle-Angleterre, Nouvelle-France, Océanie, Québec, sémiologie, symbole, Vie politique ordinaire

Le qualifiant NOUVEAU pour désigner des territoires coloniaux est un petit chef-d’œuvre fin d’ethnocentrisme européen. On sait ça, par principe, mais il faut encore prendre une minute ou deux pour s’imprégner du détail mondial de la chose… Énumérons donc d’abord ladite chose par le menu, avant de prendre la mesure des éléments convergents qui sont, eux, d’une remarquable stabilité. On dénombre donc une bonne vingtaine de vastes territoires (aux noms toujours existants ou disparus) qui, depuis le seizième siècle, furent nommés NOUVEAU ou NOUVELLE QUELQUE CHOSE. Enfin, perso, j’en dénombre une vingtaine. Les voici, en ordre alphabétique (liste non exhaustive, en fait. N’hésitez pas à m’envoyer les vôtres. Noter que les noms de bleds comme Newmarket, New Haven, New Moscow ou La Nouvelle Orléans ne sont pas inclus — on parle ici de territoires coloniaux, pas de villes)

(...)

Alors maintenant, parlons d’abord des phénomènes marginaux ou anecdotiques. Ce sont les cas où le terme NOUVEAU catalogue un territoire limitrophe, auquel il faut faire allusion pour implicitement l’annexer ou s’en démarquer: Nouveau-Mexique, Nouvelle-Providence, Nouveau-Québec. C’est Nouvelle-Providence qui est le plus anecdotique des trois, l’île ayant, en plus, été renommée en se faisant ajouter le qualifiant Nouvelle. D’autre part, la Nouvelle-Guinée est un cas unique aussi, carrément bizarre et incongru, puisque la Papouasie y est littéralement donnée comme une version littéralement nouvelle de la Guinée, pour des raisons dont l’ethnocentrisme est patent. L’état mexicain du Nuevo León se rapproche, quant à lui, du modèle dominant (se nommer d’après un territoire européen dont on revendique l’héritage) mais il est marginal, voire incongru, vu que son désignatif renvoie à un royaume qui était déjà disparu depuis des siècles, au moment de la dénomination initiale. En retirant ces cas marginaux ou anecdotiques, on se rapproche de la fonction symbolique et sémiologique stable du désignatif NOUVEAU ou NOUVELLE QUELQUE CHOSE qui est de nommer d’après un territoire européen contemporain de la dénomination, choisi, dans le terroir du colonisateur, pour sa charge symbolique (générale ou particulière) et ce, en toute ostensible indifférence envers les réalités toponymiques et ethnoculturelles locales.

Arrivons-en alors aux espaces coloniaux mondiaux où a fleuri le NOUVEAU. La démarcation est ici criante. Rien en Afrique, rien en Asie et, évidemment, rien en Europe. Les deux cibles de choix pour ce mode très particulier de toponymie invasive furent quasi exclusivement l’Océanie et les Amériques. Voyons d’abord la première (je ne parle plus des cas atypiques déjà mentionnés au paragraphe précédent). L’Océanie hérite de: Nouvelle-Calédonie, Nouvelle-Galles-du-Sud, Nouvelles-Hébrides, Nouvelle-Hollande, Nouvelle-Irlande, Nouvelle-Zélande. Mazette, le beau cas! On a ici que des noms de provinces, de régions, ou de sous-régions. Aucune grande entité nationale colonialiste d’époque ne semble avoir souhaité se renouveler en Océanie.

Et nous atterrissons finalement devant le terrain de jeu privilégié du NOUVEAU: le ci-devant Nouveau Monde. Alors donc, dans les Amériques, on retrouve, en pagaille, comme pour l’Océanie, des noms de provinces, de comtés, de région, ou de sous-régions: Nouvelle-Bretagne, Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse, New–Hampshire, Nouvelle-Hollande, New-Jersey, New-York. Il s’agit encore, massivement, de dénommer selon le terroir anecdotique d’origine de telle ou telle figure coloniale.

Mais finalement, on va constater que les six grands occupants euro-américains ont tous été prêts à ouvertement (et souvent fort anciennement) engager le nom prestigieux de leur espace national strict dans une dénomination Nouveau-quelquechosesque désignant (exclusivement ou non, principalement en tout cas) leurs possessions américaines. Cette toponymie sciemment néonationale concernera donc, par ordre croissant de puissance: les Suédois (Nouvelle-Suède), les Néerlandais (Nouvelle-Néerlande), les Français (Nouvelle-France), les Portugais (Nouvelle-Lusitanie), les Espagnols (Nouvelle-Espagne), les Anglais (Nouvelle-Angleterre). Six occupants euro-américains sur six ont donc choisi de porter ce coup toponymique aussi hasardeux que majeur et fumant, avec le nom de leur cher pays. Il n’est pas spécialement évident qu’ils se soient singés entre eux, en plus, mais allez savoir… En tout cas, sur cette question dénominative, tout le monde est logé à la même enseigne. Voilà un autre indice, si nécessaire, du fait que le colonialisme euro-américain, c’est ôte toi de là que je m’y mette, kif-kif bourricot, du pareil au même et que passer d’une nation à l’autre, en ces matières, c’est jamais que chipoter dans les nuances du crime. Il est quand même passablement spectaculaire de mater ce fait incroyablement stable et cela oblige à finalement regarder en face la fonction sémiologique radicalement effective de cette dénomination de Nouveau Monde: nier explicitement qu’il y ait eu quelqu’un d’autre qui vivait là avant.

Cette propension effaceuse et négatrice (le fin du fin de l’ethnocentrisme, vous ne me direz pas) va tapageusement se perpétuer quand les puissances coloniales vont, en plus, se mettre à se trucider entre elles. Éliminée la Nouvelle-Suède, plus rien de nouveau ne subsiste. Éliminée la Nouvelle-Néerlande, on troque New-Amsterdam pour New York et on continue. Dépecée la Nouvelle-Espagne et Mexique, Californie, Arizona, Texas etc prennent leur place, chacun dans son coin. Dépecée la Nouvelle-France et l’Acadie se trouve submergée de Nouveau-Brunswick et de Nouvelle-Écosse (toujours pour nier qu’il y avait quelqu’un là avant). Reste finalement au sommet du tas, la Nouvelle-Angleterre, ni plus fine ni moins fine que tous les autres, seul nouveau colonisateur disposant encore du lieu-dit néonational le désignant dans les Amériques. Parlant.

On mentionnera en conclusion, crucialement, les manifestations de résistances culturelles qui commencent solidement à pointer face à tout ce faux nouveau. Des territoires plus anciens recouvrent leur nom d’origine ou le revendiquent: Acadie (Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Écosse auxquels s’ajoute l’Île-du-Prince-Édouard), Aotearoa (Nouvelle-Zélande), Kanaky (Nouvelle-Calédonie), Nunavik (Nouvelle-Bretagne, Nouveau-Québec), Papouasie (Nouvelle-Guinée), Vanuatu (Nouvelles-Hébrides). Que dire de plus?…

Lisez ici l'article complet: http://www.les7duquebec.com/7-au-front/ethnocentrisme-et-nouveau-monde/

Ethnocentrisme et Nouveau Monde (Ysengrimus/Les 7 du Québec)
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Jon Fjeldså: Modern diversity

27 Février 2018 , Rédigé par Pierre-Olivier Combelles

Jon Fjeldså est ornithologue, artiste naturaliste et conservateur au Muséum d'histoire naturelle de Copenhague. Il est un spécialiste, entre autres domaines, des oiseaux des Andes, au sujet desquels nous avons eu des échanges très intéressants.

Jon Fjeldså est ornithologue, artiste naturaliste et conservateur au Muséum d'histoire naturelle de Copenhague. Il est un spécialiste, entre autres domaines, des oiseaux des Andes, au sujet desquels nous avons eu des échanges très intéressants.

Jon Fjeldså est ornithologue, artiste naturaliste très doué et conservateur au Muséum d'histoire naturelle de Copenhague. Il est un spécialiste, entre autres domaines, des oiseaux des Andes, à propos desquels nous avons eu des échanges très intéressants. Il est l'auteur du fameux ouvrage: Birds of High Andes, merveilleusement illustré et documenté, qui est ma "bible" depuis longues années (acheté deux fois, le premier m'ayant été volé en Bolivie avec mon sac à dos en 2001!).

Voici sa biographie:

http://snm.ku.dk/english/staffsnm/staff/?pure=en%2Fpersons%2Fjon-fjeldsaa(f94ff375-01e1-4228-9c6a-6b5e0e8b2836)%2Fcv.html

Visionnez ici sa vidéo dans laquelle il parle de la diversité naturelle:

Modern Diversity
 
"In the last set of lectures we will look at the modern biodiversity. There is an enormous difference between the biodiversity of different types of habitats on our planet – from the equator to the arctic, from deserts to rainforests, and from isolated islands like the Galapagos to large continents. Jon Fjeldså will take you on a trip around the planet and give you many interesting examples of these variations. He will explain how we can use them to get a better understanding of how evolution works. This concludes the Origins course. Thank you for following it, we hope it has enhanced your understanding of how life evolved and diversified on our planet, and that it will inspire you to see natural phenomena in a new light."

https://fr.coursera.org/learn/origins-universe-solarsystem/lecture/bRDkA/12-1-modern-diversity-part-1-jon-fjeldsa

Jon Fjeldså: Modern diversity
Jon Fjeldså: Modern diversity
Illustrations de Jon Fjeldså tirées de son livre Birds of High Andes

Illustrations de Jon Fjeldså tirées de son livre Birds of High Andes

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